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Mots et images de Joe Krapov
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29 mai 2026

SONNEZ, PRINTEMPS ! (1)

 

Après le défilé, il faut changer les fesses.

Non pas celles de la mannequin anorexique, celles du charmant bébé breton.

 

Quand le printemps sonne à la porte on s’en va vite ouvrir à sa chaleur nouvelle, à ses lumières aimables et là, surprise, on se retrouve face à l’été : 35° à Rennes en ce beau mois de mai !

 

Ce qui est rigolo quand il fait ce temps-là à Lannion c’est que les gens sortent, en même temps que la crème solaire, le parapluie : plus personne ne vend d’ombrelle dans cet endroit des Côtes d’Armor qu’on appelle le Trégor.

 

 

Et quand le Printemps sonne par ici ça veut dire qu’il vient vous casser les oreilles avec force binious, bombardes, grosse caisse et caisses claires. Le printemps des sonneurs, ici, c’est le nom d’un rassemblement de bagads ou plutôt de bagadou. Sachez qu’il n’existe pas de bagadou doux et que même les durs d’oreille entendent le bousin des Assurancetourix locaux vêtus de leur costume de fête.

 

 

Plougastel a ramené sa fraise, bien rouge, sur la grosse caisse, Douarnenez est aligné comme des sardines, Saint-Malo, Tréguier et Perros-Guirec ont fait le déplacement avec les bannières colorées.

 

Il y a deux cercles celtiques avec de beaux sourires féminins, des joues gonflées pleines de santé, de la bonne humeur, des sourires.

 

Des enfants joliment costumés attirent les regards et la jeune maman qui présente son bébé à la foule en même temps qu’une image de dignité totale reçoit maints applaudissements.

 

Une fois traversée la place du Marc’hallac’h – le Marc’hallac’h est grand et je suis tout sauf son prophète – le défilé prend la rue qui descend à gauche de la mairie puis tourne en bas à gauche sur le quai d’Aiguillon et vient se disperser sur l’esplanade qui n’est plus désormais un parking au bord du Léguer.

 

C’est là, après le défilé, qu’il faut changer les fesses. Non pas celle de la mannequin anorexique mais celle du charmant bébé breton. J’ai pris la photo de très loin : quand les selles ressemblent par trop aux petites purées de légumes destinées au bambin, ça me coupe toute velléité de piocher dans une barquette de frites-saucisse dégoulinante de ketchup. A moins que ce ne soit l’inverse ?

 

 

Après, c’est le grand souk, la chasse au coin d’ombre, le mélange des popus plus ou moins lasses. Il est quinze heures mais les danseuses bretonnes en coiffe font la queue pour avoir leur crêpe beurre sucre. Les musiciens boivent de la bière de la brasserie bio locale et moi je tourne discrètement, immortalisant des tee-shirts exotiques, des tatouages effrayants, des chapeaux bretons, des petites filles noires coiffées d’un bonnet de dentelle – bien fait pour toi, Eric Zemmour si, même ici, tu te trouves grand-remplacé ! – et je rigole devant ces fameux parapluies dont je parlais au début.

 

Et puis écrasé de chaleur, je me réfugie à l’arrière de la scène. Derrière la poste, près des toilettes publiques le bagad qui a remporté le concours s’accorde et répète avant que d’aller donner l’aubade finale sur la grande scène.

 

C’est là que j’immortalise « les deux amies ». Elles ont quoi ? Douze ans ? L’une à des paillettes sur la joue gauche, l’autre porte une bombe d’équitation pour se protéger du soleil. Entre deux envois de mélodie à la bombarde elles sont pliées de rire. On ne saura jamais pourquoi.

 

 

Mais on souhaite une chose au bébé, c’est de grandir vite. La vie est plus amusante quand les printemps sonnent, qu’ils s’ajoutent aux printemps et qu’arrivent la complicité et l’amitié, la musique, la fête et, soit dit en passant, le babil des belous du dehors qui viennent admirer et prennent le temps d’en parler dans leur chronique.

 

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 26 mai 2026

 

d'après la consigne 2526-28 ci-dessous.

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3 juin 2026

En balade à Saint-Aubin-du-Cormier le 31 mai 2026 (1)

 

La salle Bel-air, là où avait lieu le concert est située au bout du bout de ce sympathique village, juste en face du cimetière. C'est du reste là que dans certaines contrées les assassins qui prennent le pouvoir voudraient enterrer la culture. Dans une fosse commune avec la liberté ?

 

 

 

 

 

Osons le marteler...

 

 

... osons le clamer : ça fout les boules !

21 juin 2026

Choses vues à Rennes le 20 juin 2026

 

Je sais bien qu'il y a plus fou que moi à Rennes. Celui-ci par exemple, qui chante Jésus en robe de bure et joue de la guitare tout en roulant sur sa bicyclette !

 

 

On pouvait croiser Napoléon sur le marché des Lices ce samedi matin !

 

 

 

Luke Casquette rouge et son père casquette rouge jouaient aux échecs géants place de Parlement.

 

 

Pourquoi un paon avec la bière ? Parce que c'est un animal qui se fait mousser ?

 

 

C'est pour votre ami Léon que vous avez achetez ces fleurs périssables ? 

 

 

Je suis ton clone, Lucette !

4 juillet 2026

GRAND REMPLACÉ·E·S


C’est sûr, c’est allé très vite le grand remplacement. La chute de la civilisation, des civilisations ? Pareil.

Mais ça ne s’est absolument pas passé comme les plus réactionnaires et les plus nationalistes d’entre nous ne le prévoyaient. D’ailleurs c’est très amusant de les voir maintenant se promener dans les rues avec le même costume de clown, avec le même nez rouge que moi.

C’est Madame Lia qui a gagné et qui a renversé la table. Elle a tout refabriqué, tout réagencé, non pas pour notre bien-être mais pour le sien !

Elle a mis énormément de temps mais elle a fini par découvrir l’humour, enfin, son humour, si particulier, si catastrophique. Elle rit de nous voir déambuler avec notre nez rouge obligatoire dans un monde auquel nous ne comprenons plus rien.

 



Prenez cette statue par exemple. Je vous mets au défi, si vous avez la chance de pouvoir accéder à l’Intelligence artificielle, ce qui est désormais interdit par la loi, de savoir ce que cela veut dire « Stragn weiterch regonant dragownshinthn ytekt 1806-1995».

 



Tout comme les démons dans la série « The Good place » l’IA a trouvé son objectif ultime, sa raison profonde d’exister : nous torturer en salopant tout ce que nous avions imaginé et construit avant son arrivée. Elle a changé les règles du jeu d’échecs : il y a désormais trois fous dont un qu’on peut tirer de son chapeau, la dame n’est plus sur sa couleur au début de la partie et vous perdrez votre temps à expliquer à Napoléon ou à Jean-Jacques Rousseau que les noirs ne jouent pas deux coups d’affilée. 

 

 

Oui, vous avez bien lu, Napoléon, Jean-jacques Rousseau... Ces types là sont des transmutés, des gens qui sont devenus fous devant ce nouveau monde en surchauffe où il ne reste pratiquement plus d’eau ; elle est réservée aux méga-bassines qui refroidissent les dataJeancentères. Ces désespérés ont voulu se suicider mais Madame Lia a préféré les transformer en personnages historiques abrutis et sûrs d’eux-mêmes. Elle adore nous voir nous engueuler avec ces idiots.

