Nous voici revenus sains et saufs du Festival des Affranchis à La Flèche. Il n’y a pas eu d’accident. Juste une tentative de meurtre. Certains bas du front ont en effet décidé d’assassiner ce festival de théâtre de rue en retirant plus de 50 000 euros de subventions à l’association organisatrice des événements culturels de cette petite ville de la Sarthe.
C’était la 33e édition – un bel âge pour mourir de canicule ! - et elle a été écrasée de soleil. Même si gratuites, les places à l’ombre étaient encore plus chères que le Loir qui traverse la ville. Oui, ici même le Loir est cher aux yeux des nouveaux édiles !
Côté spectacles nous avons vu une excellente version du « Cendrillon » de Joël Pommerat, un duo de clowns grimés en shérifs américains assez désopilant, de la danse, des marionnettes géantes, des acrobates, du théâtre d’objets...
Mais la joie a déserté les rues où, de nouveau, circulaient les voitures et il y a eu des choses encore plus attristantes. Même en votre absence nous avons pris soin de réserver une table dans notre restaurant préféré, celui où, une fois par an nous devisons d’ophtalmologie, de botanique et de jeu d’échecs avec vous-même et la belle Gabrielle, votre compagne, votre – j’ai trouvé ça juste cette semaine - « dame du lac » ! ;-)
Las, le dimanche midi nous avons trouvé porte close et un message sur le téléphone annonçant que le restaurant était fermé. Le sympathique patron de cette échoppe était peut-être aussi souffrant que le festival ou déprimé par le vote récent des Fléchois ? Zut alors ! Si le retour aux bonnes vieilles traditions franchouillardesçaises fait qu’on ne peut plus se nourrir de couscous à La Flèche, où va-t-on ?
J’abrège en vue de lister les aspects les plus scandaleux de ce séjour. Le spectacle de l’acrobate Marta Matovelle s’intitulait « Broken ». Si on a cassé notre jouet, son trapèze a elle lui a joué des tours et elle s’est retrouvée… sur la corde raide. C’était très beau mais hélas aussi très symbolique.
Quatre gamins ont circulé à vélo dans les rues de la ville effectuant force freinages et dérapages et poussant des cris de bestiaux au lieu d’aller se poser devant les spectacles pour s’ouvrir un peu l’esprit à autre chose que le trio bistrot-burger-ballon rond.
Christelle Morançais, coupeuse de bourses en chef au Conseil régional des pays de Loire n’a quant à elleelle pas craint de venir, telle Jeanne d’Arc montrant l’oriflamme mais vêtue façon star, donner des exemples de gestion et ouvrir de beaux horizons aux mangeurs de rillettes de l’endroit.
Pendant la conférence de la famille Goldini, on a entendu le comédien se moquer ouvertement de la vénération de François Fillon pour Milton Friedman, de son mépris des fonctionnaires qui ne l’a cependant pas empêcher de faire engager sur un poste d’assistante parlementaire son épouse Pénélope qui n’y a, paraît-il, fait que tapisserie.
La compagnie Tétrofort s’est ouvertement gaussée des spectacles du Puy-du-Fou.
Le trio de musiciens Gadjé mundi a enflammé le parc des Carmes avec "Trans Balkan express", rien que de la musique de voleurs de poules, allant jusqu’à faire l’éloge de la kalachnikov !
Enfin, agélaste butte note liste, le mercredi suivant, Marine Le Pen en personne est venue réécrire les décisions prises par la justice à son égard sur la place du Marché au blé !
Une chose est sûre : devant ce défilé de délinquantes et délinquants de tous poils, moi, si j’étais Fléchois, je n’hésiterais pas ! A la prochaine présidentielle, je voterais pour l’extrême-droite !
- Que signifie "Stragn weiterch regonant dragownshinthn ytekt 1806-1995" ?
