Pourquoi est-ce que je continue à jouer à ton jeu idiot, Raymond, alors que tu commences à m’ennuyer et que je n’ai même plus le temps de publier mes photos sur mon blog à cause de toi ?
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Le vendredi 1er octobre 2021 nous sommes allés visiter les expositions de "Grand Nord", le festival de photographie de La Gacilly. Entre autres splendeurs exposées, il y avait les photographies étonnantes de dame Héléna Blomqvist qui nous ont beaucoup plu.
Un visage plus sympathique de la « Tradition » : la soirée des Tisseurs de contes à la Maison du Ronceray.
Ici il y a eu du travail en amont, chacun raconte l’histoire qu’il veut, comme il veut et les récits viennent de partout dans le monde. Ils font voyager, rêver, réfléchir. Et il n’y a pas de compétition.
Deux étages. Je les ai montés avec la tour de l’ordi dans le panier. Soi disant réparé.
Photoshop ne marche plus. Picasa non plus.
J’ai installé Photofiltre. J’ai dépoté les photos du mariage, de la rue Saint-Malo, de la braderie du Secours populaire au Thabor et de la randonnée contée des Tisseurs.
Dans les poches de mon pantalon, un mouchoir et un trousseau de clés. Dans les poches de ma veste, un porte-monnaie, un masque et un portefeuille.
Dans les poches sous les yeux de Marcel Proust, de quoi mettre des valises sous les mêmes yeux à paupières lourdes et partir à Venise en emmenant Céleste.
Chose qu’il ne fera jamais.
Chose qu’il aurait dû faire ?
Diapositives prises à Venise en 1998.
Malgré tout le mal que je peux écrire sur mon cousin Marcel je ne manquerai pas de regarder France 5 vendredi prochain :
A 20 h "Guermantes", film de Christophe Honoré avec la bande de la Comédie française
suivi surtout à 23 h 25 du documentaire "Céleste et Monsieur Proust" d'Elizabeth Kapnist.
On conserve ou on conservera un très agréable souvenir de cette deuxième cousinade organisée près de Langon.
On s’interdira cependant de partager les photographies prises-là-bas sur ce blog. De toute façon, avec toute la pluie du samedi matin, l’objectif de l’appareil photo était embué et il a fallu ensuite ajouter du contraste aux 150 photos ramenées de la fête !
Les trentenaires de la famille se sont bien amusé·e·s avec les petites voitures à propulsion d'Oscar, le dernier né !
Successions de bruits de terrasses, conversations, cris et rires mêlés, musiques fortes, restaurants bruyants, cafés bondés.
Et puis, place du Parlement, succession de tableaux colorés projetés à toute vitesse sur la façade du monument au rythme d’une musique électro-rock avec de beaux effets et des animaux dessinés par le désormais très célèbre artiste de rue dénommé War.
Trois fois ce même trajet vers le centre-ville, ce jour, soit quinze kilomètres !
Allé chez l’ophtalmo ce matin et chez l’opticienne cet après-midi. La dame est native de Hesdin (Pas-de-Calais). Elle a repéré le 62 dans mon numéro de sécurité sociale et m’a confié être «de là-haut». On a échangé sur le fait que les Ch’tis s’acoquinent volontiers avec des Breton·ne·s.
J’ai cassé un peu de sucre sur le dos des Normands que j’ai fréquentés lors de mon service militaire.
J’ai juste oublié de lui parler – et à vous aussi - des toilettes du Nord-Mont où est exposé (explosé ?) cet humour à la Dany Boon qui, peut-être, ne fait rire que nous.
L’ordinateur, on y va de plus en plus tard se mettre devant. C’est qu’on écoute la série d’émissions sur Louise Michel sur France-Culture et qu’en plus, ce matin, on a enchaîné sur la suivante qui parlait de Walt Disney.
Ensuite on se perd dans l’écoute de disques de l’édition Vivaldi chez Naive et dans le projet d’enregistrer les pochettes de ces disques pour coller ces visages modernes sur le portrait d’Isaure Chassériau !
On pourrait presque toucher une prime d’efficacité tant le démontage de la tente, le remplissage du coffre, la fixation du porte-vélos sur l’attache-caravane, la restitution du badge, le retour à la maison et les opérations inverses avec vidage des valises et dépôt des photos sur l’ordinateur sont menés de main de maître, sans s’énerver ni s’engueuler jamais ou se pincer les doigts, par M. et Mme K.
