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Mots et images de Joe Krapov

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10 mars 2026

CONSIGNE 2526-19 DU 10 mars 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

 

Logorallye animalier

 

 

Chaque écrivant·e reçoit une liste d’une douzaine d’expressions françaises contenant le nom d’un animal ou se référant à son comportement.

 

Il doit commencer une histoire avec pour mission d’insérer une de ces expressions dans son texte.

 

Cinq minutes plus tard, il reçoit une seconde liste avec d’autres expressions du même genre avec la même mission. Et ainsi de suite. Au bout de l’heure écoulée son texte doit contenir douze expressions « animalières ».

 

1 - Acheter chat en poche - Adieu veaux, vaches, cochons - Appeler un chat un chat - Au chant du coq  - Avancer à pas de loup - Avancer comme un escargot  - Avoir une mémoire d'éléphant - Avoir d’autres chats à fouetter  - Avoir des cuisses de grenouille - Avoir des dents de lapin - Avoir des fourmis dans les jambes

 

2 - Avoir du chien - Avoir l'estomac dans l'étalon (?) - Avoir la chair de poule - Avoir le bourdon  - Avoir le cafard  - Avoir un bec de lièvre - Avoir un caractère de cochon  - Avoir un chat dans la gorge - Avoir un œil de perdrix - Avoir une araignée au plafond - Avoir une écriture de cochon

 

3 - Avoir une faim de loup - Avoir une fièvre de cheval  - Avoir une langue de vipère - Avoir une mémoire d’éléphant  - Avoir une taille de guêpe - Bavard comme une pie - Bouc émissaire - Chat échaudé craint l’eau froide  - Chaud lapin  - Cochon qui s’en dédit

 

4 - Copain comme cochon  - Crier au loup  - Crier haro sur le baudet  - Devenir chèvre - Donner sa langue au chat - Doux comme un agneau  - Entre chien et loup  - Être à cheval sur …  - Être aux abois - Être bête comme une oie  - Être chargé comme une mule / comme un baudet

 

5 - Porter des pantalons pattes d'éléphant - Porter un nœud papillon - Porter un slip kangourou - Porter une queue de cheval - Poser un lapin - Prendre la mouche  - Prendre le taureau par les cornes - Quand c’est flou c’est qu’il y a un loup - Quand le chat n’est pas là, les souris dansent  - Quand les poules auront des dents - Remède de cheval  - Revenons à nos moutons

 

6 - Rire comme une baleine - Rouler en Coccinelle - Rouler en Jaguar - Rusé comme un renard  - S’ennuyer comme un rat mort  - S’entendre comme chien et chat  - Se coucher avec les poules  - Se donner un mal de chien - Se faire le coup du lapin  - Se fourrer dans un sale guêpier

 

7 - Être comme un poisson dans l’eau - Être comme une poule qui a trouvé un couteau - Être connu comme le loup blanc  - Être fait comme un rat  - Être fier comme un paon  - Être laid comme un pou - Être le dindon de la farce  - Être malin comme un singe  - Être muet comme une carpe - Être nu comme un ver  - Être rusé comme un renard

 

8 - Être soigné comme un coq en pâte - Être un drôle de zèbre - Être un mouton  - Être une cougar - Être une fine mouche - Être une langue de vipère  - Être une poule mouillée  - Faire des pattes de mouche - Faire l’autruche - Faire tourner en bourrique  - Faire un coup en vache

 

9 - Faire une vacherie  - Fort comme un bœuf  - Il fait un froid de canard - Il fait un temps à ne pas mettre un chien dehors - Il fait un temps de chien - Il n’y a pas un rat  - Il pleut comme vache qui pisse  - Il pleut des queues de vache - La nuit, tous les chats sont gris  - Larmes de crocodile  - Manger (bouffer) de la vache enragée  - Manger comme un porc

 

10 - Mémoire de poisson rouge  - Ménager la chèvre et le chou - Mettre la charrue avant les bœufs  - Mettre la puce à l'oreille - Monter sur ses ergots - Monter sur ses grands chevaux  - Mouton à cinq pattes  - Myope comme une taupe - Ne pas casser trois pattes à un canard - Oie blanche  - Passer du coq à l’âne  - Payer en monnaie de singe

