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Mots et images de Joe Krapov
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14 juillet 2025

Playback FM par Vincent Dilas au Festival des Affranchis à La Flèche le 6 juillet 2025 (1)

 

C'est le dernier spectacle qu'on a vu aux Affranchis mais c'est aussi le meilleur de tous. Il est bâti sur une bande son sur laquelle s'enchaînent des interviews, des discours d'hommes politiques, des ratages en direct sur des plateaux de télé. On entend Gainsbourg, Sarkozy, Coluche, Jacques Brel, Dalida, Maria Callas, l'Ecole des fans de Jacques Martin, Francis Lalanne, le festival de Cannes...

 

Le comédien porte une jupe et interprète tous ces rôles, masculins comme féminins, en playback millimétré. Ses lèvres prononcent en silence tous les mots de la bande son, son visage reproduit les mimiques des célébrités, son corps se disloque si parfaitement qu'il devient Gainsbourg, Giscard d'Estaing, Brigitte Fontaine, Maurice Clavel et les autres. C'est fabuleux... et hilarant au possible.  Ne ratez pas cela si ça passe par chez vous !

 

 

 

 

 

 

La bande-annonce du spectacle est visible ici.

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13 juillet 2025

Aux petits bonheurs de la Sarthe. 28, Place Dom Guéranger

 

Tu ne cueilleras pas

Sous cette vieille treille

La grappe de muscat

 

Quelque jeune y aura

Avec son coutelas

Gravé sa haine à froid

Ou déclaré son feu

 

J'y venais autrefois

Avec ces enfants-là

Qui sont aussi de moi

Et qui faisaient les fous

Sur les chevaux de bois

 

Nous y restions

Longtemps, sereins et éblouis

Dans le soleil du crépuscule

 

J'y suis venu chanter avec ces bons amis

Qui se sont enfuis à Paris

 

Même ici, les temps changent :

Sous le kiosque à musique,

Sous l'ajourée tonnelle

 

Gisent des souvenirs

Et par-dessus fleurissent

De jeunes pousses de nostalgie

 

Au bout du compte, ces jours-ci,

Il n'y a que la peinture qui soit fraîche !

 

 

 

 

15 juillet 2025

L'Exposition "Above and beyond" d'Erik Johansson à l'Université de Rennes 2 vue le 11 juillet 2025 (1)

 

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais, deux fois par an, je vais passer un sale quart d'heure sur la dalle Kennedy à Villejean. Si vous voulez tout savoir, c'est dans un endroit où l'on torture les iatrophobes ! ;-)

 

Heureusement il y a des compensations. Pour revenir à la maison, je traverse le campus de l'Université de Rennes 2. Il était désert en ce 11 juillet. Je suis tombé nez à nez, sans que rien ne me prévienne, avec douze photographies géantes qui m'ont énormément plu. Du surréalisme à la Magritte avec une dose d'humour noir et des lumières de toute beauté en plus. Magique ! C'est une exposition de "photomontages" ou de photos trafiquées d'Erik Johansson, photographe suédois invité à l'occasion du festival de cinéma "Travelling". Cela veut dire que l'expo est là depuis... janvier !

 

Il était temps que je me réveillasse !

 

 

 

 

 

 

 

26 juin 2025

Les Trésors de "La Boîte Alsace". 1, La Fête des fleurs à Rennes entre 1935 et 1941 (1)

 

Cela va être un été chargé en numérisations, je le sens ! Nous avons ramené hier de Redon, entre autres choses, une boîte "Alsace". A l'origine elle contenait 25 feuilles et 25 enveloppes sur papier de luxe des papeteries Chotel à Paris. Ce produit portait le n° 2331. Sur le dessus est gravé le portrait d'une Alsacienne de profil tenant dans sa main droite une épée. La photo de l'objet suivra.

 

A l'intérieur se trouvent désormais les photos prises à partir de 1935 par Pierre-André B., le grand-père paternel de Marina Bourgeoizovna. Cela fait suite à ses premières photos sur plaques de verre et débute au Mans en 1935. Elles sont réparties en deux séries :

- 25 petit albums au format 6x9 cm contenant chacun huit photos tirées en noir et blanc et les négatifs correspondants (ou pas !)

 

- 13 pochettes ne contenant que des négatifs !

 

J'ai numérisé la douzième et vous soumets ce petit trésor : des photos prises à la Fête des fleurs à Rennes en 1935 ou 36 :

 

 

 

 

 

 

Ce qui m'amuse beaucoup c'est que le grand-père était installé face au n° 21 du quai Chateaubriant et qu'il avait dans son dos... le Musée des Beaux-Arts de Rennes ! Gageons qu'Isaure Chassériau avait comme à son habitude quitté son tableau et suivait le défilé accoudée à la fenêtre de l'immeuble sis quai Emile Zola !

 

 

27 décembre 2024

Des clones-clownesses pour Isaure Chassériau : collages numériques du 27 décembre 2024

 

Moi, je ne sais pas, mais Jean-Émile Rabatjoie me semble être ce qu'on pourrait appeler un mauvais plaisant. Un mauvais plaisantin, surtout. Je ne suis pas là pour raconter sa vie mais ce matin il a retrouvé un site en ligne qui permet de "déflouter" des images. De leur redonner de la netteté. Accessoirement on peut aussi demander à cette Madame Lia de générer des images, oui, comme sur le site Deep Dream Generator (DDG) que j'ai un peu fréquenté jadis. Sauf que le serveur est tellement "busy" que ça ne marche pas.