Qu’en ferait-on de cette prime ? On irait se replanter dans un camping à guère plus de cent euros la semaine ?
Marina B. vient de se faire supprimer son blog chez Blogspot.com au prétexte quelle pratiquerait le hameçonnage avec son site de contes pour enfants petits et grands !
La police de Gogole, comme elle l’appelle, c’est vraiment n’importe quoi.
Ils lui ont rétabli l’accès dans l’après-midi.
Elle est en train de tout basculer chez Canalblog.
Le travail ne lui fait pas peur, à la reine du phishing !
Qu’est-ce qu’il a au compteur aujourd’hui l’encore jeune Joe Krapov ?
15 kilomètres de vélo + 11,32 kilomètres de marche sous un soleil écrasant. Et peut-être encore 3 kilomètres ce soir pour aller photographier un coucher de soleil sans doute moins surprenant que celui d’hier.
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P.S. Ces billets sont programmés, il sera répondu aux commentaires éventuels à partir du 16 août.
Les trois kilomètres ont été ajoutés et on a vu ceci ce jour-là :
Longtemps je me suis mis au pageot de bonne heure. Enfin… On m’y baquait, dans mon petit nid-cage. Mes parents supportaient assez mal mon pépiage : Les oiseaux sont des cons et n’aiment pas qu’on pleure Parce qu’on n’a pas eu un bécot de Maman.
- Normal, Calimero ! Ce soir on fait salon. Monsieur Cygne s’en vient nous fair’ son boniment. C’est pas toi la vedette alors dors gentiment !".
Nous habitions Ostende. Un bosquet de feuillus Que l’on avait taillé en forme d’être humain Etait notre logis. Souvent, sur le chemin, Des visiteurs clamaient : « L’art topiaire est couillu !
A l’heur’ de Dièzmitou resservir Olympia Ou la Vénus d’Urbin à grand coups de cisaille, C’est gonflé ! ». On n’pigeait rien à ce charabia Vu qu’ils jactaient leur langue et qu’nous, oiseaux, on piaille.
Bon. J’vais pas tartiner deux mill’ pag’s de c’goût-là, Vous parler d’Tante Edith qui chantait dans les rues Ou de ma sœur Suzie avec son tralala. J’vais pas faire sept romans pour ne causer que d’moi.
J’ai pas fini roit’let ou chanteur d’opéra, Rossignol milanais, aigle aux neiges vaincu. Je ne suis pas dev’nu perroquet ou ara Dans un bouge à pirat’s de l’île de la Tortue.
Je ne vais pas pleurer sur tout ce temps perdu, Sur ma chambre quittée, sur les nuées célestes. On a ses jours de gloire, on ramasse des vestes. Vis heureux et tais-toi sinon t’es qu’un glandu !
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Lorsque l’oiseau se tut, Marcel se réveilla.
Il voulut sortir de son lit, enfiler sa robe de chambre et aller prendre son petit-déjeuner avec Céleste dans la cuisine mais rien ne se passa comme les autres jours.
Tout d’abord il se rendit compte qu’il était à poil. Ou plutôt à plume. La patte qu’il étendit pour se poser au sol il la sentit et vit toute fine. Et quand il sortit la deuxième, au lieu de trouver le plancher, il tomba en voletant sur le sol de la cage qui était tapissé d’un vieux numéro du «Journal des débats» et de ses déjections de la veille.
Il ouvrit le bec pour appeler Céleste mais il ne sortit de son gosier qu’un sifflement de canari, un pépiement de colibri, oui, c’est ça on dit pépiement et non pépiage, alors il continua, il persista, il mit le paquet, s’époumona, poussa le volume à fond, risquant à tout moment de se péter la glotte, ne supportant pas cette situation si tant kafkaïenne qu’il en arrivait à utiliser des adjectifs qualificatifs insensés autant qu’inconnus de lui-même.
Enfin Céleste arriva. Elle avait enfilé son ciré jaune et portait son chapeau de pêcheur breton. Elle posa sa valise et son épuisette près de la porte d’entrée et s’en vint vers lui en disant :
- Ah oui, j’allais l’oublier, l’animal !
Elle remplit la réserve d’eau de la cage, mit des graines pour une semaine et enfin elle posa un grand drap clair par-dessus l’habitacle du piaf. Puis elle reprit ses bagages et sortit de l’appartement du boulevard Haussmann pour profiter de ses premiers congés payés en allant rejoindre sa cousine Annaïck Labornez sur une plage du Finistère.
