27 novembre 2016

VRAIMENT PAS RAFFINÉ !

PR 107 ans 2


PR Sculpteur


penseur-rodin-toilettes

Mettre un cautère sur une jambe de bois, c'est un peu comme panser un rondin !

PR jeu d'échecs

- Je ne me rappelle plus. C'est à lui ou c'est à moi de jouer ?
- Je ne me souviens plus. J'ai les blancs ou les noirs ?

PR occupé 2

- Jamais moyen d'être tranquille, par ici !

PR occupé 3

 - S'il frappe encore une troisième fois, ça va ch...

PR piaf

 A tous les oiseaux de passage qui me demandent 
ce que je fais là je réponds : "Je médite, piaf !".

Photos empruntées sur le web et détournées par mes soins.

Ecrit pour le Défi du samedi n° 430 d'après cette consigne


20 novembre 2016

PAON-CARTES REVENDIC-HÂTIVES

Non seulement ce n’était pas ma semaine, cette semaine, mais en plus les écoliers français font de plus en plus de fautes d'orthographe !
Qu’ils se rassurent ! Tout le monde s’en fout et surtout personne n’est parfait !
La preuve avec ces paon-cartes revendic’hâtives pour lesquelles j’ai décidé de lâcher prise moi aussi.

RAT LE BOL !

DDS 429 Coccinelle de Gotlib avec pancarte

ÂNON, ALORS !
CA SUFFAT COMME CI !

CESSONS DE RENARD-CLÉ !

RAT LE BOL DU BOLÉRO DE RAVÊLE !
ON NE PEUT PLUS LE BLAIREAU !

CASSE TORT, PAUV’CON !

IS’N’T IT A WAPITI ?

ARRETEZ VOS COCCYX-GRUES !

A BAS ANNE D’AUTRUCHE !

UN AILÉ FAON,
ÇA TRUMPE ENORMEMENT !

QUAND C’EST FLOU
C’EST QU’IL N’Y A PAS AFF LE LOUP !

ON VOUS SCOLOPENDRA TOUS !

ET C’EST TAPIR POUR VOUS !

C’EST KOALA, CES CAPRICES ?

J’ÉCRIRAI « GIRAFFE »
COMME QUE ÇA ME PLAIT !

CAPRICES, C’EST PAS FINI !

FAISEZ LA MOUCHE PAS LA GUÊPE ! (Sttellla)


LE TIERS-COCHON DE PAYANT,

POUR L’OTO RHINO, C’EST ROSSE !

IL FAUT RECHIMPANZÉ LE MONDE !

HIPPO, DÉCAMPE !

NOUS SOMMES
LES NOUVEAUX THANK-HULOTTE !

HALTE A LA CHIEN-LIT !

REVOLUTION SANGLIER GARE !

PHOQUE THE PELISSE !

BERNIQUE LA BERNACHE !


HALTE A L’ANIMAUX ROSITÉ !


110017158_o


SOURIS, HÉ ! VOUS ETES VIVANTS !

C’EST FOURMIDABLE !

VIVE L’ALMANACH PIVERT-MOT ! 

sempe-ty

 Merci à Sempé et Gotlib pour leurs images !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 429 d'après cette consigne

Posté par Joe Krapov à 10:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

19 novembre 2016

LA PHILOSOPHIE, JE NE M’EN BATS PAS L’ŒIL !

AEV 1617-08 ainsi-parlait-zarathoustra

Tout peut arriver dans la vie. Il y a des gens qui attendent d’être à la clinique Saint-Laurent pour se mettre à lire, après leur opération de la cataracte, « Ainsi parlait Zarathoustra ». Ils jettent sur cette œuvre de Friedrich Nitzsche un œil neuf sinon les deux.

Parce que, si après l’intervention sur le premier œil on a fait un œdème de la cornée, on ne peut guère lire alors que « Ainsi parlait le jus de réglisse ». Ca n’est pas du même auteur mais c’est encore plus obscur comme bouquin de philo. Ou noir si c’est un roman.

