Le temps passe très vite, à s'occuper de musique, d'écriture et de photographie. Ce serait bien aussi de ressortir dans Rennes pour admirer l'automne, courir ou pédaler. On arrive déjà à la foire Teillouse et aux vacances de Toussaint. Après ce sera l'hiver. Allez, après-demain, je suis en vacances : je me secouerai !
En même temps j'ai très envie de compléter la série des 366 réels, "en un mot comme en cents ! Indécrottable ! ;-)
Servez-vous des éléments suivants en les intégrant dans un texte pour parler de théâtre ou d’histoire ou de tout ce que vous voulez :
Glossaire des noms propres de Cyrano :
Céladon : personnage du roman « L’Astrée » : amant délicat faisant preuve de tendresse fade Diogène : Philosophe grec de l’école cynique Gassendi : mathématicien, philosophe, théologien et astronome Lazare : personnage de l’entourage de jésus Malherbe : poète français Mère Gigogne : personnage de pièces de théâtre forain Mirmydon : peuple mythique de la Grèce antique Orphée : personnage de la mythologie grecque Phoebus : dieu romain du soleil Pulcinella : polichinelle, personnage de la commedia dell arte Saint-Amant : poète français, auteur de poèmes burlesques Scaramouche : personnage de la Commedia dell’arte Scarpe : rivière du Nord, affluente de l’Escaut Scipion l’Africain, général romain connu pour ses campagnes contre Carthage Thalie : muse de la comédie
Glossaire des noms communs de Cyrano :
bélître : homme de rien, coquin blason : terme de héraldique désignant un écu sur lequel on voit les « armes » du possesseur boufette : petit noeud bouffant de ruban camus : qui a un nez plat ciseaux de la Parque : instrument avec lequel Atropos coupait le fil de la vie cuculle : capuchon de moine déjeuner chaque jour d’un crapaud : avaler des couleuvres galoubet : flûte de la famille des flûtes à bec à une main à trois trous ganse : cordonnet ou ruban tressé servant à orner hanap : grand vase à boire en métal avec un pied et un couvercle hémistiche : moitié d’un vers à césure malandrin : voleur ou vagabond dangereux nasica : qui a le nez pointu pétuner : fumer, priser du tabac placet : écrit envoyé à une personne ayant du pouvoir pour lui demander une faveur poupelin : gâteau en forme de sein raisiné de Cette : compote cuite dans du jus de raisin soubreveste : longue veste sans manche des mousquetaires
Distribution
Cyrano de Bergerac, Christian de Neuvilette, le comte de guiche, le duc de Gramont, Ragueneau, le Bret, Carbon de Castel-Jaloux, les cadets de Gascogne, Lignière, vicomte de Valvert, Bellerose, Montfleury, Cuigy
Roxane, Lise, Soeur Claire, la duègne, Soeur Marthe, Madame de Guéméné, Madame de Bois-Dauphin, les précieuses : Félixerie, Urimédonte, Cassandace, Barthénoïde, Mère Marguerite
Hé quoi ! C’est Diogène insultant Alexandre ? La liberté mérite-t-elle un tel esclandre ?
Certains s’en sont allés à la pêche au merlu ? Le joueur de galoubet a été réélu !
D’autres ont regardé nuages blancs aux nues ? Ne vous inquiétez pas, la farce continue !
Si ces comportements vous semblent déplacés Dénoncez-les à votre roi dans un placet !
Tout ça ne rendra pas aux Belges le Congo Ni la voix déchirée du pur produit Arno !
Nous allons déjeuner chaque jour d’un crapaud [1], La Scarpe se joindra comme hier à l’Escaut.
Nous qui ne sommes rien, les coquins, les bélîtres, Regrettons donc plutôt que derrière la vitre De la pâtisserie de maître Ragueneau A disparu son plus affriolant gâteau, Le poupelin, dont la forme est celle.. d’un sein !
Pour autant, taisons-nous. Il n’est pas d’assassin Pire que ce Tempus-Fugit, duc de Saturne !
Dès lors allons traîner nos paisibles cothurnes Vers la Mère Gigogne, à l’ombre de Thalie, Au théâtre de foire, aux farces d’Italie !
Allons voir s’agiter l’aimable Scaramouche Et réentendre « A la fin de l’envoi je touche ! » !
Laissons dormir cinq ans le sosie de Chirac : Il paraît qu’on rejoue « Le Fou de Bergerac » !
Aux sinistres ministres, ambitieux, ridicules, Prêts à vous déclarer : « J’en ai sous la cuculle [2] ! » Préférons le panache et les terribles trognes, L’aplomb et la santé des cadets de Gascogne !
A ces Félixérie [3], à ces Urimédonte [4] , Opposons ce géant, ce fier, ce mastodonte Qui, soûl sous le balcon ou du siège d’Arras, N’a de cesse que de nier la guerre lasse Et, par procuration, parce qu’il se croit pire Qu’il nez - Pardon qu’il n’est ! - D’écrire tout l’amour que sa Roxane inspire !
1 : expression signifiant « avaler des couleuvres » 2 : capuche de sweat à capuche d’ecclésiastique 3 et 4 : Nom de précieuses : Félixérie est Mademoiselle Ferrand, Urimédonte, Mademoiselle Vaugeron
Faire du charivari dans un bar-tabac est le remède à tous les maux du marabout qui vient de passer quarante jours seul dans la savane.
Le rôle du kama-soutra est de se rendre indispensable aux missionnaires de l’Oubangui qui abusent du pili-pili. Car le maître de l’homme, c’est son slip.
Le grand bonobo doit aider le petit ibis perdu qui cherche la route de Biribi.
L’éléphant rêve d’un régime amaigrissant, la girafe rêve d’un restaurant gastronomique.
Si, telle une décalcomanie, on faisait glisser cette image en dehors de la page de la bande dessinée, comprendrait-on de façon aussi évidente que les poissons sont observés à la jumelle ? En ces premiers jours de printemps ou je me sens primesautier, j’ai très envie de faire ensuite l’expérience suivante dans Photoshop : en évidant la surface des lentilles, en remplaçant les trois poissons par la Naissance de Vénus de Botticelli ou le portrait d’Isaure Chassériau par Eugène Amaury-Duval, déduirait-on réellement que je suis assez fou pour me promener dans un musée avec une paire de jumelles ?
