En un mot comme en cent : 366 réels à prise rapide
22 avril 2016
Je renonce à
Je n’aime pas renoncer en général. Autant le bélier est entêté, autant le cancer est tenace.
Mais aujourd’hui rien ne va. Les SDF de la passerelle me lancent un «bonjour » très agressif sous-entendant que je suis un nul de faire du jogging sans porte-monnaie.
Et la bibliothécaire de L. m’annonce que « l’essentiel est de participer » vu que le jury du prix littéraire est constitué de deux vététistes.
Quand je vois la chansonnette primée et que je relis ma «Chronique de ceux qui aiment la musique et la vie», j’ai très envie de renoncer à participer l’année prochaine !
Du pavillon coquet qu’il habitait avec sa douce, le vieux professeur de philosophie, M. Lamoureux, ne sortait que rarement. C’était l’ancien logis du garde-chasse. Il était situé à l’arrière du château, au bout du parc, près de la pièce d’eau. C'est dire si on vivait sur un grand pied, ici, jadis. M. Lamoureux y avait installé sa très riche bibliothèque et, dans la compagnie de Madame, de ses livres et de leurs chats, il aurait pu finir là une existence bien remplie et toujours fort studieuse si Madame Lamoureux n’avait eu à ce point la bougeotte, voire la manie des voyages.
Depuis qu’ils étaient en retraite elle réussissait à traîner son bougon de mari au moins deux fois par an à l’autre bout de la France et même quelquefois, à l’étranger. C’est ainsi que, la veille au soir, ils étaient rentrés d’un séjour d’une semaine en Espagne.
Dès après le petit déjeuner, Madame s’était précipitée sur son ordinateur pour y dépoter le millier de photos de palmiers, de cactus et d’agaves qu’elle avait capturées dans les parcs et jardins de Barcelone. L’objectif était de les partager avec ses amies botanistes du Net. Si tu n’aimes pas les chats et ne sais pas le nom des fleurs, un conseil, mon ami, ne va pas sur Internet !
Monsieur avait lui retrouvé ses livres d’art, sa collection d’essais de Montaigne dont Madame disait qu’il était piètre rugbyman car il n’en avait jamais transformé aucun. Enfin, peut-être que si, mais dans ses souvenirs d’enfance, elle n’avait jamais entendu Roger Couderc glisser un seul mot là-dessus.
Il avait lui aussi rallumé son ordi puis, riche de son expérience d’une semaine parmi l’humanité de derrière les Pyrénées, il avait repris son travail en cours sur l’application de la philosophie des Lumières à la société « post-industrielle à caractère hautement épris de numérique dans l’étrange et troublante temporalité de l’ère 21 ».
Madame appelait cela le projet Pichenette et Monsieur, qui n’était pas versé dans la pusillanimité ni dans les acronymes cherchait un autre titre à sa thèse depuis que, dans un éclat de rire inextinguible, elle lui avait révélé le sigle qu'on pouvait appliquer à la partie entre guillemets de la phrase précédente. Il se remit à taper sur son clavier, poursuivant là où il s’était arrêté avant d’aller se nourrir de tapas, faire la queue au Park Güell, admirer les rondeurs de la Sagrada familia et surtout traîner la patte et tirer la langue pendant des kilomètres derrière sa Dora l’exploratrice en mode marche commando.
« On peut, considérant les diverses textures dont est faite l’humanité, diviser le « corpus disserens » en Voltairiens et Rousseauistes. D’un côté, les adaptés, les soyeux, les lisses, les affables, les sociables, les courtois, les diserts pour lequel le risque existe de tomber dans ce que Voltaire dénonce avec ironie dans sa célèbre formule « Les bavards sont les plus discrets des hommes ; ils parlent pour ne rien dire ». En effet, que reste-t-il du flot intarissable de paroles des vaccinés par une aiguille de phonographe ? Combien faut-il vider de verres et lâcher d’inepties dans les cafés du monde entier pour qu’une seule saillie géniale de poésie absurde puisse être notée par Jean-Marie Gourio dans ses Brèves de comptoir ? Depuis que l’Ecole Belge dite du « Tout sauf Marcel en morse » en a fait la preuve par l’absurde, posons-nous la question avec elle : fallait-il vraiment autant de communications affectées, de codes aristocratiques, de baisemains, de pince-fesses, de tortillages de derrières, la coupe de Champagne à la main ou la madeleine trempée dans la tasse de thé pour que nous héritions de Proust, ma chère et n’y a t-il pas lieu de regretter la ciguë de son existence et ses si peu exiguës stances ?
Face donc à ces discrets nous avons les rugueux, les râpeux, les taiseux, les épineux, les broussailleux, ceux qui ont comme Manset par voyager en solitaire, ceux qui ne disent rien mais n’en pensent pas moins, ceux qui ajoutent Alceste de misanthropie dans leur acidi-thé au citron, ceux qui rêvent de flou sur la colline, ceux qui mondedusilencent, ceux qui observent sans verve, ceux qui prennent le parti du dragon contre le boulevard Saint-Michel, ceux qui, pas loin du mysticisme, mettent des couleurs sur le monde, foutent le feu aux toiles, regardent le soleil, les oiseaux, le ciel, les femmes et les fleurs et s’en font univers débordant de splendeur et de gloire jusqu’à permettre envol à tous ceux qui survivent et veulent bien les suivre.
Si les paroles s’envolent, si les écrits restent et si la cathédrale est encore à construire, existe-t-il moyen de faire cohabiter les deux catégories ci-dessus mentionnées ? ".
Monsieur Lamoureux arrêta de taper et avant de reprendre, il énonça tout haut la phrase qu’il avait eue sur le cœur pendant tout l’après-midi à Montjuic, la colline des musées de Barcelone :
- Amis discrets, mes frères, il suffit de peu de choses pour que vous aussi vous puissiez vous élever par-dessus la futilité de votre bavardage. Pour que l’on puisse vous prendre en considération, pour que la transcendance ait lieu, pour que vous puissiez gagner quelques centimètres de taille humaine et commencer à communier avec le géant, il y a une chose très simple à faire : lorsque vous visitez la Fondation Miro qui est rappelons-le un musée et non une bodega, surtout vous, là, les familles françaises et les ados luxembourgeois, APPRENEZ A FERMER VOS GUEULES !
Or, juste à ce moment-là, la sonnerie du portable de Madame Lamoureux retentit. Le cri de Tarzan qui se frappe la poitrine. Cela lui rappella tous les touristes à « selfies » qu’ils avaient croisés sur leur chemin, ces couples qui lui avaient même parfois demandé de les photographier. "Mais oui, vous êtes beaux, Narcisse et Echo !".
Madame Lamoureux a attrapé son téléphone et la voilà qui, elle aussi reprend, là où elle l’avait interrompu, son bavardage avec ses voisines de partout.
Joan Miro - Cheveu poursuivi par deux planètes
En fin de matinée, M. Lamoureux sort faire sa promenade apéritive autour du lac. Il ne le dira pas à Madame Lamoureux mais Barcelone, pour lui, ça a été un peu « Chauve qui peut le monde ! ». Jamais auparavant il ne s’était senti à ce point comme là-bas pareil à un cheveu poursuivi par deux planètes.
