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Mots et images de Joe Krapov

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12 octobre 2026

Demain sera bien / Les M'A2R1 d'O douce

 

Voilà un premier quart du travail effectué cette semaine et les précédentes sur Canva pour illustrer cette chanson "gaie" de Leonard Cohen !

 

 

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11 octobre 2026

Choses vues à Rennes entre le 24 et le 27 septembre 2026

 

En arrivant à Beaulieu, les bus 4 et 6 sont détournés et l'arrêt "Les Préales" déporté devant cette porte de chantier sympathiquement décorée.

 

Il y a un autre guitariste-chansonnier à la scène ouverte des Références électriques. Il nous a gratifiés d'une chanson assez drôle avec uniquement des rimes en ole et en in.

 

 

Les affiches rennaises sont de plus en plus ésotériques. Le QR code renvoie vers un site instagram de tatouage, "Un jour de pluie", interdit aux moins de 18 ans.

 

Les noms des boutiques de tatouage sont de plus en plus décalés !

 

 

Jeux d'ombres dans la rue des Dames.

 

 

Ça s'entraîne dur pour le "Tout Rennes court" du 4 octobre. On vient courir jusque sous mes fenêtres. Ce qui me permet d'ajouter un "Je suis ton clone jaune, Luke" à ma collection ! 

 

 

10 octobre 2026

INITIATION A LA NOTATION ÉCHIQUEENNE

 


Nous posons en préamvestibule que vous avez acquis les présuppositoires suivants : on joue au jeu d’échecs sur un plateau carrément carré de 64 cases (8x8, donc) alternativement blanches et noires.
 
Quand on a les blancs, les rangées (horizontales) sont numérotées de 1 à 8 du bas vers le haut, les colonnes (verticales) sont nommées de a à h de la gauche vers la droite.
 
Quand on a les noirs, les rangées (horizontales) sont numérotées de 8 à 1 du bas vers le haut, les colonnes (verticales) sont nommées de h à a de la gauche vers la droite.
 
Ça y est ? Y’a déjà du naufrage mental ? J’en ai perdu combien ?
 
Comme dans le jeu de la bataille navale, une case est désignée par la lettre de la colonne dans laquelle elle se trouve à laquelle on adjoint le chiffre de la rangée dans laquelle elle se trouve.
 
Si on joue au jeu des quatre coins on ne s’occupe donc que des cases a1, a8, h1 et h8.
 
Les pièces du jeu sont nommées d’après l’initiale, en capitales, du mot qui les désigne :
 
La tour devient T
Le cavalier devient C
Le fou devient F
La dame devient D
Le roi devient R
 
Au début du jeu seuls les cavalier peuvent sortir car eux seuls peuvent passer par-dessus les pièces. Une partie peut donc commencer avec le coup Cf3 ou avec le coup Cc3.
 
Même s’ils sont l’âme des échecs selon François-André Danican Philidor, les pions ne sont désignés par aucune lettre.
 
Autrefois le mouvement de deux cases du pion central placé devant le roi s’écrivait e2-e4. Aujourd’hui on écrit plus simplement e4.
 
Quand un pion ou une pièce effectue une prise on l’indique par le signe « multiplié » soit « x » : Dxf7, Txh8, Fxc6 etc. Puis on soustrait la pièce prise du plateau de jeu.
 
Quand un pion blanc prend un pion noir ou une pièce placée sur une des deux cases situées en diagonale devant lui on écrit exd5 ou exf5 suivant qu’on prend à gauche ou à droite. Si on hésite sur ce point de prendre à droite ou à gauche, on peut aussi consulter son GPS ou sa carte Michelin. S’il y a un cavalier en prise en d5 et une dame en prise en f5 il est théoriquement plus intéressant de prendre la dame. Mais il faut voir : c’est peut-être un sacrifice gagnant de votre adversaire, auquel cas c’est vous qui perdrez !
 
Quand un pion blanc rendu sur la cinquième rangée prend un pion noir qui vient d’avancer sur la colonne adjacente de la septième à la cinquième rangée, on note cela ainsi : « exd6 e.p. ». « e.p. » signifie « en passant », je le dis en passant pour ceux et celles d’entre vous qui auraient ignoré que cette possibilité de la prise en passant existât.
 