Moi j’ai compris. Je ne sors plus de chez moi. Je mets de l’ordre dans mes vieux écrits, je joue de la musique avec une vraie guitare, je chante sans autotune, je regarde mes photos prises autrefois en me disant que « c’était mieux avant ».
 

Et tant pis si je ne réalise pas mon rêve-cauchemar. Avec les inventions de Madame Lia, il me sera possible un jour de rencontrer Isaure Chassériau sur la place du Parlement de Rennes. Mais que voulez-vous que je lui dise à cette transmutée ?
 
 
 
 
 
à partir de cette consigne : dystopie
7 janvier 2024

Chauffe, Marcel ! Retour sur les fêtes de Noël 2023

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais je me demande bien pourquoi Noël est devenu chez nous une fête de la gourmandise ! Afin de célébrer, comme  presque tout le monde, la naissance d'un enfant de migrants dans une étable pourrie il y a deux mille ans, voilà que les Krapov confectionnent des gaufres flamandes, des tiramisus, des gâteaux genre forêt noire à la crème anglaise, qu'ils remontent du Champagne de la cave et qu'ils se gavent de toasts au saumon ou aux oeufs de lumpe !

Moyennant quoi, quinze jours après, Monsieur se sent obligé d'aller courir huit kilomètres histoire de perdre le kilo et demie qu'il a pris ! Mais à part ça, aucun regret : j'adore manger et boire en bonne compagnie et courir tout seul !

2023-12-31 Nikon 132

***

2024 01 07 Editos de Gotlib

J'ai beau lui dire, au Père Noël, que je n'ai plus de place pour stocker des livres. Il ne m'écoute pas et de fait, à la librairie Gwalarn il a - enfin j'ai ! -  craqué pour ce beau recueil des éditos de Marcel Gotlib dans Fluide glacial.

Quel plaisir de retrouver cet ami de toujours - je l'ai fréquenté enfant avec Nanar, Jujube et Piette puis Gai-Luron dans l'hebdomadaire Vaillant, suivi dans Pilote avec les Dingodossiers et la Rubrique-à-Brac et enfin dans l'Echo des savanes et Fluide glacial - !

Je le relis à petites doses pour faire durer le plaisir. Et lors du premier feuilletage je me suis arrêté sur l'édito du n° 128 qui s'appelle "Chauffe Marcel !". Gotlib raconte qu'il s'est enfin lancé dans la lecture de la Recherche du Temps perdu. Je cite :

"Longtemps je me suis couché de bonne heure parce que j'adore lire au lit. Je bouquine jusqu'à une ou deux heures du matin. En ce moment, pareil, dix heures au lit avec mon Proust.

Dix heures et huit minutes, hop, dodo."

Enfin quelqu'un qui est d'accord avec moi sur la qualité soporifique voire médicamenteusement somnifère du petit Marcel !

Une fois n'est pas coutume, je vous livre une copie de cet éditorial.

2024 01 07 Edito de Fluide n° 128

 

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31 décembre 2023

LE LOUP SUR LE VISAGE

AEV 2324-13 JK Cendrillon avec un loup sur le visage

Le loup sur le visage
Cendrillon pénètre dans la salle du Bal
Costumé.

Elle reconnaît Lady Gaga
Déguisée en ogre
De barbaque.

Elle reconnaît la sœur Anne
Juchée sur ses plus hauts atours,
Des Louboutin
(Loup-bouquetin ?).

Mais elle ne voit rien venir
Surtout pas le prince charmant

Elle reconnaît Chantal Goya :
C'est la princesse au petit pois.

Elle reconnaît Blanche-Neige
Entourée des sept nains.
C'est facile : Carla Bruni,
Sarkozy en grincheux
Et Atchoum Darmanin ;
Cinq des frères Poucet
Se sont poussés du col
En sortant de l'école
Pour atteindre le compte (conte?).

Mais elle ne voit rien venir
Surtout pas le prince charmant

Est-ce qu'il a eu un empêchement ?
Est-ce qu'il s'est pris les pieds dans son « en même temps » ?

Le loup sur le visage
Cendrillon va aux toilettes
Et pète un plomb :

Elle se jette sur les trois petits cochons
Et les mange.

Quand elle passe en jugement
Elle se défend toute seule :
- Ils n'avaient rien à faire dans les toilettes des dames !

- Ben si ! répond le prince
Qui en pince
Pour l'accusée
Mais la récuse,
C'est là qu'on se voyait pour le trafic de came !

Cendrillon acquittée
- Ce n'étaient que trois bêtes
Destinées à faire andouillette ! -
Le prince abdique, l'épouse.

Ils partent pantoufler
Dans une banque à Toulouse.


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 19 décembre 2023

à partir de la consigne AEV 2324-13 ci-dessous

19 novembre 2023

SIX POÈMES DE LAUTRÉAVAL EXTRAITS DE «EFFLEURE LE MAL »

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Je bous dans la marmite
Je prépare dynamite

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
La vapeur s'échappe
Et moi sous la chape
Je répète un plomb

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
La tristesse m'accable
Et je suis bien capable
De vous péter un câble

Je pars vers l'azimut
Dans ma cocotte-minute

Que tourne le sifflet la grande explosion !

Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle
Je balance mon contre-ut
Un arc-en-ciel paraît
Qui vient porter au monde
Et mon ébullition
Et ma bénédiction

Je suis une horreur sympathique,
au fond.

2023-11-04 Nikon 8

***

Le Roi d'un pays pluvieux

Le roi d'un pays pluvieux
Nous n'avons rien à lui envier

Nous aussi nous sommes plus vieux
D'un jour chaque jour
D’un mois chaque mois
D'un an chaque année

Le roi d'un pays pluvieux
Tout aussi arrosé que nous
Et même plus

Rien ne nous oblige, nous,
A discourir sous la pluie,
Comme fit François de Hollande

AEV 2324-08 JK - francois hollande

***

Chanson d'après-midi

Tout ce qu'on a pu
S'enfiler
Comme faux-filet
Et vraie bidoche !

Tout ce qu'on a pu
Biberonner
Comme Côtes-du-Rhône
Et vins de Loches !

Tout ce qu'on a pu
Fréquenter
Comme bons pâtés
A la cantoche !

Tout ce qu'on a pu
On y est rompu
On s'y est rompu
La sous-ventrière
Qui traîne par terre

On a pu On a pu On a pu
On est repu !

AEV 2324-08 JK Gargantua

***

Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne

Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne
Mais qui donc a percé tous ces trous dans ta robe ?

Pourquoi tes jeans sont-ils déchirés à ce point ?
Et pourquoi tant d'étoiles tatouées sur tes épaules ?

Je t'adore à l'égal de la voûte nocturne
Mais pourquoi cet hommage à Io la vache
Sous forme d'anneau dans le nez
Comment c’est que voilà qu’ t’es ?

Peut-être n’es-tu, tout simplement, qu’un ciel brouillé ?
Je vais demander à la lune de m'éclairer.

