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Mots et images de Joe Krapov

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16 novembre 2024

LA FONTAINE STRAVINSKY

 

 

Quand le soleil écrase trop les carafons,

Quand la chaleur s’en vient courir la prétentaine,

Quand Paris sous un ciel bleu profond se morfond

L’idée vous vient d’aller tremper dans la fontaine

- D’y enfoncer ! – vos dix orteils, vous doux arpions.

 

Justement Stravinsky est là – la bonne aubaine ! -

Qui vous tend ses rebords comme fonts baptismaux.

Pas besoin de pousser jusqu’au bord de la Seine :

Paris-Plage est blindée, ce n’est pas un vain mot,

Les fondus de bronzette en ont fait leur domaine.

 

Ici, sur la placette, on dirait la Provence.

La canicule a bousculé vos fontanelles,

L’eau refroidit le corps et vous met en vacance.

Pour un peu les cigales y feraient villanelle,

Entameraient la rengaine de l’innocence.

 

Il serait infondé de voir là des fredaines,

De la défonce, de la frime, des hautaines.

Non, c’est le tout-venant de la foule sereine

Qui vient goûter à la fraîcheur ; la chose est saine.

Jonas aussi se réfugie dans la baleine

 

Au contact du liquide on puise paix profonde.

Sur les bras l’eau ruisselle en perles de rosée.

Les verres noirs devant les yeux changent le monde :

Rafraîchi, purifié. Se peut-il que, d’une âme apaisée,

D’un simple bain de pieds on arrête sa ronde ?

 

Fontaine Stravinsky on sacre le printemps !

Les saisons se défont ! On arrête le temps !

 

Ecrit en état d'insomnie le 16-11-2024

d'après la consigne AEV 2425-08

de l'Atelier d'écriture de Villejean

 

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15 novembre 2024

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 83, Liste de vérification

 

La cinéaste est assise dans le bureau du producteur. Elle vient chercher des financements pour son projet de film historique.

 

- Bon. On peut revoir votre check-list ? Parce que, voyez-vous, c’est la crise pour tout le monde, actuellement. Prendre des risques financiers en produisant un film, ça coûte cher et ça peut même coûter bonbon si le produit se ramasse.

 

- Il y a peut-être le jackpot au bout, parfois !

 

- C’est vrai . C’est pour ça que je veux voir combien vous allez me coûter. Pour savoir combien ça peut me rapporter si ça marche. Allez-y, déroulez !

 

 

- Un troupeau de moutons ; un cheval ; son caparaçon ; son cavalier en costume de légionnaire romain. Il porte des sandales, une tunique, une armure de plaques en fer, des sandales, un glaive, un bouclier, une ceinture militaire, un casque et un javelot sur lequel est fixée un gonfalon blanc à croix rouge. Il nous faudra des ventilateurs pour le faire flotter parce que là où on va tourner, en Espagne sans doute, c’est sec et il n’y a que très peu de vent.

 

- Jusque là, ça va.

 

- Un palais royal miteux ; une armée en déroute ; une population miséreuse prête à croire à n’importe quoi et à voter pour n’importe qui mais ça se passe dans un pays où il n’y a pas encore d’élections. Un monarque dont les caisses sont vides et qui est dépassé par les inondations.

 

- Vous m’avez dit que c’était un pays sec ?

 

- Pardon, j’ai mal lu. Dépassé par les humiliations. Des manifestations paysannes.

 

- Combien de tracteurs ?

 

- C’est un film historique. Ils brandissent des fourches en gueulant « On en a gros ! »

 

- Je préfère ça. Tant qu’ils ne mettent pas le feu au Parlement de Rennes ou à un symbole de ce genre, ça me va.

 

- Après... Il y a le cas de la princesse.

 

- Si les caisses sont vides, sa garde-robe ne doit pas être très fournie, je me trompe ?

 

- Ce n’est pas la question du costume qu'elle porte qui va vous faire tiquer. C’est qu’on a l’accord de principe de Scarlett Johansson pour tenir le rôle.

 

- Scarlett Johansson ! Vous voulez ma ruine ou quoi ?

 

- S’il n’y a pas de vedette connue, les gens ne viendront pas au cinéma, savez-vous ? Enfin le plus gros…

 

- Je vous écoute.

 

- On a négocié avec le responsable des effets spéciaux de Jurassic Park et de ses suites. Il est d’accord pour nous construire un dragon comme on n’en a jamais vu.