Marcel comprit du coup qu’il était encore en train de rêver, ou plutôt de cauchemarder. Alors il fit une chose qu’il savait très bien faire maintenant : il tira la couverture à lui et se rendormit tout heureux.
Heureux comme à Ostende !
P.S. Merci à Dame Adrienne pour ses travaux d'identification et de géolocalisation de la photo !
Il y a cent personnes qui attendent dès 14 h. On installe les deux amplis et les micro-casques. On branche la station de réception. Tout s’allume. Reste plus qu’à la connecter à l’ampli. C’est à ce moment-là qu’on s’en rend compte : il manque les cordons de connexion !
Le groupe s’appelle toujours Am’nez zique et les Biches et il peut me remercier d’avoir rechargé et amené les trois micro-casques.
Il faudra aussi expliquer au chanteur et à la chanteuse que s’ils veulent s’entendre chanter, il faut mettre l’ampli derrière eux et non devant !
P.S. C’est à la Fête de retrouvailles de l’association « Le Temps du regard » d’Acigné, dite aussi Fête de la rose. Il y a vingt minutes de discours et le plus prolixe n’est pas le maire de la ville mais le jardinier, M. Michel Adam qui a créé la rose « Le temps du regard » dont on vend des boutures en vue de récolter des fonds pour l’association.
Le concert a finalement été assez réussi même si, avant qu’il soit fini, les gens sont sortis dehors où les attendaient le soleil, un buffet, et la possibilité de faire aller leurs langues trop longtemps confinées. Que des bons retours sur la prestation musicale, surtout pour « Marions les roses ». Malicorne a encore des fans par ici.
Pas pu prendre de photos des musiciens bien évidemment mais admiré les roses de M. Adam.
Car, ne l’oublions jamais, l’important c’est la rose !
Longtemps il s’était couché de bonne heure. Le corps apaisé d’une journée où il n’avait encore rien foutu de sa corée, comme on dit dans le Nord où ce mot n’a absolument rien à voir avec Kim Il Sung, Kim Jong Un, Kim Basinger ou Kim Novak, pas plus avec la Corée qu’avec la chicorée des maisons Leroux, Lestarquit ou Williot et où peut-être on pouvait trouver, à la rigueur, à ce mot "corée" - synonyme de corps ? - un rapport lointain avec la chorégraphie bien qu’on ne pratiquât pas plus la danse classique dans les corons que le boogie-woogie avant la prière du soir, il cherchait le sommeil en se plongeant dans quelque livre qu’on appelle de chevet parce qu’il est difficile, justement, au lit, de les achever, soit que l’on s’endormait dessus d’ennui, soit que, passionnant à outrance, ils était lu avec cette voracité telle qu’elle donna naissance à l’expression « dévorer un livre » et lors, la sagesse et la folie étant ce qu’elles étaient, on allait au bout de ses possibilités et, même si on avait tenu jusqu’à une heure du matin, les forces physiques n’étaient plus là, les paupières tombaient, les yeux se fermaient, on ne comprenait plus ce qu'on lisait, on éteignait la lampe, vaincu par sa fatigue et l’épilogue tant attendu était remis au lendemain.
Lui n’allait pas jusque-là et ne l’atteignait pas facilement pour autant, le pays des songes : un chapitre ou deux lui suffisaient pour arriver à ce moment de l’extinction mais c’était alors que surgissait le cauchemar. Une fois la lumière éteinte, il se tournait, se retournait, cherchait son trou, sur le côté gauche, sur le droit, sur le ventre, sur le dos, la tête tournée vers la droite, la tête à gauche et qu’eût-ce été s’il avait porté barbe longue, la poser sur ou sous le drap, situations horripilantes à souhait. Il aurait pu en tartiner, des pages, sur sa recherche du temps perdu ainsi à rechercher le calme, la position fœtale, la zénitude, la sensation d’être «ben aise», la chaleur des bras de Morphée, l’entrée dans le monde des rêves, le possible assommoir du sommeil régénérateur.
Et puis, à un moment donné, les fantômes arrivaient.
