- Descends de là tout de suite ! Obéis ! Mais on est où, là ?!
- A Faux-la-Montagne ! Dans la Creuse !
- Et alors toi tu as besoin d'être dans un trou perdu pour rebondir ?
- Pour sûr ! Je peux même dire qu'ici je m'envoie en l'air !
- C'est du propre ! A ton âge !
- Hé ! Ho ! Va pas penser à des choses comme ça, non plus ! Les plaisirs sont tout autant intellectuels que physiques, ici !
- C'est à dire ?
- J'ai vu une exposition, participé à deux ateliers d'écriture, assisté à trois concerts, une soirée goguette, un bal, cinq pièces de théâtre, un spectacle de contes, une lecture concert, une criée de petites annonces drôlissime, quatre lectures dont une très animée des poètes du "Chat noir" que j'adore, un cabaret clown, une rencontre d'autrice, un film documentaire… Tous ça en trois jours, tout gratuit, dans les jardins des habitants, la salle des fêtes ou même l'église. Et je ne te parle pas du discours d'inauguration hilarant de madame le maire ! Inoubliable !
- C'est ça, tes vacances ? Quelle folie ! Que de mots inutiles !
- Justement, ce festival s'appelle "Folie ! les mots" !
- Arrête ça immédiatement et descends de là. C'est terminé, maintenant !
- Justement c'était la 20e et dernière édition. Mais ici c'est une terre de résistance. Il y a des chances pour que des gens prennent le relais et qu'il y ait encore quelque chose l'année prochaine. Sinon l'été 2026 sera bien triste !
- En attendant de pleurer toutes les larmes de ton corps, descends immédiatement et viens rassembler la gauche !
- Bon, OK, j'arrête mais pas forcément pour ça. Il me reste encore trois jours pour faire de la rando dans le coin autour du lac de Vassivière ou du lac du Chammet et au retour on fait un arrêt à Parthenay pour le festival "De bouche à oreille".
La zythologie qui, rappelons le, est la science de la bière, n’utilise pas le même vocabulaire que l’œnologie qui s’occupe du vin. D’un côté on dit jaja, de l’autre on parle de bibine ou de pipi de chat quand iel est tiré·e et qu’il faut le·la boire.
Plus que pour le vin on tient compte pour décrire une bière de sa couleur : blonde, brune, ambrée, blanche ou rousse.
Chacune a son caractère, peut vous mettre le coeur en goguette, être servie à la guinguette en quantité telle qu’en sortant vous marchez de guingois et avez quelquefois, le lendemain matin, une belle gueule de bois.
Il y a des gens qui ont le vin triste. La bière rend toujours gai sauf si un de tes parents se retrouve couché dedans. On parle alors de l’amertume de la bière. Ou de client ivre-mort.
On ne dira jamais d’une bière, comme on le dit d’un vin, qu’elle a de la cuisse, qu’elle est bien charpentée, qu’elle a du corps.
Et pourtant, oui, proclamons le sans peur, la Guinness est un peu épaisse ! La Desperados ne rend pas sac d’os ! La Grimbergen fait péter les gaines tout comme la Goudale désespère Scandale. On se sent vite à l’étroit avec une Stella Artois. La Leffe donne de jolis reliefs. La Pelforth rend les femmes fortes. La Pilsner Urquell laisse quelques séquelles. La Chouffe te donne un look de ouf. La Jenlain, bière de garde, fait que l’on te regarde.
Choisis ton carcan, camarade… anorexique !
Les trois Grâces que l’on voit ici assument de se faire mousser, la chope à la main, ou lèvent bien haut le mot « fière » avec leur verre empli de bière. Thalie, Euphrosyne et Aglaé sont les filles de Bacchus et de Vénus. Pour dispenser aux humains l’égalité d’humeur, la bonne grâce, l’éloquence, la joie de l’âme, la sagesse et la reconnaissance on n’a pas besoin de mettre les formes.
Mesdames, détestez les diktats de la mode ! Assumez la largeur de votre garde-robe ! Choisissez l’allure de votre valseur ! Détestez les faux derches qui inventent les normes ! Soyez rabelaisiennes, ubuesques, imposez leur l’hénaurme ! Soyez plus babas cool encore que Mama Cass !
Entrez dans les ordres mais dans vos ordres : choisissez d’être triple carmélites ou, comme ici, trois dra-gueuzes allant, biques, boire des bocks à la brasserie à s’en faire péter la brassière !
Tant pis si dans le Beaujolais un proverbe dit « prendre son lit pour une tirelire en mettant un gros soûl dedans » et si François Hardy vous invite à écouter de la musique soul à rouler par terre !
Il y a un point sur lequel l’œnologie et la zythologie sont d’accord : ce sont des liquides qu’il ne faut pas boire cul sec !
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Voilà. J’ai fesse que j’ai pu. J’ai rebondi sur cette image des trois grâces en évitant peut-être le piège qui se trouvait derrière. Je ne doute pas que le texte produit par Vegas-sur-Sarthe sur ce même sujet aurait été plus truculent voire succulent. De mon côté je n’ai sans doute pas décroché la lune mais je pense que mon texte est resté séant et ne mettra pas plus que ça en pétard les dames qui écrivent et lisent par ici. Du moins l’espéré-je ou « l’asperge » comme je dis toujours quand on me demande de plancher en prose ou en vers sur une image qui représente trois femmes maigrelettes en train de se shooter au Mediator dans une forêt de bambous !
Vous descendez à la station de métro Blosne. Vous tombez d'abord sur des animaux jolis tout pleins... installés au milieu des poubelles de quartier !
Ensuite vous avez droit à trois paysages de montagne bien colorés !
Et à la fin, quand vous avez trouvé l'endroit où vous venez pour chanter cinq chansons voire plus, vous tombez dans les pommes. Ou plutôt sur la chemise pleine de pommes de l'ami Ar Furlukin, le spécialiste mondial de la peinture de radis !
S'il faut faire deux cents kilomètres pour avoir droit à de la belgitude, pas de problème, nous, les Krapov, on les fait. On n'a jamais été déçus par Les Royales marionnettes et ce n'est pas cette année, avec cette fable très contemporaine, que ça va commencer !
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.