 

- Bon, si vous avez cette caution-là je veux bien envisager de les allonger.

 

- Après…

 

- Quoi encore ? Ce n’est pas fini ?

 

- La responsable du casting a pris contact avec Dany Boon pour le rôle de Saint-Georges et avec Gérard Jugnot pour le rôle du roi.

 

- Dites, vous voulez ma mort ou quoi ? Vous savez combien ils prennent comme cachet, ces malades ?

 

- Ils sont disponibles aux dates de tournage et intéressés par le scénario.

 

- Écoutez, ma petite, vous êtes bien gentille, mais vous allez me faire des coupes dans ce budget tel qu’il est sinon je ne finance pas.

 

- On peut peut-être supprimer le gonfalon ?

 

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 846

d'après cette consigne : Gonfalon

14 novembre 2024

Qui avait peur de Virginia Woolf en 2008 ?

 

En poursuivant le sauvetage de mon blog 2007-2013, je tombe sur une sauvegarde de  mon disque dur faite en 2011. Il y a là-dedans un répertoire "Photofunia", un logiciel en ligne qui existe toujours et avec lequel je me suis bien amusé à l'époque.

 

J'avais publié quatre photomontages effectués à partir de Virginia Woolf. Je vous les refourgue ici avec d'autres que j'avais laissés de côté.

 

 

 

 

 

 

 

 

13 novembre 2024

PARIS-PLAGE

 

- Il fait chaud sur Paris !

Nous dit l’ami Willy

Au bout de l’île Saint-Louis.

 

On s’allonge, on se couche…

- Y’a quelque chose de louche !

Répond le bateau-mouche.

 

Sous les pavés la plage :

C’est l’heure du bronzage

Et plus rien ne surnage ;

 

Le boulot a pris l’eau.

Ils en ont eu plein le dos,

Sont devenus barjots,

 

Ont rebattu les cartes.

Les voilà qui lézardent

Sans chapeau, sans costard.

 

 

Ils transforment le pont des Arts

En Riviera pour banlieusards

Et les deux îles en Baléares !

 

Curieuse perspective

D’un monde à la dérive

Lorsque l’été arrive !

 

Furieuse décadence !

Entrée dans les vacances

De Nation à Défense !

 

 

Les patrons sur la touche

Ont pris le bateau mouche

Et trouvent le truc louche :

 

Poitrines dénudées,

Mexicains basanés,

La machine arrêtée !

 

Sans aucune barricade,

Ils mettent, les camarades,

Le monde en marmelade !

 

Possédants ébahis

De vous voir si trahis

Par ces humbles spahis

 

Qu’il s’en aille en balade,

Qu’il parte à la baignade

Votre univers malade !

 

Quel bruit dans Landerneau :

Le monde est en rideau !

Il n’y a pas photo !

 

Enfin, si,

Peut-être celle-ci

Que notre ami Willy

En surplomb de la vie

Nous transmet comme un rêve :

Paris enfin se lève

Et se transforme en...grève !

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 12 novembre 2024

d'après la consigne AEV 2425-08 ci-dessous

 

12 novembre 2024

CONSIGNE 2425-08 DU 12 NOVEMBRE 2024 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

 

Willy Ronis, idéel et réel

 

 

 

 

 

Fontaine

Rivière

 

 

Bateau

Musique

 

Cliquez dessus pour agrandir chaque image

 

Choisissez une des quatre photos de Willy Ronis qui vous sont proposées. Le mot qui est inscrit dessous va obligatoirement avec elle et avec elle seule.

 

Intéressons-nous à ce mot, d’abord sur un plan idéel. Associez une dizaine d’autres mots ou plus (noms, verbe, adjectifs) qui lui sont immédiatement liés selon vous. Notez-les sur votre feuille.

 

Intéressons-nous ensuite à la sonorité du mot.

 

1ère syllabe : Notez dix mots qui commencent comme lui ou contiennent cette syllabe de départ.

 

2e syllabe : Cherchez des mots qui riment avec ce mot ou se terminent approximativement comme lui.

 

Vous disposez maintenant d’une trentaine de mots et d’une image. Partez en voyage dans vos souvenirs ou dans l’imaginaire, écrivez un poème, un texte, ce que vous voulez avec ce matériel.

 

N.B. La Consigne "Idéel et réel" a été empruntée à Monique Janvier - 80 pratiques d'atelier d'écriture, 8-2 Écriture effervescente (qui appartient en fait à Karyne Wattiaux).

