Le poète : Un dragon qui serait de taille épouvantable, Pourvu, en supplément, d’une humeur fort méchante, D’écailles, de deux ailes et d’une queue battante, De pattes fort griffues, d’un gueuloir redoutable, Qui cracherait le feu partout autour de lui Et qui viendrait chez nous s’installer aujourd’hui ?
(Une telle Géhenne Je l’imagine à peine !)
Le paysan : Un dragon qui viendrait nous bouffer nos moutons Alors que c’est disette en ces temps reculés Et que les Dieux nous ont à Misère acculés, Condamnés à la schlague et aux coups de bâtons ? Les rascals du château au service du roi Ne pourraient-ils donc pas lui imposer leur loi ?
(Les puissants peuvent-ils Un jour se rendre utiles ?)
Le roi : Un dragon que craindraient mes « braves » chevaliers, Qui les verrait tous fuir vers un lointain exil Plutôt que d’affronter ce « buffalo au grill » ? J’avoue que ces combats sont plutôt singuliers Où l’on voit décamper mes « top chefs » bien ruinés Devant ce gros lézard qui les a calcinés !
(Ne serait-ce pas là Une Bérézina ?)
La princesse : Un dragon qui voudrait croquer de la princesse ? Sans même lui avoir offert un brin de cour ? Mon jeune iguanodon, reconnais que c’est court Et que tu ne fais pas dans la délicatesse ! Te crois-tu tout permis avec ton brasero ? (Elle sort son portable et appelle Zorro)
(J’ai peine à croire A cette histoire !)
Saint-Georges : Un dragon que je suis venu faire plier ! Dans son sang répandu une rose a fleuri, Un peuple libéré tout à coup a souri Je leur ai demandé de se mettre à prier Car la bête toujours est prête à repartir Et puis je suis allé où va chaque martyr.
(Ah j’ai failli m’en étouffer Tant c’est anaphore de café !)
Les photos ont été prises à la Casa Amatller de Barcelone le 30 avril 2014.
Poule Mac Cartney : La poule McCartney est une variété transgénique de gallinacés fabriquée à Liverpoule en Angleterre. Quand elle a pondu un œuf la poule McCartney chante une chanson afin de prévenir la fermière, lady Madonna, qu'elle peut venir effectuer sa récolte d'oeufs. La chanson de la poule McCartney s'intitule « Omelette it be ». Quand elle a un coup dans l'aile la poule McCartney rêve qu'elle est un musicien mondialement connu qui se produit avec un groupe appelé « Wings ».
Perroquet sur gazon : Il n'y a que dans les livres pour enfants du XIXe siècle, comme « Alice au pays des merveilles », qu'on peut envisager de jouer au croquet avec des flamants roses pour taper dans les boules. Dans la réalité jouer au perroquet sur gazon n'est pas pratique du tout. Fâché de ce qu'on lui cherche des crosses, le psittacidé vous assène force coups de bec qui ont vite fait de vous ensanglanter les doigts. Ça crève les yeux qu'à l’instar de Winston Churchill cet oiseau déteste le sport !
Abeille road : Album de chansons complètement givrées composé par la poule McCartney un jour qu'elle avait pondu des oeufs d'or ou qu'elle avait trouvé un couteau ayant appartenu à John Lennon, on ne sait pas trop.
Palindromadaire : Contrairement à Bob qui fait du kayak à Laval et qui se lit pareil à l'endroit comme à l'envers, le mot « chameau », retourné, se lit UAEMAHC. Ce genre de phénomène linguistique est appelé palindromadaire.
Sourigami : Quand on attrape une souris verte qui courait dans l'herbe, qu'on la trempe dans l'huile, qu'on la trompe dans l'eau, on obtient un escargot tout chaud. Mais si au lieu de ces opérations de trempage on place directement la souris sous un fer à repasser réglé sur la température maximum et le mode vapeur on obtient une espèce de feuille de papier qu'on peut peindre en gris et plier de manière savante de manière à obtenir un sourigami.
Serpent dans le mille : Attraction foraine qui consiste, sur le stand idoine, à propulser un serpent sur une cible au milieu de laquelle est fixée une sonnette. Il arrive quelquefois que le serpent échappe au lanceur et s'en vienne siffler sur vos têtes. N'ayez aucune crainte : si les reptiles sont toujours vivants on n'utilise jamais de serpents venimeux pour ce jeu.
