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Mots et images de Joe Krapov
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4 janvier 2026

Maela hag Anouk au fest-noz de Terre d'union à Lannion le 28 décembre 2025

 

 

On n'est jamais déçu quand on va au fest-noz de Terre d'union à Lannion. D'une parce qu'on ne danse pas avec les autres tournicoti tournicoton de zébulons bretons et qu'on préfère rester au pied de la scène à photographier les musiciens·ne·s. De deux parce que la musique est toujours bonne ici. De trois parce que, comme chantait Enrico Macias "Ah qu'elles sont jolies les filles de mon pays..." d'adoption !

 

Cependant, s'il m'est permis d'ajouter un petit bémol, il y avait un monde dingue cette année. Les danseurs et danseuses ont failli écraser les photographes contre la scène tant ils mettaient d'ardeur à secouer leurs pieds latéralement et à propulser d'avant en arrière leurs mains nouées par l'auriculaire. 
 

Et je ne peux pas vous fournir les preuves du forfait parce que dès 20 h 30 les lampadaires urbains étaient éteints dans la salle des Ursulines ! -)

 

 

 

 

 

 

Quand Anouk et Maela, reines du kan ha diskan, chantent à deux voix et en s'accompagnant à la guitare, c'est encore plus joli !

 

 

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19 décembre 2025

METS TES TRACAS DANS TON BARDA !


"Mets tes tracas dans ton barda !", c'est une formulation que j'ai trouvée dans un des albums des Peanuts de Charles M. Schulz où Snoopy joue au soldat mais je n'ai pas eu le courage de me plonger dans la cinquantaine de recueils que je possède pour retrouver l'image ! Et les moteurs de recherche ne me sont d'aucune aide : ils renvoient juste à une de mes pages de blog !



J'en ai fait le refrain, bien surréaliste, de cette chanson que j'ai traduite-adaptée-trahie (mais pas tant que ça !) cette nuit !



Bonne écoute à vous !

 

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 902 d'après cette consigne : barda

6 décembre 2024

J’ARRÊTE !

 

Mais il veut rire, l’oncle Walrus ? Il ne manque pas d’air en espérant me voir jeter sur le papier un long texte bien étiré sur ce rite imbécile qui consiste, aux mariages, à retirer avec les dents la jarretière de la mariée !

 

Ce n’est pas que je redoute l’ire de nos amies écrivantes, que je craigne qu’on me jarte de ce bienheureux terrier du Défi où il fait bon être. Que je me tire à l’autre bout de la terre, sur les bords du lac Erié, que je veuille me mettre au vert en Eire ou à Jarrie en Isère ne fait pas partie de mes projets ; mais jouer le reître masculiniste à nouveau en évoquant avec plaisir et salacité ce qui se situe au-dessus du rohmérien genou de Claire ou sous les souchoniennes jupes des filles, cela fait de ma part l’objet d’un rejet certain.

 

 

Tant pis si l’on rit de moi mais désormais ma parole sera rare, je ferai le tri et je ne réerai pas, je ne bramerai plus, du moins en public, mon goût pour les fanfreluches, bagatelles, bigoudis et autres choses de l’amour et du sexe. Une ère différente s’est ouverte : il faut se tenir ferme sur son jarret partout où l’on va, assurer ses arrières : l’accusation de sexisme est là, terrée dans l’ombre, à un jet de pierre, prête à vous tomber dessus dès que vous écrivez le mot « soutien-gorge » ou « porte-jarretelles ».

 

 J’ai donc procédé cette semaine à un tir en touche et je suis allé errer un moment dans la notice de l’ordre de la jarretière chez Madame Wikipe où j’ai retrouvé le bon chevalier Saint-Georges. J’ai aussi rejeté l’idée de réitérer une variation sur son dragon mais j’ai été séduit par l’histoire d’Edouard III :

 

« Le 23 avril 1348, lors d'un bal à Calais, il dansait avec sa maîtresse, la comtesse de Salisbury. Celle-ci ayant, en dansant, fait tomber sa jarretière, le roi, galamment, la ramassa sous les quolibets des danseurs, la mit à son propre genou et coupa court aux railleries par ces mots : « Messieurs, honi [sic] soit qui mal y pense. Ceux qui rient maintenant seront très honorés d'en porter une semblable car ce ruban sera mis en tel honneur que les railleurs eux-mêmes le chercheront avec empressement. ».

 

Rira bien qui rira le dernier ! Et l’amour des hochets dans la perfide Albion qui n’a toujours pas connu de « Ah ça ira » est tel que cet ordre chevaleresque perdure encore aujourd’hui !

 

Je vous gratifierais bien ici d’un « Ite missa est » mais avant que l’échelle soit tirée, je vous fais cadeau d’un rai de lumière sur la présence du morceau musical ci-dessous. Il est signé Ken Hensley, s’appelle « The Park » et est tiré du deuxième album du groupe de rock Uriah Heep intitulé « Salisbury », sorti en 1971 !

 

Au jeu de marabout-bout de ficelle des mots du Défi, on retire toujours quelque chose, ne serait-ce que de la nostalgie !

 

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 849

 

d'après cette consigne : jarretière

11 décembre 2025

AU NORD DE SOI

 

Au nord de soi on a une Belgique empreinte de silence, de sobriété et de dignité.

 

Ce n’est pas un plat pays, c’est un pays droit. On a des ancêtres qui se sont mariés là-bas. La branche familiale de l’arbre généalogique y a pondu ses rameaux pendant cent ans avant de revenir en France, pas loin, dans le Pas-de-Calais.

 

On en a gardé une rigueur morale, quelque chose de catholique, l’idée de front républicain, l’amour de tout ce qui est battu en brèche par le monde poutino-techno-trumpiste (PTT !) actuel.

 

On n’est pas empêché pour autant, du fait de ces valeurs-là, d’être un sybarite. Alors on profite comme un gamin du trottoir au soleil. On y fait rouler ses billes, on sifflote. On regarde sans s’énerver les gens qui se croient importants, les nains et les naines qui balancent des « Casse-toi, pauv’ con ! » et des « Les sales connes, on va les foutre dehors !».

 

Au nord de soi, dans sa Belgique intime comme dans la vraie, celle qui a vécu deux ans sans gouvernement, on sait que Waterloo rime avec « morne plaine » et on préfère en rire.

 

- Mets ta ceinture !

- J’ai ma ceinture !

 

 

Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean d'après la consigne 2526-11 ci-dessous

28 juin 2024

Choses vues à Paris entre le 9 et le 28 mai 1982 (1)

 

Images extraites de la pochette N 82 16 intitulée "Paris + Daumesnil (entre le 9 et le 28 mai 82)". Il s'agit de négatifs rephotographiés ces jours-ci.

 

 

Ah ça ! Je veux bien vous croire ! (Du moment que ça ne signifie pas "Zut à celui qui le lira" !)

 

 

...est-elle plus lumineuse ? Plus nuageuse que la vie avec un Capricorne ?

 

 

Vous semblez perdue ! Vous cherchez votre chemin, mademoiselle Aphrodite ?

 

 

Amicale pensée pour Agnès B. qui était ma voisine de bureau et ma confidente matutinale dans ces années-là. Et bon anniversaire à elle !

 

 

- Bon alors ? Tu joues, Prométhée, ou tu prends tes pilules pour le foie ?