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11 novembre 2024

Choses vues à Rennes le 2 novembre 2024

 

 

Il n'y a pas déjà une histoire comme ça avec une belle robe, une citrouille et une chaussure oubliée dans un bal ?

 

 

Autoportrait très réussi de Joe Krapov !

 

 

Soyons-le nous aussi !

 

 

Près du pont de chemin de fer, avenue Villebois-Mareuil, il ne reste plus que cette chouette ou ce hibou de ce que fut ici le lieu de résidence de l'Élaboratoire. Le collectif d'artistes a déménagé à Beaulieu où il occupe maintenant le local du Tournebride qui fut quant à lui un restaurant où j'allai quelquefois grignoter un sandwich et une bière sur le coup de midi !

 

 

Alphonse ? Daudet, Allais ou Droide-Anlemur ! Choisis ton camp, camarade ! Moi c'est le deuxième que je préfère !

 

 

C'est la municipalité rennaise qui a fait effacer les premières lettres de cet acrostiche. Je n'entrerai pas dans le débat pour ma part. Je ne comprends pas en effet pourquoi tous les enfants illégitimes qu'Henri IV a semés  sur son passage sont entrés dans la police de son royaume. Ni pourquoi ce prédateur sexuel a encore sa place dans les livres d'histoire de la France.

 

N.B. Marina Bourgeoizovna n'a rien compris à ce commentaire d'humour au 72e degré. Et pour cause : elle ignorait la signification du sigle ACAB dans la langue de Shakespeare.

10 novembre 2024

Les Rangements du dimanche 10 novembre 2024

 

Malgré ma promesse de ne plus rien laisser sur le disque dur de mon ordinateur, il traîne encore bien des choses qui témoignent de mon activité incessante de bidouilleur imagier et de curieux de pas mal de choses de ce bas monde. Alors, tant qu'à faire, partageons-les !

 

Tout d'abord, suite à un cours d'informatique sur le floutage des images donné à distance à Madame E. voici une Mona Lisa qui semble avoir perdu quelque chose :

 

le sourire, peut-être ?

 

***

Suite à la découverte d'une fonction surprenante du programme Paint, "détourer l'élément central d'une  photo", deux replacements d'Isaure dans un contexte rennais non muséal (quoique ! ) et parmi tout un tas de célébrités.

 

 

 

***

 

Ce n'est pas forcément une bonne nouvelle mais ils font le ménage aussi aux Champs libres ! La moitié des CD de Neil Young ont été remis en magasin au sous-sol et ne sont plus empruntables que sur demande. Pressé par le temps, j'ai juste fait main basse sur un disque de Sheryl Crow sur lequel l'oncle Neil joue de sa guitare électrique "Old black".

 

 

 

Enfin, terminons ce rangement du dimanche par une bonne nouvelle : sous un emballage lyonnais sympathique, dans une salle Louis Jouvet du Ciné-TNB où n'ont ri que Joe Krapov et le spectateur du rang juste derrière lui - merci, monsieur, de votre solidarité ! - on a retrouvé Emmanuel Mouret !

 

Le film s'appelle "Trois amies". Il nous serait très facile de le descendre car il est bourré de tics relatifs au classicisme du réalisateur (Marivaux, Rohmer, Woody Allen) mais il y a des passages réellement drôles et des actrices  et acteurs formidables ! Je reviendrai sans doute dire deux mots sur sa merveilleuse bande son (Beethoven, Mozart, Ravel, Bizet) du plus bel effet.

 

Je poste la bande annonce :

 

9 novembre 2024

Joe Krapov aux Apéros poétiques de la Teillouse à Redon le 27 octobre 2024

 

Zut ! C'est moi qui ai ouvert le bal ce dimanche-là ! J'ai eu l'impression que la salle n'était pas "chauffée" encore mais à la réécoute de l'enregistrement, je m'aperçois que ça a quand même bien fonctionné, même si je n'en ai pas trop fait dans l'interprétation "théâtrale".

 

Il s'agit donc d'une "traduction-adaptation-trahison" des deux chansons suivantes : "The Wellerman" (shanty australien anonyme) et "A la pêche à la baleine" de Jacques Prévert et Joseph Kosma. J'ai pris le texte de la deuxième et l'ai collé sur l'air de la première puisque les deux chansons traitent du même sujet.

 

Je l'ai interprétée en public le dimanche 27 octobre 2024 aux Apéros poétiques de la Teillouse à Redon (Ille-et-Vilaine). Les illustrations sont empruntées au web. Merci au public et à l'animateur de cette scène ouverte, le très sympathique M. Battmanu !