Avant que nous ne sucrions les fraises, donnez-nous de l'amour chaud !
Hommage surréaliste à Blaise Pascal qui, paraît-il, l'inventa : "Des crucifix plein la brouette", un joli titre de polar !
Un petit coup de biniou et l'affaire est dans le sac !
La vie est trop courte pour s'habiller triste !
Je ne sais pas si j'y retournerai, l'année prochaine, à cette braderie Saint-Martin : il y a un monde fou, on n'avance pas, il n'y a plus que des bradeurs qui vendent des vêtements et je ne cherche plus que des revues introuvables (et quand je les trouve, je ne les achète pas parce qu'il faut que je pense d'abord à vider mon grenier !) ;-)
Se chante sur l'air de "L'Aventurier", chanson du groupe Indochine
1
À l'assaut de tous les poncifs
Le manuscrit est explosif
Car Bob Morane va affronter
La mafia du clone d'Ash-Keh-Neh.
Par un beau dimanche à Bruxelles,
En suivant le circuit Jacques Brel,
Le voilà soudain qui dégomme
Les contrebandiers de l'atomium.
Godverdom !
2
Posté sur le sentier de la guerre.
Le Maneken pis est Vénère.
Il y a un étrange trio.
Qui s'abrite derrière son dos.
C'est la bande du monstre du métro
Qui balance des tas de pruneaux.
Mais Bob Morane réplique aussitôt
D'une balle mal placée, pile dans le robico.
D'la statue
Pont musical :
Ouille, Ouille, Ouille, Ouille, Ouille, Ouille, Ouille, Ouille.
Bougre d'andouille ! Purée ! Que je douille !
3
Le clone d'Ash Scanné s'est échappé.
Bill Ballantine, à sa poursuite.
Voilà que ce salaud s'est réfugié.
Derrière un tableau du musée Magritte.
Ceci n'est pas un yatagan.
C'est bien l'épée de d'Artagnan.
Le bandit s'enfuit dare-dare.
Par la porte du cauchemar.
Vers Bozar
4
On entend alors le cri de la Louve.
Et ça nous rappelle l'affaire du Louvre.
Devant le portrait de la Walkyrie.
Ça avait été une tuerie.
La bête hors des âges veut sauver sa peau.
Elle se cache dans l'entre du crapaud.
Aux origines de l'imaginaire.
Là où sont les chouettes filles du bord de mer.
D'Adamo.
5
Mais voilà que Bob traverse le miroir.
Pour l'Opération Chevalier noir.
C'est la guérilla à Tumbaga
Et fin des trafics à Paloma.
Faut vous dire, Monsieur que chez ces gens-là.
Les fourmis d' l'Ombre jaune ne rigolent pas.
Et lorsque la marabunta gronde
D'Ixelles aux Bermudes, c'est la fin du monde.
6
Entre les tours de Bruges et Gand.
Apparaît la tête du serpent.
Avec les cathédrales pour uniques montagnes.
C'est alors la fin de la castagne.
Celui qui a lu les deux-cents romans.
Peut bien s'allonger sur les berges du temps.
Pour se reposer d' ces poseurs de bombes
Il lui reste à lire... Amélie Nothomb
Qui est plus drôle !
Il pleuvait fort sur la grand'route, ce dimanche, et également, à partir de 15 heures, sur la promenade Georges Brassens où avait lieu notre sympathique festival consacré au poète-(en-)chanteur sétois. Les parapluies furent alors de sortie. Cela n'en resta pas moins un petit coin de paradis !
Même l'excellent groupe Sambrassens avec ses vêtements colorés et ses rythmes brésiliens n'a pas pu faire revenir le soleil sur la fête.
"S'il y a un sale passage après la mort, ce doit être l'entrée du musée de Montpellier", nous prévient Christian Bobin. De ce fait, je suis bien content d'habiter à Rennes.
De toute façon, j'y suis interdite de séjour dans les entrées de musée. Celui de Rennes se trouve au bord de la Vilaine, sur le quai Émile Zola. C'est un musée des beaux-arts. On y trouve des peintures et des sculptures.
Quelquefois je vais boire place de Coëtquen dans la Fontaine de Parmiggiani. Ma copine, Mimi Pinson, qui est très souvent tête en l'air mais sait néanmoins pas mal de choses sur notre ville m'a montré un jour,sur le pignon d'un mur proche, des oiseaux peints et m'a appris qu'ils sont représentés également sur une toile du musée.
