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Mots et images de Joe Krapov

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11 mai 2026

THE TIMES THEY ARE ACHANGIN'

 

 

La légion saute sur Kolwezi !

 

Parachutiste malgré lui

Le militaire n’est pas commode

 

Et s’il redevient à la mode

Il n’a plus les femmes pour lui

 

Elles opposent leur silence

A sa violence

 

Pour tous ses actes de bravoure

Elles n’ont plus que désamour

 

En ces temps de calamité

L’archer se trouve dépité

 

Les fleurs de sel

Tombent du ciel

 

La dominatrice, l’air narquois

Se moque bien de son carqouis

 

Elle n’a d’yeux, - ça, l’est marrant ! -

Que pour la Sainte patronne des marais salants

 


 

Le légionnaire les vilipende

Mais sa voix se perd dans la lande :

 

C’est improbable qu’on l’entende,

Lui qui éructe à Kolwezi,

Harnaché jusqu’à son zizi,

Depuis les remparts de Guérande !

 

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean

 

le 5 mai 2026 d'après la consigne 2526-25 ci-dessous

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10 mai 2026

LA PÊCHE MIRACULEUSE

 

(Se chante sur l’air de « Sam’s gone away », shanty américain)

 

 

1

C’est pour une pêche miraculeuse

Mire ton thon, mir’ ton thon, mir’tontaine

 

Que l’thonier va sur l’océan

Mire ton thon, pêcher l’poisson d’argent

 

Refrain

Beau travail les gars

Votre barque est pleine

Ça valait l’coup de se donner d’la peine

 

2

Jette les filets par tous les temps

Mire ton thon, mir’ ton thon, mir’tontaine

 

L’poisson viendra s’y mettr’ dedans

Mire ton thon c’est trop mirobolant

 

3

On en a ramené tant et tant

Mire ton thon, mir’ ton thon, mir’tontaine

 

Qu’ Pêche océan sera content

Mire ton thon malgré l’mercure dedans

 

 

4

C’est grâce au nouveau capitaine

Mire ton thon, mir’ ton thon, mir’tontaine

 

Il fait des miracles à la chaîne

Mire ton thon, mir’ ton thon, mir’tontaine

 

 

5

On va lui d’mander pour nos mioches

Mire ton thon, mir’ ton thon, mir’tontaine

 

De transformer l’pain en brioche

Mire ton thon, pour lui c’est très fastoche

 

6

Du coup on va p’t’êtr’ croire un peu

Mire ton thon, mir’ ton thon, mir’tontaine

 

A ses histoires de Bon Dieu

Mire ton thon, mir’ ton miraculeux

 

 

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean

 

le 5 mai 2026 d'après la consigne 2526-25 ci-dessous

9 mai 2026

LA LIVRAISON DE CIDRE

 
 
Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais, je l’avoue avant qu’on ne me torture, je ne participe que de loin à la bonne marche du monde. C’est trop dangereux. Au siècle dernier on m’a envoyé faire le guignol pendant un an à Mourmelon-le-Grand. J’aurais pu y devenir une victime de l’adjudant Chanal de sinistre mémoire. Le treillis militaire m’allait comme une robe en steak à Rika Zaraï, paix à son âme et à son saint-bain de siège.
 
C’est pourquoi, bien que membre de l’association des Tisseurs de contes, je ne me suis pas inscrit comme bénévole pour le festival « Fabula » qui a lieu ce week-end à Rennes. J’irai donner un coup de main sur le coup de 17 heures, je ramasserai les chaises, j’essuierai la vaisselle comme je fais d’habitude si on me le demande mais je ne veux pas faire partie d’une équipe avec un ordre de mission. C’est ça le luxe pour moi. Pour le calme, c’est mieux d’être tout seul et pour la volupté, ma recette est top secret.
 
Cependant, je peux arguer d’avoir fait partie de l’équipe « Descente de bouteilles » du festival. Je m’en vais vous narrer ça.
 
 
***
 
Je suis tranquille ce jeudi matin sur mon ordinateur à nettoyer des enregistrements du concert donné la veille quand la sonnette de la rue retentit. Je vais à l’interphone et une voix féminine me prévient que c’est pour la livraison de cidre Coat-Albret.
 
