Hémicycle : Endroit où se rassemblent des gens élus par même pas une moitié du corps électoral des inscrits. Et donc tout est normal, docteur.
En Belgique où le vote est obligatoire, les députés sont assis en cercle et le président de la chambre promène son cul sur les remparts de Varsovie. Non, je plaisante. Il est assis sur une chaise pivotante
Mais pourquoi tant de haine dans un monde déjà si cruel ? Si « le premier est un marin, toujours le verre à la main, la bouteille sur la table » je conçois qu’on le traite de misérable et qu’on ne désire pas lui accorder sa main.
Mais le deuxième « qui est un barbu, par-devant et par derrière », ne fait rien que laisser parler la nature. Il se trouve d’aventure que le poil naturellement pousse au menton du garçon. Que les lames Gilette n’existaient pas à l’époque del’homme de Cro-Magnon. Que le rasage n’est pas obligatoire.
Que faire ? demandait le barbichu Lénine (Vladimir Il’itch Oulianov) : à la lecture de Marcel Proust certains se rasent, d’autres pas. Cette liberté dans le vague à la lame nous a valu finalement, au fil de l’Histoire et au retour de notre escapade à La Flèche, un beau bistrot-mémoire sur le thème des barbus célèbres.
Il y a bien sûr, côté musique, « ce roi barbu qui s’avance, bu qui s’avance » et ce n’est pas de Carlos ou des ZZ Top que je parle mais d’Agamemnon « Aga Aga memnon » (« La Belle Hélène » d’Offenbach qui lui portait des favoris).
On doit à France-Gall – dont le nom me fait du reste penser au rugbyman Sébastien Chabal ! - l’évocation d’un empereur à la barbe fleurie, ce sacré Charlemagne « qui a eu cette idée folle un jour d’inventer l’école ». L’ont suivi toute une lignée de rois plutôt du genre imberbe que du genre à barbe à l’exception de Charles IX, Henri II, III et IV et François 1er. Notons que la barbiche fut portée par Louis XIII et Napoléon III et qu’elle demande sans doute plus d’entretien car il faut la tailler finement comme la bavette chez le boucher en attendant d’être servi (par l’Histoire qui paraît-il, ne repasse pas les plats).
Les Rois d’un jeu de cartes usuel (David, Charles, Alexandre et César) n’auraient pas déparé – une fois à poil ! - le festival de Woodstock ni cette période des années 70 où John Lennon, Phil Collins, Robert Wyatt, Anthony Phillips et Neil Young composèrent dans leur barbe fournie - à l’époque de « Hair » - certains des tubes musicaux que je reconnais dès les premières notes.
Le disque de Rick Wakeman, claviériste du groupe Yes, «The Six wives of Henry VIII » pose une question assez terrible : le port de la barbe ne s’accompagnerait-il pas d’une tendance à la cruauté ? On connaît le cas de Barbe-Bleue qui mettait les femmes au placard, celui de Landru qui militait pour la femme au foyer. Il faut y ajouter le cas de Conchita Wurst qui transforme le concours de l’Eurovision en compétition de n’importe quoi ! Et justement, la barbe n’est elle pas plutôt un signe de contestation des systèmes politiques en vigueur ? Karl Max, Che Guevara et Fidel Castro en portaient une. Philip K. Dick aussi.
Mais revenons à l’école et à la cour de récréation. Les images non animées que nous, désormais dénommés vieilles barbes, chérissions à l’époque représentaient des porteurs de barbe pleins de sagesse : le druide Panoramix chez Uderzo, le grand Schtroumpf chez Peyo, les savants de Tintin chez Hergé, le professeur Mathenstock, le professeur Pipe et le Père Passe-Passe chez Jean Cézard, le juge de Lucky Luke dans l’album éponyme de Morris et Goscinny.
Mais la barbe caractérise aussi quelques irascibles : le grand vizir Iznogoud, Prunelle et son collier de barbe chez Franquin, le capitaine Haddock et ses célèbres insultes.
Je n’ai pas beaucoup fréquenté Blake et Mortimer, le Vieux Nick et Barbe Noire, Tif et Tondu – je crois savoir que c’est Tondu qui est le barbu du duo ! - mais je me souviens d’Hägar Dünor et, dans la même série des navigateurs, de Barbe-Rouge de Charlier et Hubinon et bien entendu de sa parodie dans Astérix sous forme des fameux pirates qui assez souvent mergiturent plutôt que de fluctuer.
Du côté du cinéma, la photo proposée cette semaine évoquerait plutôt « Les Barbouzes » de Georges Lautner, pas tant les acteurs que le fait de jouer double jeu et de s’avancer masqué. On pourrait penser aussi à Louis De Funès dans « Rabbi Jacob » mais je n’ai pas vu ce film-là. Orson Welles portait la barbe et un faux nez dans le film « La Décade prodigieuse » pas vu lui non plus mais bien relaté et caricaturé par Marcel Gotlib dans la Rubrique-à-brac.
Le XIXe siècle et le début du XXe nous ont fait cadeau de célébrités entrant dans la catégorie : Anton Tchekhov, Antonin Dvorak, Camille Saint-Saëns, Louis Pasteur, Alfred de Musset, Victor Hugo, le président américain Abraham Lincoln, Jean Jaurès, Ernest Hemingway...
Les peintres de l’École de Barbizon en arboraient-ils une ? Si j’avais eu le temps, vous aurais-je chanté à ma façon « Le Barbier de Belleville » de Serge Reggiani ? Est-ce que tout ce laïus est encore trop capillotracté ? Rasoir ? Barbant ? Allez-vous me traiter de blaireau ?
Quoi qu’il en soit, après avoir luce court article sur le rasage, si la barbe est réellement un signe de virilité et de sagesse, je suis bien mal parti : je me suis encore coupé en me rasant ce matin !
- Tu sais pas qu’elle est morte ? Elle nettoyait sa baignoire et le coup est parti tout seul. La police se demande si ce n’est pas son mari qui l’a poussée.
- A bout ? Il lui a trop mis la pression ?
- Zut ! On a encore oublié Madame Dark Vador !
- Mireille ? Jeanne ?
- Zut ! On a encore oublié Madame Descartes !
- Dans le ménage c’est elle qui pensait et c’est lui qui suivait.
- Zut ! On a encore oublié Madame Faraday !
