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Mots et images de Joe Krapov

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7 juin 2020

J'AI DES MONSTRES

J’ai des monstres.

J’ai des monstres dans mon salon.

J’ai Arthur le fantôme qui traverse les murs et traite tout le monde de « boulets ».
J’ai Jacques Flash, l’homme invisible.
J’ai Group-Group, la copie du Marsupilami.

J’ai des monstres dans ma cuisine.

J’ai Rahan, l’homme préhistorique et son collier de griffes hérité de Crao. Sur le couvercle noir de la cocotte-minute, il faut tourner son coutelas en hurlant « Moi vouloir retourner âges farouches ! Pas glop ! Pas glop, coronavirus !

AEV 1920-33 Jean-Paul murmure_temps 0023

J’ai Davy Crockett qui signale qu’il n’y en a plus pour le chat (des croquettes). Je n’ai jamais eu de chat, Monsieur, ou alors, il y a longtemps et il ne sentait pas bon.

Oui, j’ai des monstres plein le lac, de celui du Loch Ness à celui de Chick Bill sans oublier cette Odyssée du Kara-Ko, une aventure de Nique et Prune mais on ne sait jamais qui est Nique et qui est Prune.

J’ai des affreux électroniques, des martiens verts de science-fiction, j’ai zappé Hulk, largué King-Kong et oublié quel drôle d’oiseau pouvait être ce Cracoucass !

J’ai des trésors de vieillerie dessinés sur papier jauni, des images riquiqui du chevreau Roudoudou, des animaux qui parlent comme le perroquet d’A. Babord ou le cheval de Lucky Luke. J’ai des monstres d’hier, Rascar Capac et la momie d’Adèle Blanc-Sec, le Raspoutine de Corto, l’Ombre jaune de Morane et toutes ces frayeurs enfantines conservées, paradoxalement, me gardent à l’abri des guerres des adultes, plus terrifiques encore car hélas bien réelles.

illustration empruntée à M. Herra.

Ecrit pour l'Atelier d'écriture de Villejean du 2 juin 2020

d'après la consigne ci-dessous

 

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7 juin 2020

CONSIGNE D'ÉCRITURE 1920-33 DU 2 JUIN 2020 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Histoire de listes

 

AEV 1920-33 Consigne 537

Ecrivez donc de simples listes, des petits poèmes ou un texte plus long dans lequel la formule ci-dessous est utilisée en anaphore : elle est au début de chaque phrase ou de chaque paragraphe.
Vous n’êtes pas obligé.e d’utiliser le je et de parler de vous.

Ex. : Isaure Chassériau aime la couleur rose ; Béatrice n'aime pas être confinée ; etc.

- J’aime / je n’aime pas
- J’ai peur de
- Je suis heureux(se) quand
- Il y a
- Ne pas oublier
- Il y a des monstres
- Je ne voudrais pas mourir sans qu’on ait inventé
- Maintenant je demande et de toute mon âme

Ou dressez

- l’inventaire heureux de vos saisons
- L’inventaire de vos poches ou de votre sac
- La liste de vos petites manies
- La liste de vos fantasmes
- La liste de vos mensonges
- La liste de vos vantardises
- La liste de vos trésors
- La liste des petits riens qui vous font plaisir


Toutes ces consignes et formules sont extraites du chapitre 1 du livre de Faly Stachak (Ecrire, un plaisir à la portée de tous. – Eyrolles, 2004.

6 juin 2020

PARTISAN RÉSOLU DE L'HERBE DE BISON

DDS 614 absolut-vodka-de-suede-40-0-vol-35-cl

Il y a des gens qui ne jurent que par l’absolu.

Moi je ne suis absolu-
ment pas comme ça.

Ma fréquentation de Qui et de Que,
De Lequel et de Duquel
Et même d’Où et de Dont auquel
A pour séquelle que je suis plutôt adepte du
"Tout est relatif".

Il y a des gens qui rêvent d’un monarque absolu.

Moi le roi soliveau de la fable des grenouilles
(La Fontaine, Phèdre, Esope)
Me suffit bien.

Un roi irrésolu
Et un roi fainéant
Conviennent également.

DDS 614 ZubrowkaAprès tout, que veut le peuple ?
Du pain, du vin et des femmes.
Et même, si on supprime le pain, ça lui va bien aussi
Qu’il disait, Wolinski.
C’était avant Metoo et c’était de l’humour.

Il y a des gens qui ne jurent que par l’Absolut.

Moi je ne suis absolu-
ment pas comme ça.

Je n’ai rien contre les Suédois
(Comme tout est relatif j’aime mieux les Suédoises)
Mais je préfère la Żubrówka !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 614 d'après cette consigne : absolu.

5 juin 2020

Interlude fleuri du 25 mai 2020 dans un jardin rennais (3)

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4 juin 2020

Interlude fleuri du 25 mai 2020 dans un jardin rennais (2)

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C'est le chien(dent) de Jean de Nigelle ?
Il fleurit quand l'printemps l'appelle ?

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3 juin 2020

Interlude fleuri du 25 mai 2020 dans un jardin rennais (1)

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Nous n'avons aucune raison de le cacher : ce jardin ou plutôt ce jardinet est le nôtre

et, plutôt que Le Nôtre, c'est Marina B qui en est le jardinier

Enfin, la jardinière ?

2 juin 2020

Retour de marché à Rennes le 23 mai 2020

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Le royaume de l'enfant roi...

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... ou du petit prince avec Renard et Renardeau ?
Oui, c'est plutôt écureuil, en fait.