Et si, pour Isaure Chassériau, à la place du huit renversé, l’image était un ovale horizontal, penserait-on que je suis entré au Musée des Beaux-arts de Rennes avec un masque de plongée ?
-Sahib gardien ! Sahib gardien ! hurleraient les Hindous un peu cafardeurs de la « Chasse au tigre » de Rubens, il y a un homme-grenouille qui danse la java et met de la flotte partout sur le parquet verni ! ».
On me courserait derrière pour m’éjecter de l’institution. Je ne vous raconte pas le rodéo que ça ferait en ce dimanche après-midi jusque-là paisible. Et pourtant, même si ce n’est pas « Tintin en Amérique » on est bien dans une aventure du petit reporter belge et non dans un album de Lucky Luke.
En un mot comme en cent : 366 réels à prise rapide
8 mars 2016
Féminité (1)
Evidemment, si je dis que j’assume ma féminité en allant chercher mon pot de moutarde pour Marinette avec mon petit panier, j’aurai l’air d’un con ou je passerai pour un provocateur.
C’est vrai : les maîtres-queux des grands restaurants font ça aussi et il n’y a rien de particulièrement féminin là-dedans, bien au contraire.
Mais bon, je ne vais quand même pas me peindre les ongles des doigts de pied avec du vernis coloré pour faire plaisir à mon Raymond, non ?
Si ?
Pour vous faire plaisir à vous, Mesdames ?
Pour les fans d'Eva Denia, sa version, en audio seul, est ici :
Féminité (2)
Par contre, décider de ne pas mettre dans ma guitare Brassenssophile « Mélanie » ou « Misogynie à part », cela colle un peu plus au thème imposé par la consigne d’écriture de Queneau. Même si ça relève plutôt du féminisme que de la féminité.
Après il reste à discuter des mauvais traitements que je fais subir à Isaure Chassériau. En lui inventant une autre vie, une autre famille, en l’emmenant virtuellement au carnaval, comme ci-dessous, n’accordé-je point à quelqu’une qui eut une triste existence une espèce de supplément d’âme et de vie drôle sur cette terre ?
Résumé du chapitre précédent : Florent Fouillemerde a pris en filature dans le métro un individu qui l'a mené devant le 36 de l'avenue de Wagram à Paris. Il y est entré à sa suite. Tandis que le détective privé feignait de monter l'escalier, l'homme a déposé une enveloppe dans la boîte aux lettres de Mlle Aude Rimbaud puis est ressorti. Florent est redescendu.
- Mince alors ! Voilà qui est étrange ! pense Florent Fouillemerde en constatant qu’il n’y a pas de clenche à la porte d’entrée de l’immeuble. Sans doute y a-t-il une gâche sur le côté pour ouvrir la porte ?
Un examen approfondi du mur de chaque côté du portail lui prouve que non. Par contre…
- Merde ! C’est quoi ce bordel ? C’est la première fois que je vois ça ! Un digicode pour sortir !
Allons bon ! Enfermé dans un immeuble parisien, avenue de Wagram, après avoir suivi à la demande d’une dame la piste d’un quidam qui suait le mystère au kilogramme ! Il n’y a pas, il va falloir qu’il aille sonner à une porte pour demander à quelqu’un de le libérer. Evidemment, il n’y a pas de loge de concierge et donc pas non plus de pancarte disant que « la bignole est dans l’escalier ».
Alors il faut monter, mon gars ! Cet immeuble cossu, bien qu’il soit situé dans le 8e arrondissement de Paris, a un aspect surprenant. L’escalier est étroit, la rampe branlante, les marches craquent et le peu de lumière des couloirs vient de fenêtres sur la cour situées dans le coude que le colimaçon effectue entre deux étages. Les couleurs des murs et des portes sont aussi fadasses que possible et on est surpris de ne pas trouver « des WC su’ l’ palier » comme dans la chanson « Germaine » de Renaud Séchan.
Il s’arrête au premier. Pas de nom sur la porte gris bleu, juste une sonnette sur laquelle il appuie. Un son de carillon à deux notes résonne dans l’appartement. Mais, exactement comme dans Venise la rouge pas un panneau ne bouge ! Pas rentré du boulot, le locataire, ou pas revenue des courses, la bergère. A moins que ce ne soit l’inverse. Chez lui aussi c’est Isabelle qui bosse en régulier et lui qui fait les courses entre deux filatures. Les détectives privés ont un horaire plus souple que celui des bibliothécaires à qui on promet comme une gâterie exceptionnelle maintenant de pouvoir-devoir travailler le dimanche.
Bon, ben, c’est pas le tout ça, mais deuxième porte. Bzz bzz bzz ! Les abeilles ! Là il faut laisser le doigt appuyé pour que bourdonne un grésillement fort désagréable. Ca devrait réveiller Madame Michu qui fait sa sieste entre sa télé et ses bengalis en cage. Mais non. On n’entend aucun poste de télévision chez la mère à Titi, la sonnette résonne dans le vide et on est chez monsieur Philippe Verlaine, c’est écrit sur la sonnette, suffit de lever le doigt pour le voir.
Bon, ben, c’est pas le tout ça, mais deuxième étage. Est-ce que c’est bien correct, pour le bien de l’enquête, d’alerter Mlle Aude Rimbaud ? C’est quand même dans la boîte à lettres de cette dame que le gus a déposé un courrier louche. Faire savoir à une des protagonistes d’une embrouille qu’un flic privé surveille ce qui peut bien être un trafic illégal ne serait pas très finaud. Alors il commence par la deuxième porte. Gwenola Sand et Hervé Balzac. Il n’y a donc pas que des célibataires par ici ?
Bon, ben, c’est pas le tout ça, mais troisième étage. Il n’y a pas plus de pékins au deuxième que d’imbéciles, en Chine, à regarder la lune de sang un jour de finale de coupe du monde de foot. En parlant de sang, celui de Florent commence à se glacer dans ses veines. Le meilleur moment de l’amour est dans la montée de l’escalier, mais allez savoir pourquoi, plus il monte et plus ce décor des années cinquante lui fout les jetons. Difficile d’atteindre le septième ciel ici : il n’y a que trois étages.
Noémie Bonaparte. Un bon apparte, au troisième droite sans ascenseur ? Allons donc ! S’il vous plaît, M’ââme Bérézina, ouvrez-moi, j’ai froid dans le dos ! On dirait que ça se corse, mon p’tit gars ! Pourvu que ça ne dure pas ! A force de tirer la sonnette on va te percevoir comme plus lépreux que les murs.
