Canalblog Tous les blogs Top blogs Photographie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Mots et images de Joe Krapov
Publicité
19 janvier 2025

LA BRADERIE DE LILLE

 

 

Pour un peu je pourrais raconter que cette image me fait souffrir. Ou plutôt qu’elle m’a fait souffrir. C’est qu’il faut l’imaginer, cette foule multicolore, découpée en mille petits bouts de cartons, « éclatée façon puzzle » par Michel Audiard et Bernard Blier, vu que c’en est un, de puzzle.

 

C’est censé représenter la braderie de Lille mais ça pourrait être aussi un jeu des sept différences ou plutôt des sept anomalies.

 

1) On ne va pas à la braderie de Lille en étant déguisé comme pour le carnaval de Dunkerque.

 

2) C’est à Dunkerque aussi qu’on jette des harengs sur la foule depuis le balcon de la mairie. Au vu de la hauteur du beffroi de Lille, on imagine mal Martine Aubry balancer de tout là-haut de la poiscaille sur la porte de Paris.

 

3) Le tourlourou au fond à gauche, c’est certainement l’ami Bidasse. Lui est natif d’Arras, chef-lieu du Pas-de-Calais.

 

 

4) les trois géants – Gayant ? – sont plutôt natifs de Douai.

 

 

5) Le bâtiment néo-gothique dans le fond a l’air tout droit sorti de la grand’place de Bruxelles.

 

6) Y a-t-il bien Dupond et Dupont dans cette image ? Cela m’étonnerait beaucoup que la Fondation M**l*ns*rt ait laissé passer ne serait-ce qu’un bout de plagiat ou de contrefaçon sans venir quémander quelques sous.

 

 

 

7) Enfin il n’est pas juste de représenter les gens du Nord avec un gros pif tout rond : comme signe distinctif ils ont avant tout dans le coeur le soleil qu’ils n’ont pas dehors.

 

Après il la dessine comme il veut, François Ruyer, la braderie de Lille ! Pour ma part je n’y resterai pas sur la place du Général de Gaulle ! Une fois que j’aurai photographié le véhicule utilitaire Citroën et le clone de Mickaël Jackson, je m’éclipserai vers la rue de Béthune et les boulevards. Je ne suis pas du genre à m’attabler derrière une assiette de moules et de frites et une bière ce jour-là. Peu m’importe le concours du plus gros tas de coquilles vides, une braderie, c’est une braderie ! Je suis venu pour chiner et je vais chiner ! Il y a paraît-il cinquante kilomètres de stands de vide-grenier. Peut-être vais-je finir par les trouver quelque part ces trois numéros qui me manquent de la collection de la revue « L’Écho des savanes » ?

 

A moins que je n’investisse dans une douzaine de CD de musique classique à 50 centimes le disque, histoire de ruiner un peu plus les finances de mon ménage comme à la halle Martenot l’autre dimanche ?

 

Après tout, c’est quand même dans le Nord que j’ai fait la rencontre musicale la plus importante de ma vie ! Antonio Vivaldi ! N’en v’la, une musique qui donne la frite !

 

 

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 14 janvier 2025

à partir de la consigne AEV 2425-15 ci-dessous

Publicité
25 mars 2026

La Habanera de "Carmen" de Bizet / par le groupe Caju

 

De me vider la tête à l'aide d'un puzzle de 1500 pièces (!) ne m'empêche pas de turbiner à  l'intérieur d'icelle sur le concept de "vivantothèque".

 

Il se trouve qu'en effet le photographe et le mélomane sont assez semblables à l'entomologiste. Leur grand plaisir dans l'existence est d'aller à la chasse aux papillons !

 

Mais que faire des trésors ramenés de leurs expéditions ? Je suis bien d'accord sur le fait que "On ne t'a rien demandé, Joe Krapov !". Il y a peut-être une raison ou des raisons à l'absence sur la toile d'images et de vidéos de ce groupe de jazz excellent, Caju, que j'ai entendu avec grand plaisir au Noroît l'autre jeudi. Si on veut bien me les dire, j'écouterai et j'effacerai ce billet si cela m'est demandé. C'est une histoire de liberté et de partage. J'ai pris celle de photographier et d'enregistrer ce concert pour ma "vivantothèque".

 

Et donc je suis peut-être le seul possesseur de ces belles photos et de cet enregistrement pirate qui témoignent d'un moment suspendu de paix, de bonheur et de communauté humaine d'un soir. C'est dommage, non, de garder cela pour soi seul ?

 

Soyez les bienvenu·e·s dans  mon muséum !

 

 

 

 

 

 

 

La prestation était donnée au Noroît à Rennes dans le cadre du Festival "Quartiers en scène" lors de la soirée "Solidarités en scène" organisée par le Secours populaire français.

 

15 juin 2026

"Donjon et pigeon" au Festival Robinson à Saint-Grégoire le 13 juin 2026

 

Ici au moins, dans ce spectacle de rue de la Compagnie "Heidi a bien grandi", le discours féministe s'appuie sur un parti pris de drôlerie efficacement abouti. Qu'arrive-t-il quand on s'est trompé de valise et qu'à la place des accessoires de théâtre prévus on se retrouve, au début du spectacle, avec la valise d'un beauf moderne  ? Eh bien on assume ! Le spectacle continue ! TSMGO comme disent les Anglo-Saxons !

 

Remerciements spécifiques pour l'épisode en mode krapovien : 

"- Nouveau Saint-Georges, tu dois combattre le dragon avant d'épouser la princesse !

- Euh... Ou pas ?".

 

Le prince arabe et son dromadaire était très réussis !

 

 

 

 

 

 

La bande-annonce du spectacle est accessible par clic ci-dessous et je livre un supplément ancien qui date du temps du confinement :

31 octobre 2025

Portraits volés à l'Apéro poétique du samedi 25 octobre 2025 à Redon (2)

 

D'un exilé dans la Bretagne qui serait né au plat pays !

 

J'ai tiré le portrait des diseuses d'un soir,

Du slammeur longiligne,

De la fée joueuse de cithare,

Du pédagogue digne et doux...

 

On trouvera ici dessous

Le sourire en manteau rouge, 

La flamme portant écharpe jaune,

le bonhomme bandonéon,

La sociologie en casquette

La révolte sortie de l'atelier de Montreuil ou d'un crâne en colère

Au total 21 servants ou ferventes de la musique des mots

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il manque sur la photo de groupe

L'image du photographe et celle

De l'aède nonagénaire dont il a lu d'anciens poèmes.

 

Mais ils sont aussi là

car j'ai enregistré

Les vers qui nous invitent

A rebâtir le monde

Plus pacifiquement

Qu'il ne se montre ici ou là 

Ces temps présents.

