Anacondagobert : Serpent qui met toujours sa culotte à l’envers.
Rhinoç’thanatos : Rhinocéros qui fonce derrière sa double corne et qui, ne voyant pas plus loin qu’elle, va s’emplafonner sur un baobab et mourir sous le choc.
Rhinoçpharyngite : Extinction de voix du plus gros des mâles pendant le brame du cerf.
Rhinoculation : Manière de faire pénétrer un rhinocéros dans une dame-jeanne pour créer une image surréaliste.
Ptérodactylo : Oiseau préhistorique capable de prendre des textes en dictée.
Chattôtbrillant : Félidé de sorcière qui phosphoreste au lit le matin pour ne pas faire d’ombre au soleil.
Vautourista : Cinq minutes diarrhée-buffet dans un restaurant de gare étranger.
On aura reconnu, - ou pas - sur le premier collage, le gag de Marcel Gotlib pour la couverture du n° 2 de "L'Echo des savanes" transposé sur la pochette de l'album "Innocent victim" de Uriah Heep.
C'est sans doute encore une sélection de morceaux de Benjamin Britten "pour les enfants" comme on en voit dans certaines bandes ("strips", en anglais) des Peanuts ?
Pas du tout ! Les enfants de notre quartier sont sur la scène et ils chantent du Vivaldi et du Purcell ! C'est rassurant de savoir qu'il n'y a pas qu'Aya Nakamura et la garde républicaine sur la Terre et dans leur tête !
Les conditions de lumière n'étaient pas au top pour un photographe et je n'étais pas au premier rang. Du coup j'ai fait joujou avec mes effets créatifs pour donner dans l'abstraction... lyrique !
Mais il veut rire, l’oncle Walrus ? Il ne manque pas d’air en espérant me voir jeter sur le papier un long texte bien étiré sur ce rite imbécile qui consiste, aux mariages, à retirer avec les dents la jarretière de la mariée !
Ce n’est pas que je redoute l’ire de nos amies écrivantes, que je craigne qu’on me jarte de ce bienheureux terrier du Défi où il fait bon être. Que je me tire à l’autre bout de la terre, sur les bords du lac Erié, que je veuille me mettre au vert en Eire ou à Jarrie en Isère ne fait pas partie de mes projets ; mais jouer le reître masculiniste à nouveau en évoquant avec plaisir et salacité ce qui se situe au-dessus du rohmérien genou de Claire ou sous les souchoniennes jupes des filles, cela fait de ma part l’objet d’un rejet certain.
Tant pis si l’on rit de moi mais désormais ma parole sera rare, je ferai le tri et je ne réerai pas, je ne bramerai plus, du moins en public, mon goût pour les fanfreluches, bagatelles, bigoudis et autres choses de l’amour et du sexe. Une ère différente s’est ouverte : il faut se tenir ferme sur son jarret partout où l’on va, assurer ses arrières : l’accusation de sexisme est là, terrée dans l’ombre, à un jet de pierre, prête à vous tomber dessus dès que vous écrivez le mot « soutien-gorge » ou « porte-jarretelles ».
J’ai donc procédé cette semaine à un tir en touche et je suis allé errer un moment dans la notice de l’ordre de la jarretière chez Madame Wikipe où j’ai retrouvé le bon chevalier Saint-Georges. J’ai aussi rejeté l’idée de réitérer une variation sur son dragon mais j’ai été séduit par l’histoire d’Edouard III :
« Le 23 avril 1348, lors d'un bal à Calais, il dansait avec sa maîtresse, la comtesse de Salisbury. Celle-ci ayant, en dansant, fait tomber sa jarretière, le roi, galamment, la ramassa sous les quolibets des danseurs, la mit à son propre genou et coupa court aux railleries par ces mots : « Messieurs, honi [sic] soit qui mal y pense. Ceux qui rient maintenant seront très honorés d'en porter une semblable car ce ruban sera mis en tel honneur que les railleurs eux-mêmes le chercheront avec empressement. ».
Rira bien qui rira le dernier ! Et l’amour des hochets dans la perfide Albion qui n’a toujours pas connu de « Ah ça ira » est tel que cet ordre chevaleresque perdure encore aujourd’hui !
Je vous gratifierais bien ici d’un « Ite missa est » mais avant que l’échelle soit tirée, je vous fais cadeau d’un rai de lumière sur la présence du morceau musical ci-dessous. Il est signé Ken Hensley, s’appelle « The Park » et est tiré du deuxième album du groupe de rock Uriah Heep intitulé « Salisbury », sorti en 1971 !
Au jeu de marabout-bout de ficelle des mots du Défi, on retire toujours quelque chose, ne serait-ce que de la nostalgie !