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Vu sur la  vitrine de "La Part des anges".
Et de fait le personnage est assez androgyne.

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La rue du Chapitre est un peu déserte

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1 juin 2020

L'inimaginable lessive : Rennes le 16 mai 2020

Qui aurait pu prévoir qu'on mettrait un jour des masques à sécher au balcon ?
Qui se souvient qu'on a applaudi les soignants pendant deux mois et que le 11 mai 2020 au soir ce rituel s'est arrêté d'un seul coup ?

Sic transit Gloria Lasso et périt comme au zoo harmonia mundi !

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1 juin 2020

Interlude fleuri du 20 mai 2020 aux étangs d'Apigné à Rennes

Quelle joie de retourner pédaler aux étangs d'Apigné ! Sur le nouveau circuit bitumé il y a un passage sympathique où marguerites, coquelicots et digitales s'en donnent à coeur joie. Ce jour-là, malheureusement, le soleil était voilé. Mais nous y reviendrons !

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31 mai 2020

L'UNIVERS, LES ÉTOILES

Comme je m’interdis de parler de mon frère (Comment s’appelait-il déjà ? Jack ? William ? Averell ?) je vais parler de mon cousin Alan, de généalogie, du monde et des étoiles.

Dans la famille, nous sommes au moins trois à être partis habiter ailleurs que dans notre lieu de naissance (C’est quoi, le pluriel de « social-traître » ?). Mon frère qui, comme tout le reste de la famille, était resté vivre là où il était né, disait du cousin Alan qu’il me ressemblait. Chez lui ça voulait dire « un mec sérieux, équilibré, avec une vie affective stable, une vie sociale riche, des intérêts prononcés pour telle ou telle discipline et de la discipline pour dégager du temps afin de s’y adonner avec intérêt».

Alan, l’un de ses dadas, c’est la généalogie. C’est fou de voir jusqu’où il est remonté dans l’arbre familial ! 1629 !

01 Sommet de l'arbre généalogique Krapov

C’est grâce à ce travail-là d’exploration des archives que j’ai découvert, très récemment, la raison d'être réelle de mon sentiment de belgitude.

En 1629 la famille Krapov est établie à Hasnon, un village du département du Nord situé entre Douai et Valenciennes. Elle y demeure jusqu’en 1779. A cette date mon ancêtre Pierre-Antoine Krapov épouse dame Anne-Joseph L. native de Ville-Pommeroeul dans la province du Hainaut en Belgique. D’après M. Google-Maps 31 km 300 les séparaient avant qu’ils ne fusionnassent dans la même rivière d’un lit à deux places (Ne confondons pas la rivière du lit et le lit de la rivière : c’est moins facile de faire des cochonneries dans le deuxième sauf si on est pollueur professionnel).

Leur union est féconde puisqu’ils ont sept enfants tous nés à Ville-Pommeroeul. L’une des filles, Jeanne-Agnès-Joseph donnera naissance en 1816 à François-Joseph Krapov né de père inconnu. La dame était servante, vous pouvez imaginer tous les scénarii que vous voulez sur ce Belge de passage. On avait bien dit qu’on écrivait sur un univers d’étoiles filantes, aujourd’hui, hein ?



02 Milieur de l'arbre généalogique Krapov

Ce François-Joseph est né à Beloeil (où tous les natifs de sexe masculin sont surnommés « Coco »). Il épouse en 1839 une dénommée Catherine Q. née à Sirault (Existe-t-il aussi outre-Quiévrain une ville qui s’appellerait Suppausitoire ? (question de M. Joe Krapov, quatre étoiles au guide Michelin de la vulgarité (et troisième prix du concours international d’ouverture de parenthèses))).

Eux aussi ont sept enfants mais en 1854, lorsque naît Jules Krapov, la famille a déménagé à Elouges, un peu plus au Sud. Ce fils-là devient mineur de charbon. Il épouse Joséphine-Catherine M. de Wasmuel en 1880. Le mariage a lieu à Réty (Pas-de-Calais donc France). Ils ont trois enfants : François né à Réty, Jules né à Mazingarbe et Jean-Baptiste né à Liévin. Celui-là est mon arrière-grand-père du côté paternel. La famille Krapov est redevenue française.

03 Bas de l'arbre généalogique Krapov

Voilà. Magnifique, le travail, hein ? Merci, cousin Alan !

Nous sommes sept milliards d’êtres vivants dans l’univers, sans compter les petits hommes verts de la planète Mars et il aura fallu toutes les vies et les souffrances de ces gens-là, dans les quelques kilomètres carrés de ce plat pays, belge ou français, pour que l’on aboutisse ce jour à l’évocation de cette dichotomie fraternelle.

Moi je leur dis merci à tous ces gens de ma famille. Ils m’ont porté, ils m’ont soutenu, ils m’ont poussé, ils m’ont aimé et ça m’a bien aidé dans la vie (même si, comparativement aux astronautes de la mission « Space X crew dragon » je ne suis pas allé bien loin !). Mon frère, lui, reprochait à mon grand-père « de lui avoir laissé trop croire que la vie était facile ». Comment, qu’est-ce que tu dis  ? Le père Noël est une ordure ?

Ben non, fallait pas croire ! Et même, il ne faut pas croire, écrire un texte comme celui-ci, c’est du boulot aussi !

Mais comme disait Rimbaud : « Faut jamais s’arrêter sinon on meurt ! ».

AEV 1920-32 Joe K Plonk Père Noël

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