Canalblog Tous les blogs Top blogs Photographie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Mots et images de Joe Krapov
Publicité
19 décembre 2018

ELVIRE JOUVET 40 OSCAR DETOUR 15

Hélène Builly - 23 Incertain Monsieur Tokbar

Le rideau se lève sur un coin de verdure où coule une rivière mais en fait c’est plutôt un fleuve puisqu’il s’agit du Rhône. On est en plein Lyon, pas loin de l’entrée du parc de la Tête d’or. Oscar a planté sa tente Quetchua dans un petit bosquet entre le Rhône et les deux pistes parallèles réservées, l’une aux cyclistes, l’autre aux piétons, les trottinettes, électriques ou pas, ayant le droit d’hésitation-transgression pour l’instant. Il est venu là sur une motocyclette antique dotée d’un habitacle latéral (side-car) dans lequel il a mis ses maigres bagages. Il a sorti sa valise mais ne l’a pas ouverte. Il a sorti d’un coffret rouge son vieux violon et le racle. La nuit est tombée car on est en décembre et on aperçoit, dans un ciel forcément sans nuages, des étoiles et un beau croissant de lune. Il arrête de jouer, se tourne vers le public et entame son monologue en regardant le sol devant lui.

- Et alors, mes sauterelles ? Vous êtes contentes de retrouver votre ami Oscar le musicien? Je n’avais pas prévu de venir vous voir mes belles mais tous les hôtels étaient pleins ! Il parait que c’est la Fête des lumières ces jours-ci à Lyon ! Et moi je voulais voir cet événement-là au moins une fois dans ma vie. C’est que voyez-vous, il y a trop de tranquillité dans les établissements hospitaliers pour personnes âgées dépendantes. Pour tout dire et pour parler franc sans pour autant donner dans la lamentation, on s’y emmerde ferme. Très vite on n’a plus qu’une seule idée, faire le mur !

Et pour jouer la grande évasion, rien de mieux que ma vieille motocyclette ! Steve McQueen n’a qu’a bien se tenir !

Elvire ne sait pas que j’ai conservé une clé de ma maison. Elvire, c’est ma fille. Elvire Jouvet, née Detour. Epouse de Kevin Jouvet. Rien à voir avec Louis, le théâtreux qui trouvait bizarre que l’on dise bizarre !

Et justement, c’est très bizarre, les EHPADs ! Ils sont comme nos gouvernants, ils nous prennent un peu pour des cons là-dedans. Oui, c’est vrai, on est dépendants. On nous a mis là parce qu’on n’est plus en état d’aller faire les courses, de s’occuper de notre cuisine. Mais quel intérêt de cuisiner quand il suffit d’appeler Hubert Yeats ? Mais si vous connaissez, Hubert Yeats, le poète de la tambouille ! Le Yehudi Menuhin de la livraison de plats chauds à vélo. Mais il paraît que c’est payant tout ça et que ma petite retraite ne suffisait plus à couvrir mes caprices de consommateur. Moi vous savez, j’ai toujours été comme le Belge qui met sa carte bleue dans le distributeur et qui tire de l’argent liquide. Chaque fois que je gagne, je rejoue !

Mais je m’éloigne de mon sujet. On est dépendants mais on n’est pas cons. On sait encore lire et observer. J’ai bien vu comment faire pour se barrer tranquillement de leur hospice à la noix. D’autant que c’est comme le port-salut : c’est écrit dessus : « Tapez les quatre chiffres de l’année en cours suivis de la lettre A ». Une fois qu’on a fait ça la porte du sas s’ouvre. Yapuka entrer dedans et attendre qu’elle se referme. Et là on a la suite du mode d’emploi : «Tapez ABCD suivi de *étoile ».

Là c’est la porte extérieure qui s’ouvre sur le cosmos, sur la liberté retrouvée et hop, en route pour un road-movie dont on espère qu’il ne virera pas au mauvais trip. De toute façon ce ne sera jamais pire que la soupe à la courgette ou les cours de tricot !

Il reprend son violon.

Tiens je vais vous jouer un concerto de Vivaldi, les filles !

Il joue en fait quelques mesure d’une tarentelle puis il range son violon et son archet dans le coffret rouge.

Dépendant ! Dépendant ! Moi, vous avez vu, je ne suis même pas dépendant d’une partition ! Je le connais par cœur ce morceau. Et s’ils croient que j’ai du yoghourt dans les neurones, ils se gourent. Je l’ai retrouvé tout seul le chemin de la maison. Coup de chance, Elvire n’a pas encore réussi à la vendre. J’ai mis tout ce qu’il fallait pour un long voyage dans la valise, j’ai pris la tente au cas où et j’ai retrouvé Pétrolette dans le garage. La pauvre se morfondait dans l’étrangeté grise de cet abri désert. J’ai tout refermé derrière moi et on est allés faire le plein avant de filer sur la route. En route pour une promenade onirique ! Mais si vous saviez ce que c’est devenu cher l’essence ! Et en plus, tout le long du trajet, des travaux partout ! Je ne sais pas si c’est à cause du passage à 80 km/ h qu’ils modifient les carrefours mais sur tous les ronds-points y avait des travailleurs de chantier en gilet jaune !