Voici dressée ici ma liste des petits riens qui font du bien.
Le « Rien de grave ! » du docteur au chanteur : « Vous prendrez un cachet tous les matins !».
Le « Rien de compliqué ! » de la cuisinière financière à l’imprésario : « Vous prendrez un pourcentage de la recette tous les soirs ! ».
Le « Rien ne va plus, faites vos jeux ! » du croupier et le 33, ce petit numéro de rien du tout sur lequel vous aviez tout misé sort soudain et fait de vous le millionnaire de la soirée !
Alors commence une vie de rêve. Les petits rien y ont une allure différente.
On offre un diamant à son chien et une laisse à sa maîtresse pour lui être plus attaché.
Le « Un rien vous habille !» du grand couturier vous fait frissonner de plaisir. L’habit est de belle facture, certes, mais la facture est bien élevée, elle aussi, non ? Désormais nous sommes entre gens du monde. Faire partie des huiles, ce n’est pas rien. Payez, grassement. Ne montrez rien de vos petites radineries d’ancien pauvre.
Puis les jours passent et on se lasse. « Rien de neuf aujourd’hui » ne vous fait plus bondir de joie comme autrefois.
Autrefois vous aviez une vie de routine et vous mangiez à la cantine avec vos potes et vos copines.
Autrefois vous écoutiez « Rien à cirer » de Laurent Ruquier et il y a un tas de gens et de choses dont vous n’aviez, vous non plus, rien à battre : Madame Lapaille, Monsieur Lapoutre. Rien à faire de Lapaille de fer et de Monsieur Lapoutre, en outre…
Nihil novi sub sole ! Justement, le soleil brillait et cela vous suffisait. Vous étiez gai. Rien, rien de rien, vous étiez comme Edith, non, vous ne regrettiez rien. Vous chantiez.
Oui, vous chantiez toujours, l’air de rien. Et l’air de rien vaut mieux que celui de la jalousie, que celui des bijoux ou de la calomnie.
Cliquez sur cette image, vous verrez : la Mayenne, ce n'est pas rien !
Alors, contre cette nostalgie qui n’est plus ce qu’elle était, vous luttez, même si vous savez qu’il n’y a rien à faire.
Rien à faire que se dire que ce sera mieux hier, que c’était mieux maintenant, que le mieux est l’ennemi du bien et que l’homme de nulle part, si c’est peut-être vous, eh bien… ca ne fait rien ! Ca fait juste du bien !
Il leur demande de choisir une ville ou un village situé entre Carhaix et Lourdes.
Il résume brièvement la biographie d'Ernesto Guevara et celle de Bernadette Soubirous extraites de Wikipedia.
Puis vient la consigne :
"Ernest Guinvarc’h en a marre de voir son image, enfin celle de son sosie, Che Guevara, affichée partout sur les sacs, les tee-shirts, les posters de tous les bobos de partout en ce début de XXIe siècle.
Sa jeune voisine, Bernadette Soubeyrou, le persuade de faire un pèlerinage à Lourdes afin de demander assistance à la Vierge Marie dont elle dit à Ernest qu’elle la connaît personnellement.
C’est l’été. Ernest et Bernadette se mettent en route. Ils voyagent à vélo avec une remorque attachée à la bicyclette d’Ernest dans laquelle il y une tente canadienne, un camping-gaz, de la bouffe et quelques affaires de rechange.
Vous racontez leur étape du soir dans une ville ou un village de votre connaissance situé entre Carhaix et Lourdes. Le caractère de Bernadette est enjoué et optimiste, celui d’Ernest est bougon et brouillon.
Votre texte commence obligatoirement par « Le énième jour, il firent étape à …. »
P.S. Cette consigne est née d'un commentaire d'Adrienne sous cette photo lors de sa première publication ici.
Vers la fin de ce mois-ci, j’aurai mes 26 ans. C’est un âge encore assez correct pour ce qui est de serrer contre son cœur les élastiques rimbaldiens de sa guitare et pour porter ce sac à dos-matelas-duvet-ukulélé. Comme il est difficile de faire du stop dans Rennes, plutôt que la route 66 j’ai emprunté le bus n° 6 qui conduit chez Mme Mumu de Sévigné à Cesson-Làceskra-Poveries.
J'en vois un qui marche sur l'eau ! Fais gaffe, toi ! Il va t'arriver des bricoles !
- Eh Toto ! C'est incroyable ! - Quoi ? Que se passe-t-il ? - C'est la première fois qu'on entend le ukulélé sur une vidéo des B Car... ! ;-)
Merci infiniment à Mme Marina B. (Car... Bourgeoizovna !) qui a bien voulu filmer cette prestation... et à qui on demandera, la prochaine fois, s'il y en a une, de ne pas couper les applaudissements du public en délire à la fin des chansons ! ;-)
J'aime bien le graphisme mais je ne connais pas trop les genres musicaux indiqués. Et le prix libre autoritaire, je découvre aussi ! Allez soyons fous et curieux :
C'est terrifiant : je ne déteste pas !
J'aime bien le graphisme mais le brutal apéro punch se marie-t-il vraiment bien avec les galettes saucisses ?
Allez soyons fous et curieux, faisons fuir nos rares visiteurs et visiteuses :
Ca vaut son pesant de marmites de moules, nous dirait Adrienne ! Allez, vive la Belgitude !
A VENDRE : Paire de jambières élastiques permettant de réellement prendre les jambes à son cou en cas de danger. Recommandé aux personnes un poil trouillardes. Référence : Pétoche 0
A VENDRE : Paire d’oreilles décollées permettant de dormir dessus. Recommandé pour personnes insomniaques. Référence : Zzzzzzz 666
CEDE : Journée pourrie. Le lot est constitué : - D’un écoeurement devant l’impudeur avec laquelle M. Emmanuel Carrère raconte la vie d’Edouard Limonov - et la sienne ! - dans "Limonov" et, de ce fait, d’une chute des mains dudit ouvrage. - D’une insomnie à 3 heures du matin que la lecture de l‘anthologie « Les belles étrangères : douze écrivains russes" n’égaiera pas. - D’une réunion de « brainstorming » à laquelle assistent dix personnes. Les animateurs en sont deux technophiles un peu sourds qui n’écoutent qu’eux-mêmes. Mais c’est normal : il parait que le niveau de masturbation intellectuelle auquel on est rendu dans certaines entreprises françaises aurait des effets néfastes sur l’audition de certaines personnes. - D’un bus C4 du réseau du STAR rennais. Prévu pour passer toutes les 8 minutes à votre arrêt, le véhicule stationne 16 minutes place de la République dès qu’un rigolo tire le signal d’alarme du métro et dès que vous devez arriver à 18 h 30 à votre rendez-vous en salle Mandoline. - D’une poubelle coulissante nouvellement rangée dans le placard de votre cuisine. Ce dernier élément vous est offert gratuitement par Mme Bricoflex qui avait déjà par trois fois, ces derniers quinze jours, changé la place de la boîte à ordures dans votre logement. Référence : TOC 35 0411
Bon, alors, finalement ? Je ne vais pas si mal que ça !
