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Mots et images de Joe Krapov

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17 juin 2026

Inchantable ! ? / par les Am'nez ziques (1)

 

 

Les Am'nez ziques, duo d'amateurs de chanson française assez amusant, aiment bien les concerts privés avec un maximum de 20 personnes.  Leur dernier spectacle-récital s'intitule "Inchantable !  ?". Le guitariste-chanteur et le chanteur-comédien instaurent une complicité avec le public en lui demandant de déterminer le coefficient d'inchantabilité des treize titres qu'ils proposent. Chacun·e attribue une note de 0 à 5 puis on discute et on prend un pot après !

 

Moi, je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais vu que je suis le co-auteur des textes de liaison je vais vous livrer ceux-ci en plusieurs épisodes illustrés par des vidéos originales ou des diaporamas sonores des chansons reprises.

 

***

 

Les Am’nez ziques – Inchantable ?!

 

Spectacle de mai 2026

 

Conducteur

 

***************************

 

ELB - Mesdames et messieurs bonjour ! Un petit mot de présentation pour qui ne nous connaîtrait pas. Je m’appelle Emm’ Le Bichon et je suis le chanteur d’un groupe disparu qui s’appelait les B Car.

 

JK - Je suis Joe Krapov, ex-guitariste-chanteur des groupes « Les Araignées Malades » et « Les rats déridés ».

 

ELB - On forme un duo qui s’appelle les « Am’nez ziques ».

 

JK - Parce qu’on amène des musiques « Am’nez ziques » mais aussi parce qu’on oublie tout, l’air, les paroles, le tempo, de mettre le capodastre…

 

ELB - On oublie aussi parfois même de venir !

 

JK - Aujourd’hui on n’a pas oublié. On est venus vous présenter notre prochain spectacle mais on s’est rendu compte que les chansons de notre répertoire ne sont peut être plus chantables. C’est pourquoi on vous demande de nous aider, de nous dire, avec la petite grille que l’on vous a remise, pour chaque chanson, si c’est inchantable ou chantable.

 

ELB - Vous allez donc attribuer un « indice d’inchantabilité » qui va de 0 à 5. Si vous notez 5 il faut qu’on la retire du spectacle, si vous notez 0 on peut la garder, de 1 à 4 on en discute après, avant le deuxième tour.

 

JK - Comme de bien entendu vous avez tout compris ?

 

ELB - Comme de bien entendu vous pouvez quand même chanter avec nous si vous les connaissez.

 

JK - Comme de bien entendu on va commencer par la première.

 

ELB - Et comme de bien entendu elle s’appelle « Comme de bien entendu » !

 

1 Comme de bien entendu

 

ELB - Voilà vous notez sur votre petit papier le critère d’inchantabilité de cette chanson. C’est une chanson qui date de 1939, extraite du film « Circonstances atténuantes ».

 

JK – Elle a été chantée par Andrex et bien d’autres interprètes. Paroles de Jean Boyer et musique de Georges Van Parys. J’ai essayé de lui expliquer que ça ne se fait plus de donner des coups de pieds dans le derrière des dames.

 

ELB – Ah bon ?

 

JK - Et on arrive déjà dans le vif du sujet…

 

ELB - Si on ose dire !

 

JK – … avec le cas de Boris Vian. On a déjà eu une discussion à propos d’une chanson que j’avais dans mon répertoire et qui s’appelle « Une bonne paire de claques dans la gueule » !

 

ELB – J’ai craqué !

 

JK – Lui-même s’est rendu compte que ça allait un peu loin. Et pourtant « une bonne paire de claques » c’est juste une évocation du sado-masochisme et c’est la seule chanson française qui parle des rillettes de la Sarthe ! Et dans le premier couplet les gens sont consentants.

 

ELB – Comme nous. On des cons chantant. Mais là je n’ai pas consenti.

 

JK – Par contre ça ne le gêne pas de remettre au programme une chanson des B Car sur le même thème, immortalisée par Magali Noël : « Fais-moi-mal Johnny »

 

2 Fais-moi mal Johnny

 

JK - Bon je ne fais pas de commentaires. Vous votez en votre âme et conscience !

 

ELB - Voilà. C’est rien du tout, c’est une bluette, si on va par là.

 

JK - Je reviens sur « Une bonne paire claques ». Il m’en a fait une maladie parce que... On parlait juste dans cette chanson d’une scène de ménage avec un rouleau à pâtisserie. Comme dans « Pim Pam Poum » la bande dessinée. C’était juste une caricature à l’époque. Il se trouve que cet instrument réapparaît dans une autre chanson de Boris Vian, « Le Défilé ». Et celle-là on ne peut plus vraiment la chanter : c’est une chanson dans laquelle il y a un hominicide. En fait il faut dire masculinicide ou maricide. Enfin bref elle lui file un coup de cide !