- L’énervée ? Celle qui tournait comme un lion en cage ?
- Zut ! On a encore oublié Madame Newton !
- Elle était pourtant empreinte de gravité et faisait de très bonnes tartes aux pommes !
- Zut ! On a encore oublié Madame Présidentielle !
- Grâce ?
- Zut ! On a encore oublié Madame Royale !
- Ségolène ? Clémence ?
- Zut ! On a encore oublié Madame Poulenc !
- Amélie ?
- Zut ! On a encore oublié Madame Ravel !
- Monica ? Celle qui ne portait que des boléros ?
- Zut ! On a encore oublié Madame Freud !
- Monica ? Celle qui lui a soufflé : « Quelquefois un cigare est juste un cigare » ?
- Zut ! On a encore oublié Madame Schrödinger !
- Elle appelait son mari « mon chat » ! Ça le faisait ronronner de plaisir !
- Zut ! On a encore oublié Madame Galilée !
- Celle qui fait du cinéma ? Je n’ai jamais vu aucun de ses films !
- Et pourtant elle tourne !
- Zut ! On a encore oublié Madame Einstein !
- Elle a eu bien du mérite ! C’était un monstre ! Sur la fin de sa vie il tenait des propos décousus ! Il n’ avait plus toute sa tête. Normal vu qu’il avait subi une greffe du cerveau !
- Euh ? Qu’est-ce que tu racontes, là ?
- On parle bien de Frank Einstein ?
- Mais non idiot ! Je parle d’Albert Einstein !
- Ben lui, c’est pareil ! Il tirait la langue à tout bout de champ et tenait des propos incompréhensibles au commun des mortels !
- N’exagérons rien, tout est relatif !
- Zut ! On a encore oublié Madame Foucault !
- Bon, ça va ! Tu vas pas nous en faire une pendule, non plus ! Tu pourrais m’en citer un, toi, des maris que Gloria attrapait au Lasso ?
Je crois avoir à peu près terminé le sauvetage en MP3 de la discothèque de mes beaux-parents. Cela représente 121 unités, CD et disques ou coffrets en vinyles confondus. Enormément de Beethoven, de Chopin et de Mozart. Il y en avait beaucoup plus mais nous les avons laissés au fils d'un cousin qui a lui aussi une grande passion pour la musique classique.
Et donc, tant qu'à faire de redonner vie à des musiques stockées dans une maison vide (ou plutôt en cours de vidage-vidange !) j'ai redescendu aussi ceux des disques vinyles que nous avons stockés nous-mêlmes au grenier. Beaucoup de Dvorak, de Vivaldi chez moi et de Mozart chez Marina B..
Parmi ces trésors anciens les airs du Grand échiquier de Kiri Te Kanawa m'ont retapé dans l'oreille, notamment celui extrait de l'acte 1 du Singspiel "Zaïde" que nous avons vu l'année dernière sur Arte avec Léa Desandre dans le rôle-titre.
Le titre exact du morceau est "Ruhe sanft, mein holdes Leben". Il existe sur Youtube une version filmée en public mais la qualité sonore est moins bonne que sur l'enregistrement. Vous aurez donc droit à une vidéo à image statique pour entendre "Doucement, repose toi jusqu'à ce que ton bonheur se réveille" ! Bonne écoute à vous !
J'aurais peut-être des tonnes de choses à écrire sur cette chanson perdue puis retrouvée mais comme cela concerne l'histoire de ma belle-famille, que ça pourrait être long et que ce n'est peut-être pas à moi de faire ça, je vais me contenter pour aujourd'hui de fournir le document mis au propre, la musique originale, une photo prise le jour ou fut prononcé-chanté ce discours (juin 1938 !) et une autre de l'auteur de ce texte gentiment satirique et quasiment aussi proustien que cette phrase-ci : 23 couplets, quand même !
La Communion du P'tit Pierre
(sur l'air du Chapeau de Noël-Noël)
1
Pour la communion du p'tit Pierre,
Les bons amis se dir'nt ceci :
- Avec l'humeur changeante du père - :
« Où s'passera la cérémonie ? »
Regardant les quatr's coins de la terre,
Pensant à voyager longtemps,
Ils sont tombés sur le derrière :
C' n'était qu'à Saint-Brieuc seul'ment !
2
Abandonnant donc leurs affaires
Pour assister à l'évènement
Certains prirent le chemin d'fer
Pour arriver plus sûrement.
Les commerçants s'mirent en voiture
En rédigeant leur testament
Mais, sans s'être cassé la figure,
Ils nous sont parvenus à temps.
3
Y’a d'abord le parrain Grand-père,
Avec son sourire épanoui,
Son air gaillard et débonnaire,
Ses cheveux un peu éclaircis ;
Il est fier en la circonstance
Et très heureux évidemment ;
Il s’rait certain'ment aux anges
S'il n'avait au cou un carcan.
4
Son contemporain sur cett' terre,
Comme lui né sous Mac-Mahon ,
Est un retraité des ch'mins d'fer
Il est aussi d' notr' communion.
Ses conseils et sa compétence
Qui se manifestent souvent
L'ont fait appeler sous d'aut’s coins d'France
« Le Pèr' Technique » tout simplement.
5
On remarque dans l'assistance
Deux r'présentants des mercantis,
De ceux qui écrasent la France
En majorant toujours leurs prix.
L'un d'eux, horloger rue d'Falaise
- « Travail soigné, prix modérés » -
A su ramasser de la braise
Alors que nous somm's tous fauchés !
6
Dans son magasin d'horlogerie,
On trouve de tout évidemment :
Des montres, de la quincaillerie
Et même un magnifiqu' divan.
Vous vous d'mandez sûr'ment Mesdames
« Que fait ce meuble en ce log'ment ?».
C'est pour recevoir les p'tites femmes.
Chut ! Ne l'dites pas à sa maman !
7
L'autre échantillon du commerce
Est installé tailleur à Caen.
Il lance la mode ; du reste,
Il est lui-même très élégant.
Examinez-le à cett' table,
Admirez son profil romain !
Mais j'crois qu' c'est son indéfrisable
Qui attir' les r'gards féminins.
8
Je crois qu'un jour il eut d'la veine,
Il dut gagner à la loterie
Car il ach'ta une Citroën
- Probablement à Monoprix -.
Ce fut une magnifique affaire !
