evenons un instant sur "Lizard", voulez-vous ? C'est le troisième album du groupe de rock progressif King Crimson. Le parolier de ce groupe s'appelle Peter Sinfield. L'élément le plus stable au fil des ans est le guitariste Robert Fripp.
Par rock progressif il faut entendre autre chose que "poumpoumpoumpoum j'éructationne pour vous faire danser !". De la même manière que George Martin a fait réapparaître dans la musique des Beatles les instruments de l'orchestre classique, le rock progressif intègre l'influence du jazz et du classique dans un rock revisité : les morceaux sont plus longs, bourrés de solos instrumentaux mais bon, je ne vais pas vous faire un cours de musicologie, non plus !
Juste vous faire entendre le morceau dont les paroles ont inspiré Gini Barris, l'illustratrice de la pochette, pour dessiner la lettrine R, "Lady of the dancing water".
J'ai été très étonné de voir combien de versions de ce titre se baladent sur Youtube ! La grande mode consiste surtout désormais à faire rejouer ce morceau par l'IA en y mettant des synthétiseurs, la voix synthétisée de John Wetton quand ce n'est pas une réécriture de la mélodie sous les paroles originales.
Je vous fais grâce de tout cela et vous gratifie juste de la version originale et d'une reprise au violoncelle qui a beaucoup de charme.
Pas très loin un gros côlon sans médailles sur le poitrail,
Un sternum, un sacrum, un duodénum qui vaut bien le "Duo des chats" de Rossini ;
On a des côtes fendues quand nous prend l’envie de rire,
Un estomac dans les talons lorsque la faim nous tenaille
Et qu’abonde la boustifaille
Ou que sonne l’heure de la graille ;
On a des vaisseaux sans gains vu qu’ils n’ont jamais joué au loto
Et donc tout est normal, docteur !
Par contre on n’a pas le cœur sur la main
Et pas même peut-être l’âge de ses artères
Ni celui de César Franck.
On a deux humérus clausus,
Des péronés de péronnelle,
Des tibias sans protège-mollets,
Du sang de navet,
Deux poumons vous dis-je,
Un pancréas pacifiste qui ne veut pas pratiquer le pancrace
Et encore moins la lutte des crasses.
On a un cœur fidèle d’Ardéchois (?)
Ce qui nous permet parfois
D’évoquer Saint-Jean Ferrat
(cf infra) !
On a parfois en nous une fièvre de cheval
Alors on ronge son frein,
On piaffe d’impatience
Ou bien on hennit gmatique
Pour que personne ne devine
« Ce qui m’habite et qui m’obsède ».
On a un foie mais pas de foi parce que l’homme de peu de foi ne se fait pas avoir deux fois.
On a des chansons plein la tête, une mémoire phénoménale, une curiosité vagabonde, une imagination certaine et surtout, gangrenant tout ça, on a cette maladie qui force à noircir des cahiers et saturer des disques durs externes : un cancer de l’outil scripteur !
l se pourrait bien, ce soir, que nous allions faire un voyage dans le passé. Avec un i comme iconoclaste, le voyage, bourré d’anachronismes, richement décoré de fioritures irlandaises, enluminé ainsi qu’un manuscrit du Moyen-âge pour illustrer les riches heures des années 1960 et 1970.
Sur une mer tranquille, dans un crépuscule rouge et orange, de drôles de bateaux mélangent les époques : un steamer à vapeur, deux drakkars, deux voiliers à trois-mâts flottent parmi les dauphins et ne semblent pas surpris de côtoyer un grand serpent de mer. A l’avant-plan, sur des planches comme à Deauville, les Beatles, quatre garçons qui furent dans le vent entre 1963 et 1969 ont installé le cirque de leur exubérance. Ringo Starr, torse nu, tient le rôle du clown : bretelles rouges, pantalon à damier noir et jaune, chaussures trop grandes. Le magicien Lennon fait sortir Yoko Ono d’un pot de fleurs. Paul McCartney arbore sa barbe de la période « Let it be » et le maharashtri Harrison pratique le très fameux « Yoga de la narine ».
n ne s’étonnera pas, après cette entrée des caméléons modernes des années 70 de repartir au Moyen-âge en compagnie de deux musiciens et d’une jongleuse. C’est O comme olifant, c’est un lac en Écosse écrasé de soleil, c’est la chanson de l’aube jouée sur le cromorne ou sur le psaltérion, ce sont des collants bicolores pour une petite fée rousse.