 

11 - Se jeter dans la gueule du loup  - Se regarder en chien de faïence  - Se tailler la part du lion  - Temps de chien  - Tête de linotte  - Tête de mule / têtu comme une mule  - Tirer les vers du nez - Tourner chèvre - Traiter de noms d’oiseaux  - Un drôle d’oiseau  - Un froid de canard

 

12 - Un gros porc / un porc  - Un mal de chien  - Un mouton de Panurge  - Un ours mal léché : - Une cervelle d’oiseau . - Vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué  - Voir le loup - Y a pas de quoi fouetter un chat  - Y a pas un chat  - Yeux de merlan frit

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9 mars 2026

Au carnaval de Rennes le 7 mars 2026 (2)

 

 

 

 

Même les appareils photo se déguisent à ce carnaval !

 

 

 

Un scoop ! L'Ankou porte des dreadlocks ! Si vous ne voulez pas mourir, évitez d'écouter du reggae !

9 mars 2026

Au carnaval de Rennes le 7 mars 2026 (3)

 

 

 

Ils sont fous, ces Romains !

 

 

Alors, Super Mario ? On s'est rasé la moustache ?

 

 

Je suis hippy ! Je suis hippy ! C'est ma nouvelle philosophie ?

 

 

 

8 mars 2026

Au carnaval de Rennes le 7 mars 2026 (1)

 

 

Né sous le signe des poissons ?

 

 

Le plus beau sourire masculin de ce carnaval 2026 !

 

 

Chapeau pour le perroquet ! 

 

 

Barbe-Bleue ? Réellement ?

 

 

Petit Batman deviendra grand ?

 

 

Moi je construis des marionnettes

Avec de la ficelle et du papier

Elles sont jolies les mignonnettes....

7 mars 2026

SAINTE-THERESE, PRIEZ POUR MOI !

 

Personnellement, je ne m’y connais pas plus en religions qu’en sciences. C’est pourquoi j’ai fait appel à Madame Wikipe pour me renseigner sur les mystiques et puis j’ai demandé ensuite à Madame Lia de résumer la tartine (plus de trente pages A4 une fois collée dans un document Word !).
 
Je ne sais pas bien pourquoi mais le résultat est encore assez long et confus :
 
 
Les spiritualistes contemplatifs, communément appelés mystiques, forment une famille de religieux, classée dans l'ordre des bibliques et le sous-ordre des pauliniens. Ils se caractérisent par des antennes longues et fines à multiples articles, des ailes pourvues d’écailles, et des femelles possédant de longues pièces buccales en forme de trompe rigide de type piqueur-suceur.
 
Les mystiques ont un rôle dans les écosystèmes mais avant tout en épidémiologie humaine et animale, car outre le fait qu'ils sont source de nuisance par les piqûres qu’ils infligent, ils sont le plus important groupe de vecteurs d'agents pathogènes transmissibles à l’être humain. 
 
Ils sont présents sur l'ensemble des terres émergées de la planète à l'exception de l'Antarctique, et de l'Islande. On les trouve dans les milieux forestiers, de savanes ou urbains, dès qu'une étendue d'eau douce ou saumâtre, même réduite ou temporaire, est disponible.
 
Services écosystémiques
 
Si les espèces anthropophiles de mystiques posent de graves problèmes de santé publique, les mystiques font partie de la diversité biologique et fonctionnelle des zones humides.
 

Les chercheurs s'intéressent à leurs caractéristiques écologiques et à leurs traits d'histoire de vie, afin de notamment préciser leur rôle dans les niches kabbalistiques qu'ils occupent, voire mettre en évidence des services écosystémiques ou de rétrospectivement comprendre comment des pratiques humaines ont pu involontairement favoriser les mystiques et des pathogènes qu'ils véhiculent (tels que l’état oniroïde, autrefois cause du paludisme dans les vallées alpines et le sud-est de la France).

 
En zone froide et tempérée, les prédateurs des mystiques sont surtout des espèces qui hibernent et qui mangent les mystiques aux époques où ils se développent.
 
Plusieurs espèces se développent facilement en milieu urbain où la lumière peut aussi les attirer.
 