- Cette phrase semble être un mélange de mots fortement déformés, de termes inventés ou d'une erreur de transcription (comme un scan de texte mal converti par un logiciel de reconnaissance optique, ou OCR). En l'état, elle n'appartient à aucune langue connue, mais on peut essayer de décoder ce qu'elle essaie de dire.
Voici une analyse de ce que cela cache probablement :
1. L'origine probable : L'Allemagne ou l'Autriche (1806)
La date 1806 est une année charnière de l'histoire européenne. C'est l'année de la dissolution du Saint-Empire romain germanique par Napoléon et de la création de la Confédération du Rhin (notamment en juillet 1806).
"Stragn weiterch" ressemble à une déformation de mots allemands comme Strasse (rue), Strang (branche/cordon), ou weiter (continuer/plus loin).
2. Le jargon militaire ou de cavalerie ?
"dragownshinthn" fait penser de manière très frappante au mot Dragoon (Dragon, un type de soldat de cavalerie) ou Dragonerregiment (Régiment de dragons).
"regonant" pourrait être une déformation de Regiment (Régiment) ou Regent (Régent).
3. La période : 1806 - 1995
Cette période (189 ans) correspond souvent à la durée de vie historique d'une institution, d'une caserne, d'une lignée familiale, ou plus probablement d'un régiment militaire (créé sous Napoléon ou lors des réformes de 1806, et dissous ou réformé en 1995 après la fin de la guerre froide et la restructuration des armées européennes).
En résumé : L'hypothèse la plus probable
Il est fort probable que le texte d'origine soit en allemand et ressemble à quelque chose comme :
"Stamm- / Dragoner-Regiment [...] 1806–1995"
Cela désignerait l'histoire ou l'écusson d'un régiment de cavalerie (Dragons) ayant existé de 1806 jusqu'à sa dissolution en 1995.
D'où vient cette phrase ? S'agit-il d'une inscription gravée, d'un texte brodé sur un vieil objet ou d'un texte copié sur un site internet ? Si vous avez le contexte ou une photo, cela permettrait de retrouver les vrais mots !
- Est-ce plus clair avec la photo ?
- C'est infiniment plus clair... et le mystère s'éclaircit d'une manière très amusante !
Cette image est en réalité une image générée par une intelligence artificielle (probablement Midjourney ou Flux). C'est pour cela que "Gemini était nul" lors de votre premier essai : il tentait d'analyser sérieusement des mots qui n'existent tout simplement pas !
Voici le décryptage complet de ce que vous regardez :
1. Pourquoi le texte ne veut rien dire :
Les générateurs d'images par IA sont connus pour avoir d'énormes difficultés à écrire du texte cohérent (un défaut de plus en plus corrigé, mais flagrant ici). L'IA a essayé d'imiter des inscriptions en lettres capitales sur un monument officiel ou historique, en mélangeant phonétiquement des sonorités allemandes, anglaises et latines.
Stragn weiterch regonant dragownshinthn est du pur "charabia d'IA".
Les dates 1806 - 1995 ont été inventées par l'algorithme pour donner un faux air de commémoration historique à la statue.
2. Ce que l'IA a essayé de représenter :
Le prompt (la consigne) donné à l'IA pour générer cette image contenait très probablement des mots-clés liés au "Fasnacht" (le carnaval traditionnel en Suisse alémanique, en Allemagne du Sud et en Alsace) — comme l'indique d'ailleurs subtilement le nom de votre fichier (Fasnacht 02...).
Pendant le Fasnacht (notamment à Bâle ou à Lucerne), on croise énormément de créatures folkloriques, de monstres colorés, de masques grotesques et de caricatures tirant la langue.
L'IA a combiné plusieurs éléments :
Un dragon de carnaval : Vert, loufoque, tirant une immense langue rose (très typique des masques de carnaval ou des monstres suisses/rhénans).
Un blason héraldique : Sur son maillot jaune à étoiles, il porte un blason représentant un serpent noir (qui ressemble fortement au Biscione, le serpent des Visconti à Milan, ou à une vouivre locale).