 

Du coup Jean-Emile est allé refaire un tour sur DDG et il a posé les termes de recherche suivant : "Une jeune femme du XIXe siècle avec l'air un peu nunuche, en robe rose, les mains croisées sur le pubis, debout devant un rideau bleu, avec une coiffure à macarons".

 

Le résultat l'a bien fait rire et il a donc agrémenté le portrait d'Isaure Chassériau de ces quatre clones-clownesses. Pour voir la vie en rose, dans ce monde de la fin 2024, tous les moyens sont bons. C'est pourquoi on les excusera, lui et DDG, bien volontiers. Et c'est à cause de cette magnanimité que je me demande si je ne suis pas moi-même un méchant garnement !

 

 

 

 

 

Ci-dessous, les quatre résultats obtenus depuis DDG. La dernière traduction de "coiffure à macarons" laisse de nouveau perplexe quant à l'intelligence, artificielle ou pas, de madame Lia !

 

 

 

 

 

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19 juin 2025

"Pulse" au festival Robinson à Saint-Grégoire le 14 juin 2025

 

De plus en plus les festivals de théâtre de rue intègrent des numéros de cirque dans leur programmation. Celui-ci, Pulse, de la compagnie Kiaï, est assez joli avec des touches d'étrangeté, de belles chorégraphies et des musiques lancinantes bien trouvées.

 

 

Doit-on considérer avec Alphonse Allais qu'"il faut de l'acrobatie mais point trop n'en faut" - Allais appliquait cette formule à "du Baudelaire" ! - ? C'est qu'une massue qui tombe des mains du jongleur, d'accord, elle tombe, on la ramasse, on recommence. Mais si c'est une charmante jeune femme et qu'elle se rompt le cou ?

 

 

 

 

 

Ne vous inquiétez pas, je plaisantais. Vous avez sûrement vite compris qu'il s'agissait d'un numéro à base de trampoline !

 

 

 

9 juin 2025

Une Promenade du dimanche à Rennes le 8 juin 2025

 

On part de la rue du Champ de la Justice depuis la boulangerie Quénot qui fait le coin avec le boulevard Marbeuf. On la remonte jusqu'au bout et on tourne à gauche pour se retrouver dans le square Géniaux. On gagne sa sortie qui donne sur le croisement de la rue Max Jacob et de la rue Charles Géniaux. On tourne à droite et on passe devant le Noroît. Comme on est avec un ami photographe, quelqu'un qui "a l'oeil" aussi et et est attentif encore plus que vous aux détails, on s'arrête devant le panneau "interdit aux chiens". Justement Poupa est là, au bout de la laisse ! Alors on immortalise le maître et son chien devant le panneau.

 

(A la maison, une fois les invités partis, il y a Jean-Emile Rabatjoie qui traîne par là alors ça donne ça :)

 

 

On fait aussi celle-ci, devant l'affiche d'un festival à venir : 

 

 

Quand on a passé au-dessus de la voie de chemin de fer on tourne à gauche et on prend la rue de la Grande division. Elle n'est pas habitée, on est vite comme à la campagne sur un petit chemin bordé de noisetiers mais au bout à droite on retrouve la randonnée périphérique rennaise et on longe sur près de cinq cents mètres... la très bruyante rocade pour les automobiles. On est au pied d'immeubles de bureaux récents "mais il faut ça aussi pour que vive une ville touristique avec des maisons à pans de bois, des rues pavées, un Parlement ininflammable, un opéra qui vous apprend la dérive des continents : une périphérie moche". Et puis comme on est des photographes et qu'on sait voir la beauté partout, on la saisit aussi là. On sait faire, vu qu'on est l'inventeur du quatre-quarts photographiques !

 

 

 

 

C'est vraiment le parcours des profils animaliers ! Plus loin on tourne à droite puis à gauche puis, quand on a rejoint la route de Vezin-le-Coquet - que j'appelle toujours Vezet-le-Coquin car je m'amuse d'un rien ! - on tourne à droite. Au carrefour suivant on tourne à droite vers la chambre d'agriculture, bâtiment posé sur un terrain circulaire.

 

On a à notre gauche une petite merveille d'architecture moderne, le Biopôle, et on est content que le collègue apprécie les jeux de lumières qu'on peut y observer en variant sa position, en zoomant...

 

 

 

 

 

On contourne la chambre d'agri par la gauche, dans le sens des aiguilles d'une montre, donc. Avant de rejoindre la rue Charles Géniaux on tourne à gauche dans l'allée Jacques Frimot. Je n'ai découvert que récemment la petite boucle  bucolique et le pré un peu ombragé où paressent deux boucs sympathiques avec qui l'ami Marc va faire ami-ami. Normal, il en porte un lui aussi, de bouc.

 

 

 

 

On revient sur ses pas, la boucle est bouclée, on rentre se rafraîchir, la veste était de trop, la chemisette suffisait. Le chien est épuisé de cette marche d'une heure et quart. De quoi a-t-il le plus souffert ? Peut-être, comme le chat d'Anita qui ne supportait pas l'harmonica, de ce qu'il est allergique à la musique  ringarde des camarades Krapov et Kaïrakovsky, guitare et accordéon, qui ont ressorti "Le Petit vin blanc" "La Partie de pétanque" et des tas de chansons à boire ! Alors qu'ils ne boivent plus ou presque plus !

 

Bonne promenade à vous si vous venez sur nos traces !