Quand un pion blanc atteint la huitième rangée il est récompensé par une promotion à un grade supérieur : il peut devenir sous-chef de bureau, officier de cavalerie, sergent-major, fou de Bassan, grandmamamouchi, cavalier, fou, tour voire même, par ces temps ou il y a plus de transsexuels que de zazous dans mon quartier, dame. Cela s’écrit « e= D », « e=T », etc.
 
Quand un pion ou une pièce donnent un échec au roi, on note cela en ajoutant le signe+ à la notation du déplacement. Cc7+, Dd8+, etc.
 
On note les coups dans l’ordre où ils sont joués. Ce sont toujours les blancs qui commencent. On note le n° du coup puis le premier coup blanc puis le 1er coup noir.
 
Par exemple 1. e4 e5 signifie que le premier joueur a poussé son pion du roi en e4 et que le joueur des noirs a répondu en poussant son pion du roi en e5. Les deux pions sont bloqués et ne peuvent plus avancer. Heureusement on a chacun·e sept autres pions et huit pièces pour complexifier le tableau.
 
Lorsque, chez les blancs, le fou de cases blanches et le cavalier roi ont été sortis on peut procéder au petit roque : le roi se déplace de deux cases sur sa droite et la tour vient prendre la place qui est tout de suite à sa gauche. Cela se note : « o-o ».
 
Idem chez les noirs avec le fou de cases noires et le cavalier roi, en changeant la droite par la gauche et lycée de Versailles.
 
On peut aussi choisir de faire le grand roque. Pour cela il faut avoir déplacé le fou dame, le cavalier dame et la dame. Ensuite de quoi le roi se déplace de deux cases sur sa gauche et la tour vient prendre la place qui est tout de suite à sa droite. Cela se note : o-o-o. Même chose en inversant droite et gauche pour les noirs.
 
Le résultat de la partie terminée est noté sur la feuille. 1-0 signifie que les blancs ont gagné, 0-1 qu’ils ont perdu, 1/2-1/2 que la partie s’est terminée par la nullité.
 
J’ai zappé le cas particulier des tours et des cavaliers qui peuvent effectuer un même déplacement ou une même prise. Si ça vous passionne vraiment, vous pouvez aller en prendre connaissance ici ou tout ce que je viens d’écrire est repris bien plus sérieusement :
 
 
Maintenant - je vous connais comme si je vous avais fait·e·s -, vous allez me demander : « A quoi ça sert, toutes ces chinoiseries » ?
 
A rien, bien sûr ! Ça sert juste aux pervers dans mon genre à « rejouer » une partie, à regarder son déroulement a posteriori (analyse post mortem est le nom latin du truc) pour y déceler des erreurs (très souvent) ou des coups brillantissimes (très rarement).
 
Peut-être qu’un jour futur, quand je serai en retraite et que j’aurai tout mon temps à moi je mourrai de rire en reconstituant cette partie de l’autre jour où j’ai balancé quatre pseudo-sacrifices de pièces à mon adversaire.
 
 
 
Ou cette autre miniature jouée contre le robot Wendy (1500 ELO) chez Chess.com.
 
Que ce billet vous serve de leçon : le jeu d’échecs rend fou !
 
 
 
 
d'après cette consigne : Initiation
 
 
9 octobre 2026

LA PLANETE BLEUE

 

 

J'ai vécu 10 ans et 3 mois dans la Ville Lumière, celle qui a succédé à Lutèce, celle dont la devise est « Fluctuat nec mergitur ». Je n'ai pas fréquenté plus que cela la plus belle avenue du monde, celle que chante Joe Dassin, celle sur laquelle la Grande Muette organise ses défilés militaires.

N'en déplaise à la réputation que l'on pourra faire de ce fait à mes bijoux de famille, je ne suis pas monté sur la Dame de Fer. Je ne parle pas de la Première ministre de la perfide Albion que le chanteur Renaud proposait de s'offrir comme réverbère quotidien, mais de la fille d'Auguste, celle que Monsieur Eiffel a construite en 1889 et qu'on n'a jamais démontée depuis.