Bon, ben, c’est pas le tout ça mais après le dernier crochet silencieux au troisième gauche – Viviane Hugo -, c’est le gars Florent qui est sonné. Cahot technique dès le premier jour sur cette enquête !
17 heures 30. Y’a personne ? Vraiment personne ? Deuxième tentative de tirage des sonnettes.
18 heures. Ils font tous des heures sup’ ou quoi, ici ? Et est-ce qu’il faut mettre un s à sup ? Non, l’apostrophe suffit. Ah les brav’ con’ qui s’emmerdent à apprendre que le pluriel de « cheval » est « chevaux » ! Et les instit’ qui cherchent des pou’ dans la tête aux mioche’ !
18 heures 30. Pas la peine d’espérer sortir par les toits, le détective est sujet au vertige.
18 h 45. Tout compte fait, cet immeuble, c’est vraiment une ambiance lendemain de rafle du Vel’ d’hiv’. Ah tiens ? On peut mettre des apostrophes et que ça reste au singulier ? C’est singulier ! C’est comme d’avoir donné le prix Nobel à… qui déjà ? Fleur Pellerin ?
19 heures. Pas la peine d’appeler Isabelle, il ne peut lui donner la combinaison du digicode pour qu’elle entre. Et en plus elle est de longue soirée à la bibli.
19 heures 05. D’après les boîtes aux lettres, le locataire du premier s’appelle Arnaud Demusset. Ca lui dit vaguement quelque chose à Florent, tous ces blases, mais quoi ?
19 heures 10. En désespoir de cause, il va examiner le digicode. Rien d’autre que les chiffres et lettres usuels. Il ne va tout de même pas devoir taper sur la porte à coups de poings pour appeler les passants au-dehors ? Ni se farcir toutes les combinaisons possibles ? Eh ben si, il essaie, en commençant par le début. 0000A.
On croit rêver ! La porte s’ouvre ! Il est libre !
Ressaisis-toi ! Cela fait des années qu’on te taxe quelque chose comme 138 euros par an afin que tu te fasses balancer dans la tronche des choses aussi palpitantes que Derrick, les Grosses têtes, des radio-crochets, les Feux de l’amour ou les vérandas royales de Stéphane Bern ! En plus tout cela est entrecoupé de publicités au son beaucoup trop fort qui rapportent déjà gros à ce service télévisuel d’état qui n’intéresse même plus les jeunes générations !
Et toi tu acceptes de te faire bourrer le mou 3 h 30 par jour ! Même le président Macron l’a dit : « C’est une honte ! ». Shame on you, Monsieur tout le monde ! Je ne chanterai pas, moi non plus, que « j’aime tes genoux » !
Ressaisis-toi, Monsieur Tout le monde ! Eteins ce bousin ! Fais la fête avec tes voisins, va te balader, ouvre un bon bouquin ! N’attends pas la publicité pour aller pisser ! Envoie paître dès maintenant ta télécommande !
Si tu ne fais rien de cela je finirai par penser que tu es le mouton endormi !
***
Miguel de Cervantes Saavedra déri déra et tra lala
S’il avait fait du haïku, du limerick, bien plus de cas, Nul dès lors n’aurait su son nom, son abattage, Son immense talent de noircisseur de pages !
Il fut auteur de Don Quijote de la Mancha, Individu rêveur, malingre, squelettique, Qui rêva d’aventures et toujours se fourra Du fait de sa myopie, dans des plans pathétiques !
Sancho son écuyer, plein de bon sens et gras, Peut bien gueuler derrière des paroles de sage ! Le chevalier ne l’entend pas. Toujours il va, Fonçant vers son destin, sa chute, son naufrage !
Miguel de Cervantes Saavedra déri déra et tra lala S’il avait fait du haïku, du limerick, bien plus de cas Aurait pu dire en une phrase ce que disent ses mille pages : « Rien ne sert de cavaler au vent des mirages ».
Le commandant Cousteau était prédestiné à devenir le maître à bord du Calypso. Je parle ici du bateau et non de la musique de Trinité et Tobago et je me justifie en vous racontant le début de son conte de fée :
Son père allait nager le samedi après-midi à la piscine municipale de Saint-André de Cubzac. Ulysse Cousteau - tel était le patronyme du paternel – enchaînait les longueurs à la ligne d’eau numéro 7 quand un beau jour de l’année 1905 une jeune fille un peu fofolle de ces années-là, qui se nommait Pénélope Manaudou, en provenance directe du tremplin de trois mètres, plongea devant son nez et lui coupa la route.
Ulysse but la tasse puis refit surface en gueulant comme un putois :
- Mais ça va pas, non, de plonger sur les gens, espèce de sapajou ?! »
- Oh pardon, s’excusa Pénélope Manaudou qui faisait alors à Bordeaux, quand elle ne nageait pas, des études pour devenir attachée parlementaire. Puis-je vous offrir en dédommagement un rendez-vous galant au Café de la Saint-Médard ? »
Ulysse regarda la sirène à la voix chantante, jugea qu’elle n’avait absolument rien de désagréable et demanda :
- Vous avez un parapluie ? - Oui, répondit-elle. Je l’ai volé ce matin même à une amie. - Alors d’accord !
Au café de la Saint-Médard, ils y restèrent longtemps. Quarante jours plus tard ils y étaient encore !
Les biographes de Jacques-Yves Cousteau, le commandant fondateur du parti des bonnets rouges dont on n’entend plus guère parler dans ce monde du silence empli des bruits de la télé de M. Tout le Monde ont bien raison d’affirmer que pour lui tout commença dans l’eau.
« La vraie vie est ailleurs ». « Il faut être absolument moderne ».
Si « Je est un autre » qui est-ce qui reste dans cette phraséologie rimbaldienne ?
La couleur des voyelles ? Le côté peu sérieux des jeunes gens de dix-sept ans ? Le proverbe de Paul Verlaine qui dit à ces cons égarés sous le vent et la pluie de Bretagne qu’il faut préférer l’imper au parapluie ?
Même pas ! Le vent a emporté nos vieilles semelles de Suzette. « La jambe de Rimbaud de retour à Marseille dérive en immondices à travers les égouts ». Le soldat aux deux trous rouges au côté droit a été enterré. Seule reste la Meuse. Entre Charleville-Mézières et Monthermé, n’ayant jamais des diamants de la même eau dans son lit, la rivière suit sa vallée.