C'était l'dernier cri du salon,
Mais d'un salon d'avant la guerre,
Au temps où je tétais l'biberon !
9
Avec ça il épat' les foules
Qui devant lui s'écart'nt sagement
Mais il ne peut écraser d'poules
Elles sont tout's averties à temps
Car pour annoncer sa présence
Il n'a pas besoin de klaxon :
La bagnole, lorsqu’elle s’avance,
On l'entend dans tout le canton.
10
Auprès d'ces fauteurs de vie chère
On trouve leurs victim's aussi,
De pauvr's malheureux fonctionnaires
Qu'les privations ont amaigris.
Y a un ch'minot de la compagnie
Des chemins de fer de l'État
Y a aussi deux gars d'la Régie
Qu'on appelle égal'ment des « rats ».
11
L'cheminot conduit sa machine,
Mais il a bien d'autres talents.
Il chante d'une façon divine,
Que vous goûterez certain'ment.
Comme il porte bien la tonsure,
S'il avait eu la vocation,
Il aurait certain'ment une cure,
Bien qu'il aimât trop l'cotillon.
12
Si dans la région d' Normandie
Vous devez voyager un brin,
Allez donc voir je vous en prie
Si c'est lui qui conduit le train.
Alors marquez votr' sympathie
Embrassez le fraternellement
Mais gagnez vite la sortie
Et prenez l'car, c'est plus prudent !
13
Le deuxième des fonctionnaires
Est la terreur des commerçants
Car il s'occupe du chiffr’ d'affaires
Dans tout notre département.
Il fut un temps en Normandie
Dans l'port de mer de Mézidon ;
Quand on parla d'autonomie
Il revint au pays breton.
14
Dans le privé c'est un brave homme,
Comme on n'en trouve pas beaucoup.
Il aime la gaîté, en somme,
Il prend la vie par le bon bout.
Ne soyez pas surpris's Mesdames
S'il vous embrass' toutes au dessert,
Car il aime à prouver sa flamme
Quand il a pris què'qu's petits verres.
15
Pour vous montrer son obligeance
Je vous citerai un trait seulement
Qui prouv’ qu'en toute circonstance
On peut compter sur lui vraiment.
Lorsqu’ avaient couru les bruits d'guerre
Il m'avait dit, pris de pitié :
« Pars tranquill'ment à la frontière :
Je prendrai soin de ta moitié. ».
16
Pourquoi faut-il que ce chic type
Soit torturé par la douleur :
Il a attrapé un' sciatique
Et doit aller voir un masseur
Il se fait tripoter les cuisses,
Palper l' mollet, tâter les g'noux
Dans la simpl' tenue des nudistes
Avec un slip, un point c'est tout.
I7
Me voici arrivé au terme
De toute mon élucubration ;
Il va falloir que je me serve
Égal’ment un' petit' ration :
Je sais qu'on dit qu'j'ai la bougeotte,
Que j'suis en perpétuel mouv'ment
Que j'devrais m'payer une roulotte
Pour fair' tous mes déménag'ments.
18
Vous m'avez tous, faveur insigne,
Ecouté sans trop m'arrêter
Mais je vois bien qu'ces quelques lignes
Vous laiss'nt quelque peu effarés,
Vous souriez avec indulgence
Mais vous vous dites entre vous :
« Ce pauv' Pierr ' retombe en enfance,
Il est dev'nu complèt'ment fou ! ».
19
J' oubliais la gent féminine
Dignement r’présentée ici,
Vous, Mesdam's dont la grâc' mutine
Hauss' l'éclat d' la cérémonie,
Je ne puis pas, par galant'rie,
Vous mettre en boite évidemment.
J’vous f 'rai donc grâc' de mes rosseries
Et donn'rai des conseils seul'ment.
20
Vous nous fait's tout's les mêm's reproches,
Vous êtes tout's aussi grognons :
« Qu'est ce que t' attends pour torcher l'mioche ?
Qu'as tu fait de tout ton pognon ?
Tu laiss's tomber ta cendr' par terre !
T'as cor' pris du Vermouth cassis ! ».
Ce sont ces réflexions amères
Qu'on n’voudrait plus dans nos logis.
21
Le pir' c'est qu’en prenant de l'âge
Vous prenez du tempérament.
Nous qui voudrions être sages
Somm's importunés trop souvent
Très portées sur la bagatelle
Vous nous fait's de l'oeil constamment
Nous préférons un' bonn' bouteille
Car c'est pour nous moins fatigant.
22
Ne voyez dans mes taquin'ries
Mes chers amis rien de vexant
Vous savez bien que dans la vie
Très rares sont les bons moments.
Aussi j'ai voulu vous distraire
En vous chinant évidemment,
Mais sans autre souci que d' vous plaire,
Vous instruire en vous amusant.
23
Chers amis, je vous remercie
D'être venus nous assister
Et je désire que la vie
Nous permett' souvent d'nous r'trouver
Pour terminer je lève mon verre
A la santé du Communiant,
A votr' santé, chèr's soeurs, chers frères,
Et à la mienne, naturell'ment !
Pierre-André B.
Je peux même aussi fournir la partition qui est téléchargeable ici !
Il y avait plein de raisons pour lesquelles je souhaitais y aller à ce concert !
D'une c'était dans le cadre de Quartiers en scène, un festival annuel dont on aime la philosophie et au cours duquel on a toujours vu des spectacles de qualité : je me souviens encore avec émotion de celui de la Cie Patrick Cosnet, "Le Retour des cigognes", de son hommage à Pierre Perret ainsi que de ce spectacle de chansons " J'ai mangé du Jacques".
De deux c'était au Noroît, à côté de chez nous. De trois c'était en soutien au Secours populaire. Et surtout j'avais envie d'entendre "La Tête à l'Est" et de réentendre Albert Meslay. Il est toujours très bon, l'ami Albert : ce fut un régal de bons mots entre Alphonse Allais - l'Albertmondialiste est membre de la très sérieuse académie consacrée au maître - et Raymond Devos. Avec des sujets d'une actualité brûlante (comme le Groenland !) ;-)
Autrefois on allait sur Google pour obtenir des réponses à nos questions intelligentes.
Maintenant c’est Google qui nous demande de répondre des conneries à ses questions idiotes.
Cette semaine, je ne m’en suis pas privé !
***
- Qui a abattu l'avion de Saint-Exupéry ?