 

Dans ce petit théâtre

Aucune opération

Spéciale ou pas

Mais un apéritif

Simplement poétique.

 

A votre santé, messieurs dames !

 

4 octobre 2024

UN FARCEUR A CONTRE-EMPLOI

 

Depuis plus de quarante ans que je fréquente la Bretagne, le marqueur ultime de l'automne est pour moi la foire teillouse de Redon. C'est une foire aux marrons, en fait aux châtaignes, enrobée de concours de chants, de sonneurs (les joueurs de biniou et bombarde du genre d'Assurancetourix), de coups de cidre ou de bière à la taverne des marins et dans les bars, de concerts ici et là. On appelle cela aussi la Bogue.

 

C'est d'abord un rendez-vous familial annuel et j'ai pris l'habitude d'aller présenter, au grenier à sel local où se déroule une scène ouverte nommée "Apéros poétiques", mon travail de poète-chansonnier.

 

On m'attend au tournant là-bas parce que, comme je l'ai fait ici souvent, j'amène des choses déjantées ou drolatiques.

 

Cette année, je vais leur faire une farce. Une farce au 36e degré. Je vais leur chanter "Pensées des morts", un poème d'Alphonse de Lamartine mis en musique par Georges Brassens. C'est drôle, non ?

 

Publicité
25 juin 2025

"En attendant Alice" par le Pilli Collectif au Thabor à Rennes le 22 juin 2025 (1)

 

 

 

C'est une chanson qui a cinquante ans et on n'est pas peu fier de la connaître, même si c'est  depuis deux ans seulement, et de la chanter à l'occasion. Elle s'appelle "Les Z'hommes", elle est signée d'Henri Tachan. C'est en quelque sorte un manifeste féministe masculin ! L'oncle Walrus l'appréciera certainement !

 

Alors quand le spectacle commence avec la Marilyn blonde et tatouée qui cherche à allumer une clope et un autre personnage féminin qui écrit, écrit, écrit tandis que passe cette chanson-là sur un poste à transistor absolument vintage on se dit que ça commence bien.

 

A la fin du morceau, ça continue bien. En effet, le même morceau repasse dans la même radio et les deux mêmes actrices reprennent leur même jeu. Les meilleures choses ayant une fin, à la fin du morceau... ça continue pareil ! Jamais deux sans trois !

 

Et puis il y a des parasites dans le poste et un grand voile se déchire, celui qui sépare les spectateurs de cet endroit où quatre femmes sont claquemurées depuis des siècles : les Enfers !

 

Ce qui est drôle c'est que la pièce a lieu dans un endroit de Rennes qu'on appelle justement l'Enfer du Thabor !

 

Pour la première fois, les spectateurs les voient, les entendent et c'est l'occasion pour elles d'exister pendant une heure avec force cris, force courses, de la violence dans les discours, des obsessions, des affrontements saignants et des chansons sur la vanité de toute chose. Marilyn, Cassandre, Antigone et Eurydice, leur leitmotiv, c'est "Peu importe !". Peu importe si Alice ne revient pas du pays des Merveilles, peu importe si à la fin de la pièce elles 'appellent toutes Alice et s'il convient de se taire pour laisser parler le vent. Celui du lyrisme féminin vient de nous emporter dans un bel univers surréalisant !

 

 

 

 

 

 

30 mai 2025

CET IMBÉCILE D’HERMÈS

 
Hermès, c’est le dieu des commerçants et, dans le même temps, c’est le dieu des voleurs ! Comment est-ce possible ? Je ne comprends pas.
 
 
Et justement l’hermétisme c’est quand on est fermé devant certaines choses. Ça ne vous atteint pas parce que vous n’avez pas les clés pour comprendre.
 
 
Les "Illuminations" de Rimbaud, l’art contemporain, l’humour au 33e degré, les phrases de Marcel Proust, les poèmes de Stéphane Mallarmé, le fait de jouer du piano suspendu à une grue à 40 mètres du sol, qu’est-ce que ça nous apporte à nous à part le fait d’éprouver le sentiment, face à certains individus, d’être des Béotiens. Et si c’étaient eux, en fait, les neuneus ?
 
 
Même au niveau de la chanson, il m’arrive d’interpréter des textes complètement insensés. Pas plus tard que mercredi j’ai chanté, a capella, « La Photographie », de Pauline Carton. Je me suis dit que j'allais faire un flop.
 
 
C’est une chanson relativement insi-stu-pide qui décrit la façon dont on développait les photographies en laboratoire au siècle dernier. Je connais bien ça, tout ce qu’on fait dans une chambre noire, parce que j’ai pratiqué ce sport moi-même avant que n’apparaissent sur le marché les appareils photo numériques.
 
 
Cette chanson n’a plus de raison d’être et devrait sembler hermétique à tous les gens qui opèrent désormais avec un téléphone pour faire dire « ouistiti » ou « cheese » afin d’obtenir des sourires sur les portraits qu'ils peuvent voir immédiatement sur leur écran.
 
 
Eh bien quand j’ai eu terminé d’énoncer cette notice technique en forme d’ariette toutes les dames présentes ont éclaté de rire et ont repris de plus belle ensuite leur déroulé de chanson paillardes !
 
 
Je n’ai rien compris à la chose. Il y a un sens caché ou quoi ? J’ai beau m’agiter le bocal, je ne comprends vraiment pas pourquoi j’ai eu l’air d’un cornichon ce jour là !
 
 
18 avril 2025

BALLE AU CENTRE

 

- Pour inventer tout ce machin

- Je pose la question tout à trac -

Vous aviez forcément un truc ? »

 

 

- Votre question est incongrue ! »

Répond-il du haut de sa grue

En faisant tourner la poutrelle.

 

 

- Est-ce que ça marche à l’électrique ?

Peut-on voir la salle des machines

Où vous créâtes ce bidule ? »

 

Il avait des yeux de grand duc,

Le regard perçant d’une chouette

Et l’envergure d’un pétrel.

 

- Faut pas être une moule de bouchot !

Faut avoir au moins son bachot

Pour y comprendre quelque chose !

 

Y a des gens qui rigolent d’Hilvern

Mais au cirque de Gavarnie

Il était le clou du spectacle !

 

Il avait des souliers vernis

Et, chutant du haut de l’échelle

Il fabriquait un Niagara !

 

 

Il n’y a pas de machinerie

Pour fabriquer ces endroits-là !

Un bitoniot pour Vivaldi ?

 

Sainte-Rita pour Fred Chichin ?

Chanson de geste machinal !

Des trucs, des choses, des machins !