 

***

 

Je ne me souviens plus si c'était à Bobino mais je sais que je suis allé le voir en concert, Chris de Burgh, au moment de la sortie de "Man on the line" (album produit par Rupert Hine, autre sujet de fanitude krapovienne à qui je dois bien un billet !).

 

P.S. Internet me dit que c'était au Zénith de Paris, le 1er octobre 1984 !

 

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13 février 2026

ENFANTILLAGES DU 10 FÉVRIER 2025. 2, Toujours plus haut

 

TOUJOURS PLUS HAUT

 

Le chat monte sur le toit

Le coq monte sur ses ergots

La poule monte sur le mur

Et picore du pain dur

 

Le pigeon monte se percher

Sur le sommet du clocher

Puis fait caca sur la statue

Du général Képifoutu

 

L’araignée monte l’escalier

Qui la conduit au grenier

 

L’éléphant monte à vélo

Au cirque et c’est rigolo

 

La pie voleuse monte en l’air

Et cambriole

Tandis que le cabri cabriole

Et cabotine

Et que le cheval caracole

Sous l’écuyère Seccotine

 

Quand survient une souris

La baronne grimpe au rideau

 

Mais ce n’est pas une souris

Ce n’est rien que ma toupie

Qui se prend le pied dans le tapis

 

T’as vu Montevideo ?

T’as pas vu Monte Carlo ?

 

Non je n’ai vu monter personne

Excepté Léon Zitrone

Au paradis des chevaux !

 

 

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 10 février 2026

 

d'après la consigne 2526-17 ci-dessous

2 mai 2026

LE DÉFI DU SAMEDI EST-IL UNDERGROUND ?

 


Nous voici rendus de nouveau dans cette fin de l’alphabet où le choix des mots devient si limité que l’animateur de ce défi dictionnarien du samedi est contraint de puiser dans les vocables d’une autre langue pour faire plancher l’araignée que nous avons dans le plafond.
 
Je me souviens avec presque regret d’une prolixe défiante qui poussait ici jadis à cause de cela des cris d’orfraie. J’allais écrire des cris d’or frais d’après la ruée mais la ruée vers Laure est copyright Pétrarque.
 
Ce n’est pas à cause de ce franglais envahissant que je vais botter en touche aujourd’hui. C’est à cause de l’étiquette, de la manie de coller des étiquettes et des définitions sur toute manifestation de l’esprit humain.
 
Êtes-vous, sommes nous underground ?
 
S’affranchit-on ici des règles esthétiques traditionnelles et des valeurs établies ?
 
La réponse est « Non ». C’est la liberté qui règne. Et au diable les règles quand il s’agit, comme le chante Anne Sylvestre d’« écrire pour ne pas mourir ».
 
Par contre les valeurs établies, de Proust à Michel Houellebecq, on a le droit aussi, dixit Daniel Pennac, de ne pas lire quand on suspecte qu’on va s’emm’nuyer !
 
Reste-t-on en marge des circuits de production et de diffusion habituels ?
 
Oui, et c’est tant mieux. On n’a pas de comptes à rendre aux milliardaires activistes proches de l’extrême-droite qui investissent dans les médias.
 
Sinon "Underground" est un film d’Emir Kusturica dont la musique signée Goran Bregovic est très chouette mais je ne sais pas si j’arriverais à le revoir – j’ai le dévédé -.
 
Sinon, oui, "underground" dans le sens de « métro », j’aurais pu vous chanter « Le Trou de mon quai » mais je l’ai déjà fait en mai 2021 :
 
 
Le Poinçonneur des Lilas ? La Jeune fille du métro ? Le Meeting du Métropolitain ?
 
Allez, parce que c’est vous et que l’underground se permet tout y compris les drogues interdites et les hors sujet, je vous gratifie du «Tango stupéfiant» de Marie Dubas enregistré samedi dernier en public dans mon salon de thé culturel préféré.

 

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 921 d'après cette consigne :

Underground

15 mai 2026

Retrouvailles et surprises au festival Fabula à Rennes les 8, 9 et 10 mai 2026 (2)

 

Cela a été un régal de retrouver Samuel et Clémence, le duo Albaricate, dans ce spectacle magique, "Ulysse, maudit sois-tu", qui raconte en une heure  et demie, en conte, chanson et chansigne les vingt ans que dure le retour d'Ulysse à Ithaque.

 

Réjouissez-vous, les non-Rennais·e·s : le spectacle complet est disponible sur Youtube ! Je le publie ci-dessous. Cela ne vous dispense pas d'aller l'admirer si le duo passe par chez vous. Je vous recommande aussi leur spectacle de chansons d'Anne Sylvestre tout aussi prenant.

 

 

 

 

 

 

 

 

Leur chaîne Youtube est ici. 

 

18 juin 2026

Inchantable ! ? / par les Am'nez ziques (2)

 

 

 

JK – On peut peut-être donner une explication au pourquoi de tant de violence...

 

ELB - Dans un monde de brutes déjà si cruel !

 

JK - C’étaient quand même des chansons des années 50-60, au lendemain de la guerre, avec la culture américaine qui débarque en France.

 

ELB - C’est un monde plutôt viril. Genre Eddy Constantine et James Cagney. J’aime cogner !

 

JK - C’est l’arrivée de la série noire et Boris Vian a écrit des polars sous le pseudonyme de Vernon Sullivan. Dans les films de gangsters ça n’y allait pas de main morte.

 

ELB – Mais pour revenir sur les rapports entre les hommes et les femmes, dans les années trente ce n’était pas non plus pour autant de la tendresse.

 

JK - Ou alors bien cachée. En témoigne ce portrait pas très gentil dressé dans une chanson de Fernandel.

 

ELB - Une chanson pleine de poésie. Y’a des petits oiseaux, ça se passe à la campagne… "Félicie aussi".

 

4 Félicie aussi

 

ELB - C’est du Verlaine ! C’est du Hugo !

 

JK – A sa décharge à cette époque-là il y a aussi des chansons où on fait le portrait d’un homme pas plus glorieux !

 

ELB - Mais bon il lui plaît quand même pour des raisons qui nous échappent mais après tout c’est son homme.

 

JK – Si vous vous attendez à « Mon homme » de Mistinguett, vous avez perdu ! Il fallait penser plutôt à « Tel qu’il est » de Fréhel ! C’est en mi bémol.

 

ELB - Il est là Bémol ! Salut l’ami Bémol !

 

5 Tel qu’il est

 

ELB – Là, c’est 1 partout la balle au centre !. N’oubliez pas de voter quand même ! Et maintenant nous allons aborder une autre thématique.

 

JK – On ne va pas chanter « Noir c’est noir » mais on pourrait ! C’est une chanson que vous aviez au répertoire des B Car. Elle est signée de Léo Ferré et Jean-Roger Caussimon. Elle a été immortalisée par les Frères Jacques. « Monsieur William »

 

6 Monsieur William

 

JK - J’ai essayé de lui expliquer que le roman d’Agatha Christie qui s’appelait Dix petits nègres a dû être rebaptisé « Ils étaient dix ». Et donc, dans cette chanson, il faudrait dire maintenant pour le moins «  A l’hôtel de la Pègre mais un black »

 

ELB – Mais alors il faut changer les rimes. C’est compliqué. Mais passons. Votez ! Maintenant on va aborder du lourd aussi avec Josephine Baker.

