Voici une autre liste de mots disparus du dictionnaire Larousse. Saurez-vous les utiliser de manière à réécrire une fable, une chanson, un poème ou un texte connus en remplaçant les mots par des mots comprenant le même nombre de syllabes ? Vous pouvez modifier la syntaxe et inventer vous-même des mots dérivés de ceux-ci pour respecter les rimes des poèmes.
Si l’exercice vous paraît trop difficile, écrivez un texte dans lequel vous insérerez au moins huit de ces mots en faisant comme s’ils étaient compréhensibles de tout le monde aujourd’hui.
Verbe
Nom masculin
Nom féminin
Adjectif
Adverbe
Gabarier
galantin
géline
gâcheux
grotesquement
Se gaudir
gargotage
gobille
grasset
luxurieusement
gasconner
garus
gorgerette
hyémal
maussadement
giboyer
gibelet
gueusaille
ignicole
monacalement
gobelotter
guilleri
grattelle
indigète
mondainement
godailler
hachereau
hyperdulie
kysteux
mystiquement
gueuser
halot
jaserie
lanice
couardement
harper
icoglan
jarosse
laqueux
holllander
jaseron
macaronée
malévole
interfolier
kabak
macque
malpeigné
jobarder
lendore
mandore
Mignot,e
jouailler
lucumon
margot
morbifique
liarder
maltôtier
métalepse
multiflore
Se mécompter
marasca
mignotise
Duret,te
morguer
masulipatam
muscadelle
diadelphe
mugueter
méchef
étrape
Coriacé,e
camphrer
chaudeau
cirure
chancreux
caloyer
cadis
cacade
bursal
bistrer
boucaut
berle
besaigre
aborner
bard
basquine
aquatile
empoisser
amict
baïoque
aduste
Textes suggérés pour une traduction en « Larousse ancien » :
Début de Du côté de chez Swann / Proust
La Cigale et la fourmi / La Fontaine
Le Renard et le corbeau / La Fontaine
Le Dormeur du val / Rimbaud
Après la bataille / Victor Hugo
Les Conquérants / José Maria de Heredia
En sortant de l’école / Jacques Prévert
Les Bonbons / Jacques Brel
Le Tord-boyaux / Pierre Perret
La Mauvaise réputation / Georges Brassens
Padam / Edith Piaf
Siffler sur la colline / Joe Dassin
Manu / Renaud
Chansons de Charles Trénet, Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Edith Piaf, etc.
Quand tu boutonnes Carvin avec Épinoy (dimanche avec lundi !), tu es chez moi !
Ce n’est pas que je sois un mauvais exemple en matière de présentation vestimentaire – quoique ! – c’est juste que la cité du bois d’Épinoy se trouve à Libercourt, là où je suis né, et que jusqu’en 1947 cette commune du Pas-de-calais n’était qu’un hameau de la ville de Carvin.
Ici, dans cette région que je rechigne toujours à appeler les Hauts-de-France, on parlait et on parle encore un patois appelé Ch’ti que je rechigne toujours à appeler du picard et pourtant c’en est.
Il faut donc remercier Pépito Matéo qui s’intéresse aux expressions et aux vocables pittoresques de la langue française « en voyage » de me "ramintuver" le bon vieux temps où mes parents et grands-parents étaient vivants !
Grâce à lui je vais enfin pouvoir constituer et partager le lexique des mots entendus dans l’enfance et qui sont peu utilisables dans mon pays d’exil.
Je vous les livre en vrac, tels qu’ils me sont venus au cours de mes récents déplacements et/ou insomnies !
berloquer : chanceler, basculer
une cafougnette : une histoire drôle. Cafougnette est le nom d’un personnage typique dû à la plume de Jules Mousseron
être arringé : être fou, avoir des idées qui sortent du commun
quèr : tomber (déformation de « choir »)
une cayelle : une chaise
une carrette : une voiture
un biclou : un vélo
avoir un œil qui dit merde à l’autre : loucher
armue tin cul ! : magne tes fesses, bouge-toi !