 

Syndrome de la poule aux œufs d’or,

Vous voudriez que je dissèque

La mandole du ménestrel

 

Quand le chant monté de son coeur,

Quand les mots sortis de sa tête

Rendent la princesse toute chose ?

 

D’une boîte à bulles de savons

Sont nés comme un rien les nuages.

Il suffit d’un souffle divin,

 

D’une étincelle de partage…

Mais depuis je sue sang et eau

Et pour tout avouer, j’enrage !

 

Ce que je préfère chez l’homme

Je ne sais pas le reproduire :

La lumière venue des vitraux

Sur le sol de vos cathédrales !

 

 

Écrit hors ateliers les 16 et 17 avril 2025 en étant inspiré par la chanson de Serge Gainsbourg « Machins choses » et les photos d’intérieurs d’églises de Tours.

28 mars 2025

UNE TRENTENAIRE QUI DÉMÉNAGE : LE JOURNAL DE BRIDGET JONES

 

Je n’ai pas fait la queue dehors ni acheté un ticket au guichet du cinéma, à l’époque de sa sortie, en 2001. La comédie sentimentale britannique, ce n’est pas ma cup of tea, je ne pose pas cette boisson-là sur la table basse de mon séjour. Je joue d’ailleurs quelque peu les boudeuses, voire même les caves qui se rebiffent, devant ce qui est diffusé sur les écrans de cinoche depuis, mettons, l’année 2000.

 

Mais bon, comme on dit, je reste à l’écoute. Quand ma nièce préférée m’a avoué qu’elle avait trouvé son bonheur du jour dans ce film qui transpose de nos jours « Orgueil et préjugés » de Jane Austen, j’ai levé mon derrière de mon rocking-chair et j’ai regardé si je pouvais emprunter ce DVD à la Bibliothèque des Champs libres ou ailleurs dans Rennes. Eh bien macache ! Le DVD est toujours sorti, emprunté, réservé, sans doute parce que l’épisode 4 de la série vient de sortir sur les écrans.

 

J’ai laissé tomber. Je n’allais quand même pas faire le siège d’une resucée de ces romans-photos que lisaient autrefois nos mères en attendant leur tour chez le coiffeur ? A l’époque de mon enfance, le porte-revues de mon arrière grand-mère débordait de numéros de « Nous deux » et d’« Intimité du foyer ». J’y lisais pour ma part « Arthur et Zoé » ! Pour ça on a fait d’énormes progrès avec la liseuse : personne ne sait ce que vous lisez !

 

Et puis le hasard a voulu que j’aille ce dimanche à la braderie de l’APF à la Halle Martenot. J’ai refarfouillé dans les CD et dévédés et là Dame Bridget me tendait les bras en même temps qu’une vue plongeante dans son décolleté.

 

On a regardé ça hier soir et on a bien ri. Bridget Jones est une trentenaire anglaise dont la situation est confortable sans l’être vraiment. Elle travaille dans un bureau, chez un éditeur, ce qui constitue déjà une bonne assise, mais côté âme sœur, comme on le dit vulgairement, « elle fait banquette » plutôt que banquet. La bergère est peut-être bien une excellente « loveuse » mais aucun Orphée n’est venu lui proposer un trône pour qu’elle devienne sa reine et du coup Eurydice est un peu perdue pour le Glück – ça veut dire bonheur en allemand -.

 

Il y a bien son patron qui lui fait du gringue, qui épate la galerie, lui retire ses bas Chesterfield et finit par lui dévaster sa jardinière mais l’idylle s’avère fumeuse et la voilà qui fait ceinture de nouveau devant le buffet vide après avoir choqué Salman Rushdie au milieu des mange-debout au cocktail de lancement de « La Moto de Kafka » [sic]. Dommage pour elle, l’éditeur en chef, c’était quand même Hugh Grant qui tenait le rôle !

 

Après c’est bien entendu retour au garde-manger, aux copines mariées, aux copains homos et adieu le régime ! On ressort la bouteille de vodka du placard ! Il faut bien qu’on se console et sur l’écritoire le journal intime qui donne son titre au film devient le confident, le discret indiscret à qui la causeuse, comme au caquetoire, balancelle en pleine poire tout ce qu’elle pense de l’avocat armoire à glace qui, bien entendu, elle ne le sait pas encore, est celui qui, comme Marguerite, fera son bonheur et lui donnera son coeur !

 

La scène où les deux prétendants se livrent à une bataille de chiffonniers pendant un repas d’anniversaire vaut dix et le finale dans la neige poudreuse où l’héroïne sortie en petite culotte à motifs peau de panthère bien choisie dans le dressing rattrape son Mark Darcy qui l’enveloppe de son manteau, l’embrasse et lui fait chanter« Aujourd’hui j’ai rencontré l’homme de ma vie » sur l’air de "Ain't No Mountain High Enough" de Diana Ross, si ce n’est pas du happy end, je veux bien être changé en moine bénédictin, en cabinet vendéen – R’tailleau ! R’tailleau ! R’tailleau ! – ou en canapé-lit de Roche et Bobois, les ébaubis du bout du banc !

 

Tout cela a bien sûr un faux air de « Tout va très bien Madame la marquise » parce qu’il faut bien prévoir une suite, n’est-ce pas, dès fois que ça plairait ! Sinon, franchement, pourquoi est-ce qu’on aurait inventé le mot « franchise » ?

 

Mais on s'amuse bien quand même ! Merci du tuyau, Céleste nièce !

 

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 25 mars 2025

 

d'après la consigne 2425-23 ci-dessous.

26 mars 2025

UN OUBLI MAJEUR

 

- Si tu veux mon avis, la chanson n’a pas traité le mobilier de nos maisons aussi bien que ne l’a fait le théâtre. Souviens-toi de Molière et des « commodités de la conversation », des « Chaises » d’Eugène Ionesco, de « Duo sur canapé » de Marc Camoletti ! Il en a écrit combien, des pièces autour du jeu des trônes, Shakespeare ? Repense à tous ces amants que, depuis Georges Feydeau, on a enfermés dans un placard au moment où le mari rentre à l’improviste de son voyage à Montauban ! Comme équivalent dans la chanson, je ne vois guère que « Perrine était servante ».

 

« V’là M’sieur l’curé qu’arrive, V’là M’sieur l’curé qu’arrive

Cach’té donc dans la huche, Cach’té donc dans la huche ! »

 

Il y a bien un barbier de Séville au théâtre et un barbier de Belleville chez Serge Reggiani mais de barbière, aucune !

 

A l’arrière des berlines est-ce qu’elle a osé, Joséphine, avouer que sa petite entreprise ne connaissait pas la crise sur la banquette arrière de la tire à Baschung ?