- Il est tombé tout seul en piqué et en avarie technique : sa gourmette s’était coincée dans le manche à balai.
- Quelle est la citation de Saint-Exupéry sur la vie ?
- La vie c'est comme une dent
D'abord on n'y a pas pensé
On s'est contenté de mâcher
Et puis ça se gâte soudain
Ça vous fait mal et on y tient
Et on la soigne et les soucis
Et pour qu'on soit vraiment guéri
Il faut vous l'arracher la vie. 1
- Quels sont les quatre romans de Saint-Exupéry ?
- Le Petit Prince, Le Petit Chose, Le Petit Poucet, la Petite Fadette.
- Pourquoi Saint-Exupéry est-il connu ?
- Parce qu’il passait tous ses week-ends à faire le coup de la panne aux filles dans le désert du Sahara.
- Quelle est la maladie de Rimbaud ?
- La lassitude. A la fin, il en avait plein les guibolles. Enfin la.
- Quel est le poème le plus connu de Rimbaud ?
- L’avion en vrille (inspiré de la vie et surtout de la mort de Saint-Exupéry).
- Qui est l'amoureux de Rimbaud ?
- Patti Smith.
- Est-ce que Rimbaud a fait la guerre ?
- A tous les cons de son époque ? Oui. Il s’est engagé dans l’armée hollandaise pour toucher la prime et une fois arrivé à Java il a déserté en compagnie d’une jolie fleur prénommée Riquita.
- Quelle viande pour la choucroute ?
- Personnellement, pour la choucroute de la mer je mets plutôt du poisson. J’ai tort ?
- Est-il bon de manger de la choucroute ?
- Aussitôt après avoir ingurgité un cassoulet ? Il y a des gens à qui cela ne fait pas peur.
- Comment réchauffer une choucroute déjà cuite ?
- Frotte déjà deux silex pour allumer un feu après on verra comment on fait pour ouvrir la boîte sans s’éclabousser.
- Quelle quantité de choucroute cuite par personne ?
- 3 kilos par Alsacien·ne mais il n’y en aura pas pour tout le monde.
- Qu'est-ce qu'un walrus ?
- C’est un oncle putatif.
- Que signifie un morse ?
- C’est un langage pas trait au point.
- Où voir des morses ?
- Dans le désert du Sahara, après une indigestion de cassoulet- choucroute. On les appelle alors « mirage ».
- Le morse est-il un poisson ?
- Oui avec deux incisives proéminentes pour mieux découper le plancton qui poireaute en attendant que la banquise fonde.
- Qu'est-ce que le walrus en Python ?
- L'opérateur « Walrus » est l'un des opérateurs les plus intéressants et figure parmi les raccourcis les plus utiles du langage Python. Par sa simplicité mais aussi sa fonction, il nous permet de nous tirer de situations épineuses en démontrant de notre capacité à aller plus loin que le programme. (Là, c’est vrai, j’ai usé d’une antisèche!)
- Pourquoi Charlotte Corday a-t-elle assassiné Marat ?
- Parce que sa tronche de Mélenchoniste ne lui revenait pas.
- Quel célèbre médecin fut assassiné par Charlotte Corday ?
- Le Docteur Petiot ?
- Quelle est l'origine sociale de Charlotte Corday ?
- Fille d’un prêtre et d’une religieuse elle faisait partie du bas-clergé ?
- Quels sont les derniers mots de Charlotte Corday ?
- Comme d’habitude, coiffeur, mais pas trop court quand même !
- Combien de femmes a eu Claude François ?
- La réponse est inscrite sur son compteur électrique.
- Qui a découvert Claude François mort ?
- Sa 248965ème épouse.
- Qui a hérité de la fortune de Claude François ?
- Mais on ne pense qu’au pognon chez Madame Lia ?
- Pourquoi France Gall a quitté Claude François ?
- Les sucettes à l’anis on s’en lasse quelquefois.
- Quelle est la vraie nationalité de Donald Trump ?
- Extra-terrestre.
- Combien d'enfants a Donald Trump avec Melania ?
- Moins qu’Elon Musk avec sa frénésie copulatoire.
- Est-ce que le père de Donald Trump était riche ?
- Non, il était bûcheron et devait abandonner ses enfants dans la forêt du côté de Twin Peaks.
- Quel est le salaire du président des États-Unis ?
- Mais on ne pense qu’au pognon chez Madame Lia ?
- Quel est le genre littéraire de Paul Verlaine ?
- Le genre vilain bonhomme.
- Pourquoi Paul Verlaine est-il un poète maudit ?
- Parce qu’il était carillonneur 2
- Verlaine a tué Rimbaud ?
- Non c’est l’inverse.
- C'est quoi un trou de verdure ?
- Un cimetière militaire ?
- Combien de cigarettes fumait Serge Gainsbourg par jour ?
- Un certain nombre !
- Quelle était la maladie de Serge Gainsbourg ?
- Un cancer du fumeur, peut-être ?
- Pourquoi Gainbourg buvait-il ?
- Pour oublier Gainsbarre ?
- Qui a hérité de la fortune de Serge Gainsbourg ?
Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais j'aime beaucoup le théâtre. Aussi n'ai-je pas été déçu le samedi 28 mars par "At'home 2", une soirée où m'a traîné Marina Bourgeoizovna. Le concept est amusant : on s'inscrit et on paie pour voir trois spectacles chez l'habitant. On ne sait rien du tout de ce qui va nous être proposé ! Pochette surprise !
On croit que ça va être intimiste mais en fait on se retrouve à soixante-dix voisins de notre quartier dans le hall du Noroît. On fait donc deux groupes de 35 et on part pour une expédition de visite dans trois maisons différentes. Ça rappelle un peu "Lapin chasseur" de Jérôme Deschamps.
Nous étions dans le groupe 2 et nous avons enchaîné :
- du théâtre d'objets : un sosie de Frankenstein nous raconte l'invasion de la Terre par des soucoupes volantes pleines de Flambys verts en utilisant les codes du film d'horreur. J'ai adoré.
- de la "pole dance" par deux charmantes jeunes filles et un beau jeune homme ! "J'étais gêné !" comme disait mon oncle René, grand fan de Fernand Raynaud. ;-)
- un récital de musique classique, violoncelle et piano, de toute beauté.