 

JK - Qui s’est rendue célèbre en dansant avec une ceinture de bananes dans la Revue euh… la Revue black ! On attaque donc avec une de ses chansons un autre sujet, notre histoire nationale et...

 

ELB – Coloniale ! « La petite Tonkinoise » !

 

 

17 juin 2026

Inchantable ! ? / par les Am'nez ziques (1)

 

 

Les Am'nez ziques, duo d'amateurs de chanson française assez amusant, aiment bien les concerts privés avec un maximum de 20 personnes.  Leur dernier spectacle-récital s'intitule "Inchantable !  ?". Le guitariste-chanteur et le chanteur-comédien instaurent une complicité avec le public en lui demandant de déterminer le coefficient d'inchantabilité des treize titres qu'ils proposent. Chacun·e attribue une note de 0 à 5 puis on discute et on prend un pot après !

 

Moi, je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais vu que je suis le co-auteur des textes de liaison je vais vous livrer ceux-ci en plusieurs épisodes illustrés par des vidéos originales ou des diaporamas sonores des chansons reprises.

 

***

 

Les Am’nez ziques – Inchantable ?!

 

Spectacle de mai 2026

 

Conducteur

 

***************************

 

ELB - Mesdames et messieurs bonjour ! Un petit mot de présentation pour qui ne nous connaîtrait pas. Je m’appelle Emm’ Le Bichon et je suis le chanteur d’un groupe disparu qui s’appelait les B Car.

 

JK - Je suis Joe Krapov, ex-guitariste-chanteur des groupes « Les Araignées Malades » et « Les rats déridés ».

 

ELB - On forme un duo qui s’appelle les « Am’nez ziques ».

 

JK - Parce qu’on amène des musiques « Am’nez ziques » mais aussi parce qu’on oublie tout, l’air, les paroles, le tempo, de mettre le capodastre…

 

ELB - On oublie aussi parfois même de venir !

 

JK - Aujourd’hui on n’a pas oublié. On est venus vous présenter notre prochain spectacle mais on s’est rendu compte que les chansons de notre répertoire ne sont peut être plus chantables. C’est pourquoi on vous demande de nous aider, de nous dire, avec la petite grille que l’on vous a remise, pour chaque chanson, si c’est inchantable ou chantable.

 

ELB - Vous allez donc attribuer un « indice d’inchantabilité » qui va de 0 à 5. Si vous notez 5 il faut qu’on la retire du spectacle, si vous notez 0 on peut la garder, de 1 à 4 on en discute après, avant le deuxième tour.

 

JK - Comme de bien entendu vous avez tout compris ?

 

ELB - Comme de bien entendu vous pouvez quand même chanter avec nous si vous les connaissez.

 

JK - Comme de bien entendu on va commencer par la première.

 

ELB - Et comme de bien entendu elle s’appelle « Comme de bien entendu » !

 

1 Comme de bien entendu

 

ELB - Voilà vous notez sur votre petit papier le critère d’inchantabilité de cette chanson. C’est une chanson qui date de 1939, extraite du film « Circonstances atténuantes ».

 

JK – Elle a été chantée par Andrex et bien d’autres interprètes. Paroles de Jean Boyer et musique de Georges Van Parys. J’ai essayé de lui expliquer que ça ne se fait plus de donner des coups de pieds dans le derrière des dames.

 

ELB – Ah bon ?

 

JK - Et on arrive déjà dans le vif du sujet…

 

ELB - Si on ose dire !

 

JK – … avec le cas de Boris Vian. On a déjà eu une discussion à propos d’une chanson que j’avais dans mon répertoire et qui s’appelle « Une bonne paire de claques dans la gueule » !

 

ELB – J’ai craqué !

 

JK – Lui-même s’est rendu compte que ça allait un peu loin. Et pourtant « une bonne paire de claques » c’est juste une évocation du sado-masochisme et c’est la seule chanson française qui parle des rillettes de la Sarthe ! Et dans le premier couplet les gens sont consentants.

 

ELB – Comme nous. On des cons chantant. Mais là je n’ai pas consenti.

 

JK – Par contre ça ne le gêne pas de remettre au programme une chanson des B Car sur le même thème, immortalisée par Magali Noël : « Fais-moi-mal Johnny »

 

2 Fais-moi mal Johnny

 

JK - Bon je ne fais pas de commentaires. Vous votez en votre âme et conscience !

 

ELB - Voilà. C’est rien du tout, c’est une bluette, si on va par là.

 

JK - Je reviens sur « Une bonne paire claques ». Il m’en a fait une maladie parce que... On parlait juste dans cette chanson d’une scène de ménage avec un rouleau à pâtisserie. Comme dans « Pim Pam Poum » la bande dessinée. C’était juste une caricature à l’époque. Il se trouve que cet instrument réapparaît dans une autre chanson de Boris Vian, « Le Défilé ». Et celle-là on ne peut plus vraiment la chanter : c’est une chanson dans laquelle il y a un hominicide. En fait il faut dire masculinicide ou maricide. Enfin bref elle lui file un coup de cide !

 

ELB – Et il y a deux victimes en plus ! Déjà qu’on n’était pas là pour se faire engueuler !

 

30 juin 2026

Inchantable ! ? / par les Am'nez ziques (3)

 

ELB – Voilà ! Tout est dit ! T’envahis un pays, tu prends toutes ses richesses, tu accumules et assimiles avec méthode...

 

JK – Et quand tu chantes des conneries comme ça, tu finis au Panthéon ! Tu vois qu’on a de l’avenir !

 

ELB – Ça ouvre des horizons !

 

JK – Allez maintenant tu peux t’asseoir.

 

ELB – C’est pas que je suis fatigué mais je ne maîtrise pas l’espagnol !

 

JK – Moi non plus. C’est une chanson de Marie Dubas qui parle d’un sujet qui a toujours été tabou et reste interdit par la loi. C’est l’usage des drogues diverses et variées. J’en ai fait une version espagnole ou argentine que j’ai rebaptisée « El Tango stoupéfianté ».

 

8 El Tango stoupéfiante

 

 

ELB - Ah ben c’est du propre, Monsieur ! Quel exemple pour la jeunesse ! Heureusement il n’y a pas de jeunes dans cette salle. Ils ont consommé...

 

JK -Bien d’autre choses ! Pire encore !

 

ELB - Maintenant on va revenir à quelque chose de moins graveleux.

 

JK - On va vous interpréter une chanson qui a notre avis est tout à fait chantable.

 

ELB – Entendable même par des enfants.

 

JK – Mais vous allez voir que le concept de chantable-inchantable, c’est vous qui le mettez !

 

ELB – On va voir ce que vous allez voter !

 

JK – Ça s’appelle le P’tit objet. C’était chanté par Polin en 1908 et par Urban en 1930.

 

9 Le Petit objet

 

ELB – On a fait le tour des chansons potentiellement inchantables. Mais on n’est pas sortis de l’auberge pour autant. Parce que maintenant on va assumer nos choix. On pense par exemple qu’on peut envoyer une chanson antimasculiniste d’Henri Tachan qui s’appelle « Les z’hommes ».