Certains animaux ont développé des comportements d'évitement : en Arctique, les caribous semblent tenir compte du vent pour échapper aux essaims de mystiques.
 
Techniques de chasse de la femelle
 
Tous les mystiques sont dotés d'une paire de gros yeux composés formés d'ommatidies, et peuvent s'orienter selon la lumière et sous une faible lumière. Tous les mystiques à jeun présentent un phototactisme à une faible lumière.
 
La femelle à la recherche de sang perd provisoirement cette sensibilité à la lumière pour devenir principalement sensible aux odeurs émises par sa cible. Une fois gorgée de sang elle retrouve sa compétence de phototactisme, qui lui permet notamment de quitter la chambre, l'étable ou la grotte où elle a piqué son hôte.
 
Certaines espèces ont une rétine très photosensible et peuvent immédiatement après leur repas s'orienter vers la lumière ambiante extérieure d'un ciel étoilé ou illuminé par la lune
 
Attirance et prédispositions
 
Une étude a montré que les buveurs d'alcool attirent plus les mystiques, surtout les consommateurs de bière. Les hommes sont plus souvent piqués que les femmes et les adultes plus que les enfants. Toutefois ces études de petite taille demandent des études plus larges pour être confirmées De même la consommation d'ail ou de mets épicés pour éviter les piqûres des mystiques n'a pas été validée.
 
Vecteur biologique de maladies
 
Concernant l'Homme, le mystique est l'animal qui cause le plus de morts chez l'être humain (en moyenne 725 000 décès par an). Voici les principales maladies transmises à l'Homme par les mystiques :
 
- Dépersonnalisation
- Hallucinations de la vallée du Rift
- Crédivité jaune
- Psychographie spirite
- Anorexie du Nil occidental
- Sentiment océanique
- Psychose hallucinatoire chronique
- Prophétisme
 
Évolution
 
Les mystiques sont apparus probablement au Jurassique, il y a environ 170 millions d'années. Le fossile le plus ancien date du Crétacé. Les mystiques étaient alors environ trois fois plus gros que les espèces actuelles et étaient un groupe voisin des Chaoboridae (illuminés visionnaires).
 
Le mystique du métro de Londres (Culex pipiens f. molestus) est souvent cité au titre de nouvelle espèce apparue au XXe siècle.
 
***
 
J’ai peut-être commis une faute de frappe dans mon interrogation de départ et Madame Lia a essayé de rattraper le coup ?
 
 
 
 
d'après cette consigne : mystique
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5 mars 2026

LES CARTES POSTALES DE LA FAMILLE TROP-CHOU

 

 

On imagine mal aujourd’hui ce qu’a pu être la circulation des images au début du XXe siècle. Merci les Postes et Télégraphes ! Il faut avoir hérité du passé solidifié d’un écrivain progressiste mais conservateur pour comprendre que, pareillement à la roche Tarpéienne et au Capitole, la syllogomanie n’est jamais très éloignée du syndrome de Diogène.

 

Comme les chats ne font pas des chiens et que les grands-parents ne jetaient rien au prétexte que « ça pouvait toujours servir », le petit-fils, lui aussi, a tout gardé.

 

Comme il a oublié jusqu’à la folie l’usage des mots « classer », « ranger », « trier » et surtout « mettre à la poubelle », il n’avait plus qu’une chose à espérer : c’est que, parmi ses héritiers, il se trouverait quelqu’un d’assez curieux, d’assez patient et d’assez ordonné qui jugerait que, dans tout ce fatras de papelard, certains documents valaient le coup d’être conservés ou partagés.

 

Le hasard faisant très bien les choses, M. Bourgeoizov a justement hérité d’un gendre dont la profession est… (ou était) : bibliothécaire !

 

C’est donc moi qui m’y colle sur cet axe Saint-Cloud-Rennes et en ce moment, je m’occupe d’une collection de cartes postales kitsch, kitschissimes même, sur laquelle je vous proposerai de délirer un de ces quatre !

 

Au fil de mes travaux de numérisation, je me dis qu’il n’a pas dû chômer, qu’il a forcément dû bien pédaler, le facteur cycliste du quartier des Batignolles entre 1904 et 1909 pour livrer à la famille Trop-Chou, 39, rue Sauffroy, à Paris, toutes ces cartes postales pleines de couleurs pastel, essentiellement du bleu et du rose, qui lui étaient adressées.