 

ELB – Et il y a deux victimes en plus ! Déjà qu’on n’était pas là pour se faire engueuler !

 

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16 juin 2026

Choses vues au Festival Robinson à Saint-Grégoire le 13 juin 2026

 

 

 

 

 

 

- Je suis ton clone, Luke !

- Ah ben non, pas vraiment, t'as mis ta casquette à l'envers, Dagobert  !

 

15 juin 2026

"Donjon et pigeon" au Festival Robinson à Saint-Grégoire le 13 juin 2026

 

Ici au moins, dans ce spectacle de rue de la Compagnie "Heidi a bien grandi", le discours féministe s'appuie sur un parti pris de drôlerie efficacement abouti. Qu'arrive-t-il quand on s'est trompé de valise et qu'à la place des accessoires de théâtre prévus on se retrouve, au début du spectacle, avec la valise d'un beauf moderne  ? Eh bien on assume ! Le spectacle continue ! TSMGO comme disent les Anglo-Saxons !

 

Remerciements spécifiques pour l'épisode en mode krapovien : 

"- Nouveau Saint-Georges, tu dois combattre le dragon avant d'épouser la princesse !

- Euh... Ou pas ?".

 

Le prince arabe et son dromadaire était très réussis !

 

 

 

 

 

 

La bande-annonce du spectacle est accessible par clic ci-dessous et je livre un supplément ancien qui date du temps du confinement :

14 juin 2026

Les Josianes au Festival Robinson à Saint-Grégoire le 13 juin 2026

 

De retour au festival Robinson, nous avons été un peu décontenancés par les doublons dans la programmation : acrobatie + féminisme, acrobatie + féminisme, théâtre + féminisme.

 

Qu'allons-nous trouver à La Flèche où nous nous rendrons début juillet pour ce qui sera peut-être la dernière édition des Affranchis ?

 

Si les numéros de danse et d'acrobatie étaient photogéniques, si l'interprétation des chansons et la musique étaient au poil dans ce spectacle, "les Josianes ou l'Art de la résistance", je reste encore tout ébaubi par le remplacement du dernier vers des "Nuits d'une demoiselle" - "Je baise tout simplement" - par "Je suis maman tout simplement". 

 

???

 

Peut-être que devrais me rechanter "T'es plus dans le coup, Papa" ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13 juin 2026

AMBIANCE (AGENT D')

 


On aura peut-être du mal à me croire mais je ne suis pas un mec qui la ramène. «Je suis là sans y être tout en y étant» comme a très bien dit de moi autrefois ma collègue Françoise T.
 
Du coup, je fais le job mais je n’en tire aucun profit, je ne me vante pas à la façon des publicités du genre « C’est moi qui l’ai fait ».
 
Lundi, au repas avant la cérémonie funéraire en l’honneur de mon nonagénaire préféré, la bouteille de rouge, c’est moi qui l’ai amenée en souvenir des nombreuses fois où nous avons trinqué en toute confraternité et familiarité.
 
Le « Chant de la promesse » qui a été envoyé dans l’église et a été repris par le public était un enregistrement des Am’nez ziques, Krapov et Le Bichon. Ça aura été ma dernière tentative de faire sourire le gars Pierrot. Est-ce qu’on se souvient de sa cérémonie funéraire quand on arrive dans « the Good place » ?
 
 

A la réception, après, le diaporama des photos du disparu, de son épouse et de ses enfants, de leurs amis, c’est aussi moi qui l’ai concocté avec force larmes et moments de tristesse débordante.
 
Le mardi, la vie reprend ses droits. La consigne d’écriture visant à réécrire les fables de la Fontaine avec un vocabulaire disparu du dictionnaire Larousse, c’est moi aussi qui l’ai pondue. Personne ne veut plus faire le job de faire plancher des écrivant·e·s une fois par semaine pendant neuf mois. C’est vrai, au bout du compte on n’accouche de rien parce que ces dames ne croient pas que leur littérature vaut mille fois mieux qu’une défèque-niouze des zéros sociaux !
 
Ce jeudi, la façon de résister à l’attaque fegatello et la bonne stratégie pour tenir le choc dans la défense Ruiz au jeu d’échecs, c’est moi qui les ai enseignées à mes complices mais c’est aussi une cause perdue : ils ne travaillent pas à la maison entre deux sessions de rigolade dans la cafétéria déserte ! En plus l’un d’eux oublie son téléphone et on ne peut pas lui envoyer un mail pour le prévenir vu qu’il n’ouvre jamais son ordi. Il n’en a pas.
 