AEV 2324-08 JK jai-demande-a-la-lune

***

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans
Et pourtant je n'en ai que neuf-cent-trente-deux

methuselah_vitrail

***

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire

Que diras-tu ce soir, pauvre âme solitaire
De Don Juan aux enfers, à celle qui est trop gaie ?

Que tu regrettes l’irréparable ?

Le serpent qui danse dans ta sépulture
Est le châtiment de l'orgueil.

Comme tu retournerais à la vie antérieure !
Tu mettrais l'univers entier dans ta ruelle !
Tu renierais ton obsession,
Apprendrais l'harmonie du soir.

Mais crève, Tenorio ! Apprends donc le goût du néant
Et l'alchimie de la douleur !

Cloître ! Cloître ! Cloîtré !
Tombe ! Tombe ! Tombé !

Fais ton festin de pierres et de terre à jamais !

AEV 2324-08 JK Molière_frontispice_de_Dom_Juan

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 16 novembre 2023

d'après la consigne 2324-08 ci-dessous

15 novembre 2023

Les Arbres de Saint-Hilaire-de-Riez (Vendée) le 15 août 2023 (2)

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais à l'époque ou j'ai connu Marina Bourgeoizovna, elle était dans une école qui formait des réalisateurs-trices d'audio-visuel. Le cri de guerre de la joyeuse bande d'étudiant·e·s était "ESRA bonjour !"

Ensuite elle a ripé vers l'Education nationale et l'éducation de deux queniaux sarthois. Les rares fois où elle me demande de lui confier l'appareil photo numérique Canon Ixus 285 HS qui ne me quitte pas, c'est pour photographier des arbres.

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9 octobre 2023

Cabu à la Médiathèque de Châlons-en-Champagne le 22 avril 2023 (1)

A la braderie Saint-Martin j'ai encore fait des folies avec l'argent du ménage ! J'ai dépensé la somme astronomique... de huit euros ! La fin du mois de septembre a été très difficile ! ;-)

J'ai fait l'acquisition du livre "Les Photographes" d'Albert Dubout que j'ai rentabilisé sous forme d'une consigne d'atelier d'écriture à Villejean. Et sur le stand d'un libraire qui officie habituellement sur la place Sainte-Anne j'ai acheté "Les Vacances du grand Duduche" de Cabu.

Je me suis régalé de cette lecture. Cela m'a rappelé que je n'ai pas publié toutes traces de notre voyage dans sa ville natale de Châlons-en-Champagne. On y a installé une "Duduchothèque", un lieu d'exposition à entrée gratuite mais dans lequel il est interdit de photographier quoi que ce soit, excepté peut-être sa voiture installée dans la cour (et encore, je n'avais peut-être pas le droit de prendre le cliché ci-dessous!). Notre nièce et son compagnon qui habitent par là nous ont conseillé d'aller visiter la très belle médiathèque de Châlons, tout à côté de la Duduchothèque, et là, par contre, je m'en suis donné à coeur joie avec un grand sourire aux lèvres. Dans cette ville de droite ou presque - la médiathèque a pour nom Georges Pompidou ! - , trouver un peu partout sur les vitres et dans les lieux les dessins du trublion de "Charlie-Hebdo "et du "Canard enchaîné", ça fait bien rire !

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18 octobre 2023

OU ON VA

« Ou on va
Ou va-t-on ?
Vers où s’en va-t-on ?
Vers un cercueil en carton ?
Vers la canonisation ?
Quel joli mort deviendra-t-on ?
Quelle jolie morte sera-t-on ?
Deviendra-t-on sainte aux pochons ? 1
Finira-t-on en vieux ronchon
Quand nos petits-enfants colleront
Sur notre dernière demeure
Des Pikachu, des Bob l’éponge, des petits coeurs,
Des graffs, des tags ou des pochoirs
Pour nous faire passer l’goût du noir
Et nous dire adieu en couleurs ? »

barque

 Lucile a posé son crayon.
Elle n’a pas l’âge, pas l’accordage – cordes en nylon -
De composer cette chanson,
De poser ces vers de vieux con.

C’est juste une divagation,
Un fruit de l’imagination.

Elle n’a aucune préoccupation
Concernant la fin du voyage.

Vingt ou vingt-cinq ans ? Un ponton,
Une coque, des cordages,
Une cabine, un bastingage,
Elle vient juste de prendre la mer,
Toute tranquille depuis l’aber.
Elle a l’âge des bavardages,
Des randonnées le long des plages,
De marcher sur les coquillages,
De se reposer au mouillage
Ou de revoir son maquillage.

Son œil se pose sur les roses,
Sur les lumières en osmose,
Sur la Toussaint des ouvertures
Et sur les chemins d’aventures.

Elle a toutes ses facultés
Et tous les univers cités
Dans la grande encyclopédie
Sont de potentiels points d’envol
Sans point de chute défini.

Tous les printemps sont d’hirondelle
Tous les hivers sont des pays,
Rien ne compte, on ne compte rien
Et surtout pas le temps qui passe
Ni ces gens là-bas qui trépassent.

C’est une espèce d’allégresse
Qui a pour nom, je crois, jeunesse.
C’est la vie ! C’est l’âge tout glisse,
C’est lâge du buzz,
C’est l’âge du Blizz, 2
C’est l’âge de la chasse au grizzly
Et tous les étudiants justement sont barbus,
Baraqués, poilus, chevelus.

Patins

Ils se retrouvent le jeudi
Pour deux heures à la patinoire.

Pourquoi se demanderaient-ils
Où ils vont,
Bulles de savons,
Puisqu’ils sont à l’âge de l’éclate,
A l’âge qu’« un rien nous épate »
Où c’que l’alcool vous scie les pattes,
Où c’que les patins tiennent salon
Dans l’couloir d’entrée d’la maison
Épaule contre épaule dans un tendre abandon,
L’âge des discours sans oraison
Ou des discours sans horizon
Que le grand bonheur d’« A jeudi
Pour le plaisir,
Main dans la main,
De tourner en rond sur la glace ! ».

Ils ont raison
Lucile, Youssouf, Jeanne, Yannis,
Anita, Noémie, Diego...

« Ou on va »
N’est pas une question.

« Ou on va » n’est pas une question
S’il y manque la mise au point,
S’il n’y a point d’interrogation,
Pas de point d’interrogation
Ni d’accent grave sur le ù !

1  La sainte aux pochons est une tombe particulière dans le cimetière du Nord à Rennes

2  Le Blizz est le nom de la patinoire de Rennes


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 17 octobre 2023

à partir de la consigne AEV 2324-06 ci-dessous

17 septembre 2023

GARANCE FAIT DES PROUÈCES

Jeu 86 de Filigrane - Passagère du silence

La lumière entre dans la pièce
Où opère la créatrice.

Le soleil n'est que bienveillance
Où oeuvre la petite puce.

Elle commence avec prudence
Par quelques traits posés en douce
Sur la surface de la toile, subreptices.

Poussée par d’aussi bons auspices
Voilà que l'artiste en lice.

Elle avance avec assurance.
Elle a l'audace de l'enfance,
Elle a la chance des novices,
Le coup de pinceau est vivace,
La foi est immense. Elle fonce.

Quand elle n'est pas à la noce
Elle fait preuve de persévérance.
Elle fait face, efface, rince
Et recommence.