- Oui, je descends.
 
Ma colocataire qui me connaît bien mais communique peu sur les aspects matériels et administratifs de la vie qui, c’est vrai, ne me font pas sauter de joie au plafond, ne m’a pas laissé d’informations au sujet de cette livraison. Une fois le portail ouvert, je tombe nez à nez avec une charmante jeune femme en tablier qui a déjà sorti quatre cageots de bouteilles pleines sur un diable.
 
- Où est-ce que je les entrepose ?
 
- Attendez, je remonte chercher la clé du garage.
 
L’Histoire ne retiendra sans doute pas grand-chose de Jacques Chirac, un grand flambard qui a bien profité de la vie et du pouvoir. Moi j’ai juste retenu son dicton selon lequel les emmerdes volent en escadrille. Évidemment, Marina Bourgeoizovna qui est partie faire les courses en voiture pour ce satané festival a emmené la clé du garage avec elle. Ça c’est l’emmerdement n° 1.
 
Je me rabats sur la cave et je redescends avec la clé. Là je tombe sur l’emmerdement n° 2. Bien qu’il ne pleuve jamais en Bretagne, de l’eau est tombée du ciel depuis deux jours sans discontinuer. Du coup l’entrée de la cave est inondée d’au moins cinq bons centimètres de flotte.
 
Heureusement je traîne chez moi pieds nus et en claques. Me voilà donc parti pour un très imprévu marathon de transbordement. Parce que des cageots de douze bouteilles il n’y en n’a pas que quatre. Il y en a quatorze. Plus quatorze cubitainers de jus de pomme mais eux je peux en porter deux à chaque fois.
 

 

A la fin de la corvée l’entrée de l’immeuble est une vraie pataugeoire et l’escalier de la cave rivalise avec les chutes du Niagara question taux d’humidité.
 
J’explique à la livreuse que ce n’est pas pour ma consommation personnelle mais pour un festival de contes mais je me demande si ce n’est pas plutôt un festival d’alcooliques.
 
Il s’avère que je n’ai rien à signer – ni à payer, heureusement ! – et nous prenons congé.
 
Sur le coup de midi, quand elle revient des courses, j’informe ma coloc de la livraison. Vous, je ne sais pas, mais moi je déteste de plus en plus les colères des natives d’un signe de feu (Madame est bélier deuxième décan alors que moi quand je la vois faire des éruptions volcaniques comme ça, je me sens comme le dernier des cons).
 
- Mais c’était pas ici qu’il fallait livrer, c’est à la ferme de la Harpe ! T’aurais pu m’appeler !
 
Voilà que ça va être ma faute maintenant ! Le détroit d’Ormuz et Tchernobyl aussi, pendant qu’on y est ?
 
Furibarde, il n’y a pas d’autre mot, elle rappelle M. et Mme Coat-Albret et les incendie au téléphone. Elle obtient qu’ils repassent dans l’après-midi reprendre les cageots et les cubis pour les emmener à Villejean.
 
***
 
« On est toujours trop bon avec les femmes ! » a décrété Raymond Queneau dans ses œuvres de Sally Mara (pourquoi j’ai retenu ça, moi ?). Moi je suis un modèle du genre inverse.
 
A la fin du repas, avant que je n’aille prendre le bus pour aller faire ma partie d’échecs hebdomadaire, je lui propose de remonter les cageots de la cave dans le garage pour qu’elle n’ait pas à se mouiller les arpions en présence du livreur.
 
Et donc j’ajoute à mes cannes d’avant-festival une épreuve de vingt et une montées des marches avec un cageot au bras comme le fait si bien ….. ….. [inscrivez ici le nom de l’acteur ou actrice que vous détestez le plus dans la profession cinématographique, sachant que pour Gérard Depardieu il faut compter plutôt en camions-citernes qu’en cageots].
 
Voilà les faits. Qu’eût-ce été si j’avais été du genre valétudinaire !
 