 

Le cheminot Trop-Chou, originaire de Guichen se prénommait Eugène et son épouse Marie Léocadie, née Gauvain. A partir de 1902 ils ont une gamine, Geneviève. Bizarrement, c’est surtout à elle que l’on écrit et la correspondance frise parfois l’absurde ; chaque année elle reçoit des cartes de bonne année, bonne fête, poisson d’avril, Joyeuses Pâques et Heureux Noël avec au verso une simple répétition de la formule affichée au recto ou même parfois aucun texte, avec la seule signature de l’expéditrice : Odette (la cousine?), Marie-Thérèse, Gabrielle…

 

Le phénomène se reproduit jusqu’en 1909 et au-delà, sauf qu’à partir de cette année-là on change d’adresse : les Trop-Chou (je ne mets pas de x à Chou parce que c’est un nom propre ! ) ont quitté Paris pour Saint-Cloud (Seine et-Oise), 64, rue Royale.

 

***

 

Je ne suis que sur le premier classeur contenant ces trésors. Il y en a trois autres encore plus gros et deux grosses boîtes métalliques. C’est qu’ensuite Geneviève épouse Petr Andreï Ivanovitch Bourgeoizov, un Rennais du quartier de Quineleu qu’elle a connu quand elle venait en vacances chez sa marraine Augustine R. : celle-ci habitait rue de Riaval dans le quartier Sud-gare. Ils font un premier gamin en 1925 mais ils le perdent puis un deuxième en 1927 qui est le quasi centenaire dont on vide la maison et contre lequel je peste gentiment. D’ailleurs je ne résiste pas au plaisir de publier sa photo en costume marin : il a vraiment fière allure, le gars Pierrot.

 

 

A vrai dire je ne peux pas lui en vouloir vraiment d’avoir accumulé autant de papier dans sa maison de deux étage avec cave et garage. Il paraîtrait que dans la compétition entre écrivains passéistes je ne suis pas loin non plus, avec mon grenier-bibliothèque de musicien à guitare et d’écrivain multiplicateur de dragons, d’atteindre une marche du podium olympique !

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean

le mardi 3 mars 2026 d'après la consigne 2526-18 ci-dessous

 

3 mars 2026

CONSIGNE 2526-18 DU 3 mars 2026 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

 

Dictopia 2

 

Dictopia, créé par Jeremy Partinico, est un jeu un peu similaire au Scrabble sauf qu’il n’y a pas de plateau et que le but est de constituer, à partir d’un ensemble de huit consonnes et de huit voyelles, un certain type de mots.

 

Nous nous inspirons de ce jeu pour faire une collecte de vocabulaire. Complétez librement le tableau suivant en essayant de trouver, à chaque fois, trois mots répondant à la contrainte énoncée dans la colonne de gauche :

 

 

Contrainte

Mot 1

Mot 2

Mot 3

Mots appartenant au champ lexical du sport

Ex. : club, dopage, victoire

 

 

 

Mots dans lesquels on ne trouve pas deux fois la même lettre

Ex. : Fois, pacte, slogan, hamster

 

 

 

Mots qui finissent par une consonne

Ex. : Ouest, gravir, délation

 

 

 

Noms féminins

Ex. : Vue, nuit, ardeur

 

 

 

Mots comprenant trois syllabes

Ex. koala, tomate, liberté

 

 

 

Mot complétant la phrase

« J’adore, le, la, les... »

Ex. : thé, danse, sushis, humour

 

 

 

Noms propres de lieu

Ex. : Nil, Corse, Amazonie,

 

 

 

Mots où alternent voyelles et consonnes

Ex. : coq, véto, farine, manipule

 

 

 

Mots du champ lexical animal

Ex : nid, louve, chaton, licorne

 

 

 

 

Il vous reste ensuite à écrire un texte (ou plusieurs) dans lequel vous insérerez au moins neuf de ces vingt-sept mots.