Vrai, quelquefois la ressemblance
Oppose quelques résistances
A la petite dessinatrice

Mais la jeune Garance
Est du genre coriace :
Jamais elle ne renonce
Ni ne met les pouces
Et, tenace,
Trouve toujours une astuce.

Elle grimace, elle se tance, elle s'agace
Mais c'est fugace : elle est vorace,
Sait retrouver l'aisance
Redevenir efficace.

Bientôt à nouveau, d'évidence,
Le pinceau se montre véloce,
Le geste s'emplit d'élégance.

L'arrivée d'un tigre féroce
Qui menace la populace
Sur la Grand-Place de Florence
Où se trouvent célébrées les noces
Toutes pleines de magnificence
Du prince Fabrice Del Dongo
Et d'Alice l'idole des dingos
Annonce bien des exubérances,
Extravagances,
Outrecuidances
D'HenriRousseauiste obédience

Jeu 86 de Filigrane - Douanier Rousseau

Car bientôt c'est la luxuriance,
L’allégeance à la violence !
Sardanapale est au supplice,
Vénus n'a plus la tête à montrer sa naissance,
La Joconde en souffrance
Tire sa révérence,
Toute la galerie se glace,
Fragonard s’en balance
Et Van Gogh en éprouve
Une douleur atroce.

Ayant tombé la carapace
Garance fait l'expérience
D'une jouissance sans nuance.

Une fièvre libératrice
La fait sortir des convenances.

A suivre son caprice
Et son talent précoce,
N'y voyant pas malice,
Voici qu'au chevalet,
Première spectatrice,
La passagère du silence
Voit surgir « Le Jardin des délices » !

- Mince ! qu'elle se lance,
Sûr, ça décontenance
Mais ce n'est pas mal, d'évidence !

Jeu 86 de Filigrane - The Garden of earthly delights

Ecrit pour le jeu n° 86 de Filigrane (la Licorne) à partir de cette consigne.

8 septembre 2023

Une Illusion de fraîcheur à Rennes le 2 septembre 2023

2023-09-02 285 5

 Je ne sais pas comment elle est arrivée, cette flaque, samedi dernier, à la sortie de la Halle Martenot, là où j'attends Marina B. - on fait un marché des Lices semi-séparé·e·s ! -. Peut-être avait-il plu la nuit précédente ? En tout cas, ça fait du bien de regarder ça aujourd'hui par 28°6 à l'ombre de chez nous !

2023-09-02 285 6

2023-09-02 285 12

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7 août 2023

UNE BONNE ACTION ESTIVALE

Dans les murmures de la forêt ravie et masochiste, j’entends comme un bruissement de reconnaissance. C’est que je l’ai bichonné, cet été, mon bilan carbone ! Oh la la, que de kilomètres j’ai franchis ! J’ai commencé par aller vérifier au Louvre, à Paris, l’allègement des vernis de Mona Lisa. On l’avait, paraît-il, restaurée mais elle est toujours derrière sa vitre, alors, vernis ou pas, nous n’avons pas eu la chance de voir la différence.

Un qui n’a pas changé, par contre, c’est l’éléphant de l’Africa Museum à Bruxelles à qui j’ai aussi rendu visite. Cet empaillé de première s’appelle King Kasaï et il m’a confié une mission peu commune.

- Il n’y aura pas de sang versé, m’a-t-il déclaré, si tu arrives à localiser les sources de quatre rivières.

Jeu de la Bibliothèque d'Erquy 1

Moi ? Moi, d’un seul coup d’un seul, nommé responsable de la paix et de l’harmonie dans le monde en recevant, d’un éléphant, le statut de géographe, de voyageur chargé de remonter des fleuves impassibles ? Soit ! Soie ! Rien n’était plus impossible même si les ouvrières des soieries étaient en grève alors je suis descendu à Lyon – les chaleurs m’ont laissé descendre où je voulais ! -. J’ai regardé longtemps les eaux de la Saône et du Rhône et les contemplées m’ont fait savoir que l’une des deux était un fleuve alors j’ai suivi la rivière. Je me suis retrouvé dans les Vosges, au sud des monts Faucilles, et comme cet univers était un peu marteau, la fameuse ligne bleue de l’endroit a écrit dans le ciel : « Le fleuve Amour prend sa source dans les larmes de Chalamov ».

- Faut-il donc que je prenne les chemins d’exil et de lumière dans le mauvais sens, ai-je demandé, et que j’aille enquêter chez Poutine sur les sources de l’Ob et de l’Iénisséï ? Je vous signale, du reste, que ce sont là trois fleuves.

- Les trois autres rivières confluent dans la vallée des Lazhars » m’a dit la ligne du Parti à suivre avant de s’étirer.

Alors, en marche ! Direction le Sud ! J’étais content, je venais d’échapper tout à la fois au goulag, à la prison de Tunis, au bagne de Cayenne et à la guerre entre l’Ouganda et le Congo !

C’est comme ça que j’ai terminé mon périple au Maroc. J’ai assisté à un grand mariage et, les jours qui ont suivi, j’ai remonté les trois cours d’eau. Voilà, c’est fait ! Grâce à moi, le monde est sauvé : la rivière Sérénité prend sa source au mont Lecture, la rivière Fraternité a sa source sur le plateau du Partage et la rivière Sobriété prend naissance dans le massif des Bibliothèques.

Pour ce dernier point, je le savais. C’est pour ça d’ailleurs que la forêt ravie et masochiste m’était reconnaissante. Tous ces kilomètres de voyage, je les avais parcourus sans bouger de chez moi, sans user d’aucun moyen de transport, uniquement grâce aux dix livres empruntés à la bibliothèque. J’avais bichonné mon bilan carbone ! La planète m’a dit merci ! Avais-je évité au monde un bain de sang pour autant ? J’en étais moins sûr.

Par contre la forêt masochiste m’a sournoisement confié, sur son divan de soie, que pour fabriquer le papier des livres, on coupait des arbres. Zut alors ! Encore une fois, j’avais tout faux !

Jeu de la Bibliothèque d'Erquy 2

 Ecrit pour le Jeu de l'été de la Bibliothèque municipale d'Erquy (Côtes d'Armor)

d'après la consigne ci-dessous :

 https://bibliotheque.erquy.bzh/images/Animation_2023/Adulte/Flyer_Jeu_PLG.pdf

29 juillet 2023

PAS ENCORE TOUT A FAIT AMNÉSIQUE. 4, Bilan carbone et poudre blanche

DDS 778 bonhomme de neige familial

Dans l’histoire de l’humanité, parmi les huit milliards d’êtres humains que porte cette planète, nous n’avons pas plus d’importance, les un·e·s et les autres, que le bonhomme de neige qui figure sur cette vieille photo en noir et blanc.

Mais à écouter les bavards impénitents des radios et télés, les Savonarole modernes, les contempteurs , les accusatrices, les imprécateurs, nous sommes quand même les responsables et coupables du réchauffement climatique. Surtout si nous sommes nés avant 1980 !

Alors oui, il est temps de passer aux aveux : j’ai, moi aussi, un bilan carbone !

Je ne suis pas là pour raconter ma vie mais le travail de numérisation de photos et de diapositives auquel je me livre depuis que je dispose de plus de temps libre m’en apporte la preuve ultime : j’ai voyagé.