 

Il y a aussi bien sûr les amoureux des bancs publics de Georges Brassens mais il font piètre figure à côté de Raymond Souplex et Jeanne Sourza, sur le banc !

 

A part ça… ?

 

- Il y a aussi « Chez toi » de Thomas Fersen mais tu en oublies surtout une de toute beauté, dont le couplet patriotique est inoubliable.

 

- Ah oui ? Et c’est laquelle ?

 

- «Sur la commode » de Jeanne Aubert !

 

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 25 mars 2025

d'après la consigne 2425-23 ci-dessous.

13 décembre 2025

LOGOGRIPHE DE L'ASPÉRULE


 
Connaître le nom des plantes, voilà ce qui botte Annick !
 
Super ! Moi qui ne connais pas l’aspérule, j’ai bien peur, de façon plus que sûre, de me prendre un râteau auprès de l’élue de mon coeur ! C’est râpé d’avance ! Comment pécho en pure perte et se retrouver lésé dès le départ, faute de livres lus parce que ça me rase, de lire !
 
Vous n’auriez pas une URL ou une appli pour apprendre, d’un seul coup d’un seul, en un laps de temps hyper-court, tout sur la prêle des champs, les fleurs des Alpes, la floraison des saules pleureurs ?
 
« Ses pleurs sont des perles de pluie, son feuillage salue ta beauté, il admire toutes tes parures, ta marche princière dans les rues, il aime toujours comme tu es sapée, tu es la queen des USA, tu pulses bien plus que les Femmes peules quand tu danses, elles deviennent pâles de jalousie… Et ce saule après tout, je peux te l’avouer, c’est moi, mes sentiments sont purs, mes râles d’amour sont sincères, tu es parée pour moi de toutes les vertus, dès l’instant où tu as paru tu m’as plu, mon coeur s’est rué vers toi comme pour répondre à un appel de Notre Père : "Tous les trésors épars que J’ai semés sur terre sont rassemblés en elle, la magie de la Perse, le piquant des roses d’Alep, la sauvagerie des Aurès à elle seule..." ».
 
Tu parles ! Je n’ai pas la tchatche du rappeur ! Je ne connais aucun remède qui m’évite d’entendre en retour d’âpres mots de rejet comme Elsa, Paule, Sara et Laure, jamais repues de méchanceté, m’en ont jadis balancés lorsque je me risquais près d’elles :
 
- Tu t’es vu, quand t’as bu, saucisson d’Arles ? Tu souffres d’énurésie ? Tu veux une alèse ? Mets-la en pause, ta propagande ! Retourne jouer sous le préau, sale môme ! Casse-toi, tu pues, sapeur Camembert ! Va te jeter sous le tromé au quai de la Râpée !

 

Purée, c’est dur la vie quand on n’ose pas aller suer au spa et que pèse sur soi leur plein seau de sarcasmes ! Ah les relapses ! Ça m’use ! Ça me sape le moral ! Je me pose un peu las ! Le bonheur est dans le pré mais il est où le pré ?

Alors ? Toujours rien dans le genre «une épure de Wikipedia, un logiciel qui taille à la serpe et redonne du sel ou du peps à la vie»?

Comment ? « Lui réciter « Le Hareng saur » de Charles Cros la fera rire ? »

Quelle drôle de ruse à deux balles ! Et c’est qui ce real bouffon ?

 
 

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 901 d'après cette consigne : aspérule

13 mars 2025

DICTIONNAIRE AMOUREUX DES GENS QUI SE PRÉNOMMENT GEORGES. 1, Georges Moustaki

 

 

En 303 après Jésus-Christ, en Libye, un nommé Georges de Lydda triompha d’un dragon local qui terrorisait la région de Silène.

 

Si Georges s’était nommé Moustaki, les armes avec lesquelles il aurait pu combattre la bête n’auraient eu que peu d’effet sur la situation : une guitare en bois, un hamac, une nonchalance toute méditerranéenne et une gueule d’amour pour séduire les filles n’ont jamais effrayé grand monde et surtout pas des généraux qui prennent le pouvoir en Grèce, pays qui fut à ce qu’on dit le berceau de la démocratie, pour y établir une dictature.

 

Mais pour nous autres qui sommes de nouveau en guerre, les mots et la philosophie de Georges Moustaki constituent un bien très précieux, même si aussi inefficace contre les monstres qui nous entourent.

 

En premier lieu, c’est vrai, « Il est trop tard ». Pendant que je dormais, pendant que je rêvais (à la fin de l’histoire?) les aiguilles ont tourné et si on est venu à bout un temps de l’U.R.S.S., le K.G.B. est toujours là. L’impérialisme néo-tsariste nous rejoue « Buvons un coup ma serpette est perdue mais le manche mais le manche » est revenu dans la face des Ukrainiens et, par ricochet, dans la nôtre.

 

Bien qu’il ait gravité dans l’entourage d’Edith Piaf et lui ait concocté ce chef-d’oeuvre absolu, « Milord », Georges Moustaki a surtout percé avec son album de 1969 sur lequel on trouve le célébrissime « Métèque », « Le Temps de vivre », « Il est trop tard », « Gaspard », « La Carte du Tendre », « Ma solitude », « Joseph » et deux instrumentaux à la guitare, « Natalia » et « Rue des Fossés Saint-Jacques ».

 

Ce disque a été suivi d’un album en public, le concert à Bobino de 1972 qui contient le fameux « Dans mon hamac » et cette « Pierre » dont les paroles disent « Juste une croix qui déchire le vent, mes souvenirs sont les seuls survivants ».

 

Dans la discographie postérieure on trouve « Les amis de Georges », un hommage à Georges Brassens qui l’avait pris sous son aile, la « Marche de Sacco et Vanzetti », anarchistes américains aujourd’hui oubliés, « Ma liberté », « Eden blues », « Sarah », « Il y avait un jardin », « En Méditerranée », « Grand-père »…

 

Les expéditifs de 2025 verront certainement dans cette liste de quoi fusiller un « woke » ! Cela ne m’empêchera pas de chanter le refrain de « La philosophie » :

 

« Nous avons toute la vie pour nous amuser

Nous avons toute la mort pour nous reposer. »

 

Faites votre miel de tout cela, braves gens ! Et n’oubliez surtout pas la recette de l’amour et de la gaîté : « Donne du rhum à ton homme ! ».

