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Mots et images de Joe Krapov
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4 janvier 2020

PROCÈS D’INTENTION

Ecrit dans un univers parallèle :

« Oh l’emplumé, lui, eh ! Il n’a même pas écrit «emplumé·e» ! On ne va même pas pouvoir parler de Pocahontas ni de Zizi Jeanmaire à qui ce mot fait tout de suite penser. Enfin, ceux qui ne sont Pawnees de la dernière pluie !

D’autres ne vont peut-être pas s’en priver. A la fin de ce Défi du samedi vous saurez tout, tout, tout sur la Zizi et sur son tube, «Mon truc en plumes» dont les paroles sont de Bernard Dimey, un plumitif de la Marne dont je vous recommande l’œuvre intégrale et surtout les quatre recueils de chansons et poèmes parus aux éditions Christian Pirot.

Sur Pocahontas je ne sais rien sinon que Neil Young parle d’elle dans sa chanson homonyme où l’on entend «Marlon Brando, Pocahontas and me». 

 

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Alors donc inventaire d’emplumés masculins ce jour !

Ca commence très loin dans le passé avec « Hiawatah le petit Indien » dans la bibliothèque rose. C’est de Walt Disney d’après Henry W. Longfellow.

Ca se poursuit avec Petit Caniche dans la bande dessinée Chick Bill de Tibet. Et aussi avec Tempête rose, définitivement le meilleur album de cette série mais elle c’est une femme donc ça ne compte pas. (Mon oncle W. me fait écrire de ces choses, parfois !). En plus elle est blanche ! (Zut, j’ai spoilé le pitch !).

Il y avait aussi dans le journal « Tintin » « La Tribu terrible » de Gordon Bess. 

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 J’ai vérifié pour Yakari. Cette bande dessinée suisse de Derib est parue aussi dans le journal de Tintin. 

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Dans la télévision en noir et blanc des années 50 et 60 il y a eu Aigle noir, seul Américain natif à défendre sa cheyenne de vie et son territoire contre tous ces migrants venus de l’Est : Josh Randall, Rintintin et Rusty, Davy Crockett, John Ford, John Wayne, Raoul Walsh venus faire leur cinéma guerrier chez des gens qui n’avaient rien demandé. Franchement, d’Iroquois je me mêle ?

Moins connu certainement, Loup noir, dessiné par Kline et scénarisé par Jean Ollivier dans Pif gadget, tient une place bien à part dans mon panthéon personnel.

De même qu’Oum Pah Pah de Goscinny et Uderzo. Mais bon, un Sioux c’est un Sioux et face à tous ces livres perdus depuis que les horribles sœurs Tatin ont pris le pouvoir et interdit la lecture sur papier il faut savoir tourner l’Apache !

J’aurais pu aussi vous évoquer le « Ralliez-vous à mon panache blanc » de notre bon roi Henri IV mais on n’est pas vraiment sûr qu’il ait prononcé cette phrase ni qu’il ait dit « Elémentaire mon cher Sully » à son ministre ou «Tu t’y prends comme un Comanche !» au secrétaire qui taillait ses plumes juste avant qu’il signât «Lady de Nantes» le manuscrit de son best-seller «Paris vaut bien une promesse».

Autre emplumé célèbre à s’agiter dans ma mémoire, le Quetzalcóatl ou serpent à plumes d’Amérique du Sud que j’aime à imaginer sur les pentes du Popocatépetl (pourquoi je retiens tous ces noms idiots, moi, dites-moi un peu !).

Mais si on aborde l’ornithologie on n’a pas fini : du paon de Junon à la colombe de Picasso, du « petit oiseau de toutes les couleurs » de Gilbert Bécaud à «l’Aigle noir» de Barbara on va encore me voler dans les plumes parce que mon texte est trop long à lire.

Alors faisons court et évoquons – je l’ai gardé pour la bonne bouche et pour la place idoine – «Le Dernier des Mohicans» de James Fenimore Cooper.

Je n’ai de toute façon pas le temps d’en ajouter : je pose ici ma plume et boucle ma valise pour m’en aller fumer le calumet de la paix hivernale sur les rivages du Trégor.»

***

Dieu merci dans cet univers-ci où les sœurs Tatin n’ont pas pris le pouvoir et des mesures coercitives notre oncle vénéré a bien usé de l’écriture inclusive pour nous permettre de parler de "Frida Oum Papa" et de son beau chapeau tyrolien !

 
P.S. Il y a deux autres emplumés du Far-West dont j’ai oublié les noms. Je ne sais même plus dans quel album de Lucky Luke ils apparaissent. Ce sont les deux tricheurs qui finissent toujours chassés de la ville, portés sur un rail et couverts de goudron et de plumes.

Ecrit pour le Défi du samedi n° 592 à partir de cette consigne : "emplumé·e"

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31 mai 2014

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 27, VILLANELLE

Galopez dans le ciel, blancs chevaux des cortèges !
Une rose a mis fin au règne de l’hiver,
Une rose a percé la pierre de la neige !

Nous voici libérés de l’affreux sacrilège,
Du monstre qui sema ici un bel enfer !
Galopez dans le ciel, blancs chevaux des cortèges !

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Répandez la nouvelle en délicieux arpèges !
Notre libérateur nous a sauvés hier :
Une rose a percé la pierre de la neige !

Il s’appelle Saint-Georges et son Dieu le protège.
Dans l’infâme dragon il a planté son fer.
Galopez dans le ciel, blancs chevaux des cortèges !

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Dîtes à l’étonné l’étrange sortilège :
Des entrailles glacées, de ce frigo ouvert,
Une rose a percé la pierre de la neige !

Clamez-le haut et fort, plus rien ne nous assiège !
Portez la foi nouvelle aux bornes d’Univers !
Galopez dans le ciel, blancs chevaux des cortèges !
Une rose a percé la pierre de la neige !

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N.B. Les trois photos qui illustrent cette villanelle
ont été prises à Barcelone en avril et mai 2014

Ecrit pour le Défi du samedi n° 300 à partir de cette consigne

16 novembre 2024

LA FONTAINE STRAVINSKY

 

 

Quand le soleil écrase trop les carafons,

Quand la chaleur s’en vient courir la prétentaine,

Quand Paris sous un ciel bleu profond se morfond

L’idée vous vient d’aller tremper dans la fontaine

- D’y enfoncer ! – vos dix orteils, vous doux arpions.