AEV 1617-08 snooker

Ce soir, je ne suis pas sortable ! Je rigole avec les malheurs de mes copines plus âgées mais c’est surtout parce que j’ai le trouillomètre à zéro ! Le jour où on m’annoncera que je dois passer sur le billard, c’est sûr, j’aurai les boules. La queue entre les jambes et la peur bleue au bout j’irai prier Sainte Rita, la patronne des iatrophobes et des kolkhozes désespérés, pour qu’elle me donne le don d’ubiquité !

JPL contre BL partie ajournée du 8 novembre 2016 trait aux noirs

En rentrant à la maison, je dirai alors : « Tiens, vas-y à ma place, Joe Krapov, toi qui as l’habitude d’affronter Elliott le dragon, au rendez-vous du Docteur Yannick Charcuteuil ! Il t’attend de pied ferme mardi à 14 heures. Moi je ne peux pas m’y rendre : j’ai encore ajourné une partie d’échecs avec deux pions d’avance et une position de merde et je dois voir si le logiciel GNU chess que m’a filé M. Jean-Pierre Vroum Vroum Berthoise m’a donné de bons conseils pour gagner quand même.

Oui, je suis comme ça. Et je ne comprends toujours pas pourquoi mon épouse n’en a pas rat le bol de vivre avec un tel pétochard, filochard et pantouflard dans mon genre. J’écris « rat le bol » « rat » parce que je ne suis bien que dans mes fromages !

Ce n’est pas faute pourtant, de sa part, de vouloir me faire sortir de mon trou ! Ce week-end elle m’a envoyé faire un stage de musique des Balkans. Vous n’allez pas me croire mais j’ai vécu là le pire moment de mon existence ! Après nous avoir fait apprendre deux morceaux de musique injouables, la professeure, une jeune dame charmante au demeurant, nous a fait monter sur la scène d’un théâtre pour les rejouer devant un public nombreux. Comme nous avions écouté les premiers musiciens de ce concert collectif, on avait complètement oublié les mélodies des deux morceaux à exécuter. Ou plutôt, pour dire au plus près de la vérité comment cela se termina, nous les avons réellement exécutés !

Jamais plus je ne participerai à de telles agapes ! Comme nous étions allés, la veille au soir, à une fiesta d’anniversaire où nous n’avions pas non plus trouvé notre place, je vous promets que le week-end prochain, pour compenser, je ne sortirai pas de mon trou à rat. Je resterai au lit avec « Ainsi parlait Zarathoust-rat » !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean du 15 novembre 2016 à partir de la consigne ci-dessous.

Posté par Joe Krapov à 15:19 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags :

13 novembre 2016

QUOI DE NEUF, DOCTEUR ? TROIS FOIS TROIS PETITS RIENS !

DDS 428 nadaVoici dressée ici ma liste des petits riens qui font du bien.

Le « Rien de grave ! » du docteur au chanteur : « Vous prendrez un cachet tous les matins !».

Le « Rien de compliqué ! » de la cuisinière financière à l’imprésario : « Vous prendrez un pourcentage de la recette tous les soirs ! ».

Le « Rien ne va plus, faites vos jeux ! » du croupier et le 33, ce petit numéro de rien du tout sur lequel vous aviez tout misé sort soudain et fait de vous le millionnaire de la soirée !

Alors commence une vie de rêve. Les petits rien y ont une allure différente.

On offre un diamant à son chien et une laisse à sa maîtresse pour lui être plus attaché.

Le « Un rien vous habille !» du grand couturier vous fait frissonner de plaisir. L’habit est de belle facture, certes, mais la facture est bien élevée, elle aussi, non ? Désormais nous sommes entre gens du monde. Faire partie des huiles, ce n’est pas rien. Payez, grassement. Ne montrez rien de vos petites radineries d’ancien pauvre. 

DDS 428 nitchego

Puis les jours passent et on se lasse. « Rien de neuf aujourd’hui » ne vous fait plus bondir de joie comme autrefois.

Autrefois vous aviez une vie de routine et vous mangiez à la cantine avec vos potes et vos copines.

Autrefois vous écoutiez « Rien à cirer » de Laurent Ruquier et il y a un tas de gens et de choses dont vous n’aviez, vous non plus, rien à battre : Madame Lapaille, Monsieur Lapoutre. Rien à faire de Lapaille de fer et de Monsieur Lapoutre, en outre…

Nihil novi sub sole ! Justement, le soleil brillait et cela vous suffisait. Vous étiez gai. Rien, rien de rien, vous étiez comme Edith, non, vous ne regrettiez rien. Vous chantiez.

