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Mots et images de Joe Krapov
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7 février 2017

Descendre au marché de Lannion (Côtes d'Armor) le 29 décembre 2016 (1)

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Quand je passe ici, c'est que je me promène avec des copines.
(Je remercie beaucoup Boby Lapointe de ne rien ajouter ici)

Cela une fois dit, je tiens à consigner sous ce billet, sans que cela ait aucun rapport avec les images ci-dessus, un lapsus linguae dont je fus l'auteur l'autre jour : alors que je voulais dire "moniteur d'équitation" j'ai prononcé "moniteur d'excitation".

Equidé mieux ?

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5 juillet 2014

Le match France-Allemagne du Mondial à Rennes le 4 juillet 2014 (4)

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 Oh la belle crête !
Comme on dit chez les Ch'tis :
"Ramasse' tin cô, y'a les patt's cassées !"
(Ramasse ton coq, il a les pattes cassées !)


Retrouvailles et vidéos

J'avais emprunté ce disque à un ami (au siècle dernier !). Je le lui avais rendu en qualifiant la musique de "pharmaceutique". Le groupe s'appelait Comus. Evidemment, maintenant on trouve toutes les raretés et antiquités qu'on veut sur Internet. Ce premier morceau ne me déplaît plus !




L'album complet peut être écouté ici !

27 août 2023

Balade à Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) le 25 août 2023 (2)

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Après l'urban musicology, voici l'art outdoor et la poésie outbook d'Orianne !

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Par contre pour le "ne" devant le "pas, c'est mort !

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Vous êtes combien, là ? Une secte entière ?

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Le meilleur moyen pour ne pas attraper de coups de soleil :
Même en dehors d'avril,
Ne te découvre pas d'un fil !

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Effet secondaire du réchauffement climatique : la banquise a dérivé, appportant un ours blanc aux climatosceptiques de la cité corsaire qui se croient plus Malouins que les autres !

19 janvier 2023

WO YÉ LÉ

Dillon 9 colorié et réduit

1
Wo yé lé yé lé
Wo yé lé yé lé
C’est la chanson du canoë
Celle que chante le trappeur Joé
En admirant la canopée

2
Wo yé lé yé lé
Wo yé lé yé lé
C'est la chanson en stéréo
Que passe sur sa cassette Cléo
En admirant son paréo

3
Wo yé lé yé lé
Wo yé lé yé lé
Mais qu'est ce qu'elle s’en vient foutre ici
Cette satanée chauve-souris ?
Voilà qu’ l'ambiance est toute pourrie
On n’admire plus qu'un ciel tout gris

4
Wo yé lé yé lé
Wo yé lé yé lé
Qui est-ce qui a foutu la pagaille ?
Qui est-ce qui a bouffé la papaye 
Pour qu’on se retrouve sur la paille ?

5
Wo yé lé yé lé
Wo yé lé yé lé
Qui a volé le ï tréma ?
Qui nous fait tout ce cinéma
Pour qu’ Joé dans son canoë
Trouve la fin d’ sa chanson... pagaie ?

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 17 janvier 2022

d'après la consigne 2223-16 ci-dessous

12 décembre 2022

Le Fou à pieds bleus vu à Rennes le 11 décembre 2022

Devoir se fixer un objectif touristique pour se sortir le nez de l'ordinateur ! Mais à quel point d'addiction informatique ne suis-je pas rendu !

En tout cas, outre le bien physique apporté par une marche de deux heures dans le froid, cette peinture murale - ou ce graff, comme vous préférerez, installé devant les archives municipales, 18, rue Jules Ferry,  vaut vraiment le coup. Il est signé Moore et est une étape du Safari Graffiti (voyez les autres animaux en cliquant sur le tag ci-dessous). On peut voir d'autres travaux de cet artiste talentueux ici.

Pour en savoir un peu plus sur ce drôle d'oiseau avec des "blue Suede shoes", c'est ici chez Madame Wikipe.

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13 décembre 2019

Une croisière sur la Meuse : Monthermé (Ardennes) le 14 juillet 2017 (1)

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La statue du cheval Bayard surplombe la Meuse
en compagnie des quatre fils Aymon à Bogny-sur-Meuse.
Cette légende est racontée d'heure en heure sur l'horloge animée de Charleville-Mézières.
Elle est résumée ici par Maïck la conteuse. Oui, neuf minutes quand même !