 

Justement Stravinsky est là – la bonne aubaine ! -

Qui vous tend ses rebords comme fonts baptismaux.

Pas besoin de pousser jusqu’au bord de la Seine :

Paris-Plage est blindée, ce n’est pas un vain mot,

Les fondus de bronzette en ont fait leur domaine.

 

Ici, sur la placette, on dirait la Provence.

La canicule a bousculé vos fontanelles,

L’eau refroidit le corps et vous met en vacance.

Pour un peu les cigales y feraient villanelle,

Entameraient la rengaine de l’innocence.

 

Il serait infondé de voir là des fredaines,

De la défonce, de la frime, des hautaines.

Non, c’est le tout-venant de la foule sereine

Qui vient goûter à la fraîcheur ; la chose est saine.

Jonas aussi se réfugie dans la baleine

 

Au contact du liquide on puise paix profonde.

Sur les bras l’eau ruisselle en perles de rosée.

Les verres noirs devant les yeux changent le monde :

Rafraîchi, purifié. Se peut-il que, d’une âme apaisée,

D’un simple bain de pieds on arrête sa ronde ?

 

Fontaine Stravinsky on sacre le printemps !

Les saisons se défont ! On arrête le temps !

 

Ecrit en état d'insomnie le 16-11-2024

d'après la consigne AEV 2425-08

de l'Atelier d'écriture de Villejean

 

26 septembre 2021

En un mot comme en cent. 8 septembre 2021, Croire que

Aujourd’hui je crois que j’ai bien bossé. J’ai descendu plusieurs boîtes d’archives du grenier, les ai consultées, ai fait du tri et ai mis à la baille une caisse entière de paperasse.

J’ai retrouvé plein de trésors à scanner et à partager avant de les éliminer à leur tour.

Aujourd’hui où je n’ai plus d’outils, je crois que je me suis ajouté plein de boulot pour l’année qui vient et les nombreuses suivantes que je me souhaite !

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14 septembre 2021

En un mot comme en cent. 2 septembre, Emballage

Emballé, c’est pesé !

La première partie d’échecs de l’année est gagnée au 9e coup quand mon adversaire pousse le pion f6 !

 Quel plaisir de retrouver le Diapason, la discute, le café, la concentration, la trouille de jouer un mauvais coup ! Après, en raison du grand soleil, je suis rentré à pied - 1 h 20 de marche – en passant par le Thabor et la roseraie toujours fleurie.

 Toujours emballé par Rennes, Joe Krapov ?

 Toujours !

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27 juillet 2021

LES ÉTRANGES RÊVES DE MARCEL P. Chapitre 3, Odette Dejeux

Plus il se couchait de bonne heure et plus il s’endormait tard. Plus il passait des journées vides à jouer au salonnard snobinard et plus ses rêves étaient peuplés de personnages bien vivants, bien actifs, qu’il ne connaissait ni des lèvres ni des dents et pourtant, cette fois-ci, il aurait pu.

Elle s’appelait Odette Dejeux. Son père était le roi du bridge et il avait trouvé une martingale géniale pour gagner beaucoup d’argent à la roulette : il était chirurgien-dentiste.

C’était une blonde ravissante et à dix-neuf ans, elle avait déjà son permis de conduire et possédait sa propre voiture, une Simca Aronde 54.

Marcel P. s’étonnait beaucoup de ce qu’elle s’intéressât à lui au point de lui proposer, ce jour-là, une balade en voiture jusqu’au sommet du mont Pilate.

Il se sentait perdu dans ce cauchemar-là et comme soûlé du piapiatage insignifiant de la donzelle, tout aussi plein de vides que ses propres longues phrases.

Tantôt elle lui parlait de son grand-père qui était tombé au Chemin des Dames (cinq ans plus tôt ???), tantôt de sa tante Alphonsine qui avait triomphé au Châtelet dans le « Mikado » de Gilbert et Sullivan et dont la tournée était allée jusqu’aux Philippines. A Manille elle avait rencontré celui qui était devenu son mari, Augustin Lacrapette, un négociant richissime, tout le contraire d'un pouilleux mais barbu autant que Landru et surtout pas du tout puant comme millionnaire. Cette union faisait suite à une belle série d’échecs sentimentaux d’autant plus retentissants qu’ils étaient restés secrets, sauf pour la famille.

Odette conduisait très vite et avait tendance à se déporter sur la gauche dans les virages pendant qu’elle énumérait les ramifications de son arbre généalogique. En même temps que cela elle mâchonnait une espèce de bonbon élastique bizarre que Marcel n’avait jamais vu auparavant et avec lequel elle faisait surgir parfois, en soufflant dedans, un petit ballon rose hors de sa bouche très maquillée.

En voyant son étonnement devant cela, elle avait chantonné :
- Fraîcheur de vivre, Hollywood chewing-gum ! Mais en réalité c’est un vrai Malabar ! J’aime bien ce mot ! Pas toi, Marcel ?

- On devrait installer des ceintures de protection pour éviter les accidents dans ces voitures rapides, avait-il suggéré en retour, complètement hors sujet. La sécurité était le dada de Marcel et c’était paradoxal parce qu’il passait la majeure partie de son temps chez lui et ne sortait pour ainsi dire jamais de Paris.

Il avait d’ailleurs longtemps écarté cette idée d’un voyage en Suisse et il avait fallu que sa gouvernante, Dame Céleste A., lui annonçât tout de go qu’elle allait prendre des vacances pour qu’il se décidât à concrétiser ce projet de voyage en Suisse. Il avait ouvert des yeux en boule de loto. Comment Céleste pouvait-elle bénéficier, en 1922, de congés payés alors que ceux-ci ne seraient accordés à la populace travailleuse qu’en 1936 ?

Et cette fille qui avait fait plus de mille bornes avec son petit bolide lui vantait, entre deux récits de vie familiale, les prouesses de ses petits chevaux fiscaux, la souplesse du débrayage, les reprises du moteur, meilleures que celle d’un V8 américain.

Et justement, comme, on atteignait le sommet du Pilate et que Marcel avait décidé de s’en laver les mains de ces bizarreries, ledit moteur se mit à tousser. Odette rétrograda et emprunta un petit chemin de terre pour mettre le véhicule à l’écart de la route. Elle fit encore cent mètres en cahotant puis l’automobile stoppa, comme morte, à l’abri de tous les regards.