À l'époque où j'ai vécu à Paris, la Première Dame se prénommait Anne-Aymone. Elle était l'épouse d'un dénommé Valéry qui trouvait malin de s'inviter chez les Français et d'y jouer du piano du pauvre. Il n'était pas assez talentueux cependant pour pouvoir rivaliser avec Yvette Horner qui parcourait la France en jouant de l'accordéon dans la caravane de la Grande Boucle, pendant que Miguel Indurain, Eddy Merckx, Bernard Hinault ou je ne sais plus qui faisaient souffrir tout le peloton des adorateurs de la petite reine.


Plutôt qu'au personnel politique, je m'intéressais à l'époque — j'avais juste 20 ans — au septième art et au neuvième art, le cinéma et la bande dessinée, ainsi qu'à la musique et aux romans essentiellement policiers et de science-fiction.

 

 

Je me baladais, non pas sur l'avenue chère à Joe Dassin, mais dans une errance virtuelle entre le 36 du quai des Orfèvres où officiait le commissaire Maigret, l'agence Fiat Lux de la rue des Petits-Champs, proche de mon lieu de travail, où l'on trouvait l'homme qui met le mystère K.O., Nestor Burma, et l'Étoile du Berger ou la Nébuleuse d'Andromède d'où l'on pouvait apercevoir la planète bleue qui est la nôtre chez Philip K. Dick ou Clifford D. Simak.

Eh oui, je vous parle d'un temps que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître !

Moi, je ne suis pas ici pour raconter ma vie. Mais ces résidus de la mémoire, ces souvenirs sans gloire mais sans honte, les bribes de ce temps où l'on n'avait pas encore de « petit nettoyeur énervé de la dalle d'Argenteuil », de « Monsieur Du Gras-Double de la chambre haute », de « traverseurs de rue adeptes du jet-ski », ce Paris quasi modianesque, tout cela, j'y ai repensé aujourd’hui dans le bus n° 11, détourné ce midi à cause du grand contournement des manifestations lycéennes.

Bien que ce ne soit pas là le trajet le plus court pour aller au stade de la route de Lorient, le chauffeur est revenu de la gare vers la rue de Châteaudun. Je me suis rendu compte, en passant là, que je ne savais même pas où se trouve la ville de Châteaudun.

Je me suis demandé aussi s'il y avait une rue de Rennes à Châteaudun. Ce serait la moindre des politesses ! Nous avons une rue de Paris à Rennes et il y a une rue de Rennes à Paris ; j'y allais tous les mardis, à la Fnac, faire le plein de disques vinyles. D'un autre côté, il n'y a pas de rue de Rennes à Venise. Et nous, pour marquer le souvenir de la cité des Doges, qu'avons-nous ?

 



Peut-être juste l'eau de la Vilaine, qui est devenue aussi verte que celle du Grand Canal depuis qu'elle est couverte de jussie et d'autres plantes envahissantes. Et qui est-ce qui va payer encore la douloureuse du nettoyage de cette pollution, hein ? Le cochon de payant ? Le « contribuabe » ? Celui à qui on a collé 3 000 milliards de dettes à l'insu de son plein gré ? Ne tournons pas autour du pot, la réponse est « oui ».

 

Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean

 

d'après la consigne AEV 2627-05 ci-dessous

8 octobre 2026

DICTIONNAIRE INSOMNIAQUE (2)

Merylstrip-tease : au cinéma moment particulier du film où l'héroïne, jouée par Meryl Streep, quitte un à un tous ses vêtements.

 

 

Mireillestrip-tease : La même chose mais pour Mireille Mathieu

 

Papilonner : Feuilleter une revue puis une autre puis une autre puis décider de  les mettre à la poubelle

 

Wifisection : coupure de réseau internet

 

Recouvrance : fait de se rappeler d'un seul coup d'un seul qu'il pleuvait sur Brest ce jour-là

 

 

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7 octobre 2026

DICTIONNAIRE INSOMNIAQUE (1)

 

C'est un pendant au "Dictionnaire des mots qu'il y a que moi qui les connais" de Jean Yanne et au bouquin de Françoise Héritier "Le Goût des mots" dans lequel elle prétend que, en fonction de leur sonorité, certains mots ont pour elles un autre sens que celui qui leur est attribué en général.