 

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 11 mars 2025

 

d'après la consigne AEV 2425-19 ci-dessous

10 décembre 2025

Rien à jeter ! Ah que ! Je l'aime ! / par les Am'nez zique

 

Moi je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais hier soir j'ai passé un excellente soirée. Je rassure tout de suite mes amies de l'atelier d'écriture de Villejean. Ce n'est pas en raison de mon absence, exceptionnelle, à la séance "Ecrire comme Delerm" dont j'avais pris soin de déléguer l'animation à Dame Véronique. C'est parce que j'étais invité à un buffet bien garni pour célébrer la fin de la "Ballade avec Brassens" en compagnie des organisateurs et d'autres musiciens dont les célèbres, du moins sur ce blog,  Voyous. Mon acolyte au sein du duo "Les Am'nez ziques", M. Aloïs Le Bichon, était absent de la fête car il avait oublié qu'il s'était engagé dans un projet de randonnée de deux jours à la même date.

 

De fait c'était plutôt une réunion de bilan de la Fête de la Pommeraie. Pas grave, on a bien mangé et bu quand même de l'Unaju à la mandarine - c'est sans alcool - et sur la fin, on nous a demandé, aux trois musiciens présents, de chanter. Ce qu'on a fait, bien évidemment. J'ai accompagné les Voyous sur "L'Orage"  puis ils ont enjolivé ma dernière "création brassensophile" de guitare, de mandoline et de voix. Elle est ci-dessous dans une version de défrichage mais sans eux, juste en duo. Ils ont ensuite balancé "Les Kiwis" d'Eric Toulis et "On ne dit jamais assez aux gens qu'on aime qu'on les aime" de Louis Chédid, titres sur lesquels j'ai improvisé une partie de contrechants puis de basse.

 

Evidemment, comme à chaque grand moment musical réussi, j'ai oublié d'allumer mon enregistreur ! Pô grave, c'était vraiment une très bonne soirée, avec fans qui filment, gens qui sourient et allumage des briquets sur "Ah que ! je l'aime !".  

 

 

 

Je vous fais cadeau ci-dessous des originaux des deux chansons reprises par mes acolytes. Le clip de Louis Chedid est bien sympathique ! Et "Les Kiwis", c'est bien une chanson faite pour des voyous comme Christophe et Loïc !

 

19 août 2024

LA VIEILLE DAME QUI MARCHAIT DANS LA MER

 

Les trois crânes chauves ou dégarnis qui dépassent des transats et s’inscrivent dans son champ de vision rappellent un bien mauvais souvenir à Marie-Jeanne Gabriel. Celui de son directeur de thèse de littérature comparée à l’Université de Rennes 2, Frédéric Lebanc d’Arfou, un petit monsieur ventru, adipeux, chauve, trop parfumé, aux doigts boudinés, qui venait se planter sous votre nez pour vous parler, installait une proximité quasi centimétrique avec chacune de ses interlocutrices.

 

Qu’est-il devenu, cet allumé de Frédo ? Sans doute est-il mort maintenant. Parce que depuis sa thèse, soutenue en 1988, il s’en est fracassé des vagues à Saint-Malo où, maintenant qu’elle est une vieille enseignante retraitée, Marie-Jeanne se rend tous les mercredi après-midi pour faire du longe-côte avec ses copines. Comme beaucoup de Bretonnes elle a toujours aimé la mer, la natation, le grand air. En témoigne cette photo d’elle posée sur un des rayonnages de sa bibliothèque très fournie. Elle a été prise en 1989 sur la plage du Sillon. C’était juste après le carnaval où David, son petit ami de l’époque, photographe amateur, avait été pris à partie par un groupe de « Vénitiens » parce qu’il portait lui-même une cape arc-en-ciel, un tricorne et une bauta et s’était mêlé à eux par jeu. Les autres n’avaient pas trouvé ça très malouin et l’avaient pressé de s’écarter. Saint-Malo-Rennes, c’était déjà un derby à l’époque, même si aujourd’hui les deux villes ne jouent plus dans la même division.

 

 

.N’en déplaise à Judith Godrèche, il n’y avait pas eu d’affaire Lebanc d’Arfou. Ce monsieur avait dû mener sa carrière de prof de fac jusqu’au bout sans jamais passer à l’acte. Un obsédé sexuel, certes, à tous les coups, mais comment le prouver et que dénoncer s’il n’y a ni attouchements, ni propos déplacés, ni rien sauf un goût soupçonné pour tout ce qui concerne les échanges de liquides au niveau du bas-ventre lors de cérémonies visant – ou pas – au réarmement démographique du pays ? Encore cela revêtait-il uniquement, chez lui, la forme de sujets de thèses bien choisis confiés à ses étudiant·e·s :

 

- Le Langage de l'obscénité : étude stylistique des romans de DAF De Sade ;

- L’Univers langagier de San Antonio ;

- Les Deux volets du « Sodome et Gomorrhe » de Marcel Proust ;

- La Femme, la Cour et les arts chez Brantôme ;

- Éléments d’érotique du texte. Trois auteurs contemporains : Alain Robbe-Grillet, Kateb Yacine et Sony Labou Tansi.

 

Et aussi bien sûr celle qu’elle-même avait brillamment soutenue malgré son sujet éminemment casse-gueule :

 

- Représentations comparées de la femme chez Marcel Proust, Frédéric Dard, Pierre Perret et Georges Wolinski.

 

Elle se souviendrait toujours de l’altercation survenue lors de la soutenance entre le président du jury et son directeur de thèse.

 

- Mademoiselle Gabriel a effectué un excellent travail de recensement statistique du vocabulaire utilisé par ces auteurs, notamment en soulignant l’omniprésence de la syllabe « cul » dans tout le corpus étudié et l’absence du vocable « cattleya » chez Pierre Perret. Mais je trouve curieux d’insister ainsi sur l’appartenance « zodigliacale », comme dirait Francis Blanche, de ces quatre auteurs à un même signe astrologique, celui du cancer. Allons nous voir bientôt débouler des thèses sur Madame Soleil, Elisabeth Tessier, Paco Rabanne ? Pour quand une biographie comparée d’Arthur Rimbaud, Christophe Colomb et Roger Hanin, nés tous trois un 20 octobre ?

 

- Tu dis ça parce que toi aussi t’es du Cancer, Maurice ! avait ricané Frédo.

 

- Peut-être, mais tu n’as pas du tout creusé la question de la modulation par l’ascendant. Sans oublier que la position de la Lune est prépondérante pour ce qui concerne le psychisme. Surtout chez les cancers ! D’ailleurs...

 

Ce charabia de spécialistes avait bien duré dix minutes, les plus longues de sa vie, car le ton avait monté et les deux professeurs en étaient presque venus aux mains avant que tout ne retombe comme un soufflé et qu’elle ne reçoive les félicitations du jury et la mention très bien.

 

Qu’y avait-il eu entre ces deux-là ? Une histoire de femme piquée par l’un à l’autre comme pour George Harrison et Eric Clapton ? Une cohabitation trop intime dans un appartement en colocation rue Legraverend ou ailleurs au temps où ils avaient été eux-mêmes étudiants ?