 

 

 

19 septembre 2011

Un Caricaturiste retrouvé à Sablé-sur-Sarthe le 16 septembre 2011

 


 

A force de publier mes photos dans l'ordre chronologique inverse, on pourrait croire que je suis allé, à Sablé-sur-Sarthe, assister à une réunion d'artistes. Eh bien figurez-vous que c'était un peu le cas ! J'ai retrouvé là-bas un talentueux dessinateur en la personne de Michel Hivert. Son dessin illustrait un match de football entre Parisiens et Saboliens (ainsi nomme-t-on les habitants de Sablé) mais on peut aussi penser à la "chasse aux papillons" de Brassens !

 


 

J'aime énormément ce dessin-là !


 


 

J'ai complètement oublié ce que c'était que ce "Jasper Binaf" représenté ici. Mais avec le temps on peut très bien imaginer que ce dessin représente un certain président d'une certaine république doté d'un chapeau de Napoléon en papier et d'une compagne plus grande que lui. Non ?


 

Gloire donc et remerciements répétés à Michel Hivert (c'est le grand élégant à gauche - mais toi aussi tu l'es, Jérôme ! -) que j'ai déjà cité ici du fait qu'il m'a caricaturé par trois fois, dont une en cigale de La Fontaine.


 

file:///D:/Photos/Joe%20Krapov%20partage%20ses%20images%20-Sauvegarde%202013%2001/joekrapov.free.fr/index13d0.php?post/2010/03/29/Portrait-de-Joe-Krapov-en-cigale-sans-fourmi-circa-1995

Tant qu'à faire d'évoquer des gloires locales, j'ai récupéré aussi cette photo-ci : vous le reconnaissez le petit jeune en cravate, là ?


 


 

5 juin 2025

RETROUVER SOPHIE CHEZ ROBERT !

 

Citons tout de suite nos références pour le document qui suit : 
Source Gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France

 

Celle qui s'appelait autrefois la B.N. et qui fut ma mère nourricière pendant plus de vingt ans se rappelle curieusement à moi ces derniers temps. Je retourne volontiers là où j'ai tété... pardon, là où j'ai été dès lors qu'il ne s'agit que d'ouvrir des bouquins, chercher des photos, consulter des pages web, interroger Gallica, ce trésor que j'ai moi aussi contribué à constituer. Du moment que tout ça me permet de pondre des lignes presque inutiles mais drôles et de m'amuser de tout ce qui arrive et qui ne fait pas mal, moi, la vie,  ça va !

 

"Ce type est complètement fou !" ai-je entendu prononcer à mon sujet hier. Et je suis ravi de l'être !

 

Me voici donc replongé sur les traces de cette belle Sophie Galitzine dont j'entretiens la mémoire sans savoir s'il le faut, si c'est bien, si c'est mal, s'il faut juger du bien et du mal, s'il faut rire ou pleurer... mais comme je dis aussi, souvent : "Pendant que je fais ça, je n'envahis pas l'Ukraine !".

 

Aujourd'hui je resterai très neutre et je me contenterai de recopier, en y ajoutant des notes de bas de page tout à fait personnelles et peut-être néanmoins intéressantes, le portrait de la duchesse-princesse fait non plus au pinceau mais à la plume par Robert de Montesquiou dans cet ouvrage :

 

Montesquiou, Robert de (1855-1921). Auteur du texte.

La divine comtesse : étude d'après madame la comtesse de Castiglione / Robert de Montesquiou ; préface par Gabriele d'Annunzio. 1913.

 

J'en extrait ce passage aux pages 217-18 :

 

« L'autre c'est la Duchesse de Chaulnes.

 

Sophie Galitzine, d'origine slave, était née pauvre et magnifique. Paul d'Albert la choisit et acheta pour elle, à Florence, le Palais Alberti, (1) qui avait appartenu à sa famille. Ils en rapportèrent une robe que je vis une fois. Elle était d'un velours de Gênes, qu'ils avaient fait copier sur un modèle ancien, fond d'or à fleurs rouges. (2). Un soir que le bal tirait à sa fin, dans ce vilain hôtel Béhague, (3) maussade construction que l'héritière a bien fait de raser, et qui ne semblait propre à rien moins qu'à l'éclosion d'un astre, la Duchesse apparut. Le sacrifice cessa, comme dans le vers de Racine (4). Elle portait la robe génoise, qui était si lourde et si ample que l'héroïque jeune femme avait besoin de toute sa jeunesse et de sa force, lesquelles triomphaient, alors, toutes deux, pour en faire mouvoir et resplendir les anneaux, couleur d'un coucher de soleil. Elle en était le lever flamboyant. Un manteau de cheveux blonds s'étalait en nappe sur les épaules et se confondait avec l'or du tissu. Elle avait une couronne d'étoiles, comme une madone, et un rire éclatant, comme une magicienne. Elle ressemblait à Mélusine, à Viviane et à Morgane, mais elle aurait surtout dû s'appeler Violante (5).

 

Chaplin (6), dans le beau portrait qu'il a fait- d'elle, a fixé cet air, à la fois provocant et enfantin. Elle avait, dans les prunelles, une poudre d'or qui semblait danser, ainsi que font les atomes dans un rai de lumière. »

 

***

 

(1) Le palais Alberti a cette tête-là :

 

Pour en savoir plus sur ce palais, Madame Wikipe est à votre service :

https://en.wikipedia.org/wiki/Palazzo_Malenchini_Alberti

 

 

(2) Je me suis livré à une reconstitution de cette robe italienne avec Deep dream generator (et avec bien du mal !). Voici le résultat :

 

 

La ressemblance entre ce visage inventé et le tableau de Chaplin est plus marquée ici que dans la comparaison des deux tableaux d'hier alors que je n’ai pas fourni d’image au logiciel d'intelligence artificielle !