S’ils ont lien de parenté, il pourrait bien s’agir d’une famille heureuse en route vers le château pour gagner quelques liards contre des pitreries, pour agrémenter de jeux d’intérieur les lamentations du prince Robert.
ul ne sait pourquoi le fils du roi n’a plus de joie. Lui a-t-on fait le coup de la paonne ou bien au contraire se sent-il délaissé par les dames de la cour du roi Pourpre ?
Un dragon vole dans le ciel . Se trouve-t-on ici dans une version de la légende de Saint-Georges où, plutôt qu’une princesse, c’est le fils du roi qui est offert en tribut à la bête ?
ais voilà, il y a tant de motifs celtiques et d’entrelacs vicieux sur cette pochette de disque vinyle que le soldat romain s’est égaré. Saint-Georges a rencontré la Mort en chemin et celle-ci, en cheminant à ses côtés, l’a mis en garde :
- Ne crois pas, mon bonhomme, qu’il n’y aura pas de lézard sur la voie que tu as choisie car à combattre le mal au nom d’une religion on n’est jamais certain d’atteindre un jour le grand sommet. Il y a toujours, crois-moi, un acmé aux actions - la Mort abuse parfois du vocabulaire médical ! – et ce combat avec le dragon de Silène sera sans doute pour toi la dernière escarmouche. Ou l’avant-dernière. Je continue ma route. Tu me retrouveras bientôt sous un autre coup de Lune.
***
Il convient de conclure ce voyage temporel par un étonnement. Toute la débauche d’électronique et d’électricité qui a envahi la musique dans le dernier tiers du XXe siècle est quasiment absente de la pochette du disque « Lizard » de King Crimson d’où sont extraites ces lettrines. N’est-ce pas déjà un appel, de la part de l’artiste, à revenir à un monde acoustique, enfantin, coloré, de joueurs de luth et de princesses, d’acrobates de cirque, de carnaval joyeux et de lutins facétieux ?
A moins que les images n’aient été lues dans le désordre et que dans le « N » final de King Crimson ne soit glorifiée la guitare électrique de Robert Fripp ?
En tout cas, si l’illustratrice, Gini Barris, a voulu représenter Jimi Hendrix, elle s’est plantée : l’homme qui mettait le feu à sa guitare était gaucher et elle a dessiné un droitier !
P.S. J’ai lu après avoir écrit ce texte que les illustrations ont été composées à partir des seules paroles des chansons, sans écoute de la musique par l'illustratrice !
Comme je ne suis pas ici pour raconter ma vie, je vais raconter celle des autres ! Vous ne perdrez pas au change ! Quoique... !
Mon épouse préférée, Marina Bourgeoizovna a, comme tout le monde, un papa. Le père en question vit toujours, il est un nonagénaire bien avancé et lui aussi a eu un papa et une maman. C'est de cette dernière, la grand-mère paternelle de Marina, dont il va être question dans ces billets à venir consacrés à la reproduction de CPA (Cartes Postales Anciennes). On l'appellera Geneviève T., T. étant son nom de jeune fille et X étant égal à A + B. Non, je déconne.
J'ai en effet récupéré hier quatre gros classeurs ou albums contenant plein de cartes postales que j'ai entrepris de numériser - j'aime les travaux de longue alène comme disent parfois les cordonniers -.
Le Classeur n° 1 est un modèle. Il contient 40 feuillets plastiques de format 21x30 cm et chaque feuillet peut contenir quatre cartes. Il y a des intercalaires qui séparent les cartes en fonction de l'année d'écriture.