- Qu’est-ce qui se passe ? s’enquit le loser asthmatique.

- Ca aurait dû me tarot-der plus vite mais la jauge est à zéro !

- La jauge ? Quelle jauge ?

- Le voyant du réservoir d’essence. Il est vide. On est en panne, Marcel !

- Ah ? Et que faut-il faire dans ce cas-là ?

- Montrer qu’on est un homme !

Elle avait approché son visage du sien et vite, très goulument, elle avait collé ses lèvres contre les siennes, mordillé sa moustache, passé ses deux mains dans ses cheveux brillantinés, introduit sa langue dans sa bouche et elle tournait, tournait, suave et sucrée, autour de la sienne alors que ses yeux à lui, grands et brillants comme des billes d’un flipper affolé, ne voyaient plus que les arbres penchés du chemin forestier. Marcel était comme électrisé.

Puis elle s’était écartée de lui, lui faisant cadeau de la boulette de gomme rose qu’il avait calée entre ses molaires interloquées. Elle avait ouvert la boîte à gants, en avait sorti un petit sachet carré et brillant qu’elle lui avait tendu.

- C’est un chewing-gum ? J’ai déjà celui que tu m’as laissé ! marmonna-t-il.

Elle avait éclaté de rire et répondu :

- Déchire-le !

Pendant ce temps elle s’était penchée sur le bas ventre du gars Marcel, avait débouclé sa ceinture, déboutonné sa braguette. Et maintenant sa main s’insinuait dans son caleçon, caressait…

Caressait pas grand-chose en fait !

Deux noix de cajou molles et un canari-dicule sans aucune dureté, aspérité ni turgescence.

Marcel, lui, agonisait, balbécutiait, se comportait en nonne qui geint, estomaqué par l’audace d’Odette qu’il jugeait odieuse.

- Ben alors ? C’est tout l’effet que je te fais, Marcel ?

C’est à ce moment-là qu’il avala le chewing-gum puis lâcha, exsangue :

- Je t’en prie, laisse tomber, Odette !

- Laisser tomber ? Encore eût-il fallu pour cela que l’objet fût monté et bien monté mais ce n’est pas le cas ! répondit-elle en retirant sa main.

Puis il se réveilla en nage et sortit de la chambre pour aller pisser.

***

Quand il se recoucha il se rendormit vite et retrouva la suite de son étrange rêve. Il marchait, seul, sur la route qui descendait à Lucerne, le pantalon mal reboutonné, la cravate de travers, décoiffé, un jerrycan vide dans la main droite, en direction de la station-service qui se trouvait à mi-pente.

Plus haut sur le Pilate Odette avait remis le préservatif intact dans la boîte à gants et puis elle était sortie éclater de rire à nouveau au grand soleil.

Jeu 66 de La Licorne (femme)

C’est la première fois qu’elle se retrouvait échec et mat avec son coup de la panne, une stratégie de séduction qu’elle avait apprise sur une plage de Belgique et qui s’était toujours révélée payante jusqu’à aujourd’hui.

A vrai dire la partie n’était que nulle. Elle était pat seulement, à ne plus pouvoir bouger de la voiture tant la panne de Marcel et la révélation qu’il lui avait faite de sa préférence pour les garçons l’avaient laissée morte de rire sur le siège conducteur de l’Aronde 54.

Elle aimait faire marcher les mecs ; aussi, parce qu’il méritait bien cela en guise de punition, de se taper un kilomètre à pied avec son jerrycan, elle attendit un quart d’heure avant de remettre le moteur en marche.

En arrivant à sa hauteur, elle ralentit, baissa la vitre du passager et lui lança :

- C’est une station Esso, Marcel ! Demande-leur de mettre un tigre dans ton moteur !

Cependant, parce qu’elle n’était pas mauvaise fille et qu’elle aimait beaucoup les contrepets, elle l’attendit à la station pour récupérer son jerrycan et redescendre le z’héros du jour à Lucerne.

- Je m’en souviendrai, de ce nain jaune ! songeait-elle. Mais qu’on ne me demande pas l’impossible : je ne cajole pas les noix des mous !


Ecrit pour le Jeu n° 66 de La Licorne (Filigrane) d'après cette consigne

5 juillet 2021

En un mot comme en cent. 1er juillet 2021, Clés

210702 285 002La plus jolie des clés qui pendent au tableau dans le bout du couloir, c’est celle du grenier où sont rangés certains de mes anciens grimoires. Au porte-clé est attachée une sorcière.

Aucune des clés n’est tachée de sang ni marquée «ne pas toucher». J’ai d’autant moins de barbe bleue que je me rase tous les deux jours.

C’est la clé du garage qui permet de prendre celle des champs.

Mais celle que j’aime utiliser par-dessus tout c’est la clé de la cave. Quand je remonte une bouteille c’est qu’on reçoit des ami(e)s ou qu’on va en visiter.

Santé !

 

 

P.S. La peste soit des billets programmés pendant nos absences ! Inventons les billets rétrospectifs au retour !

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17 août 2016

Carnage productions au Festival des Affranchis à la Flèche le 9 juillet 201L

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Le grenier de Gaëtan Lecroteux aux Expressifs à... par NRmobile


Les Affranchis 2016 débutent avec "Carnage productions" qui présente "Ma vie de grenier". J’avais vu sur le web un extrait de ce spectacle qui fut recommandé en son temps par Dame Berthoise. Elle y avait bien ri, et moi aussi, surtout dans la première partie quand le personnage de Gaëtan « la bonne poire » raconte ses lectures d’enfance. La séquence sur Boucle d’Or est à hurler de rire et celle sur Rahan, son collier de griffes et son coutelas ne peut que parler à un drôle de loustic qui en possède l’intégrale (des bandes dessinées, pas de la panoplie – je pourrais aussi mais je n’ai ni la tignasse blonde ni la musculation du fils des âges farouches (joli virelangue !) -). (Cette ponctuation n’est pas un smiley, c’est juste ma tendance à ouvrir toujours des parenthèses on étouffe ici !).

J’ai moins aimé la prise d’otage pour le numéro de lancer de couteaux Tintinesque et la fin du récit ne pouvait être que dramatique (elle le fut). Un bon moment quand même.