La fin du monde est pour demain ! « La fin du monde est pour demain ! » hurle le savant Philippulus dans mes cauchemars d’après-lecture de "L’Etoile my"stérieuse" de Georges Rémi, dit Hergé, auteur des "aventures de Tintin pour l‘avenir car la fin du monde est pour demain.
N’ai-je pas bien fait de profiter de ces chemins ? Malgré l’agitation sans fin de ces personnages de bande dessinée – Tintin court partout tout le temps, Milou chasse le chat siamois, Haddock fuit la Castafiore et engueule les Dupondt, Alcazar, Abdallah, Lampion et les autres manifestent une vitalité ravageuse – j’ai toujours pris le temps quant à moi de longer les rivières en flânant, de trouer les brouillards et de sentir les fleurs.
Le monde peut finir sans moi s’il le désire. Je suis tout enivré encore de l’arôme fou d’un matin splendide !
Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 20 février 2018
d'après la consigne ci-dessous :
"A l'exemple du livre d'Etienne Klein et Jacques Perry-Salkow, "Anagrammes renversantes", rédigez un texte d'une quinzaine de lignes maximum dont l'incipit et l'excipit sont des anagrammes l'un de l'autre. Les anagrammes du livre sont fournies par l'animateur. On peut en voir quelques-unes ici et lire quelques extraits du livre là.
Elle était là, toute simple, très grande, droite, vêtue de probité candide et de lin blanc mais pas naïve pour autant. C’était une guerrière particulièrement flamboyante.
Elle était là, toute simple, mais pourtant double, avec une lectrice portée sur le bout de sa traîne et sur la petite philosophie du matin, le goût de la famille, l’échange avec des livres-mondes qui la soutenaient dans sa marche.
Surtout aux il y avait la mer à notre porte et tout ce monde à parcourir, ces rencontres de hasard, ces villes à découvrir, ces liens qui se tissent et qu’elle entretenait d’une égale bonté.
Il y avait tant d’amour dans ses fondamentaux, tant d’humanité en filigrane que du moindre inconnu tombait la vigilance : chacun ne songeait plus qu’à l’avoir pour ange gardien.
Moi dans ce tableau-là j’étais, sur la gauche, détail, la cafetière ancienne, le café du matin. Le petit grain de charbon noir toujours apte aux billevesées, la cérémonie quotidienne qui donne force au démarrage ou qu’on trouve à midi propice aux confidences.
Quand elle me portait à ses lèvres je buvais du petit lait. Le fait que je m’étais, au fil du temps, transformé en ce vieux fourneau qui la réchauffait ne changea jamais rien à notre relation. Toujours elle semait des quantités d’étoiles à la suite desquelles je rêvais.
Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean 2021-09
Entre les lignes et en clignant des yeux, je retrouve mes années de vie à Sablé-sur-Sarthe ! J’exerçais alors de manière plus intense qu’aujourd’hui le métier de père de famille.
« Ca n’est pas un métier facile » disions-nous avec mes collègues mais nous avions la chance d’habiter tout près du parc du château. Et dans ces petites villes où il ne se passe pas grand-chose, tout comme dans les autres, du reste, la bibliothèque municipale est d’un intérêt certain pour les enfants comme pour les grands. Sans compter que, grands lecteurs nous-mêmes, on en achetait aussi tant et plus des albums à ces petits loupiots emplis de curiosité.
Entre les lignes et en clignant des yeux, je retrouve Elmer l’éléphant qui était exactement de la même couleur quadrillée et bariolée que ce tableau d’Yves Le Mondriant intitulé, c’est drôle, «La Défense au carré».
Pondu à l'atelier d'écriture de Villejean le 29 septembre 2020
C’est entendu, nous sommes en guerre ! C’est pourquoi nous allons écrire aujourd’hui une chanson de geste(s). Qu’est-ce ?Madame Wikipe-Hérédianous dit :
Écrites en langue d'oïl par les trouvères, en langue d'oc par les troubadours et en langue franco-vénitienne en Italie, elles chantent la valeur martiale des chevaliers (vous !), héros de l'ère de Charles Martel (Emmanuel Macron !) et de Charlemagne (Edouard Philippe), et leurs batailles contre les Maures (le coronavirus).
À ces légendes historiques s'est ajoutée une forte touche de merveilleux : des géants, de la magie et des monstres apparaissent parmi les ennemis avec les Sarrasins (le gendarme Longtarin, le revendeur de gel hydroalcoolique de contrebande, le trafiquant de chloroquine, Super-Pangolin, Bat-Woman, etc.).
En théorie une chanson de geste est composée de vers de dix pieds avec des assonances intérieures mais nous allons laisser tomber cela, sauf si vous y tenez vraiment.
Vous allez lister d’abord trois à cinq gestes que vous effectuez chaque jour depuis que vous êtes confiné chez vous, donc sur le front de la lutte contre le méchant roi Machin XIX.