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Une photo de la Meuse prises en 1870 par Arthur Rimbaud.
Mais oui, bien sûr que je déconne !

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23 septembre 2019

A la braderie de Villeneuve à Rennes le 22 septembre 2019 (1)

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- Ce n'est pas que ce soit lourd mais c'est encombrant !
- Parfois je me dis exactement la même chose à propos de mon humour !

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Erotique des braderies I

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J'aurais bien acheté cette petite guitare pour Isaure Chassériau
mais j'ai eu peur d'avoir envie de la conserver pour moi !

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Le quartier de Villeneuve, je n'y mets les pieds qu'une seule fois par an.
J'ai peut-être tort : les noms des boutiques sont très sympathiques !

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3 juin 2019

Rendre Brassens à Sète le 3 mai 2019 (3)

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Le monde est plein de polissons
Je vous ai apporté des bonbons
Oh oui Germaine est moins bien que vous
Oh oui Germaine elle est moins belle
C'est vrai que Germaine a des cheveux roux
C'est vrai que Germaine elle est cruelle
Ça vous avez mille fois raison

Euh... J'ai encore écrit une connerie, là ?

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Moi j'ai pris la peine 
De les déchausser 
Les sabots d'Hélèn' moi qui ne suis pas capitaine 
Et j'ai vu ma peine 
Bien récompensée. 
Dans les sabots de la pauvre Hélène 
Dans ses sabots crottés 
Moi j'ai trouve les pieds d'une reine 
Et je les ai gardés.

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J'lui ai dit : « De la Madone, 
Tu es le portrait ! » 
Le Bon Dieu me le pardonne, 
C'était un peu vrai... 
Qu'il me pardonne ou non, 
D'ailleurs, je m'en fous, 
J'ai déjà mon âme en peine: 
Je suis un voyou.

3 juin 2019

Rendre Brassens à Sète le 3 mai 2019 (4)

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Comme une sœur, tête coupée, tête coupée 
Ell' ressemblait à sa poupée, à sa poupée, 
Dans la rivière, elle est venue 
Tremper un peu son pied menu, son pied menu.

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Y'a tout à l'heur' 
Quinze ans d' malheur 
Mon vieux Léon 
Que tu es parti 
Au paradis 
D' l'accordéon 
Parti bon train 
Voir si l' bastrin- 
gue et la java 
Avaient gardé 
Droit de cité 
Chez Jéhovah 
Quinze ans bientôt 
Qu' musique au dos 
Tu t'en allais 
Mener le bal 
A l'amical' 
Des feux follets 

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S'il faut aller au cimetière, 
J' prendrai le chemin le plus long, 
J' ferai la tombe buissonnière, 
J' quitterai la vie à reculons... 
Tant pis si les croque-morts me grondent, 
Tant pis s'ils me croient fou à lier, 
Je veux partir pour l'autre monde 
Par le chemin des écoliers. 
Je veux partir pour l'autre monde 
Par le chemin des écoliers.

27 février 2019

SIX FATRASIES

 1

Aujourd’hui Madame Charlotte
S’est nourrie de matelote :
Demain elle sera enceinte.

Au pays des sans-culottes
Il faut ranger sa carotte
Si jamais elle coloquinte.

Ma pensée étant d’astreinte,
Je ne puis faire marmotte
Ni absorber de l’absinthe
Lors je suce bergamote :
Ca ne laisse pas d’empreinte !

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 2

Sur la djellaba du vizir
Voici que s’en va s’avachir
Une énorme tarte tatin

Ca le fera-t-y réfléchir
Ou ça va t’y le divertir
Ce failli diabl’ de villotin ?

Et si on lançait bouquetin
Comme symbole de désir
A cet aimable plaisantin ?
Cela lui ferait-il blanchir
La paroi de son intestin ?

 3

Atmosphère ! Atmosphère !
En changeant d’hélicoptère, 
Je retrouve ma nature

C’est la musique des sphères
Qui régit le dromadaire
Et l’entraîne à l’aventure

Am stram gram ! Jolie monture
Au pays d’Imaginaire,
Chemin net et sans bavure,
Mène donc le solitaire
Qui rêvait de l’aventure !

 

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 4

Comme il vient d’hilarité
Quand on voir l’absurdité
Que charrient nos bulletins !

Idées de fraternité
Tombées en promiscuité
Avec la boue des potins !

C’est travail de diablotins
Qui piétinent la beauté,
Se remuent le popotin
Et, en toute impunité,
Nous submergent de crottin !

