M. Google-Images ne propose que vingt photos de cette manifestation, dont sept de votre serviteur.
C'est dire si, même en temps de pandémie, on se préoccupe peu désormais de partir à la recherche des temps perdus que nous ne cessons pas pourtant de regretter (librairies, théâtre, liberté d'aller et venir, de voyager).
Comment ? C'est parce que vous rêvez des jours heureux d'après ? Vous croa-yez aux promesses des corbeaux , vous?
Aller passer cinq jours de vacances à Quimper pour assister à des spectacles de danse "folklorique", prendre 1600 photographies pendant toute la semaine et n'en publier que 30 sur ses deux blogs ?
Et puis, quinze ans après, rechercher sur un disque dur externe des photos de famille de 2013 et tomber sur cet enregistrement d'images comme Neil Young sur son "Treasure" de 2011 ?
On peut. Et du coup on se sent obligé de s'autocongratuler. T'es quand même un sacré portraitiste, Joe Krapov ! Il y a dans cette série des sourires ou des regards qui mettent, comme dirait Proust, de la dignité dans ton inconduite !
C'est vrai, quoi ! Oser représenter la Bretagne sous la pluie alors que ce phénomène atmosphérique y est d'une rareté légendaire, t'es gonflé !
C'est une école de musique. Elle est basée à Parthenay-de-Bretagne, pas très loin de Rennes. Elle relève de l'association Filaj Du Man. Je ne sais pas si c'est du gallo, du breton ou autre chose ! Invité·e·s au festival du Grand Soufflet, les musiciens et musiciennes de tous âges nous ont fait passer un très bon moment avec leurs interprétations de traditionnels irlandais. Merci à Monsieur Jérôme Leborgne, leur professeur !
C'est quoi la différence entre un pickpocket et un voleur d'images ? Le premier vous tire le portefeuille ou le porte-monnaie de votre poche et une fois qu'il a opéré, vous ne les revoyez plus jamais.
Le deuxième vous tire le portrait et il vous le rend sur Internet !
- Bonjour Monsieur. Je peux vous laisser mon hijab à nettoyer, je crois que j'ai fait une tache de harissa dessus ?
Dans une petite ruelle, genre traboule, de Tréboul, quartier de Douarnenez.
Dès qu'on aspire à la noblesse il y a toujours des prosaïques pour nous rappeler que nous sommes et resterons à jamais une tuyauterie.
- Où suis-je ? - Au village ! - Je ne suis pas un numéro, je suis un homme libre !
N.B. Dans une autre vie, je collectionnerai les photographies du village de Portmeirion, au pays de Galles, où a été tourné, en partie, ce feuilleton mythique, "Le Prisonnier", de Patrick McGoohan. Peut-être même que j'irai, aussi !
Bien sûr qu'il y a encore une erreur sur cette photo ! Ils ont mal positionné le roi et la dame des blancs avant de débuter la partie !
Ce panneau est l'occasion ou jamais de ressortir de la naphtaline cette chanson de Dranem que j'ai tellement adorée qu'on la beuglait, dans la voiture de Didier F., en allant chanter à la chorale d'Auvers-Le-Hamon.
O tempora saboliensis mortibus, o mores revolutionibus ! Nous n'étions pas sortables alors et ne le sommes pas plus aujourd'hui !
D'ailleurs c'est simple, je sens bien qu'on va nous reconfiner d'ici peu !
Si tu crois que je vais prendre de mon temps et noircir du papier pour te raconter l’histoire de Saint-Georges et de son dragon, tu te fourres le doigt dans l’œil jusqu’à l’omoplate, mon pote ! A quoi ça servirait sinon que Monsieur Wikipédia se décarcasse pour ramasser toutes les petites herbes de provenances scientifique et historique diverses qu’il met dans son encyclopédie au piste-tout ?