 

 

2 mars 2026

La Communion du P'tit Pierre / Petr Andreï Ivanovitch Bourgeoizov

 

 

J'aurais peut-être des tonnes de choses à écrire sur cette chanson perdue  puis retrouvée mais comme cela concerne l'histoire de ma belle-famille, que ça pourrait être long et que ce n'est peut-être pas à moi de faire ça, je vais me contenter pour aujourd'hui de fournir le document mis au propre, la musique originale, une photo prise le jour ou fut prononcé-chanté ce discours (juin 1938 !) et une autre de l'auteur de ce texte gentiment satirique et quasiment aussi proustien que cette phrase-ci : 23 couplets, quand même !

 

La Communion du P'tit Pierre

(sur l'air du Chapeau de Noël-Noël)

 

1

 

Pour la communion du p'tit Pierre,

Les bons amis se dir'nt ceci :

- Avec l'humeur changeante du père - :

« Où s'passera la cérémonie ? »

 

Regardant les quatr's coins de la terre,

Pensant à voyager longtemps,

Ils sont tombés sur le derrière :

C' n'était qu'à Saint-Brieuc seul'ment !

 

2

 

Abandonnant donc leurs affaires

Pour assister à l'évènement

Certains prirent le chemin d'fer

Pour arriver plus sûrement.

 

Les commerçants s'mirent en voiture

En rédigeant leur testament

Mais, sans s'être cassé la figure,

Ils nous sont parvenus à temps.

 

3

 

Y’a d'abord le parrain Grand-père,

Avec son sourire épanoui,

Son air gaillard et débonnaire,

Ses cheveux un peu éclaircis ;

 

Il est fier en la circonstance

Et très heureux évidemment ;

Il s’rait certain'ment aux anges

S'il n'avait au cou un carcan.

 

4

 

Son contemporain sur cett' terre,

Comme lui né sous Mac-Mahon ,

Est un retraité des ch'mins d'fer

Il est aussi d' notr' communion.

 

Ses conseils et sa compétence

Qui se manifestent souvent

L'ont fait appeler sous d'aut’s coins d'France

« Le Pèr' Technique » tout simplement.

 

5

 

On remarque dans l'assistance

Deux r'présentants des mercantis,

De ceux qui écrasent la France

En majorant toujours leurs prix.

 

L'un d'eux, horloger rue d'Falaise

- « Travail soigné, prix modérés » -

A su ramasser de la braise

Alors que nous somm's tous fauchés !

 

6

 

Dans son magasin d'horlogerie,

On trouve de tout évidemment :

Des montres, de la quincaillerie

Et même un magnifiqu' divan.

 

Vous vous d'mandez sûr'ment Mesdames

« Que fait ce meuble en ce log'ment ?».

C'est pour recevoir les p'tites femmes.

Chut ! Ne l'dites pas à sa maman !

 

7

 

L'autre échantillon du commerce

Est installé tailleur à Caen.

Il lance la mode ; du reste,

Il est lui-même très élégant.

 

Examinez-le à cett' table,

Admirez son profil romain !

Mais j'crois qu' c'est son indéfrisable

Qui attir' les r'gards féminins.

 

8

 

Je crois qu'un jour il eut d'la veine,

Il dut gagner à la loterie

Car il ach'ta une Citroën

- Probablement à Monoprix -.

 

Ce fut une magnifique affaire !

C'était l'dernier cri du salon,

Mais d'un salon d'avant la guerre,

Au temps où je tétais l'biberon !

 

9

 

Avec ça il épat' les foules

Qui devant lui s'écart'nt sagement

Mais il ne peut écraser d'poules

Elles sont tout's averties à temps

 

Car pour annoncer sa présence

Il n'a pas besoin de klaxon :

La bagnole, lorsqu’elle s’avance,

On l'entend dans tout le canton.

 

10

 

Auprès d'ces fauteurs de vie chère

On trouve leurs victim's aussi,

De pauvr's malheureux fonctionnaires

Qu'les privations ont amaigris.

 

Y a un ch'minot de la compagnie

Des chemins de fer de l'État

Y a aussi deux gars d'la Régie

Qu'on appelle égal'ment des « rats ».

 

11

 

L'cheminot conduit sa machine,

Mais il a bien d'autres talents.

Il chante d'une façon divine,

Que vous goûterez certain'ment.

 

Comme il porte bien la tonsure,

S'il avait eu la vocation,

Il aurait certain'ment une cure,

Bien qu'il aimât trop l'cotillon.