(Photographié place de la République à Rennes le 8 novembre 2014)
Depuis qu'on m'a rayé des cadres, je me suis recyclé ! Je suis devenu l'archiviste de moi-même. C'est ainsi que pour illustrer ce Défi du samedi je n'ai pas hésité à aller récupérer chez M. Sebarjo, mon très aimable ancien voisin du dessus et Défiant du samedi à ses heures, les haïkus que j'avais déposés en guise de commentaires sous son Tour de France d'haïkiste que je vous recommande chaudement !
Qui tape à l'étape ? L'abus de Champagne, roi Des émois rémois !
Bonnes intentions : Avaler quelques pavés Dans l'Enfer du Nord !
Eh ! Intique ! Intasse ! T'occup's pas dé ch'ti qui passe ! ...Sauf si ch'est Inqu'til !
Fuyez, criminelles ! A bonnes en tandem salut ! Les Papin commencent !
Le numéro 6 En traversant le village Tente une échappée !
Avoir des moustaches "En guidon de vélo" [sic] C'est vraiment au poil !
Pour nous mettre au vert Faisons flèche de tout bois Avec Sebarjo !
Pour se mettre au vert A Paris il faut passer La porte Maillot !
Comble de malchance : Attraper l'avarie-selle Sur le tour de France !
Pour surfer plus haut, Un slip de bain à pois rouges : C'est pas très malouin !
Fais preuve d'entrain Et rue-toi sans cinéma Pour gagner l'Arvor !
Tant que j'aurai forces J'appuierai sur les pédales : C'est bon pour le coeur.
Et ça rend la main véloce Pour mettr' les mots à la noce.
Etre souple du guidon Et sensible aux paysages Rend agile du crayon.
Dans la plaine et les vallons Ecrivons et pédalons !
Le crois-tu ? On a Semé les filles et c'étaient De bien belles plantes !
Sur la coulée verte Le bonheur de tout Rennais : Se la couler douce !
Nuages au ciel ? Côte couleur émeraude ? C'est Petit-Breton !
Empoigne guidon, Bouge muscles et tendons Pour perdre bedon !
Pour perdre bedaine C'est pas des calembredaines Pédale, promène !
Facteur ! Facteur ! Please ! Have you something for me In your besace ? No ?
Le ciel bleu à Rennes Vous rend plus léger que tout : Vous donne des ailes !
Le chat de Gelück A l'arrière du vélo Chargé d'un pot belge !
Vois l'ami comme elles Sont en guidon de vélo Ses jolies moustaches !
Laissant leurs cyclos Ils s'en furent aux Cyclades : Vivent les mariés !
L'été, sur les pentes, Indifférents, les cyclistes, A nos agapanthes
Automobilistes En raison du Tour de France Des bouchons à Liège !
Un blogueur fidèle Au Tour est comme un bavard : Jamais ne la boucle !
Ranger les valises Et voir qu'on a sous les yeux De sacrée sacoches !
Mignon comme un coeur ! Le vélo rose à Cayeux M'a bien ré-galet !
On traçait des routes On poussait coureurs et billes C'était tour d'enf(r)ance.
NOSTALGIE
Etre dans cet âge Où chaque pâté de sable Est une montagne !
Un whisky anglais Pour calmer la Tramontane Et ma dalle en pente !
Je la reconnais ! C'est la bicyclette bleue De la fill' des forges !
Vélo de pêcheur, Très bien pour effectuer Des queues de poissons !
Dans les sacoches rouges Du vélo publicitaire Un homme sandwich ?
Chez José Arthur, réponse A l'heure de l'EPOp club !
Un rêve d'enfant : Faire du vélo sans les mains ! Sans fesses ? Plus dur !
- Comprenez-moi, les gars, les filles, a dit le directeur de la taule. Les mômes d'aujourd'hui n'ont plus rien dans le citron. Avec ce qu'ils gurgitent sur Ternette ils ne savent plus aligner un sujet, un verbe et un complément. Alors du coup ils alignent les profs dès qu'ils leur causent histoire des religions ou éducation civique. Ils le traitent de raciste comme font le jazz et la java dans la chanson de Nougaro. Vous, messieurs-dames, vous avez fait votre temps ! Ca fait plus de 2000 ans que vous enquiquinez le monde avec vos coucheries, vos fâcheries, vos numéros de magie, vos oripeaux fripés, votre mythologie et vos mites au logis. En plus, comme dirait Janus, vous nous compliquez l'existence avec vos prénoms bilangues même pas classes : Vulcain-Héphaïstos, Zeus-Jupiter, Junon-Héra, Kama-Soutra, Mercure O'Chrome... Comment voulez-vous que les mômes s'y retrouvent là-dedans. Ils y perdent leur latin dans vos « monsieur et madame ont un fils » ! Et puis des dieux qui se transforment en taureau, en cygne ou en pluie d'or pour séduire des gonzesses, ça fait quand même un peu grosse tache à l'heure du mariage pour tous, non ? Pas un seul d'entre vous qui aille se faire voir chez les Grecs alors que vous en venez de chez la belle Hellène, c'est pas un drachme mais avouez que c'est limite homophobe, votre discours religieux, non ?
Alors je suis sympa. Je laisse les portes des cellules ouvertes, vous vous baladez comme vous voulez dans la prison, mais pas de tentative d'évasion s'il vous plaît, OK ? De toute façon tout est hyper sécurisé ici."
On n'a rien entravé à son charabia.
Là-dessus le temps a passé. Supers-pouvoirs ou pas, Dieux de l'Olympe ou pas, il faut reconnaître que les mecs sont balèzes. Plus rien ne marche pour nous : Zeus ne commande plus à la foudre, l'enclume de Vulcain pèse juste le poids d'un édredon, Héra périclite et Vénus ne monte plus.
Il n'y a plus que Neptune qui nous fait rire encore un peu de temps en temps. A la dernière visite médicale la doctoresse, Madame Trépas, lui a trouvé un profil d'étape des Pyrénées dans le tour de France au niveau de ses gamma-globules Marilyne ou de ses lipides amniotiques, on ne comprend rien ni à leur vocabulaire ni à leur écriture à ces Esculapes de seconde zone !
- Qu'est-ce que vous voulez que ça me fasse, Madame le Major ? qu'il a répondu. Vous ne croyez tout de même pas qu'on a le même sang de navet que vous autres les humains, Palsambleu ? On n’est pas de la même veine !
Eh bien, colère ou pas, il a quand même eu droit à une deuxième prise de sang de contrôle qui n'a absolument rien donné par rapport aux critères des hominidés qui n’ont pas idée de ce que nous sommes ! Et là, gag : toute sa chimie est plus que normale, dans la fourchette prévue, pile-poil au milieu même ! C’est quand même bien bizarre, je vous l’accorde, qu’un sous l’eau comme ça ne développe même pas le début d’un embryon de cirrhose de la foi. Sans compter qu'avec sa fourche il se goinfre comme pas deux de choucroute de la mer et mange plutôt comme quatre. C'est normal : quand nous on a la dent, lui il a le trident ! La toubibe était drôlement vexée. Du coup elle lui a prescrit une analyse d’urine.