Déjà il faudrait que je sache où se trouve la Libye parce que, tu vois, c’est là-bas que se déroule l’action. Et moi, la Libye, ou plutôt l’alibi pour mon inculture géographique, je suis comme tous les Français, j’en ai pas. Je ne sais pas où ça perche, Normand, les Tripoli à la mode de Caen !
Mettons que c’est au Sud de la Loire, quelque part en Afrique, là où il y a plein de sable et de cailloux. Et déjà, tu vois, on imagine mal des paysans élever des moutons dans ce paysage-là. Qu’est-ce qu’elles boufferaient, ces bêtes ? Des farines animales importées ? Ce serait déjà plus crédible si les bédouins du coin élevaient des dromadaires mais bon, je ne suis pas sûr que ça se mange, ces animaux-là. C’est comme le pangolin et la chauve-souris, je n’en fais pas mes choux gras et j’imagine que le dragon non plus.
Parce que là-dessus, complètement irréaliste surréaliste, arrive dans l’austère décor rien moins qu’un dragon flamboyant ! Tu saisis le topo ? Le bestiaire mystique des cathédrales moyenâgeuses qui sort de la pierre pour vivre une vie de cocagne dans un pays où les mecs sont pas très avancés. « pas encore entrés dans l’histoire » comme a déblatéré Sarko.
Pour sûr, dans la réalité ce bestiau-là n’a jamais existé et il devait s’agir d’une bande de pillards un poil exaltés, menés par un nommé Ibn al Drakhoun ou un blase à la con dans ce genre-là.
Maintenant, bien sûr, il faut les comprendre les gilets jaunes autochtones. Ils sont un peu comme les nôtres. A toujours se faire bouffer la laine sur le dos on se trouve un poil dépourvu quand le fisc s’en fut venu. Alors, carrément, quand le taxman verdâtre s’empare de leur matière première, le mouton lui-même, ça panurge d’aller sonner à la gendarmerie et les paysans-éleveurs remuent leur scôtelettes.
Après ça, je suis désolé, le scénar est quand même un chouïa bien pourave ! Il y a autant de mou dans la corde à neuneus du pitch que dans le genou du Macron local !
Comment ? Le potentat et son élite ne sont pas capables de se débarrasser d’une bande de voyous de banlieue ou d’un ours des Pyrénées à quatre Carpathes ? Mais qu’ils s’en aillent tous, alors !
Infoutus d’envoyer un escadron de CROS (Compagnie Régulatrice de l’Ordre Saharien) qui réglât le problème à coups de crosse ? Pas équipé en LBD ou en Rafales ? Mais qu’est-ce qu’il foutait Le Driant à l’époque ? Il dansait le laridé au premier Festival interceltique ?
Je sais déjà ce que vous allez me dire : à l’heure actuelle aussi on a une opération Barkhane sur le dos pour sécuriser le honni soit qui Mali pense. A croire que la faiblesse du genou est héréditaire par là-bas, chez l’Ubu de Libye ! Allons, un peu de sérieux ! C’est du bricolage propagandiste et prosélyte, tout ça ! Car bientôt un cavalier surgit hors de la nuit. Son nom, il le signe à la pointe de l’épée d’un J qui veut dire « Jojo » ! Et d’une croix qui veut dire « position du missionnaire obligatoire et interdiction du boogie-woogie avant la prière du soir ».
D’où il sort, cézigue, Saint-Georges ? De Lydda-ccessible étoile ? Il a lu sur les réseaux sociaux un appel à la résistance et il est venu jouer au djihadiste à sa façon ? Ou bien ce sont les caves du Vatican qui se sont rebiffés et qui ont décidé d’envoyer quelqu’un pour évangéliser ce patelin où ça devenait n’importe quoi ? "Ca n’est jamais que trois bouts de cailloux, mais sait-on jamais ? Peut-être qu’on y découvrira du pétrole, plus tard ?".