- Comment tu sais ça, toi, Mimi ? Tu es morte et tu as résurrecté ? Tu y es entrée dans le musée ?
- Certainement pas, Madame Picassiette ! Mais un jour que j'étais perchée...
- T'es toujours perchée, comme fille, Mimi !
- ...Que j'étais perchée sur la branche d'un arbre au parc du Thabor, j'ai regardé par-dessus l'épaule d'un touriste qui lisait le guide du musée et j'ai reconnu le tableau. Quelques pages plus loin, il y avait le portrait d'Isaure Chassériau que j'avais vue au même endroit un été.
Ma copine Mimi, je ne sais pas pourquoi elle s'intéresse autant aux affaires des hommes. En même temps, elle n'a rien dans le crâne, c'te piaf, toujours à chanter des ritournelles, des roucoulades, des trilles, à prendre des airs de Rossignol milanais.
Si on était des insectes, elle serait la cigale et moi, la fourmi ! C'est que je bosse moi ! Je prolifère, je dézingue ! Quand j'entends du Wagner, j'envahis la Pologne ! Tout en chantant "Le Dénicheur" sur deux notes, je déniche les endroits où les autres ont fait leur nid et je remplace leurs œufs par les miens.
Voilà une autre raison pour laquelle il vaut mieux habiter Rennes que Montpelllier : ici j'ai l'alibi en béton. Chaque fois qu'un volatile se rend compte de la substitution, il met ça sur le compte de la poule Coucou de Rennes ! Ca me soulage qu' on me croie innocente et qu'il y ait plus noir que moi en matière d'âme aux yeux des gens !
Alors à la fin de la journée, je vais retrouver mon Julot la conscience tranquille. Je rentre dans mon horloge suisse et m'endors en pensant comme chaque soir que le plus beau est à venir.
Ce que la Vilaine charrie, elle l’embarque en douceur vers Redon et, de là, vers l’océan Atlantique. Son débit est si lent qu’elle prend ici et là des allures de fleuve serein mais dans sa traversée de Rennes celui-ci n’a jamais rien de majestueux.
C’est sans doute à cause de tous ces cochons qui s’en viennent à la nuit tombée tracer des lettres, des tags, des graffs et même dessiner des cochons sur les murs qui bordent le halage ou les petits chemins de la rive droite.
Ici me voilà pris d’un doute, comme l’est le boxeur avant de monter sur le ring. Cela ressemble au paysage que l’on peut voir derrière chez moi, entre le stade de la route de Lorient et le viaduc qui permet aux trains de rejoindre Saint-Malo.
Mais cela peut être aussi un paysage des bords de l’Ille, un morceau du canal vers le cimetière du Nord. Ce sont les garages qui me désarçonnent mais c’est bien que tu m’emmènes dans ce coin-là, petit cochonou, parce que c’est par là qu’on trouve, à Rennes, la Maison de la Poésie.
J’avais justement très envie d’y revenir à celle-là, de chausser les gants à boxer la langue pour donner dans le percussif, dans le monosyllabe. Vous allez d’autant moins y couper que je le connais bien le boxeur de la rue de Paris et je sais que l’artisan peintre dont on voit l’enseigne s’appelle… Guillotin !
Alors du coup, Deus ex machina, j’envoie mon droit :
A l'époque où j'étais lycéen puis étudiant, il était de bon ton de lire J.R.R. Tolkien, son Bilbo le Hobbit, son Seigneur des anneaux. H.P. Lovecraft aussi était très en vogue.
Je n'en ai rien fait. De nos jours on passerait sans doute pour un extra-terrestre en avouant qu'on n'a pas vu les films tirés de ce roman ou de cette saga. Je suis un extra-terrestre.
Cela ne m'a pas empêché d'apprécier beaucoup l'exposition de tapisseries réalisées d'après des dessins originaux du bonhomme Tolkien. C'était très beau, très documenté, bien présenté avec des vidéos intéressantes et pour une fois j'ai été très content que Télérama me renseigne sur l'existence de cette exposition juste avant que nous ne venions planter notre tente à quarante kilomètres de là !