 

10 Les z’Hommes

 

ELB - Peut-être que l’année prochaine à la même période, c’est une chanson qui va devenir inchantable ?

 

JK – On ne sait pas effectivement. Et peut-être qu’une chanson antiraciste, on peut encore la chanter aujourd’hui ?

 

ELB – On peut, on doit la chanter ! Mais peut-être que l’année prochaine, peut-être...

 

JK – Je vois que monsieur a de l’espoir !

 

ELB – J’ai dit peut-être, pas sûr…

 

JK – Tu ne vas pas voter Arlette Laguillier pour qu’elle soit enfin élue à la tête de l’État ?

 

ELB – Arlette, reviens ! Ils sont devenus fous ! En attendant voici « Lily » de Pierre Perret.

 

11 Lily

 

 

19 novembre 2025

Graffs de la Fosse Piteux à Rennes vus le 14 novembre 2025 (2)

 

 

 

 

 

 

 

California sunset ? Il y a cinquante ans Michel Fugain introduisait dans la chanson "Les Acadiens" la personnalité de Rufus Thibodeaux. Voilà un patronyme qu'on n'oublie pas. Dix ans plus tard, en 1985, on retrouve ce talentueux violoniste en compagnie de Neil Young sur l'album "Old ways" d'où est extrait le titre ci-dessous. Pour les fans, sachez que le coffret n° III des archives du Loner est sorti sur Deezer.

 

 

12 novembre 2025

Martine lit "Hommage à la vie" de Jules Supervielle à Redon le 26 octobre 2025

 

Quelle belle qualité d'écoute, dans ce petit théâtre de Redon, ce jour-là ! Je pourrais presque tout publier des interventions de ce dimanche-là aux Apéros poétiques de la Teillouse. Avant Martine on a entendu lire du Jacques Brel et chanter du Jacques Bertin, ce qui explique, dans l'introduction de BattManu, le "On va passer de Jacques à Jules". Ces deux chansons seront publiées ici très bientôt. 

 

 

23 octobre 2025

ANIMAUX-VALISES 10

 

Pinsonneur des Lilas : Petit oiseau à joli jabot qui ne chante qu’aux alentours de la station de métro Lilas et uniquement, lorsque les lilas blancs sont refleuris, l’air de la chanson homonyme de 1890 de Georges Auriol et Désiré Dihau.

 

 

Pinsonneur-gentleman : Petit oiseau breton à jabot blanc qui sait jouer du biniou et de la bombarde mais qui, par respect d'autrui, se fait un honneur de ne pas en jouer.

 

 

26 août 2025

Une Apothéose à Faux-la-Montagne le 29 juillet 2025

 

Je crois que je me souviendrai toute ma vie de "Robespierre... est mort ?" et de "Thermidor... j'adooore" !

 

Ces deux répliques sont extraites du dernier spectacle dans un jardin du festival "Folie ! les mots" de Faux-la-Montagne.

 

C'était un spectacle de clowns donné par le collectif "Attends, j'vais réfléchir !". Cela s'appelait "On va mettre le feu ! mais bon..." et je vous fais cadeau d'un diaporama assez surréaliste : j'ai récupéré le texte du dernier sketch en ralentissant l'enregistrement. Le débit d'Anne-Claire Ignace et sa voix haut perchée ne sont pas toujours bien déchiffrables sur le fichier son.  Le plus important du reste est la montée des rires du public au fur et à mesure qu'augmente le décalage entre les deux personnages. Un grand moment de rigolade et de communion comme on en vit peu à Rennes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21 août 2025

Ce s'ra tout ? / Java

 

C'est une chanson entendue à Faux-la-Montagne. Ici aussi l'intérêt est de découvrir un texte inconnu,  décoiffant, amusant, même si on ne pourra rien en faire en tant que musicien : c'est plus un sketch nerveux qu'autre chose avec ce même débit rapide qui ne laisse pas à l'auditeur le temps d'apprécier les finesses du dialogue. C'est pourquoi je recopie ci-dessous  les paroles trouvées sur Internet et adaptées pour être au plus près de l'interprétation du groupe Java.

 

Paroles de la chanson Ce s'ra tout (La boulangère) par Java

 

- Bonjour ! Qu’est-ce qu’il voudra, le petit monsieur ?

- Bonjour ! Je voudrais une baguette, s’il vous plaît !

- Il la veut comment, sa baguette ? Bien moulée ?

- Oui en fait justement je voulais vous dire...

- Pardon ?

- Laisse moi t'emmener vers un autre univers !
Quittons les fours de Vulcain, ô ma boulangère !
En pousse-pousse, nous traverserons la forêt noire
Pour l'opéra viennois écouter du Mozart

- J'vous l'emballe ?
- Ô ma fleur d'oranger
Mon paradis financier
Nous serons repartis nous dorer les miches

- Pain de campagne ?

- Dégustons boules coco
A l'ombre des palmiers
Sous le ciel guimauve des îles Sandwich

- Alors j'ai crudités-thon ou jambon-beurre

- Un nappage léger de crème sur ton corps marbré
Nous nous enivrerons sur la plage sablée
Oh ma chouquette

- J'vous en met cent grammes ?

- Mon fruit de la passion
- En brique ou en canette?

- Hein ?

 

- Et avec ceci ?

- Oui ?

- Ce s'ra tout ?

- Non !
(3x)


- Non car une armée d'Malabars fera un coup d'état diplomate
J'ten r'filerai mille feuilles par ci par là
Pour les faire marcher à la baguette

- Pas trop cuite la baguette ?

- Ils tenteront de nous tuer
Alors on se barrera en cachette

- J'vous la coupe?

- On se sauvera
Pas le temps de souffler
Pour toi ma mie je construirai un radeau en bâton d'réglisse
Nous glisserons sur la rivière de Cacolac

- En brique ou en canette ?

- Je tirerai au flan les crocodiles qui nous attaquent
Et puis on s'ra sauvés
Tous les deux
Toi, et moi
Dans un élan d'amour j'prendrai ta langue de chat

- Hein ?

- Oh mon chou

- J'vous en met 100grammes ?

- Euh. Oui, oui, oui

- Et avec ceci ?

- Oui ?

- Ce s'ra tout ?

- Non !

(3x)


- Ô ma promise
Mais j'ai encore du rêve
Dans ma pochette surprise
Accroche toi à cette ficelle...

- Pas trop cuite la ficelle ?

- ...Et grimpons vers le ciel !
Décrochons des croissants de lune...
- Au beurre ou ordinaire ?

- ...Pour nos amours emmeringuées
Pourfendant l'espace à bord de soucoupes acidulées
Les étoiles seront à nous...

- Ça s'ra tout ?

- On f'ra avec l'infini, on s'ra un tout...

- Ça s'ra tout ?

- Non !
- Ça s'ra tout ?
- Nan bah nan !
- Ca s'ra tout?
- Oh non attends
- Allez ! Au suivant !
- Pourquoi?
- Allez au suivant ! Allez monsieur
- J'ai pas fini !
- J'vous en prie allez-y allez-y
Bon j'vous sers quoi, la baguette?
Au suivant
-Comment ça, « au suivant » ?
Au suivant!
- Comment ça, « au suivant » ?

- Bah ouais !)
- Ça fait une heure là que j'me presse le citron pour faire des jeux de mots

Tu restes frigide comme une religieuse...