Quant à l’histoire des jeunes gens otages et de la princesse, ça a été un truc bien tordu mais bien pratique d’imaginer un dragon qui les réclame pour les bouffer. N’aie crainte que s’il s’agissait réellement d’une milice d’obsédés sexuels en manque les jouvenceaux auraient peut-être préféré passer dans la casserole que à la casserole.
Mais j’arrête car je sens que je deviens cynique. Surtout j’ai autre chose à faire que de t'ennuyer avec cette légende christiano-disneyenne : j’ai mes mots croisés à terminer et je bute sur cette définition d’un mot de dix lettres : « Traite le sujet par-dessus la jambe ».
N.B. L’auteur de ce torchon se montre désinvolte jusque dans le choix de l’illustration : il a choisi en effet une photo, prise par lui en août 2020 dans l’église du Juch (Finistère) et montrant la statue de «Saint-Michel terrassant un diable» !
J'avais pris mes deux appareils photos ce jour-là mais la batterie de rechange du Nikon était restée dans la tente ! Et je suis tombé en panne sur le port ! J'ai donc tout fait avec le Canon réglé en mode panoramique avec l'idée déjà de faire des triptyques à partir des photos verticales. En voici une première série.
On a passé la soirée de cette balade nantaise chez Mademoiselle Zell et Monsieur Tom. Je ne le dis jamais beaucoup par ici parce que c'est ma vie privée et que du coup ça ne regarde personne, je suis très fier de mes deux enfants et très heureux de connaître Monsieur Tom. En plus lui aussi est un artiste qui pratique la sérigraphie et, c'est nouveau, la confection de masque d'après moulage de son visage !
Quand au chat qui est une chatte, elle continue de s'appeler Boulette.
Le lendemain j'ai reçu dans ma boîte mail un message de Monsieur Jibhaine (le fils musicien) qui me signalait ce "ouin ouin" là :
Je l'ai accusé en retour de cruauté mentale envers son popa mais, sachant qu'il est bon comme le pain, je suis allé réécouter ses productions à lui qui enterrent Monsieur Séchan sous trois tonnes de bouteilles de Ricard vidées.
Bon, d'accord, parfois c'est un peu plus "noir c'est noir" que les bluettes auxquelles je m'adonne (du sleeping) de mon côté mais sinon, quelle maîtrise de tous ces instruments ! Waoh !
Eloge du pas de côté : Nous sommes partis poser les nôtres du côté de Dol-de-Bretagne. J'ai emmené les 99 exercices de style de Raymond Queneau histoire d'avancer dans mon projet fou ! Mais j'ai aussi mon jeu d'échecs, du Simenon dans ma liseuse, mon ukulélé rose et des envies de pédaler !
Et en plus il y a une piscine !
A Nantes ils croient que Marguerite de Valois était complètement toquée ! Ils ont trop vu "La Reine Margot" ou quoi ?
Quelque chose ne tourne pas rond dans ce message mais quoi ?
- Alors, Joe Krapov , qu'est-ce qui vous a le plus épaté dans vos retrouvailles avec votre voisin du 65 de la rue C.Q. qui était aussi votre voisin du dessous du 11 de la rue de L. et est également votre petit-cousin ? - Sa compagne ! - Qu'avait-elle de particulier ? - Elle est née le même jour et la même année que moi, juste trois heures avant !
De fait, pouvait-on attendre autre chose de ce gars qui est né le même jour que sa soeur ainée et que son père ?
Superposition Belphégorienne
L'Epée de Damoclès et autres dangers suspendus au-dessus d'une jeune fille écrivant
Ils ont protesté parce qu'il n'y avait pas de masques et maintenant qu'il y en a ils les balancent par terre ! Sales gosses, les gens !
Vus de l'intérieur de notre kilomètre carré, ils étaient magnifiques, même. Il a fait un temps superbe pendant deux mois, exprès pour qu'on savoure mieux l'interdiction d'aller voir la mer ou d'aller courir dans un parc désert.