 

(3) Il était situé 24 avenue Bosquet à Paris. Il existe encore cependant et abrite aujourd'hui l’ambassade de Roumanie.

 

 

Pour en savoir plus sur le nouvel hôtel et en visiter l'intérieur, c'est ici.

 

 

 

(4) « J'entre : le peuple fuit, le sacrifice cesse « 

 

Racine. – Le Songe d’Athalie, acte II, scène 5

 

https://reves.ca/songes.php?fiche=43

 

 

(5) Il doit s’agir du tableau du Titien portant ce titre.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Violante

 

 

 

(6) Charles Joshua Chaplin (1825-1891)

 

A distinguer de Charles Spencer Chaplin, l'immortel auteur de Charlot !

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charles_Chaplin_(peintre)

4 juin 2025

UN HÔPITAL POUR IMPRIMÉS ET DES HORIZONS INFINIS

 

Un Himalaya infranchissable, composé de questions folles qui s’empilent, taraude l’auteur de ces lignes. Toutes les hypothèses, même les plus invraisemblables sont possibles. Il suffit que cet hurluberlu iconoclaste se lance, tel Sherlock Holmes, dans des investigations relatives à ce qu’en bon français on appelle désormais un « cold case » pour que l’histoire devienne très vite… interminable !

 

Certes, l’héroïne du fait divers est inconvenante. La dame trompa son mari. L’hédonisme irréfutable de cette étrangère boute-en-train qui se livra dans son hamac à l’indolence de l’abandon, s’il plut bien au comte de D. qui coquetait depuis un certain temps déjà autour d’icelle, ne fut pas du goût de l’hôtesse des lieux, l’ineffable belle-mère, la duchesse de C. Celle-ci en effet était plus férue des saintes huiles et des inquisitions du temps où les hallebardes n’étaient pas que d’incessantes hachures inclinées indiquant qu’il pleuvait dans la Sarthe où l’affaire se passa.

 

Et donc nous sommes en droit de nous demander, après toutes ces années, après ce jet de cendres comme à Herculanum où l’irradiant Vésuve cracha ses anathèmes, un certain nombre de choses dont celles-ci :

 

- Pourquoi donc le portrait de la femme adultère, l’hétaïre indigne, est-il resté dans le château de S. malgré les nombreux changements de propriétaires entre 1900 et 1978 ?

 

Est-ce le fait qu’elle soit représentée sur ce tableau avec les attributs honnêtes et insoupçonnables de la mère de deux enfants en bas âge qui valut au tableau de la princesse d’être épargné de la vindicte de Belle-Maman ?

 

Peut-être aussi fut-il victime d’une hibernation indispensable, remisé au grenier de cette habitation importante, oublié là puis ressorti en 1978 par ce conservateur illustrissime dont je suis chargé, depuis peu, de rédiger une hagiographie inspirée ?

 

Ce natif de Châlons-sur-Marne, cité devenue depuis Châlons-en-Champagne, où naquirent également Pierre Dac et Jean Cabut, deux humoristes indispensables, ignorait peut-être, en réinstallant l’image de la princesse d’origine russe à l’entrée du Salon vert qu’il froissait à nouveau les hobereaux intransigeants et les pousseurs de « Heula » irrités qui avaient mis le couvercle sur cette histoire de cocufiage chez "nos maîtres".

 

***

 

Ma hantise inconsciente, depuis ce matin, est celle-ci : quand on compare le portrait de la princesse peint par Charles J. Chaplin, celui que l’on trouve maintenant sur Internet, avec celui de la mère des deux enfants tiré de mes archives personnelles, on ne voit pas vraiment de ressemblance entre les deux visages peints.

 

 

 

 

Et on se demande bien pourquoi une princesse russe dont la famille avait des possessions dans la Creuse a pris le parti de déguiser son fiston avec des habits infiniment identitaires : le petit Emmanuel, s’il s’agit de lui, porte un costume quimpérois !

 

Peut-être, pendant mon séjour dans ce château, m’a-t-on nourri de « défèque niouzes » habilement insidieuses de manière à ce que, totalement halluciné par la vision quotidienne de ces trois personnes innocentes et de ce costume brodé, je puisse me faire à l’idée que je quitterais un jour le château de Sablé-sur-Sarthe où j’étais pourtant si bien pour aller faire, chaque semaine, le guignol dans la salle Mandoline de la Maison de quartier de Villejean à Rennes, en Bretagne ?

 

Cette mère et ces enfants ne s’appellent peut-être pas plus Galitzine et de Chaulnes que mon épouse et moi ne sommes Joe Krapov et Marina Bourgeoizovna.

 

La seule chose dont on est sûr·e·s, ici, ce soir, c’est que Laure Manaudou et Isaure Chassériau ont réellement existé.

 

Quoique...

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 3 juin 2025

 

d'après la consigne AEV 2425-31 ci-dessous.

28 avril 2025

Démarrer au gare de Tours ! Photos de puzzles du 10 avril 2025 (3)

 

 

 

 

 

 

 

Fontarabie ? Je ne savais même pas que ce lieu existait ! Il s'écrit aussi Fontarrabie et correspond au basque Hondarribia. Madame Wikipe nous apprend que cette ville du pays basque, située du côté espagnol à la frontière avec la France - elle est de l'autre côté de la Bidassoa, au sud d'Hendaye - fait partie d'une communauté urbaine transfrontalière. En voilà une belle question pour le jeu d'Emile Euro ! ;-)

28 avril 2025

Démarrer au gare de Tours ! Photos de puzzles du 10 avril 2025 (2)

 

Avant de poursuivre notre exploration d'une gare déserte - j'ai adoré cela ! - je rebondis sur le précédent billet pour affirmer que je n'ai absolument rien contre l'intelligence artificielle. La preuve ? Cela fait des années, de Sensory 9 Chess Challenger jusqu'à Lichess.org, Sparkchess et Chess.com en passant par Excalibur que je joue aux échecs contre des machines, des robots ou, comme on dit maintenant, des bots.