Le décor : Placé à l'entrée d'un pont en pierre dans une ville d'Europe centrale, imitant le style des statues de ponts historiques.
En résumé, ce n'est pas un vrai monument et ce texte n'a aucune signification linguistique : c'est une pure œuvre d'art numérique absurde, typique des hallucinations textuelles des IA !
- Merci beaucoup pour la rigolade, Monsieur Gemini !
Cela fait deux fois que cela nous arrive ! A la veille de partir aux Affranchis on se paye - c'était gratuit, de fait - un spectacle des Tombées de la nuit dont on sort ébahis, enchantés, avec la sensation d'avoir vécu un moment magique. Ce fut le cas cette année avec ce récital lyrique avec morceaux de choix et choix de morceaux puisque nous avions un menu et la possibilité de choisir entre viande et poisson - tant pis pour les végétariens ! -.
Assis pratiquement au premier rang, j'en ai pris plein les oreilles et ai mitraillé aux premières loges. Un régal, ce récital mitonné aux petits oignons ! Les deux interprétations de morceaux de Jacques Brel ont été succulentes !
"Sous-titré « Les médias, vous et moi », le volume 2 de Playback FM poursuit le travail de Valentin Dilas sur la parole médiatique, en interrogeant cette fois un large public francophone sur ses souvenirs marquants de radio, télévision, presse, film, jeux vidéo… Quels moments médiatiques ont marqué nos vies ? À partir d’un montage sonore original de ces entretiens, le trio (avec Coraline Claude et Ali Lounis Wallace) réincarne en scène, dans un playback millimétré, ces moments d’intimité et de mémoires mêlant les générations et les niveaux de lecture. Une réjouissante et émouvante performance qui poursuit, autour de chaque représentation, son travail de rencontre et de collectage."
C'est moins drôle que le premier, sans doute parce qu'y sont évoqués, entre autres, les morts de Coluche, Michael Jackson, Lady Di et Nahel, les Gilets Jaunes, les attentats du 11 Septembre, du 13 Novembre et de Charlie Hebdo. L'actualité plus que la variété. Les comédiens incarnent des anonymes qui se confient au micro et on n'a plus l'exubérance et les provocs des m'as-tu vu du showbiz. On reste cependant admiratif devant tout le travail mis en oeuvre par les comédiens pour incarner les réactions individuelles à ces moments médiatiques forcément collectifs. Chapeau, Messieurs-Dame !
C’est sûr, c’est allé très vite le grand remplacement. La chute de la civilisation, des civilisations ? Pareil.
Mais ça ne s’est absolument pas passé comme les plus réactionnaires et les plus nationalistes d’entre nous ne le prévoyaient. D’ailleurs c’est très amusant de les voir maintenant se promener dans les rues avec le même costume de clown, avec le même nez rouge que moi.
C’est Madame Lia qui a gagné et qui a renversé la table. Elle a tout refabriqué, tout réagencé, non pas pour notre bien-être mais pour le sien !
Elle a mis énormément de temps mais elle a fini par découvrir l’humour, enfin, son humour, si particulier, si catastrophique. Elle rit de nous voir déambuler avec notre nez rouge obligatoire dans un monde auquel nous ne comprenons plus rien.
Prenez cette statue par exemple. Je vous mets au défi, si vous avez la chance de pouvoir accéder à l’Intelligence artificielle, ce qui est désormais interdit par la loi, de savoir ce que cela veut dire « Stragn weiterch regonant dragownshinthn ytekt 1806-1995».
Tout comme les démons dans la série « The Good place » l’IA a trouvé son objectif ultime, sa raison profonde d’exister : nous torturer en salopant tout ce que nous avions imaginé et construit avant son arrivée. Elle a changé les règles du jeu d’échecs : il y a désormais trois fous dont un qu’on peut tirer de son chapeau, la dame n’est plus sur sa couleur au début de la partie et vous perdrez votre temps à expliquer à Napoléon ou à Jean-Jacques Rousseau que les noirs ne jouent pas deux coups d’affilée.