L'animatrice, Gwenaëlle N., fournit le récit du combat de Saint-Georges contre le dragon :
"Un jour, Georges arriva dans une ville de la Libye nommée Silène. Or, dans un étang voisin de la ville habitait un dragon effroyable qui, maintes fois, avait mis en déroute la foule armée contre lui. Parfois, il s'approchait des murs et empoisonnait de son souffle tous ceux qui se trouvaient à sa portée. Pour apaiser la fureur de ce monstre et l'empêcher d'anéantir la ville entière, les habitants lui offraient, chaque jour, deux brebis. Mais bientôt le nombre de brebis se trouva si réduit que force fut aux habitants de tirer au sort une créature humaine et aucune famille ne fut exceptée de ce choix. Et déjà, presque tous les jeunes gens de la ville avaient été dévorés lorsque, le jour de l'arrivée de saint Georges, le sort désigna pour victime, la fille unique du roi.
Vêtue d'une robe de mariée, attachée à un rocher aux marches de la ville, la princesse attend donc la mort. Georges pose d'abord une condition avant d'en finir avec le monstre: Il ne tuera le dragon que si le peuple se convertit au christianisme. Contraint, le peuple se soumet à cette demande et on baptisa quinze mille habitants sur le champ. Alors que, dans la légende orientale, Georges terrasse tout simplement le dragon avec sa lance (parfois avec son épée) comme tout légionnaire romain qui se respecte, dans la Légende dorée, l'arme de l'exploit est un signe de croix.
Le dragon souleva sa tête au-dessus de l'étang et Saint Georges, après être monté sur son cheval et s'être muni du signe de la croix, assaillit bravement le dragon qui s'avance vers lui. Il brandit haut sa lance, fit au monstre une blessure qui le renverse sur le sol. Et le saint dit à la princesse: "Mon enfant, ne crains rien et lance ta ceinture autour du cou du monstre!" La princesse fit ainsi et le dragon, se redressant, se mit à la suivre comme un petit chien qu'on mènerait en laisse.
La bête fut ensuite conduite par la princesse jusqu'à la ville où elle fut décapitée. »
Saint Georges est traditionnellement représenté à cheval, souvent blanc (signe de pureté), ayant un dragon (créature composite mi-crocodile, mi-lion) à ses pieds. En armure, portant une lance souvent brisée à la main, ainsi qu’un écu et une bannière d’argent à la croix de gueules (c’est-à-dire blanche à croix rouge), couleurs qui furent celles des croisés (faisant également de saint Georges, leur saint protecteur) et devinrent celles du drapeau national de l’Angleterre au XIVe siècle. Il est l’allégorie de la victoire de la Foi sur le Démon désigné dans l’Apocalypse sous le nom de dragon.
Dans les romans médiévaux, la lance (ou dans certaines versions, une épée longue) avec laquelle saint Georges tua le dragon fut appelée « Ascalon », du nom de la ville d'Ashkelon en Terre sainte. Un forgeron de cette ville la lui aurait façonnée dans un acier spécial.
Le combat de saint Georges et du dragon peut être vu comme une version chrétienne du mythe de Persée délivrant la princesse Andromède attachée à un rocher et tuant le monstre marin auquel elle était offerte en sacrifice pour qu'il cesse de ravager le pays. Néanmoins, le combat livré par Persée n'a pas la dimension spirituelle de celui de saint Georges, figurant l'idéal du vrai chevalier chrétien : un héros pur et intrépide défaisant le Mal.
Elle propose ensuite de procéder comme Raymond Queneau dans son ouvrage "Exercices de style" et de réécrire ce récit dans un des styles suivants :
Tous les verbes de votre texte seront au futur
Tous les verbes de votre texte seront au passé simple
Tous les verbes de votre texte sont au présent
Style télégraphique
Le récit est fait par une personne à trois autres autour d’une table dans un bistrot
Le récit est une suite de tankas (poème japonais composé de cinq vers dont le nombre de syllabes est 5-7-5-7-7)
Votre récit est truffé d’un maximum de noms propres
Votre récit est truffé de « par devant » et « par derrière »
Votre récit à la forme d’une comédie (découpage en actes, scène, dialogues des protagonistes)
Votre récit est fait par l’épée de Saint-Georges
Votre récit est truffé d’onomatopées
Votre récit est truffé de notations gastronomiques (non de plats ou d’ingrédients culinaires)
En style injurieux
Votre récit est truffé d’anglicisme
Interrogatoire d’un des personnages ou d’un témoin dans un commissariat de police
Texte de slam
En alexandrins
En style enfantin truffé de alors et de et pis
Texte composé uniquement de phrases exclamatives !!!!