Puis vous allez raconter ce que vous voulez comme vous voulez mais - En évoquant trois de ces gestes ; - En respectant l’unité de lieu : chez vous ou dans l’environnement d’un kilomètre autour de chez vous, chez Dame Béatrice, dans une grotte, dans votre résidence secondaire à Perros, bref là où vous êtes ou rêvez d’être confiné.e ; - En insérant dans votre texte au moins dix titres de chansons d’Alain Barrière (trop fastoches, les titres !) issus de la liste ci-dessous :
A coup de nuit - A nos amours - A regarder la mer - A trop attendre de la vie - Adieu la belle - Aime-moi - Aimer - Alors adieu - Angela - Antinéa - Attends - Automne - Ave maria - Avion, béton, camion - Bon anniversaire - Bornéo - C'est la vie - C'était aux premiers jours d'avril - Ca fait aimer la vie - Cathy - Ce qu'il reste dans ta vie - Ce que je crains - Ces quelques mots - Chanson trop monotone - Chante la vie avec moi - Comme un vieux morceau de bois - Complainte du roi et de la reine - Cucugnan - Depuis septembre - Dessus ma porte - Dis papa - Ecoute bien c'est un tango - Elle était si jolie - Elle va chanter - Emporte-moi - En plein midi - Enfance - Entre Québec et Montréal - Et j'aime la vie - Et ma route est solitaire - Et puis après - Et si c'était l'amour - Et tu fermes les yeux - Et tu retrouveras ta vie - Galilée la terra - Hiver - Tu seras un homme mon fils - Il faut danser Marie - Il ne faut pas partir déjà - J'ai des p'tites fleurs bleues - J'ai perdu - J'aurais voulu - Je danse - Je ne sais pas trop pourquoi - Je ne sais plus - Je regrette ce temps - Je reviendrai d'Al Cantara - Je t'aime anyway - Je t'attendais - Jeanne et ses rêves - Juste en passant - L'algue - L'amour inca - L'avenir sans toi - L'aveugle du pont du change - L'ombre d'un baiser - La ballade des amours - La chamade - La complainte de l'oiseau - La foire aux coeurs - La maison vide - La mer est là - La petite légende - La plus belle chanson - La ronde autour du monde - La route - La terre tournera sans nous - Lamento - Le bel amour - Le chemin de croix - Le début et la fin - Le jour qui lève - Le père Noël et moi - Le temps d'une valse - Le temps qui passe - Le voyage - Les amants de l'espace - Les baleines - Les feuilles mortes - Les gens qui vont - Les guinguettes - Les matins bleus - Les petits soldats - Les sabots - Lettre au président - Lisbonne - Lolita - Lorsque j'ai pris ses lèvres - Ma joie est tombée dans l'herbe - Ma vie - Mais je vous dis - Mandoline - Marie Joconde - Marie-couche-toi-là - Me pardonner - Me recroqueviller - Mon amour qui viendra - Mon cerisier - Mon coeur - Mon île de Saba - Mon improbable amour - Mon pauvre amour - Mon pays - Mon vieux Joe - Notre monde un jour - Notre rue de Paris - Nous partirons ensemble - Oh redevenir un enfant - On m'a battu - Partir - Pauvre François - Petite fée - Plus je t'entends - Pour la dernière fois - Princesse lointaine - Qu'elle disait - Qu'importe - Qu'on s'aimait - Quand le vieil arbre sera mort - Que c'est long - Que se passe-t-il dans ma tête ? - Rêve et réalité - Rien qu'un homme - S'il fallait que sur terre - Si c'est la fête - Si je rêve de toi, Maria - Si ton cœur balance - Si tu ne me revenais pas - Si tu te rappelles ma vie - Si tu te souviens - Soleil d'oiseau - Sur ma route - Sur notre histoire - Sur qu'il m'aurait dit - Sur ton visage - Toi tu me lâches - Tout peut recommencer - Tout s'en va déjà - Tu me reviendras - Tu t'en vas - Tu vois - Un été - Un homme s'est pendu - Un peu de sang breton - Un poète - Un printemps - Une autre vie - Une chanson - Une fille pleurait - Une petite plage - Vous allez faire comment ? -
Aux différents protagonistes rassemblés autour de cette table, j’ai posé les questions suivantes :
- Suis-je un personnage de fiction ou un être réel ? - Un personnage de fiction.
- Est-ce que je marche sur deux pattes ? - Oui.
- Suis-je un homme ou une femme ? - Un homme.
- Suis-je un personnage de roman ? - Non.
- Un personnage de bande dessinée ? - Oui.
- Mes aventures se déroulent-elles en France ? - Non.
- Exercé-je mes talents aux Etats-Unis ? - Oui.
- Ai-je de grandes oreilles et une petite queue ? - Non.
- Suis-je un personnage de bande dessinée comique ou réaliste ? - Comique.
- Est-ce que je tire plus vite que mon ombre ? - Non.
Comment ai-je fait pour ne pas me reconnaître dans ce portrait ? C’est quand même moi qui, toutes les semaines, achète à Dame Martine, sur le marché des lices, une livre d’épinards !
C’est quand même moi, quelque part, qui suis le roi de la mise en boîte dans cet atelier d'écriture où, pour une fois, je suis plus maso que sado !
Qui d’autre que moi, dopé aux légumes verts, peut inventer ces consignes de fier-à-bras qui ont pour effet de transformer la salle Mandoline en réunion de célébrités positionnées dans un voisinage tel que Marilyn Monroe jouxte Jolly Jumper qui est assis à côté de la Joconde et on trouve ensuite, en allant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, Rantanplan, la Castafiore, Jean-Claude Van Damme, le Petit Poucet, Mary Poppins, Arthur Rimbaud, Louis de Funès et Agatha Christie.
J’ai juste oublié de demander à ces protagonistes du jeu du post-it où je me situais sur l’échelle du temps !
Sûr que je suis une vieille gloire désormais, tout juste bonne à se trouver, place Hoche où se tient à Rennes le marché des libraires, dans un vieux numéro de Charlie Mensuel ou dans un fascicule de «bédé des gars de la rue» comme on disait jadis.
Mais c’est de ma faute aussi. Je n’ai pas posé de question sur mon environnement familial, Olive, Mimosa, Wimpy…
Je tâcherai de faire mieux la prochaine fois qu’on jouera à cette variante à douze joueurs du jeu du post-it. Sauf que ce sera difficile : il n’y a, paraît-il, pas plus de fer dans les épinards que dans les noix de cajou, amandes, noisettes et surtout dans le ti-punch martiniquais (et toujours pas revenu) que nous avons bu avant de monter et qui m’a bien troublé l’esprit !
Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 janvier 2019
De temps en temps, Marina Bourgeoizovna juge qu'il est bon d'aérer le neurone de son Joe Krapov et elle l'emmène voir le monde culturel au-dehors. Le plus souvent, l'homme casanier mais vagabond quand même, a droit à des soirées contes, à des concerts de chant choral mais aussi quelquefois à des concerts de musique classique, du cinéma ou du théâtre. Nous avons eu une très courte période TNB, des abonnements Arvor et Ciné-TNB, des concerts à l'OSB et, mais là, c'est moi le moteur, testé nombre de pièces de théâtre amateur à l'ADEC.
En ce moment, l'établissement culturel qui a la cote auprès de Madame est le théâtre de l'Aire libre à Saint-Jacques-de-La-Lande. Je m'y amuse beaucoup, en touriste, de l'observation de la faune locale, typiquement Téléramurienne et, si ça se dit encore, boboïde. Je n'en dis pas plus à son sujet, je ne voudrais pas devenir l'ennemi de mon propre miroir ! ;-)
Le cinq octobre dernier nous sommes donc allés y voir Blablabla. Je n'ai rien lu sur le spectacle avant d'entrer dans la salle et j'ai bien eu raison. Car ce fut une belle surprise. Blablabla est un collage de paroles réellement prononcées ici et là, collées et enchaînées les unes aux autres pendant 45 minutes et interprétées, chantées, jouées, dansées par Armelle Dousset. Une très belle prouesse, un spectacle original s'appuyant sur le réalisme jusqu'à la surréalité ! Euh non, s'appuyant sur la réalité jusqu'au surréalisme !