 

Lorsque les options des programmes informatiques se cantonnent à leur rôle d'outils au service des activités humaines, je suis le premier à applaudir. Et de fait je suis reconnaissant aux informaticiens de Photofiltre d'avoir installé un outil "transformation/trapèze" dans le menu de leur programme. Cela m'a permis de remettre à peu près d'aplomb les tableaux en mosaïque de la gare de Tours qui, photographiés par-dessous, avaient effectivement une forme plus trapézoïdale que rectangulaire. Ce sera pour vous l'occasion de découvrir le mouton noir de la série. A moins que je ne me trompe une de ces villes n'est pas une destination touristique française ! 

 

 

 

 

 

 

 

Il va de soi qu'un même travail de recadrage effectué sur la photo au format original permettrait d'imprimer de jolis puzzles de 112 pièces. Mais bon, des pièces carrées, ce n'est pas très pratique, je l'avoue.

 

26 avril 2025

Démarrer au gare de Tours ! Photos de puzzles du 10 avril 2025 (1)

 

Comme destination improbable pour un voyage en train, il n'y avait pas mieux que la ville de Tours en ce début du mois d'avril 2025. Un incendie survenu le 29 mars avait touché un poste d'aiguillage et de ce fait rendu impossible la circulation des trains dans la gare !

 

C'était donc devenu une pure provocation pour les touristes en puissance que ces panneaux décoratif en mosaïque incitant à visiter des villes de France aux atours très 1900 !

 

 

 

 

 

 

 

24 avril 2025

Les Représentations de Diane au Musée des Beaux-Arts de Tours vues le 9 avril 2025

 

 

Diane au bain d'après François Clouet

 

 

Jean-Antoine Houdon - Diane chasseresse

 

 

 

Louis de Boullogne - La Chasse de Diane suivi de Diane et ses compagnes se reposant après la chasse

 

 

Angelica Kauffmann - Diane découvrant la grossesse de Callisto

 

Le scénario de cet épisode-là est particulièrement cocasse : la jeune femme a été engrossée par Zeus qui avait, pour la circonstance, pris l'apparence de... Diane !

20 avril 2025

Les Cousines d'Isaure Chassériau vues à Tours en avril 2025 (2)

 

Avec leurs atours d'origine et leur notice du Musée des Beaux-Arts de Tours ! Merci et bravo à eux pour ce partage d'informations en ligne!

 

 

Portrait de jeune femme attribué à Bartholomeus Van Der Helst

 

 

L'Âme exilée par Charles-Eugène-Victor Lefebvre

 

 

La Tricoteuse de Cancale par Augustin Feyen-Perrin

 

 

Portrait de Berthe Cerny par Jules Cayron

 

 

Portrait de jeune fille par Thérèse Duchâteau

 

 

Zelda Bomba sur Instagram

19 avril 2025

BÉCASSINE, C'EST MA COUSINE ?

 

 

Moi vous me connaissez : je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais... je ne voudrais pas passer sous silence pour autant la visite que j’ai rendue à Mademoiselle Denouille la semaine dernière.

 

Adèle Denouille est une jeune fille de vingt ans – ou de 140 ans ? – qui habite l’ancien palais épiscopal, à deux pas de la cathédrale, dans la bonne ville de Tours (Indre-et-Loire).

 

Pour dire la vérité et dissiper les interrogations qu’a pu faire naître l’incise gérontophile dans la phrase précédente, le palais est devenu le Musée des Beaux-Arts de la ville et quand j’écris « Adèle Denouille », je ne parle pas d’une personne vivante mais d’un tableau exposé en icelui et peint par Léon Bonnat (1833-1922). Mlle Denouille est née en 1864 et décédée en 1919.

 

 

Si j’ai engagé des frais et programmé un séjour d’une semaine dans la ville natale de Balzac – je suis très honoré de savoir qu’il est né par là ! – c’est parce que, l’air de rien, Adèle Denouille est une autre cousine d’Isaure Chassériau, cette jeune fille habillée de rose à qui je voue un culte tellement inavouable que je m’abstiens parfois d’en parler et passe le plus clair de mon temps à lui offrir des masques, des visages de substitution afin qu’on ne la voie pas rougir de l’affection sans aucun doute malsaine que je lui porte.

 

C’est que, voyez-vous, l’âge m’étant venu, il serait plus facile aujourd’hui de me ranger dans la catégorie des vieux birbes pervers que des jeunes damoiseaux sottement énamourés.

 

Tout cela est la faute des fleurs de l’églantier. Elles sont là en nombre sur le portrait d’Isaure, encadrant son visage, fixant les macarons qui emprisonnent sa chevelure, trônant sur son corsage, embaumant sans doute aussi son corps sage. J’ai appris samedi dernier que le faux-fruit de cet arbuste se nomme cynorhodon et qu’il contient, outre le vrai fruit, du poil à gratter !