C’étaient de parfaits inconnus, aucun n’avait le visage d’une de ses connaissances dans la vie réelle. Ils n’étaient pas les mêmes chaque nuit mais leur élégance était parfaite et le décor était toujours identique. C’était un pont de bois couvert qui joignait les deux rives d’une large rivière. Le pont était coudé en son centre et de l’endroit où il se trouvait, il apercevait une tour pointue de forme hexagonale dont aurait pu croire les fondations enfoncées dans l’eau-même. Plus loin une église baroque arborait deux clochers à bulbes qui lui rappelaient ce pays disparu dans les limbes, la Tchécoslovaquie dont il se rappelait les lettres disposées au cul des véhicules : CZ ainsi que le nom de Pilsen, une ville dans laquelle on fabriquait de la bière. Au-delà de ce décor une chaîne de montagnes aux sommets enneigés confirmait cette impression que tout fout le camp dans les Balkans et qu’on est con sous un balcon.
Les fantômes venaient se rassembler autour du banc sur lequel il était assis mais ils ne lui adressaient pas la parole. Ils parlaient entre eux, sans élever le ton, avec dignité mais sans chercher à éviter qu’on ne les entendît pérorer ou écoutât médire. A peine, de temps en temps, l’un d’eux jetait-il un œil dédaigneux sur ce scribe étranger qui prenait soigneusement note dans un cahier de leurs conversations. Personne ne s’en offusquait. Dans leur monde, on se fichait pas mal de ce que pouvait être la littérature. Il n’y en avait peut-être pas. La transformation du réel en fiction pour mieux saisir la réalité du monde, les fantômes s’en fichent, ils savent que rien n’a de réalité et que la vie elle-même est une fiction. Leurs noms n’étaient-ils pas des pseudonymes à consonance modianesque ? Tantôt venaient du pont couvert Odette Dejeux, Madame Lordurhin, le cheik d’Arabie Swan Lawrence, le baron Jean Chwalrus, la duchesse Albertine Troussecotte, tantôt palabraient près de lui le comte d’Argentcourt, le docteur Pascal, Vanina von Faffenheim-Munsterburg-Weinigen, les cousines Marianne et Sarah De Kat. La plus intrigante de toutes ces dames était la marquise Adrienne de Franquetot, laquelle portait immanquablement une longue cape rouge et tenait en laisse deux danois et un chihuaha.
Dans la vie comme dans le rêve, nous promenons toujours des attelages bizarres.
De toute façon, au réveil le lendemain, il ne retrouvait aucun cahier, aucune note et les conversations s’étaient enfuies dans la nuit de l’oubli.
Car après les fantômes, il y avait l’envahissement par Richard W. qui venait s’asseoir sur le banc, lui prenait le bras et lui racontait avec un enthousiasme forcené comment il avait trouvé le bonheur ici à Tribschen de 1866 à 1872 et comment auparavant il avait été sauvé par des biscottes. Si, si, des biscottes salvatrices, ça existe !
- Figure-toi, mon petit Marcel, lui disait-il, que j’étais en panne d’inspiration sur l’acte III de «Tristan et Isolde». Mais en panne à un point qu’un aviateur dans le désert aurait pu me dessiner des moutons sans que ça ne me donne plus que ça d’idées pour avancer ou d’envie de becqueter des côtelettes. Alors pour oublier je canotais sur le lac des quatre Canetons, je m’épuisais en ascensions du mont Pilate et du Rigi, j’allais au musée des glaciers et même au Festival de la Rose d’or pour écouter des chansonnettes et ça n’y changeait rien. En panne, en panne, en panne ! Plus aucune musique à venir ! Tu ne sauras jamais grâce à quoi ça c’est décoincé !
Dans son endormissement Marcel ne répondait pas mais Richard n’en avait cure. Il était de ces locuteurs qui n’ont besoin d’une paire d’oreilles extérieures que comme faire-valoir, l’exemple même de l’Emetteur contemporain de pouces baissés plutôt que levés, qui twitte son avis sur tout, intervient partout et ne sait même plus que les oiseaux, lorsqu’ils ne sont pas bleus, chantent bien plus joli que le son du streaming. Ce genre de gens qui ignorent qu’au milieu des villes coule une rivière et que l’on peut murmurer à l’oreille des chevaux sur la route de Madison ou qu’on peut vivre plus proprement avec un portable éteint en permanence.