- Hein?

- Pet de nonne !

- Qu'est ce qu'il se ramène sa fraise ce bâtard ? Nan mais attends il a pas vu sa tronche de cake ?

- T'a vu ta tronche de thon, toi ?

- Ouais bah moi j'vais t'la souffler, ta ganache !

- Hein ? Ouais tu veux pas qu'j'te quiche franchement !

- Nan mais attends nan mais il va s'la fermer, sa gueule, la p'tite boulette!

- M'en fous moi d'ton boulanger moi ! Thon rassis va !

- Ouais ben moi j'vais t'la couper en tranches, ta dragée !
- Mais reste beignet dans tes chaussons moisis ! Boudin, va !

- Nan mais t'a appris ta poésie dans les Carambars ?

- Ouais, c'est ça, ouais, dans les Carambars !

- Daniel ! Daniel ! Daniel, ramène ta fraise !

- Ouais c'est ça, ramène ton mari, ouais !

- Daniel !

- Ce s'ra tout !

- Daniel !

 

 

 

5 août 2025

RÉSURGENCES ET RECYCLAGES

 

Aladin Ronchonnot portait très bien son nom. Il bougonnait tout le temps, n’était jamais content de rien. Fonctionnaire à l'OFPRA il était le plus prompt de l'équipe à rejeter les demandes d’asile et à demander des OQTF (obligations de quitter le territoire français) à la préfecture. En comparaison le fameux « Misanthrope » de Molière était un type tout à fait assez Alcestimable.

 

Du coup comme on dit aujourd'hui à tout bout de champ, Aladin Ronchonnot n'était pas marié, n'avait pas d'amis et n'aimait pas grand chose dans la vie à part sa collection de véhicules Dinky toys, des voitures miniatures, en métal, qui sont devenus des objets très précieux depuis l'apparition dans la langue française du mot anglais « vintage » qui signifie « NOREV et nos rêves sont devenus des valeurs marchandes ».

 

***

 

Ce jour-là, devant un stand de la braderie Saint-Martin, à Rennes, Aladin Ronchonnot marchandait âprement le prix d’une Ferrari rouge 250GT au 1/43e qui manquait à sa collection.

 

- C’est dommage qu’elle soit abîmée ! Vous me faites une réduction pour les trois taches de rouille qu’on voit sur le capot ?

 

- A mon avis, ce n’est pas de la rouille. En frottant fort avec du white spirit, ça devrait s’en aller. Allez, parce que c’est vous et que vous avez une bonne tête, je descends le prix à 45 euros.

 

Évidemment le commerçant d’un jour n’en pensait rien mais il était rôdé à ce type de clients chicaneurs qui alpinaillaient pour une Renault où le prenaient pour une pomme quand ils lui achetaient une Dauphine.

 

 

***

 

Aladin Ronchonnot portait très bien son nom mais nous allons voir tout de suite que son prénom lui allait bien aussi.

 

Une fois rentré chez lui il s’installa dans la cour de sa maison, il déballa son achat, alla chercher un chiffon sec, un bol d’eau et du détachant. Il saisit délicatement la Ferrari rouge, imbiba le bout de tissu et frotta le capot de la voiture miniature.

 

SHAZAM !

 

 

Au bout du troisième frottement, la taille du véhicule fut multipliée par 43, il y eut une magnifique gerbe d’étincelles et une superbe jeune femme, du genre que les messieurs appellent « beauté torride », apparut dans le simple appareil d’une beauté qu’on vient d’arracher au sommeil mais cependant vêtue d’une robe comme qui dirait sortie de chez Dior. Elle bâilla un grand coup, s’étira, regarda autour d’elle et envoya son plus joli sourire en même temps que ses explications au gars qu’elle avait en face d’elle.

 

- Merci, ô mon beau sauveur ! Je suis la princesse Wifigénie. Dans une vie antérieure je n’ai pas été très sage et du coup j’ai été emprisonnée par ma marâtre, la sorcière Bloutousse, dans cette voiture-là et miniaturisée parce que j’avais moi-même enfermé mon oncle Bruno dans la sienne avec la sécurité enfants. Le sort qu’elle m’a jeté prend fin grâce à vous et je vais vous remercier de cela. Comment vous appelez-vous ?

 

- Aladin Ronchonnot, Madame, répondit le collectionneur méfiant.

 

- Aladin Ronchonnot, je vais exaucer trois de vos vœux.

 

Le fonctionnaire, comme à son habitude, eut du mal à croire à ce récit. Il voulut tester l’immigrante.

 

- Eh bien si votre histoire est vraie, madame, je veux bien que vous me fassiez cadeau de la Dinky toys n° 1404, le break ID 19 Citroën Radio Télé Luxembourg.

 

- Ah désolé, Aladin. Ça ne marche plus comme ça aujourd’hui ! Les vœux, c’est moi qui les propose. Tu as juste le choix de dire dans quel ordre tu veux effectuer trois séjours d’une semaine dans des destinations de rêve tous frais payés.

 

- N’importe quoi ! s’énerva Aladin.

 

Puis il se reprit et, prudemment, demanda :

 

- Je peux aller où ?

 

SHAZAM ! Avant même que Wifigénie eût répondu, il se trouva télétransporté dans une chambre magnifique de l’Hôtel de la Plage dans une station balnéaire appelée Faux-la-Mer.

 

Le temps fut splendide toute la semaine. La température de la mer idéale. Le cuisinier de l’hôtel était un cordon bleu hors pair, le lit moelleux, les voisins de chambre silencieux, les baigneuses jolies, les mouettes rieuses, les moules marinières mais… Aladin Ronchonnot resta Aladin Ronchonnot. A la fin de la semaine il y eut un autre SHAZAM ! et il se retrouva chez lui devant la Ferrari rouge. Il retrouva Wifigénie qui lui servit du champagne en apéritif. Elle portait un tablier blanc, un bonnet de soubrette. Pendant son absence elle avait fait le ménage dans toute la maison du célibataire qui en avait bien besoin.

 

- Alors ? C’était bien ? lui demanda-t-elle.

 

- Nul à chier ! A la plage le sable me rentrait dans le slip ; dans la piscine de l’hôtel les gamins sautaient du bord juste devant moi quand je faisais mes longueurs ; la mer c’est dégueulasse : les poissons baisent dedans et il y a du plastique partout dans le fond !

 

- Bref, vous n’avez pas aimé Faux-la-Mer ?

 

- Pas du tout !

 

Wifigénie commença à se dire qu’elle était tombée sur un drôle de client. Il y eut un autre grand SHAZAM et Aladin se trouva transporté à Faux-la-Campagne.

 

C’était moins luxueux. Il s’agissait d’un gîte rural situé en pleine cambrousse. La piscine était toute petite. Il n’y avait que trois chambres et des gens logeaient dans des caravanes juste à côté. L’hôtesse, un clone de Laure Manaudou avec trente ans de plus, exigea qu’il circulât pieds nus dans sa maison pour la douche et le petit déj’. Elle lui proposa de randonner sur le GR, de l’emmener à la course de caisses à savon, à la soirée karaoké au café du village, au bal du 14 juillet. Il ne participa à rien et s’emmerda à cent euros de l’heure pendant cinq jours jusqu’au SHAZAM ! libérateur.