 

Il devait en traîner un peu dans l’atmosphère le jour de 1997 ou 1998 où je croisai la route d’Isaure pour la première fois car depuis, comme la guitare pour Yves Duteil, ça me démange de rêvasser autour des jeunes filles mortes, de leur réinventer une vie plus gaie que celle qu’elles ont connue, de leur rendre le sourire, de leur donner d’autres atours, de leur offrir une famille et des amis, un oncle Camille bistrotier, des frères Park, un boulot de journaliste, des cousines au Louvre, à Châlons-en-Champagne, Lille ou Tours. C’est ainsi que moi-même, de mon vivant, je suis devenu « l’oncle Joe », le tonton farceur, l’histrion de Rennes de madame Lia !

 

Il y a quand même, dans ce cousinage entre Isaure C. et Adèle D., quelque chose d’indéniable : ni l’une ni l’autre ne sait quoi faire de ses mains quand elle prend la pose en habit de fête devant le vieux peintre et celui-ci – cher brave Léon, chère adorable canaille d’Eugène ! – a bien du mal à rendre crédibles les épaules de son modèle.

 

 

Peut-être parce qu’elles en manquaient toutes les deux ? Ou que, comme l’écrit Aragon,

 

« Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle ?
Moi, si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien »

 

J'aurais bien posé la question à Jean Royer, l'ancien maire de Tours, mais depuis qu'il est devenu portier d'hôtel, il n'émet plus aucun avis sur la nudité de ces dames !

 

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 868 d'après cette consigne :

cynorhodon

15 avril 2025

Verrerie art nouveau au musée Dobrée de Nantes le 6 avril 2025 (1)

 

Au départ cela n'aurait pu être qu'un voyage à Nantes, suite à l'invitation filiale à découvrir ce musée Dobrée et à la présence d'une exposition sur la chevalerie au château des ducs de Bretagne.

 

Et c'est vrai que la visite de ce musée nous a ravi les yeux et l'appareil photo ! C'est très bien aussi d'aller le nez au vent sans savoir ce qu'on va découvrir... et ce qu'on va rater ! Pour ma part je suis passé devant le reliquaire du coeur d'Anne de Bretagne sans le voir ou sans lui prêter aucune attention ! Par contre, retrouver ici les noms de Daum, Majorelle et Gallé si attachés à l'art nouveau de Nancy, ça m'a... ravi le coeur !

 

 

 

 

 

 

13 avril 2025

Les Animaux de l'hôtel Colors à Tours (Indre-et-Loire) le 8 avril 2025 (1)

 

C'est la première fois de ma vie que je prends 146 photos... dans un seul et même hôtel ! Il s'agit de l'hôtel moderne, sis 1, rue Victor Laloux à Tours. Ce bâtiment ancien, promis à un futur réaménagement, a été investi par des créateurs de "street art" et fait donc figure, un temps, de musée de la discipline. Il se visite sur réservation d'un créneau horaire. Tous les détails sont ici

 

Quand je suis sorti du bâtiment, j'ai émis cette phrase : "Rien que ça, ça valait le coup de faire le déplacement !".

 

 

 

 

 

 

20 décembre 2024

UNE QUESTION SUPER-BANCO

 

 

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais sachez que si j’avais le temps, avec toutes mes connaissances inutiles, je rédigerais volontiers les questions d’un Jeu des mille euros à ma manière.

 

Par exemple, avant d’aller voir « En fanfare » au Ciné-TNB, j’ai posé à Marina Bourgeoizovna la question Super-banco suivante :

 

- Qui sont Labélure, Trouffigne et Peaudhareng (Peaudarent ?) ?

 

Elle a séché.

 

- Ils appartiennent à la classe des lépidoptères ! ai-je précisé, taquin.

 

Ça ne l’a pas aidée.

 

- Ce sont les plus connus, en fait. Comme autres condisciples il y avait Vulcain, Myrtil, Robert Lediable, Pierrick de La Rave, Tristan, Machaon, Petit Sylvain, Alex Anor, Flambé… Ce sont des enfants.

 

- C’est dans « Le Petit Nicolas » ?

 

- C’est plus court qu’un roman ou même qu’une nouvelle. C’est une chanson.

 

Elle n’a pas trouvé. Et vous ?

 

***

 

Ce sont trois des élèves du « Lycée Papillon » de Georgius. J’aurais pu gagner 45 euros si j’avais envoyé la question sur carte postale à Roger Lanzac au cirque Pinder ou à Lucien Jeunesse à la Maison de la radio mais ils m’auraient retourné un chèque en francs et cette monnaie n’a plus cours de nos jours.

 

J’aurais pu vous la chanter aussi, la bluette, mais s’il vous plaît, relisez ma première phrase : comme tous les gens qui vivent leur vie avec la légèreté du lépidoptère, je manque de temps !

 

J’ai juste pris celui de retrouver la photo de classe. Qu’est-ce qu’on était beaux quand même ! Je suis le troisième assis en partant de la gauche. Croyez-moi, je ne suis pas un imbécile, j’ai même de l’instruction !

 

 

Écrit et réalisé pour le Défi du samedi n° 851

à partir de cette consigne : lépidoptère

18 janvier 2026

Choses lues et vues à Lannion le 30 décembre 2025

 

Dans les magasins Biocoop, c’est comme dans les églises : je n'y entre que sur la pointe des pieds. Ce n’est pas ma culture, ce n’est pas mon monde.

 

Ce jour-là, du reste, j’étais porteur de courses faites à la boulangerie de l'autre côté de la rue. Mes acolytes m’avaient laissé faire la queue, qui était ma foi assez longue, et pendant ce temps-là, elles faisaient leur choix dans le paradis du bio. Une fois servi je les ai rejointes et les ai attendues dans l’entrée du magasin avec mes deux baguettes et mon paquet de jolis gâteaux pour le thé de 17 heures.