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11 novembre 2013

Krog e Barz à la Fête de la mer à Ploumanac'h le 18 août 2013 (2)

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- Est-ce que jouer les Village People a encore du sens aujourd'hui ? Au 36e degré ? Pourquoi pas, après tout.
On peut les entendre chanter, plutôt bien quand c'est le répertoire de Michel Tonnerre, ici. Il y a un massacre de Mon amant de Saint-Jean rebaptisé la Bernique. Je n'aurais jamais osé faire ça.
- T'as déjà fait pire, Joe Krapov !
- C'est vrai !

31 juillet 2021

LES ÉTRANGES RÊVES DE MARCEL P. Chapitre 6, La Belle absente

« Hey Joe Krapov ! Qui donc du Pithiviers, de la religieuse au café, du baba,

Du jésuite de Belgique ou du pudding breton étouffe le chrétien si merveilleusement

Qu’il reste pratiquement coi et savoure chaque bouchée, mi-goinfre mi-jubilant ? Ton kouign-amann ?

Pourquoi faut-il qu’un histrion mignardisant, un jobard incivil

Nous tienne jambe avec ses phrases-souvenirs? A qui ne devons-nous pas dire Commercy ? Au thé vert des Afghans ?

N’humidifions jamais son quart, son baklava, son gland ou son pain-coing !

Qu’on l’arrête, le gratte-papelard ! Qu’on y fauche sa Sergent major au baveux !

Jobastre ! Spoileur de films moldo-valaques ! Gâcheur de papier !

Au cachot ! Pain rassis pour Judas ! Baquons son trauma familial gavant ! »

Après la lecture de ce texte le gars à lunettes referma son cahier orange et éclata de rire. Les dames qui l’entouraient, souriantes et concentrées, étaient à deux doigts de l’applaudir tout en se demandant si elles n’étaient pas en présence d’un vrai dingue sado-masochiste.

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Marcel P. se crut obligé de réagir :

- Mais enfin ? Que vous ai-je fait ? Pourquoi tant de haine dans un monde déjà si cruel ?

- C’est de l’humour, Marcel ! C’est un texte écrit selon le procédé «la belle absente» de Georges Perec !

- Connais pas ! C’est quoi, ce procédé ?

- C’est décalqué de «Portez ce vieux whisky au juge blond qui fume» !

- ???

- Dans cette phrase-là toutes les lettres de l’alphabet ont été employées. Ça s’appelle un pangramme. Dans le poème ci-dessus, tous les vers sont des pangrammes à ceci près que je n’avais pas obligation d’utiliser les lettres k, w, x, y et z et que…

- Vous êtes plus encore un tordu que moi-même !

- Bel alexandrin, Marcel ! A ceci près aussi, disais-je, que chaque vers est aussi un lipogramme ! Dans chacun d’eux manque une lettre de l’alphabet et une seule !

- Quel intérêt ?

- Les lettres absentes, mises bout à bout, constituent un mot qui est le sujet central du poème, qui lui-même est évoqué sans être mentionné dans le texte !

- N’en dites pas plus, répondit Marcel passablemnt énervé. A ce stade, il y a deux possibilités. Soit je vous provoque en duel, soit je me réveille de ce cauchemar !

***

Marcel P. choisit de se réveiller et d’oublier très vite ce que son interlocuteur lui avait balancé ensuite à propos de sa propre tambouille littéraire qui «puait la préciosité et le snobisme, schlinguait dans ses longueurs jusqu’aux limites de l’illisible et c’était sans parler du conformisme du bonhomme qui s’était très bien plu au service militaire, avait dédaigné de travailler à la Bibliothèque Mazarine et avait même postulé à l’Académie française !».

- Et alors ? avait rétorqué Marcel P., semblable en cela à François Fillon à qui on reprochait d’avoir obtenu gratuitement des manteaux de luxe et ramassé ensuite une veste dont il n’était pas sûr qu’elle lui appartînt tout à fait.

Marcel fut d’ailleurs tout étonné, plus tard dans la matinée, de ne trouver aucune trace dans le Who’s who, le Bottin mondain et le bottin téléphonique parisien de ces trois personnes : François Fillon, Georges Perec et Joe Krapov.

C’était dû à quoi, ce trouble obsessionnel qui poussait des gens inconnus de lui à venir se mettre à table dans ses cauchemars rien que pour l'embêter ?

Est-ce qu’ils remettraient le couvert la nuit prochaine ?

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P.S. Pour qui n’aurait pas trouvé, la belle absente du poème est bien sûr ici « madeleine ».


Ecrit pour le Défi du samedi n° 674 d'après cette consigne

28 octobre 2019

Portraits d'artistes aux Apéros poétiques de la Teillouse à Redon le samedi 26 octobre 2019 (2)

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Guy a lu ses haïkus fort bien troussés sur le thème des oiseaux

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Paul a dit deux très beaux contes philosophiques.

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Odile nous a envoûtés avec son autoharpe et sa poésie d'une limpidité folle.

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Catherine, à un des rares moments où elle ne s'est pas cachée derrière sa feuille.

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Gwenola a délivré une pure merveille de slam.
Le fichier son viendra plus tard, il vaut le détour.

5 septembre 2013

De Beg Leguer à Lannion le 16 août 2013 (1)

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Si un fleuve est une rivière qui se jette dans la mer, alors je vous présente un fleuve breton méconnu : il s'agit du Léguer qui mesure une cinquantaine de kilomètres, traverse Lannion et se jette dans la Manche au Yaudet, un peu avant Beg Leguer. Nous avons plus l'habitude de randonner sur l'autre rive, du Yaudet à Locquémeau mais ce mercredi-là, histoire d'aller acheter mes journaux, faire quelques courses et randonner sans prendre la voiture, on a parcouru à pied les 9 kilomètres qui séparent Beg Leguer de Lannion en longeant ce fleuve dont un des affluents n'est autre que le Saint-Emilion ! Mettre du Saint-Emilion dans la flotte pour le balancer à la mer ? Ils sont vraiment fous, ces Bretons !