On a donc le tableau suivant :
Année
Nombre de cartes
1904
1
1905
12
1906
16
1907
23
1908
8
1909
19
1910
28
1911
12
1912
20
1913
15
Une précision : ces cartes postales ne sont pas à vendre. Elles vont rester dans la famille. Elles serviront peut-être aussi à un animateur d'atelier d'écriture que je connais bien ! ;-)
Une autre précision : je n'en présenterai qu'un choix tout à fait subjectif !
Ces cartes sont adressées à Eugène et Léocadie T. qui habitaient alors le quartier des Batignolles à Paris. Leur adresse était au 39 de la rue Sauffroy dans le 17e arrondissement.
Aujourd'hui cela ressemble à cela :
C'est un immeuble de 3 étages. Leur filleGeneviève, née en 1902, a alors quatre ans cette année-là.
Voici la jolie décoration, récemment mise en place, de la salle du Refuge dans laquelle les M'A2R1 d'O douce répètent :
Quand on est piéton, il faut faire attention à ce qui peut traîner sur le sol quand on marche (surtout lorsqu'il fait un temps de chien !). Quand on est piéton photographe il faut aussi guetter les surprises du Kinder. Bon, OK, c'est truqué. J'ai déplacé la branche pour faire une queue de poisson et j'ai demandé à Jean-Émile Rabatjoie de jeter un oeil sur l'ensemble ! Mais quoi, il y a bien là matière à paréidolie, non ?
Nous travaillons ce jour à partir d’un disque vinyle du groupe de rock King Crimson intitulé "Lizard" (Le lézard) ; les illustrations de la pochette sont de Mme Gini Barris.
Nous décidons de les considérer comme des lettrines. Votre texte devra donc démarrer par la lettre K,I,N,G,C,R,I,M,S,O ou N.
Votre inspiration viendra de ce qui est représenté sur la lettrine ou des titres des morceaux de l’album donnés ci-dessous :
Le Cirque (comprenant l’Entrée des caméléons) - Jeux d’intérieur - Une famille heureuse - La dame des eaux dansantes - Le lézard - Les réveils du prince Robert - Boléro : le conte du paon (ou de la paonne) - La bataille des larmes de verre - La chanson de l’aube - La dernière escarmouche - Lamentation du prince Robert - Le grand sommet
Toutes les cinq minutes vous recevrez une nouvelle lettrine, soit pour votre inspiration, soit pour débuter un nouveau paragraphe.
Tout ce que j'ai gagné, à mélanger des musiques pour Johnny avec des paroles de Brassens, c'est qu'on m'a fait une réputation de fan absolu de Sylvie Vartan !
Mettons la barre toujours plus haut ! Je me suis mis en tête de faire chanter à mes congénères des M'A2R1 d'o douce le Duo des chats. J'ai un mois pour mettre un accompagnement dans ma guitare et pour trouver le découpage idéal : je ne ferai chanter les différentes parties qu'à des petits groupes de trois ou quatre, histoire que chacun n'ait pas à se farcir toutes les difficultés du morceau entier.
En attendant, je me suis bien amusé avec les versions que j'ai écoutées, surtout la troisième ! Et il y en a sûrement plein d'autres qui valent aussi le coup !
Ce matin ou plutôt ce midi j'ai encore tenu le rôle d'Igor Wagner et je suis allé photographier Marina Bourgeoizovna et ses amies qui travaillent à préparer un festival de contes prévu aux alentours du 8 mai. C'était à la Maison de quartier Sainte-Thérèse, rue Jean Boucher.
J'ai dans ma tête depuis hier le "Duo des chats" de Rossini et je songe à un florilège de chansons ayant pour thème les matous !
je sais que vous fîtes toujours ce que vous pûtes pour maintenir au plus haut la qualité et la bonne tenue des défis du samedi.
Mais là, avec cette "hétaïre", vous avez dépassé les bornes de derrière les limites !
Moi qui ai écrit des tartines bien plus longues que la madeleine de Proust, je suis quasiment certain de n’avoir jamais employé ce gros mot-là et, putain de bordel de merde, ce n’est pas aujourd’hui que je vais commencer !
D’autant que je n’ai absolument rien à dire sur le concept de vénalité. Alors je vous le dis franchement, pour que je participe au Défi du samedi n° 908, il faudra me payer cher !
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.