- Ah non, pas Wagner ! L'analyse du Ring, Wotan en emporte le vent ! Autant relire « Les Chevaliers de Königsfeld » et tourner en rond sur le circuit du Nürbürgring avec Michel Vaillant ! - Je ne vous parle pas d'analyse du Ring, je vous dis que nous allons analyser-vos urines de 24 heures. - Dûment ? - Je vous fais une ordonnance. Vous retournerez à l'infirmerie voir Mme Lapis-Couse.
Une fois que vous avez listé tous vos petits secrets, vous passez le questionnaire à votre voisin(e) de droite. Il ou elle est chargé de vous répondre, en une demi-heure, au verso d'une carte postale de Plonk et Replonk ou sous forme de lettre plus longue si inspiration. Quand j'aurai eu le temps de la taper, vous aurez droit à ma réponse à Maryvonne. Son portrait, enfin celui qui figure sur son permis de conduire, est ici.
Au retour du Festival des Affranchis, me voici en mesure de livrer quelques scoops à propos du docteur Z, celui qui est tombé en même temps que moi dans l'almanach Vermot quand il était petit et même qu'il en reste des traces dans nos écrits réciproques sur le Défi du samedi. L'année dernière on avait joué à "Mais où est Charlie ?" à La Flèche mais on ne s'était pas trouvés : pourtant, il y a peu de Sarthois là-bas à se promener avec un tee-shirt Iowanien mais c'est comme ça, on s'était ratés. Cette année on s'est trouvés ! Il faut dire que ce drôle de Zig avait collé son monogramme sur tous les murs de La Flèche. On avait plus qu'à suivre le boeuf. Ben oui, on s'est rencontrés dans un café qui s'appelle "Le comptoir du boeuf". Lui avec son basson et moi avec ma guitare on aurait pu en faire un ! Mais bon, on n'était pas venus armés !
Tant et tant de marins, autant de capitaines Tant d’ordres et de contr’ordres, de « Garde-à vous ! », « Rompez ! » Tant de vielles badernes, de casernes, de balivernes et billevesées Tant de lignes Maginot et de calembredaines Tant de guerres puniques et des pichrocholines, des Napoléoniennes Tant de guerres de trente ans, de cent ans qui ont trop épuré, torturé et duré, Tant d’énergie gâchée à recuire les haines Tant de trous de verdures à soldats allongés Tant d’horreurs et tant de charniers Tant de chevaux crevés, éventrés, achevés Qui pas plus que les hommes n’avaient rien demandé…
Tant de fois, tant de fois cette question posée : Est-ce si compliqué que ça de vivre en paix, D’oublier son cheval pour aller visiter Un appareil photo posé sur la bedaine Waterloo morne plaine ou l’ile de Sainte-Hélène Ou Domremy où Jeanne eût mieux fait de rester - Tant et tant de marins et tant de capitaines ! - Filer la laine plutôt que de Partir joyeuse et conne vers des courses lointaines ?
Cela a commencé à tomber le 31 décembre vers 23 heures. Et donc le premier janvier de cette année-là il a neigé toute la nuit. Yoko s’est réveillée la première. Il y avait encore dans le salon des serpentins et des cotillons de ci de là mais toute la vaisselle était lavée et rangée, Maman est comme ça et Papa obéit. Ses parents et ses oncles et tantes avaient fait la fête jusque tard mais elle n’avait pas entendu les claquements de portières des voitures quand ils étaient repartis. On l’avait mise au lit vers 22 heures 30 et elle avait dormi d’un sommeil profond.
Et maintenant elle est là, première levée, première habillée, tout enthousiasmée par l’épaisse couche de neige qui recouvre la cour et le jardin. La neige ! Comme autrefois !
Elle a chaussé ses bottes rouges, enfilé sa doudoune bleue, elle n’oublie pas son écharpe, ses gants et son bonnet. Elle ouvre la porte.
Il y a du brouillard et le soleil commence à le percer en dardant ses rayons obliques. Quelques flocons de neige volètent ici et là mais ils sont énormes, ils ont la taille d’un moineau aux plumes bleues et on peut voir toutes les branches de leur cristal. Pas un n’est pareil à l’autre. Ils parlent ; ils l’appellent :
- Viens ! Viens, Yoko ! Viens jouer avec nous !
Elle referme la porte, saute derrière l’un, essaie d’attraper l’autre. Elle quitte la cour de la maison, se retrouve sur le chemin qui mène à la forêt.
- Viens ! Viens! Viens jouer avec nous, Yoko !
Maintenant ce ne sont plus les flocons qui l’appellent. Ce sont deux tâches rousses qui n’arrêtent pas de sautiller. Elles se trouvent près d’un arbre, l’une posée sur un rocher, l’autre agrippée à même le tronc du chêne dénudé. Deux animaux malins. Et il y a une autre tâche rousse devant. Celle-là, Yoko la connaît bien. C’est le kilt du professeur Craig, cet étranger barbu qui leur apprend l’anglais langue morte à l’école.
- Bonjour, professeur Craig !
Le réfugié écossais se retourne et, la reconnaissant, lui sourit.
- Ils vous ont appelé, vous aussi, Professeur ?
- Oui. Comment le sais-tu ? Toi aussi tu entends leurs voix ? C’est un drôle de premier de l’an et ce sont de belles étrennes. Je crois bien que ce sont les deux derniers spécimens de cette espèce. Squirrels ! Des écureuils ! Ils se nourrissaient de noisettes et de ballets de Tchaïkovski. On en voyait beaucoup dans les opéras autrefois, à l’époque où l’on n’interdisait pas aux dames de porter le chapeau à l’intérieur ni aux hommes de fumer la pipe.
- Mais comment pouvait on voir les danseuses et les danseurs derrière l’écran de fumée et les chapeaux à plumes ?
- Quand on ne voit pas ou plus on imagine, Miss Yoko. Parfois c’est mieux, même. Est-ce que tu as déjà vu le lion de Belfort ?
- Non. C’est en Angleterre ?
- Non, c’est en France, là où il y avait la Joconde, Monna Lisa. Il a été sculpté par Bartholdi, le même qui a fait la statue de la Liberté à New-York. Maintenant que ces monuments ont disparu nous ne pouvons plus que les imaginer d’après leur photo.
- Vous croyez qu’ils se laisseraient photographier ? J’ai pris mon téléphone avec moi pour avertir Maman en cas de danger.
- Oui ! Oui ! Viens poser avec nous ! répondent les écureuils. Donne ton téléphone au professeur Craig !
Yoko va s’asseoir sur le rocher. Les écureuils sautent sur ses épaules et lui chatouillent le nez avec le pelage de leur queue si empanachée qu’on ne sait même plus s’il faut mettre un « n » ou un « m » devant le « p » de ce mot !
Monsieur Craig prend la photo mais tout de suite après un nuage passe devant le soleil. Est-ce que c’est d’avoir évoqué les continents disparus, l’odeur du passé, l’incendie du Louvre et de la ville de Paris ? On a l’impression que quelque chose a changé dans l’atmosphère. D’ailleurs il n’y a plus de cristaux de neige et d’un seul coup, comme dans un doux rêve, les écureuils se sont enfuis dans la forêt.
- As-tu seulement pris le temps de déjeuner, Miss Yoko ?
- Non, j’ai entendu les voix, j’ai vu la neige, je me suis tout de suite habillée.
- As-tu seulement prévenu tes parents de ton départ ?