Oui, vous chantiez toujours, l’air de rien. Et l’air de rien vaut mieux que celui de la jalousie, que celui des bijoux ou de la calomnie.

DDS 428 Mémé les watts

Cliquez sur cette image, vous verrez : la Mayenne, ce n'est pas rien !

Alors, contre cette nostalgie qui n’est plus ce qu’elle était, vous luttez, même si vous savez qu’il n’y a rien à faire.

Rien à faire que se dire que ce sera mieux hier, que c’était mieux maintenant, que le mieux est l’ennemi du bien et que l’homme de nulle part, si c’est peut-être vous, eh bien… ca ne fait rien ! Ca fait juste du bien ! 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 428 à partir de cette consigne

Posté par Joe Krapov à 06:49 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

10 novembre 2016

LEGENDE ISLANDAISE

Lorsque Logre est en colère
Toute la maison tremble.

Les assiettes brinqueballent,
Les verres à pied parkinsonnent,

La cafetière sur le feu
Se claquemure sous son couvercle,

L’oiseau jaune du coucou
Ne sort plus pour donner l’heure,

Le rocking-chair se renverse
Et son plaid plaide coupable,

Le portrait de la grand-mère
Se décroche la mâchoire,

Le troupeau des sept fillettes
Monte se réfugier dans sa chambre,

La soupe qui était déjà fade
Il faudra se la fader froide.

Le chambranle de l’entrée
Se prend la porte en plein nez

Ca y est ! Papa est sorti
Pour faire un tour dans la nuit,

Commettre un horrible meurtre,
Faire pousser les hauts cris

Au vent qui hurle Déraison
Par-dessus les toits des maisons.

AEV 1617-07 Ogre islandais

Madame Logre se redresse
Et remet tout en état

Elle verse du lait au chat
Puis elle monte jusqu’au grenier.

Son pied fait grincer les marches
De ce très vieil escalier.

Elle donne un tour de clé
Puis allume la bougie.

Très tranquille sous son suaire
Le vieux fantôme est ravi :

On vient lui rendre visite.
Elle est bien cette petite !

Mais ce soir c’est très bizarre
Ce soir, il y a un lézard.

- Oncle Arthur, dit la pauvrette,
S’il te plaît, viens-nous en aide !

Il faut me débarrasser
De ce monstre de mari !".

- Je sais, répond le fantôme,
Les raisons de sa colère.

Je crois qu’il n’ira pas loin :
J’ai planqué ses mocassins

Et pour moi, sept lieues, c’est rien !".
Dit l’être sans consistance.

Il ouvre l’œil, le bon, l’œil-de bœuf, et s’élance
Dans la nuit et le silence.

Il repère l’individu
Qui vitupère ses "Rogntudju".

Son sale caractère-cratère
Eructe d’affreux borborygmes,

Des injures qui s’élèvent,
Des miasmes pestilentiels.

Et le fantôme, du ciel,
Fait tomber la pluie propice.

Lors, dans le profond précipice
De l’ire de l’ogre qu’on vexe,

Dans tous les creux et plis et replis de ce cave,
Tout retombe en coulée de lave,

Etouffe ses velléités
De craquer, cracher, craqueler à jamais.

Ca y est le volcan est éteint !

AEV 1617-07 Volcan islandais

***

Et puis c’est la musique du petit matin calme.

La femme et les sept filles de Logre
Sortent danser dans le jardin.

Tout respire en paix sur la lande.
C’était le dernier ogre-volcan de l’Islande

Dont, par pitié pour vos oreilles,
Nous cacherons le patronyme.

Seul le chat noir, Spépatafjöll,
Regrette la pétrification du grand maître de la maison

Il lui donnait parfois en guise de cadeau
Des petits bouts de bébés d’hommes.

Mais il se fait une raison. Car les chats savent mieux que nous
Qu’"Avec le temps, va, tout volcan !".

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 8 novembre 2016 
à partir de la consigne 1617-07 "Imagidés" décrite ci-dessous.

Photos empruntées au web. 