 

***

 

Wifigénie avait préparé du concombre à l’aneth, des lasagnes et de la charlotte aux abricots pour son retour.

 

Il picora le repas du bout des lèvres tout en listant ses nombreux griefs.

 

- Chaque matin on était réveillé par le coq et les dindons du poulailler voisin ! Après c’était le bruit du tracteur. J’ai eu droit aux odeurs d’épandage, j’ai sûrement attrapé le cancer à cause des néonicotinoïdes qu’on a réintroduits. Je n’ai pas pu vérifier : il n’y a plus de médecin dans le village ni de poste ni d’école.

 

- Qu’est-ce que ça peut vous faire, les écoles ? s’énerva Wifigénie. Vous vouliez distribuer des cachous à la sortie des classes ? Vous n’avez donc pas plus aimé Faux-la-Campagne ?

 

- Non ! Encore moins que Faux-la-Mer !

 

Histoire de débarrasser la table et de boire son café tranquille elle lança le troisième SHAZAM ! qui donnait droit à un séjour de trois jours dans la cité elle aussi imaginaire de Faux-la-Montagne.

 

***

 

Ronchonnot y séjourna du dimanche au mardi. Il eut droit à un festival appelé « Folie ! Les mots ». Côté sortie des écoles il fut bien servi puisque les repas avaient lieu dans la cour de l’école communale.

 

S’il avait voulu il aurait pu participer à des ateliers d’écriture de contes, de poèmes, peindre des calicots avec de l’argile, écrire des chansons sur un air préexistant.

 

Il aurait pu aller se balader le long du lac de Vassivière, faire du pédalo, du canoë, du ski nautique puisque, là encore, tous les frais étaient payés par la sorcière Bloutousse et sa bande d’allumés·e·s.

 

Une chose qui l’aurait véritablement ému c’est la calandre de deudeuche encastrée dans le mur du café « La Galère » sur la route de Broussas-plage mais il ne s’y rendit pas.

 

 

Il fut le seul à ne pas rire du discours hilarant de Madame le maire. Il aurait pu se laisser emporter par « La Vie d’André Dufourneau », le bestiaire limousin, le jazz propre du groupe Miel de Cactus, savourer les goguettes et la guinguette, les poètes du Chat noir, aller de jardin en jardin, se régaler de la limonade gourmande du Volubilis, passer trois jours fantastiques, en dehors du temps, côtoyer des gens sympathiques. Mais Aladin Ronchonnot portait très bien son nom. Il ronchonna tout du long.

 

***

 

Sauf qu’au bout des trois jours, quand il se retrouva dans la cour de son domicile, il se rendit compte qu’il éprouvait un plaisir certain à retrouver là la jeune et jolie princesse pour lui conter ses déboires et déverser l'humeur qu'il avait toujours mauvaise.

 

- Oui, alors, euh ! Faux-la-Montagne ! Le premier jour, déjà, il a plu ! Et puis il n’y a qu’une seule douche pour les hommes dans le camping alors qu’il y en a trois pour les dames ! Les nuits sont fraîches par là, j’ai caillé sous la tente ! Le chat roux de l’auberge de la Feuillade n’a pas voulu que je le caresse. Je n’ai rencontré que des gauchistes ou des babas cool partout où j’allais et aussi des iconoclastes : vous imaginez ? Une exposition de papiers peints accrochés sur les murs de l’église du village !

 

- Bref, demanda Wifigénie qui, cette fois, était vêtue d’une combinaison à la Michel Vaillant période « Cinq filles dans la course », vous n’avez pas aimé non plus ?

 

 

- Non pas du tout !

 

Wifigénie se leva. Elle posa sur son crâne le casque de pilote automobile qui se mariait très bien avec sa tenue vestimentaire.

 

- Écoutez-moi mon bon monsieur. Si vous n’aimez pas Faux-la-Mer, si vous n’aimez pas Faux-la-Campagne, si vous n’aimez pas Faux-la-Montagne, allez vous faire foutre !

 

Wifigénie la torride monta dans le bolide, démarra en trombe, laissant le Ronchonnot interloqué.

 

 

***

 

Tout est bien qui finit bien dans cette histoire : Wifigénie a été libérée de son sort et Aladin, refait de 45 euros, est sorti plus riche encore de nouveaux sujets de se plaindre et de ronchonner !

 

 

Pondu à l'Atelier d’écriture de contes de « Folie ! les mots » à Faux-la-Montagne

le 28 juillet 2025, animé par Brigitte Mezouani

1 mai 2025

Yannick Jaulin à la Fête du livre de Bécherel le dimanche 20 avril 2025

 

 

C'est le grand moment de fou-rire et d'émerveillement de ce premier semestre : nos retrouvailles avec Yannick Jaulin, le célèbre conteur vendéen que nous suivons depuis maintenant trente ans. Cette fois-ci c'était pour un spectacle-concert de comptines collectées ou sorties de sa plume. L'accompagnement musical est l'oeuvre de Nefertiti in the kitchen, un duo merveilleux qui fait sonner des pianos-jouets, tinter des clochettes et résonner le guitalélé et la deuxième voix de manière magistrale. Un pur régal et des textes aussi tendres qu'hilarants.

 

N'ons pris que deux photos "en cachette" mais  avons trouvé eune vidéo qu'alle est bien sauf les 6 premières minutes avec le présentateur qui blablatte un peu de trop ! Zappe-les, après c'est que du bonhure !

 

16 mars 2025

DICTIONNAIRE AMOUREUX DES GENS QUI SE PRÉNOMMENT GEORGES. 3, Georgette Plana

 

 

Il s’est trouvé, dans les folles années 1960 et 1970, un certain nombre d’artistes de variétés que l’on pourrait qualifier de « chansonniers revivalistes » ou plutôt, en français correct, de « repreneurs de vieux airs » qui ont repopularisé, en les ornementant d’orchestrations au goût du jour, des chansons écrites entre 1880 et 1940. Ce sont celles qu’évoquait hebdomadairement Jean-Christophe Averty dans son émission culte, « Les Cinglés du music-hall ». A vos cassettes !

 

Georgette Plana fait partie du lot et a fait un tabac d’enfer en relançant « Riquita ». « A Java il était né une poupée, une poupée si jolie qu’on eût dit... »

 

Les Charlots ont commis un tube avec cette parodie de chanson bretonne signée Georgius, « Sur la route de Pen-Zac ».

 

Raoul de Godewarsvelde, l’interprète de « Quand la mer monte » a réenregistré « La femme aux bijoux », L’Hirondelle du faubourg », « L’Entrecôte », « Tu n’es qu’un employé ».

 

Renaud Séchan a consacré l’album « Le P’tit bal du samedi soir à des chansons de Fréhel, d’Aristide Bruant, de Georgius, De Berthe Sylva (« Du gris », « La Plus bath des javas »)

 

Marc Ogeret et Patachou, séparément, ont consacré un album à Bruant.

 

Guy Béart a glissé dans son album « Porte-bonheur » sur lequel il chante « En revenant de la revue » , « Caroline », « Viens Poupoule », « La Baya », « La Mattchiche » une de ses compositions en la faisant passer pour une chose écrite au XIXe siècle. Les paroles disent ceci, qui reste d’actualité :

 

Où étions-nous ? (Dans la merde)
Où sommes-nous ? (Dans la merde)
Où allons-nous ? (Vers la merde)
Pourquoi y aller ?
(Pour changer de merde)
(Et puis merde, merde, merde !)