Lettre officielle
Texte avec un maximum de mots qui se terminent en « on »
Texte comprenant un maximum d’adjectifs de couleurs (bleu, rouge, vert, indigo)
Votre texte est le récit d’un rêve que vous avez fait
D’écailles et de métal 2 (Encore une réécriture de Georges)
Mon épée vient de transpercer sa gorge. Tout est fini, plus de traque, plus d’embuscade interminable dans les marais à attendre que la créature daigne se montrer. Plus que le silence assourdissant de la mort et son sang chaud qui coule le long de mon épée. Le monstre a la gueule béante. Ses yeux écarquillés de surprise et d’incompréhension me regardent. Il sait qu’il va mourir et il sait qu’il ne veut pas mourir seul. Dans un dernier élan, l’épée toujours coincée entre ses mâchoires, il me saisit d’une embrassade fatale. Je n’ai pas réagi à temps. Il est trop tard. Plutôt que de lutter j’accepte le baiser mortel de ma victime et de mon meurtrier. Dernier geste tendre avant une mort violente.
Nous nous rejoignons dans un fracas d’écailles et de tôle. Son corps brûlant fait fondre mon armure et le métal en fusion s’insinue dans ses plaies. Mes os cèdent les un après les autres sous la pression de son étreinte. Ils se brisent pour mieux laisser le reste de mes chairs s’agglutiner contre le flanc du reptile.
Au contraire de la violente rencontre de nos deux corps, la fusion est longue. Doucement, comme une danse macabre, nos corps se plient et se replient, se tordent comme une brindille qui se consume.
Bientôt nous ne serons plus qu’un tas informe d’écailles, de métal et de sang.
Pour entendre ce texte lu par son autrice, c'est ici :
Il était une fois une ville. Cette ville était rackettée par un dragon à sept têtes. Au début les habitants étaient sommés de livrer un mouton par mois. Mais au bout de quelques années, les habitants n’avaient plus de moutons, plus de chevaux, plus de chiens, plus de chats, pas même une souris à livrer au dragon. Le seigneur dût prendre une dure décision pour sauver sa ville. L’un après l’autre, chaque habitant devrait livrer sa progéniture à l’hydre qui rançonnait la cité. Pour ne pas déclencher une révolte paysanne, le seigneur décida de tirer au sort les enfants qui seraient envoyés en pâture au monstre. Peu importait sa classe sociale, chacun était logé à la même enseigne. Pour preuve de sa bonne foi, le seigneur mit même le nom de sa fille unique dans le tirage. Hélas c’était un seigneur peut chanceux. Le nom de son unique descendante fut tiré au sort dés la première année. Le roi essaya de négocier la vie de sa fille, le peuple refusa. Il essaya sournoisement de la remplacer par une autre mais le complot fut vite déjoué. Il dût se résoudre à perdre sa fille. Les citadins, malgré toutes ses supplications, livrèrent la jeune fille à l’endroit convenu avec le monstre.
Saint Georges, un chevalier qui passait par-là aperçut la jeune fille qui pleurait sur un tronc d’arbre en attendant son funeste sort. Le jeune homme lui demanda pourquoi elle pleurait. Elle lui expliqua ce qui l’attendait et le pria de fuir avant que le monstre n’arrive. Le chevalier, pas peureux pour un sou, trouva là un moyen d’accomplir un exploit chevaleresque. Il resta avec la jeune fille pour attendre le monstre qui ferait sa réputation.
Le monstre coiffé de ses multiples têtes arriva. Il grogna de bonheur en voyant que sa ration avait été doublée ce mois-ci et que les habitants attentionnés avait déjà mis un de ses repas sous conserve. Mais en voulant manger la petite douceur hurlante sur sa droite, la boîte de conserve se mit à l’attaquer à l’aide d’un cure dent métallique et transperça une de ses têtes. Les six autres restantes s’agitèrent sous le coup de la douleur et se jetèrent sur la conserve en essayant de l’ouvrir. Sans ouvre-boîte la tâche fut ardue. Le dragon réussit à ouvrir le chevalier au prix de quatre de ses têtes. Les dernières restantes commencèrent à se régaler avec les jambes de l’homme. La princesse qui avait assisté au combat, en profita pour s’emparer de l’épée du chevalier et transpercer le cœur du monstre pendant que ses bouches étaient occupées.