- Non plus.
- Ce n’est pas très raisonnable. Allez viens, je te ramène chez eux.
***
Le premier janvier de cette année-là, ça s’est bien agité sur les réseaux sociaux de l’île. On a beaucoup vu la photo de la petite Yoko O.
Celle où elle a les écureuils sur les épaules. Et aussi celle de la famille O. installée avec le professeur Craig devant ce qui restait de bûche du réveillon de la veille et un copieux petit-déjeuner. Même les équipes de télé ont fait le déplacement dans la matinée.
Mais les autorités scientifiques ont eu beaucoup de mal à encaisser l’histoire de ce retour fugace d’une espèce disparue. C’est si facile de truquer une photo de nos jours ! D’après elles, les écureuils n’ont jamais parlé en japonais à quiconque.
Et ceux qui ont cherché à leur expliquer cela par des mutations génétiques ont été renvoyés illico dans leurs buts.
- Et pourquoi pas des extra-terrestres tant que vous y êtes ? Ou le Stade-Rennais-Football-Club battu par l’ASM de Belfort en quarts de la Coupe de France 2020 ? Autant nier l’existence des sœurs Chihiro et Hinata Tatin ! N’import’nawak, professeur Craig !
Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 11 février 2020 d'après cette consigne.
Comme si la préparation de la conférence "Rions un peu avec Rimbaud" n'avait pas suffi à me stresser suffisamment en décembre et en janvier, je me suis aussi engagé à rejouer avec mon complice corse le sketch des médecins du SMURT devenu SMICARD pour une association de retraités actifs des environs de Rennes. Nous avons donc à nouveau fait les andouilles en mots et en chansons devant une salle bien remplie. Tout le monde s'est beaucoup amusé et a apprécié la prestation. Nous aussi.
C'est ce que je m'empresse d'aller raconter dans un mail à mes autres complices d'Am'nez zique et le Biches, assez tard ce même jeudi soir. C'est pourquoi je conclus mon courriel par un très musicophile 'Good night Irene". Et je colle un lien vers Youtube car mes ami.e.s très branchés chanson française ne connaissent peut-être pas ce standard anglo-saxon.
Et voilà que je tombe sur cette version-ci et sur la malle aux trésors country de Music city roots ! C'est comme ça qu'"on n'est pas couchés", nous autres, les musicien fous!
Gaffe, les filles ! David Hamilton n'est pas loin !
Toi aussi, tu croules sous le papier ?
Punie-cagibi ?
J'ai bien évidemment consulté Madame Wikipe à propos de cette revue. Elle m'a renvoyée sur le blog d'une collectionneuse, Rayondesoleil, où l'on trouve des extraits du journal Lisette. Amies nostalgiques de passage il y a même là-bas de la matière pour votre liseuse : le roman illustré "La maison qui louche "!
Comment avez-vous fait pour deviner que les deux derniers numéros étaient parus en décembre ?
***
Sur l'expression "Pas de ça, Lisette !" j'ai bien évidemment aussi fait des recherches et je suis tombé sur ce billet très pointu et donc très intéressant :
Feuilletonnons, feuilletonnons ! Il en restera toujours quelque chose !
Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais il se trouve qu'en ce moment je numérise par rephotographie des diapositives de l'année 1992. A l'époque nous vivions dans le sud d'un département français dont le nom commence par S., dans une ville dont le nom commence par S., située à proximité de la célèbre abbaye de S. et je travaillais au château de Sablé-sur-Sarthe. Zut, j'ai vendu la mèche !
Dans les boîtes de diapositives, je ne numérise pour l'instant que les photos de mes deux enfants - ils avaient alors 6 et 4 ans - et de nous-mêmes. Avant d'aller plus loin, je vous invite à relire cette participation aux Impromptus littéraires de 2019 :
Eh bien figurez-vous qu'hier, dans une des boîtes de diapos prises un jour au château, j'ai retrouvé, au-dessus du portrait d'une collègue, le fameux tableau mentionné dans le texte. Le voici :
Cela vaudrait le coup maintenant de rassembler les fictions écrites autour de cette affaire et les récits de ce séjour sarthois. J'ai eu une légère tendance à disséminer tout cela tantôt chez les Impromptus, tantôt sur le Défi du samedi et souvent à l'Atelier d'écriture de Villejean. En même temps pourquoi aller chercher des poux à cette famille de Chaulnes ? Les morts ne sont-ils pas tous des braves types ?
J'ai quand même envie d'ajouter au texte cité que l'affaire du retrait des ses enfants à la princesse adultère est allée jusqu'au procès public et qu'on trouve sur Gallica, en cherchant bien, les comptes-rendus de ce litige. Dois-je écrire "à suivre" avant de publier les autres portraits que je possède des protagonistes ?
Sophie Galitzine. Cette gravure a été effectuée d'après le tableau de Charles Joshua Chaplin - ça ne s'invente pas ! - dont j'ai retrouvé, hier également, une reproduction en ligne.
Emmanuel, le 11e duc de Chaulnes est l'enfant en costume quimpérois du tableau retrouvé. Il a épousé une Américaine, Theodora Shonts et est décédé très jeune lui aussi en 1908. Leur fils, prénommé Emmanuel lui aussi et mort en 1980 d'après cet extrait du Figaro.
A Paris, au « Luco », grand jardin public où il y a un bassin, un palais, un guignol, moult badauds flânant, un pavillon Davioud, un jour qu’il faisait chaud, Mirza, grand danois, lâcha Nino, humain distrait qui chantonnait car composant : Nino fabriquait, pour son job, du 45 tours rock’n’roll ou soul music, un boulot fort harassant ! L’inspiration lui arrivait surtout quand il baladait son mâtin.
Un instant plus tard, au Boul’Mich, Azor, chihuhua vif dont Li Po avait l’usufruit, tira sur son licol, calta au diable, disparut au loin, laissant là pantois son doux amphytrion. Navrant instant quand la distraction vous contraint au constat d’un abandon, d’un fiasco, d’un gâchis. Chagrin colossal ! Ô sanglots longs sans violons ! Yang Fu qui l’accompagnait la conduisit pour consolation dans un bistrot voisin.
On s’installa au fond du bar. Il fallut d’abord ouïr l’aboi inamical d’un carlin mastard qui trônait là, truc laid contrastant fort par rapport à un joli tanagra au frais minois, sa proprio, qui lui fila un coup au bas du dos afin qu’il tût son cri un chouïa trop anti-maos !
Yang Fu amorça son laïus apaisant :
- Disparu, Azor ! Au bout du boul’ Mich, parti saillir Mirza ! Salopard ! Il a fui, suivant son instinct animal. Assassin ! Bâtard ! Tu valais pas qu’on t’aimât , corniaud ! dit Yang Fu. Voilà la fin du nirvana canin, ma pôv Li Po ! Vas-y, brais dans mon giron ! Paris a pris ton paradis, ton compagnon à poils ras, ton chihuaha. Tu l’adorais ! Mais stop ! Quand nous aurons fini nos boissons, allons dans mon kot voir mon minou, doux, câlin, mignon, amusant, poilu, taquin, moustachu mais aussi griffu !
- Un chat ? Tu as un chat ? Tu m’l’avais pas dit !
- Un chaton.