 

D’autres artistes ont puisé dans le répertoire des chansons anciennes : Caroline Clerc, Violaine Schwartz, Hélène Delavault, Emeline Bayart. Patrick Bruel a pondu un double album honorable intitulé « Entre deux ».

 

On peut ajouter à cette liste Françoise Hardy et Jacques Dutronc avec leur interprétation de la chanson de Jean Nohain et Mireille « Puisque vous partez en voyage ».

 

Et Marcel Amont avec sa reprise d’Yvette Guilbert où « Le Fiacre » de Xanrof est transformé en Jaguar !

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 11 mars 2025

 

d'après la consigne AEV 2425-19 ci-dessous

26 décembre 2025

Lettre à Monsieur le législateur.... (Antonin Artaud) / par René-Claude Giraud

 

Rien que pour entendre un texte aussi stupéfiant, ça valait le coup de traverser la France ! C'était au Festival Folie ! les mots à Faux-la-Montagne, le 29 juillet 2025.

 

Ne voyez, de ma part, dans cette publication, aucun prosélytisme ni aucune publicité pour quelque substance que ce soit : je suis non-fumeur et je ne me pique que de littérature !

 

Peut-être juste un peu de plaisir lié à mon iatrophobie ?

;-)

 

 

 

16 septembre 2024

CONSIGNE 2425-02 DU 17 SEPTEMBRE 2024 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

 

Bob Morane

 

Les couplets de cette chanson du groupe Indochine, « L’Aventurier », reproduits ci-dessous,  ont huit vers. Chaque vers a huit, neuf ou dix syllabes. Les rimes sont approximatives. Cela vous laisse toute liberté pour écrire des couplets supplémentaires à partir des titres de romans de la série. Rappelons qu’il s’agit de récits d’aventures, d’espionnage, de science-fiction imaginés par l’auteur belge Henri Vernes.

 

 

1
Égaré dans la vallée infernale
Le héros s'appelle Bob Morane
À la recherche de l'Ombre Jaune
Le bandit s'appelle mister Kali Jones


Avec l'ami Bill Ballantine
Sauvé de justesse des crocodiles
Stop au trafic des Caraïbes
Escale dans l'opération Nadawieb

 

2
Le cœur tendre dans le lit de Miss Clark
Prisonnière du Sultan de Jarawak
En pleine terreur à Manicouagan
Isolé dans la jungle birmane


Emprisonnant les flibustiers
L'ennemi y est démasqué
On a volé le collier de Civa
Le Maharadjah en répondra

 

Refrain

Et soudain surgit face au vent
Le vrai héros de tous les temps
Bob Morane contre tout chacal
L'aventurier contre tout guerrier
Bob Morane contre tout chacal
L'aventurier contre tout guerrier

 

3
Dérivant à bord du Sampang
L'aventure au parfum d'Ylalang
Son surnom, Samouraï du Soleil
En démantelant le gang de l'Archipel


L'otage des guerriers du Doc Xhatan
Il s'en sortira toujours à temps
Tel L'aventurier solitaire
Bob Morane est le roi de la terre

 

Au refrain

 

La liste des romans est consultable ici : https://www.bobmorane.be/liste1.htm

21 septembre 2024

Pas tout à fait encore amnésique. 14, Bateaux

 

 

A l'heure où je tape ces lignes, mon ordinateur habituel est chez le réparateur qui officie un peu plus loin sur le trottoir d'en face. Mon radeau de la Méduse a été remis en état mais mes fichiers de travail ont peut-être disparu. Le mécanicien recherche les naufragés.

 

Voilà. Arraisonné par un pirate, mis en quarantaine par un méchant virus, je ne puis surfer sur Internet et sur les flots que sur un ordi-tablette pas vraiment fait pour ça. C'est la galère.

 

Tous ces flottements, ces tentatives de sauvetage de ma cargaison de photos et de chansons ne m'ont laissé que peu de temps pour évoquer mes souvenirs de navigation. Car j'en ai quelques uns, même s'ils sont très peu avouables car très communs. J'ai beau connaître un large répertoire de chants de marins, je ne suis jamais monté sur une goélette, une frégate, un paquebot, un porte-avions, une baleinière, un trois-mâts barque, dans un hors-bord, sur une yole, un yacht ni même une gondole ou un bateau-mouche.

 

Si ma mémoire est encombrée par des noms de navires de ce fait bien inutiles, le Pequod du capitaine Achab, le Tirpitz (coulez-le !), le Koursk (coulé !), le cuirassé Potemkine de Sergueï Eisenstein, le Nautilus du capitaine Nemo, la Santa Maria, la Pinta et la Nina de Christophe Colomb, La Cacahuète de Pepito, le Sovereign of the seas, le Queen Elizabeth II, le France, le Belem, la Calypso du commandant Cousteau, le Pen Duick d'Eric Tabarly, L'Hermione de Lafayette, l'Arche de Noé, le Yellow submarine des Beatles, le Karaboudjan du capitaine Haddock et la Licorne de son ancêtre, le Polarlys et la Providence de Georges Simenon, le Mayflower, l'Exodus, les catastrophiques Titanic, Costa Concordia et Pourquoi pas ? du commandant Charcot, je reste pesonnellement un marin au très petit pied. C'est que, trouillard de nature, je ne suis pas encore sûr que ô maman, les petits bateaux ont des jambes pour y enfiler leur slip de même marque.

 

Ma dernière traversée fut celle du lac de Vassivière - dix minutes sur un raffiot sans nom. En 2017 j'ai fait une grande croisière... sur la Meuse mais j'ai zappé le clair de lune à Maubeuge ! J'ai pris le bateau pour les îles bretonnes et autres : Groix, Belle-Île, Bréhat, Sein, Ré, Batz, l'île aux Moines, Jersey, Guernesey, Chausey et je suis même allé à Chioggia en passant par le bout du monde. La pire traversée fut celle vers l'île d'Yeu où nous étions assis près de la poubelle ou l'on venait jeter les sacs de vomi ! On a tenu bon, godillé sans dégobiller !

 

Mon bateau préféré reste le vaporetto de Venise, surtout celui qui parcourt le Grand Canal (le 1 ?) et le "circolare" (le 5 ?) qui fait le tour de la ville en passant par l'Arsenal.

 

A part cela j'adore photographier les bateaux dans les ports où je vais et les barques et péniches sur les rivières que je longe.

 

Mais au sortir de la très pluvieuse Ballade avec Brassens à Rennes, j'avoue que mon embarcation favorite a pour nom "Les Copains d'abord" ! 

 

Moyennant quoi je vous gratifierai, pour terminer du "Petit bateau de pêche" emprunté à Paul Misraki.
 

24 août 2024

SEE EMILY PLAY

Il y en a une qui est limonade et l’autre qui est plutôt Coca ?

Laquelle préfère la salade de tomates aux macaronis assaisonnés de bon pesto ?

 

 

Il y en a une qui est banane et l’autre préfère l’ananas ?

L’une aime le judo – bienheureux tatami ! - et l’autre le dada – encore un tour de manège ! - ?

 

Laquelle est agile ? Laquelle est véloce ? Toutes deux vives et malines ? Toujours prêtes à rire et voyager ?