 5

Qu’est-ce qui marche vers l’azur ?
Ma chaussure, ma chaussure 
Et d’autres coléoptères.

Au ciel net et sans bavure
Ils accrochent des hachures
Comme aux plus vieilles patères.

Ce sont des affreux diptères
Ces mouches qui, dans la sciure,
Tracent de l’imaginaire
Et moulinent de la chiure
Du haut de l’hélicoptère.

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 6

Dans ma petite menotte
J’ai déposé ma quenotte
Tombée de son alvéole

Faut pas qu’on me l’escamote !
Faut pas qu’on me la barbote 
Pendant qu’je vais l’école !

Je vous donne ma parole
Que viendra une marmotte :
Elle dansera la farandole,
Embarquera ma quenotte
Et me laissera le pactole !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 26 février 2019 

à partir de la consigne ci-dessous.

13 février 2019

Choses vues à Rennes en décembre 2018 (2)

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Quand je vais jouer aux échecs à Beaulieu le jeudi je croise souvent
sur mon chemin ce véhicule sans chauffeur.
Le nouveau monde est réellement en marche !

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Du e-sport ? Derrière un écran ? Des jeux vidéo ?
Autant jouer aux échecs !

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Les boutiques de cette rue sont toutes abandonnées.
Combien d'étages de logements va-t-on y construire ?

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 Bon. Moi ici je vois un profil d'homme préhistorique.
Qui voit juste une vitre cassée ?

;-)

1 août 2020

LE TEMPS DES FLEURS

DDS 622 127304495- Elles nous en font voir de toutes les couleurs !

- Qui ça ? Les femmes ou les fleurs ?

- Elles sont partout ! Du Roman de la rose au Dahlia noir, de Fanfan la Tulipe au Lys dans la vallée !

- L’amour est un bouquet de violettes… impériales et impérieuses !


- Elles vous disent d’aller siffler là-haut sur la colline, de les attendre avec un petit bouquet d’églantine… et elles ne viennent pas !


- Moi je ne marche plus dans la combine ! J’ai décidé une fois pour toutes : pas d’orchidées pour Miss Blandish !


- La petite marguerite est tombée, singulière, du bréviaire de l’abbé !


- Gentil coquelicot ! Fleur de Paris ! Roses blanches de Corfou !


- Quand refleuriront les lilas blancs ? Au temps du muguet ? A celui des cerises ?


- Si tu veux faire mon bonheur, Marguerite, donne-moi ton cœur !


- On est bien peu de choses et mon amie la rose me l’a dit ce matin.


- La Rose pourpre du Caire ! Le Rosier de Madame Husson ! Le Chevalier à la rose ! La Tulipe noire ! Les roses blanches («C’est aujourd’hui dddiman-cheuh») ! Petite fleur, P’tite fleur fanée, Magnolias for ever, les glycines de Serge Lama (quand lui fâché, lui toujours cracher !). Les Rhododendrons de Sim ! L’important c’est la rose !


- Violetta ! La Traviata ! La Dame aux camélias ! Le Lotus bleu ! La Rose et le réséda !


- En tout cas si tu crains la canicule et que tu ne veux pas rencontrer une jolie vache déguisée en fleur, ne te réfugie pas là, oncle Walrus ?


- Où ça, là ?


- Là où l’on fait catleya : à l’ombre des jeunes filles en fleur !



P.S.

- Eh ! Ne m’oubliez pas !

- C’est qui, lui ?


- Le myosotis !
 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 622 à partir de la photo du haut

3 novembre 2017

FAINÉ-HANTISE

Il serait temps que je m’affole
Si j’veux séduire Martine Carol,
Faire la bombe avec Ravachol
Ou mêm’ dev’nir l’amant d’Andréa Ferréol !

Il serait temps que je m’affole
Si je veux être au pont d’Arcole
Avec Napo qui caracole
Ou bien à Waterloo où ça sera moins drôle !

Il serait temps que je m’affole
Si je veux sortir de l’école
Où on m’a mis trente ans de colle
Au prétexte que j’y faisais trop le mariole !

Il serait temps que je m’affole,
Que je chante « La petite gayole »
Si je veux dev’nir une idole,
Coqueluche des groupies sorties de rubéole !

Il serait temps que je m’affole
Si j’veux dev’nir roi des guignols :
Aucun programme branquignol
Et pas même le début d’une queue de casserole !