Posté par Joe Krapov à 21:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,


99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 38, Métro-nomique

1
Le dragon qui sort de sa grotte
A tout d’abord l’œil qui frisotte :
Pas habitué à la lumière
Il cligne, cligne des paupières.

Orléans ! Clignancourt ! Nation ! Porte Dauphine !
Bienvenue, mon Parnasse !

Quelle jolie Laumière en ce début du jOurcq !
Comme il faisait frisquet à la station Glaciaire !

AEV 1617-07 Le-métro-Glacière-à-Paris

2
Bientôt ragaillardi,
Se sentant d’appétit,
Le voilà qui chemine
Direction la cantine.

Bœuf en daube ? Censier Daubenton ?
Le Normand qui débarque en plein cœur de Paris,
Plein de Gaîté place des fêtes,
Il fait parfois son trou à l’entrée des Lilas !

AEV 1617-07 dragon 2

3
O divine et belle surprise !
Laisse ta faim maladive en prise !
Voilà ton repas de midi :
Un troupeau de blanches brebis !

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Danton ? Robespierre, passe encore !
Quelle mouche La Motte-Piquet ?
Qui tire les ficelles du Pantin d’Italie ?

4
Mais, sorti du château voisin

Voici qu’accourt un argousin :
C’est un énorme Saint-Bernard
Qui a dû se tromper d’histoire

Vraiment ? Comme c’est Corvisart !
Voilà qu’il a dit « Corvisart » !
Il a Cité, en Chemin, Pré-Vert et Maurice Chevaleret :
Qui va causer dégâts station Ménilmontant ?

AEV 1617-07 dragon 3

5
- Flambe-les, dit le chien au dragon. Ou tout comme !
Je vais les asperger de mon tonneau de rhum ! ».
Or c’était de l’essence. Ayant ainsi agi, il s’écarte du lieu.
L’autre peu malicieux lâche flamme et…prend feu !

Bêtes à gros museaux, méfiez-vous des saints placides !
Il n’y a plus d’après à Saint-Germain-des-Prés
Et plus de Pyrénées quand on a l’allant Ternes
Et les neurones Invalides.

Faites plutôt emplette à Richelieu-Drouot
D’un club de golfe clair qui rend le marc Cadet
Des soucis des bons poissonniers
Et permet de les Dugommier, les clébards qui gardent le Temple

AEV 17-07 Métro-Poissonnière-Paris

6
On mangea du dragon rôti tout cet hiver.
Saint-Georges ayant raté la bonne correspondance
S’est farci quant à lui les timbrés d’Angleterre
Et leur panse de brebis !

MORALITE

Ne faisons pas Trocadéro (Trop de cas des héros) :
Ils perdent quelquefois
Leurs couronnes, comme les rois.

D'une voix presque muette,
Ils murmurent Cambronne
Et restent sur le cul
Et restent sur le quai
De la Râpée.

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 8 novembre 2016
à partir de la consigne 1617-07 "Imagidés" décrite ci-dessous.

Photos empruntées au web. 

Posté par Joe Krapov à 21:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 novembre 2016

99 DRAGON : EXERCICES DE STYLE. 37, Approximativement proverbial

Quand une vache fait deux veaux, la maison est au plus haut. Mais quand un méchant dragon qui bouffe comme quatre vient boulotter son troupeau de brebis, le paysan tire la tronche.

Face à un tel prédateur, inutile de récriminer : ventre affamé n’a point d’oreilles, la raison du plus fort est toujours la meilleure et s’il daignait répondre, l’idiot dostoïevskien, ce serait pour lui dire qu’« il faut vivre pour manger et non manger pour vivre ».

Bientôt chacun se plaint que son grenier n’est pas plein. Chacun est éloquent pour défendre son différend et où manque la police abonde la malice. Au nom de tous les siens Martin Pauvremisère s’en va trouver le roi, réclamer que la chair du mouton ne soit plus le manger du glouton.

***

Les hommes sont comme les melons : sur dix, il y en a un de bon. C’était le cas de ce roi-là. Il s’appelait Pozol.

A porter ses amis, nul ne devient bossu. Pozol était très droit. Mais le coup du dragon fut un coup de massue. C’est ainsi qu’on foudroie le plus juste des rois.