Un trop d’gueule : un vantard, un beau parleur, un arrogant
déloufer : vomir
« Encore un que les boches n’auront pas ! » : phrase qui se dit quand on lance un pet sonore
les boïaux rouches : les boyaux rouges. C’est le surnom donné aux gens du seul Pas-de-Calais.
une Marie Toutoule : une femme peu soignée
une Nunu Cacacque : une obsédée de l’hygiène
un égosil : un abruti, un imbécile (déformation de l’espagnol alguazil) ; on trouve aussi « agosil »
la maraute : la maraude, le fait de chaparder des fruits sur un arbre
un sincier : un fermier
geulard : gourmand
une maguette est une chèvre
une pizingue : une pimbêche, une fille délurée
un garlouviot : un jeune homme un peu présomptueux
une biloute : une verge, un sexe d’homme
une gampe : une jambe
une barnife est une gifle
une clique est une tape sur les fesses, une fessée
un doudou est un enfant méchant
une guiffe à chuques est un amateur de sucreries
un galaf est un gourmand
la wassingue est le nom de la serpillière
un ramon est un balai
un carin est une remise, une cabane à outils
à mo’ = chez
cor’ = encore
tuter : boire
« Tin père y’est cor’ à mo Sidonie à tuter dé l’bibine »
Une amusette est un type qui ne songe qu’à se distraire
Un soyeux (prononcer soïeux, soïeuse) est quelqu’un(e) qui vous soûle de paroles. On dit aussi un ratelard (de gratte-lard?)
la ducasse est le nom de la fête foraine
maquer : manger
à z’épaulettes : sur les épaules
un capiau : un chapeau
une quémiche : une chemise
la berdoule : la boue
la boudinette : le nombril
les coulons : les pigeons voyageurs
les coulonneux : les colombophiles
Une marrone : un pantalon « armonte eut’ marrone ! »
tchiot ninin : petit bébé
tchiot margat : enfant
se camucher : se cacher
artrousser : retrousser
un séyau est un seau
un innochint (innocent) est un niais, un idiot
la baraque : la maison
la capote : le manteau, le paletot
la chirloute est le mauvais café, pas assez fort
un niguedoule est un idiot
avoir le souglou c’est avoir le hoquet
berlafer c’est faire un repas avec des tartines trempées dans du café
marcher à pied de chaussettes (ou à pieds décau) c'est marcher sur le sol de la maison sans avoir mis ses chaussures.
***
Je termine par deux expressions que j’aime bien :
« Ramasse tin cô, y a les pattes cassées ! » (Remballe tes arguments, ils n’ont rien de convainquant ! ou bien "Rentre chez toi, t'as perdu la partie !")
et « Intique, intasse, t’occupe pas de ch’ti qui passe ! » (Bien faire et laisse dire !).
C'est un mariage célébré à Rennes ce samedi 6 juin au matin. C'est même un mariage à l'ancienne : à la sortie de la mairie, un bagad accompagne les mariés jusqu'aux marches de l'opéra
Le photographe officiel opère avec une chambre sur trépied et un voile noir, comme dans les caricatures de Dubout.
Il a poussé le détail jusqu'à se faire une tête ressemblant çà celles des barbus de l'époque 1900 !
Que dire du temps ? Il fait beau mais il y a du vent dans les voiles !
J'aime beaucoup ces deux derniers clichés : on dirait un taureau vu de dos qui s'apprête à foncer sur la fille en robe rouge !
Ils ont fichu le bazar avant que les Uhlans ne débarquent à Paris. Les zazous ! Ahuris !
Ils ont joué les affreux devant tous les oukases de la mode bourgeoise. Les zazous ! Pauvres nazes !
Ils n’avaient pas besoin de visa pour détester la zoubida ! Les zazous ! Quels fadas !
Aux ave, aux pater et aux bénédictions urbi et orbi de Pie XI et Pie XII ils ont répondu par les aventures-délires impies de Bibi Fricotin et Razibus Zouzou ! Les zazous ! Quels voyous !