Poule Mac Cartney : La poule McCartney est une variété transgénique de gallinacés fabriquée à Liverpoule en Angleterre. Quand elle a pondu un œuf la poule McCartney chante une chanson afin de prévenir la fermière, lady Madonna, qu'elle peut venir effectuer sa récolte d'oeufs. La chanson de la poule McCartney s'intitule « Omelette it be ». Quand elle a un coup dans l'aile la poule McCartney rêve qu'elle est un musicien mondialement connu qui se produit avec un groupe appelé « Wings ».
Perroquet sur gazon : Il n'y a que dans les livres pour enfants du XIXe siècle, comme « Alice au pays des merveilles », qu'on peut envisager de jouer au croquet avec des flamants roses pour taper dans les boules. Dans la réalité jouer au perroquet sur gazon n'est pas pratique du tout. Fâché de ce qu'on lui cherche des crosses, le psittacidé vous assène force coups de bec qui ont vite fait de vous ensanglanter les doigts. Ça crève les yeux qu'à l’instar de Winston Churchill cet oiseau déteste le sport !
Abeille road : Album de chansons complètement givrées composé par la poule McCartney un jour qu'elle avait pondu des oeufs d'or ou qu'elle avait trouvé un couteau ayant appartenu à John Lennon, on ne sait pas trop.
Palindromadaire : Contrairement à Bob qui fait du kayak à Laval et qui se lit pareil à l'endroit comme à l'envers, le mot « chameau », retourné, se lit UAEMAHC. Ce genre de phénomène linguistique est appelé palindromadaire.
Sourigami : Quand on attrape une souris verte qui courait dans l'herbe, qu'on la trempe dans l'huile, qu'on la trompe dans l'eau, on obtient un escargot tout chaud. Mais si au lieu de ces opérations de trempage on place directement la souris sous un fer à repasser réglé sur la température maximum et le mode vapeur on obtient une espèce de feuille de papier qu'on peut peindre en gris et plier de manière savante de manière à obtenir un sourigami.
Serpent dans le mille : Attraction foraine qui consiste, sur le stand idoine, à propulser un serpent sur une cible au milieu de laquelle est fixée une sonnette. Il arrive quelquefois que le serpent échappe au lanceur et s'en vienne siffler sur vos têtes. N'ayez aucune crainte : si les reptiles sont toujours vivants on n'utilise jamais de serpents venimeux pour ce jeu.
Canaripotter : petit oiseau à plumes jaunes et lunettes cerclées qui sait transformer en usant de magie un pudding au lard en best-salière.
Chauffe-souris (Le) : Titre d’une opérette de Johann Strauss II dont le livret est tiré de l’autobiographie de Désiré Landru « La place d’une femme est au foyer… de la Comédie française ».
Cobraspoutine : Le cobraspoutine est un genre de serpent de mer dont on ne voit jamais la fin : on lui tire dessus à balles réelles, on l’assomme à coups de masse, on le larde de coups de couteaux, on le jette dans la rivière par -15°, résultat, il vit encore !
Escargodriole : Mauvaise habitude de certains gastéropodes qui trouvent malin de raconter des histoires drôles pendant la cérémonie d’hommage à la feuille morte qu’on enterre.
Gaypard : Si tu décides de passer la nuit avec un gaypard de rencontre qui vient de faire sa transition de genre ne sois pas surpris si au moment de l’union il ou elle te balance : « pochette-surprise ! » C’est un peu comme quand on participe à une gaypartouze dans l’obscurité totale (Mais pourquoi est-ce que je donne dans l’ultracrépidarianisme, moi, aujourd’hui ?).
Fennecplusultracrépidarianisme : L'ultracrépidarianismeest un comportement consistant à donner son avis sur des sujets à propos desquels on n'a pas de compétence. Tout vaut mieux que prêcher dans le désert !
Mai-soixan-truite : Mouvement utopiste de la deuxième partie du XXe siècle dont les leaders prétendaient qu’il y a un arc-en-ciel saumoné, non, sous nos nez, et qu’au pied d’une de ses arches se trouve un chaudron magique plein de la possibilité pour tous de vivre très heureux en buvant du champagne et en mangeant de la gauche caviar.
Marsupialibaba : Une fois que les quarante voleurs furent repartis, Marsupialibaba prononça les mots « Sésame, ouvre-toi ! » et entra dans la grotte. Il n’eut aucune difficulté à s’emparer d’une partie des trésors entreposés là : la nature ou Dieu ou le Big bang ou qui vous voudrez avait fait en sorte qu’il disposât d’une poche ventrale bien efficace pour effectuer ce transfert de fonds sans avoir à faire appel aux Déménageurs bretons, très efficaces au demeurant, mais moins il y avait de monde sur ce coup, mieux c’était.