Cependant, rassemblant en cellule de crise ministres, chevaliers, conseillers et savants, il fit part du problème et chercha solution.

DDS 427 Jean de Nivelle

Tout ce beau monde fut sublime ! Comme le chien de Jean de Nivelle, celui qui fuit quand on l’appelle, perdant d’un seul coup leurs grands airs, tous ces p(eu)reux se dégonflèrent :
- J’ai bon courage, dit l’un, mais les jambes me faillent !
- Qui va risquer un œil risque d’en perdre deux ! prétendit l’autre.
- On marche toujours de travers sur un plancher qui ne nous appartient pas !
- Chacun pour soi et Dieu pour tous !
- Après moi le déluge !

« Rien ne sert de courir, il faut partir à point » se dit le roi levant ce lièvre. Rome ne se fera pas en un jour. Quand le malheur entre dans une maison, il faut lui donner une chaise. Le découragement est un péché mortel. Quand il faut prendre le taureau par les cornes, tous les coups sont permis et sur cet échiquier où l’on manque d’éthique rien n’interdit que l’on adopte la position du mercenaire, conclut le monarque.

Et sur son Minitel antique, il tapa – et toc ! – 36 15 Bob Denard. On lui promit Saint-Georges. Et il fut engagé parce qu’il y croyait à cette, à ce pro-messe.

***

Pendant ce temps bâfrait Balthazar le dragon, songeant, pareil au garagiste * que changement d’herbage réjouit les veaux. L’appétit d’autres mets lui venait en mangeant.

* Mon garagiste croit que « Changement d’airbag réjouit la Volvo ».

Si bien qu’insoucieux de tous les équipages qu’on avait mis en route pour le bouter hors du pays, il monta les enchères et réclama de l’homme ou même, à la rigueur, de la femme, mais tendre.

Nouvelle panique à bord. Devant l’ultimatum les jeunes gens s’enfuirent en hurlant « Mieux vaut partir à point que d’arriver saignant ».

Las le sort désigna pour passer à la casserole en premier la fille aimée du roi Pozol.

***

Glissons sur le suspens, l’angoisse des héros, la Lune montrée du doigt : votre temps est précieux, le mien aussi, il faut que j’aille voir ce doigt et le boire s’il est de Porto.

Car de tout façon, Saint-Georges est arrivé et le duel proverbial a bientôt commencé :

- Le bien n’est pas dans la grandeur mais la grandeur est dans le bien, commence le saint.
- Comment, petit humain ? Cœur qui soupire n’a pas ce qu’il désire ?
- Sol licet omnibus. Qui t’a permis d’ôter leur chemise à ces gens ?
- Charité bien ordonnée commence par moi-même.

Etc. Etc.

DDS 427 d07f488847df13fccf0cf453fd293d61

Et les deux bientôt d’en découdre. A cœur vaillant rien d’impossible, la Fortune sourit à l’audacieux jeune homme et la messe fut dite, le dragon s’écroula et on lui découpa les oreilles et la queue comme il est de coutume avec les toreros. Non, pardon, les taureaux.

L’échauffourée fut si brève qu’elle donna naissance au proverbe fameux « Il faut rendre les armes à Saint-Georges ».

On voulut récompenser le vainqueur et la princesse elle-même se fût bien volontiers donnée à son sauveur. Amour, toux, fumée et argent ne se peuvent cacher longuement. Mais à chaque fou sa marotte : celui-ci avait semelles de vent. Il ne voulut rien.

Entre le fromage et la poire chacun dit sa chanson à boire mais lui était déjà parti, laissant en lieu et place du monstre du désert, un renard, une rose et une cage en bois. A vous de dessiner cette transmutation !

Ici se termine le conte car selon l’adage bien connu : « Tout a une fin sauf les saucisses qui en ont deux ».

 

 

 

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 427 à partir de cette consigne

Posté par Joe Krapov à 11:32 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,

29 octobre 2016

QUESTIONS INSOLUBLES (MEME DANS L'ALCOOL)

Même si je me sens souvent « artiste sur les bords », je ne comprends rien à l’art !

Je ne sais pas, par exemple s’il faut préférer les portraitistes aux paysagistes. Je ne comprends rien à l’art conceptuel, au réalisme socialiste, à la FIAC et à la manie qu’a M. Pinault d’entreposer des horreurs dans la douane de Venise. Ce sont des saisies de trafiquants en tous genres ? Comment ? C’est de l’art ? 