L'oeuvre est signée Joris Lacoste et Emmanuelle Lafon. Le plus intéressant est qu'elle s'appuie sur un site web relativement fou. Si vous avez du temps à perdre pour naviguer sur un bateau ivre ou si vous souhaitez récupérer des enregistrements sonores x ou y, je vous recommande ce labyrinthe sans minotaure. C'est ici.
Dommage qu'on ne puisse faire de liens directs vers les enregistrements.
Jusqu'à présent j'ai surtout flashé sur "Cadences". Cliquez dessus puis sur "Index" et, si ça vous dit écoutez ceux que je préfère :
Le lac Le mot grelot me rend fou Tout simplement monsieur pour vous dire Si! No! Célèbre avenue Et comment ils sont cons
A Charleville-Mézières, à l’entrée du musée Rimbaud, sur le quai de la Meuse, sont posées dix-huit chaises métalliques. Il s'agit d'une oeuvre d'art intitulée "Alchimie des ailleurs". Sur le siège de ces chaises des vers du poète ont été inscrits... et complétés d'une phrase par des poètes contemporains. A vous de les remplacer ce jour pour écrire derrière Rimbaud. Soit vous écrivez une seule phrase, commençant ou pas par le premier mot de ces poètes, soit vous écrivez un ou plusieurs poèmes, en vers ou en prose, dont la phrase de Rimbaud sera l’incipit.
La vie est la farce à mener par tous. Alors…
Le monde a soif d’amour. Tu viendras l’apaiser. Tes yeux…
Le chant des cieux, la marche des peuples ! Esclaves ne maudissons pas la vie ! J’établis…
Mais que salubre est le vent ! Au…
Je me crois en enfer, donc j’y suis. J’ai…
C’est un trou de verdure où chante une rivière. Ceux…
Les inventions d’inconnu réclament des formes nouvelles. Une …
J’écrivais des silences, des nuits. Je notais l’inexprimable, je fixais des vertiges. Je ne sais…
Oh la la ! Que d’amours splendides j’ai rêvées. Mon…
Et j’ai vu quelquefois ce que l’homme a cru voir. Ne…
C’est faux de dire : je pense. On devrait dire : on me pense. Personne…
Il faut être absolument moderne. L’homme...
Ô justes, nous chierons dans vos ventres de grès. Oui…
J’ai avalé une fameuse gorgée de poison. Je suis…
Elle est retrouvée. Quoi ? L’éternité : c’est la mer allée avec le soleil. Patiemment…
Je m’entête affreusement à adorer la liberté libre. La parole…
Ô saisons ! Ô châteaux ! Quelle âme est sans défaut ? Bien…
Oisive jeunesse à tout asservie ! Par délicatesse j’ai perdu ma vie. Jeunesse...
Monsieur Arthur Rimbaud B.P. 01 au vieux cimetière 08000 Charleville-Mézières
Mon cher Arthur
« - Fripouille ! Andouille ! Arsouille ! - Ah non, non, non ! Pas les rimes en ouille ! »
Juliette Noureddine (Mémère dans les orties)
Revoilà, vas-tu te dire, l’autre casse-couilles aves ses bafouilles !
En vérité, tu ne vas rien te dire. Tous les échanges à la surface de la Terre, qu’ils soient de papouilles ou de carabistouilles, te passent désormais par-dessus alors que, de ton vivant, c’est toi qui survolais tout, ne t’attardais nulle part sauf pendant cette année terrible, 1872-1873 où tu collas aux basques de Verlaine, à moins que ce ne fût l’inverse ! Ou l’inverti. Ou l’inversitude.
Je viens de terminer cette semaine la lecture de «Reviens, reviens, cher ami : Rimbaud-Verlaine, l’affaire de Bruxelles» de Bernard Bousmanne et j’en sors quelque peu abasourdi : que d’embrouilles dans votre vadrouille !
Cette société du XIXe siècle que tu enjolivas de tes mots de sauvagerie ne me semble composée que de fripouilles plus ou moins notables ou notoires. «Des noms ! Des noms !» me réclame la foule excitée qui n’a plus le temps de lire les pavés à la plage ou sous la plage ! Je n’en livrerai pas ou alors j’en citerai peu.
Je n’épouserai aucune cause, pas même la tienne, gueule d’ange échappée de la maison de redressement ! On constate dans ta relation avec le Pauvre Lélian – c’est l’anagramme de Paul Verlaine – une certaine radicalité. Et lui dont on nous fait poser sur un piédestal en airain sa poésie si musicale est peut-être bien le plus sale type de la bande. J’espère ne pas commettre d’impair en écrivant cela, même si c’est, paraît-il, préférable, l’impair, en temps de pluie, quand Gribouille se débarbouille dans la Meuse.
Je ne ferai pas son procès. D’autres s’en sont chargés après qu’il t’eût lardé d’un coup de pistolet. Parmi eux il y avait le juge Théodore t’Serstevens, être sévère qui incarcère les gens qui jouent du revolver et fait examiner pénis et fondement des mauvais garnements. Ce n’est pas une fripouille, c’est juste l’instrument de la loi. C’est un homme avec ses petits défauts : entre deux jugements, même avant le dîner, il se gave de petits gâteaux rue de la Régence. Le docteur qui procède à l’examen s’appelle Semal et je n’en dirai pas de bien mais je suis mauvais juge car je suis iatrophobe !
Verlaine, quand même ! Un homme marié de frais qui se soûle toutes les nuits avec du mauvais vin, qui bat sa jeune épouse, abandonne son jeune fils pour partir sur les routes et en capilotade avec un jeune fou débarqué des Ardennes, Boudu sauvé des eaux de la ferme de Roche, Rimbaud, pas mieux que lui, qui rythme la lecture des poèmes des autres d’irrespecteux «Merde ! C’est de la merde !». Qui le lacère à coups de canif ! C’est réellement un club sado-maso, l’atelier d’écriture, chez vous ?
Ah les vilains bonshommes ! Ne peut-on transformer le cercle zutique en cercle mutique ? Ah les vilains poètes cymbalistes ! Soiffards ! Alcooliques ! Parasites pas rasés !