(Rideau) ou (à suivre ?)


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 11 décembre 2018
d'après la consigne ci-dessous.

Publicité
17 décembre 2018

MOI AUSSI ON M'AZNAVOURA AUX GÉMONIES

De la cave qui se rebiffe
Au grenier qui se déballonne
Tout va mal dans cette maison !

181207 Nikon 073

Sans conversa-certa-tion, 
Sans concilia-vesti-bule,
Plus moyen de tenir salon !

Où est donc le bonheur-du-jour
Où nous rangions tout notre amour
Et nos recettes de cuisine ?

Il n’y a plus grand monde au balcon,
La chambre n’est plus horizon,
Autour de nous le monde gronde,

L’huissier chinois frappe à la porte !
Tu t’laisses aller, tu t’laisses aller !
Marianne, j’te l’dis, tu t’laisses aller !



Ecrit pour les Impromptus littéraires du 10 décembre 2018 d'après cette consigne

2 février 2018

PALAIS-PROMONTOIRE (3)

170731 Nikon 019
Au pied du grand hôtel à l’entrée en rotonde
C’est foire à Scarborough, c’est le Royal plazza,
C’est Brooklyn, l’Italie, c’est le Scenic railway,
L’Amérique et l’Asie jointes sur la terrasse.

Les fenêtres s’allument. Tout devient colossal.
La riche et noble clientèle au soir tombant
Est emportée par la brise des Fêtes-Dieu.

170731 265 010

2 février 2018

PALAIS-PROMONTOIRE (4)

170731 Nikon 027

Du brick nous l’entendons, la fête de Gatsby.
C’est tout un art d’âge du jazz, de ritournelles
Et dans le petit jour la façade vernie
Du palais-promontoire où il cherche Daisy
Sera illuminée d’étranges tarentelles

Mais la diva toujours sera inaccessible
Et notre brick s’en ira vers d’autres ailleurs.

Sur le sommet des arts alors tout s’éteindra
Puis verdira pour n’être plus qu’un point d’hier.

170731 265 001


Ce poème a été composé d’après «Promontoire» in « Les Illuminations » d’Arthur Rimbaud.

On peut voir le manuscrit autographe ci-dessous et ici.

On peut lire une étude très intéressante là.
On découvre dans celle-ci que le Grand hôtel de "Scarbro" a été bâti sur le thème du temps. Je trouve très drôle qu'il en soit de même du phare de Gatteville. Madame Wikipe nous dit : "
Le phare comporte autant de marches que de jours dans l'année, autant de fenêtres que de semaines et autant de niveaux (représentés par le nombre de fenêtres en façade que de mois".

Rimbaud autographe promontoire vu du mont

1 février 2018

SALUT LA COMPAGNIE CRÉOLE !

170708 Nikon 131Famille décomposée, famille recomposée… va, je ne te hais point !

- Célimène ! C’est l’hymen ! » hurlait la foule en liesse.

Au mariage de ma femme, j’ai un peu forcé sur le ti-punch ! Comme on dit aux Antilles « A fos makak karésé ich li, i tjwé li ! ». A trop vouloir bien faire, à trop vouloir caresser la famille dans le sens du poil, le singe qui est en nous en arrive à faire des conneries irrémédiables ! Vaste kouyonad !

De fait, ça m’a fait chaud au cœur de revoir Simone, la jolie cousine de ma femme.

- Invite-la à zouker ! m’a dit celle-ci. Elle sort d’un tourment d’amour. Danser, c’est bon pour le moral !

- Allez, en voiture, Simone ! ai-je dit à la cousine en engouffrant mon sixième planteur. Ne restons pas plantés là, viens pleurer contre mon épaule, on va danser collé-collé !

- Kolé séré, on dit, Arthur ! T’as raison ! Amba latè pa ni pléji. Sous terre il n’y a pas de plaisir ! Je ne vais pas me laisser abattre par la maladie d’amour !

Je me suis mis en position, j’ai posé mes mains sur son pétard et j’ai tout de suite senti que sous cette robe de satin il y avait le 14 juillet garanti, du feu d’artifice pour toute la nuit, la machine à danser au top dans le Ghetto  du Gotha !

- Il y a le diable dans la maison ! m’a glissé Simone à l’oreille.

- Ca veut dire quoi, ce proverbe-là ?

- Ce n’est pas un proverbe. Ca veut dire que je sens ton revolver !

- Ce n’est pas un revolver, c’est une banane !