24 septembre 2021

IRINA KOBAYASHI. - DU BON USAGE DE LA GUILLOTINE AU COUCHER DU SOLEIL

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Nous sommes restés babas devant le pavé particulièrement zinzin que vient de pondre Irina Kobayashi. Son dernier bébé est fabuleux ! Pour écrire cette biographie de George Sand il existait tant de matière scandaleuse dont on eût pu se servir à qui mieux-mieux pour noircir un peu plus la mémé du romantisme, la tata des féministes, la coqueluche des bobos et bobotes qui trouvent dada avant l’heure de se faire appeler George alors que son prénom est Amantine-Aurore. « J’m’appelle Patrick mais on dit Bob », comme chantait Boris Vian.

De l’étrange baronne Dudevant Irina Kobayashi n’a pas retenu les histoires de derrière, de derrière le paravent où Musset auparavant puis le docteur Pagello ensuite ont troussé les froufrous de la jolie môme Dupin qui n’était pas encore devenue « la bonne dame de Nohant ». Et pourtant la période choisie est bien celle du voyage à Venise de 1834, du séjour à l’hôtel Danieli et des amours tumultueuses que la plus célèbre des Berrichonnes connut là.

Iriuna Kobayashi s’est intéressée – sur 582 pages, c’est un bel exploit ! - aux seuls moments de respiration solitaire de Dame Aurore. Tous les soirs, elle sortait de l’hôtel Danieli et s’en allait seule dans Venise, emportant sa boîte et sa guillotine. Arrivée sur le bout de la Riva degli schiavoni et même bien plus loin, là où se trouvent désormais les pavillons de la Biennale internationale, elle s’accoudait au parapet du pont des Sept martyrs, sortait un cigare de sa boîte, lui introduisait la tête dans la guillotine, tranchait dans le vif, l’allumait puis, tirant dessus langoureusement, elle se plongeait dans la contemplation du coucher du soleil au-dessus de la punta delle Dogana, la pointe de la douane, et de Santa Maria Della Salute.

La biographe relate alors, comme si elle avait été présente aux côtés de l’autrice de « La Petite Fadette » et reçu d’elles bla-bla intimes et amicales confidences les visions étonnantes auxquelles George Sand, de façon quasi médiumnique, était soumise en ces moments crépusculaires.

C’est réellement passionnant – le séjour vénitien des amants terribles a duré plus de trois mois – et on n’oubliera pas de sitôt le ballet des personnages entrevus dans les nuages de fumée : Desiderio San Giorgio qui élève des dragons pour le plaisir et le profit, Muley Bugentuf qui lui raconte soir après soir ses dix-huit métempsychoses depuis l’an 184 et ce vicomte de Tourpeau qui la baratine sur la mensuration idéale des nougats de Montélimar.

N’en disons pas plus. Précipitez-vous sur cette biographie onirique, énigmatique et envoûtante. Il y a là un plaisir de lecture à prendre auquel vous ne pouvez pas et ne devez pas couper !

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 Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 21 septembre 2021

d'après la consigne AEV 2122-03 ci-dessous.

29 octobre 2024

Quelques portraits volés aux Apéros poétiques de la Teillouse le 26 octobre 2024 à Redon (1)

 

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais il se trouve qu'une fois l'an, à la fin d'octobre j'ai un ou deux repas de famille qui relèvent de la tradition.  Il sont agrémentés par la fête locale de Redon, la Foire teillouse, qui propose elle aussi de la tradition et de la tradition. Et comme je suis moi-même aussi assez traditionaliste, je profite des Apéros poétiques pour emmagasiner ma traditionnelle galerie de portraits de poètes réapparus et de musiciens plus ou moins atypiques !

 

Je vous la livre sans commentaires. On a entendu, dans ce petit théâtre qui remplaçait le Grenier à sel,  des haïku, des chants de marins bretons et normands, Ursula Le Guin, Grisélidis Réal, W.B. Yeats, une chanson sur les polochons, de la poésie graphique, des tankas, des chants traditionnels, des chants traditionnels, deux contes traditionnels, des chants traditionnels, de la flûte, du bandonéon, de la vielle à roue, de la harpe celtique, de la guitare, du ukulélé muet, un cantique tahitien, du Joe Krapov  et du Django Reinhardt ! ;-)

 

 

 

 

 

 

 

14 janvier 2025

CONSIGNE 2425-15 DU 14 JANVIER 2025 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

 

La Braderie de Lille

 

 

Vous pouvez cliquer sur l'image pour l'agrandir

 

Pour qui connaît bien le Nord il y a quelques bizarreries dans cette représentation par François Ruyer de la célèbre braderie de Lille qui a lieu chaque année le 1er week-end de septembre. Mais l'image qui a servi de modèle à un puzzle de 1000 pièces foisonne de suffisamment de détails pour que vous puissiez parler du Nord, du Pas-de-Calais ou de la Belgique si le coeur (des frites ! ) vous en dit et ce de la façon que vous voudrez !

 

11 janvier 2025

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 84, Allographes

 

Tout allait AC bien dans ce PI jusqu’à ce qu’un méchant dragon 120 y 1staller son gros Q 1D100 et son appétit pui100.

 

L’I2 bestiau s’en prit d’abord aux O20 du père Mathur1 qui PC tranquillement à proximIT. Il tomba sur l’R1 de deux brebis, les flamba et les boulotta.

 

L’éleveur de moutons RST d’abord ÉBT, doutant soudainement de son AQIT visuelle – de fait, il n’en croyait pas ses IE ! - puis il s’est un peu NRV et a l’HÉ au monstre :

 

- Eh dis donc, s’AK20 ! Tu es encore QIT ou quoi ? J’ai idée que tu n’as r'I1 dans la TIR ! Te souviens-tu seulement que j’ai VQ plus de 80 fois déjà cette situation ? Je C désormais comment me débarrAC de toi et de ton manège 1C100 ! Il suffit que j’aille me plaindre à sa MajST le roi, que je lui dise que j’en ai gros et ensuite tu vas CC de vivre, DKΠT par une Sp’S d’AB sans ÉQIÉ monté sur un équiD blanc et arborant un ÉQ à croix rouge sur fond blanc. Si JV et que je réclame cela, je serai OBI et tu seras occis. S bien cela que tu veux ? Ne peux-tu pas plutôt fiche la P à mes bêtes, t’en retourner d’où tu viens et laisser tout comme CT avant ?