- Les Zwieback, Marcel ! s’esclaffait Wagner car c’était bien lui, les plus perspicaces de nos lecteurs et lectrices l’auront identifié sans peine. Je logeais alors à l’hôtel Schweizerhof et un jour où je contemplais le ciel gris avec un parfait désespoir je reçus par la poste, envoyée par Mathilde Wesendonck, de Zurich une boîte de biscottes (Zwieback). Enfant ! Enfant ! Enfin ! Les zwieback ont produit leur effet ; grâce à eux, j’ai franchi certaine mauvaise passe où je restais empêtré depuis huit jours, n’ayant pu avancer dans mon travail musical notamment pour trouver la transition du vers "ne pas mourir de désir" au voyage en mer de Tristan blessé. Quand les zwieback arrivèrent, je pus me rendre compte de ce qui m’avait manqué : ceux d’ici avaient un goût beaucoup trop amer. Impossible qu’ils me donnassent l’inspiration ! Mais les bons vieux zwieback, trempés dans du lait, remirent tout dans la bonne voie. Et ainsi je laissai de côté le développement du début, et continuai la composition à l’endroit où il est question de la Guérisseuse lointaine. Maintenant je suis tout heureux : la transition est réussie au-delà de toute expression par l’union absolument splendide des deux thèmes. Dieu, ce que les bons zwieback peuvent produire ! Zwieback ! Zwieback ! Vous êtes le remède qu’il faut aux compositeurs en détresse – mais il faut tomber sur les bons !
***
Au réveil, Marcel ne se souvenait plus que de cette histoire de biscuit trempé. Fallait-il qu’il en parle à son ami Jacques qu’il accompagnait à l’accordéon tous les après-midi dans son tour de chant aux jardins du casino afin que ce récit de rêve le réconcilie avec sa maudite Mathilde à lui ou devait-il lui conseiller de ne plus rien attendre de Madeleine de Commercy ?
N’était-ce pas là une façon de tendre des verges pour se faire battre ? Son propre problème de tentative de record nocturne d’échec en identification de paysages au palais insomnisports de Bercy ne primait-il pas sur son amitié pour le Belge ?
Le Jacky ne l’avait-il pas accueilli hier, au kiosque à musique, avec ce méchant sarcasme :
- Hé ben mon vieux Marcel, à force de te coucher de bonne heure et pas dormir, t’en as une chouette tête de décavé ! Si tu voyais ta tronche de déterré éthéré et Lucerne que t’as sous les yeux ! On dirait que tu t’es fait battre par la Suisse à l’Euro ! Allez, enfile tes bretelles et chauffe-nous ça !
Et tout en appuyant sur ses touches, il éliminait : Vierzon ? Vesoul ? Pas de clocher à bulbe par là, ça ne colle pas. Varsovie, peut-être, à cause des remparts ou alors Montcuq ?
Elle ressemblait à un bon plan cette répétition amplifiée de vendredi. Le répertoire était en place à l’exception de deux chansons dont il fallait accélérer le rythme.
Ensuite on aurait une soirée barbecue avec les ami(e)s fidèles.
Il fallait juste installer l’ampli pour les trois voix et tester les micros-casques.
Par sécurité j’avais emmené les deux petits amplis chinois. J’ai bien fait. Quand j’ai demandé à Manu :
- T‘as laissé l’ampli dans ton coffre ?
Il a répondu :
- Quel ampli ?
La répétition a eu lieu en acoustique. Le nom du groupe est plus que jamais Am’nez zique et les Biches.
P.S. J'ai reçu par mèl à mon retour de Vannes les photos de la "Fête de la patate" d'Acigné prises par Gilles Leroux que l'on remercie infiniment.
J'en extrais celle-ci qui me fait hurler de rire : c'était l'époque où l'on respectait scrupuleusement les gestes barrières !
Le poids ; La taille ; La tension artérielle ; Le taux de cholestérol ; La date de 1ère injection du vaccin ; La date de 2e injection du vaccin ; L’âge du patient ; Celui du capitaine.
Mais on s’en fout, Docteur, de ces nombres-là !
De la même manière que vous vous en tapez des trois cents textes produits et mis en ligne en un an par l’Atelier d’écriture de Villejean !
Lequel de ces nombres est le plus important pour ma survie, à votre avis ?
Vue partielle du potlatch de fin d'année de l'Atelier d'écriture. Je l'ai reperdu, Docteur, le kilo que j'ai pris là ! ;-)
Pour répondre aux questions du docteur, cette image : mon poids est bien inférieur à la somme de ces deux nombres-là !