Maintenant on attend les jours heureux mais... d'où vient qu'on n'y croit pas trop ?
Ah, le délicieux samedi que c'était ! On pouvait encore aller choisir ses légumes sur le marché des Lices sans avoir à présenter son attestation et sa carte d'identité à un policier ! Ca m'est arrivé pour la première fois ce matin ! J'étais en règle mais le parc où j'allais courir a été fermé !
Tant pis pour vous qui m'avez enfermé chez moi ! Si je mange trop et que j'explose vous ne viendrez pas vous plaindre que mes viscères vous ont éclaboussé, M'sieur Longtarin !
C'est un programme pour les municipales ?
Tu peux pleurer, le saule, je ne te reverrai pas de sitôt !
Nous, ça fait des dizaines d’années qu’on est confinées, dans des boîtes, dans des albums, dans des buffets, dans des greniers ou dans des caves.
Etre confiné, ce n’est pas la mort, quand même ! Tant qu’on ne finit pas chez un antiquaire, un brocanteur, un libraire ou chez un héritier j’m’en-foutiste, tant que personne parmi ces gens-là ne décrète que nous ne valons rien et sommes justes bonnes pour la déchiqueteuse, ça va, c’est qu’on est immortelles ! Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ! Regardez comme on apprécie Doisneau, Cartier-Bresson et Vivian Maier !
Le confinement ! Est-ce qu’on bouge, nous ? Ben justement oui, on vient de se taper quatre-cents kilomètres dans le coffre d’une bagnole ! Et depuis notre arrivée à Rennes nous vivons notre « second life » comme disent nos anciens proches voisins les Rosbifs de Douvres qui font la gueule depuis qu’on a interdit la promenade des Anglais alors qu’on permet encore la balade des clébards ! Oui je sais, à seulement dix mètres de leur domicile dans le Var, à Sanary-les-Bains ! C’est vrai que ça ne pisse pas loin, ces mesures de confinement du gouvernement !
Donc le dépositaire nous a sorties des boîtes et des albums, triées grosso merdo par famille ou par tranche chronologique, il nous a mises dans des enveloppes et maintenant, comme un confiné lambda qui promène son chien au soleil pâle du début d’avril, il nous fait prendre la lumière.
Qu’est-ce que c’est bon de susciter de l’intérêt, de faire causer, de « ramintuver » : ramintuver, c’est un mot ch’ti du patois d’Erchin comme le parlait la grand-mère. Ca veut dire « rappeler, raviver les souvenirs ».
Figurez-vous qu’aujourd’hui ça va être à mon tour d’être mise en vedette, dites donc ! Mon heure de gloire est arrivée ! Justement je suis une photo du dépositaire qui, maintenant, pour une raison que j’ignore, se fait appeler Joe Krapov !
Ils sont fous dans cette famille ! Pourquoi l’oncle Joseph s’est-il toujours fait appeler René ? Pourquoi la grand-mère portait-elle un autre prénom que l’officiel ? Pourquoi donne-t-on des prénoms, des surnoms, des diminutifs aux gens ? Pourquoi écrivent-ils tous sous pseudonyme ? Et pourquoi Marcel Prout, lui, c’est son vrai nom ? Comment, ça, « j’ai oublié l’s » ?
Donc ici, avec l’enfant Joe, c’est son oncle Georges, le jeune frère de sa mère. Ils avaient treize ans d’écart, elle et lui. On le surnommait Jojo la Fleur ou Jojo la Fleur bleue ou, plus court encore, Jo. Comme Moustaki quand Edith Piaf en parlait. Sauf que ce Georges-là, Mustacchi, se prénommait réellement Joseph. Comme l’oncle René. Vous me suivez ?