 

La bête ne répondit rien. Elle ne leva même pas le nez de son ÉQL, trop OQP à son repas, MHA un autre bout de sa côtelette d’agneau.

 

O100 les épaules devant ce silence Mathurin alla Dtacher son âne, l’enfourcha et, K1 KA, se mit à trotter en direction du palais, tranquille comme É1000.

 

***

 

Le roi était un homme AG, DKV, qui AV derrière lui DVQ difficiles : armée dissolue, assemblée dissoute, gouvernements FMR.

 

Il posa sa QIR, trempa ses lèvres dans un verre d’O, s’essuya la bouche et dit :

 

- J’essaie de comprendre. Est-ce que je suis trop É3 d’esprit pour cela ? Je ne pense pas. Je ne suis pas le RO dans cette histoire, je ne suis qu’un personnage FAC, 1D6, DΠT dont on ne retiendra même pas le nom. A croire que ma personnalIT elle sent le p’AT dans les journaux du groupe R100 et dans les livres d’histoire sainte, si c’en est un !

 

Y aurait-il au-dessus de nous un obCD de la redite, un plaJR du « Jour sans fin », quelqu’un qui CC à m’ABC sans cesse, qui m’a LU comme souffre-douleur, qui voudrait que je crie « Ô râge ! Ô Dz’Spoir ! Ô vieillesse NMI ! » ?

 

Que dois-je prouver ? Qu’il n’y a pas de VQ possible sans DZ tombées du ciel ? Que C la religion et non le régalien qui fait survenir la justice ?

 

Que G1000 curseur trop bas ? S ma faute si les d’IE que nous avions ne VIR pas mieux que ça sur nous ? Se sont-ils jamais MU des invasions, DN, des horreurs subies par les populations que, par D100ce, je T ?

 

Et pourquoi n’ai-je pas ou plus le droit ici, comme on l’aura et en abusera plus tard, de parler de mes problèmes familiaux ?

 

- MajST ! l’interrompit le chambellan. Non ! Il faudrait penser à QV. Vous avez abusé du blanc-K6 à l’apéro. M’est avis que vous avez un coup dans l’L !

 

- C’est pourtant de notoriÉT publique que mon épouse…

 

- Oui, MajST. On C. LHOOQ !

 

- A croire que Joconde pour beurre !

 

***

 

La suite lui prouva que oui. Il ne put HV. On entendit un grand vacarme, des cliquetis DP et des bruits de ferraille dignes d’un roman 2KPDP puis on vit MRG dans la cour du palais tout ce qu’on pouvait compter de femmes OPI ayant troqué le N1 pour le casque et remplacé les rouets et quenouilles par DH et des lances.

 

La bien-MRN LN, devenue l’HF de guerre de cette armée en jupons, MI alors ces propos renvR100 :

 

- Le droit d’NS de nos pères et maris HU avec le plat de lentilles, les EKC d’Hamlet et la déconfiture d’RL de leur inconséquence. Depuis ces idiots sans IJN pataugent dans leur KK et le ménage intellectuel est le KD de leurs soucis. Tout est PT depuis que s’LH se sont ABC jusqu’à recourir aux Z de l’étranger pour éliminer une bête dont nous sommes sûres de venir à bout par nos efforts unis. Nous allons faire du HI de cette IN, nous allons mener au JB le patriarcat et ces religions AIsables du DO gratias, toutes pleines d’attendus plus ou moins NE envers les femmes ! Nous n’allons pas BC le pavillon devant l’FS-Matthieu, les FIJI de Léon 6 à Π7 ou la croix Vitafor ! Allons mettre fin au KO en I100 bien O le drapeau de la bravitude féminine cher à notre DS Cgol’N ! IS we can !

 

***

 

Il n’y eut pas de combat sanglant. Il n’y eut pas de chevalier Saint-Georges. JP des cerises à celui qui peut m’expliquer le phénomène LNistique : quand L20 se poser tranquillement face à la bête et mit la main sur son jabot, cela eut un effet apaisant. Le dragon reprit sa taille de BB, se mit a TT dans la main d’LN la poignée d’herbes d’IPK que lui tendait la reine pharmacienne.

 

Devenue végétarienne, la bête fut adoptée comme animal de compagnie et un R9 souffla sur les esprits. L’invasion du PI par un ou des étrangers cessa d’être une obsession pour les Libyens de 6l’N.

 

Les illustrations de ce billet ont été très aimablement prêtées par Dame Adrienne que l'on remercie.

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 854

d'après cette consigne : obsession.

 

 

31 décembre 2024

ANIMAUX-VALISES (5)

 

Requinquai : genre de porte avions sous-marin qui permet de propulser des franchises cinématographiques comme « Les Dents de la mer 24 » ou « Titanic 268 le prequel ».

 

 

Octopussycat : arguments masculins opposés par le mari aux exigences de son épouse : « Je n'ai pas 4 bras, mon chaton ! »

 

 

 

Barbeaulivien : poisson d'Amérique du Sud qu'il ne faut pas confondre avec le mérou du Pérou. Quand il se prénomme Didier le Barbeaulivien écrit des musiques inchantables.

 

 

Mérouvingien : variété de coelacantique très prisée dans la basilique Saint-Remi de Reims.

 

 

Coelacantique : chant religieux issu d'un pupitre de basses profondes particulièrement âgé·e·s.

 

 

2 avril 2018

ADAM ET EVE

 

 

ADAM – C’est pas pour dire mais je préfère Gand à Bruges. Mais bon… j’dis ça, j’dis rien !

 

EVE – Alors ferme la ! Tais-toi, oui ! Tais-toi, tu vas dire des bêtises. A croire que tu ne sais faire que ça !

 

ADAM – Pour être tout à fait honnête avec vous, on était bien sous la couette, tout à l’heure ! Je pense que vous êtes un type dans mon genre. Avec quelques petites différences, bien sûr !

 

EVE – Abruti, va ! C’est juste insupportable ! Vos bêtises, il faudrait les noter !

 

ADAM – On peut peut-être se tutoyer ? Vu qu’on va passer pas mal de temps ensemble ?

 

EVE – Ah non, mon pote ! Compte là-dessus et bois de l’eau ! L’amour popote, ce n’est pas pour moi. Tu vas faire ceinture !