C'était une journée comme il y en a beaucoup par ici, où il faut naviguer entre deux averses. On profiterait bien de la pluie pour attaquer un deuxième puzzle, mais soudain le soleil fait sa réapparition. Alors on descend au marché acheter un plant de basilic pour la soupe au pistou du soir et on croise ces fleurs bien arrosées sur le pont par-dessus le Léguer.
Le lendemain matin, lorsque Quand et Où se réveillèrent ils ne savaient plus très bien, à force d’avoir bu la veille, lequel était Quand et lequel était Où. Où savait qu’ils devaient aller rencontrer aujourd’hui les Multiples mais il ne savait pas où. Quand savait qu’ils devaient aller un jour à Sète mais il ne savait pas quand.
Après avoir savouré leur petit-déjeuner, Quand et Où prirent congé de l’aubergiste. Celui-ci, encore émerveillé du concert qu’ils avaient donné la veille au soir, leur fit cadeau de deux bouteilles de « bière braxéenne » pour la route. Il y avait une Anna-Marly et une Morterille.
- Elles sont fabriquées où ? demanda Quand.
- Du côté de Toulouse !
- C’est drôle qu’elles s’appellent la Braxéenne, commenta Où, parce qu’aujourd’hui nous on va dans la ville natale de Georges Braxens !
Ils arrivèrent à Sète sur le coup de midi. Ils se posèrent à la gare parce qu’Où était sûr d’y trouver une horloge. Ca rassurait Quand de connaître l’heure. Porter une montre ça aurait pu être pratique pour le type d’amnésie qu’il manifestait, qui n’était ni anosmie, ni agueusie et encore moins symptôme de Covid, mais il avait en plus la malchance d’être allergique au nickel et détestait porter, bracelet, alliance ou bague. Quant à Où, il ne se souvenait jamais de l’endroit où il avait posé la sienne.
Il soufflait un Mistral à décorner tous les boucs habitant les romans de Jean-Claude Mourlevat. Ils cassèrent la graine – quoi de plus normal pour des perroquets ? – en terrasse d’un bistrot appelé « Chez Marinette » et passèrent leur marché habituel avec la patronne, une matrone aux mamelles accortes et par ailleurs natives, avec tout le reste corrézien et corps et biens, de Brive la Gaillarde. En échange d’un concert donné le soir même par les deux drôles d’oiseaux, elle leur assurerait le gîte pour la nuit et le couvert pour le soir et le lendemain matin.
De leur étonnante besace magique qui ressemblait tellement au foulard porte-bébés des cigognes alsaciennes que c’en était un, ils sortirent des flyers (What else for birds ?) et des affiches avec un espace blanc sur lequel l’organisatrice n’avait plus qu’à inscrire la date et l’heure de la prestation : « Ce soir, ici à vingt heures, Où et Quand ».
Puis vint le moment d’aborder le motif de leur venue au pays du fumeur de pipe à guitare.
- On nous a conseillé de venir à… On est où déjà ? commença Où. - A Cette mais en fait ça s’écrit Sète depuis je ne sais plus quand, répondit Quand. - Pour rencontrer des gens qui s’appellent les Multiples.
La tenancière, madame Marinette, parut d’abord surprise puis elle questionna, un peu méfiante :
- Vous n’avez rien contre le royalisme ? - Nous ? Non. On est musiciens, on ne fait pas de politique. - Alors vous pouvez aller voir Louis. Il habite dans le quartier de la Pointe courte, traverse Agnès Varda. - A quel numéro ? - Ben…Quatorze ! - Et c’est quoi son nom de famille ? - Ben… Quatorze ! - Non, mais le numéro on l’a, c’est son nom qu’on vous demande. - Quatorze, je vous dis ! Louis Quatorze, qui demeure au n° 14 de la Traverse Agnès Varda.
« Sète foi encore, on est tonbé ché dé gen bizar », pensa Où qui ne savait plus où il avait rangé son orthographe.
***
Avec les tous les travaux qu’il y avait dans Sète derrière la gare ils durent voler pour se retrouver dans le pittoresque quartier de petites maisons de martins-pêcheurs.
Ils frappèrent au carreau du 14 parce qu’il n’y avait pas de sonnette. Ils furent étonnés de voir le costume du papy qui vint leur ouvrir. Il portait des bas de soie, un manteau d’hermine et une perruque grand siècle.