Vous lui donneriez quoi, comme âge, vous, au gamin à bouille ronde ? Un an ou deux ? Marina Bourgeoizovna, la seule pièce rapportées de Bretagne dans cette famille de Ch’tis, a suggéré quinze mois mais ça ne colle pas bien. Quoique… Joe et Jo sont nés tous les deux à la fin juin. Ils ont huit ans moins un jour d’écart. Ils sont tous les deux en manches courtes avec un grand soleil qui vient taper sur leur tempe gauche, sur le sommet de leur crâne et sur les bords des grands chaudrons. Il ferait beau comme ça dans le Pas-de-Calais en septembre ? Me racontez pas de cacoules ou de carabistoules ! C’est comme si on prétendait qu’il ne pleut jamais à Rennes !
Et il se trouve où, ce marché ? Sur la place de Verdun ? Il a l’air de s’être beaucoup étalé avec ses seaux et ses bassines le Robert Lequelquechose qui vendait du chauffage, de l’électro-ménager et des télévisions à Machintruc-en-Gohelle (Montigny ? Loos ? Sains ? Givenchy ? Arleux ? Fresnoy ?).
Pourquoi il ne fait pas comme Parick Modiano, le Krapov ? Une petite enquête dans un vieil annuaire, un coup de bigophone à Robert Lequelquechose pour lui demander où il s’installait quand il venait sur le marché de L. ?
Comment ? Il est sans doute mort, maintenant, le quincailler ? Mais qu’est-ce qu’ils ont tous à disparaître comme ça ? Elle est pas belle, la vie ? Ils ne connaissent pas l’immortalité ou quoi, ces gens-là ?
Mais je me tais : voilà que c’est mon tour ! Il m’a posée délicatement sur une vitre froide – Aglagla ! – il a appuyé sur un truc qui ressemble à une souris sans oreilles et Vlang ! Shazam ! Flashcube ! Je me suis pris un grand coup de lumière dans la tronche un peu comme quand ils passent un scanner à l‘hôpital !
Et puis… Miracle ! Me voilà clonée, dédoublée, agrandie, brillante ! Je suis toujours sur la feuille de papier chamois au format 9x14 cm mais j’apparais aussi sur l’écran lumineux.
D’après ce que m’a raconté la photo du grand-père pêcheur mon heure de gloire est arrivée ! Quand il m’aura insérée dans ce qu’ils appellent un billet de blog, deux milliards d’individus confinés chez eux vont pouvoir admirer la photo des affreux Jo-Joe !
Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean le mercredi 1er avril 2020
Voilà : tu es content d’avoir récupéré cette photo de 1946 sur laquelle on voit ta mère, ta grand-mère, ta tante Lucie, sœur de celle-ci, et surtout tes deux autres tantes du côté paternel : Paulette et Marie. Tu reconnais aussi une grande copine de ta mère et de Lucie, Andrée V.
Tu trouves que c’est vraiment dommage d’hériter d’une photo en si mauvais état mais tu es quand même épaté de ce qu’on trouve entre les pliures : une belle absence de grain, une coloration entre le sépia et le noir et blanc, du joli détail sur les visages.
Tu sais qu’il y a Alfred Langlet à droite, tu apprendras bientôt que c'est Fernand Catenne à gauche. Alors tu tapes sur Google «Renaissance Sportive de Libercourt» et tu atterris sur ce site, Histo Libercourt et surtout sur cette page. En bas de celle-ci qu’est-ce que tu trouves ? La même image et d’autres de cette section «ballet» de la RSL. Mais quel dommage que ces photos soient de si petite taille !
Avec un peu de technique on peut arriver à les agrandir. Et puis tu peux joindre, pour faire un joli billet de blog à destination de nonagénaires nostalgiques, les autres photos que tu possèdes de ces jolies jeunes filles de 13 ou 14 ans.
Et c’est là que ton unique neurone se remet à fonctionner – on ne remerciera jamais assez le confinement qui lui accorde tout ce repos inattendu – et tu te dis que c’est peut-être par l’intermédiaire des deux jeunes sœurs de ton père que ta mère a connu ton père et que ton père a connu ta mère.