 

12

 

Si dans la région d' Normandie

Vous devez voyager un brin,

Allez donc voir je vous en prie

Si c'est lui qui conduit le train.

 

Alors marquez votr' sympathie

Embrassez le fraternellement

Mais gagnez vite la sortie

Et prenez l'car, c'est plus prudent !

 

13

 

Le deuxième des fonctionnaires

Est la terreur des commerçants

Car il s'occupe du chiffr’ d'affaires

Dans tout notre département.

 

Il fut un temps en Normandie

Dans l'port de mer de Mézidon ;

Quand on parla d'autonomie

Il revint au pays breton.

 

14

 

Dans le privé c'est un brave homme,

Comme on n'en trouve pas beaucoup.

Il aime la gaîté, en somme,

Il prend la vie par le bon bout.

 

Ne soyez pas surpris's Mesdames

S'il vous embrass' toutes au dessert,

Car il aime à prouver sa flamme

Quand il a pris què'qu's petits verres.

 

15

 

Pour vous montrer son obligeance

Je vous citerai un trait seulement

Qui prouv’ qu'en toute circonstance

On peut compter sur lui vraiment.

 

Lorsqu’ avaient couru les bruits d'guerre

Il m'avait dit, pris de pitié :

« Pars tranquill'ment à la frontière :

Je prendrai soin de ta moitié. ».

 

16

 

Pourquoi faut-il que ce chic type

Soit torturé par la douleur :

Il a attrapé un' sciatique

Et doit aller voir un masseur

 

Il se fait tripoter les cuisses,

Palper l' mollet, tâter les g'noux

Dans la simpl' tenue des nudistes

Avec un slip, un point c'est tout.

 

I7

 

Me voici arrivé au terme

De toute mon élucubration ;

Il va falloir que je me serve

Égal’ment un' petit' ration :

 

Je sais qu'on dit qu'j'ai la bougeotte,

Que j'suis en perpétuel mouv'ment

Que j'devrais m'payer une roulotte

Pour fair' tous mes déménag'ments.

 

18

 

Vous m'avez tous, faveur insigne,

Ecouté sans trop m'arrêter

Mais je vois bien qu'ces quelques lignes

Vous laiss'nt quelque peu effarés,

 

Vous souriez avec indulgence

Mais vous vous dites entre vous :

« Ce pauv' Pierr ' retombe en enfance,

Il est dev'nu complèt'ment fou ! ».

 

19

 

J' oubliais la gent féminine

Dignement r’présentée ici,

Vous, Mesdam's dont la grâc' mutine

Hauss' l'éclat d' la cérémonie,

 

Je ne puis pas, par galant'rie,

Vous mettre en boite évidemment.

J’vous f 'rai donc grâc' de mes rosseries

Et donn'rai des conseils seul'ment.

 

20

 

Vous nous fait's tout's les mêm's reproches,

Vous êtes tout's aussi grognons :

« Qu'est ce que t' attends pour torcher l'mioche ?

Qu'as tu fait de tout ton pognon ?

 

Tu laiss's tomber ta cendr' par terre !

T'as cor' pris du Vermouth cassis ! ».

Ce sont ces réflexions amères

Qu'on n’voudrait plus dans nos logis.

 

21

Le pir' c'est qu’en prenant de l'âge

Vous prenez du tempérament.

Nous qui voudrions être sages

Somm's importunés trop souvent

 

Très portées sur la bagatelle

Vous nous fait's de l'oeil constamment

Nous préférons un' bonn' bouteille

Car c'est pour nous moins fatigant.

 

22

 

Ne voyez dans mes taquin'ries

Mes chers amis rien de vexant

Vous savez bien que dans la vie

Très rares sont les bons moments.

 

Aussi j'ai voulu vous distraire

En vous chinant évidemment,

Mais sans autre souci que d' vous plaire,

Vous instruire en vous amusant.

 

23

 

Chers amis, je vous remercie

D'être venus nous assister

Et je désire que la vie

Nous permett' souvent d'nous r'trouver

 

Pour terminer je lève mon verre

A la santé du Communiant,

A votr' santé, chèr's soeurs, chers frères,

Et à la mienne, naturell'ment !