- Son nom ?
- Amour !
- Oh oui, allons-y ! Garçon ! L’addition !
Soudain, Li Po fixa Yang Fu. D’un coup tout lui plut : sa voix, son corps, son allant. Plus tard dans la nuit son pubis charmant, sa façon d’assaillir qui la fit rapido jouir dans un simili-viol du doigt introduit qui fouaillait la toison, chvirait l'horizon, chamboulait la raison, sans fin, par pur plaisir. Ô nuit d’initiation, d’introduction à Sapho, d’introït au son du Gloria dans LGBTQIAworld !
Fissa-fissa, Azor, vagabond à poil ras qui courait dans Paris suivant son compagnon danois, chut dans un oubli total !
Ainsi, du fait d’Azor, du futur promis par Amour, Li Po suivit Yan Fou dans son gourbi tout là-haut, plac* G*org*s P*r*c.
Coloc, PACS, grand amour, tous trois sont toujours là aujourd’hui.
P.S. Qu’arriva-t-il à Nino dont on parlait à l’incipit ? Il raconta tout ça sur un 45 tours. Il chanta la disparition du cabot Mirza. Trouva-t-il lui aussi un compagnon ? La chanson dit nada quant à ça !
Ce moment où la nuit tombe a donné son nom à un festival rennais, «Les Tombées de la nuit» qui, très souvent depuis sa reprise en mains par M. Claude Guinard (guignard ?), a été rebaptisé « Les Tombées de la pluie » à cause des rincées qu’on y prend.
C’est peu de dire que la programmation est bien moins stimulante au fil des ans.
Cette année, je n’ai même pas vu le programme et ce lundi je suis à Redon. Il y pleuviote une petite bruine mais les graffs de l’ancienne usine Garnier sont de toute beauté.
Cette semaine, ça va être du donnant donnant. Moi non plus, je ne savais ce que c’était qu’un jujube ! Je croyais même qu'on disait une jujube ! Mais vous, savez-vous pourquoi il y a une rue Arthur Bernède à Redon, riante cité du Sud de l’Île-et-Vilaine dans laquelle habitent mes beaux-parents, rue devant laquelle nous passons quand nous allons rendre visite à la famille ?
Arthur Bernède ! Qu’est-ce qu’il a, qui c’est celui-là ? Quel rapport avec le jujube ? Moi je sais de longue date que c’est un romancier et qu’il est surtout connu – s’il l’est encore – pour avoir écrit « Belphégor ».
Ca ne va peut-être pas vous rajeunir mais moi, si ! En mars 1965 ce roman populaire a été diffusé sur les écrans de la télévision française sous forme d’un feuilleton en quatre épisodes. C’est peu de dire qu’il a flanqué la trouille à tous les gamins des écoles et collèges. Je me souviens très bien que dans la cour de récréation on vous sautait sur le dos, vous mettait les mains autour du cou et faisait mine de vous étrangler en disant « Ah ! Ah ! Je suis Belphégor, le fantôme du Louvre !».
Comme il n’y avait pas de télé à la maison, le mystère était encore plus grand pour nous et il m’a fallu attendre des années pour que je comprenne le phénomène. J’ai ainsi en ma possession, dans ma collection de dévédés, cette terrifiante série vintage qui en fera rigoler plus d’un aujourd’hui. J’ai également fait l’acquisition du roman original de 1927 que j’ai pris le soin de relire cette semaine : je ne voudrais pas qu’on m’accuse de parler de choses que je n’ai pas lues ou vues ou surtout que j'aurais oubliées ! J’ai aussi souvenir d’être allé voir un film homonyme de Jean-Paul Salomé sorti en 2001, fort tombé dans les limbes lui aussi.
Si j’ai proposé le mot « jujube » à l’animateur de notre atelier préféré, - c’est encore plus drôle s’il l’a choisi tout seul - c’est surtout parce que je pensais à « Jujube », le surnom de Juliette Gréco qui, dans le feuilleton « Belphégor » de 1965, tient le rôle d’un personnage nommé Laurence Borel. C’est peu de dire qu’elle irradie dans ce rôle qui est celui d’une très intrigante séductrice.
Ma semaine ayant été fort occupée, je n’ai pu revoir que les deux premiers épisodes de « Belphégor ». Ce qui me fait sourire, c’est la notion de duplicité et le goût du transformisme, de la transformation que l’on trouve à tous les étages. Dans le livre qui est assez grand guignol et dont le style mélo a énormément vieilli il y a un personnage de détective, Chantecoq, complètement pompé sur Rouletabille et surtout Arsène Lupin, qui use et abuse de déguisements divers et variés. Le fantôme du livre n’est évidemment pas un fantôme, c’est un costume endossé, pour on ne sait quelle raison, par une gentlewoman cambrioleuse. Quand on fait un casse pour récupérer un butin, en général on n’attire pas l’attention sur soi avant et pendant ! Mais bon, la fiction n'a jamais peur de l'invraisemblable !
Dans la série, tout est changé. Il y a plus traditore que le traduttore, c'est l'adaptatore ! Le journaliste Jacques Bellegarde se prénomme désormais André et est devenu étudiant en physique. Chantecoq, Simone, la Scandinave, les époux Papillon ont disparu. Il y a une séance digne de Frankenstein, avec seringue et tensiomètre, pour donner vie au fantôme dans une crypte de l’église Saint-Germain L’Auxerrois (des prés ?). On ne cherche plus le trésor des Valois mais la pierre de Paracelse ! Le bossu et l’homme à la salopette ont été remplacés par une inquiétante Lady Phonographe et il y a une séquence d’enlèvement de la fille du commissaire Ménardier avec un simulacre de meurtre en haut de la tour Eiffel. Mais je ne vous en dirai pas plus là-dessus car je hais ce genre de séquences vertigineuses et donc j’ai « zappé » et j'en ai profité pour aller faire pipi. Vous qui avez la télé, vous faites bien ça aussi pendant les pubs, non ?
Mais je ne vous ennuierai pas plus longtemps avec Belphégor. Je poursuis juste avec l’idée qu’il y a deux Juliette Gréco : celle, magnifique actrice et chanteuse, qui avait un très joli nez et celle d’avant qui avait un tarin un peu trop gros et trop fort. Par deux fois elle eut recours au bistouri des Frankenstein brothers : à la fin des années 40 et en 1956.
Voici la moralité de cette chronique : comme chante Boby Lapointe dans « Avanie et framboise », « on peut presque tout changer excepté ce qu’on ne peut pas ». Juliette a quand même bien fait de se faire refaire le pif, surtout la première fois : nous avons retrouvé une photo de son appendice nasal initial. Oui, hein, pas terrible !
Est-ce une question d'âge ? D'usure de la bécane ? De dépassement par une société et un environnement qui vont trop vite pour vous ?
Toujours est-il que moi qui suis en parfaite santé j'ai quand même hérité d'un médecin traitant. J’ai vraiment beaucoup de chance parce que toutes mes copines autour de moi ont perdu le leur !
J'ai même énormément de chance parce que ce monsieur Asklêpios et ses assistantes me bichonnent comme ce n'est pas permis ! Déjà on me soigne pour une hypertension artérielle alors que je ne souffre que d’iatrophobie. En plus je n’ai même pas besoin de chanter pour qu’on m’attribue un cachet. Sympas, les Grec·que·s !