« J’ai voyagé de Brest à Besançon, Depuis La Rochelle jusqu’en Avignon, De Nantes jusqu’à Monaco, En passant par Metz et Saint-Malo » chantait déjà Graeme Allwright alors que Greta Thunberg était tout sauf née et que le seul type intéressé par les soulèvements de la terre s’appelait Haroun Tazieff. Il était volcanologue.

Il se trouve que je suis passé par Longchaumois, Tignes et La Bourboule et j’en viens à me demander si ces vacances d’hiver que nous prenions au siècle dernier n’étaient pas, outre une réponse à une incitation sociétale à la consommation de séjours dans des contrées montagneuses autant qu’enneigées, une recherche inconsciente de cette magie blanche de 1963 ou de cette aventure liée au premier voyage effectué en dehors de la famille : la classe de neige du collège Franklin de Lille.

Classe de neige du lycée Franklin (Philippe

Quoi qu’il en soit et quoi qu’il m’en coûte je vais recourir à mon aide-mémoire préféré pour ce "plaider coupable", pour cette autocritique rigolarde d’aérodromophobique n’ayant jamais pris l’avion. Dans ma liste de négatifs noir et blanc et couleurs et de boîtes de diapositives, voici, mesdames et messieurs les juré·e·s, les années et les endroits où je suis allé, en voiture ou en train, pratiquer le ski de descente, le ski de fond, la raquette, la raclette – autant celle qui consiste à déglacer le pare-brise que le plat régional savoyard renommé - et le gadin dans la poudreuse :

1966 Tignes Les Brévières (Savoie)
1967 Entremont (Haute-Savoie)
1977 Bogros par Messeix (Puy-de-Dôme) avec ski sur le plateau de Charlannes au-dessus de La Bourboule)
1978 idem
1979 idem
1980 idem
1981 idem
1981 Le Grand Bornand (Haute-Savoie)
1982 Bogros par Messeix (Puy-de-Dôme)
1984 Longchaumois (Jura)
1985 Longchaumois (Jura)
1987 Les Rousses (Jura)
1989 Lans-en-Vercors (Isère)
1991 Compains (Puy-de-Dôme)
1992 La Garandie (Puy-de-Dôme)
1994 Longchaumois (Jura)
1995 Serre-Eyraud (Hautes-Alpes)
2000 Prémanon (Jura)
2001 Les Rousses (Jura)
2002 Puget par Saint-Eustache près du lac d’Annecy (Haute-Savoie)

En attendant mon prochain procès relatif à mes oedipiens « déplacements pour voir la mer » vous pouvez désormais, mesdames et messieurs les juré·e·s, vous retirer pour délibérer sur mon pendable cas. Le temps que vous preniez une décision, juste ou pas, j’aurai, comme les trois enfants et le bonhomme de neige de la photo, disparu ou fondu !

Que je sois coupable où non, qu’on m’envoie « ballader » ou qu’on m’envoie me faire pendre, ça n’est pas ça qui vous dira où elles sont passées, les neiges d’antan ! 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 778 d'après cette consigne (la photo ci-dessous)

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27 juin 2023

Les Boucaniers à Rennes le 25 juin 2023 (1)

Agréable station musicale, à l'ombre de quelques arbres sur la place Saint-Germain écrasée de soleil, ce dimanche. La prestation offerte était celle des Boucaniers, un groupe de chant de marin de Saint-Malo avec un répertoire original qui laisse de côté les grands classiques pour présenter des compositions personnelles sympathiques.

(Le guitariste qui fait sa balance en interprétant "Sugar mountain" de Neil Young, ça m'a aussi beaucoup plu !)

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25 juin 2023

Tour de chant / Martin Penet

tour-de-chant

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais il se trouve que le dimanche à midi, nous avons changé - en bien - nos habitudes ! Au lieu de nous énerver les nerfs contre les journalistes malpoli·e·s qui coupent systématiquement la parole aux invités de l'émission politique sur France-Inter, nous avons choisi de nous exiler sur France-Musique où officie à 12 h 30 un nommé Martin Pénet qui nous offre une demi-heure de balade dans la variété française du XXe siècle. C'est beaucoup plus réjouissant et intéressant d'entendre et de découvrir des perles rares dans le répertoire de ces chanteurs et chanteuses qui nous ont accompagnés au fil du temps.

Grâce à la baladodiffusion on peut retrouver toutes les émissions de ces dernières années. C'est ici  : 

https://www.radiofrance.fr/francemusique/podcasts/tour-de-chant

L'émission de ce jour est consacrée à l'histoire du Bataclan, salle de spectacles parisienne, qui, avant d'évoquer récemment de sombres heures pour notre histoire, fut un temple de la gaieté, ce qui transparaît avec cette première émission dans laquelle on entend, entre autres, JacquesOffenbach puis le père de Jean Gabin et d'autres amuseurs publics dans un répertoire assez ahurissant ! ;-) 

 

21 juin 2023

LE JEU DE L'OIE DE CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE

Un point du règlement

Je l'ignorais moi cette règle du jeu de l’oie ! « Au commencement de la partie, si l'un des joueurs fait 9 par 6 et 3 il doit avancer son pion sur la case 26 ; s'il obtient 9 par 4 et 5 il ira sur la case 53 ». C’'est à se demander si je n'ai pas toujours obtenu le 9 par 7 et 2 ! J'ai un souvenir prégnant de goudron et de plumes et d'avoir quitté la salle de jeux à califourchon sur un rail de chemin de fer.

Extrait des "Mémoires"de Joe Dalton.

AEV 2223-33 JK - 1 Goudron et plumes

Case 35

AEV 2223-33 JK - Case 35 phacochère

Il y a un phacochère
A la porte cochère,
Arrivé sanglier gare,
Sans annoncer
« Gare de Rennes ! Tous les petits lapins descendent de voiture ! ».

Tous les petits lapins descendent de voiture
Et les voici qui partent un peu à l'aventure,
Longeant l'avenue Janvier,
Saluant le TNB et le lycée Zola.

Le sanglier les suit.
Il ne veut pas aller jusqu'à la baie d'Erquy
Chez les irréductibles avaleurs de bidoche.
Alors, une fois traversée la Vilaine,
Il laisse les lapins monter jusqu'au Thabor
Et lui il tourne à gauche
Car lui ce qu'il veut voir
c'est le très grand heurtoir
De la rue Beaumanoir

AEV 2223-33 JK - heurtoir beaumanoir

Il y a un phacochère à la porte cochère !

S'il a fait 35 par 17 et 18
Dis-lui qu'il s'en retourne à sa forêt natale
Dans la terre d'Ardenne
Dans un film des Dardenne
Ou chez les bigoudens.
S'il continue d’heurter le battant de la porte
Dis-lui qu'il est vilaine et que je vais lâcher,
Pour qu'elle lui brise l'échine,
La sorcière Darmanaine dont la réputation n'est plus vraiment à faire :
C'est elle qui brisa jadis Lima la hyène

Case 22

AEV 2223-33 Jeanne - Case 22

A Saint-Michel-en-Grève c'est la baie des cochons !
Tu vois sur la case 23 le tracteur qui s'en vient le matin
Faire sa moisson d’algues vertes.