La jeune femme réussit à transporter l’estropié jusqu’à la ville et, cachant la vérité sur qui avait tué qui, présenta Georges comme le sauveur de la ville et l’épousa au grand dam de son père car Georges n’avait plus les moyens physiques de produire une descendance, mais ça c’est une autre histoire.
On avait une petite appréhension en arrivant à ce spectacle. Lors de la présentation au public, la veille à midi, les deux comédiennes avaient lu un extrait "en version bilingue". L'une lisait en espagnol et l'autre en français et cela se chevauchait quelque peu.
Mais cette façon d'aborder le texte de Julio Cortazar - inconnu au bataillon de mes lectures avant ce jour - ne représente qu'une toute petite partie de ce spectacle drôle, décoiffant, au cours duquel Claudine Cros et Valérie Lavollé nous gratifient d'un duo de piano-jouet ébouriffant et nous font entrer dans un univers mi-fantastique, mi-cinématographique et mi-circassien de haute volée autour de ce texte appris par coeur. La durée idoine, la pêche idoine, l'humour noir, le décalage, grandiose !
Nous les avons félicitées à la fontaine du village où tout le monde se rassemble ici à Faux et Marina B., encore plus époustouflée que moi-même , m'a fait cadeau le lendemain du gros recueil de nouvelles et contes de Cortazar acheté au stand de la librairie La Licorne. J'y ai déjà puisé deux idées d'atelier d'écriture en sus de cet incipit surprenant : "Ce matin, j'ai vomi un lapin blanc" !
- le documentaire sur le concert de John Lennon à Toronto en 1969. J'avais écouté l'album à l'époque et acheté le dévédé du concert bien plus tard. Le documentaire est plus axé sur la préparation de ce festival nommé Toronto Rock 'n' Roll Revival 1969 et le côté foldingue de la programmation : Bo Diddley, Gene Vincent, Chuck Berry accompagné par un groupe de débutants locaux, Little Richard et Jerry Lee Lewis d'un côté, Alice Cooper, Chicago, les Doors et Lennon de l'autre, avec la prestation déjantée de Yoko poussant des cris enfermée dans un sac et le Plastic Ono band, groupe de circonstance qui répète dans l'avion ! Quelle folie !
- Samedi je suis retourné à l'école suivre un cours de Fotorà la Maison de quartier de Villejean. Les deux autres élèves étaient aussi âgées que moi. Le but de la séance était de fabriquer des images originales et de s'en servir pour fabriquer un livret. Évidemment, Noël approchant, les trois élèves ont décidé de l'utiliser comme cadeau de Noël à destination de parents ou d'ami.e.s.
Là-dessus Madame Mado se fait appeler trois fois de suite au téléphone par... le ou la destinataire de son cadeau ! Extrait du dialogue supposé :
- T'es où là ?
- Je peux pas te dire !
- Tu fais quoi ?
- Je peux pas te dire !
Qu'a donc bien pu s'imaginer la personne "au bout du fil" ?
***
- Fotor est un logiciel de retouche de photos et de création d'images qui s'appuie sur les savoir-faire de... Madame Lia ! Il y a trop de gens qui vous en parlent en bien et en mal de celle-là pour que je joigne, sur ce blog, ma voix de sceptique au concert de bavardages que cet outil provoque. Pourtant, un peu plus tôt dans la semaine, j'étais allé interroger l'IA de Qwant pour lui demander ce qu'elle pouvait me dire de "Joe Krapov et Dieu". Je n'ai pas été déçu du voyage :
Joe Krapov et Dieu
Joe Krapov aborde le thème de Dieu à travers plusieurs de ses œuvres, mêlant humour, réflexion et poésie.
Réflexions et humour
Dans son texte "DIEU EST MORT", Joe Krapov explore les conséquences de l'absence divine, mêlant des références politiques et des réflexions personnelles. Il y exprime une certaine nostalgie et une difficulté à se remettre de la disparition de Dieu, tout en faisant des allusions à des événements politiques comme l'élection de Chirac en 2002 et les figures politiques contemporaines.
Références bibliques et botaniques
Dans "Recommandations divines", Joe Krapov transforme les commandements divins en un inventaire botanique humoristique. Il joue avec les références bibliques et les concepts théologiques, les intégrant dans une liste de plantes et d'éléments naturels. Ce texte a suscité des réactions variées, allant de l'admiration pour son originalité à des questions sur la commensalité des suppositoires mentionnés.