DDS 426mammouth-grotte-rouffignac

J’en viens parfois à me demander : faire de l’art, est-ce imiter la nature ou imiter son voisin ? Dans les débuts, je pense, on imitait la nature. En soufflant dans un flûtiau, on pouvait se prendre pour le rossignol de mes amours. Même avec des talents de caricaturiste minimaliste on pouvait représenter les premiers faits divers. Ainsi l’un des tout premiers dessinateurs, M. Victor Pierrafeu, avait entrepris le portrait de son futur beau-frère, Roméo Cromagnon, et n’était pas loin d’achever le portrait de celui-ci quand l’amoureux de Juliette, sa sœur unique et préférée, se trouva la victime d’un malencontreux accident de chasse au cours duquel il perdit la vie. Terminé, le Roméo de Lascaux.

Le petit Victor rentre dans sa grotte, il gratte, il gratte pour effacer le croquis du bellâtre et à la place il représente la scène de chasse en buvant sa bière.
- Comment tu vas l’appeler, ton tableau ? demande Juliette en pleurs, à peine remise de son récent veuvage, en admirant la paroi de la galerie.
- « Mammouth écrasant l’épris », répond l’autre.

 

DDS 426 Mammouth

Pendant longtemps le salaire des peintres a été lié à leur talent d’imitation et au niveau de ressemblance de leur portrait avec la marquise qui sortit à cinq heures et dont on voulait garder une trace florissante, même si, quelques années plus tard, le mari n’hésitait pas à la traiter de « vieux tableau » et les héritiers à ne plus pouvoir voir leur mère en peinture.

Et puis est apparue la photographie. Pour reproduire une image de la réalité, il n’y avait rien de mieux. Même si, pendant très longtemps, on n’avait que des clichés en noir et blanc, l’illusion était presque parfaite.

Malgré cela, la peinture a fait de la résistance et les peintres ont fait les malins. Et donc il y a eu les impressionnistes, les cubistes, les futuristes, Pablo Picasso, Marcel Duchamp et son urinoir, la peinture abstraite, Malevitch et tout le reste qui ressemble parfois à un gros foutage de gueule pour bonobos friqués – le bonobo friqué étant le stade ultime de l’évolution des espèces, vous l’aurez compris de vous-même. Je ne connais rien à l’art mais je m’y connais en Darwinisme. 

DDS 426 instagram-filtres

Aujourd’hui, grâce aux filtres Instagram et aux smartphones qui font des photos et des frites, tout le monde est un artiste moderne. « Ah non, dit Monsieur Instagram, vous n’allez pas encore essayer d’imiter, avec votre smartphone qui fait des photos et des frites, cette saloperie de réalité triviale et imposer à vos semblables vos horribles paysages convenus, couchers de soleil, plats de restaurant et vos selfies plus troublées que troublantes. On vous colle un barrage filtrant. Le réel ne passera pas ! Pas sur ma plate-forme !".

Et maintenant, voilà le résultat des courses. Sur mes appareils photos récents, je n’ai même pas besoin de filtres Instagram : ils sont intégrés à la bête ! J’ai juste à sélectionner « dessin » ou « illustration photographique » et je me retrouve avec un appareil photo qui, au lieu d’imiter et reproduire la nature, imite les gens des années 60 et 70 qui représentaient le monde avec des couleurs à bousiller les pupilles et enrichir les ophtalmos de France et de Navarre. Andy Warhol, Vasarely, etc.

Et vous savez quoi ? Je suis devenu accro au truc, non sans m’interroger un maximum. Si je colle par-dessus ces images des musiques jouées à la guitare électrique par M. Jibhaine et que j’en fais un diaporama musical, qui imité-je ? Des millions de Youtubers ?

Est-ce que c’est de l’art ? Qu’est-ce que l’art ? Est-ce que c’est un objet réel virtuel composé d’images surréelles et de musiques-collages inclassables ? Où sont passés la Vilaine et le ciel breton ? Où est partie la brume qui rend le monde si beau dans le silence du matin ?