Il y en a une qui préfère lire et l’autre qui aime mieux aller au ciné ?

 

 

Laquelle appelle le plus souvent Grand-père pour qu’il lui serve de taxi ?

Ont-elles vu « Pépé le Moko » ? «Ont-elles lu « Nana » de Zola ? « Lolita » de Nabokov ? « Madame Bovary » ? Ou ne lisent-elles qu’Amélie N. ? Astérix, Obélix et Idéfix les font-ils rire de façon égale toutes deux ? Ont-elles aimé « Charade » de Stanley Donen avec Audrey Hepburn et Cary Grant ? Ont-elles été choquées par la Cène sur la Seine aux J.O. de Paris ?

 

Voudront-elles, plus tard, un mari, des bébés, une Maserati, un palace, avoir un jet privé ou mener une vie simple et normale ? Leurs goûts sont-ils plus modérés que ceux d’Elon Musk ?

Ont-elles, dans leur « dressing » ou plutôt «garde-robe », un kimono, un boléro, un caraco, un domino, des mini-jupes, des robes de bal, un pyjama rose bonbon ou du Chanel n° 5 de chez la Dame Coco ?

 

Iront-elles à Venise, à Megève, à Sète, à Madère, à Pise, à Tunis, sur la Côte d’Azur, sur la Côte d’Opale où Saint-Valery pique un somme ? Voir le lac Balaton ou le Colorado ? Escalader l’Himalaya ? Visiter la Lozère ? Y songent-elles parfois à leur bilan carbone ?

 

Laquelle des deux se couchera longtemps de bonne heure pour faire des rêves plus jolis ?

Est-ce que l’autre s’endormira mieux si elle cherche, comme Julio Cortazar et moi-même ce jour, des mots dans lesquels les consonnes alternent régulièrement avec les voyelles ?

 

L’une d’elles prendra-t-elle la relève pour animer un jour le Défi du samedi ?

Ont-elles déjà croisé sur la plage de Trestel un rigolo qui joue sur un ukulélé de plastique rose une chanson qui parle de petite-cousinade virtuelle ?

 

 

Je n’ai pas de réponse à toutes ces questions mais ce qui est plié comme un origami c’est que dans le coeur des parents comme dans celui des grands-parents aucune n’a la préférence, quelles que que soient leurs différences. Elles sont leur vitamine et leur fierté et c’est très bien ainsi, je vous en donne ma parole d’honneur de gars qui a élevé deux queniaux* !

 

* vocable utilisé pour « enfançon » dans la Sarthe, pas très loin de La Suze, verse m’en encore une, Roger **!

 

**« See Emily play » est un des premiers tubes du groupe Pink Floyd et est signée Roger Keith, dit Syd, Barrett à qui on doit aussi, sur son album solo le titre « Baby Lemonade ».

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 834 d'après cette consigne

(la photo des deux petites filles)

14 mars 2025

DICTIONNAIRE AMOUREUX DES GENS QUI SE PRÉNOMMENT GEORGES. 2, George Washington

 

 

Nous ne savons plus grand-chose de cet homme politique américain sinon qu’il a lancé la mode du nom de ville porté comme patronyme.

 

A l’instar, chez nous, de Gaston Paris ou d’Henry Bordeaux, on ne compte plus aux États-Unis le nombre de George Tucson, George Atlanta, Georges Phoenix, George Des Moines, George Detroit, George Los Angeles, etc.

 

Il y en a même un pour cumuler deux villes dans son nom, c’est Georges San Diego de Las Vegas mais tout le monde l’appelle Zorro. C’est plus court et les Français sont nuls en géographie.

 

N’oublions pas non plus Nancy Houston qui jumelle une ville française et une cité américaine où on s’envoie beaucoup en l’air.

 

Il est à noter que George Trump n’entre pas dans la catégorie des rigolos cités plus haut. Trump n’est effectivement pas un nom de ville. Un nom de vil, à l’extrême rigueur.

 

Cela me rappelle ce petit dialogue absurde entendu à l’heure du café chez les Ch’tis de mon enfance, une expression de mon oncle René et de ma tante Lucie.

 

- D’ù qu’ch’est qu’te vas ? (Où vas-tu ?)

 

- A Treupe, d’ù qu’ches mouques alles vont à béquilles ! ( A Treupe, là où les mouches se déplacent avec des béquilles!)

 

Je ne suis jamais allé vérifier sur Internet l’existence d’une ville nommée Treupe. Peut-être s’agit-il d’une déformation de Trump ?

 

Si je fais la recherche en rentrant à la maison ce soir, j’essaierai de localiser aussi Dache, Perpète, Pétaouchnok, Tatatouine et Trifouilly-les-Oies.

 

Pampelune existe réellement, en Espagne et donc sur Terre, et non pas à 36 kilomètres au-dessus de la Lune.

 

Pour Clocher-les-Bécasses aussi, je sais, c’est en Bretagne. C’est de là que vient Bécassine qui est ma cousine.

 

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 11 mars 2025

 

d'après la consigne AEV 2425-19 ci-dessous

12 décembre 2025

DIMANCHE MATIN

 

Le dimanche matin, sur le coup de neuf heures cinq, neuf heures dix, on descend acheter le journal au Huit à huit.C’est un Carrefour city en fait mais le monde se fiche bien de la vérité historique. Il s’abreuve de défèque-niouzes désormais.

 

La version dominicale d’Ouest-France est composée de quatre parties enchâssées les unes dans les autres. Le Dimanche-Ouest France est vite lu ou plutôt parcouru. On trouve là les nouvelles du jour dont on se fiche à peu près éperdument. La partie magazine vous énerve à cause de l’invité people à qui on demande son avis sur tout et n’importe quoi… et qui le donne. Dans le supplément sports on ne fait que jeter un œil sur les résultats du Stade Rennais Football Club qui est un peu notre voisin de palier.

 

Enfin, ce pour quoi on a dépensé 1,55 euro pour ne pratiquement rien lire arrive ! C’est le supplément jeux.

 

Ce sont deux feuilles pliées en deux, soit huit pages, les plus précieuses de vos achats de la semaine.

 

Tout comme il y a des scientifiques et des littéraires, il y a des jeux de chiffres et des jeux de lettres. Ces derniers sont réservés à la femme de votre vie, cruciverbiste et motfléchiste (?) invétérée.

 

On s’accapare les quatre kemaru, le deux takuzu et les quatre fubuki. Cette phrase ressemble à une commande de sushis dans un restaurant japonais mais on n’y met jamais les pieds dans ceux-là et on espère juste que ces mots sont invariables au pluriel. Peut-être même dit-on, au singulier, kemaraï et takuzaï comme pour les haïku ?

 

Pour un peu bientôt on n’entendrait plus dans la maison que le bruit léger des deux crayons Critérium Bic gradation 4 B et les rares frottements des deux gommes. Mais il se trouve que ce rituel intellectuel s’effectue immanquablement au son du Concerto pour trompette de Haydn suivi de celui de Hummel ou de "Trumpet volontary" de Purcell.

 

Tant pis pour les jeunes Chinoises de l’étage en dessous qui s’essaient à la grasse matinée occidentale !

 

 

Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean 

 

d'après la consigne 2526-11 ci-dessous

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