 

Il m'est arrivé, au mois d'août dernier, de pondre ainsi des définitions décalées ou des néologismes. C'était, en général,  pendant des insomnies. Ce n'est pas très facile ni très amusant à lire d'affilée. C'est pourquoi j'entreprends de les publier en série de 5 ou six, essentiellement pour rattraper mon retard de publication sur ce blog ! ;-)

 

Intempérie : apparition de cheveux blancs de chaque côté du crâne, au-dessus des oreilles

 

Calvitie : Fait de perdre des cheveux en visitant une ville de Corse dotée d'une citadelle. Une maladie assez ressemblante s'appelle la bastialopécie.

 

 

Croquemitaine : Mangeur de moufles à doigts coupés

 

 

Primesautier : individu qui ne résiste jamais au plaisir d'exprimer la première sottise qui lui vient à l'esprit.

 

S'empapaouter : être victime d'une collision automobile au mois d'août

 

S'empapamobilouter : être victime d'une collision automobile avec une papamobile au mois d'août dans les Hauts de France.

 

 

 

6 octobre 2026

CONSIGNE 2627-05 DU 06 OCTOBRE 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

 

Périphrases

 
 

Aujourd’hui l’animateur n’est pas très exigeant. Il vous demande juste de choisir un sujet qui vous parle dans cette longue liste, de mettre la périphrase qui le désigne en titre de votre texte et de glisser trois autres périphrases au moins de cette liste ou d'autres de votre invention dans votre copie.

 

Périphrase

explication

Le (petit) père des peuples

Staline

Le 36 quai des Orfèvres

Le Siège de la Police judiciaire

Le 9e art

La Bande dessinée

L'abbaye de Monte-à-regret

L’Échafaud

L'armée des ombres

La Résistance

Les auteurs de mes jours

Mes parents

Le balai de l'intestin

La salade

La Belle Époque

Le début du XXe siècle

La bête à bon Dieu

La coccinelle

Les bijoux de famille

Les testicules

Le billet vert

Le dollar

Le boulevard des allongés

Le Cimetière

Le char vaporeux de la reine des ombres

La Lune

Le château-la-pompe

L’eau

Le chevalier sans peur et sans reproche

Bayard

La cité des doges

Venise

La cité interdite

Le Palais impérial de Pékin

Les commodités de la conversation

Les fauteuils ou les chaises

Le conseiller des grâces

Le miroir

La Dame de fer

Margaret Thatcher

Dégraisser le mammouth

Licencier

La der des ders

La Guerre de 14-18

Le Divin Marquis

Sade

La douloureuse

L’addition

L'empereur à la barbe fleurie

Charlemagne

L'étoile du berger

Vénus

Les étranges lucarnes

La télé

La fille de l'écume

Vénus anadyomène

Le fléau de Dieu

Attila

La fourchette du père Adam

Les doigts

La gent trotte-menu

Les souris

Le Grand Timonier

Mao Tsé Toung

La Grosse Pomme

New-York

En habit d'Ève

Toute nue

L'herbe à Nicot

Le tabac

L'homme aux semelles de vent

Rimbaud

L'île de beauté

La Corse

La langue de Molière

Le français

Une longue maladie

Un cancer

Un mal qui répand la terreur

La peste

Les mangeurs de grenouilles

Les Français

La Mecque du cinéma

Hollywood

La messagère du printemps

L’Hirondelle

Le métier de Bellone

La guerre

Le mont de Vénus

Le pubis féminin

Le mot de Cambronne

Merde !

Un mouton de Panurge

Un conformiste

L'oiseau de Minerve

La chouette

Périphrase

traduction

L'or noir

le pétrole

Un panier à salade

Un fourgon cellulaire

Une partie fine

une partouze

Le père de la fable

Esope

La perfide Albion

L’Angleterre

Les perles de la bouche

Les dents

Le Petit Caporal

Bonaparte

Le petit coin

Les W.C.