Ce vendredi, les chansons pour la saison prochaine, c’est moi qui les ai amenées en vue de les faire découvrir à ma chorale en déplacement à Saint-Malo. La chanson-hommage à l’ami décédé – ça meurt beaucoup, ces temps-ci, par ici ! – je l’ai interprétée devant une mer couleur d’émeraude et un téléphone en mode caméra pour témoigner de l’amitié à la famille du disparu.
 

 

Tout ça ce sont des moments de vie collective. J’y participe, je fais ma part, je suis payé en retour par la satisfaction des membres de ces groupes. Ils me réinvitent, ils reviennent, ils m’acceptent comme agent d’ambiance… alors que je ne suis même pas breton ! Une espèce d’étranger, de Ch’ti à deux doigts de pleurer encore en chantant « Les Corons » de Pierre Bachelet . Oh la la, que d’émotion !

 
Finalement je me demande si je ne suis pas tout simplement un juke-box. Tout ce que je sais faire dans la vie c’est trouver des chansons qui collent à la situation. «La Tendresse» de Bourvil pour mes beaux-parents, « Dominique » de Soeur Sourire pour les photos de communiant retrouvées de celui de mes beaux-frères qui porte ce prénom, « On se retrouvera » de Michel Bühler plutôt que « Je vous emporte dans mon coeur » de Gilles Servat pour accompagner un deuil.
 
Un juke-box gratuit. Que voudriez-vous que je fasse de vos pièces de vingt centimes, surtout maintenant que Bernadette Chirac et son opération pièces jaunes ne sont plus, elles non plus, de ce monde ?!
 
 
 
d'après cette consigne : ambiance
 

 

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12 juin 2026

Pèlerinage à la Pointe de la Varde à Saint-Malo le 12 juin 2026

 

"Il n'y a qu'au mois de juin que l'on vit bien dans ce putain de patelin" !

 

C'est aussi un mois au cours duquel il est vain d'entreprendre un régime amaigrissant : les pots de fin d'atelier se suivent et se ressemblent, avec les apéros, les bouteilles de vin, les mélanges de plats et les farandoles de desserts qui vous laissent le foie en capilotade. Heureusement, pour le pot des M'A2R1 d'O douce à Saint-Malo, il y a la promenade digestive sur la toujours aussi jolie pointe de la Varde !

 

 

 

 

Je suis ton clone, Lucette !

 

 

 

 

11 juin 2026

LE CHAUDEAU DU BURSAL

 

C’est un bout de cirure où liarde une rivière

Harpant maussadement aux bards des lucumons

D’halot ; où le kabak, de la mandore fière

Luit ; c’est un petit boucaut qui jouaille de rayons.

 

Un amict, gâcheux, berle ouverte, macque nue,

L’hyperdulie baignant dans le galantin bleu

Dort ; il est mugueté, coriacé, sous la nue,

Hyémal dans l’icoglan où la grattelle pleut.

 

Chancreux dans la jarosse il dort, caloyant comme

Caloierait un garus aduste, il gueuse un somme.

Etrape, berce-le couardement, il a froid.

 

Les guilleris ne font pas godailler sa géline,

Il dort dans le jaseron, la main sur sa basquine,

Lanice : il a deux trous besaigres au cadis droit.

 

 

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 9 juin 2026

 

d'après la consigne 2526-30 ci-dessous

 

10 juin 2026

LE MANU DU XIXe

 

1

Eh Manu, hollande-toi,

Y’a des berles plein ta bière,

Le boucaut va fermer

Tu bistres la taulière

 

J’croyais qu’un galantin

Ça pouvait pas liarder

J’pensais même qu’aborner

Pouvait pas t’arriver

 

J’oubliais qu’tes jaserons

Et ta lame de hachereau

C’est surtout un kabak

Pour ton coeur de margot

 

Eh jobarde pas Manu

Va pas t’harper l’étrape

Une gueusaille de perdue

C’est dix kysteux qui r’viennent

 

2

On était tous morgués

Quand tu camphrais tout seul

Tu disais j’me godaille

J’ veux gabarier ma gueule

 

T’as croisé cette cirure

Qui était toute malpeignée

T’as dit « Elle me gobelotte

Ou alors y’a lendore »

 

T’as été un peu vite

Pour tatouer son guilleri

Au cadis où palpite

Ton coeur de lucumon

 