Poésie et allusions
Dans "POURQUOI BON DIEU ?", Joe Krapov compose un poème à partir de titres de chansons de Gilles Dreu, mêlant des références culturelles et des interrogations sur la divinité. Ce poème, créé hors ateliers, montre son habileté à intégrer des éléments divers dans une œuvre cohérente.
Théâtre et anagrammes
Dans "THÉÂTRE DE RUE", Joe Krapov utilise des anagrammes du mot "PortesChaises" pour créer un texte qui parle de théâtre. Bien que ce texte ne traite pas directement de Dieu, il illustre son approche ludique et créative du langage, une caractéristique qui se retrouve dans ses autres œuvres traitant de la divinité.
En résumé, Joe Krapov aborde le thème de Dieu avec une approche à la fois humoristique, poétique et réflexive, intégrant des éléments culturels et politiques pour enrichir ses textes.
La commensalité des suppositoires, si je n'en fais pas un titre de roman, je la replacerai dans la conversation !
***
Je profite de ce dernier sujet pour vous présenter les derniers délires Isauriens de l'IA, chez Fotor puis aussi chez Canva :
"... coiffée de macarons..."... Chapeau, l'Intelligence ! ;-)
Oui, s'il vous plaît, pas trop de Faux-la-Montagne ! Ce que nous en avons vécu était tellement paradisiaque que nous allons finir par trouver des défauts à la ville de Rennes ! ;-)
Ah ! La limonade gourmande du Volubilis ! Comme elle nous manque déjà !
Tekikisée / par la Compagnie du Sphinx à Faux-la-Montagne le 29 juillet 2024
A Faux-la-Montagne le festival "Folie ! Les mots" a lieu dans les jardins des habitant·e·s. Les organisateurs positionnent une camionnette à l’entrée du lieu du spectacle et distribuent des chaises pliantes en toile – l’irremplaçable style « chaise de camping » ! -.
Les plus courageux des festivaliers gardent leur pliant sur l’épaule tout l’après-midi pour aller de jardin en jardin enchaîner les spectacles, lectures ou « conférences ».
Toute règle comportant des exceptions, nous avons assisté à trois spectacles dans la salle des fêtes. Celle-ci était quelque peu surchauffée, étouffante du fait de la forte chaleur de ce week-end de fin juillet. Mais il est temps de parler de Tekikisée !
C’est un solo de clown que le comédien, d’origine russe, présentait au public pour la première fois. Le clown Kiki incarne le héros de la mythologie grecque, Thésée, dont tout le monde a retenu qu’il a vaincu le Minotaure au sein du labyrinthe et qu’il en est sorti grâce à l’aide d’Ariane qui lui avait confié un fil rouge.
Ici le fil est bleu! Thésée appelle son père Egée au téléphone. D’abord il refuse la mission. Puis il le rappelle et accepte.
Le public est alors chargé d’encourager le héros qui a pénétré dans le labyrinthe avec des formules qui correspondent chacune à un geste fait par le héros.
Cela semble terriblement enfantin, saynètedepatronagesque, plein d’ellipses, mais lorsque Thésée revêt une toge rose fuchsia et une coiffe grecque pour engueuler ses marins – ils ont oublié d’embarquer Ariane ! - on arrive véritablement ailleurs, chez une Alice au pays de Merveilles un poil plus punk qu’à l’habitude.
De même lorsqu’on évoque la confusion sur la couleur des voiles au retour on ne s’attend pas à ce que la mort d’Égéé soit suivie de sa crémation publique effectuée… à l’aide d’un grille-pain !
On comprend alors qu’on est chez Tchekhov et Gogol, en plein dans un condensé d’humour russe, dans du grand guignol en rouge (?) et surtout en noir ! Il ne manquerait plus, comme apothéose à ce spectacle décalé, que l’alarme incendie du bâtiment, titillée par la fumée qui monte de la tranche de pain de mie carbonisée, se déclenche pour que cela devienne le moment le plus fou du festival. Au lieu de cela le spectacle se termine en queue de poisson, laissant pas mal de spectateur sur la touche.
Mais en repensant à ce qui le compose, en visualisant sur les photos ci-dessous ces attitudes d’enfant dépassé par les événements, on trouve à cette photogénie douloureuse quelque chose de terriblement actuel. Grâce à Kiki le héros dépassé ne sombre pas tout à fait dans le ridicule, bien qu’il soit très souvent à deux doigts d’y tomber, il devient, carrément, dramatique !