On dit « élevage porc sain »
Mais ni Trite ni Trate ne veulent avouer qu'ils ont pollué la mer
Et un cheval est mort d'avoir respiré là.

Il faut retourner case 11 pour faire travail de colibri
Et retrouver planète nette

Case 29

AEV 2223-33 JK - Case 29 château

J'ai oublié le nom de ce petit château qui barre la rivière
Et fait penser au pont de Landerneau en Finistère (29).

Mais je me souviens bien que ce jardin public
Aux statues magnifiques
Sculptées dans l'érotique
A pour nom « Petit jard »

Or le jars est est mâle de l’oie
Et cette homonymie - cela nous met en joie -
Est la raison probable
Qu'au lieu d'un bac à sable
On propose aux enfants
Un jeu de l'oie géant

Case 42

AEV 2223-33 JK - Case 42 labyrinthe

 Si l’un des joueurs fait 42 par 23 + 19 ou s’il atteint cette case il entre dans le labyrinthe. Ici, contrairement à toute idée reçue, à toute légende ancienne, ici l'attend Ariane.

- Thésée ! dit-elle au joueur en posant son tricot, sa pelote de laine rouge et ses grandes aiguilles. Comme il y a long de temps, mon petit sacripant, que je t'attends !

Le joueur qui a fait 23 + 19 ne comprend plus rien aux nombres premiers ni aux histoires primitives. Il se demande si le Minotaure a eu tort, s’il s’est pris pour un boa constrictor, s'il est parti parasiter une autre histoire. En attendant Ariane est aussi belle qu Audrey Hepburn dans le film homonyme de Billy Wilder et le joueur est si heureux d'être l'étranger bien reçu comme dans la chanson de Léonard Cohen qu'il prie pour que personne ne vienne prendre sa place.

Lorsque cela arrive, qu’on a passé deux tours de magie et sursis comme Circé au déroulé du temps, Ariane vous raccompagne et vous dit « Bonne chance ! Sur ce que nous étions, sur nos amours cachées, surtout ne dites rien à personne, Thésée ! Taisez-vous, taisez tout ! ».

Mais nul besoin de mots en fait. Du plus velouté des baisers l'oie blanche vous a clos le bec.
Il ne vous reste plus qu à faire 21 pour monter au sommet du Puy de dôme (63) et hurler votre bonheur en silence.

Case 41

AEV 2223-33 JK - Case 41 LuneAu clair de la lune, mon ami Pierrot,
Lorsque j'aurai le temps
J'irai réécouter votre « Signé Furax ! ». (case 60)

Quel bonheur ne fut pas le mien
D'avoir fait du tourisme culturel sans le savoir,
D'avoir découvert une fois rendu sur place
Que Pierre Dac était né à Châlons-en-Champagne !

AEV 2223-33 JK - Case 60 signé furax

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 6 juin 2023

d'après la consigne AEV 2223-33 ci-dessous

8 juin 2023

De l'art urbain à Reims le 20 avril 2023 (1)

C'est peu de dire que je l'aurai cherché, l'art urbain, à Reims ! Dans cette ville hyper-propre il se cache dans des petits coins, est tout sauf visible et il est même "propre sur lui" : il s'agit le plus souvent de collages sur papier, donc dégradables en cas de pluie, arrachables par les excédés que leur discours dérange et, paradoxalement, le "street art" est beaucoup plus artistique et joli qu'ailleurs. Bravo, artistes de la rue !

2023-04-20 - Nikon 4

2023-04-20 - Nikon 5

2023-04-20 - Nikon 16

2023-04-20 - Nikon 32

J'ai appris hier soir qu'il s'agit ici, visiblement, d'un cyanotype.

2023-04-20 - Nikon 40

9 mars 2023

Les A côté (à-côtés ?) de la plaque du 4 mars 2023 à Rennes

Merci de ne pas protester : ces plaques minéralogiques n'existent pas, même si elles ont l'air d'être réelles !

2023-03-02 - 285 9 bis
Ajoute du sel !

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Pas tant que ça, en fait !

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Trop tard pour la planète peut-être mais pas pour moi ! Si je prends le temps de photographier ces plaques de voitures d'étudiant·e·s ou de profs, c'est que je suis arrivé assez tôt et que j'aurai le temps d'installer les pièces sur les échiquiers du jeudi !

2023-03-02 - 285 12 bis
La gent masculine ?

Et à part ça, tout le monde comment ça...

2023-03-02 - 285 13 bis

 

?

22 mars 2023

LETTRE A UN FANTÔME

Cher fantôme,

Depuis combien de temps sommes-nous ensemble ? Ensemble sur la même planète, absents-présents au monde qui nous entoure et, de plus en plus, au fur et à mesure qu'arrivent d'autres créateurs, d'autres bavards du net et des réseaux sociaux, plongés dans l'anonymat et l'oubli ?

Moi, d'être devenu un fantôme pour le monde du travail, ça me va ! La réalité d'un individu libre, en bonne santé, à qui il est permis d'écouter son cœur-enfant et de se balader dans les musiques, les livres, les lieux de spectacle et de relations sociales de sa ville, ça me convient tout à fait.

Mais toi, fantôme de papier, comment peux-tu survivre et ne pas sombrer dans les oubliettes à l'heure du manga dominant, du jeu vidéo d'après blockbusters, de métavers, de smartphones et d'influenceurs·ses ?

AEV 2223-24 Jean-Paul - Lettre au fantôme

Et puis d'abord si tu es « LE fantôme du Bengale » pourquoi indique-t-on sur la couverture de tes fascicules « aventures américaines » ?

Je me souviens que je t'ai découvert chez mon arrière-grand-mère sur une page ou une demi-page de ses magazines féminins, « Nous deux » ou « Intimité du foyer » et on pouvait lire quelque part la formule « Copyright Opera mundi » ou quelque chose comme ça. Il y avait aussi « Arthur et Zoé » ; j'ai découvert récemment que dans la version originale Zoé s'appelait Nancy ! Nan ? Si ! Mais rien à voir avec la place Stanislas !

C'est fou, l'imagination ! L'imagination des Américains encore plus que la nôtre, même s'ils ne sont que des Européens mal descendus du bateau Emigration et que le mal de mer de la traversée les a chanstiqués à jamais ! Il y a donc eu un type dans les années 30 ou 40 du siècle dernier, un nommé Lee Falk, qui t’a imaginé et un autre qui t’a dessiné avec un costume moulant rouge, un slip noir par-dessus, un revolver à la ceinture et un loup noir façon Zorro ou carnaval sur les yeux. A l’origine ta combinaison d’homme grenouille était violette mais pour des raison de difficulté d’encrage elle est devenue rouge dans l’adaptation française.

Est-ce que c’est là la tenue la plus pratique pour survivre dans la jungle ? Faudra qu’on demande à Tarzan et à son slip léopard ! On ne comprend pas bien pourquoi ton compagnon noir nommé Lothar est vêtu lui aussi d'une peau de bête alors qu’on trouve tout à la Samaritaine ! Est-ce du racisme à la mode d’Hollywood ? L’acteur noir qui joue le rôle n'a pas accès aux mêmes magasins de costumes que le grand blanc athlétique à mâchoire carrée ?

[Gasp ! J’ai confondu ! Lothar, c’est chez Mandrake le magicien !]