Par pitié, ne répondez pas à toutes ces questions ! C’était un exercice gratuit : j’imitais le vieux singe à qui on n’apprend pas à faire des grimaces. Et je me fiche de savoir si mon numéro est bon ou pas !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 426 d'après cette consigne

22 octobre 2016

BOITE A SARDINES

BeethovenSi je ne collectionnais que les timbres !

Mais, d’abord, entendons-nous : par « timbre » il faut comprendre «chanson faite à partir d’une chanson existante, composée, pour le texte, de paroles différentes de la version originale mais dont la musique est inchangée par rapport à celle-ci». 

Francis Blanche

Pour mieux me faire comprendre encore, citons les timbres célèbres de Francis Blanche et Pierre Dac :
« Le complexe de la truite » sur l’air du quintette D 667 en la majeur, «Die Forelle», de Franz Schubert ;
« La pince à linge » sur l’air de la 5e symphonie de Beethoven ;
« Le parti d’en rire » sur l’air du Boléro de Ravel.

Ne me dites pas que, pour célébrer un anniversaire ou autre chose de ce genre, vous n’avez jamais entendu quelqu’un mettre des paroles sur le «Il faut que je m’en aille» de Graeme Allwright, je ne vous croirai pas !

Pour ma part, j’en ai tout un classeur. Je n’en reviens d’ailleurs pas d’avoir écrit toutes ces bêtises ni surtout de les avoir chantées dans le cadre des festivités liées à mon activité professionnelle.

AUTOAD-2010-11a22a22a1394885840La liste des mélodies que j’ai empruntées et celle des titres de mes timbres vous feront comprendre, à défaut de vous donner l’âge du capitaine, que celui-ci a :
- soit de la "sacrée bouteille" ;
- soit un goût très prononcé pour les rengaines anciennes.

«La plus bath des javas» de Georgius est devenue «Les rats déridés» ;
«Emmène-moi» de Graeme Allwright nous parle d’imprimantes partagées, de secrétaires pas remplacées, de calcul de congés et du « CD de Myriade » ;
«Ah les p’tits pois» de Dranem évoque des dames dénommées Jacqueline et Alexandrine, un certain Patrick Navatte, les Gras de Douarnenez, Winnie Bédobeuliou et des méthodes de désherbage ;
«A Joinville le Pont" est devenue «Winnie l’ourson» (C'est vrai, je ne vous l'ai jamais dit mais depuis que je suis à Rennes, je suis (j'étais ?) gardien de l'animalerie de l'Université de Rennes 3) ;
«Ma cabane au Canada» a donné «Mon portable au Canada» ;
«Germaine» de Renaud est devenue «Ghyslaine» ;
Etc. Etc. Etc. 

Henri Salvador

Je m’arrête là, même s’il y a aussi une «Complainte du catalogueur» qui a fait rire toute une liste de diffusion nationale très sérieuse, un «Anne-Claire est au CRI» sur l’air de «Ta Katie t’a quitté» qui doit toujours être affiché dans le bureau de la récipiendaire et des tas de chansons destinées à des pots de départ en retraite.

Il traîne aussi, sur mon ordi, réalisées en dehors du cadre du boulot, des choses comme «Les Paimpolaises» ou «Le folklore Iowanien» que j’ai peut-être bien dû publier ici, dans le cadre du Défi du samedi. Parfois "J'ai la mémoire qui flanche, je m'souviens plus très bien" !



Si je ne collectionnais que les timbres !

Mais je collectionne aussi les chansons timbrées :
pezenas-boby-lapointe2

- Les chansons osées, coquines, pleines de sous-entendus ou de rimes attendues… qui n’arrivent que dans votre esprit mal tourné : «La photographie» de Pauline Carton, «Ouvr’ la f’nêtre qu’on respire un peu» de Sandrey, «Le p’tit objet» de Polin, «La jeune fille du métro» reprise par Renaud, «Félicie aussi» et «Folâtrerie» de Fernandel, «Mon cousin» et «Ma cousine» de Pierre Vassiliu »,«La chose» de Patachou, «Les amis de Monsieur» immortalisée par Barbara mais que je préfère dans la version d’Isabelle Huppert.

- Les chansons gaies de Ray Ventura, Georgius, Bourvil et consorts : du «Lycée Papillon» à «Tout va très bien Madame la marquise" en passant par "Comme de bien entendu".