 

C’était à Lannion, comme vous allez le voir sur les photos. Dans la Biocoop de cette charmante cité il y a un grand tableau d’affichage. J’ai lu pour poireauter les cartes de visites, les propositions diverses et variées d’activités et de réunions qui trônaient là.

 

Cela m’a semblé si surréaliste, ces voisinages entre masseuses, voyantes, hypnothérapeutes, danseuses, lutteuses contre la grossophobie et antifascistes, que je me suis demandé, en plus de la traditionnelle question « Où sont les hommes ? », s’il n’y avait pas là matière à un atelier d’écriture villejeannesque.

 

On en reparle mardi prochain ? ;-)

 

 

Père Noël est de retour

Les Cycles La Tangente

Muriel Goldman, thérapeute de l'âme et coach certifiée

Astrid Coué, psychologue clinicienne (procède-t-elle bien avec méthode ?)

 

 

Bo jutsu à l'ASPTT (???)

Le Bleu coquelicot, atelier de restauration et aérogommage

Le Bleu coquelicot, débarras et revalorisation

Au delà des étoiles, Virginie Le Pasquier, médium et voyante

 

 

 

Collectif de lutte contre la grossophobie

Géobreizh, Laurent Prodomme, expert en géologie, conférencier

Nathalie Cadic Loisel, le salon, coupe énergétique vibratoire

Au moment présent, praticienne massages, bien-être, mieux être

Roule ta bille Chastel ? [Le vice-champion du monde de billes sur sable, c’est lui : Olivier Chastel]

 

 

Manon Bleuzen, praticienne en shiatsu

Agnès Cornée-Le Davay, éducatrice-animatrice à domicile

Adélaïde Mésenge, "massages au Lieu jaune" ?

Alexandra Carrion, retour au soi

Classic karr events, location d'automobiles d'époque avec chauffeur

 

Etc, etc. : j'ai encore dix photos à éplucher derrière ! ;-)

 

Et toi maître Ramsès ? Qu'est-ce que tu nous proposes à part ramener des souris dans la véranda pour nous rappeler que l'homme russe est un loup pour l'homme ukrainien et que, pour un peu, ce serait la nature ?

 

 

Ah ? Des cours de pêche en eau douce ?

 

 

16 janvier 2026

LA LAMPE PHILOSOPHIQUE

 

 

Le siècle des Lumières vient de casser sa pipe !

 

Nous vivons désormais à l’heure des bougies, gouvernés par des obscurantistes qui serpentent dans le tout sauf la science, tout sauf le droit, tout sauf l’humain.

 

Ce sont là les diseurs de mauvaise aventure qui nous fabriquent un futur empli de tonnerre, de flammes, de haines et de guerres.

 

Guéridon renversé, pied de table retourné, démocratie par terre, le nez cassé, la gueule en sang.

 

Ces nouvelles années, privées de lampe philosophique, nous mènent vers de funèbres ténèbres !

 

 

 

Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 13 janvier 2026

 

d'après la consigne AEV 2526-13 ci-dessous.

15 janvier 2026

LA CLÉ DES CHAMPS

 

 

 

Il y a ceux qu’on chasse par la porte et qui rentrent par la fenêtre.

Il y a l’herbe du voisin qui est toujours plus verte.

Il y a « Le ciel est bleu, la mer est verte, laisse un peu la fenêtre ouverte.

 

Ici elle est fermée. C’est un peu une prison dorée, une cage sans barreaux, un abri contre le dehors.

Rien ne bouge dans le paysage.

Même la lumière ne change pas, la nuit aussi le ciel est blanc.

Sans la bonne aventure, sans la rencontre du hasard, le monde est sans éclat, non ?

 

Alors, pour qu’il y en ait, pour que la vie soit plus brillante, on en commet un de coup d’éclat, qui restera dans la mémoire.

On prend la statue de plâtre qui saigne et on la jette dans les carreaux.

 

Derrière la vitre brisée, le monde est à l’identique. Même arbre dans le fond, même sérénité du paysage muet mais maintenant on peut sortir. On peut prendre la clé des champs. Mais on n’est pas sauf pour autant.

 

On ne rencontrera personne et, chaque fois qu’on entera dans une autre maison, ce sera le même confort de l’esprit, le même bris de glace, le même paysage dans un univers voisin.

 

Un jour on aura le mal du pays. On ramassera les carreaux brisés, les fragments de l’image initiale, et on reconstituera le puzzle sur le sol. Alors, sur la statue de plâtre qui avait nom « Mémoire » la tache de sang disparaîtra.


 

 

 

Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 13 janvier 2026

 

d'après la consigne AEV 2526-13 ci-dessous.

18 mai 2024

Une Rennes printanière vue le 20 avril 2024 (2)

 

 

Je n'arrive toujours pas à entrer dans la peau d'un visiteur d'exposition aux Champs libres. Pour moi c'est une bibliothèque, ma bibliothèque. Et je ne veux rien savoir ni sur les arbres ni sur la mort ! Je préfère vivre, marcher et... photographier les arbres et les fleurs ! ;-)

 

 

Euphorbe aux Matelouères.

 

 

La longue et quasi désertique rue de Vern.

 

 

Je viens de publier le texte de Maryvonne E. qui dit ceci : "De toute façon, au soleil couchant, les villes bretonnes ont toutes  cette lumière qui redessine les monuments en les entourant finement d'un liseré doré, créant un moment unique hors du temps. "

13 mai 2024

Dans la nuit de Bruges (Belgique) le 30 décembre 1993 (1)

 

- Vous pouvez le dire ?

- Oui !

- Vous pouvez le dire ?