Oui, vous avez bien lu, Napoléon, Jean-jacques Rousseau... Ces types là sont des transmutés, des gens qui sont devenus fous devant ce nouveau monde en surchauffe où il ne reste pratiquement plus d’eau ; elle est réservée aux méga-bassines qui refroidissent les dataJeancentères. Ces désespérés ont voulu se suicider mais Madame Lia a préféré les transformer en personnages historiques abrutis et sûrs d’eux-mêmes. Elle adore nous voir nous engueuler avec ces idiots.
Moi j’ai compris. Je ne sors plus de chez moi. Je mets de l’ordre dans mes vieux écrits, je joue de la musique avec une vraie guitare, je chante sans autotune, je regarde mes photos prises autrefois en me disant que « c’était mieux avant ».
Et tant pis si je ne réalise pas mon rêve-cauchemar. Avec les inventions de Madame Lia, il me sera possible un jour de rencontrer Isaure Chassériau sur la place du Parlement de Rennes. Mais que voulez-vous que je lui dise à cette transmutée ?
Juste après avoir vu Vincent Dilas nous sommes allés nous poser au Thabor, au théâtre de verdure - dit aussi "L'Enfer" ! - pour nous souvenir que Rennes est encore un peu en Bretagne !
Mon portrait annuel de l'ami Jean-Maurice, photographe officiel !
Un vocable qu'on va bientôt pouvoir faire entrer dans le Dictionnaire des mots disparus du Larousse : jupon !
Tout comme sa voisine du dessus, la catiole !
Ah ! Lucette ! Lucette ! Pourquoi donc n'as-tu pas mis ton beau gilet vert ? ;-)
Klaxonrouge : école des métiers du spectacle située à Loctudy (Finistère)
La voilà, la blanche hermine ?
Roger Négaret, l'immortel auteur de ces deux vers "Ma grand-mère qui f'sait de la galette / V'là qu'à c't'heure elle surfe sur Internet" auxquels j'ai cru bon de donner une suite pour aboutir à "Vieux geek toi-même" !
Puisque ce billet est publié rétrospectivement, posons que ce premier compte-rendu de spectacle vu aux Tombées de la Nuit sera suivi de bien d'autres concernant également le festival des Affranchis à La Flèche. C'est d'ailleurs dans la cour de l'école Descartes, il y a un an, à l'époque où la municipalité n'avait pas encore basculé aux mains du R.N., que nous avions découvert Vincent Dilas avec ce même spectacle génial.
Je n'ai rien à changer à mon billet de l'époque. J'ajoute juste que j'ai été très sensible à son imitation de Daniel Auteuil dans le personnage d'Ugolin dans "Manon des sources/Jean de Florette" de Pagnol.
A voir absolument, gens du Sud où il réside, s'il se produit par chez vous.
Un petit diaporama de ses mimiques à la Jerry Lewis vous agréerait ? C'est ci-dessous !
Je n'irai pas par Hécate chemins ! J'ai appris des tas de choses dans cette exposition "Sorcières" et notamment l'existence d'Hécate, la déesse des carrefours.
J'ai appris aussi que cet imbécile d'Hermès avait pour habitude de se rendre au Hellfest de Clisson ;-). Et, à l'instant, que ce signe des cornes correspond à la lettre H en langage des signes !
Evidemment, là où je me suis le plus amusé c'est dans la salle destinée aux enfants avec les accessoires et les miroirs déformants ! D'où cet autoportrait en sorcier :
Ou cet autre autoportrait en unijambiste rimbaldien ;-)
J'ai découvert que j'étais moi-même un sacré sorcier en matière de photographie ! Ce monstre-ci a été fabriqué sans aucun trucage :
Oui, je sais, tout ça vous fait une belle jambe !
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Mots et images de Joe Krapov
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.