00813- Les chansons écrites ou chantées par des natifs du signe du cancer, ceux que j’appelle ma « famille astrologique » : Henri Salvador, Pierre Perret, Julos Beaucarne, Guy Béart, Bernard Dimey, Francis Blanche.

J’ai évidemment pioché aussi avec allégresse chez les Frères Jacques, Ricet Barrier, Boris Vian, Georges Brassens, Chanson Plus Bifluorée, Les Charlots, Boby Lapointe, le Renaud de la première période…

Et je ne fais pas que dans l’ancien : je pique des trucs à Thomas Fersen, aux Wriggles, aux Joyeux urbains, à Juliette Noureddine, à Gérard Morel, à François Morel, à Sttellla même si la veine « comique » est un peu en voie de disparition dans la chanson francophone d’aujourd’hui.

Bref, je n’en finis pas de « mettre des chansons dans ma guitare » et j’ai l’impression que mon oncle préféré, celui qui promène son chien et fait le taxi pour ses petites-filles en maugréant contre le petit Marcel, celui qui aime l’excellent Porto du Portugal et les bons restaurants du Trégor, notre vénérable et vénéré Onc' Walrus m’incite à en remettre une couche à chaque fois qu’il publie un billet sur son blog ou commente chez la plus abécédairante de nos blogamies communes !

-bonjour-allegresse-chant-d-allegresse-f-chopin-pierre-dac-la-morue-du-port-j-villars-gilles-boite-a-sardines-g-claret-p-gilbert-le-cheval-de-corbillard-r-souplex-g-claret-les-quaAprès m’avoir collé dans les pattes les épatantes scies de « L’Auberge du Cheval blanc » il m’a fait découvrir cette semaine une chanson « bretonne » des Quatre barbus qui m’a laissé littéralement plié de rire.

Allez hop ! Les timbres (de voix) ça s’échange et les drôleries, ça se partage :

 

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 425 à partir de cette consigne

Posté par Joe Krapov à 08:21 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : ,

19 octobre 2016

PORÊME

AEV 1617-06 boa 2

Pour écrire un porême drôle
Il faut sortir de sa gerôle
Le bora bora constrictor
Du zoro de La Flèche (Sarthe)

Et un chanteur belge

Il faut dire du bora bora
Qu’il s’appelle Gargantura,
Que dans son estomac marousse
Il avale tous les hiratus

Et un chanteur belge

AEV 1617-06 boa 3

Il mange tout ce qui se présente
Les vahrinés de Tahriti,
Le tout dernier des Mohricans
Assis sous un grand barobab

Et un chanteur belge

Il dévore toute la Bohrême
L’Oklahroma et l’Irowa
Les canorës et les kayaks
Qui flottent sur le fleuve Ohriro

Et un chanteur belge

AEV 1617-06 boa 4

Il bouffe Rahran fils de Craro,
Ivanhoré, Anarïs Nin,
Yannick Norah, Etienne Dahro
Laro tseu, Yehrudi Menuhrin

Et un chanteur belge

Quand le vent souffle et vous fourette
Il avale des tas d’oiseaux,
Mourettes, chourettes, alourettes,
Et même parfois l’érolienne

Et un chanteur belge

Il croque des bahruts Henri II,
Des hommes du nérolithique,
Des murs pleins de dazibaros
Et de graffitis hérorïques

AEV 1617-06 Stromaé

Et un chanteur belge

Le chanteur belge c’est Stromaré !
Il est stromarrant, ce porême,
Non ?

Moi-même j’en suis tout ébahri
Comme fait mon éléphant rose

Mais le bora bora
Du zoro de La Flèche
Je n’irai pas le voir

Car je m’appelle Joe
- On dit parfois Joré –
Joré Paduvnirla !

Je suis un gars prudent
Je m’méfie des serpents
A sornettes
Et de ces chanteurs belges
Qui réclament « Au suivant » !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 18 octobre 2016
d'après la consigne ci-dessous

N.B. Les trois premières illustrations sont extraites du "Petit prince" d'Antoine de Saint-Exupéry.

Posté par Joe Krapov à 13:20 - - Commentaires [5] - Permalien [#]
Tags :