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Une fois par an mon généraliste m'envoie faire une saignée chez Monsieur Dracula qui tient le laboratoire médical de la rue Nosferatu. Une fois tous les trois ans il me demande d'aller faire un électrocardiogramme et une échographie chez Monsieur Lecoroner, le cardiologue de la rue Hortense Iomètre.
Que des braves gens eux aussi qui se décarcassent tous pour me démontrer que je ne suis pas venu les voir pour rien ! Le biologiste par exemple m’a décelé un pic protéinique anormal à surveiller et Le Coroner m'a diagnostiqué une aorte dilatée. C’est drôle, moi j’aurais plutôt pensée à la rate pour la dilatation !
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Je rends visite au généraliste tous les six mois, en juin et en décembre. Malgré sa gentillesse congénitale je stresse comme un malade quand j'ai trop bu et trop mangé et que je monte sur sa balance.
J'y suis allé le lundi avant Noël chez la cardiologue. Oui LA cardiologue parce que Monsieur Lecoroner a pris sa retraite et c'est Madame Vampirella qui le remplace. Elle s'appelle comme ça parce qu'elle avait envisagé d’abord de faire pharmacie mais finalement, n'écoutant que son bon cœur, elle a fait médecine et est devenue cardiologue. Très gentille elle aussi et très honnête : elle a trouvé l'électrocardiogramme normal, le cœur normal et l’aorte revenue à une dimension normale. Elle m'a quand même demandé de revenir dans 3 ans. C’est fou comme ces gens s’attachent à moi. Je dois avoir quelque chose de rassurant, quelque part !
Sur la lancée je m’en vais voir le généraliste pour renouveler mon ordonnance de comprimé. Cela faisait deux ans que je ne l'avais pas vu parce que les trois fois précédentes c'étaient ses remplaçant·e·s qui offici(n)aient. Il y en a même eu un qui ne m'a trouvé que 13-8 de tension : j'avais oublié de ressentir mon effet blouse blanche avec celui-là !
Heureusement avec le généraliste le tensiomètre à de nouveau explosé et quand il a repris mon dossier médical il a vu que sur la dernière analyse sanguine on n'avait pas surveillé mon pic d'Aneto où mon pic de la Mirandole alors il m'a fait une ordonnance pour que j'y retourne. J’y vais demain.
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J'ai un ami Corse qui fait du théâtre d'impro. Il faudra que je lui suggère ce thème : « prendre un rendez-vous chez un médecin ». Je l'imagine très bien dans la scène, tombant sur le message enregistré du répondeur :
« Vous êtes bien au laboratoire Leminou - c'est là le vrai nom de M. Dracula -. Nous vous rappelons que vous pouvez prendre rendez-vous sur le site internet Doctolib.fr. Patientez, nous allons prendre votre appel ! ».
S’ensuit une musique instrumentale assez pourrie avec des claviers, une batterie, une mélodie entre musique d'ascenseur et improvisation de jazz comme j’en écoute le dimanche soir sur France Musique. L’émission s'appelle « Repassez-moi le standard ! ». C'est un peu ce qu'on a envie de dire à la musiquette au bout de 3 minutes 30 mais comme à la maison je suis tout sauf hypertendu et que, en revanche, je suis d'un naturel hyper-patient, j'ai tenu jusqu'à 5 minutes 30 avant de raccrocher. Je veux bien qu'on fasse poireauter Hercule mais il y a des limites quand même.
Peut-être que ça marchera mieux sur Internet ? Le téléphone reposé sur son socle je me connecte à Doctolib. Ça va : je n'ai pas à créer un compte car j'en ai déjà un. J'ai dû le mettre en place pendant le confinement de 2020 pour prendre mon rendez-vous afin de me faire vacciner. En plus j’ai de la chance : mon identifiant et mon mot de passe sont restés mémorisés. Sauf que Doctolib me demande de confirmer mon adresse et mon numéro de téléphone, qu'il m'envoie un code dans ma messagerie, que je dois le récupérer et le puis taper pour pouvoir utiliser son service de prise de rendez-vous.
Je m'exécute. « Je m’exécute », c’est la formule qui convient face au médecin et à la médecine : une fois qu'on a mis le doigt dans l'engrenage on ne peut plus le retirer, on ne peut plus que « s'exécuter ».
Et donc me voilà en train de taper « Laboratoire Leminou » et c'est là qu'arrive le gag final du sketch : la machine me dit « aucun résultat ».
- Attends ! Aaaattends, Machine ! Je suis allé sur le site du labo avant de téléphoner et c'était bien marqué « compatible Doctolib », non ?
Je reconsidère ma requête et là je n'en crois pas mes yeux ! Je me sens obligé de taper la touche impr(ime) écran syst(ème) pour garder trace du truc : ma demande « Laboratoire Leminou » est devenue « Psychothérapie assistée par un cheval » !
Je n'aurais jamais dû regarder le documentaire sur Salvador Dali hier soir ! Depuis le surréalisme a envahi ma vie !
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Je ne sais plus ce que je cherchais l'autre jour comme image de Walt Disney. Ah si, je me souviens : c'était une image de Bambi pour illustrer le poème sur le faon que j'ai écrit ici il y a quinze jours. J’ai constaté alors qu’ils avaient réalisé un Bambi 2. Moi aussi mon histoire a une deuxième jambe. Sans quoi elle ne tiendrait pas debout, vus avez raison !
J'ai fait la bêtise d’avouer ceci à mon généraliste qui m'interrogeait là dessus : « Mon épouse m'accuse parfois de devenir sourd .».
Ce n'est pas parce que je me prénomme Tryphon et qu'elle-même parle souvent dans sa barbe qu'il faut m'accuser d'absurdité ou de surdité tout court ! Toujours est-il que j'ai hérité d’un deuxième rendez-vous à prendre chez un oto-rhino-laryngologiste.
Je m'y attelle sur la lancée. Vous imaginez la tronche du gars Tryphon en écoutant le répondeur ?
« Vous êtes bien au cabinet de Maryvonne Low-Erhel. Vous pouvez prendre rendez-vous sur la plate-forme Doctolib. Sinon le secrétariat est ouvert les semaines paires le mardi de 10h à 11h30 et de 16h30 à 18h et les semaines impaires le mercredi de 10h à 11h30 et de 16h30 à 18h. » C’est, à peu de choses près, ce que j'ai entendu. Il était 15h.
Je suis allé sur Doctolib. Tout s'est encore bien passé sauf que, malgré la promesse du répondeur il était écrit sur le site que le cabinet n'accordait plus de rendez-vous via Doctolib » !
J'ai repris le téléphone. J’ai réécouté le message, compris que j'avais appelé en dehors des heures de permanence. A 16h45 j'ai rappelé. Le message disait cette fois :
« Nous allons prendre votre appel. Nous vous rappelons que vous pouvez prendre rendez-vous sur Doctolib. Nous allons prendre votre appel. Nous vous rappelons que vous pouvez prendre rendez-vous sur Doctolib... »
Puis ils ont fait poireauter Hercule sept minutes et trente secondes avant de décrocher et là j'ai obtenu un rendez-vous pour un audiogramme... le 17 juillet à 10h30 !