En tout cas tu comprends pourquoi, tous les premiers de l’an, elle ne ratait jamais l'occasion de regarder à la télé le concert de la nouvelle année pour voir exécuter « Le Beau Danube bleu » dans les beaux décors de Vienne !
Et tu comprends aussi que tu es un rastaquouère dans cette famille : tu as lu des tonnes de bouquins, tu écoutes de la musique classique, tu as voyagé, tu écris, tu as épousé la Denise, une fille de la ville, enfin, d’une autre ville mais… Mais… MAIS…
Or donc voici officialisée l'interdiction préfectorale d'aller courir ou pédaler sur les chemins de halage d'Ille-et-Vilaine. Cela englobe même, au vu des barrières posées en travers du chemin, la passerelle de Moulin-du-Comte et le bord de Vilaine goudronné à l'arrière du stade !
Heureusement l'arpenteur rennais est un homme de ressources et de mémoire. Je me suis donc souvenu de ce petit square, pas loin de là, où j'avais mis les pieds juste une fois il y a longtemps. Coup de bol, il n'est pas encore interdit au public ! La petite allée qui fait le tour des jeux d'enfants et de la pateaugeoire mesure 220 pas soit un peu plus de 150 mètres. Six fois le tour et on a fait un kilomètre.
Voilà ! Du coup j'ai un endroit pour tourner comme un lion dans sa cage !
- Vous aussi, vous faites du jogging ? - Non moi je sors mon chien. Depuis le début du confinement il manque de ressort.
C'est criminel ce beau temps et ces fleurs alors qu'on est interdits de séjour dehors !
Heulà ! T'as encore forcé sur l'option "couleur pop", Joe Krapov !
Avec mon p'tit panier j'avais l'air d'un quoi, déjà ?
- A part ça, c'était comment, ta conférence "Rions un peu avec Rimbaud", J.K. ? - Très réussi et très apprécié, paraît-il. Vu de mon côté c'était quand même assez "acrobatique" !
On a la même rue à Rennes pas loin de chez nous. Il va falloir que je me documente à propos de ce monsieur.
- Marina Bourgeoizovna arpente les chemins maritimes. - Sur le sentier des douaniers ? Elle fait du longe-côte, en quelque sorte ?
Voilà ! Un peu de calme, de solitude (?) et de vacances ! Après les agapes d'un Noël encore une fois un peu agité nous avons pris le mercredi matin le bus n° 12 en direction du Musée d'art de Nantes. Je voulais y voir l'exposition "Charlie Chaplin dans l'oeil des avant-gardes" et aussi visiter le Musée d'arts de Nantes qui avait été fermé au public pendant un certain nombre d'années - 6 en fait ! - et a rouvert ses portes, complètement rénové, en 2017.
Un régal de retrouvailles, dans l'expo comme dans les collections permanentes, avec "mes amis les surréalistes" et d'autres noms très célèbres de la peinture.
"Sans titre (éléphant, panthères et roues dentées)" par Robert Michel (1920)
"Schützenfest (foire de tir)" par Robert Michel (1920-1921)
"Poisson préhistorique" par Robert Michel (non daté car j'ai oublié de photographier la légende ou pas pu : dans le cadre de l'exposition une majorité de visiteurs se plante le dos tourné aux pièces exposées pour regarder les films de Charlie Chaplin projetés sur quatre écrans au centre du patio. Je ne me plains pas, Docteur, c'est très bien aussi de redécouvrir le patrimoine cinématographique de l'humanité ! Si le musée sert à ça aussi, tant mieux !).
Une semaine de perdition : je ne vous ai pas parlé du concert de vendredi soir d'Am'nez zique et les Biches !
Une soirée karaoké juke-boxe très réussie en dépît d'aléas de départ terrifiants : le guitariste chanteur, enrhumé au possible et toussant parfois tout ce qu'il pouvait, a dû remplacer au pied levé la chanteuse grippée et donc absente. Son acolyte amnésique a installé de façon tout aussi improvisée un tapis pour faire écran de projection, un ordi et un vidéo projecteur sans multiprises et sans rallonges !