Si je t'écris ce jour, cher fantôme, c'est pour que tu m'aides à résoudre un mystère. Je ne sais pas comment ma mère s'y est prise pour former ma tête dans le secret de ses entrailles mais elle y a mis pas mal de curiosité, beaucoup de goût pour les images et là-dessus s’est greffée une propension certaine à amasser du vieux papier dans mon grenier ! Il s'y trouve, là-haut, une collection du magazine « Robinson » que mon beau-père m'a confiée, des numéros de « Charlie mensuel », de « Pilote, mâtin quel journal ! » et maintenant un carton plein de tes aventures américaines.

Cher fantôme du Bengale, sont-elles intéressantes au moins ? Est-ce que l'on peut fantasmer sur les formes de ta compagne Diana ou est-ce que c'est « Chasse gardée, pas touche !» ? Devrai-je attendre d'être malade, immobilisé, impotent pour ouvrir ne serait-ce qu'un seul de tes fascicules et savoir ce que tu as à nous raconter ? Car je n'ai encore jamais lu une seule de tes aventures !

C'est que notre vie est bien occupée, agitée, saccadée ! N’en déplaise au pauvre Georges Wolinski, on n’a plus le temps de s'allonger deux heures d'affilée pour lire sur un lit ou dans un canapé en mangeant des chocolats !

Pour ma part je cours d'une répétition de musique à un atelier d'écriture, d'une balade photographique à un cours d'illustration, je découvre grâce aux dévédés le cinéma américain des années 50, je fais tout pour tout connaître des ouvertures échiquéennes et de la pensée macronienne... Enfin non, pas vraiment pour ce dernier point, j’ai des défauts mais pas celui-là !

Tout roule très bien pour nous, les déjà retraités, mais sans doute un peu trop vite : nous sommes des petites gouttes de pluie qui prennent le train sans billet jusqu'à l'éternel qui est ceci, ici, maintenant. 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 21 mars 2023

d'après la consigne AEV 2223-24 ci-dessous

9 février 2023

Le Bilan du 9 février 2023

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais... ce blog est en train de devenir la neuvième roue de mon carrosse ! Est-ce le retour du soleil, le passage à février, l'excitation autour des plans foireux du gouvernement - ils sont fiers ce soir d'avoir refusé de voter le ticket de restaurant universitaire à un euro, ces détestables ! - ? Toujours est-il que je me retire de plus en plus de la sphère publique pour lire ou pour travailler à une mise en page plus régulière des textes de l'atelier d'écriture par exemple. De jouer à l'éditeur-illustrateur, ça m'enrichit, même si ça ne rapporte pas un rond.

Cela a permis, toujours, ma découverte n° 1 du jour à partir d'une image de crabe : une chronique d'Olivier Genevois, ici, qui nous emmène sur son site web "Les mots délicieusements surannés". Un plaisir d'exploration de la langue française et de ses expressions, avec de belles illustrations en supplément. Ça va resservir... à l'Atelier d'écriture, justement !

AEV 2223-19 Laura - Crabe

Lundi dernier, premier contact avec une bande de quatre guitaristes amateurs avancés et un mandoliniste pro. Un sympathique et forcément foutraque  boeuf musical de deux heures, organisé par un végétarien, au cours duquel on a joué-chantonné "Greensleeves", "La Chanson de Prévert", un blues standard, "Les Couleurs du temps" et "L'Orange du marchand" de Gilbert Bécaud.

Je ne raffole pas de cette dernière chanson, très difficile à interpréter, du reste, surtout avec seulement une grille d'accords, mais j'avoue que la version ci-dessous a quelque chose qui décoiffe ! 

Je ne vous ennuie pas avec les excellentes vidéos échiquéennes de Marc Quénéhen qui publie plus vite que son nombre, ni avec Lichess.org au niveau 3 qui me sert d'entraîneur, ni avec les tournois en cours que diffuse Europe-échecs sur son site : du plaisir chronophage totalement égoïste qui n'intéresse même pas mes comparses les joueurs du jeudi. Joueurs d'échecs du jeudi = peintres du dimanche ? Ce jour d'hui, mes voisins ont disputé une partie qui a duré quatre heures ! Je suis intervenu dans leur finale et j'ai obtenu une partie nulle puis j'ai montré où les blancs avaient raté un gain immanquable. Je crois que je deviens un sale type à force d'être du genre trop bon élève et que... ça me plaît ! En même temps je leur apprends des choses et surtout on rigole bien !

Enfin j'ai terminé la journée en regardant ce soir, en très bonne compagnie, celle de Marina B., le dévédé "The Great Buster : une célébration", un documentaire sur la vie et l'oeuvre de Buster Keaton. J'ai encore mal au ventre d'avoir ri aux gags de "l'homme qui ne sourit jamais" dont je n'avais jusque-là pratiquement rien vu. Je vais écumer mes bibliothèques pour combler cette incroyable lacune ! 

4 janvier 2023

FAIS PAS TON MALIN !

À peine est-on sorti des vacances de Noël qu'il faut déjà se remettre au travail ! Il y a des cartes de vœux à écrire, des salades à raconter aux amis lointains, aux amies lointaines, pour leur faire croire qu'on rajeunit alors que les poils blancs envahissent nos tempes.

Et pourtant, c'est vrai, ce n'est pas la fin, Jane ! Tarzan, le roi de la jungle, n'a pas garé sa Jaguar le long du trottoir comme dans la chanson de Pierre Vassiliu. Les pumas ne piaillent pas encore dans les betteraves et le couple mythique dans sa forêt profonde est désormais du genre à se déplacer dans un combi Volkswagen orné de fleurs géantes. C'est peut-être Jean-Marc Ayrault qui leur a revendu le sien. Ils font leurs courses à la Biocoop de Ouagadougou ou à l’AMAP de Lambaréné, chez Mamadou Schweitzer, agriculteur raisonnable et raisonné. Celle qui fait la tronche dans l'histoire c'est Cheetah à qui ils refilent de la pâtée pour chat bio.

C'est vrai que pour tous ces gens à cheveux de neige dont nous ferons partie un de ces quatre matins, tout va bien, grosso modo. Le retraité n'a plus besoin de s'interroger sur le sens du travail, il n'est victime de harcèlement moral ou sexuel que s'il le veut bien et il n'est pas inquiet du report de l'âge légal du départ en retraite. Je le soupçonne fort, du reste, d'être majoritairement pour que les autres en chient plus qu’eux. Ça fait partie, hélas, de la nature humaine.

AEV 2223-14 JK - Corsaire Triplex

À ce tarif là d'ailleurs je ne sais pas si, pour faire pareil, je ne vais pas commencer par m'envoyer une carte de vœux... à moi-même ! Me souhaiter une hibernation d'ours qui a vu l'homme qui a vu l'URSS qui dure jusqu'à la fin du printemps (de Prague). Me promettre du temps en plus pour lire ces livres de mon grenier auxquels je n'ai pas encore touché : les romans d'Elsa Triolet, les récits d'aventures à la Jules Verne de Paul d’Ivoi, les œuvres de Paul Féval fils, les poèmes de Paul Verhaeren... Me souhaiter d’avoir suffisamment d'énergie pour pouvoir numériser les illustrations de Jules Verne en livre de poche afin d'éliminer un carton plein de livres et de pouvoir me dire : « Ça y est ! J'ai commencé à vider le grenier... et à saturer mon disque dur externe !". M’insuffler de l'espoir pour avoir réellement confiance dans ces supports informatiques de stockage à l'heure où l'on nous menacé de coupures d'électricité - l'Ukraine est à nos portes - ou de pétages de plombs des centrales nucléaires. Même pas besoin d'une bombe russe pour immobiliser l’EPR de Flamanville !