- Monsieur Louis Quatorze ? On nous a dit que vous étiez un des Multiples de Sète.
- C’est tout à fait vrai, messieurs, et plutôt deux fois qu’une. Mais entrez donc vous installer dans mon palais. Ce n’est pas Versailles, mais c’est tout à fait habitable. Vous prendrez bien un petit bourbon ?
- Ce n’est pas de refus, accepta poliment Où.
La petite maison était coquettement entretenue mais sentait le poulailler que c’en était une horreur. Trois poules picoraient sur le sol de terre battue et un grand coq lançait son cocorico toutes les trente-cinq secondes à l’intérieur de la cuisine.
- Tenez messieurs, voici vos bancs. Quant à nous, nous nous maintenons dans ce fauteuil auquel nous astreint notre grand âge de quatre-vingt-onze ans. Ne vous souciez pas de ces dames de la basse-cour et du petit marquis pérorant. Qu’est-ce qui vous amène à venir consulter la fontaine de science que nous sommes ?
- Eh bien, avoua Quand, nous aimerions savoir comment on fait pour savoir où et quand en même temps.
- Où est Caen ? N’allez pas penser que je louvoie mais il me semble que c’est dans le Calvados, non ? Je crois même que c’est le royaume du Very Bad Trip ?
- En fait, précisa Où, nous voulons savoir plutôt quand et où.
- Quand et où… En même temps ? Dans le même espace-temps ? Vous voulez parler du temps qu’il fait ou du temps qui passe ? Est-ce que je vous ai déjà raconté l’histoire des quarante-deux fillettes ? Et vous connaissez celle de la femme aux trente-cinq cœurs ?
Etait-ce le bourbon, la chaleur méditerrannéenne, le grand âge voie l’Alzheimer du bonhomme ? A partir de ce moment le vieux se mit à bayer aux corneilles et à cligner des yeux comme prêt à s’endormir.
- Quand et où, en même temps ou séparément, la réponse est peut-être « aujourd’hui » ou « Hyères » ou « deux mains ». Ou « Ici et maintenant » ou « Partout ailleurs par Toutatis ! ». Tenez, avant que je ne m’endorme, lancez ces deux dés.
Où s’exécuta et sorti un cinq et un six.
- La réponse à votre question se trouve dans l’allée 77 au cimetière marin, tombe n° trois sur la gauche. Excusez-moi, je vais devoir me rendre sur ma chaise percée puis aller faire ma sieste. C’est l’heure ou le malheur qui veut ça.
- Nous n’avions pas l’intention de prendre racine non plus, monsieur Quatorze. Nous vous remercions de votre conseil. Bonne fin de règne à vous et merci pour le bourbon, il était excellent.
***
Au cimetière marin, dans l’allée 77, la troisième tombe était celle d’un dénommé Wenceslas-André Stimane. Une inscription sur une plaque de marbre disait : « Merci de me venger si c’est possible. J’ai été lâchement assassiné le 7 juillet 1949 par des gens qui habitaient au n° 21 et qui étaient trois..»
Ils se rendirent au bureau du cimetière et demandèrent des explications sur ce crime commis par trois Sétois.
- Stimane, vous dites ? Trois ? Moi je ne sais pas trop, je suis la comptable, en place depuis quinze ans, c’est vous dire si je suis dure au mal. Mais si c’est trois, et ce n’est pas neuf, vous devriez partir tôt demain pour aller consulter la Gnangnan douillette. - La Gnangnan douillette ? Elle habite où ? demanda Où. - A Troyes ! - Et on partirait quand ? demanda Quand. - A l’aube. - C’est bien noté. Merci Madame.
Ils consacrèrent le reste de l’après-midi à arpenter les rues de Sète et à chercher des traces de Georges Braxens mais il y en avait peu. Ils montèrent par les petites rues et les escaliers du mont Saint-Clair admirer le paysage environnant. Puis ils trainèrent en ville, s'estasiant devant les barques de pêche au pied de la maison de la mer.
A l’heure de l’apéro il y avait plein de monde chez Marinette. Ce soir-là ils terminèrent leur récital en envoyant « La supplique pour être renseigné sur la plage de Sète » de Georges Braxens et se dirent qu’au moins ils savaient où et quand ils pourraient se reposer de cette journée bien remplie : c’était ici et maintenant et c’était déjà quelque chose !