On trouve sur Internet les traces de plusieurs auteurs qui se sont amusés à écrire des livres à base d’animaux-valises : Philippe Sabardu, Olivier Salon, Paul Fournel, Hervé Le Tellier. Voici, mélangées, leurs créations auxquelles j’ai ajouté les miennes car moi aussi je joue à ce jeu-là pendant mes insomnies !
Il vous appartient ce jour :
- de faire des descriptions des animaux valises que vous sélectionnerez (nom latin, poids, taille, durée de vie, nourriture, développement, caractéristiques…) ;
- ou de donner pour chacun une définition de dictionnaire afin d’expliciter ses particularités ;
- ou d’écrire une fable ou un dialogue impliquant deux ou trois de ces animaux-valises ;
- mais surtout d’éviter le logorallye et donc de ne pas faire un long texte dans lequel on place toute cette ménagerie à la queue leu leu. Même si vous savez que vous pouvez faire ici tout ce que vous voulez ! ;-)
Pour qui ne le saurait pas, je fréquente une chorale dont, apparemment, je suis "le chef" et dans laquelle je rencontre un certain nombre de dames qui ont un certain âge ou un âge certain et qui ont eu un papa qui chantait des chansons qu'on peut appeler des vieilles chansons.
C'est ainsi que Dame Huguette m'a branché sur "Chacun son truc" de Maurice Chevalier et que Dame Sylviane m'a demandé si je connaissais "Allez-y, poussez, poussez, monsieur !". Je lui ai suggéré de chercher dans les papiers de son pôpa pour trouver des paroles supplémentaires et mercredi dernier, elle m'a confié le texte complet qu'elle avait retrouvée.
C'est bien entendu encore une de ces chansons grivoises dont nos-grands-parents - quels coquins ! - avaient le secret de fabrication. Ça ne vole pas très haut mais c'est le genre de texte à double sens, très allusif, et même très clair au final, qui m'amuse beaucoup.
J'ai bien entendu cherché sur internet, avec ces paroles, qui avait bien pu chanter cela et regardé s'il y avait moyen de retrouver la musique. Bernique. J'ai juste retrouvé le vrai titre, "La Coquine" et le nom des auteurs dans la base de la SACEM où elle figure.
Du fait que je suis désormais l'un des rares détenteurs de cette bluette-là, je me fais un plaisir de la publier et partager. Sur la lancée du "Oh ! La belle vie !" de vendredi, j'ai même composé une musique personnelle pour refaire de ce texte une chanson mais cela exige encore du travail et de la réécriture aussi je vais demander demain à Dame Sylviane si elle se rappelle de l'air ancien.
Affaire à suivre, donc !
***
La Coquine (Michel Pichard – J.P. Ricotier) date inconnue
1
Chez un grand cordonnier
L'autre jour j'achetais des souliers ;
A mes pieds la vendeuse
Une enfant délicieuse
A genoux sur le tapis
M’essayait une paire de vernis
Mais soudain – Sacrebleu ! -
Comme son corsage bâillait un peu
J'aperçus sa poitrine
D'une blancheur divine.
Cela me fit tant d'effet
Que je ne savais plus ce que je faisais.
Comme mon pied n'entrait pas
La petite s'écria :
Refrain 1
Allez-y, poussez, poussez, Monsieur !
Vous verrez, ça ira beaucoup mieux
Une fois qu’ vous serez rentré d’dans.
Vous ne regretterez pas votre argent !
Allez- y, poussez, poussez plus fort !
C'est peut être le bout qui vous gêne encore ?
Ah oui, je lui répondis, vraiment
C'est bien le bout qui me gêne en ce moment
2
Au magasin chaque jour
Je revins pour lui faire la cour
Tandis que la mâtine
M’essayait des bottines
Moi j'essayais surtout
D'obtenir un p’tit rendez vous !
Un soir elle accepta
Que j’la conduise au cinéma
Mais pour prendre les places
Y avait du monde en masse
J’ lui dis « C'est ennuyeux
Nous allons devoir faire la queue
Elle répondit tout bas
« Mais ça n’ me déplaît pas !’
Refrain 2
Allez-y, poussez, poussez, Monsieur !
Vous verrez, ça ira beaucoup mieux
Une fois qu’ vous serez rentré d’dans.
Vous ne regretterez pas votre argent !
Allez- y, poussez, poussez plus fort !
C'est peut-être la queue qui vous gêne encore ?
Ah oui, je lui répondis, vraiment
c'est bien la queue qui me gêne en c’ moment
3
Au sortir du ciné
J’lui dis : « Chez moi j’ vais vous emmener.
Elle fit quelques manières
Puis elle se laissa faire
Et sans perdre un instant
J’la fis monter dans mon logement
Et tous deux enlacés
Je ne cessai de l'embrasser.