 

Pierre-André B.

 

 

 

 

Je peux même aussi fournir la partition qui est téléchargeable ici !

https://www.partitions-domaine-public.fr/pdf/3841/noel-noel-le-chapeau-neuf.html

1 mars 2026

Les Rendez vous Sylvestre / divers interprètes

 

Non il ne s'agit pas d'aller se promener dans les bois. Encore que cela est arrivé comme un chemin de traverse, une digression ou une déviation fort agréable ma foi. J'étais donc à chercher sur Youtube, pour un billet que je diffère (DUKOU !), la version du "Chapeau" de Noël-Noël quand, dans la liste des suggestions sur ma droite, je vois apparaître  ni plus ni moins que notre vieille connaissance des Affranchis de La Flèche, Madame Raymonde, dans une chanson intitulée "L'Honneur".

 

 

 

Une chanson encore inconnue de moi de la grande Anne Sylvestre publiée sur la chaîne... d'Anne Sylvestre. Une chaîne Anne Sylvestre ? Pour cette série de rendez-vous Sylvestre il y en a d'autres, excellentes, qui ont, semble-t-il, donné lieu à un album.

 

J'extrais trois autres perles pour vos oreilles :

- François Morel - Les Amis d'autrefois

- Les Ogres de Barback - Lettre ouverte à Élise

- Barcella - Les Gens qui doutent

 

Que cela vous permette de commencer une bonne semaine !

 

 

https://www.youtube.com/watch?v=A-ye8bPN8h8

28 février 2026

EST-CE MA FAUTE SI JE SUIS PERDU ?


Toutes les voies du labyrinthe
Ne sont sans doute
Que des routes 
Vers la déroute,
Vers une fin plus ou moins feinte
Où notre âme sera défunte.
 
Eh quoi ? C’est donc là notre sort
De servir de tortore
A ce vieux Minotaure ?
 

 

A force de tours et détours
Dans cet endroit où l’on se perd
Et s’exaspère 
Et désespère
Aucune magie n’opère,
Pas même par le père
Qui est aux cieux
Et chutera
Avec son fils 
– Dédale, Icare, de mémoire - :
L’un crève la dalle,
L’autre décarre.

 

 

A force de tours et détours
Ne se tresse que la détresse :
Il faut, désemparé,
Marquer l’arrêt
Pour finalement se retrouver
Au bout de ces errances 
En pleine déshérence.
Après toute quête de sens
Vient la déliquescence,
Après toute question 
Vient la déréliction
Et la dernière aubade 
Est une dérobade.
 
Entre les murs
Aucun indice ;
Pas de sirène comme pour Ulysse
Qui chante l’heure de la sortie,
Pas un murmure
Et l’on déchante.
 

 

D’autres l’ont dit bien mieux que nous :

 
« En ce lieu régnait le silence.
Bientôt nous gagnait le délire :
On entendait des airs de lyre
Dans ce désert
Alors qu’en fait
Tout se Thésée ».
 
Parmi ce défilé 
De parois monotones
Le héros désolé
Mesure son dénuement 
Avant le dénouement :
Sa vie ne tient qu’à ce fil rouge
Qu’Ariane l’autochtone
Lui a filé ou refilé.
 
Et même quand tout finit bien -
Monstre combattu puis battu
Et amoncelé en détritus -,
Il n’y a pas de fin heureuse 
Comme souvent dans « Boule et Bill » :
 
L’équipage débile
Oublie la malheureuse
Sauveteuse
Sur le rivage !
Quel piteux sauvetage !
 
 
- #Balance ton port !
Déporte-toi, retourne-z-y !
Hurle Circé
En fond sonore.
 
On a tant de mythes au logis
Que cette histoire me troue
Ou qu’elle me détruit.
 
Débarrasser le monde, 
Venir à bout du monstre
Et partir solitaire !
Y a-t-il plus désolant ?
 
Chanter les Filles des Forges ?
Offrir du sucre d’orge 
Aux amis diabétiques ?
Ou raconter Saint-Georges
En cent variations stylistiques ?
 
Belles statues d’albâtre
Je vous laisse débattre
De cela...
Ou vous en battre
Les coulpes !
 

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 912

 

d'après cette consigne : labyrinthe

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