Que faites-vous dans l’univers des de Fleurville ? Certes la particule est usurpée, la demoiselle est un peu godiche mais son blaze en jette un max, non ? Mathilde Mauté de Fleurville ! Doigt en l’air et tasse de thé, tout juste sortie du pensionnat, méritait-elle vraiment que vous lui écrivissiez cette chanson infâme, «Maudite Mathilde, puisque te v’là !» ?
Quels crétins vous fûtes, aussi, d’avoir laissé traîner en les tiroirs de sa maison ton manuscrit de «La Chasse spiriruelle»et ces lettres que tu adressas à Verlaine, celles que vous appeliez la «correspondance martyrique», notamment celle où tu lui dis «Ne me quitte pas ! Il faut oublier ! Tout peut s'oublier qui s'enfuit déjà, oublier le temps des malentendus et le temps perdu à savoir comment oublier ces heures qui tuaient parfois à coups de pourquoi le cœur du bonheur. Ne me quitte pas ! Ne me quitte pas ! Ne me quitte pas ! Ne me quitte pas !».
Il est très intéressant ce bouquin et me laisse avec plein de questions. Peut-on ranger parmi les fripouilles le préfet de police de Paris qui accable Verlaine auprès de la justice belge en mentionnant ses liens avec les Communards et le fait qu’il ait continué à trravailler à l’hôtel de ville pendant la Commune de Paris ? Ils ont fait quoi, les préfets de police entre 1940 et 1944. Ils n'ont pas continué à bosser ? Ils ont quoi ? Collaboré à la bonne marche du monde ? Tant pis si la marche est bancale et si les gens trébuchent. C’est juste la définition du voyou qui fluctue. Un type qui signe des contrats de vente d’armes avec la Turquie et voyage avec Donald T. dans son avion n’est plus un voyou de nos jours. C’est juste une aimable fripouille. Un patriote économique. C'est sympa, "fripouille", au finale. De la petite bière !
Et l’indicateur Lombard ? Son résumé des faits concernant l’affaire «Robert» Verlaine mériterait d’être reproduit ici in extenso. Je me limite à ceci : «Le ménage [Paul et Mathilde] allait assez bien, en dépit des toquades insensées de Verlaine dont le cerveau est depuis longtemps détraqué, lorsque le malheur amena à Paris un gamin, Raimbaud, originaire de Charleville, qui vint tout seul présenter ses œuvres aux Parnassiens. Comme moral et comme talent, ce Raimbaud, âgé de 15 ou 16 ans, était et est une monstruosité. Il a la mécanique des vers comme personne, seulement ses œuvres sont absolument inintelligibles et repoussants. Verlaine devint amoureux de Rimbaud qui partagea sa flamme et ils allèrent goûter en Belgique la paix du cœur et ce qui s’ensuit. […] Verlaine eut avec son amie [sic] Raimbaud une dispute à propos d’argent et après toutes les injures imaginables tira un coup de pistolet sur Raimbaud qui cria à l’assassin.».
Et M. Googlebooks ? A-t-il le droit de reproduire partiellement le livre «Arthur Rimbaud et le foutoir zutique» de Bernard Teyssèdre ? N’est-ce pas surtout un crime effroyable de le faire de manière partielle et de couper le récit juste au moment où tu entres, Arthur, dans la maison des Mauté ?
Et Leonardo Di Caprio ? Etait-il bien raisonnable qu’il incarnât ton rôle dans un film «Hollywoodien» à souhait qui a l’air d'être un maximum crispant si j’en juge d’après le «trailer» ? Car on ne dit plus «bande-annonce» maintenant, c’est trop ringard d’utiliser la langue française. On dit «biopic» pour «biographie à l’écran», «talk show» pour «émission de parlote» et «think tank» pour "cercle de pensée" mais "chez ces gens-là, on ne pense pas, Monsieur" ou alors en 140 caractères sur Twitter. Autant se taire. Shut up ! Ce film craint tellement que j’ai déjà oublié son titre ! Ah oui, «Rimbaud-Verlaine : Total eclipse» ! Fondu au noir !
Et j’oublie le Paterne Berrichon, le Paul Claudel, l’Alfred Valette, tous ces gens propres sur eux qui ont rêvé de faire disparaitre «Une Saison en enfer» et de te présenter en chantre plus très mou de la catholicitude. Et ceux qui, en Belgique, ont bloqué l’accès aux pièces du procès de Verlaine jusqu’en 1985 !
Et Hubert-Félix Thiéfaine ? C’est quoi son «Horreur Harar Arthur» qui me traîne dans la tête depuis que je l’ai découvert ?
Et Thierry Beinstingel avec son roman « Vie prolongée d’Arthur Rimbaud » dont je n’arrive pas à décrocher tant il est bien écrit et me tient en haleine mais dont je sens qu'il va finir en eau de rose ou en eau de boudin ?
C‘est vrai ! Pourquoi je m’intéresse à tout ça, moi ? J’ai dû choper la fièvre à Charlestown cet été !
C’est que vois-tu, mon cher Arthur, je suis une fripouille normale, moi ! Je ne suis pas un héros, un voyant, un voyou, juste peut-être un voyeur, un voyageur ou un dévoyé : j’ai la saison 5 de «Girls» à regarder et mon Défi du samedi à écrire ! Ah non, ça y est, ça c’est fait !
Salut à toi cher vieux fripon fripé ! A un de ces samedis pour une autre bafouille sur ta tambouille poético-existentielle et les nombreuses magouilles autour de ta dépouille !
Les deux clochers de l'église de Gatteville-le-Phare
Le phare de Gatteville qui a eu ses minutes de célébrité en tournant dans le film "Diva" de Jean-Jacques Beneix. Je ne sais plus où j'ai mis mon dévédé mais j'ai réussi quand même à revoir ce film : un bon polar avec une superbe musique. Tiens, partageons-la !
Le moulin de Crabec. Lui aussi a tourné mais pas pour le grand écran !
A une époque très lointaine, je faisais du labo photo noir et blanc avec un gars nommé Guy Lecorne dont je vous ai parlé il y a quelque temps. Nous étions jeunes et fringants et nous découvrions les joies de la création poétique surréaliste. C'est à lui que l'on doit "As-tu vu les dévots lovés sur des vélos ?" et des formules, sans doute piquées à d'autres, comme "Que faisiez-vous dans la nuit du 22 au 26 ?" "Ah ah, dit-il, car il connaissait les deux langues" ou "Let's go sac à bol sixta mania Kss". Etrange, non ?