 

***

 

Marie-Jeanne Gabriel chassa ces pensées et ces interrogations et se remit à écouter la musique « folk-soul » des deux soeurs venues de Roanne qui jouaient devant un public inattendu et surprenant : des dames à cheveux blancs de retour du longe-côte, des messieurs à crâne chauve, tout un monde de boomers affalé dans des transats sur la place de la Mairie de Rennes alors que leur public potentiel à elles buvait force bières aux terrasses des « Grands gamins » et du « Sketch » sur le mail François Mitterrand.

 

Elles jouaient bien de la guitare, les deux sœurs, mais pratiquement jamais ensemble. Elles chantaient bien aussi avec deux voix très différentes mais, très souvent, l’une après l’autre, avec un début de chanson en français et la suite en anglais. De toute façon le batteur tapait tellement fort qu’on ne comprenait rien à leur discours. Il fiche quoi, le mec à la table de mixage ?

 

Et puis à un moment elle n’a plus rien entendu du concert. Les trois crânes chauves se sont mis à dialoguer très crûment entre eux.

 

- A ton avis, Didier, laquelle couche avec le batteur ?

 

- Peut-être qu’il s’envoie les deux ?

 

- Tour à tour ou ensemble ?

 

- Laquelle crie le plus fort quand elle jouit ?

 

- Il ne sait pas, il garde ses airpods en baisant !

 

C’est insupportable pour Marie-Jeanne. Elle se lève, ramasse son pliant à trois pieds et quitte le concert. Ça lui rappelle la blague racontée par sa copine Maryvonne.

 

- C’est deux sœurs jumelles qui s’entendent très bien et il y en a une qui se marie avec un nommé Gérard Lambert. Mais l’autre trouve le copain de sa frangine à son goût et demande l’autorisation à sa sœur de la remplacer au cours de la nuit de noces pour profiter elle aussi de ce joli garçon. Les choses se passent ainsi et Gérard Lambert est tout heureux de remettre le couvert sans que ça ne provoque de la gîte. Simplement, le lendemain, il se sent obligé de confier à son beau-père son étonnement : son épouse avait deux pucelages !

 

Cet envahissement de fantasmes et d’anecdotes d’un goût douteux lui rappelle également un roman de Donald Westlake, « Un jumeau singulier », l’histoire d’un type qui se fait passer pour deux frères jumeaux afin de séduire deux sœurs jumelles.

 

Mais bon, Westake a une bonne excuse pour cette grivoiserie : lui aussi est du signe du cancer !

 

 

Écrit pour le jeu n° 97 de Filigrane (La Licorne)

à partir de cette consigne

 

2 mars 2025

Correspondance vespérale du dimanche 2 mars 2025

 

Bonjour Dame de Lannion

Enfin le soleil est de retour sur Rennes, même si on se les pèle encore vu qu'il gèle toutes les nuits !

La tousseuse continue de tousser mais elle est repartie à 100 à l'heure dans son turbin du soir au matin !

Je l'emmène voir des spectacles pas forcément au top mais ce n'est pas de mon fait : dimanche dernier c'était un concert d'un groupe de chant de marins qui s'est désisté et a été remplacé au pied levé par un violoniste sans violon, doté d'une guitare mais si piètre guitariste qu'il préférait chanter a capella accompagné par un plombier harmoniciste amnésique - le pauvre a fait trois AVC ! - qui jouait très bien l'air du "Petit vin blanc" mais par-dessus la mélodie de "La Java bleue" ! J'ai failli aller empoigner la guitare pour leur venir en aide ! On a rarement autant ri dans l'EHPAD où ça se passait, surtout nous ! La version totalement expurgée de Jean-François de Nantes - mais pourquoi est-il à l'hôpital, alors ? - restera dans les annales !

Cet après-midi, c'était une adaptation théâtrale de "La Chartreuse de Parme" de Stendhal. Bien jouée mais au contenu vraiment trop daté et inintéressant. Evite de lire ça !

Heureusement, hier soir à la Péniche-spectacle, l'alliance d'un violoncelle virtuose et d'une voix de toute beauté, les frères Saglio !

 

 

Avec ça, j'ai repris de belles déambulations photographiques et expérimentales dans Rennes dont je suis très content. Et je continue de mettre de l'ordre dans mon grenier en vue de tout numériser !

Attention, mardi prochain tu auras droit à des bananes ! 😉

Bises et bonne semaine à toi !

 

 

 

 

9 novembre 2024

Joe Krapov aux Apéros poétiques de la Teillouse à Redon le 27 octobre 2024

 

Zut ! C'est moi qui ai ouvert le bal ce dimanche-là ! J'ai eu l'impression que la salle n'était pas "chauffée" encore mais à la réécoute de l'enregistrement, je m'aperçois que ça a quand même bien fonctionné, même si je n'en ai pas trop fait dans l'interprétation "théâtrale".

 

Il s'agit donc d'une "traduction-adaptation-trahison" des deux chansons suivantes : "The Wellerman" (shanty australien anonyme) et "A la pêche à la baleine" de Jacques Prévert et Joseph Kosma. J'ai pris le texte de la deuxième et l'ai collé sur l'air de la première puisque les deux chansons traitent du même sujet.

 

Je l'ai interprétée en public le dimanche 27 octobre 2024 aux Apéros poétiques de la Teillouse à Redon (Ille-et-Vilaine). Les illustrations sont empruntées au web. Merci au public et à l'animateur de cette scène ouverte, le très sympathique M. Battmanu !

 

N.B. J'ai déjà consacré un billet à ce travail de réécriture. C'est ici :

http://krapoveries.canalblog.com/2024/04/a-la-peche-a-la-baleine.html

8 novembre 2025

UN SOUVENIR DIVIN

 

Elle voulait que Je l’appelle Venelle !

 

Elle souhaitait qu’on se gondolât, ou quoi ?

 

Tout son organisme, étendu, était en forme de poisson et, certes, ses petites rues serpentaient comme des veinules autour du liquide amniotique, halieutique et iridescent de sa folie adolescente. Mais elle avait de jolies places, un arsenal de séduction qui se campe haut, un fondement fondamental de fondamenti au cordeau, des anches pleines pour les hautbois de Vivaldi et toute une vénération religieuse à venir qui reposait sur les plus affermis des pieux.

 

Si tu vas à Rio, comme chantait Dario, n’oublie pas de donner le nom de celui qui fait son renom, celui du Palazzo par où elle soupire quand nous soupons au Danieli de velouté au basilic et qu’elle reste fuyante comme toutes les femmes poisson natives du cinq mars qui refusent le marc parce que le pousse-café rime avec « pousse-au-crime ».