Quand même ! S’il y a une deuxième édition de « Fabula », je demanderai à Mme Anne-Marie, l’organisatrice en chef, de prévoir une équipe « Descente de bouteilles... pour les remonter une heure après ». Si on barre la deuxième partie de l’intitulé, je suis sûr qu’il y aura des amateurs pour me filer un coup de main !
 
 

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 922

d'après cette consigne : valétudinaire

8 mai 2026

La Fondation du doute à Blois le 15 avril 2026 (1)

 

 

 

 

 

 

7 mai 2026

Couleurs de Trentemoult (Loire-Atlantique) revues le 12 avril 2026 (1)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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5 mai 2026

CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

 

Bretagne interdite 

 

L’animateur vous remet un choix de photographies tirées du programme des expositions 2026 de Bretagne musées, le réseau des musées bretons. Elles représentent des œuvres d’art, tableaux, sculptures, photos, objets.

 

Vous en choisissez une ou deux ou trois pour en tirer de l’inspiration pour un texte mais attention : il vous est interdit d’utiliser les mots suivants dans votre texte :

 

bateau – Bretagne - exposition – mer - musée – portrait

CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
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CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
CONSIGNE 2526-25 DU 5 mai 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN
4 mai 2026

La Fontaine de Max Ernst à Amboise vue le 16 avril 2026

 

C'est vrai : ce séjour à Nantes, Blois et Amboise ne visait pas à retrouver les traces d'artistes chers à nos coeurs. Les châteaux de la Loire évoquent surtout les rois de France et par chez nous on est aussi du genre "no kings" ;-).

 

Simplement, d'avoir vu récemment ce documentaire sur Max Ernst

(https://www.arte.tv/fr/videos/124812-000-A/max-ernst-le-surrealiste-et-le-monstre-fasciste/)

a sans doute été pour quelque chose dans ma décision d'aller en excursion à Amboise où se trouve aussi la fontaine créée par ce peintre-sculpteur surréaliste à l'inventivité étonnante. Il l'a intitulée "Aux cracheurs, aux drôles, au génie". Elle est assez jolie, finalement, avec ses tortues cracheuses et son côté "temple du soleil" !

 

 

 

 

 

 

 

P.S. J'avais complètement oublié que dans l'oeuvre de Max Ernst figurait ce tableau iconoclaste : la Vierge Marie corrigeant l'enfant Jésus" ! 

 

 

 

 

3 mai 2026

ENTRE NANTES ET BLOIS (2)

 

CHAPEAUX HATTITUDES

 

 

Dans ce magasin de modiste

La patronne se prénomme Brigitte

Mais tout le monde l’appelle « Bibi »

 

 

COUR DES MIRACLES

 

 

Par plaisanterie une fourmi

- C’était une fourmi qui savait l’orthographe et la calligraphie -

A posé un écriteau :

« Mur à ne déplacer sous aucun prétexte ».

 

Les ouvriers sont venus.

Ils ont lu.

Ils ont obéi

Et construit l’hôpital derrière

Ce vestige d’un autre temps.

 

J’ai trouvé un nom pour ce monument :

« Le décapité récalcitrant » !

 

 

LES PETITES BALADEUSES

 

 

Le mystère de la femme sans corps :

Cinq D….. dans une M…

 

(comme au jeu du pendu, remplacez les points par des lettres)

 

Solution :

Cinq doigts dans une Main

Soit

Dix doigts dans les deux mains

et, devant, des semelles :

 

« Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées » !

 

 

LA TAVERNE DES AVENTURIERS

 

 

Nul n’est censé ignorer la Loire :

Ici personne jamais ne cherche la bagarre.

Tout le monde sait que nos nefs

Ne sont en fait que des gabares !

 

 

 

Pondu le 28 avril 2026 à l'Atelier d'écriture de Villejean

 

d'après la consigne 2526-24 ci-dessous

2 mai 2026

LE DÉFI DU SAMEDI EST-IL UNDERGROUND ?

 


Nous voici rendus de nouveau dans cette fin de l’alphabet où le choix des mots devient si limité que l’animateur de ce défi dictionnarien du samedi est contraint de puiser dans les vocables d’une autre langue pour faire plancher l’araignée que nous avons dans le plafond.
 