Elle s'endormit ensuite
Mais soudain la petite
Dut certainement rêver
Qu'elle m'essayait des souliers
Car j’l’entendis doucement
Me dire en soupirant :
Refrain 3
Allez-y ! Poussez, poussez, Monsieur !
Vous verrez ça ira beaucoup mieux
Une fois que vous s’rez placé d’dans
Vous ne regretterez pas votre argent
Attendez ! Pour que ce soit plus doux
Je vais prendre votre pied sur mes genoux
Mais je m'aperçus - oh nom d'un chien ! -
Qu'en fait d’pied c’est elle qui prenait l’ sien !
Il y avait longtemps que je n'avais pas chanté de chansons de Bourvil en public ! Hier soir au salon de thé culturel "Les références électriques", place du Souvenir à Rennes, les client·e·s ont eu droit, pendant la scène ouverte des Tisseurs de contes, à mes éclats de rire !
Merci à elles et eux de leur collaboration à ce moment jovial !
Joe Krapov interprète "Les Enfants fan fan", une chanson de Jean Boyer et Paul Misraki immortalisée par Bourvil en son temps. Enregistrement en public à Rennes au salon de thé culturel "Les ...
Plaignez moi les aminches ! La société est bien barrée et c'est dur d'être un homme aujourd'hui !
Les souris deviennent vertes dès que tu poses ton coquillard sur l'herbe tendre et qu'il y a un mot de travers qui dépasse de ton vocabulaire !
Là, ce soir, avec le mot "gonzesse" au milieu de ma liste j'ai encore une fois tout fait pour que les poules me volent dans les plumes ! Ah quelle bath idée j'ai eu, les poteaux, d'aller piocher mes mots dans une chanson de Momo, l’ineffable Maurice Chevalier, le gars qui s'est fourré plein de picaillons dans les poches et qui est devenu prospère en chantant « Yop la boum ! ». Il a tout pour plaire à ces dames d'aujourd'hui, l’hagiographe des releveurs de compteurs, des harengs, des maquereaux, des désormais insoutenables souteneurs.
Pour être honnête avec vous mézigue qui avais du goût pour ce répertoire de chansons des années 30 à 40 je pense quand même que celle-ci, « Prosper » est réellement bien crade et que je peux coller à la baille la moitié de mes partoches parce que du « Mauvais garçon » à « La Tonkinoise », de « Comme de bien entendu » à « Fais-moi mal, Johnny ! », toutes ces histoires de malabars, de durs de durs qui chipent leur braise aux mômes et les traitent comme si elles étaient les der des ders, je suis bien d'accord, c'est pas des manières !
Mais je les vois venir, les musaraignes ! Même si je leur chante le « Ma gonzesse » de Renaud, même si je leur explique que je mets tous les jours les petits plats dans les grands pour « ma princesse, celle que je vis avec », elles ramèneront quand même leur fraise vu que la cause est adoptée, installée profond dans leurs fouilles et que la litanie ressort toujours, balancée à chacun quoi qu'il ait fait ou pas : « Tous les mecs sont des salauds ! »
Oui, c'est vrai, en ce moment il y a du choix, il y en a plein des costards à tailler ! Entre les violeurs, les harceleurs, les zigomars, les pas classes, les proxos, les envahisseurs, ça devient difficile, avouez-le, de vendre l'homme honnête, le mari chouette, le copain drôle.
Elles sont toutes à se demander toujours : « Où sont les trous dans la raquette ? Sur quoi met-il le voile, ce mec ? Combien de victimes à l’actif de ce Barbe-bleue de banlieue ? » Franchement vous me soupçonnez réellement de danser le joyeux tango des bouchers de la Villette une fois que je suis sorti de l'atelier d'écriture ? Alors que les rares fois où je vais au fest-noz je garde les sacs de mes copines !
Quand je suis trop groggy de ce procès permanent, quand ce très Léonard Cohenien « There is a war between the man and the woman » m’esquinte le vase alors je trisse, je calte, je me calfeutre, je traîne en tatanes dans ma piaule, je mets la viande dans le torchon et une fois au pajot, pour un peu, je relirais bien du San Antonio mais je crois bien qu'avec l'âge le goût m'en est passé ou alors ce sont les voix de Greta Thunberg et de Judith Godrèche qui commentent « Les vieux schnocks parlent aux vieux schnocks » et ça, avouez le, ce jeunisme écologique servi en cerise sur le gâteau, ça prend le chou quelque part !
P.S. Je signale pour le fun que le dictaphone de Windows dans Libre office a remplacé les mots « gonzesse », « trous » et « fest-noz » par une volée d’astérisques ! Même les mots n’auront plus droit de cité bientôt ! L’intelligence artificielle lave plus propre ? ;-)
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.