 

- J’en ai assez, déclarait-elle comme à la douane, sur la pointe des pieds dans ses petit souliers, que Tu m’offres des campaniles, que Tu me bâtisses des palais pas laids garnis de palines peu palotes. Ta plus belle avenue du monde, je ne m’y reconnais pas. Je suis une discrète, une humble dentellière. Je rêve d’être une ruelle dans une île de pêcheurs entre une maison rouge et une maison moutarde, que des enfants y jouent à cache-cache humain et non à labyrinthe mondain-mondialisé comme aux Champs-Élysées. S’il Te plaît, appelle-moi Venelle !

 

Je n’ai jamais eu le dernier mot avec les femmes. J’ai cédé à ses désirs. Elle vit à Burano, solitaire et tranquille, oubliée de tous sauf de Moi.

 

Quant à cet autre écrin que Je lui avais fait pour que nous puissions vivre d’amour sérénissime et de carnaval fou, Je l’ai appelé Venise et Je me mords les doigts de ce que c’est devenu !

 

Les jolies femmes ont toujours raison ! N’oubliez jamais cela si vous devez bâtir un monde !

 

N.B. Les deux photographies sont

de Marina Bourgeoizovna.

 

 

 

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 896 d'après cette consigne : Venelle

10 novembre 2025

Roule la barrique / Patrick Chorlet

 

Jusqu'à l'âge de 40 ans ma connaissance des chants de marins se limitait à peu de choses près au "Santiano" d'Hugues Aufray et au "Port de Tacoma".

 

Depuis mon arrivée à Rennes et ma fréquentation occasionnelle du Festival de Paimpol, j'ai rattrapé mon retard, découvert Michel Tonnerre, Babord Amures et accompagné trois chorales bien branchées sur ce répertoire. Mais je suis toujours ravi quand je découvre des chansons que je ne connais pas comme ici aux apéros poétiques de la Teillouse à Redon le dimanche 26 octobre grâce au discret Patrick Chorlet dont j'avais déjà publié une "vidéo-diaporama", "Laissez faire" par le passé.

 

 

4 octobre 2025

COUGAR AU GORILLE ??

 
 
Ah que nenni,
Amie grenouille !
 
Jamais ne crus
Cette infinie
Carabistouille
D'une princesse ni-
Guedouille
Qui, pour vaincre ses insomnies,
Se piqua l' doigt
Sur sa quenouille !
 
Cent ans,
Paraît-il,
Dormit-elle !
 
Sans que rien
Ne changeât
En elle ?
 
Pas un seul cheveu
N'eût blanchi ?
 
Elle fût restée
De sa blondeur
Perrault-xydée ?
 
Les lèvres toujours purpurines
Et les rondeurs bien affirmées
Comme affermies ?
 
Les inventions de ce poète
Serpentent au doux nom de sornettes !
 
 
 
Ah que nenni,
Amie grenouille !
 
Sous son matelas
Il n'y avait pas
Une boîte de ratatouille
Ni même un humble petit pois,
Pas de boîtier transhumaniste
Qui préservât la joliesse
De son Altesse,
Qui maintînt
Son joli teint
Et conservât son apparence
D'icône de l'adolescence 
Pour qu'un amant,
La réveillant,
Criât au génie! *
 
* Je crois que mon amour du subjonctif m'a fait rater ici un calembour de 1er choix !
 
Le prince qui passa par là
La débroussailleuse avec soin
Fut consterné de ce tableau.
 
- Que font tous ces gens endormis
En cette superbe demeure ?
Et ce vieux tromblon décrépit,
Quasi hideux,
Rêve-t-il d'être à son affaire
Auprès de moy ?
 
Qui croit que je vais embrasser
Cette vieillarde trépassée ?
 

 

Il s'app’lait Ludwig II
Et créchait en Bavière.
Lors, il y retourna.
 
Cruel fut le hasard
Pour la dame cougar :
C'était un solitaire
Que l'amour laissait froid.
 
Ouvrant l'oeil à demi,
Constatant le mépris,
La princesse comprit
Qu'un siècle avait passé
Et qu'aux plus belles de ses choses,
Le temps avait fait un affront.
 
- Bah ! soupira la centenaire,
Qu'on pût encore me désirer,
Ce serait extraordinaire
Et pour tout dire inespéré !
 
Ell' s'retourna de l'autr' côté
Et s' rendormit pour cent années.
 
***
 
Sinon, amie grenouille,
T'as de beaux yeux, tu sais ?
 
- Embrassez-moi !
 
 

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 891 d'après cette consigne : quenouille

20 août 2025

« A table ! » au festival « Folie ! Les mots » à Faux-la-Montagne le 28 juillet 2025 (1)

 

 

La lecture publique de textes littéraires est une activité que j’ai beaucoup pratiquée entre 1995 et 2008. Retrouver des adeptes du même sport dans un jardin d'habitant à Faux-la-Montagne au soleil de l’été revenu fut d’autant plus un régal que la thématique choisie était la cuisine.

 

J’ai enregistré l’excellente prestation de Philippe Bertin et Agnès Lalle accompagnés musicalement par Pierre-Yves Renard et Florent Hellard.

 

Le duo nous a proposé, entre autres, des textes de Karen Blixen, Ogawa Ito, Jacques Prévert, Fabrice Caro, Taillevent, Nino Ferrer, Roland Topor...

 

C’est ce dernier choix que j’ai gardé pour la bonne bouche ou plutôt pour le partage avec vos belles oreilles ! Cela s’appelle « La Crème brûlée » et est extrait du recueil « Vaches noires ».

 

A noter qu’il s’agit ici d’une version féminisée du texte ou plutôt de sa dernière phrase et que ce n’est pas plus mal !

 

Quel plaisir de découvrir cette belle écriture si bien mise en valeur par cette voix « à la Arletty » !

 

 

 

 

 

 

 

 

12 août 2025

Vincent Brusel à "Folie ! les mots" à Faux-la-Montagne le 28 juillet 2025

 

Il était annoncé sur le programme et les affiches que c'était la 20e... et dernière édition du festival "Folie ! les mots".

 

Pour nous c'était la deuxième fois que nous y assistions mais pour les artistes qui s'y produisent depuis quinze ou vingt ans, je comprends que ça leur en fiche un sacré coup que ce festival  original s'arrête. Ce lundi, avec le soleil revenu, nous sommes allés nous poser pour la première fois dans un jardin afin d'y entendre une "Invitation à la valse et à la java". Que de surprises dans ce concert ! On y retrouve, pour qui connaît, les tubes des années trente que j'ai mis dans ma guitare - ou pas - :"Là où y'a des frites", "Monsieur Bébert", "Totor".