- au finale les deux groupes se rejoignent au Noroît pour un apéro dinatoire bien achalandé afin d'échanger avec les autres spectateurs et les artistes. L'année prochaine, j'y retourne !
Il est temps de revenir, au coeur de cet hiver, sur ces jours et nuits de juillet 2024 où nos yeux et oreilles ont été ravi·e·s par les merveilles découvertes à Faux-la-Montagne en Creuse. A réécouter l'enregistrement que j'ai fait de cette lecture je n'ai pas été le seul à rire de la découverte de ce peintre-poète dont j'ignorais à peu près tout.
Ce qui s'est passé devant l'objectif, quand cela nous est restitué sous forme de photographie, nous jetons dessus un regard forcément subjectif. Cette photo de couverture de la revue Subjectif/Objectif numéro 4 en est un parfait exemple.
Suivant que vous y avez passé du temps ou pas, suivant que vous avez mis les pieds en Bretagne ou pas, et ce depuis moins de dix ans, vous avez reconnu ou pas l'architecture caractéristique et les lampadaires-miradors de la gare de Rennes tels qu'ils étaient en 2024 ou 2025.
Cela va forcément influer sur les pensées que vous prêterez à l'un ou l'autre des quatre personnages présents sur l’image. L'idée de transit vous viendra. Ils sont assis, ils attendent une correspondance, quelqu'un qui devait venir les chercher à l'arrivée du train et qui a eu un problème pour garer sa voiture.
Comment raccrocher le chien dans l'histoire ? A qui appartient-il ? Surtout, appartient-il à la même temporalité ? S'il a échappé à son maître, pourquoi celui-ci reste-t-il aussi tranquillement assis sur le parvis ? Posons que la voyageuse aurait tenu le chien en laisse fermement sans jamais le lâcher. Mais cessons de poser des questions et livrons notre interprétation.
***
Le personnage de droite est un écrivain qui a perdu l'inspiration. Il n'a pas de bagages, il est condamné à vivre là, indéfiniment, au milieu des gens qui passent dans cet endroit où, comme l'a dit un clown célèbre, « Ceux qui sont tout croisent ceux qui ne sont rien ».
Arrive à un moment donné le bon Samaritain. Il suggère à l’écrivain :
- Vu votre grand âge, vous avez forcément des souvenirs intéressants à raconter. J'ai moi-même participé autrefois à un atelier d'écriture où l'on nous demandait d'écrire le souvenir d’un événement personnel survenu sur la place de la Mairie de Rennes.
D'abord surpris, l'homme au crâne rasé a bientôt l'oeil qui s'illumine et il déclare :
- Les cent chiens ! Flup !
L'histoire qu'il raconte alors se passe à la libération de Rennes au début d’août 1944. Il y a des tas d'habitants qui s'étaient barrés de la ville suite aux trois bombardements du mois de juin, réfugiés dans la famille à la campagne, à Guichen, à Sens-de-Bretagne ou Vieux-Vy-sur-Couesnon. Beaucoup étaient partis en laissant là leur chien. C'est le cas du bonhomme immortel dont le cabot se nommait Flup.
Ce jour-là, quand il revient à Rennes, il voit débouler sur la place de la mairie une meute de plus de cent chiens. Les bêtes étaient retournées à l'état sauvage. Il a bien essayé de récupérer son clebs qui figurait au centre de la troupe. Mais l'esprit de clan était devenu plus fort ; le chien qui, de toute façon, ne cherchait toujours qu'à s'évader, avait compris la leçon de son cousin dans la fable de la Fontaine « Le Chien et le Loup »: pas question de reprendre le collier !
***
Et maintenant, regardons-le attentivement, le Flup, sur la deuxième photo. A quoi songe-t-il ce vieux sage dont les sourcils blancs tombent presque plus bas que les oreilles ? Se souvient-il du gamin de 14 ans ? De la maison de Saint-Brieuc ? De celle de l'impasse de la Herpe, de son passage à la fourrière de Rennes dans l'immédiat après-guerre ? De ceux qui l’ont récupéré ensuite ? A-t-il l'impression d'avoir bien vécu pendant les « Trente glorieuses » ?
- Vous devriez écrire là-dessus, dit le bon Samaritain. Moi, je ne saurais pas : je n'ai jamais eu de chien, Monsieur, ou alors il y a longtemps ou il sentait pas bon !
Chaque mot plus ou moins scientifique proposé par le maître du Défi est toujours l’occasion pour moi de faire voler encore plus bas « la fiente de l’esprit » d’après Victor Hugo, à savoir manier le calembour avec joie. « C’est comme les cochons », ajouterait Jacques Brel.
C’est que voyez vous, je n’ai jamais posé de lambris à Meaux. Et de mon ignorance en matière de lambricolage, je ne vais pas faire tout un fromage. Tout le monde a ses limites. Je connais un dentiste qui ne sait pas jouer au lambridge. Marcel Proust n’a jamais compris pourquoi les éditeurs lui disaient : "Écrivez plus lambrièvement » !
Dans « Les Lambrigands » d’Offenbach y a-t-il quelque chose d’étonnant à ce que les carabiniers arrivent toujours en retard ? Surtout en sachant que Georges Moustaki n’a jamais lambrigué autre chose qu’un hamac !
Je ne suis pas du genre à aller sur les lambrisées des contempteurs énervés. Je tolère tout ! Peut me chaut que Lambrigitte Macron soit LGBTQIA+WXCVBN ! Ce n’est pas grave si Jane Birkin était lambritannique, ça avait son charme.
Les idées politiques de Lambrigitte Bardot, je m’en fiche comme de ma première robe Vichy ou de ma première bouteille de lambrillantine !
Qu’elle agite sa loque à poussière, sa serpillière ou sa wassingue en Belgique ou dans les Hauts de France, que la gueuse lambrique ou pas, ce n’est pas mon problème !
L’important c’est que c’est l’été, les vacances : je vais enfin pouvoir bosser pour moi seul… ou ne rien faire. Je vais même peut-être aller réemprunter à la bibliothèque le DVD de « Lambrigadoon » !
Exister une fois tous les cent ans et avoir la paix le reste du temps, voilà qui me plairait bien aussi !