Le petit papier rose

le permis de conduire

La petite reine

le vélo

La grande boucle

Le Tour de France

Le piano du pauvre

L’accordéon

La planète bleue

La Terre

La plus belle avenue du monde

Les Champs-Élysées

La plus noble conquête de l'homme

Le cheval

Le plus vieux métier du monde

La prostitution

La Première Dame

La compagne du président

Un professeur des écoles

un instituteur

La Pucelle d'Orléans

Jeanne d’Arc

Le quatrième pouvoir

La presse

Un référentiel bondissant

un ballon

Le Rocher

Monaco

Le roi des animaux

le lion

Le roi des dieux

Zeus

Le Roi-Soleil

Louis XIV

La sainte canaille

le peuple

Le sexe faible (ou le beau sexe)

la femme

Les sœurs filandières

les Parques

Le talon d'Achille

le défaut de la cuirasse

La Terre promise

Israël ou la Palestine

Le toit du monde

L’Everest

Tourner autour du pot

tergiverser, parler à mots couverts

Charenton

l’asile d’aliénés

La Venise du Nord

Amsterdam ou Bruges

Le Vert-Galant

Henri IV

La Vieille dame du quai Conti

L’Académie française

La Ville lumière

Paris

La Ville rose

Toulouse

5 octobre 2026

LE BON ENDROIT

 

« Tout va bien, tout va bien... » Il est bon, lui, le grand Saint Pierre !

 

 

Tout au long de ma vie, j'ai quand même eu d'autres projets que celui de mourir ! Je n'ai jamais imaginé, du reste, de me retrouver au paradis, pas plus qu'en enfer, même si de ne pas avoir de religion, de ne pas applaudir le pape quand il vient en France, de ne pas porter Bolloré, Retailleau et de Villiers dans mon cœur — l'équipe Cancrelat, comme je l'appelle —, c'est sans doute un péché mortel qui eût dû me valoir les flammes de Belzébuth ou les marais du Yeun Elez ou même plus simplement le purgatoire.

 

Alors bon, je vais devoir m'y faire à la douleur éternelle qui se profile. Être au paradis, être devenu un ange, avoir une auréole en permanence au-dessus de la tête, ne plus avoir de sexe - Horreur, malheur, salsa du démon ! - et porter des ailes dans le dos.

 

Moi, je voulais voler ? J'ai toujours été aérodromophobique sur Terre, jamais pris l'avion. Bilan carbone tellement négatif que la semaine avant mes irrévocables funérailles, j'ai été éjecté d'un questionnaire en ligne sur le sujet une fois que j'eus répondu que je prenais le bus et que je marchais pour mes déplacements en ville.

 

- Vous ne serez pas dépaysé, m'a dit Saint Pierre. Ici, on ne se déplace qu'à pied. Il n'y a qu'une carriole tirée par un cheval, mais c'est pour le fun. Ça va ? Vous avez encaissé la situation ? Si tout est top, quand vous êtes prêt, je vous emmène voir votre logement.

 

Alerte catastrophe apocalyptique ! Le paradis est plus peuplé encore qu'une mégalopole asiatique. C'est La Grosse Pomme et Paris en 1850 ! C'est Bruxelles qui bruxelles avec des omnibus, des messieurs en gibus et des dames en crinoline. C'est le Moyen Âge avec un haut du pavé, des chiens errants, un seul balayeur, un seul agent de la circulation, un distrait qui renverse des paniers et marche sur des œufs, un punk avec walkman qui plane en patins à roulettes. Ne manquent plus que des trottinettes électriques, des vélos sur les trottoirs, des joggers à foison et on se croirait à Rennes en 2026.