Il serait temps que je m’affole
Si j’veux qu’on m’coiffe d’une auréole,
Si j’veux finir sous la coupole
Ou statufié à poil dans l’rôle du discobole !

Il serait temps que je m’affole
Si j’veux être en tête de gondole :
Faut qu’j’écrive plus de fariboles
Ou que je danse la Carmagnole sous des banderoles !

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 Avant que Dieu n’me patafiole,
Qu’on ne me passe la camisole
Et qu’à l’asile on ne m’isole
Au prétexte que j’ai égaré ma boussole

Il serait plus que temps, oui, que je m’affolasse !
Mais, comme disent les Suissesses
- Six « s » et tout autant de grâces – :
« S’il s’agit d’se bouger les fesses
Et d’se casser le cul en tombant du hamac
Y’a vraiment pas le feu au lac ! ».

Ecrit pour les Impromtus littéraires du 30 octobre 2017 d'après cette consigne

11 octobre 2017

LE GRIMOIRE : UN CONTE DE CLAUDE SEIGNOLLE

Le grimoire (Claude Seignolle ; adapté par Maïck la conteuse et Joe Krapov)

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Artaud Rimbur. Quel bras cassé, cet Artaud Rimbur ! On n’est pas sérieux quand on a dix-sept ans et il a dix-sept ans. Il n’a rien fichu à l’école, est devenu un voyou mou du genou et surtout ce qu’on appelle un monte-en-l’air, un cambrioleur à la petite semaine. Il a remarqué que depuis plusieurs jours le père Verlaine, le rebouteux du village, part de bon matin et revient tard le soir. Il se dit qu’il pourrait peut-être faire un tour dans sa maison. Un rebouteux, moitié sorcier, moitié médecin, doit bien avoir quelque chose à barboter. Quelques billets ou pièces soigneusement cachés ou bien quelque bon jambon ! Mais bon, c’est la maison d’un demi-sorcier quand même ! C’est casse-pied d’avoir la trouille comme ça mais après bien des hésitations il se lance.

C’est trop facile, la maison est restée ouverte ! On y entre les doigts dans le nez ! Artaud Rimbur n’est pas trop rassuré mais après avoir fait le tour de la maison, soulevé quelques draps et quelques couvercles de coffres, il ne trouve rien d’extraordinaire et finalement il n’y a rien à dérober. Déçu mais quand même soulagé il va repartir, les mains vides, les bras ballants… Quand son regard est attiré vers un tiroir entrouvert. Là, coincé dans l’ouverture, une épaisseur de papier dépasse… c’est un gros cahier. Il hésite, le tire à lui et sort précipitamment comme s’il craignait que la voix de son propriétaire ne lui ordonne de le remettre en place. Il s’éloigne au plus vite, prend le chemin du bois derrière la maison et finalement s’arrête en plein soleil à l’abri d’un talus. Il s’assoit, se laissant inonder de clarté, comme rassuré par la lumière qui le mettrait à l’abri de la noirceur de la maison.

Ca lui fait une belle jambe d’avoir volé ce livre : Artaud Rimbur sait à peine lire ! Il l’ouvre quand même, parvient lentement à retrouver le sens des lettres tracées sur la couverture : G R I … Gri M O I moi… R E  re ! Grimoire ! Grimoire des S O R… sorciers !

Là il a une brutale suée. Un quart de seconde il pense prendre ses jambes à son cou, jeter ce cahier ensorcelé et fuir au plus vite ! Mais une irrésistible envie de connaitre le contenu des magies du père Verlaine le pousse à aller plus loin. Il tourne les pages, chacune d’elles est couverte de tout petits caractères tassés… Il y a là de quoi devenir maître du pays tout entier !

Ici le moyen pour annihiler le venin des serpents, comment écarter les loups, guérir les maux de ventre, sécher les verrues, redresser les torticolis.

Là, comment avoir de bonnes récoltes par tous les temps où comment détruire celles du voisin !

Là, pour rendre inoffensif votre pire ennemi ; là, le secret pour tout savoir !!!