On avait entrepris, dans ce labo photo, de faire subir quelques outrages "Man Rayiens" à une reproduction de la Joconde. C'est lui aussi qui avait trouvé le titre du truc "Et Mona s'enlisa". Ce recueil photographique n'a finalement jamais été réalisé... pour la bonne raison que les photos ont été perdues, prêtées par un troisième larron à un type disparu dans les limbes ! Si vous possédez une boîte orange avec des collages bizarroïdes sur des photos en noir et blanc de la Joconde, faites-vous connaître, je vous rembourserai les frais d'envoi !
P.S. Aujourd'hui à 20 h 06, j'ai donc aussi lancé une bouteille à la mer ! ;-)
- C’est à quel sujet ? demanda la chandelle en ouvrant la porte.
- Je viens te brûler par les deux bouts ! Je veux que tu te consumes d’amour pour moi ! » répondit le briquet.
- Passe ton chemin, le briquet ! Ce dont j’ai envie c’est d’une flamme au développement durable, pas d’un petit riquiqui qui fait des étincelles. Et moi j’aime aussi qu’on mette des formes aux déclarations enflammées : je ne suis pas de celles qu’on allume à l’improviste en venant frapper à leur porte ! Et enfin, pour tout t’avouer, mon cœur est déjà pris. Je me suis mise en ménage avec la bougie. Nos nuits sont plus belles que tes jours ! Tu peux aller te faire battre chez la voisine, si tu veux !
- C’est à quel sujet ? demanda le briquet en ouvrant sa porte
- Je viens pour te battre, le briquet !
- OK, entre, chère voisine. Tu as de la chance que je sois dans une période sado-masochiste mais je te préviens, c’est la dernière fois. Si tu me fouettes trop fort, j’irai déposer une plainte au commissariat pour coups et blessures.
- C’est à quel sujet ? demanda Poudre d’escampette en ouvrant sa porte.
- Je viens te prendre sauvagement ! Je veux fuir cette situation de femme au foyer stupide, obligée d’attendre indéfiniment le retour de son menteur de mari !
- Ah écoute, tu es bien gentille, Pénélope, mais là tu nous déranges un peu. On était en train de prendre le thé pour fumer des pétards mouillés avec Poudre de riz, Poudre de Merlin Pimpin et Poudre à canon. Mais bon, entre quand même. J’ai reçu un nouveau rouet pour tisser des costumes en tweed. Ca pourra te dépanner !
- Pourquoi ? Comment ?
- A défaut de prendre la poudre d’escampette, tu pourras filer à l’Anglaise !
- C’est à quel sujet ? demanda l’escarpolette en ouvrant sa porte à Fragonard.
- Je viens te pousser, répondit Fragonard. J’ai besoin de peindre des dentelles.
- Hé ! Ho ! Faut pas pousser, Frago ! Je n’ai pas envie de m’envoyer en l’air aujourd’hui. Va chez la voisine, je crois qu’elle y est car dans sa cuisine on bat le briquet.
- Ah ben non, alors ! Elle est vieille, elle est moche, elle ne porte que des jeans troués et son jardin est envahi de mauvaises herbes qui piquent.
- Hé ben quoi ? Ta religion t’interdit de pousser Mémère dans les orties ?
Très pris par mes activités du moment (co-écriture, mise en scène, confection de costumes et accessoires pour un sketch en public, répétitions pour un concert de chants de marins, tout cela pour la date butoir du 1er mars), je ne légende pas ces seize photographies. Le titre des billets est explicite. J'ai sélectionné les photos sur lesquelles les participants à la cavalcade ont vu le regard du photographe se poser sur eux.
Aidez l'inculte que je suis ! De quelle série, de quel film ou dessin animé sortent ces personnages ?
Vidéos et découvertes
Après cette autre journée de "fièvre spectaculaire" dont je suis revenu assez fier hier soir, ça fait du bien de se retrouver au calme chez soi avec la lumière du soleil dehors et une musique gaie dans les hauts parleurs. Elle a été jouée par un type dont je connais le nom depuis longtemps mais dont j'ignorais tout : Les Paul, l'inventeur de la guitare Gibson qui porte son nom, premier utilisateur intensif des enregistrements multipistes et guitariste assez somptueux pour ne pas dire complètement virtuose. J'écoute ce disque-ci et j'apprécie au-delà de tout le velouté de la voix de sa compagne, Mary Ford. Je fonds !
On les voit ensemble ici dans un enregistrement scotchant ! Ne ratez pas le deuxième morceau, drolatique à souhait, à 3'05, avec ses jeux d'harmoniques, de mimiques et son casser de corde magique ! Au total 9 minutes quinze de bonheur !
- Cette accumulation d'images chaleureuses n'encombre plus que des mémoires de disques durs externes. Mais est-ce bien raisonnable d'enfermer la beauté dans des petites boîtes noires ? Y a-t-il un pilote dans l'avion de nos comportements modernes ? Y en avait-il un dans le biplan de nos parents ?
- Je t'en pose, moi, des questions, Joe Krapov ? Non ? Alors ! Vide ton grenier et je répondrai après !
Comme tout le monde, j'ai reçu des voeux pour la nouvelle année. Les plus jolis sont ceux de notre amie Maryvonne E. qui a photographié ces arbres-ci pendant que nous étions partis nous soûler (de rochers roses) à Lannion. De quoi regretter encore une fois de n'avoir pas le don d'ubi-cuité !
On peut voir d'autres très belles photos rennaises de ce phénomène chez Koalisa.
Ah ben tiens ! Revoilà le créateur de quatre-quarts photographiques ! Comme si les effets créatifs intégrés de ses appareils ne lui suffisaient pas !
Plus sérieusement ce château de style Renaissance fait un peu figure d'exception en Périgord. Beau travail de retape d'un bâtiment quelque peu ruiné et pillé au fil des siècles.
Traversée de la Loire en Navibus (le vaporetto local) pour se rendre à Trentemoult (le Burano local) ;-)
Comme chanterait Nino Ferrer, "on dirait le Sud" !
J'en profite pour garder trace de ce commentaire laissé par moi sur un Défi du samedi : "Quand on commence par perdre le Nord on finit par se retrouver complètement à l'Ouest". Cela résume pour l'instant mon itinéraire géographique personnel !
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.