Encore heureux que je ne suis pas malade et que j'entends bien des deux oreilles !
Si on lui avait prédit, au gars Dubout du fond de la classe, qui faisait déjà, près du radiateur, des dessins dans les marges de ses cahiers d’écolier…
Si on lui avait prédit au gars Doisneau qui, une fois sorti des usines Renault, s’était mis en tête de fixer pour l'éternité les amoureux de Paris, les poètes attablés devant un verre de vin, les Hercule de foire et les forts des Halles, voire les pissotières des cours d'école…
S’ils avaient su, ces deux-là qui sont au Panthéon de l'observation amusée de la vie dans toute sa drôlerie qu'on peut faire aujourd’hui des photos avec un téléphone ils n'en seraient pas revenus ! « Et où est-ce qu'on branche le fil ? " auraient-ils demandé.
Ils n'en seraient pas revenus, ils ne reviendront pas et c'est à notre tour, en découvrant ce livre, « Les Photographes » d'Albert Dubout de revenir sur les mystères de la chimie photographique.
Je ne suis pas ici pour vous raconter ma vie mais quand j'ai commencé à prendre des photos le support des images était une pellicule argentique. On ouvrait l’appareil, on positionnait la cartouche cylindrique dans un logement prévu à cet effet à gauche de l'appareil. On enclenchait les perforations du film dans les petits ergots d'un autre cylindre pivotant à droite, on enroulait une fois. On refermait le boîtier, on tournait une une molette ou un levier (on « armait). Puis on déclenchait et c'était parti pour 24 ou 36 poses
Je vous fais grâce de la chimie qui suivait pour obtenir à partir de ce film des images en paier. Je l'ai pratiquée beaucoup moi-même ; c'est pourquoi les mots « chambre noire » « lumière inactinique » « révélateur » « fixateur » « glaceuse » « bain d'arrêt » évoquent des souvenirs bien révolus aujourd'hui. Les marques Durst, Agéfix, Ilford, Atomal ou Agfa me parlent encore.
Du reste, pour le commun des mortels qui ne se risquait pas à ces opérations délicates, l'étape du développement du film restait inconnue. Pareil pour la photo couleur. Après avoir déposé la pellicule chez un photographe on retournait une semaine plus tard récupérer chez l'homme de l'art une pochette contenant les photos tirées sur papier d'une part et d'autre part la pellicule qui, après traitement chimique contenait les mêmes images mais en négatif : tout ce qui était blanc dans la réalité était noir sur le film et vice-versa.
Plus rien de tout cela aujourd'hui avec le numérique.
Ce qui est étonnant dans le livre de magie du Grand Albert c’est de voir l'humour qu'il tire de l’appareil de de prise de vues antédiluvien qu'on utilisait sans doute au temps des frères Rimbaud, de Nadar, d'Étienne Carjat et de Tintin au Congo. L'appareil photographique était posée sur un trépied. Il devait rester fixe pour éviter les bougés et conséquemment les photos floues. Le boîtier était une caisse parallélépipédique en bois reliée à l'objectif par un soufflet.
Parenthèse : sachant que l'accordéon utilise lui aussi un soufflet, qu'il est appelé « boest en Diaoul » en Bretagne soit « la boîte du diable » on ne s'étonnera pas du fait que les peuplades indigènes que les explorateurs du XIXe siècle photographiaient pour la première fois voyaient là une machine qui risquait de voler leur âme ! Fin de la parenthèse sur la religion.
Le déclencheur de l’appareil était un genre de poire d'interrupteur comme on en trouvait dans les chambres jadis.
Surtout le photographe cachait sa tête sous un voile noir afin de pouvoir sortir la plaque photographique de son emballage et de l'introduire dans l'appareil . Une plaque par photographie.
Il y avait aussi des flash au magnésium qui permettaient d’oeuvrer en milieu peu lumineux.
La personne photographiée prenait la pose. Elle devait rester immobile au moment du déclenchement.
On allait se faire tirer le portrait chez le photographe qui mettait en scène ses sujets dans son studio à l'arrière de sa boutique. Il fallait sourire devant l'objectif : pour certains pisse-froid ou angoissés notoires c'était parfois très difficile
On immortalisait :
- la moustache du père dans un cadre en bois pour la mettre au-dessus du troupeau qui mange sa soupe froide (Jacques Brel)
- les bébés quelques jours après leur naissance, tout nus sur un coussin ou une couverture en fausse fourrure
- les jeunes filles à marier. Ça, ça plaisait bien au photographe
- les jeunes mariés
- les ébats des jeunes mariés. Non je déconne ! Ce n'est venu que bien plus tard ou si certains le faisaient le résultat était vendu sous le manteau dans des arrières-boutiques de librairies peu fréquentables. A vrai dire je n'en sais rien. C’est Simenon qui raconte ça dans ses nouvelles. Lui a beaucoup cherché ces choses-là, pas moi, même si j'avoue que je possède une édition du Kâmasûtra illustré par Albert Dubout.
Il y a bien entendu dans cette histoire de la photographie au 20e siècle un paradoxe que vous aurez peut-être observé. Celui qui rend le mieux compte de tous ces éléments de sociologie, de la richesse de la relation complexe entre l'image qu'on a de soi, celle que l'on veut donner et celle que le photographe saisit, de ce moment particulier d'échange entre un montreur et des gens qui se montrent, celui-là n'est pas photographe, il est dessinateur !
Comme quoi sans le don la technique n'est rien qu'une sale manie !
De mémoire il faut, pour réussir le gâteau vite fait de Marie-Paule D., les ingrédients suivants :
100 g de farine, 50 g de sucre, un œuf, un demi sachet de levure chimique, une pincée de sel, une boîte d’abricots en conserve, du beurre et du sucre fin pour la garniture.
Elle appelait ça un 3-4-5 : 3 cuillères à soupe de sucre, 4 de farine, 5 de lait mais j'ai changé les proportions et j'appelle ça un 150.
Dans un saladier, tu mélanges la farine, le sucre, la levure et le sel. Tu verses l'œuf battu puis tu complètes avec du lait jusqu'à obtenir une pâte à beignets un peu liquide quand même.
Tu beurres un moule à tarte et tu verse la pâte dedans. Tu ouvres la boîte d'abricots en conserve. Tu les égouttes sur du sopalin puis tu coupes les oreillons –ce n’est pas une maladie, c’est juste le nom qu’on donne aux demi-fruits – au-dessus de la pâte en essayant d'en mettre partout sur la surface.
Tu enfournes pour un quart d'heure à 200 degrés. Pendant ce temps-là tu fais fondre 40 g de sucre et 40 g de beurre dans une casserole et tu mets en réserve ce mélange encore liquide. Au bout du quart d'heure tu disposes ce caramel liquide sur la tarte et tu remets une dizaine de minutes au grill.
Si elle savait, Marie-Paule D., le succès que j'ai toujours avec ce dessert hyper-vite fait !
Je ne l'ai pas revue depuis 1979, cette fille venue du Pas-de-Calais et que j'ai eue comme collègue à Paris. J'espère pour elle qu'elle n'a pas pris trente kilos sur les hanches comme moi depuis ce temps-là.
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.