Pour les photos qui précèdent, je suis passé par la correction automatique de Photoshop. Je me demande si c'est une bonne idée. Les trois qui suivent sont ce que le Nikon a vu du Thabor. Peut-être a-t-il raison de voir autant de noir ? Qu'est-ce qui me reste, au finale, pour jouer à l'artiste ? Le cadrage ? Le choix des sujets ? Le blabla autour des images ? Le silence dessous ? Quelle importance a tout cela ? L'essentiel n'est-il pas dans le bonheur de la captation, dans le bruit des pas que l'on pose en ce lieu si habituel mais si différent, dans la trouille de s'y trouver enfermé si on n'en sort pas avant 18 heures 30 ?
Il faudrait que je prenne un moment pour revoir ce film et tous ceux de la belle Audrey. Je n'ai pas loin à aller, les dévédés sont derrière moi !
- Vous le vendez combien le livre qui est-tout en-dessous ?
Jolie collection ! De quoi tenir un siège !
Depuis plusieurs années il n'y a plus de stands sur la rive gauche du canal d'Ille-et-Rance. La braderie s'est installée le long du cimetière du Nord dont on aperçoit ici le tempietto couvert de sa coupole.
Ils ont encore accompli un marathon de près de cinq heures non stop ! Sur la braderie de Villejean, ce dimanche, on pouvait entendre les deux gugusses du groupe Am'nez zique et les Biches débiter tout leur répertoire de chansons françaises à deux balles. Ils étaient là pour annoncer leur concert à un euro du samedi 14 septembre prochain. Tiens, eh bien justement, je prends le relais et je vous publie l'affiche de l'événement. Si vous êtes sur Rennes, ne manquez pas ça. Comme dit l'autre, c'en est et c'est de la bonne !
Sur la braderie de Villejean, ce dimanche, on pouvait voir aussi Marina Bourgeoizovna qui vendait les disques vinyles que son mari a eu le temps de transformer en MP3. Dans le lot il y avait cet album de 1979, "Easy" de Sally Oldfield, la soeur de Mike "Tubular bells" Oldfield, dont la pochette fait singulièrement penser à une toile de René Magritte. Trois toiles de René Magritte !
Tiens, vous avez gagné le droit d'entendre cette jolie voix :
Sur la braderie de Villejean ce dimanche, il y avait ce type dont j'ai oublié le nom... Alois Fly ? C'est l'amnésique le plus célèbre de la bande dessinée belgo-belge. XIII ! Je viens de me farcir 24 tomes de cette série et je reviens d'être allé emprunter le 25e à la bibliothèque de Cleunay. Je crois que je vais m'arrêter là : tout ce qu'endure ce bouc émissaire imberbe est finalement assez proche du masochisme christique et son rétablissement final laisse le lecteur presque aussi perdu qu'au début. Qui c'est, ce mec, au bout du conte ? On a l'impression que l'auteur l'utilise comme un prétexte pour faire dessiner à William Vance des grosses voitures, des avions, des hélicos, des armes à feu, des jolies filles et des mecs qui se castagnent à longueur d'albums !
Ca doit être ce que j'appellerai "le complexe de Sttellla" : "On n'a rien de moins que les Américains. On aurait même plus en comptant qu'on est moins".
Conseil d'ami : si vous vous laissez embarquer par les premiers épisodes, arrêtez-vous après le tome 5 !
C'est comme pour la deuxième saison de Michel Vaillant : le tome VII, Macao, dénoue avec une désinvolture sidérante toutes les tensions accumulées dans les albums précédents. La suite n'aura, à mon sens, plus beaucoup d'intérêt.
Mais, finalement, les héros masculins de BD réaliste sont-ils si intéressants que cela ?
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.