 

ADAM – En même temps je peux comprendre. Vous n’êtes effectivement pas du genre à prodiguer des conseils affectueux comme « Ne rentre pas trop tard ! » « Ne prends pas froid ! » ou à vous inquiéter : « Où sont les enfants ? ». Là on est davantage sur « Je suis une intello rebelle et toi tu n’as pas lu « Au-dessous du volcan » ! ».

 

EVE – Vous me flattez, Adam ! Un jour peut-être vous jouerez là, vous aussi, dans la cour des grands. Mais pour l’instant vous avez l’air du type qui a été renvoyé de partout !

 

ADAM – J’y peux rien ! C’est le dirlo ! Il n‘a pas fait son deuil d’une planète harmonieuse où les hommes et les femmes vivraient, croisseraient ou coasseraient et multiplieraient…

 

EVE – Vous devriez lire le Bescherelle ! Moi je le lis chez ma coiffeuse, ça aide pour faire des phrases qui tiennent debout. Nous allons vous laisser, mon vieux ! Le monde est vaste, vous trouverez peut-être une compagne à votre mesure ici ou là !

(Elle s’en va).

 

ADAM – Je sais pas ce qu’on leur a fait aux jeunes mais ils n’articulent plus, maintenant ! Eh oui, mon brave Milou, je me suis pris le premier râteau de l’humanité, aujourd’hui !

 

LE SERPENT – Je vous prie de cesser de m’appeler Milou. Je suis un serpent, pas un chien ! N’oubliez pas que cette île fait neuf kilomètres carrés et que vous êtes seul.e.s dessus. Elle reviendra vers vous, ne vous inquiétez pas !

 

ADAM – Oh, je ne m’inquiète pas de cette fille nommée Eve ! C’est juste le dirlo qui me rappelle quelqu’un mais je ne sais plus qui. Un acteur de cinéma ? Un mec à la télé ? On l’a vu dans quoi déjà ?

 


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 27 mars 2018


d'après la liste de phrases de la consigne AEV 1718-23 ci-dessous

16 novembre 2025

Graffs de la Fosse Piteux à Rennes vus le 14 novembre 2025 (1)

 

Allé courir sept kilomètres ce vendredi. Vu de jolis graffs dans cet endroit de Rennes, sur les bords de la Vilaine, sur le chemin de halage qui mène aux étangs d'Apigné.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et rencontré, au retour, une vieille connaissance !

 

 

 

- Ravi de vous voir là, Professeur ! J'ai justement passé ma soirée dans la Belgitude la plus foldingue avec cette histoire bien réelle de Blake et Mortimer dont j'ignorais tout !

 

https://www.france.tv/documentaires/documentaires-art-et-culture/blake-et-mortimer-le-mystere-du-tresor-disparu/

 

29 décembre 2024

ANIMAUX-VALISES (4)

 

Gastéropodcast : résultat d’une radiographie que l’escargot consulte bien longtemps après l’enterrement de la feuille morte.

 

 

Kangouroubignole : animal qui dispose le courrier dans sa poche ventrale et monte le distribuer aux autres habitants de l’immeuble. Auparavant elle dispose sur le carreau de sa loge un panonceau indiquant que « la kangouroubignole est dans l’escalier ».

 

 

Equidé à coudre : cheval caparaçonné de métal pour lui éviter de prendre des coups de lance ou d’épée dans les combats où l’on en découd. Et où l’adversaire vous donne du fil à retordre.

 

 

Équidé à jouer : cheval préparé de la façon suivante : on lui a peint des chiffres de 1 à 6 sur le dos, sur la tête, sur les flancs, sur le ventre et sur le téléphone qu’il a sous la queue. On le lance en l'air et suivant la façon dont il retombe on avance du nombre de cases indiqué par l’équidé.

 

 

 

Esturgeonquille : fournisseuse de caviar dont la peau devient jaune à force de jouer les oies blanches.

 

 

 

19 septembre 2025

De l'île de Vassivière jusqu'à Auphelle (Creuse) le 1er août 2025 (2)

 

 

 

 

 

 

 

 

On se souviendra aussi d'avoir pris le bateau à Auphelle pour retourner à la voiture, refaire avant un petit tour dans l'île de Vassivière avant de remonter à Faux. On se rappellera qu'on a discuté photographie avec le pilote de la navette. Lui a investi dans un appareil à 3000 euros, au grand dam de son épouse, pour faire des photos d'expéditions spéléologiques.  Je ne lui ai pas avoué que mon sport préféré à moi était de photographier des clones de dos avec un petit APN !

19 août 2025

Retourner au lac : Faux-la-Montagne le 30 juillet 2025

 

 

Le canoë d'Isaure est toujours échoué là !

 

 

"Like an Inca" est l'un des rares titres "non-synthétiques"  de l'album "Trans" de Neil Young.

 

 

 

 

 

Pas plus que l'année dernière je n'ai osé passer sur le barrage. Il faut garder des choses par-devers soi pour  les sortir à l'atelier d'écriture à la Perec où je demanderai la liste des actions qu'on n'accomplira jamais ! ;-)

15 août 2025

THÉÂTRE DE RUE

 

photo prise par Adrienne à Ostende

 

 

Il n’y a plus de côté cour,

Encore moins de côté jardin :

Le théâtre est à la rue !

 

On peut rejouer « Les Chaises »

D’Ionesco

Et les mystères du Moyen-âge.

 

Dieu, sous le porche de l’église,

Regardera la pièce

Avec toute l’indulgence

D’un père

Pour les jeux des enfants

 

Au fil des actes

Et de la tchatche des acteurs

Shakespeare les fera s’étriper,

Se chasser du trône,

Se haïr ou s’occire

A la lueur des torches.

 

A force de pitreries

Et d’esprit

Molière met en charpie

Toute une société :

Le nouveau riche fera

De la prose sans le savoir

Et l’avare criera

Qu’on lui a chipé sa cassette.

 

Il n’y a plus de boulevard,

D’amant caché dans le placard,

De trophée en forme de cornes,

De cocottes, d’hôtels de passe,

De libre échange et de cocher :

Feydeau a pris la porte

Et fini casé à l’asile.

 

Nous ne nous verrons pas

Plus de cinq mille au port :

Il faut savoir dire stop au héros cornélien

Trop proche du burn-out

Qui se tue à la tâche

Du pari pascalien

Au mépris de Socrate

Et prend racine sur la scène.