Aujourd'hui, comme partout en France, c'est la Fête de la musique à Rennes. Il est 12 h 21, le ciel a une vilaine couleur d'orage, on va vers les 36°, on est en alerte canicule. Joe Krapov est grippé et tousse comme un perdu, il va quand même se produire avec le sieur Le Bichon au square des Hautes Ourmes puis il va essayer de trouver un espace silencieux au Thabor vers 17 heures pour accompagner les M'A2R1 d'O douce et ça, ce n'est pas gagné, vu que le Jardin moderne envahit le théâtre de verdure à 16 heures !
Donc pour cette "fête de la bière 2025" ;-), un bon conseil : restez chez vous au frais et hydratez-vous ! De toute façon la vraie fête de la musique c'était mercredi dernier au Tambour et dans plein d'endroits de nos régions de l'Ouest.
Une version fête foraine de "La Flûte enchantée" ? "Quoi d'autre ?" pourrait demander George C. !
Ce doit être d'avoir la planète lune dans le signe des gémeaux : je passe d'un sujet à l'autre et j'oublie, quand je reviens à Isaure Chassériau, que j'ai déjà enregistré-accumulé-diffusé des documents auparavant.
Ainsi ce matin même en cherchant "musée imaginaire rennais" sur Google je suis tombé sur "Le Musée recopié" et sur cette vidéo intéressante. On aperçoit quelques instant, mon amie Isaure Chassériau, la fille en robe rose du Musée des Beaux-Arts de Rennes.
Ce soir, au retour d'une très agréable réunion de famille, je vérifie avec le tag "Isaure Chassériau" sur ce blog si je n'ai pas déjà vu et publié cette copie du visage d'Isaure.
Paul Signac - Le Boulevard de Clichy, la neige (1886)
Psychodrame, mardi dernier ! Le fait de ralentir le rythme de cette chanson de Gilles Servat a fait prendre conscience aux chanteuses qu'il ne s'agit pas vraiment d'une chanson gaie ! De fait c'est juste une chanson d'espoir pour retrouver les beaux jours, les mercredis du Thabor, les défilés en costume breton sous la pluie à Quimper, les tableaux qui représentent la neige...
Va-t-on devoir l'interpréter en mode chant à danser sur scène le 30 janvier ? ;-)
Cette chanson immortalisée par Bourvil en 1952 est extraite de l'opérette "La Route fleurie". Les paroles sont de Raymond Vincy et la musique de Francis Lopez.
Cet enregistrement-ci a été effectué le 30 novembre 2024 à Rennes lors d'une scène ouverte.
Les illustrations du diaporama ont été glanées ;-) sur le web.
A cette époque-là les moutons – les moutonsses ! - et brebis que nous avions nourris, soignés et engraissés (nourri·e·s, soigné·e·s et engraissé·e·s ?) dans nos verts pâturages parurent si florissants et si appétissants à une espèce de phacochère géant, saltimbanque dégingandé mais gras du bide, du genre cracheur de flammes à écailles, que Sa Bedonnance – ainsi le surnommâmes-nous – s’en vint pour bouffer au moins cent-vingt de nos ovins et ce sans vin car la bête obscène et malsaine s’était tant abreuvée d’absinthe qu’elle avait la langue et la peau toutes vertes et ne buvait plus rien d’autre. Un bâfreur fin de siècle, voilà bien ce qui nous manquait !
Économiquement parlant, nous sombrâmes dans l’abîme, coulâmes dans les abysses et, à contempler la courbe qui dégringolait vers le niveau zéro de l’abscisse, il ne fallait pas être un grand crack pour voir se profiler le krach de notre petite entreprise.
Plus rapides que des coléoptères fuyant un incendie, nous traçâmes de belles arabesques dans le labyrinthe de l’administration et nous quérîmes – pardon, ça ne se conjugue pas ! - nous nous en fûmes quérir l’attention,la sollicitude et l’assistance de notre autorité compétente – en un seul mot, s’il vous plaît, « compétente » !-.
Quoique nous eussions toujours payé nos impôts avec une régularité métronomique nous fûmes estomaqués d’apprendre que Sa Ventripotence – ainsi surnommait-on Naq Oun Solflèch, notre monarque – ne pouvait lever contre l’envahissant dragon une armée valable.
- Quoi que j’ordonne, nous expliqua-t-il, et malgré mon désir d’envoyer des troupes sur le terrain, ma soldatesque ne veut plus que procéder au réarmement démographique du pays. Ils sont tous au garde-à-vous, à la queue leu leu et réclament, tout nus dans leur serviette, un bordel de campagne ! Des brêles, toujours à faire le Jacques ! Des Gaulois réfractaires !
Tout alla donc de mal en pis et nous faillîmes tous devenir chèvres. Après avoir boulotté tous les troupeaux de la contrée Sa Bedonnance réclama des jouvenceaux et des sylphides. Pas pour faire comme Joseph Prunier ou Harvey Weinstein, non. Pour les bouffer.
Heureusement pour nous un militaire romain aguerri passa par-là et nous guérit de ce malade. Qu’il fût chrétien, déserteur et voué à devenir martyr nous importa peu. Un certain palimpseste bien gratté, bien tapé et bien épais, écrit par un bibliothécaire resté anonyme, raconte de quatre-vingt-dix-neuf façons différentes que le soldat se fit fort, en échange d’une statuette en onyx représentant Taylor Swift, son idole, de nous débarrasser du monstre. Une tâche dont il s’acquitta avec maestria lors d’un combat épique dont les observateurs disent que ce fut un maelstrom d’une rare violence.
image aimablement communiquée par Dame Adrienne
Il se rapporte aussi que dans le sang de la bête disloquée une fleur poussa que les savants botanistes appelèrent « asphodèle » mais que nous baptisâmes du surnom de « Sa printanière ».
Mais j’arrête de vous embêter avec mes histoires. Nous vivons dans la paix et la prospérité, l’eau coule à nouveau dans les collines, la femme du boulanger est revenue au domicile conjugal, Pomponette aussi et plus personne ne fend le coeur à personne. Il faut juste, maintenant, que j’aille rentrer mes moutons.
Mes moutonsses, bordel ! Vous le faites èqueuseuprès ou quoi ?
On vous demande de remplacer au pied levé M. Bernard Pivot qui, victime d’un empêchement soudain, ne peut assurer cette semaine la dictée traditionnelle. A vous de la rédiger. Vous procéderez de la façon suivante :
1) Listez deux listes de dix mots français qui vous semblent présenter des difficultés orthographiques.