Pondu le 18 mars 2021 à l'Atelier d'écriture de Villejean
Toujours enfermé(e)s les ami(e)s ? En manque de théâtre pendant que les toubibs et les politiques font leur cinéma ?
L'Elégance du hérisson ?
Morts du covid ? De la covid ? De la peur bleue de l'attraper pour le Schtroumpf ?
Quand elle sera sortie de l'hôpital où elle soigne son coronavirus, Roselyne Bachelot ordonnera la réouverture des musées. Y'a pas de raison qu'elle soit la seule à avoir été contaminée par la peau d'âne de Corinne Masiero, zut !
Voilà ce que c'est que d'aller en privilégiée à l'Olympia alors que les autres salles de spectacle sont fermées pour le vulgum pecus !
C'était pas bien de déroger aux décisions de la ministre de la culture !
Et toi tu trouves qu'ils ne sont pas encore assez blancs comme ça ? Faut toujours que t'en rajoutes ?
Le petit guitalélé aux couleurs de la Grande-Bretagne me fait de l'oeil mais je ne craquerai pas. J'ai déjà trop d'instruments de musique à la maison.
Ici se construit une "ascension paysagère" qui va ajouter trois immeubles de neuf étages dont on ne vous dit que ça !
"L'îlot de l'Octroi, s'inscrit ainsi pleinement dans le projet urbain de Rennes pour 2030, en articulant des zones de densité urbaine et des espaces apaisés." Ce sont surtout des zones de densité urbaine qu'on ajoute, pas des espaces apaisés !
Portrait géant de Greta Thunberg avant qu'elle ne fasse sa jaunisse (bleu+jaune=vert).
Parfois j'aime à imaginer qu'il existe des univers parallèles dans lesquels on ne se retiendrait pas.
On aurait pu y lire, dans la gazette du 9 juillet : "Un touriste rennais assomme avec son appareil photo le voisin qui n'a pas arrêté de raconter sa vie à haute voix pendant le spectacle d'illuminations de la cathédrale de Chartres au lieu de se taire et d'admirer ".
L’amiral ou l’adjoint au maire Si jamais tu voulais leur plaire… ;
Si tu rêves de les emplir, L’un ou l’autre de ces malades, L’un aride et l’autre impala, Du désir d’être ton mari ;
Si tu souhaites qu’on t’admire, Si tu désires te faire aimer Si tu veux te pâmer en prime - Pardi, c’est humain après tout Et tout le monde est bien pareil ! - Change d’allure sans délai !
Quitte l’ample robe à damier, Ton plaid à l’allure mariale De paria de la séduction Et cette armada de bijoux, - Palme d’or, violettes de Parme - Sous lesquels, oiseau de parade, Prima donna de mardi gras, Tu sembles un palmier du Mali Atteint d’une maladie rare !
De ce look « trop » on médira, Sois en sûre, et rira aux larmes Et toi cela te déplaira Tu t’en feras un nouveau drame.
Ton naturel parle pour toi. Nul besoin d’un cœur en alarme. Sans ces drapés tu n’es pas laide Et si tu permets que je t’aide L’idéal serait que tu sois Simplement nue sous un imper !
Madre mia ! Qu’on t’aimera ! Comme ton corps seul plaidera Pour que sur le dernier palier, Je le parie, rapide raide, L’élu de ton cœur, en péril, Accroché la main à la rampe, Derrière ton look à pâlir Soit proche de l’apoplexie !
Sûr, la simplicité paiera Ta beauté seule gagnera Pour ton triomphe sans péril En toute gloire.
Et surtout, surtout, c’est plié, Pas de maquillage outrancier ! C’est la plaie : ça t’ fait ressembler A un lampadaire de Noël !
N.B. Et une surconsigne consistant à inclure dans le texte une cinquantaine de mots composés avec les lettres du mot "lampadaire". Genre "logogriphe", comme on dit maintenant !
Personnellement, ces vingts photos de Barfleur, sans un mot de plus, auraient suffi à illustrer le mot "extase" proposé en consigne d'écriture au "Défi du samedi". Mais il était interdit de lever les yeux au ciel. C'est pourquoi j'ai encore regardé mon nombril et celui de Rimbaud. Je vous rassure, ce sera bien quand même, y'aura de la musique !
Je suis bien content quand même qu'on ait échappé à "éléphantiasis", "entonnoir" ou "écartèlement" ! Avec ces oncles facétieux du net, il faut s'attendre à tout ! ;-)
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.