 

Plus de bataille d’Hernani

Mais du sang et des tripes

Et de la porcherie

Chez les pachas du modernisme

- Chiens de Navarre, Vincent Macaigne

ou bien Jan Fabre -

Pour qui n’existe plus

Que le massacre du sacré.

C’est chié ! nous disent-ils

Quand Marivaux se fait la paire,

Quand Juliette est partie et que Roméo pleure,

Quand l’action

Remplace les phrases

Et les phases

De la réflexion !

 

Le théâtre est à la rue !

 

Plus de trois coups fatidiques,

Plus de rideau qui se lève,

Plus de spectateur scotché,

Plus besoin de s’apprêter :

Venez comme vous êtes !

 

Car c’est la même partoche,

La même approche

Du rire, de l’amour et du drame,

Du partage à midi, minuit

Qui nous rend bien aise

A chaque sortie,

Fût-elle en plein air !

 

Écrit pour l’atelier informel d’Adrienne du 13 août 2025

 

à partir de la photo du haut et de la liste de mots-anagrammes

 

de « PortesChaises » (logogriphe)

 

La consigne krapovienne eût pu consister à en insérer au moins dix dans un texte qui parle de théâtre.

 

acte - aise - apprêts - approche - assise - astre - cache - case - cassette - chapitre - charité - charpie - charrette - charte - chas - chasser - chat - chéri - chié - chiper - chipoter - cocher - côté - esprit - hais - hase - héros - hic - opéra - Orphée - pacha - paire - pari - Paris - parité - partie - partoche - père - phase - phrases - pièce - pitreries - pitres - porche - porcherie - pores - port - prises - proche - riche - s’apprêter - s’étriper - sacré - scotché - sic - sis - société - Socrate - sortie - stop - tâche - tchatche - théâtre - torche - triche - tripes - trois - trop – trophée

9 août 2025

JE ROULE POUR VOUS !

 

 

Resituons les choses :
 
A. L’oncle Walrus a une fille. Celle-ci a eu l’idée sotte et grenue d’épouser un natif de Bretagne et de le suivre ou rejoindre sur la côte de granit rose, à Trévou-Tréguignec, près de la plage de Trestel, mais ne soyons pas trop précis car l’IA profiterait de notre science et moi je suis comme Michel Audiard qui disait «Je ne parle pas aux cons, ça les instruit».
 
B. Le témoin de mariage de Joe Krapov et Marina Bourgeoizovna se prénomme Anita et habite à Lannion dans une rue au nom imprononçable pour qui n’est pas un Bretonnant ou une Bretonnante (je mets des majuscules pour ne fâcher personne et surtout pas les Nantais·e·s).
 
Tant qu’à faire de visiter la famille et les amies dans les Côtes d'Armor, l’oncle et le neveu en profitent pour randonner, marcher, aller voir toutes les ressources touristiques du coin qui n’est pas un des plus moches endroits du monde.
 
Posons le postulat : on ne voit pas tous les mêmes choses.
 
 
Par exemple, ce menhir. En quarante ans de fréquentation des trésors du Trégor, à raison de deux ou trois séjours dans l'année, nous avons bien dû aller faire vingt fois le tour de l’Île grande, tout à côté, et donc être passés devant sans que je me souvienne de l’avoir photographié une seule fois !
 
Ce n’est pas grave, mon oncle Walrus roule pour moi et il nous fait cadeau cette semaine de cette photo compromettante : ce n’est certes pas Obélix qui a gravé ce symbole cruciforme en haut du bloc de pierre mais de braves croyants du XVIIe siècle qui ont cru bon de taguer-détourner-récupérer ce monument païen au profit d’une secte qui a plutôt bien réussi.
 
L’oncle Walrus roule pour nous ! Pierre-André Bourgeoizov aussi ! Lui c’est le grand-père paternel de mon épouse et il a fait la même photo entre 1935 et 1940. On y voit même, si on agrandit un peu, la représentation peinte de la passion du Christ. C’est fou de penser que le gamin en culottes courtes et polo blanc a aujourd'hui 97 ans !
 

 

L’air de rien, quelles que soient nos religions, on fait tous, sans même y penser, œuvre de partage communiste de nos souvenirs de voyage.

 
Petr Petrovitch Bourgeoizov, fils du précédent, est allé plusieurs fois à Venise. Sans vouloir critiquer, il n’a ramené que trois photos moches de l’île de Burano où j’ai, personnellement, amassé des tonnes de clichés de ce que je considérais être le plus bel endroit du monde.
 

 

Par contre lui est monté en haut du campanile de la place Saint-Marc et a donc ramené de magnifiques vues quasi-aériennes de Venise que je partagerai bientôt sur mon blog.
 
Moi qui me suis déplacé de cinq cents kilomètres cet été, que pourrais-je vous offrir cette semaine qui vous fasse penser que j’ai roulé pour vous ?
 
Tiens, restons dans cette ambiance très « peace and love » avec cette sculpture sur bois des bords du lac de Vassivière !
 
 
 
J’y ajouterai juste le tigre qui monte la garde dans le hameau de « Sauvazons la Plazanet » !

 

 

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 883 à partir de cette consigne

 

(la photo du menhir de St-Uzec à Pleumeur-Bodou)

18 juillet 2025

Spectacles vus aux Affranchis à La Flèche les 5 et 6 juillet 2025. 1, Wet side story

 

Il y a eu un week-end de trois jours à Redon avec toute la belle-famille qui a défilé, de la cuisine et du service à faire, du rangement de bouquins, de l'tonnement de voir ces gamins qui grandissent au point de vous dépasser d'une tête... Et depuis il y a tant de travail - et de passages - cet été dans notre propre maison que je n'ai pratiquement plus le temps d'écrire. Ça tombe bien puisque je ne suis pas ici pour raconter ma vie. Mais il faut quand même remercier, en les mentionnant même brièvement, les artistes qui nous ont fait passer un bon moment à la Flèche !

 

Il en va ainsi pour la Compagnie Mechanic et son "Wet side story". De Leonard Bernstein à   Tchaïkovsky en passant par la Callas et Wagner avec juste une baignoire, une pomme de douche, des brosses à dents et des éponges, c'est un sacré boulot ! Et dans sa salle de bain, l'artiste a un beau filet d'eau et un beau filet de voix !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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