Bouleversé, mais impatient, Artaud Rimbur continue à lire :

"Pour devenir voyant : Au bout de 7 jours les vers qui se sont formés dans le derrière du crâne d’un cadavre se changent en mouches, lesquelles 7 jours après deviennent des dragons dont la morsure est mortelle. Si on en prend un et qu’on le fasse cuire dans l’huile et qu’on forme une chandelle ayant pour mèche un morceau de suaire, dès qu’on l’allumera dans une lampe d’étain, aura lieu l’apparition du spectre de Baudelaire. Si vous avez le courage de le regarder en face il vous dira l’avenir. Pour le chasser il faut se frotter le visage avec du sang de femme…." 

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 Ah la, la ! Jamais il n’aurait cru à tant d’horreur ! Complètement chamboulé, il tourne plusieurs pages sans les lire, et, son regard bute soudain en bas d’une page, sur des lettres majuscules tracées à l’encre rouge : TOURNE ENCORE SI TU ES ASSEZ COURAGEUX !

La phrase le frappe entre les deux yeux, les jambes lui manquent mais il aspire une grande goulée d’air et soulève lentement la page, n’osant pas l’ouvrir d’un coup.. des fois que … Mais la page tournée, il ne voit que la répétition de la précédente mise en garde : TOURNE ENCORE…

Cette fois, sans hésiter il tourne la page… Rien … Plus de menace… OUF ! il vient de traverser l’endroit dangereux du livre des sorciers… et il ne lui est rien arrivé !

D’un geste machinal, il se tâte la nuque, le ventre, les bras. Ah ça il vient de braver le pire ! S’il avait dû mourir pour sa curiosité ce serait déjà fait, non ?

Alors serrant contre lui le grimoire qu’il vient de vaincre, assuré de pouvoir braver la colère du père Verlaine il crie comme pour braver les cieux ou les dieux :

- Ah ! Ah ! Père Verlaine ! Tu ne peux plus rien contre moi ! Je t’ai coupé l’herbe sous le pied ! Je ne suis plus un bras cassé, comme tu disais ! Maintenant c’est toi qui es amputé de ta science, tu n’auras plus la béquille de ton grimoire pour te soutenir ! ».

Et Artaud Rimbur, complètement revigoré, se lève pour rentrer chez lui pedibus gambis. Mais il chancelle et se rassied sur le talus car il vient de constater que son corps est lui aussi, amputé ! Amputé de la jambe droite ! Plus de mollet pour le mou du genou !

La conteuse marque un temps pour que les gens imaginent l’horreur puis dit, avec un ricanement sardonique :

Alors, braves gens ? Il est-t-y pas moignon, ce conte-là ?

 

N.B. Le nom du personnage, Artaud Rimbur, est emprunté à Jean-Pierre Verheggen qu'on ne remerciera jamais assez pour sa Belgitude assumée !

27 septembre 2017

L'OEUF MIROIR

La magie du miroir
C’est qu’il est fait de sable
Et d’eau.

Le nuage vient s’y voir
Et – Diable ! –
Se trouve beau.

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La force du miroir
Posé derrière un jeu d’échecs
C’est que lui réfléchit
Sans souci de victoire.

C’est moi qui tombe sur un bec
Et qui en chie

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La magie du miroir :
Alice l’a traversé.
Lequel est Tweedledum ?

Le quadrille des homards,
Le tango renversé…
Lequel est Tweedledee ?

Qui sera la plus belle
Pour s’en aller danser ?
Et qu’en dit Humpty Dumpty ?

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Ecrit pour les Impromptus littéraires du 25 septembre 2017 d'après cette consigne

29 septembre 2016

TOUT CA, C'EST PEANUTS. 6, Incipit (3)

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L’idéal serait de produire des nouvelles en trois lignes comme le fit Félix Fénéon au XIXe siècle. Entre parenthèses, j’adore le portrait de Félix Fénéon par Paul Signac.

portrait-felix-feneon-opus-217-122_2742

Des romans en quatre phrases, ce ne serait pas mal non plus. Ca me rappelle la consigne du conte dont les quatre phrases commencent par « Bon, Mais, Alors, Et ».

Un exemple chez Charles M. Schulz ? « C’est une nuit de rêve. Deux étrangers dans une pièce pleine de monde. Mais ils ne se rencontrent jamais. Il y a trop de monde dans la pièce. » 

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7 juillet 2016

Lumières d'été. 4, A Rennes le 6 juillet 2016

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C'était soir de mercredi du Thabor. On en est revenus avec Air Africa. C'est une blague krapovienne, sans doute de mauvais goût (ou pas) pour désigner la ligne C4. Personne n' y est très clair sauf le chauffeur et nous. D'ailleurs hier soir il y avait un type si noir que le bus empestait le rhum à trois kilomètres !