- Ca s’épluche pareil !

170708 Nikon 127

Oui, ça m’a fait chaud au cœur de revoir Simone d’aussi près mais on était au mariage de ma femme et je n’allais pas entrer à nouveau dans la famille quand même, qui plus est à la mode de Bretagne ! Sauf qu’en Bretagne ce n’est pas une banane, c’est une andouille de Guémené. Heureusement la musique s’est arrêtée.

- Depuis le temps qu’il tape sur des bambous le musicien n'est pas loin d'en attraper un coup ! Donne-lui tout de même à boire, dit mon beau-père en me tapant sur l’épaule. Alors je suis allé au bar avec les musiciens.

Leur chanteuse s’appelait Amélia.

- Viens donc prendre le frais dehors, beau blond ! m’a-t-elle susurré en me prenant par le bras.

Je ne suis pas ce qu’on peut appeler le tombeur de ces dames mais à ce moment-là, avec le rhum que j’avais rajouté au bar avec les musicos, j’étais prêt à « fè an pat chat mawon » ! (faire un pas de chat sauvage).

- Je connais de bons baisers de Fort-de-France, m’a-t-elle dit en me caressant l’arrière de la nuque dans un coin d’ombre. Viens donc un peu sous les palétuviers !

Heureusement pour moi, avant que je n’aie vu les laitues et l’évier, ma belle-mère est venue battre le rappel des musiciens. La fiesta a repris de plus belle.

J’aurais pu garder de très bons souvenirs du mariage de ma femme mais j’ai encore bu du rhum avec Brigitte qui m’a proposé une soca-party sur la plage. J’aurais pu accepter le marché de Marie-Galante (Shala shala, Arthur ?) mais j’ai prié pour rester intègre, pour que toute la désirade qui montait dans cette ambiance débridée s’éteigne dans le trémoussement des corps sur la musique. Bien sûr c’était dur parce qu’il ne faut pas laisser l’amour s’enfuir mais j’étais quand même au mariage de ma femme ! Yaka danser, comme on dit, pour évacuer l’énergie, fût-elle sexuelle, de ces jolies filles de couleur café.

Quelques ti-punchs encore et voilà que m’alpague la tante Rosalie. Bon ça va avec elle j’étais à l’abri ! Merci, Seigneur, de ne pas m’induire perpétuellement en tentation !

- Arthur, m’a-t-elle demandé, toi qui as été commissaire-priseur à Pointe-à-Pitre, est-ce que tu veux bien venir voir là-haut ? Il y a là une toile de petit maître que j’aime à la folie, j’aimerais avoir ton avis sur son origine.

Enfin un peu de sérieux dans ce monde en chaleur animale ! J’ai suivi la tante Rosalie au grenier. Elle m’a montré le tableau. Aïe ! Quelle vieillerie ! J’ai soufflé sur la poussière, déniché la signature. Instant de stupeur. Incrédulité. Oh la bonne aventure, ô gué ! Petit maître, petit maître ? Attends Rosalie, c’est le bal masqué ici ! Henri Rousseau ! Henri Rousseau !

J’ai voulu révéler la chose à la tante mais c’était trop tard ! Elle m’avait déjà poussé sur un vieux matelas et s’activait sur ma canne à sucre. Au secours, Alice ! Ca glisse au pays des merveilles ! Sans que j’aie rien vu venir je me suis retrouvé sans chemise, sans pantalon, chevauché sauvagement comme un petit maître-étalon, fruit de la passion ravageuse et ravagée de la tantine Rosalie ! Je peux vous dire que dans ce genre de situation, si ça fait rire les oiseaux de passage, ça ne détend pas le perchoir où elle est juchée pour autant !

Là-dessus ma femme est arrivée avec toute la noce derrière elle ! Bonjour le scandale dans la famille !


170708 Nikon 148

Après fèt se graté tèt : après la fête on se gratte la tête. Le lendemain je me suis souvenu que ce n’était pas le remariage de ma femme mais son premier mariage et que j’étais moi-même le marié, l’heureux élu. Et l’élu ramassait une veste, sa veste.

- Tout est rompu, mon gendre !

On m’a demandé de divorcer, de prendre mes cliques et mes claques et de retourner en métropole, ce que j’ai fait sans barguigner.

J’ai bien sûr emporté dans ma valise le cadeau du ciel. Mais non, pas la tante Rosalie, la toile de petit-maître ! Je l’ai revendue et j’en ai tiré quelques millions de francs. Pendant quelques temps ma vie a ressemblé à celle des rois de Byzance à Belle-île-en-Mer.

Vive Souchon et Voulzy ! Vive le douanier Rousseau !

(Extrait des « Souvenirs d’un explorateur heureux » d’Arthur Rimbaine
à paraître aux éditions Paul Verlaud en mars 2018).