Ils ont mieux aimé la folie des avanies du jazz, du swing que la danse des ours et surtout celle des jours qui se suivent et se ressemblent. Les zazous ! Devant eux l’ennui tremble.
Ils ont pris Saint-Lazare pour la gare d’où s’en vont tous les trains oulipiens vers une littérature qui raille et qui déraille. Les zazous ! Quelles canailles !
Ils ont mis les adjas devant les oustachis. Les zazous ! Et pourquoi pas « Vive l’anarchie ! » ?
Ils ont rêvé de Zsa Zsa Gabor et n’ont pas voulu voir les lendemains du masseur dans la culotte du zouave au pont de l’Alma mater quand la dolorosa et le Materazzi cherchent des noises à Zizou à propos de pilier et de Mercedes Benz compresseuse de princesse. Les zazous ! Quelle tristesse !
Ils ont, comme Zazie, pratiqué sans ticket des outrances dans le métro, exhibé sans chiqué leurs minables abdos et leurs outrecuidances. Lez zazous ! L’Anti-France !
Ils ont été désagréables - du style « Colza mon cul, veux-tu, Yvette, car ma tête est très oublieuse !» et ont commis bien des outrages envers les bonnes mœurs, la bonne mère et les bonnes mûres. Les zazous ! Que des enflures !
Ils ont porté des falzars tellement courts qu’on n’a pas eu besoin d’y coudre des ourlets. Les zazous ! Tous des cinglés !
Ils ont envoyé paître Isabeau de Bavière aux Houches, Mère Térésa aux Outremers et jeté Isabelle la catholique aux oubliettes de l’histoire. Les zazous ! Mais quels barbares !
Ils ont semé la zizanie chez les Zoulous, chez les Aztèques, à Knokke-le-Zoute, joué du jazz afghan au kazoo, enflammé le Zaïre, mis le feu chez les Ougandais, se sont drogués à Ibiza, à Katmandou ou je ne sais où. Les zazous ! Rien que des fous !
Ils ont fini dans la tisane de l’oubli, oubliés de tous les pedzouilles qui ne jurent plus que par Chat GPT, madame Lia, la terre plate et le vaccin nul.
La salle Bel-air, là où avait lieu le concert est située au bout du bout de ce sympathique village, juste en face du cimetière. C'est du reste là que dans certaines contrées les assassins qui prennent le pouvoir voudraient enterrer la culture. Dans une fosse commune avec la liberté ?
Voici quelques expressions régionales ou utilisées dans un pays francophone ou ailleurs, relevées dans un des « Carnets d’expression » de Pépito Matéo, conteur, acteur et auteur.
Essayez d’en glisser trois ou quatre dans un texte qui parlera d’une région que vous n’habitez pas, que vous n’habitez plus ou placez-les dans une histoire où il sera question d’un pays imaginaire.
Expression
Traduction
Origine
Avoir le rhume de fesses
Avoir la diarrhée
Sénégal
Un ras le bonheur
Une mini-jupe
Québec
Azorer
Réprimander fortement
Québec
Placoter
jacasser
Québec
Un cocolet
Un enfant gâté
Suisse
Un couratier
Un coureur de jupons
Suisse
Être brossu
Être mal luné
Suisse
Une palenteuse
Une personne douée de ses mains
Suisse
J’vous aime bien mais j’me préfère
Se dit pour s’éclipser d’une soirée
Burkina
Avoir le cerveau en argile
Être stupide
Angleterre
Avoir les pieds froids
Etre timoré
Angleterre
Redresser les concombres perdus
Arranger les choses
Bulgarie
Marcher à pieds de chaussettes
Ne pas avoir mis de chaussures
Nord-Pas-de-Calais
Donner à manger aux poissons
Aller vomir
Bretagne
S’esclafouérer
Tomber en se répandant
Limousin
Les paroles lui sortions d’la goule comme les crottes d’o chu de la chèvre
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.