 

N.B. J'ai déjà consacré un billet à ce travail de réécriture. C'est ici :

http://krapoveries.canalblog.com/2024/04/a-la-peche-a-la-baleine.html

8 novembre 2024

OCTOPUS'S GARDEN

 

Le factotum s’appelle Octave. On fait appel à lui pour dégager le tractopelle embourbé, pour calculer la surface d’un octogone lyonnais, pour fournir une protection rapprochée aux acteurs de cinéma dont les exactions sexistes sortent au grand jour, pour cramer les Ektachromes compromettantes des factieux en voie de dédiabolisation et pour bien d’autres tâches plus ou moins suspectes dans des tas de secteurs de l’activité humaine.

 

 

La rectitude, l’exactitude, la perfection et le caractère discret voire secret de ses actions sont les points forts de tout factotum qui se respecte.

 

Il goûte le nectar avec le savoir-faire de l’oenologue averti qui a quinze ans de bouteille dans un palace sélect et commente doctement, avec très peu d’affectation, la présence de cuisse ou de touches de fruits rouges dans le vin dégusté.

 

Il charrie des bactéries pour l’Institut Pasteur, des briquettes pour construire le palais du facteur Cheval, des phylactères pour les éditions Dupuis où l’on sait qu’il ne bulle jamais, qu’il est réactif, productif et pas réfractaire à la tâche comme ce paresseux de Gaston, le collaborateur jadis occasionnel et désormais dysfonctionnel qui ne fait rien qu’à soupirer après la dactylo, Mademoiselle Jeanne. Et on ne parle pas des ses inventions qui ont pour objectif de saboter la vie du journal de Spirou ! Gaston ou la didactique du pire !

 

Sans même consulter Doctolib, Octave, lui, sait distinguer une infection urinaire d’une attaque de conjonctivite mais bon ça c’est facile. Il sait réparer les lecteurs de Compact-Disques défectueux, faire fonctionner un extincteur, analyser la conjoncture, ne pas se perdre en conjectures ; il sait où se trouve le disjoncteur en cas de panne de lumières au gouvernement, il sait additionner les fractions mais il est bien d’accord que ça ne sert à rien quand les élections ont fait venir à la chambre deux tiers de gaulois réfractaires qui ne s’entendent pas et un tiers de godillots réactionnaires qui sont là pour défendre le maintien du pactole pour les actionnaires et les banquiers.

 

 

Mais laissons l’actualité sociale et passons à la vie privée. Lorsqu’il termine sa tâche quotidienne et cesse de pactiser avec la direction, les directives, les directeurs, les directifs, les inspecteurs des travaux finis, les prospecteurs de gains de productivité et autres pondeurs d’injonctions en tous genres, Octave redevient le petit mari plein de tact de Dame Bénédicte.

 

Depuis « toutes ces années déjà ! » leur bonheur est intact, idéal, pictural, factuel et peut-être éternel ; l’affection qu’ils éprouvent l’un·e pour l’autre est constante. C’est peut-être parce que le proverbe dit « Factotum un jour, factotum toujours ! ».

 

A la maison aussi Octave fait tout ! Dans ses casseroles et faitouts il concocte pour sa douce des petits plats délicieux avec les victuailles qu’il a choisies lui-même sur les étals du marché. Il prépare des cocktails, choisit les Saint-Nectaire, programme des promenades forestières en octobre, des observations de la Voie lactée en été, des sorties au cinéma pour voir des super-héros indestructibles tenter toutes sortes d’actions pour empêcher la fin du monde d’arriver...

 

- C’est fait depuis mardi dernier, exactement depuis que le canard Donald a gagné ! plaisante Bénédicte. Rentrons chez nous et aimons-nous !

 

Image empruntée à Zina-art

 

Effectivement, depuis que l’Amérique a ainsi disjoncté, le couple s’est réfugié dans la lecture d’histoires de détectives, dans la réécoute des Nocturnes de Chopin, dans la délectation du « Pendant le coïtum l’animal n’est pas triste », du « Fac moi totum, factotum ! » du « Jacte-moi d’amour, redis-moi des choses tendres », dans le contact des peaux et la joie d’être deux.

 

Il se trouvera sans doute, sur leur chemin, des détracteurs au rictus torve pour condamner ce repli sur soi, cette attitude « égoiste » de déconnectés de luxe. Mais ils n’y peuvent rien, Octave et Benedicte y sont addicts, au bonheur !