Une fois cela fait, prenez la première de vos listes et insérez tous les mots dans un seul texte qui pourra être aussi farfelu qu’une dictée loufoque de François Rollin (cf infra). Ajoutez toutes les difficultés que vous voudrez (assonances, homonymes, rimes, subjonctifs, accords de participes passés, mots de plus de quatre syllabes, etc.). Vous avez une demi-heure pour écrire cette dictée.
2) Puis confiez la deuxième liste à votre voisin·e de droite, recevez donc une deuxième liste de mots et composez une deuxième dictée sur le même principe avec les mots de votre voisin·e.
***
Si vous êtes en panne de mots compliqués, vous pouvez piocher dans la célèbre dictée de Prosper Mérimée ci-dessous :
Pour parler sans ambiguïté, ce dîner à Sainte-Adresse, près du Havre, malgré les effluves embaumés de la mer, malgré les vins de très bons crus, les cuisseaux de veau et les cuissots de chevreuil prodigués par l’amphitryon, fut un vrai guêpier.
Quelles que soient, et quelque exiguës qu’aient pu paraître, à côté de la somme due, les arrhes qu’étaient censés avoir données la douairière et le marguillier, il était infâme d’en vouloir pour cela à ces fusiliers jumeaux et mal bâtis, et de leur infliger une raclée, alors qu’ils ne songeaient qu’à prendre des rafraîchissements avec leurs coreligionnaires.
Quoi qu’il en soit, c’est bien à tort que la douairière, par un contresens exorbitant, s’est laissé entraîner à prendre un râteau et qu’elle s’est crue obligée de frapper l’exigeant marguillier sur son omoplate vieillie. Deux alvéoles furent brisés ; une dysenterie se déclara suivie d’une phtisie, et l’imbécillité du malheureux s’accrut.
— Par saint Martin ! quelle hémorragie ! s’écria ce bélître.
À cet événement, saisissant son goupillon, ridicule excédent de bagage, il la poursuivit dans l’église tout entière. »
***
Dictée 35 Pas facile à dire / François Rollin
« L’abbé de Lattaignant avait raison : le mot est parfois pire que la chose. Ainsi, il est moins grave d’agir contrairement aux règles constitutionnelles que d’agir anticonstitutionnellement. Il est moins effrayant d’avoir peur de la constipation que d’être atteint d’apopathodiaphulatophobie. On peut vivre tranquillement avec la peur du nombre 666, mais pas avec l’hexakosioihexekontahexaphobie. Rien n’est perdu lorsque les spermatozoïdes sont un peu fatigués, mais tout est à craindre l’oligoasthénotératospermie, contre laquelle la vitamine B2 n’est d’aucune aide, même sous son nom de chlorure d’aminométhylpyrimidinylhydroxyéthylméthythiazolium. Un petit jet de gaz lacrymogène me fait pas peur, mais il en va autrement de l’orthochlorobenzalmalononitrile. Je n’aurais jamais utilisé de DDT si j’avais su qu’il s’agissait de dichlorodiphényltrichloroéthane. Bref. »
Dictée 21 Dictée pour les bébés / François Rollin
Montés sur leurs chevaux bais, l’abbé de Naples et le bey de Tunis restaient bouches bées devant la baie, de Tunis elle aussi. Nimbés dans leurs trabées, inhibés tels des macchabées burkinabés, , ils hésitaient à appliquer leur plan B.
Il y a des jours comme ça où on se donnerait bien des claques à soi-même !
Samedi matin, nous allons faire notre marché aux Lices puis nous rentrons à la maison. Nous sommes invités, sur le coup de 12 h 30, à l'anniversaire d'une choriste du groupe "Voix nomades". Je ne connais pas notre hôtesse mais il se trouve qu'elle est née juste un jour après-moi et est donc une espèce de jumelle astrologique.
J'emmène ma guitare, ma chariote pleine de partitions "chantables par tous" et les trois morceaux de cette chorale que j'ai mis dans ma guitare. Dans l'après-midi le fils de la dame - il se trouve que c'est notre bateleur de Redon, M. Battmanu - organise une scène ouverte. Il déclame un poème-hommage à sa môman puis Marina B. va dire un conte à sa manière.
J'enchaîne avec ce "Vieux geek toi-même !" qui fait toujours rire tout le mon de partout où je l'envoie puis, pas gonflé le mec !, je demande aux chanteuses de Voix nomades de m'accompagner sur "Grad se beli" ou "Arum dem fayer". Elles choisissent le deuxième chant et c'est vraiment un moment de grâce, quelque chose de sublime que j'attendais depuis presque huit ans ! Voix nomades est un choeur féminin et, même en portant une jupe et une perruque, les messieurs n'ont absolument pas le droit d'entrer dans la troupe ! Bref je me suis offert un cadeau d'anniversaire parfaitement immoral ! J'ai profité de l'absence de leur chef, cloué au fond de son lit, pour devenir calife à la place du calife !
- Et c'est pour ça que tu mérites des claques, Joe Krapov ?
- Non ! C'est surtout parce que j'ai oublié mon enregistreur à la maison ! Je n'ai donc aucune trace de cet événement mémorable !
- Bof, tu sais, les souvenirs personnels, c'est parfois bien plus riche qu'une photo ou qu'un fichier son tout pourri ! Et puis tu peux toujours faire comme Proust et écrire sur ce que tu as vécu.
- Et qu'est-ce que tu crois que je viens de faire, Joe Krapov, si ce n'est pas exactement ça ?
Il y avait encore ce jour-là une farandole des desserts dont je ne vous dis que ça !
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Sur le coup de cinq heures et demi, nous quittons l'aimable assemblée et nous allons au salon de thé culturel "Les Références électriques" pour la scène ouverte mensuelle.
C'est peu de dire que cette soirée-là aussi a été très réussie entre les tours de magie de M. Gilbert, le "Oh Mamy blues" de Madame Odile, les histoires de marins de Bruno, les marchandages perdant-gagnant d'Abdallah, le lac de larmes d'Annie, la lutte des Zuns et des Zautres de Jean-Fred, l'oiseau qui vient à bout du roi de Maïck la conteuse. Pour ma part, j'ai placé "C'est en Séné" et "Elle lisait l'Ouest-France du matin", une krapoverie qui commence à dater sérieusement.