- Oui, je peux le dire !

- Il peut le dire ! Bravo ! On l'applaudit bien fort !

- Je peux d'autant plus le dire que j'ai la preuve sous les yeux : il pleuvait bien à Bruges ce 30 décembre 1993. Mes photos sont ratées mais je les trouve très belles quand même !

 

 

 

 

 

 

11 mai 2024

EXAGÈRE !

 

Si tu as envie de rêver, vas-y, exagère ! Ce n’est pas tous les jours qu’on tombe dans un terrier après s’être lancé à la poursuite d’un lapin blanc porteur d’une montre à gousset et d’un phylactère au-dessus de sa tête annonçant « Je suis en retard ! ».

 

Ne pas lire tue et toi tu ne risques pas de mourir parce que tu as très vite compris qu’il s’agit ici du jardin secret de monsieur Lewis Carroll. Mais de te retrouver là ça te fait un effet mi-figue mi-raisin. Dans le pain des rêves de l’enfance ce récit des aventures d’Alice est certes un moment unique, hors du temps, mais avec son humour noir sur la ville, la jelly anglaise qui recouvre le pays des merveilles ne rend pas vraiment zen le petit lecteur.

 

Maintenant qui sait si, dans la nouvelle version en réalité virtuelle qui t’est proposée sous forme d’"escape game" ou de séance de cinéma en 3D, tu ne vas pas rencontrer de bien pires créatures encore que Twiddledum et Twiddledee, la duchesse au bébé qui pleure et la reine rouge qui veut couper des têtes ?

 

Est-ce que tu vas rire seulement dans l’impasse du Haha ? Sachant que ce n’est pas « Ah Ah » mais « haha » et que ça change tout. Un haha est un rempart d’un mètre de hauteur destiné à arrêter l’élan des chevaux ennemis à l’assaut du château.

 

Si l’enfance est un paradis, peut-on s’y promener sans soucis si l’univers est imaginé par des adultes dont on ne sait rien?Il faut distinguer l’homme de l’oeuvre mais si l’on suspecte le prof de maths photographe d’être à ses heures pédophile, n’y a-t-il pas lieu de se faire un sang d’encre ?

 

Au chat jaune de Chester – ou du Cheshire – quel animal à tête noire va se substituer ? Qui t’attend dans la rue de la Tour aux chouettes? Il paraît qu’au soleil couchant, là où habite, au 15, la pire des princesses, on entend le cri de l’ormeau et que ça fait claquer des quenottes.

 

 

Tadam ! Shazam ! Tatatsin ! Dans la mythologie bretonne le farfadet qu’on appelle aussi korrigan va peut-être t’obliger à jouer de la musique toute la nuit. Quant à comprendre pourquoi celui qui t’alpague te prend pour un Italien…

 

- Fais-nous danser, Signore Gavroche ! Plaque des accords sur le piano bleu !

 

- Mais… je ne suis que guitariste ! Je vais forcément faire des fausses notes !

 

- Mais non, tu vas voir, c’est magique par ici. N’aie aucune crainte, Signore, on ne tisse pas des liens avec la peur de faire des nœuds ! Joue nous « Auprès de mon arbre » de Georges Brassens !

 

Et tu constates que c’est vrai. Sur l’ébène et l’ivoire tes doigts imprévisibles font des miracles, ils ont des jolies trouvailles pour orner de contre-chants « La petite marguerite » et toutes ces chansons de la belle époque (1950-1980)  du poète sétois.

 

Au bout de la nuit finissent les délices de la danse. Les korrigans te récompensent. Ils t’envoient rue du Grand boulevard. 

 

- Ça s’appelle « Chez Simonne », Signore, mais ça n’a rien à voir avec Yves Montand puisque c’est écrit avec deux « n ». D’ailleurs, son vrai nom c’est Ivo Livi !

 

- Tu diras que tu viens de notre part et qu’il fait un temps à s’aimer. Parce que c’est toi, parce que tu as la tête du gendre idéal, tu auras peut-être le droit d’accéder aux dessous d’Agathe, de goûter aux baisers légèrement sucrés de Mademoiselle Bloom ou au grand jeu de « Moscou-Moscou pas » de Madame Prunier.

 

En aparté, tu doutes. Et de fait, une fois rendu à l’adresse indiquée, aucune Églantine ne t’attend, aucun piment au rendez-vous. Tu ne trouves qu’une plaque de médecin : Fred Le Voyeur.

 

Un plaisantin a apposé dessous un autocollant sur lequel on peut lire « Ça pue d’épier ».

 

***

 

Etc. Etc. On peut alimenter le récit de ce rêve avec ce que l’on voit sur les murs peints de Saint-Brieuc : cette fille rouge la tête à l’envers, ces animaux qui essaient de décrocher une étoile, ce porteur de champignons, ce caméléon gigantesque…

 

***

 

Reste à y coller le mot « fin » sous forme d’une chute dans le Gouëdic depuis le viaduc prévenant, brut de pomme : « Sortie non salée ». Mais bon ça ne plaira pas aux acrophobes ! Est-ce en empruntant le chemin des palefreniers que tu retrouveras, de manière plus douce, ton écurie ou ton paddock. Paddock ?

 

Oui, c’est là qu’elle est la sortie, dans le passage Georges Brassens. Si tu as envie de te réveiller, exagère ! Convoque les fantômes de Georges !

 

« Mais,  foin des délices de Capoue,
C'était mon père criant : "Debout,
Vains dieux, tu vas manquer la messe !". 

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 7 mai 2024

d'après la consigne AEV 2324-27 ci-dessous


 

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