Eh jobarde pas Manu

C’t’a moi qu’tu fais grattelle

Une gueusaille de perdue

C’est dix kysteux qui r’viennent

 

3

J’vais t’dire on est des bards

On est faits pour jarosse

Pas pour macaroner

Ou alors pas longtemps

 

Nous autres ça fait un bail

Qu’on a largué nos macques

Toi t’es toujours bursal,

Morlifique et t’empoisses

 

Mais Manu gueuser libre

C’est souvent gueuser seul

Ça fait mal au gibelet

Mais c’est bon pour l’amict

 

Eh jobarde pas Manu

Ça jouaille pas la gobille

Une gueusaille de perdue

C’est dix kysteux qui r’viennent

 

4

Elle est plus multiflore

Manu faut qu’tu t’mécomptes

Elle peut pas être lanice

Dans les bars d’un garus

 

Quand tu lui dis « j’gasconne »

Si elle t’interfolie

Si elle a la cacade

Dès qu’elle hyperdulie

 

Dis-lui qu’t’es coriacé

Qu’t’as dû t'gourer d’halot

Quand tu l’as caloyée

T’as dû t’tromper d’mandore

 

Eh déconne pas Manu

Te fais pas indigète

Une gueusaille de perdue

Les maltôtiers muguètent

 

Eh déconne pas Manu

Au masulipatam

Quand finit la jaserie

C’est dix kysteux qui s’cament !

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 9 juin 2026

 

d'après la consigne 2526-30 ci-dessous

9 juin 2026

CONSIGNE 2526-30 DU 9 JUIN 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

 
Disparus du Larousse 2


Voici une autre liste de mots disparus du dictionnaire Larousse. Saurez-vous les utiliser de manière à réécrire une fable, une chanson, un poème ou un texte connus en remplaçant les mots par des mots comprenant le même nombre de syllabes ? Vous pouvez modifier la syntaxe et inventer vous-même des mots dérivés de ceux-ci pour respecter les rimes des poèmes.

 


Si l’exercice vous paraît trop difficile, écrivez un texte dans lequel vous insérerez au moins huit de ces mots en faisant comme s’ils étaient compréhensibles de tout le monde aujourd’hui.

 

Verbe

Nom masculin

Nom féminin

Adjectif

Adverbe

Gabarier

galantin

géline

gâcheux

grotesquement

Se gaudir

gargotage

gobille

grasset

luxurieusement

gasconner

garus

gorgerette

hyémal

maussadement

giboyer

gibelet

gueusaille

ignicole

monacalement

gobelotter

guilleri

grattelle

indigète

mondainement

godailler

hachereau

hyperdulie

kysteux

mystiquement

gueuser

halot

jaserie

lanice

couardement

harper

icoglan

jarosse

laqueux

 

holllander

jaseron

macaronée

malévole

 

interfolier

kabak

macque

malpeigné

 

jobarder

lendore

mandore

Mignot,e

 

jouailler

lucumon

margot

morbifique

 

liarder

maltôtier

métalepse

multiflore

 

Se mécompter

marasca

mignotise

Duret,te

 

morguer

masulipatam

muscadelle

diadelphe

 

mugueter

méchef

étrape

Coriacé,e

 

camphrer

chaudeau

cirure

chancreux

 

caloyer

cadis

cacade

bursal

 

bistrer

boucaut

berle

besaigre

 

aborner

bard

basquine

aquatile

 

empoisser

amict

baïoque

aduste

 


Textes suggérés pour une traduction en « Larousse ancien » :

Début de Du côté de chez Swann / Proust

La Cigale et la fourmi / La Fontaine 
Le Renard et le corbeau / La Fontaine 
Le Dormeur du val / Rimbaud 
Après la bataille / Victor Hugo 
Les Conquérants / José Maria de Heredia 
En sortant de l’école / Jacques Prévert 
Les Bonbons / Jacques Brel 
Le Tord-boyaux / Pierre Perret 
La Mauvaise réputation / Georges Brassens 
Padam / Edith Piaf 
Siffler sur la colline / Joe Dassin 
Manu / Renaud

Chansons de Charles Trénet, Georges Brassens, Serge Gainsbourg, Jacques Brel, Edith Piaf, etc.
8 juin 2026

Pas encore tout à fait am’nésique. 22, Les Mots du Ch’ti

 

 

Quand tu boutonnes Carvin avec Épinoy (dimanche avec lundi !), tu es chez moi !