OK, je sors ! 

7 août 2016

Choses vues à Lille le 15 juillet 2016

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Aller blanchir de l'argent sale ou simplement le planquer en Suisse devient dangereux. Avec tous les coups de projecteurs de ces Polichinelles sur le secret bancaire, on pourrait prendre l'Helvétie pour une lanterne et se brûler !

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- Non monsieur, vous n'êtes pas au château de Moulinsart. Ici c'est la boucherie Sanzot !

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OK, OK, vous sortez de l'Europe mais ce n'est pas une raison pour nous refiler vos cabines pourries !

4 août 2016

Retour à Ploumanac'h (Côtes d'Armor) le 23 juillet 2016 (3)

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On vient depuis trente ans par ici et, pour la première fois,on voit cette jetée et cet angle inédit sur le château de Costaeres. Comme quoi il y a toujours des choses à découvrir.

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Où sont les deux autres hommes, Jérôme ?
K. et Jérôme préparent le Brexit ?

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Ce rocher à la forme d'un personnage endormi, non ?

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 Non ?

5 juillet 2016

KAACHALOTT ! (2)

En un mot comme en cent : 366 réels à prise rapide

5 juillet 2016

Moment où la nuit tombe

Aujourd'hui, c'est le moment où la nuit tombe sur les Tombées de la nuit.

J'y ai vu tant de choses superbes les six premières années de notre présence à Rennes ! Et puis changement calamiteux de directeur en 2002 et cette année, résultat : plus rien ! Rien ne m'a séduit dans la programmation. Le pire était sans doute ce spectacle pour une personne, appelé "Urgence" qui se déroulait dans un hôpital. Idéal pour soigner son iatrophobie !

Le rideau et la nuit peuvent tomber sur ce festival. Pour moi, comme pour le cachalot, c'est mort !

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16 mars 2014

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 20, PORTRAIT CHINOIS

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Si j'étais un personnage politique, je serais un roi du Moyen-Orient

Si j'étais un personnage de fiction, je serais une princesse qui attend que son prince vienne la délivrer

Si j'étais un animal, je serais un dragon

Si j'étais un héros, je serais Saint-Georges (mais je ne suis pas un héros, mes faux pas me collent à la peau !)

Si j'étais un plat cuisiné je serais une ratatouille provençale ou des tripes à la mode de Caen

Si j'étais une forme musicale, je serais un medley

Si j'étais un livre, je serais "99 dragons : exercices de style"

25 septembre 2016

FAMILLE THENARDIER, JE VOUS HAIS !

Ils continuent de ne pas s'embêter, à l'Université de Rennes 3 ! L'équipe de chercheurs un brin farfelus formée par le Pr Isaure Chassériau et les trois frères Park (Luna, Jurassic et Central) envoie toujours dans le passé son véhicule-robot baptisé Tornado afin d'en ramener des trésors (?) non parvenus jusqu'à nous. Il en est ainsi du poème ci-dessous, un  pastiche de Victor Hugo écrit par André Gide et que l'auteur a sans doute jugé bon de déchirer un peu avant de recevoir le prix Nobel de littérature en 1947. Remercions l'Université de Rennes 3 d'avoir récupéré ce document très intéressant pour l'histoire littéraire du XXe siècle.

FAMILLE THENARDIER, JE VOUS HAIS ! (un poème retrouvé d’André Gide)

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Si tu veux foutre le bordel
Au nouvel an chez ta belle-doche
Tu débarques en porte-jarretelles
En brandissant un tournebroche
Garni de blanches tourterelles !

Surtout, n’fais pas dans la dentelle,
Au nouvel an chez ta belle-doche !
Vas-y déguisé en poubelle
Avec des restes de cantoche
Dans ta chevelure poivre et sel ! 

AEV 1617-02 5176981

Comme Lady Gaga l’infidèle
Tu te recouvres de bidoche,
Tu joues au vieux Polichinelle
Et tu accroches en haut de l’échelle
Les plus turbulents des mioches moches
De ta belle-sœur Isabelle.

C’est fastoche de faire un festoche
De mauvais goût un peu cruel !
Je sais d’infâmes ritournelles
Extraites des « Fiancés de Loches »

Du genr’ « Le chat d’la mère Michel
Mixé dans la pâte à brioche » !

