VOUS NE PASSEREZ PAS AU TRAVERS !
Voilà la vérité vraie, messieurs dames : je ne suis pas malheureux. Ça ne veut pas dire pour autant que je mange du caviar à la louche : à la Saint-Sylvestre les œufs de lump suffisent à mon bonheur du moment que quelqu’un dans l’assistance veuille bien faire tourner le plateau des toasts jusqu’à proximité de mes petites mimines.
Je touche du bois mais je ne tiens pas à être le « goat » en matière de félicité vu que cela pourrait créer des jalousies. Le « goat » n’a rien à voir avec une chèvre, c’est juste l’acronyme de « greatest of all time ».
Je ne suis pas un type compliqué. Je prends les petits bonheurs comme ils viennent. Je sais faire preuve d’humilité avec un grand U comme disait si bien le philosophe Luis Fernandez.
Je sais que mon bien-être du moment – qui dure depuis un bon moment – je le dois à la dame qui s’agite à l’autre bout du couloir chez nous.
Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais mon épouse, Marina Bourgeoizovna, se transforme de plus en plus souvent en courant d’air. Tantôt elle va raconter « Le Petit Poucet » et d’autres contes d’horreur à des mouflets dans les écoles, tantôt elle va chanter des airs de musique classique ou folklorique dans des chorales à chefs de chœur tellement habités dans leur tête que, de mon point de vue, on ne passerait pas nos vacances ensemble !
Le lundi, avec une régularité de métronome, elle va piquer une tête dans l’eau à Saint-Malo.
Bref de temps en temps on se croise les ligaments à la maison pour cinq minutes d’arrêt-buffet, pour marquer des dates dans le calendrier, pour se projeter dans un voyage à courte distance parce que les longs déforment les valises et aussi pour regarder des spectacles « en replet » – mais pas à ventre mou ! – sur la petite lucarne.
Dans le cadre de cette cohabitation maritale originale ce qui est le plus drôle c’est son nouveau boulot auquel je participe « à distance ».
Madame fait aussi en effet du bénévolat au Secours populaire. Elle est passée récemment de la distribution alimentaire à la vérification des jeux et jouets avant revente. A partir de là le vendredi midi elle revient quelquefois avec un puzzle de 1000 pièces dont il faut vérifier qu’il est bien complet.
Voilà donc pourquoi maintenant, de manière immanquable, je suis à la bourre pour la publication de mes écrits à deux balles sur mon blog ou sur la numérisation de mes disques classiques !
Mais j’ai enfin atteint le but de mon existence : je retombe en enfance et je fais le vide dans ma tête en triant les morceaux de ciel bleu, de tour Eiffel et de canal saint-Martin qui cohabitent sur ce paysage coloré et surréaliste !
Comme dit Marina Bourgeoizovna et comme on a pu l’entendre en écoutant la consigne de cette semaine relative aux footballeurs : « Pour faire le vide dans sa tête, il faudrait déjà qu’il y ait quelque chose de dans ! ».
1-0 la balle au centre !
Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 17 mars 2026
d'après la consigne AEV 2626-20 ci-dessous

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