 

Ce n’est pas que je sois un mauvais exemple en matière de présentation vestimentaire – quoique ! – c’est juste que la cité du bois d’Épinoy se trouve à Libercourt, là où je suis né, et que jusqu’en 1947 cette commune du Pas-de-calais n’était qu’un hameau de la ville de Carvin.

 

Ici, dans cette région que je rechigne toujours à appeler les Hauts-de-France, on parlait et on parle encore un patois appelé Ch’ti que je rechigne toujours à appeler du picard et pourtant c’en est.

 

Il faut donc remercier Pépito Matéo qui s’intéresse aux expressions et aux vocables pittoresques de la langue française « en voyage » de me "ramintuver" le bon  vieux temps où mes parents et grands-parents étaient vivants !

 

Grâce à lui je vais enfin pouvoir constituer et partager le lexique des mots entendus dans l’enfance et qui sont peu utilisables dans mon pays d’exil.

 

Je vous les livre en vrac, tels qu’ils me sont venus au cours de mes récents déplacements et/ou insomnies !

 

berloquer : chanceler, basculer

 

une cafougnette : une histoire drôle. Cafougnette est le nom d’un personnage typique dû à la plume de Jules Mousseron

 

 

être arringé : être fou, avoir des idées qui sortent du commun

 

quèr : tomber (déformation de « choir »)

 

une cayelle : une chaise

 

une carrette : une voiture

 

un biclou : un vélo

 

avoir un œil qui dit merde à l’autre : loucher

 

armue tin cul ! : magne tes fesses, bouge-toi !

 

Un trop d’gueule : un vantard, un beau parleur, un arrogant

 

déloufer : vomir

 

« Encore un que les boches n’auront pas ! » : phrase qui se dit quand on lance un pet sonore

 

les boïaux rouches : les boyaux rouges. C’est le surnom donné aux gens du seul Pas-de-Calais.

 

une Marie Toutoule : une femme peu soignée

 

une Nunu Cacacque : une obsédée de l’hygiène

 

un égosil : un abruti, un imbécile (déformation de l’espagnol alguazil) ; on trouve aussi « agosil »

 

la maraute : la maraude, le fait de chaparder des fruits sur un arbre

 

un sincier : un fermier

 

geulard : gourmand

 

une maguette est une chèvre

 

une pizingue : une pimbêche, une fille délurée

 

un garlouviot : un jeune homme un peu présomptueux

 

une biloute : une verge, un sexe d’homme

 

une gampe : une jambe

 

une barnife est une gifle

 

une clique est une tape sur les fesses, une fessée

 

un doudou est un enfant méchant

 

une guiffe à chuques est un amateur de sucreries

 

un galaf est un gourmand

 

la wassingue est le nom de la serpillière

 

un ramon est un balai

 

un carin est une remise, une cabane à outils

 

à mo’ = chez

 

cor’ = encore

 

tuter : boire

 

« Tin père y’est cor’ à mo Sidonie à tuter dé l’bibine »

 

Une amusette est un type qui ne songe qu’à se distraire

 

Un soyeux (prononcer soïeux, soïeuse) est quelqu’un(e) qui vous soûle de paroles. On dit aussi un ratelard (de gratte-lard?)

 

la ducasse est le nom de la fête foraine

 

 

maquer : manger

 

à z’épaulettes : sur les épaules

 

un capiau : un chapeau

 

une quémiche : une chemise

 

la berdoule : la boue

 

la boudinette : le nombril

 

les coulons : les pigeons voyageurs

 

les coulonneux : les colombophiles

 

Une marrone : un pantalon « armonte eut’ marrone ! »

 

tchiot ninin : petit bébé

 

tchiot margat : enfant

 

se camucher : se cacher

 

artrousser : retrousser

 

un séyau est un seau

 

un innochint (innocent) est un niais, un idiot

 

la baraque : la maison

 

la capote : le manteau, le paletot

 

la chirloute est le mauvais café, pas assez fort

 

un niguedoule est un idiot

 

avoir le souglou c’est avoir le hoquet

 

berlafer c’est faire un repas avec des tartines trempées dans du café

 

marcher à pied de chaussettes (ou à pieds décau) c'est marcher sur le sol de la maison sans avoir mis ses chaussures.

***

 

Je termine par deux expressions que j’aime bien :

 

« Ramasse tin cô, y a les pattes cassées ! » (Remballe tes arguments, ils n’ont rien de convainquant ! ou bien "Rentre chez toi, t'as perdu la partie !")

 

et « Intique, intasse, t’occupe pas de ch’ti qui passe ! » (Bien faire et laisse dire !).

 

 

Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean  du mardi 2 juin 2026

d'après la consigne 2526-29 ci-dessous

 

 

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