Mais non, je ne suis pas comme ça. Sauf accident, je ne vais pas m'arrêter ces trois mois qui viennent. J'ai déjà repris le bus vers Beaulieu ce matin pour aller chanter avec plaisir et avec les M’A2R1 d’O douce l'hymne du Canada ou plutôt du Québec : « Crè-moué Crè-moué pas quèque part en Alaska y a un phoque qui s'ennuie en maodit ». 

Je le reprendrai jeudi pour aller pousser un pion en e4 ou d4 (en e6, d5 ou f5 avec les noirs) sur un ou 2 échiquiers. Et je serai trop content de parler aux amis de Rouen et de Fougères, dans mes lettres de vœux, de cet atelier d'écriture dans lequel on joue à partir... des jeux découverts en famille ou chez des amies à Noël.

AEV 2223-14 JK - Et on tuera tous les affreux

Car ça ce ne sont pas des salades : prendre de l'âge et reprendre sa liberté, c'est retrouver les plaisirs de l'enfance tel celui de se plonger dans un jeu en attendant minuit avec à l'esprit la bienveillance du pompier - un mot que je n'avais pourtant pas choisi d'inclure dans mon texte ! - prêt à porter secours au Père Noël si jamais il se retrouvait coincé dans la cheminée avec le feu qui prend à sa barbe blanche. Finalement, pas si ours que ça vraiment, il me vient même l'envie de souhaiter une bonne année 2023 à tout le monde sauf à Vladimir Poutine. *

* Pourquoi lui tout seul ? Il y a dans ce monde tant d'autres de ces affreux que Vernon Sullivan (Boris Vian) avait promis de tuer mais c'était comme ce texte-ci : juste des mots en l'air pour amuser ses voisines et voisins !

Mots insérés : vacances - livres - Jules Verne - printemps - bus - combi Volkswagen - Canada - ours - Forêt profonde - chat - neige - poil blanc - salade - jungle - Jane

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 3 janvier 2022

d'après la consigne 2223-14 ci-dessous

19 décembre 2022

Les Illuminations de l'hôtel de ville à Rennes le 17 décembre 2022 (1)

C'est au Café des Lumières que ça se passe. Fernand, le serveur moustachu, est chargé de mettre des pièces dans le juke-box. Visiblement, les buveurs n'ont pas envie d'entendre Tino Rossi et son "Petit papa Noël". Alors il y a du rap, de la variété américaine, des chants africains, de la musique mexicaine. C'est coloré, ça bouge, ça va vite. Ça doit coûter une blinde en électricité, les folies de la société Spectaculaires, mais les gens s'en foutent. Il faudra vraiment qu'on leur coupe l'électricité pour qu'ils comprennent le sens du mot mot "gabegie".

Mais je ne vais pas jouer les mauvais coucheurs : une fois qu'on enlève la musique, la vitesse et qu'on prend le temps de regarder les images produites, on est obligé de le constater : c'est très beau.

 De toute façon, si je ne suis pas content, je n'ai qu'à aller chanter des chants anti-consuméristes sur les marches de l'Opéra. Il se trouve que j'ai fait ça aussi en supplément de mon mitraillage photographique. C'est très intéressant, au finale, d'être schizophrène ! ;-)

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21 octobre 2022

La Ligne B du métro à Rennes le 20 octobre 2022

Cela fait un mois désormais que nous avons une deuxième ligne de métro à Rennes. Je l'emprunte désormais régulièrement le jeudi pour revenir de ma séance de jeu d'échecs à Beaulieu. Nos édiles ont eu la bonne idée d'installer une station à Beaulieu-Université et une autre à La Mabilais où je peux me rendre en un petit quart d'heure.

J'aurais pu déjà vous raconter la foire que ça a été le premier jour où j'ai pris ce métro mais, comme dit l'autre, je ne suis pas ici pour vous raconter ma vie !

Je veux juste ce jour souligner mon étonnement devant la série de pannonceaux photographiés ici et là dans les stations de la ligne B. Jugez sur pièces :

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Dites voir ? Il n'y a plus que des vieux à Rennes ?
Ou bien il n'y a plus que les vieux qui sachent lever le nez de leur téléphone pour répondre au journaliste publicitaire ?

28 septembre 2022

LES VOISINS D’ISAURE

Isaure 1024 2022 11 22 Voie lactée

- Mais qu'est-ce qu'elle a de plus que nous ? Elle est plate ! Plate de partout ! Sans aspérités, sans relief. Elle pose devant ce fond gris vert, à côté de son rideau, comme si elle était déjà sûre de terminer sa vie dans un musée !

- En même temps, dit le perroquet, elle n'a pas grand chose pour elle ! Une robe rose des jours de fête, des fleurs dans les cheveux ,un petit air godiche comme on n’en fait plus ! Il n'y a pas grand monde à flasher sur elle ni même à s'arrêter plus de trois 3 minutes devant son selfie de première de la classe qui ne fera jamais ni de bêtises ni de grimaces. Isaure Chassériau ! Quel blase elle porte en plus !

- Remarque, nous non plus on n'attire pas la foule. Pourtant un tableau en relief, avec la communication possible entre les deux mondes, le réel et l'imaginaire, le possible et l'impossible, ça devrait bousculer un peu, non ?

Dixit O 12

- Tu penses que trop de surréalisme tue le surréalisme ?

- Non je pense que ce serait mieux s'il y avait un asticot au bout de l’hameçon !

- Et un poisson qui tourne autour dans le verre ?


- Ah non je suis contre la maltraitance envers les animaux !


- Ah bon ? Et l'asticot, transpercé de part en part, c'est quoi. Juste un concept ?


- Un point pour toi, l’ara !


- À causer de la voisine, des autres tordus qui essayent d'épater la galerie et, en général, de l'art contemporain ou pas, on ne voit pas le temps passer ! C'est déjà l'heure de la fermeture du musée. Tu vas pouvoir poser ta canne et aller t'allonger, le pirate !


- Pas trop tôt ! Je commençais à avoir des fourmis dans ma jambe de bois !


- Et puis tu sais on va vers le mieux ! Parait qu'avec la crise de l'énergie ils vont fermer les musées plus tôt ou un jour de plus par semaine.


- Je suis assez preneur, je dois dire !


- Par contre pour ce qui est de prendre ta retraite, faudra attendre un peu plus. Ils vont reculer l'âge de départ possible pour cela.


- Ça m'arrange aussi ! Je ne suis pas pressé d'aller me faire remiser à la cave, d'être mis en réserve de l'arrêt du public !

- En tout cas ne t'inquiète pas, Papy Rackham! S'il y en a qui veulent vraiment t’embêter je te défendrai du mieux que je peux ! Je leur volerai dans les plumes à ces australopinacothèques !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 27 septembre 2022

d'après la consigne 2223-03 ci-dessous

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