Je me souviens avec presque regret d’une prolixe défiante qui poussait ici jadis à cause de cela des cris d’orfraie. J’allais écrire des cris d’or frais d’après la ruée mais la ruée vers Laure est copyright Pétrarque.
 
Ce n’est pas à cause de ce franglais envahissant que je vais botter en touche aujourd’hui. C’est à cause de l’étiquette, de la manie de coller des étiquettes et des définitions sur toute manifestation de l’esprit humain.
 
Êtes-vous, sommes nous underground ?
 
S’affranchit-on ici des règles esthétiques traditionnelles et des valeurs établies ?
 
La réponse est « Non ». C’est la liberté qui règne. Et au diable les règles quand il s’agit, comme le chante Anne Sylvestre d’« écrire pour ne pas mourir ».
 
Par contre les valeurs établies, de Proust à Michel Houellebecq, on a le droit aussi, dixit Daniel Pennac, de ne pas lire quand on suspecte qu’on va s’emm’nuyer !
 
Reste-t-on en marge des circuits de production et de diffusion habituels ?
 
Oui, et c’est tant mieux. On n’a pas de comptes à rendre aux milliardaires activistes proches de l’extrême-droite qui investissent dans les médias.
 
Sinon "Underground" est un film d’Emir Kusturica dont la musique signée Goran Bregovic est très chouette mais je ne sais pas si j’arriverais à le revoir – j’ai le dévédé -.
 
Sinon, oui, "underground" dans le sens de « métro », j’aurais pu vous chanter « Le Trou de mon quai » mais je l’ai déjà fait en mai 2021 :
 
 
Le Poinçonneur des Lilas ? La Jeune fille du métro ? Le Meeting du Métropolitain ?
 
Allez, parce que c’est vous et que l’underground se permet tout y compris les drogues interdites et les hors sujet, je vous gratifie du «Tango stupéfiant» de Marie Dubas enregistré samedi dernier en public dans mon salon de thé culturel préféré.

 

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 921 d'après cette consigne :

Underground

30 avril 2026

ENTRE NANTES ET BLOIS (1)

 

L’HEUREUX HASARD

 

 

L’heureux hasard n’existe pas.

Il faut toujours aller chercher,

Marcher, lever le nez, les yeux,

Regarder dans les coins, dans les cours,

Derrière les vitrines.

 

C’est comme un arc-en-ciel,

Une rencontre rare,

Un moment suspendu.

 

Quelque part dans la nuit

Une femme fantôme a déposé des fleurs.

Elle n’a pas prévu que tu viendrais cueillir

Ses œuvres du regard.

 

 

NEMO

 

 

A l’entrée de sa péniche

Le patron du Nemo a posé une affiche :

« Je n’y suis pour personne ».

 

Il est allé chez son voisin du Nautilus.

 

 

 

PHILEAS

 

Un jour de brouillard ou de fog,

Si tu vas cambrioler

La péniche de Phileas,

Emmène un passe-partout !

 

 

 

LE VAPORETTO

 

Le vaporetto s’appelle Navibus.

Il est gratuit en ce dimanche et nous amène à Trentemoult.

C’est un village de pêcheurs, le pendant pour Nantes de ce qu’est Burano à Venise.

Des maisons de couleurs vives, des enfants qui jouent dans les cours, des chats qui paressent aux fenêtres ou au seuil des maisons.

 

Mais les gens par ici ont l’esprit de Gavroche. Ces frondeurs se plaignent du tourisme. Pour un peu, il y aurait des panneaux « Interdit aux extra-terrestres » !

 

 

 

Ces quasi-îliens qui n’ont rien à foutre de presque tout enverraient volontiers Parisiens et Nantais voir le diable dans la rue Vauvert.

 

Las, celle-ci se trouve à Blois mais dans cette ville plus calme on ne crie pas « Vive la France ! » ni « On n’est plus chez nous » ou plutôt comme on dit aujourd’hui avec l’aplomb des rois gaulois « On est chez nous » !

 

 

Pondu le 28 avril 2026 à l'Atelier d'écriture de Villejean

d'après la consigne 2526-24 ci-dessous

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