DIMANCHE MATIN
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Le dimanche matin, sur le coup de neuf heures cinq, neuf heures dix, on descend acheter le journal au Huit à huit.C’est un Carrefour city en fait mais le monde se fiche bien de la vérité historique. Il s’abreuve de défèque-niouzes désormais.
La version dominicale d’Ouest-France est composée de quatre parties enchâssées les unes dans les autres. Le Dimanche-Ouest France est vite lu ou plutôt parcouru. On trouve là les nouvelles du jour dont on se fiche à peu près éperdument. La partie magazine vous énerve à cause de l’invité people à qui on demande son avis sur tout et n’importe quoi… et qui le donne. Dans le supplément sports on ne fait que jeter un œil sur les résultats du Stade Rennais Football Club qui est un peu notre voisin de palier.
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Enfin, ce pour quoi on a dépensé 1,55 euro pour ne pratiquement rien lire arrive ! C’est le supplément jeux.
Ce sont deux feuilles pliées en deux, soit huit pages, les plus précieuses de vos achats de la semaine.
Tout comme il y a des scientifiques et des littéraires, il y a des jeux de chiffres et des jeux de lettres. Ces derniers sont réservés à la femme de votre vie, cruciverbiste et motfléchiste (?) invétérée.
On s’accapare les quatre kemaru, le deux takuzu et les quatre fubuki. Cette phrase ressemble à une commande de sushis dans un restaurant japonais mais on n’y met jamais les pieds dans ceux-là et on espère juste que ces mots sont invariables au pluriel. Peut-être même dit-on, au singulier, kemaraï et takuzaï comme pour les haïku ?
Pour un peu bientôt on n’entendrait plus dans la maison que le bruit léger des deux crayons Critérium Bic gradation 4 B et les rares frottements des deux gommes. Mais il se trouve que ce rituel intellectuel s’effectue immanquablement au son du Concerto pour trompette de Haydn suivi de celui de Hummel ou de "Trumpet volontary" de Purcell.
Tant pis pour les jeunes Chinoises de l’étage en dessous qui s’essaient à la grasse matinée occidentale !