Que faire un dimanche de pluie où votre épouse tient un stand à la fête de clôture du festival Sevenadur de 12 h 30 à 18 heures.
Prendre son parapluie, ses deux appareils photo, y aller sur le coup de 14 h 30. Ça permet d'acheter auprès de Glenn Jégou qui tient là sa boutique temporaire trois CD du groupe Babord amures (chants de marins et interprétations de Graeme Allwright meilleures que l'original !), de marcher pendant deux heures autour des stands et des danseurs, d'entendre de la musique bretonne et d'éclater de rire en voyant comment les "Je suis ton clone, Luke" se rassemblent systématiquement dans les danses en cercle !
Cela fait des années qu'on l'apprécie, Claire Ducreux, et elle ne démérite pas. Elle n'est pas la petite-fille de Charlie Chaplin mais elle pourrait. De son personnage de vagabonde se dégage une poésie intemporelle et tout ce que fait cette danseuse-chorégraphe est attendrissant et beau au possible. Encore merci et bravo, Madame !
Et voilà que maintenant, comme si je n'avais pas mille travaux en cours, je me mets à pondre des problèmes d'échecs ! Celui-ci est issu d'une "partie-délassement" jouée contre Madame Lia au niveau 3 sur Lichess.org. L'ouverture sélectionnée est une partie italienne. Les noirs, menés par bibi, jouent et font mat en deux coups.
Je viens de découvrir ce gambit Rousseau suite à une suggestion algorithmique de M. Youtube. La vidéo est commentée par une voix d'IA.C'est assez insupportable mais la proposition de déstabilisation des blancs dans l'ouverture est assez amusante.
Voici la partie d'où est issu le problème proposé avec, donc, la solution :
lichess AI level 3 played Lamazette in a casual imported game of position setup chess. Lamazette won by checkmate after 18 moves. Click to replay, analyse, and discuss the game!
Ce sont là les paroles d'une chanson qu'interprétait le groupe Machin - constitué en fait des musiciens d'Hubert-Félix Thiéfaine - dans les années 70 du XXe siècle. Elles correspondent bien à mon état d'esprit lorsque je me retrouve à photographier les costumes et attitudes des danseurs et danseuses de Rennes et de ses alentours.
Au troisième spectacle, c'est moi qui tique ! Il va vraiment falloir que je m'y fasse à la mode nouvelle du spectacle "résolument féministe" ! Aux Tombées de la nuit on nous proposait une version minimaliste du "Carmen" de Bizet avec "lecture sociale contemporaine : l'opéra s'ouvre sur un harcèlement de rue et se conclut sur un féminicide". Un autre spectacle revendicatif, "Le Pédé", racontait "au fil d'une déambulation théâtrale dans l'espace public les événements qui ont façonné l'histoire de la culture homosexuelles du 20e siècle".
Ici, avec "Les Oubliées" de la B-Side company (71) les quatre circassiennes "questionnent notre rapport à l'oubli et à la mémoire au travers de portraits de femmes oubliées de l'histoire".
Au-delà du concept un peu bavard il y a quand même une belle photogénie dans ce qu'elles proposent et notamment un intéressant jeu de reproduction des quatre tableaux qui servent de décor à leurs acrobaties aériennes. C'est l'occasion, après coup, de rechercher et de découvrir ces oeuvres peintes par des femmes.
Suzanne Valadon, "La chambre bleue", 1923, musée des Beaux-Arts de Limoges - Wikicommons
Elisabetta Sirani - Timoclea uccide il capitano di Alessandro Magno - 1659
Peu importe si on n'a jamais lu "Autant en emporte le vent" de Margaret Mitchell. Peu importe si on sait ou non que le titre original est "Gone with the wind". Vous n'avez pas vu non plus le film de Victor Fleming ?
Pas grave ! Les cinq actrices de la Compagnie "Tout en vrac" de Grenoble se démultiplient avec une énergie folle pour installer sur la place de la Libération de La Flèche ce récit d'aventures sentimentales pendant la Guerre de sécession aux États-Unis d'Amérique. Vous en prenez plein les yeux, plein les oreilles, ça projette de la mousse, de la fumée, ça crie, ça rit, ça s'invective, ça tonne, la scène se coupe en deux, il y a un parti pris d'antiracisme très bienvenu en cette veille d'élections clivantes, je ne sais pas s'il faut brûler Scarlett ou pas mais l'autodafé final vaut son pesant de cacahuètes grillées.
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.