 A la petite Pimprenelle
Tu confisques sa vieille totoche,
Tu la lui caches dans l’eau d’vaisselle
Et à sa grande sœur, la gazelle
Qui crèche rue du Maréchal Foch,
Pendant qu’elle touille son vermicelle
Tu lui roules deux ou trois galoches !

AEV 1617-02 dubout6

Si tu veux foutre le bordel
Au nouvel an chez ta belle-doche
Tu viens avec la varicelle,
Avec la peau qui s’effiloche !
J’ai un pote qui boss’ dans l’cinoche,
Il connaît toutes les ficelles
Du maquillage gore qu’on s’accroche
Pour faire trembler les jouvencelles !

 Si t’es du genre intellectuel
Tu viens avec Aldo Ripoche !
Il jouera sur son violoncelle
Le « Concerto pour la main gauche »
Du dénommé Maurice Ravel
Ou de frondeuses tarentelles
Composées par Gérard Filoche :
Y’a pas plus chiant comme saltarelle ! 

AEV 1617-02 albert-dubout-le-prince-des-humoristes-7-m

Si ta famille, par les bretelles,
T’envoie ramasser une gamelle
Sur le pavé de la place Hoche
Tu as gagné ! C’est dans la poche !
Tu ne paieras plus la gabelle
De cette sinistre bamboche :
Tu ne fais plus partie des proches !

Et l’année prochaine, à Noël
Moët et Chandon plein la valoche,
Caviar de Russie à la pelle,
Tu pourras te taper la cloche
Sans te farcir les sales caboches
De ces messieurs et demoiselles !

Tu pourras te faire un cinoche,
Mireille Darc dans « La grande sauterelle »,
AEV 1617-02 62d7064dUn film avec Juliette Binoche,
Un vieux polar avec Bébel
Ou rester devant ta téloche
En te gavant de caramel !

Famille, je vous Gargamelle !
Vous ne méritez que taloches,
Horions et coups de manivelle !

Et je signe, sans anicroche :
Gavroche, rebelle de la Bastoche.

Les illustrations sont d'Albert Dubout et empruntées ici et là sur le web. Merci à l'artiste et aux généreux partageurs.

 Produit à l'Atelier d'écriture de Villejean et utilisé pour le Défi du samedi n° 421.

La consigne de Villejean était la suivante : 

 Belle ou moche ? 

 On collecte du vocabulaire : dix rimes, pas forcément riches, à l’adjectif « belle » et dix rimes «  à l’adjectif « moche ».

 On met ce vocabulaire en commun. On obtient ainsi la liste ci-dessous. Il est demandé d’écrire une chanson, un poème, un texte dans lequel on fait alterner les sonorités en « elle » et les sonorités en « oche ».

 Accroche - Bamboche - Bastoche - Belle-doche - Bidoche - Boche - Bouloche - Brioche - Caboche - Cantoche - Cinoche - Cloche - Coche - Effiloche - Fantoche - Fastoche - Fastoche - Festoche - Filoche - Gavroche - Galoche - Gauche - Juliette Binoche - Loches - Maréchal Foch - Mioche - Moche - Place Hoche - Poche - Proche - Ricoche - Roche - Sacoche - Taloche - Télé-poche - Totoche - Tournebroche – Valoche. 

 Aile - Annabelle - balancelle - Bébel - Bordel - Bretelle - Camel - Cannelle - Caramel - Caravelle - Carrousel - Colombelle - Cruel - Damoiselle - Demoiselle - Dentelle - Donzelle - Echelle - Escarcelle - Femelle - Ficelle - Fidèle - Gabelle - Gamelle - Gargamel - Gazelle - Glorfindel - Hirondelle - Hôtel - Isabelle - Jean de Nivelle - Label - Manivelle - Marcel - Marelle - Mère Michel - Miel - Mirabelle - Missel - Pelle - Pimprenelle - Polichinelle - Poubelle - Porte-jarretelles - Quel - Ravel - Réel - Ribambelle - Ridelle - Rimmel - Ritournelle - Saltarelle - Sauterelle - Sel - Tagliatelle - Tarentelle - Tel - Tourterelle - Vaisselle - Varicelle - Vermicelle – Violoncelle.

  Ce jeu d’écriture est inspiré de la chanson « Belle et rebelle » de Juliette Noureddine sur l'album "Nour".

  AEV 1617-02 juliette_nour-1024x1024

 Celle du Défi était celle-ci.