 

Le mandoliniste est une pointure, il chante merveilleusement bien et est un puits de science sur l'histoire musicale des années 1920. Il nous joue des choses très pointues, des fox-trots chinois, des goguettes antimilitaristes, des timbres écrits par des marins dans le Pas-de-Calais - Vincent Brusel vient de Boulogne-sur-Mer -.

 

J'ai capté le moment d'émotion à propos de son installation par ici et c'est suivi d'un autre chef-d'oeuvre de Georgius, "Kaoutchouski", que je vais m'empresser d'ajouter à mon répertoire de contes chantés.

 

Merci et bravo, Monsieur Vincent !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

24 juin 2025

"Les Rêvailleuses" par la Compagnie Boréales aux Dimanches du Thabor à Rennes le 22 juin 2025

 

 

Ce dimanche, au jardin du Thabor, "Dimanche au Thabor" invitait l'ADEC et la FETTAAR pour une après-midi consacrée au théâtre. L'occasion de voir trois pièces d'affilée. La première était un duo de clowns joué par la Compagnie "Boréales" de Chartres de Bretagne dont j'apprécie beaucoup le travail.

 

Quand ces deux clownes de la campagne débarquent dans la ville pour s'y installer, leur discours naïf dans lequel les mots se prennent les uns pour les autres me rappelle quelqu'un. Raymond Devos ? Non, quelqu'un de moins connu mais d'aussi pointu, le québécois Marc Favreau (Sol) dont j'ai failli acheter un recueil de textes à Lannion.

 

Bien, vu, Joe Krapov ! C'est bien à partir des textes de Sol que les deux comédiennes avouent avoir bâti la trame de leur spectacle.

 

En cadeau de remerciement à ces dames, un monologue bien d'actualité de ce clown-poète décédé en 2005 !

 

 

 


 

 

 

 

25 janvier 2013

Diabolo (Chat-chat) en extase à Saint-Lormel (Côtes d'Armor) le 20 janvier 2013


- Regarde, Marina, ce chat tombe en extase quand je joue de la guitare. Il faut qu'on en parle à Anita : son Chouchen va se planquer chaque fois que je joue de l'harmonica !

- C'est un chat de bistrot, celui-là, Joe Krapov : il a l'habitude d'entendre tout et n'importe quoi sans moufter.

- OK, Merci à toi de me ramener sur terre !
 
14 décembre 2024

LA CHANSON HYPOCALORIQUE

 

Alphonse Allais a écrit : "Faut du Baudelaire, c'est entendu, mais pas trop n'en faut !".

 

Les calories et surtout les kilocalories, c'est pareil. C'est déjà ce que constataient, en 1978, Claude Lemesle et Alice Dona dont je suis très content de reprendre, pour vous, avant les repas de fêtes qui se profilent,  "La chanson hypocalorique".

 

 

 

Réalisé et enregistré pour le Défi du samedi n° 850

d'après cette consigne : kilocalorie

11 avril 2024

DICTIONNAIRE DES IDÉES REÇUES : LETTRE D (1)

 


Daguerréotype : Le Daguerréotype n’a rien à voir avec le type qui a connu Agnès Varda à l’époque où elle habitait naguère la rue Daguerre. C’est bien plus vieux que cela. Ça date d’avant la guerre. C’est le nom des premières photographies, celle que l’on prenait en demandant aux gens de garder la pose un assez long temps sans bouger, comme pour Cléo de 5 à 7.
 

Damas : De nos jours plus personne n’emprunte le chemin de Damas. Faut dire que ça fait bien dix ans qu’il y a la guerre là-bas.
 

Dauphin (1) : Comme nous n’avons plus de roi, nous n’avons plus de dauphin. C’est vrai que, à la place, nous avons Jupiter mais lui qui nous donne des leçons de réarmement démographique a bien pris soin de ne pas faire de mômes !
 

Dauphine : Comme nous n’avons plus de reine, nous n’avons plus de dauphine. Même chez Renault ils n’en font plus. Pourtant elle avait de jolies rondeurs, cette voiture. Un peu comme Laure Manaudou qui est maintenant, dans sa cuisine, la championne des pommes Dauphine !
 

 

Dauphin (2) : A ce poisson intelligent on a toujours préféré pour la décorations des flippers la pin-up un peu bête dont les seins proéminent et le fessier poudroie.
 

Débauche (1) : Autrefois sur la toile elle était toujours de couleurs, la débauche. Maintenant, sur la toile, elle est bien souvent de fake-news (défèque-niouzes en bon français), la débauche.
 

Débauche (2) : Encore une histoire de pluriel irrégulier : un Allemand, débauche.
 

Décoration : Depuis que la décoration de la Légion d’honneur est un fac-simile de la pierre de Rosette en résine synthétique et en grandeur nature, plus personne ne veut être fait chevalier de cet ordre ! Ah non. Je confonds. C’est depuis qu’on s’est rendu compte qu’on l’avait donnée à Gérard Depardieu, Roman Polanski et Harvey Weinstein !
 

Décor de théâtre : Plus besoin ! On joue maintenant toutes les pièces sur un plateau vide. Plus besoin de costumes non plus :Tartuffe est transposé au XXIe siècle et tous les acteurs sont à poil.
 

Dent : Si les tiennes ne rayent pas le parquet, tu ne posséderas pas une Rolex à cinquante ans et donc tu auras raté ta vie.
 

Descartes : Ce philosophe adore nous emmener dans la cuisine pour qu’on y fasse semblant de connaître le latin : tout le monde connaît son « cogito ergo sum » qu’il faut traduire par « L’Empereur Hiro-Hito monte sur ses ergots quand il sort de son somme ».
 

Décorum (1) : Rime riche à « péplum », surtout dans le Cléopâtre de Joseph L. Mankiewicz (1963)
 

Décorum (2) : Faux ami car c’est généralement sans décorum qu’on périt en prononçant les mots « Dulce et decorum est pro patria mori ».
 

Déicide : Mot qui ne sert plus à rien pour deux raisons :

1) Friedrich Nietzsche a décrété que Dieu est mort et Georges Brassens a chanté que les morts sont tous des braves types. On ne va pas aller en rajouter derrière, non ?

2) Aujourd’hui encore nous sommes plongés dans de multiples guerres de religions et personne n’écoute plus Renaud Séchan quand il chante « Tuez vos dieux à tout jamais Sous aucune croix l’amour ne se plaît ».

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 9 avril 2024

d'après la consigne 2324-25 ci-dessous

Publicité
Mots et images de Joe Krapov
Publicité
Publicité
Derniers commentaires
Visiteurs
Depuis la création 814 844
Archives
Newsletter
Publicité