Les images, sans le son, de ce moment-là figurent dans le billet ci-dessous !
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P.S. Les dames de Voix nomades ont balancé cette chanson bretonne "E kreiz an noz", de Youenn Gwernig, que j'aime beaucoup.
Nous avons ces temps derniers des tas de raisons de rire jaune. Le jugement de la Cour d'appel de Rennes concernant le peintre Xavier Marabout, le personnage de Tintin et l'héritière de Georges Rémi ne nous réjouit pas plus que cela.
Le résultat français des élections européennes et la dissolution de l'Assemblée nationale non plus. Peut-être ne nous restera-t-il bientôt plus que l'humour chansonnier pour mettre du drôle dans ce monde de pas drôles ?
Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais j'aime beaucoup le théâtre. Et donc samedi dernier à 16 heures nous sommes allés voir évoluer sur la scène de l'ADEC quatre compagnies d'acteurs et actrices dont l'âge oscillait entre 15 et 25 ans.
Pour le 1er groupe, il y a du boulot ! Poser sa voix, articuler, prendre son temps, ne pas faire plus de bruit que le son de sa voix en courant au rythme d'une musique "forcément américaine".... Mais je ne suis pas critique de théâtre, non plus, juste un vieux con qui ne veut pas s'appareiller les oreilles parce qu'il "ne se voit pas sourd" ! ;-). De fait Marina Bourgeoizovna n'a rien entendu non plus des échanges sur la scène ! Et elle, c'est une jeune qui pète la forme ! ;-)
L'extrait de "Thérèse Raquin", d'Emile Zola par Imagine ça était bien mieux joué ainsi que l'acte II de "La Visite de la vieille dame" de Friedrich Dürenmatt par Conti cour, Conti jardin.
Mais le choc ça aura été "Pourquoi l'alcool ?" de Nadège Prugnard par le Pillicollectif. Trois jeunes actrices et un acteur avec une pêche et une dramaturgie au hachoir s'en prennent à la metteuse en scène qui finit par quitter la salle en claquant la porte avant d'y aller, chacune, chacun, de sa confession. Superbe !
Là non plus je n'ai pas pris de photos mais de retour à la maison nous avons regardé la pièce de Dürenmatt, que je découvrais, dans son intégralité. Une très bonne version, ma foi !
Le factotum s’appelle Octave. On fait appel à lui pour dégager le tractopelle embourbé, pour calculer la surface d’un octogone lyonnais, pour fournir une protection rapprochée aux acteurs de cinéma dont les exactions sexistes sortent au grand jour, pour cramer les Ektachromes compromettantes des factieux en voie de dédiabolisation et pour bien d’autres tâches plus ou moins suspectes dans des tas de secteurs de l’activité humaine.
La rectitude, l’exactitude, la perfection et le caractère discret voire secret de ses actions sont les points forts de tout factotum qui se respecte.
Il goûte le nectar avec le savoir-faire de l’oenologue averti qui a quinze ans de bouteille dans un palace sélect et commente doctement, avec très peu d’affectation, la présence de cuisse ou de touches de fruits rouges dans le vin dégusté.
Il charrie des bactéries pour l’Institut Pasteur, des briquettes pour construire le palais du facteur Cheval, des phylactères pour les éditions Dupuis où l’on sait qu’il ne bulle jamais, qu’il est réactif, productif et pas réfractaire à la tâche comme ce paresseux de Gaston, le collaborateur jadis occasionnel et désormais dysfonctionnel qui ne fait rien qu’à soupirer après la dactylo, Mademoiselle Jeanne. Et on ne parle pas des ses inventions qui ont pour objectif de saboter la vie du journal de Spirou ! Gaston ou la didactique du pire !
Sans même consulter Doctolib, Octave, lui, sait distinguer une infection urinaire d’une attaque de conjonctivite mais bon ça c’est facile. Il sait réparer les lecteurs de Compact-Disques défectueux, faire fonctionner un extincteur, analyser la conjoncture, ne pas se perdre en conjectures ; il sait où se trouve le disjoncteur en cas de panne de lumières au gouvernement, il sait additionner les fractions mais il est bien d’accord que ça ne sert à rien quand les élections ont fait venir à la chambre deux tiers de gaulois réfractaires qui ne s’entendent pas et un tiers de godillots réactionnaires qui sont là pour défendre le maintien du pactole pour les actionnaires et les banquiers.
Mais laissons l’actualité sociale et passons à la vie privée. Lorsqu’il termine sa tâche quotidienne et cesse de pactiser avec la direction, les directives, les directeurs, les directifs, les inspecteurs des travaux finis, les prospecteurs de gains de productivité et autres pondeurs d’injonctions en tous genres, Octave redevient le petit mari plein de tact de Dame Bénédicte.
Depuis « toutes ces années déjà ! » leur bonheur est intact, idéal, pictural, factuel et peut-être éternel ; l’affection qu’ils éprouvent l’un·e pour l’autre est constante. C’est peut-être parce que le proverbe dit « Factotum un jour, factotum toujours ! ».
A la maison aussi Octave fait tout ! Dans ses casseroles et faitouts il concocte pour sa douce des petits plats délicieux avec les victuailles qu’il a choisies lui-même sur les étals du marché. Il prépare des cocktails, choisit les Saint-Nectaire, programme des promenades forestières en octobre, des observations de la Voie lactée en été, des sorties au cinéma pour voir des super-héros indestructibles tenter toutes sortes d’actions pour empêcher la fin du monde d’arriver...
- C’est fait depuis mardi dernier, exactement depuis que le canard Donald a gagné ! plaisante Bénédicte. Rentrons chez nous et aimons-nous !
Image empruntée à Zina-art
Effectivement, depuis que l’Amérique a ainsi disjoncté, le couple s’est réfugié dans la lecture d’histoires de détectives, dans la réécoute des Nocturnes de Chopin, dans la délectation du « Pendant le coïtum l’animal n’est pas triste », du « Fac moi totum, factotum ! » du « Jacte-moi d’amour, redis-moi des choses tendres », dans le contact des peaux et la joie d’être deux.
Il se trouvera sans doute, sur leur chemin, des détracteurs au rictus torve pour condamner ce repli sur soi, cette attitude « égoiste » de déconnectés de luxe. Mais ils n’y peuvent rien, Octave et Benedicte y sont addicts, au bonheur !
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.