17 mai 2015

Trois orchestres d'harmonie à Rennes le 16 mai 2015 (1)

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 L'orchestre à vents d'Orgères, dont je suis devenu le photographe officiel, du moins lors de ses déplacements rennais ;-), est venu faire souffler un grand air - de grands airs ? - d'Europe musicale ce samedi 16 mai sur la place de la Mairie de Rennes. Deux orchestres d'harmonie venus de Hollande étaient de la fête en sa compagnie. J'ai beaucoup "mitraillé" et me suis régalé autant de bonne musique de que "vol" de photos du public. Pour cette première série de quatre billets, contentons-nous d'admirer quelques musiciens et d'entendre des prestations orchestrales très plaisantes. Déjà, quand ça commence par Offenbach, c'est de bon augure ! Pas vrai, Monsieur Calchas ? ;-) 

19 mai 2015

MOMENT D'ENTHOUSIASME (4)

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Brusquement, sur la fin, ma discrétion jusque-là maintenue serrée au plus près part en flèche et je m'en vais photographier sans honte, dans le pavillon du tuba, cet opéra brisé qui ne touche plus terre, cette grue en col de bouteille, ce lampadaire torsadé qui illumine d'une perspective d'été précoce ce coin si agréable de la place de la Mairie où trois orchestres d'harmonie ont fait résonner ce soir les trompettes de mon enthousiasme.


Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 19 mai 2015 sur la thématique "Enthousiasme" et avec, pour les deux premières phrases, l'obligation de les composer avec des mots extraits d'un passage de "La perspective Nevsky" de Nikolaï Gogol :

La multitude des chapeaux, des fichus, des robes – auxquels les dames demeurent fidèles parfois même deux jours de suite – est capable d’éblouir qui que ce soit : il semble que toute une nuée de papillons s’élève de terre et volette autour de la foule des noirs scarabées du sexe fort. Vous admirerez ici des tailles d’une finesse exquise, comme vous n’en avez jamais rêvé, des tailles minces, déliées, des tailles plus étroites que le col d’une bouteille, et dont vous vous écarterez respectueusement dans la crainte de les frôler d’un coude brutal, votre cœur se serrant de terreur à la pensée qu’il suffirait d’un souffle pour briser ce produit admirable de la nature et de l’art.

Et quelles manches vous verrez perspective Nevsky ! Dieu, quelles manches ! Elles ressemblent fort à des ballons, et l’on s’imagine parfois que la dame
pourrait brusquement s’élever dans les airs, si elle n’était pas maintenue par son cavalier ; soulever une dame dans les airs est aussi facile et agréable, en effet, que de porter à sa bouche une coupe de champagne.

Nulle part, lorsqu’on se rencontre, on ne se salue avec autant d’élégance et de noblesse qu’à la perspective Nevsky. Ici, vous admirerez des sourires
exquis, des sourires uniques, véritables œuvres d’art, des sourires capables de vous ravir complètement ; vous en verrez qui vous courberont et vous feront baisser la tête jusqu’à terre ; d’autres, parfois, qui vous feront dresser le front plus haut que la flèche de l’Amirauté. Ici, vous croiserez des gens qui parlent des concerts et du temps qu’il fait, sur un ton d’une noblesse extraordinaire et avec un grand sentiment de leur propre dignité. Ici, vous  rencontrerez des types étonnants et des caractères très étranges. Seigneur ! que de personnages originaux on rencontre perspective Nevsky.

23 février 2014

POUR ALICE DE LA PART DE LEWIS

DDS 286 Su Blackwell Jardin secret

(oeuvre de Su Blackwell : The secret garden, finding the door)

Je ne sais pas ce que raconte cette forêt de signes.

Je ne sais pas ce que dit l’arbre à son voisin.


Je ne sais pas ce qu’il y a derrière la porte.


Je ne sais pas pourquoi on abat l’arbre afin de faire du papier.


Je ne sais pas si ce qu’on écrit sur le papier mérite qu’on abatte des arbres.

Je sais que c’est ton jardin secret et que tu as toutes les réponses à mes questions
Puisque tu es la réponse.

Je sais que mon manuel d’arboriculture était un incunable qui valait une fortune
Mais je te pardonne car ce que tu en as fait est très beau.

Tu voulais peut-être savoir de quel bois je me chauffe ?

La réponse est classique autant que décevante :
Je me réchauffe le cœur à la guitare de Georges.

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 286 à partir de cette consigne.

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