 

 

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 845 à partir de cette consigne : Factotum

7 novembre 2024

BIENVENUE AU KLUB !

 

Bienvenue au klub !

 

 

Komme si le monde n'était pas assez piké komme ça, voilà ke les pubs de France-Inter nous konseillent de nous faire vakciner kontre le kovid, la grippe, la kokeluche, etc. Ils ont vite fait de pousser grand-mère dans le konkasseur à la radio ! Il faudrait même k'on s'inkiète, paraît-il, du zona ki est tout sauf une maladie kelkonke.

 

Alors j'ai le choix. Soit je fais le kasanier et je me klakemure dans ma kuisine en éteignant le poste après le jeu des 1000 € - ki a lieu en direct de Konkarneau ou Kankale - pour ne pas me farcir les konfrères de Didier Raoult, soit je sors voir dehors si j'y suis, en bonne santé ! C'est ce ke je fais le mardi où les koups komptent double voir triple si j'inklus les kourses au Leklerk.

 

Bienvenue au klub !

 

Ce matin dans les konciliabules de l'avant-korale, kand on kankanait avant de monter installer notre kakophonie dans la salle dite du « Refuge », le sujet de konversation principal de mes kontemporaines était... la katarakte ! Ça kasse un poil ma barake et mes konsidérations kokorikoeskes sur la bonne santé des kinkagénaires + 20 karats ! Je me suis mis le doigt dans l'œil jusk' au koude ou komme dans un loukoum, Khalsoum !

 

Bienvenue au klub !

 

C'est écrit sur la porte de la salle Mandoline : « Klub ékriture ». Pourtant tout le monde ici, du klown ki anime la séance et pond des konsignes jamais kommodes jusk’ aux kokines ki lui cherchent konstamment des krosses, tout le monde appelle cette réunion « Atelier d'ékriture ».

 

C'est koi la différence entre un klub et un atelier ? J'ai une réponse kokasse à cette kestion. Depuis ke je kollectionne les kaskettes de chef de khœur et d'oulipo-sadike de la veille du merkredi, un atelier c'est un endroit dans lekel je me farcis tout le boulot préparatoire !

 

Un klub j'arrive les mains dans les poches et je n'ai rien d'autre à faire ke ça : jouer ! Jouer aux écheks !

 

Bienvenue au klub !

 

Koike... komme dirait Raymond Devos ! c'est kand même Bibi ki sort les trois jeux Kasparov du plakard, ki installe les kavaliers, les fous, les pions et les têtes kouronnées sur les kases adékwates de l’échikier !

 

C'est kand même ma pomme ki s'enkikine ou s'enkonkombre l'esprit avec des essais de jouer la Karo-Kann, la skandinave, la Kalachnikov et ki visionne les vidéos de Mark Kénéhen pour tenter de komprendre kelke chose au jeu des kouleurs, aux kolonnes ouvertes, au roke différé.

 

Mais bon je suis d'akord ce n'est pas un travail ! D'ailleurs je ne me souviens preske plus d'avoir subi, des années durant, la kontrainte d'aller au turbin pour gagner ma kroûte !

 

De faire du katalogage en kontinu ne m’a jamais paru vraiment kasse-kouilles et de fait je me suis toujours bien entendu avec mes kollègues, ça aidait !

 

 

Je poursuis d'ailleurs mes travaux de moine bénédiktin en kavalkadant dans la généalogie de ma belle-famille grâce au logiciel Généatike, en numérisant des photothèkes ou... en frékentant des ateliers !

 

Bienvenue donc au klub des gens plus ou moins imbéciles ou plus ou moins heureux !

 

Je ne suis pas ici pour rakonter ma vie ni pour en faire le bilan même si d'aukunes en sont rendues à m'écrire des chansons ki pourraient bien me servir d’éloge funèbre ! Jusk'à présent, sans avoir jamais eu ni jambes ni bras kassés, sans kancer, sans maladie kontagieuse, sans krach boursier, sans akcident de la route ou de la déroute, tout s'est toujours bien goupillé pour ma pomme, surtout depuis ke je me suis marié : par exemple je gagne toujours au Skrabble ou aux jeux de société auxkels on joue avec Anne J. à Lannion.

 

Peut-être finalement ke j'ai juste une chance de koku ?

 

Je demanderai à ma konkubine kand elle rentrera demain matin !

 

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 5 novembre 2024

d'après la consigne AEV 2425-07 ci-dessous

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