 

 

On m'a logé en en haut à gauche de l'immeuble, au second étage. C'est petit, la fenêtre située entre les moulures baroques. Bon, je suis sorti faire un tour. J'ai cherché un resto mais j'avais oublié ce que m'a dit Saint Pierre : « On n'a plus faim ni soif ici, vous n'avez plus de besoins philosophiques. » Il s’est repris après ce lapsus révélateur : « de besoins physiologiques. »


 

De fait, il n'y a ni café, ni bancs publics. J'ai dit bonjour aux habitants mais ils ne m'ont pas répondu. C'est pourtant le minimum de ce que nous devons à l'autre, non ? J'ai comme l'impression d'être entré dans un club qui m'accepterait comme membre, mais qui sentirait bien que je marche sur la pointe des pieds, que je descends en chasse-neige, que je suis du genre à faire le pire usage possible du libre arbitre.

 

Quelle est ma motivation pour rester ici ? Est-ce que j'ai un moyen de sortir ? Si je ne peux pas intégrer un club des intellos, si je ne peux pas donner la meilleure version de moi-même en aidant mon prochain à s'exprimer dans un atelier d'écriture ou une chorale, je vais vite me retrouver en crise existentielle !

 

Et puis, j'ai regardé la fenêtre de l'appart’ en dessous de chez moi. On y voyait un couturier, des épingles dans la bouche, qui ajustait une robe par-dessus la plus belle paire de seins que j'aie jamais vue de ma vie !

 

 

J'avais la réponse. Je suis remonté, j'ai accroché un petit mot au bout d'un fil. C'était un pari risqué, mais de fait, j'avais peut-être réellement gagné le paradis. J'ai fait descendre mon message par la fenêtre. Sur le papier, j'avais écrit : « Isaure Chassériau, je vous ai reconnue, je vous AI-AI-AI-ME ! »

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean 

 

d'après la consigne 2627-04 ci-dessous

4 octobre 2026

Désenchantée à l'ADEC à Rennes le 2 octobre 2026

 

Nous nous sommes régalé·e·s de cette adaptation "West side storyenne" de "La Flûte enchantée" de Mozart. Campagne électorale, guerre de quartiers, trafic de stups et violence autour de la garde d'une enfant viennent pimenter l'idylle entre le naïf Tamino et la rebelle Pamina qui décrètent au finale - Balavoine, sors de ces corps ! - "Je ne suis pas un héros !".

La présentation officielle et l'affiche sont ici

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 octobre 2026

CANICULI CANICULA !


1
 
Assez
De cette chaleur !
On veut qu’il pleuve,
Des hallebardes,
Des hallebardes !
 
Ras l’ bol,
De cette sécheresse
Qui nous stresse !
Il faut qu’ça barde,
Il faut qu’ça barde.
 
Hier
On s’lamentait
D’être inondés
Par tant de flotte
Par tant de flotte
 
Maint’nant
Catherine Deneuve
Demande qu’il pleuve
Comme à Gravelotte
Comme à Gravelotte
 
Refrain
 
De l’eau, de l’eau, nous voulons de l’eau
Sinon l’hiver aussi sera chaud !
 
Caniculí - Canicula, Caniculí - Canicula.
Cessons ces folies, Caniculí - canicula.
 
On veut on veut chanter sous la pluie
Danser comme le faisait Gene Kelly
 
Caniculí - Canicula, Caniculí - Canicula.
Cessons ces folies, caniculí - canicula.
 
2
 
C’est Eve
Qui a croqué
Jadis la pomme
De la discorde
De la discorde
 
Ensuite
Y eut du grabuge
Ce fut l’déluge
Il plut des cordes
Il plut des cordes
 
Hier
On se moquait
D’Greta Thunberg
Et d’ses icebergs
Et d’ses icebergs
 
Maint’nant
Même la police
Demande qu’il pleuve
Comme vache qui pisse
Comme vache qui pisse
 
(au refrain)
 
3
 
Les Cli-
Matosceptiques
Vont déclarer
Qu’on les bassine
Méga-bassine
 
Décli-
Nant le constat
Qu’c’est la planète
Qu’on assassine
Qu’on assassine
 
Hier
Ils promettaient
De mettre en oeuvre
Le ruissell’ment
Le ruissellement
 
Maint’nant
S’ils pouvaient faire
Qu’il drache un peu
Un peu seulement
Un peu seulement
 
 
(au refrain)

 

 

 

Écrit et enregistré pour le Défi du samedi n° 943

 

d'après cette consigne : hallebarde

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