 

Pondu à l'atelier d'écriture de Villejean le mardi 30 janvier 2018
d'après la consigne ci-dessous.
 

Publicité
19 janvier 2018

L’EXPÉDITION DU KING TOU KON

8 mai

Nous en sommes déjà à quarante jours de navigation à bord du King Tou Kon.

- On a enfoncé Thomas Coville ! me dit ma coéquipière. C’est quand même une sacrée bonne idée que d’avoir changé les règles du tour du monde à la voile en solitaire pour ramener la durée du voyage aux quatre-vingts jours de Jules Verne !

Là-dessus ma coéquipière a déposé une grosse bouse. J’ai nettoyé le pont avec un paquet de mer aux enzymes gloutons.

- Retiens-toi un peu, Schilda ! Je n’ai pas que ça à faire !


9 mai

Ce tour du monde à la voile avec handicap, c’est vraiment une idée pourrie. Cohabiter avec une vache sur un trimaran, ça n’est finalement pas très marrant. Mais je ne me plains pas de ça. Les organisateurs auraient pu m’imposer un éléphant. Ce qui m’ennuie le plus c’est que Schilda parle.
Et qu’elle chante aussi.

- Hisse le grand phoque, tout est payé ! On demande Elvire au cabestan ! Qui les trois caps a passé dans l’eau a le droit d’bouser !


10 mai

- C’est le mois des catastrophes, le mois de mai ! Le Front populaire en 36, mai 68, le 10 mai 1981. Ce n’était peut-être pas une bonne idée non plus, dans le nouveau règlement, de confier le gouvernail à un novice en navigation !

Schilda, une vache de droite ! Et qui sait trouver les mots de consolation pour vous remonter le moral une fois que vous avez fait naufrage et que vous barbotez en plein océan parmi des vagues de trois mètres de haut et des requins d’autant tandis que vous emporte le vent vers un improbable destin.


11 mai

Dans une vie antérieure – j’en suis rendu à ma troisième – je faisais partie d’un club de ukulélistes. On se réunissait dans un café associatif et on jouait ensemble des morceaux américains. On faisait un bœuf, quoi. A croire que j’étais prédestiné à ma cohabitation avec Schilda !

Maintenant qu’on est échoués sur cette île je me souviens des paroles d’une des chansons, je crois qu’elle a été chantée par Louis Armstrong : «On a coconut island I'd like to be a castaway with you».

Voilà, c’est tout à fait ça : naufragé sur une île déserte avec ma vache !


12 mai

Moi aussi je pourrais chanter, sur l’air de «Rockcollection» de Laurent Voulzy : «Et Schilda ruminait» !

- Je ne comprends pas pourquoi vous appelez ça un abri de fortune ! Vous plantez une tente dans la jungle, un carton dans la rue, trois bouts de bois sur une plage et des branchages dessus et vous appelez ça un abri de fortune. Vous êtes vraiment a-tipi-ques, vous les hommes ! La fortune pour moi c’est autre chose. La corne d’abondance, la Voie lactée, la Riviera, un diamant gros comme le Ritz, le casino de Saint-Nectaire ou le gazon de Wimbledon !


19 mai

L’épave du King Tou Kon s’est échouée sur l’île. J’ai récupéré des provisions, de l’eau minérale et le bouquin que j’avais emmené au cas où. C’est «Robinson Crusoé» de Daniel Defoe.

IL 2018 01 15 Kastner-Erich-Les-Gens-De-Schilda- Qu’est-ce que ça dit ? demande Schilda agacée de ne pas savoir lire autrement que sur un écran – ben oui, un livre, faut le tenir et les vaches n’ont pas quatre mains ! -.

- Ca dit qu’il faut attendre Vendredi.

- Et on est ?

- Lundi !

- Merde ! Tu vas encore bouffer ces saloperies de raviolis ! Je déteste leur odeur !

Comble de malheur pour ma pomme, voilà que Schilda a chopé le vocabulaire de Stouf !

20 mai

Naufragés ou pas, il paraît qu’on va tous être obligés d’y passer : il y aura bientôt des sauterelles dans nos assiettes. Pinocchio a commencé à donner l’exemple. Il a enfin compris que pour avoir vraiment bonne conscience il faut se couler dans le moule et il a avalé ce Jimini Cricket. Avec la batte et la balle.

Moi je n’ai pas eu la patience d’attendre Vendredi. J’ai fait pareil. Autant Schilda était abondante et parfois bonne en commentaires, autant je la trouve succulente en steaks.

Je n’allais quand même pas crever la Heyerdahl et la laisser me brouter pendant cent sept ans, non plus !


Ecrit pour les Impromptus littéraires du 15 janvier 2018

à partir de cette consigne

27 mai 2015

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 30, Pantoum

150525 077-001

Ô saint homme, délivrez-nous
De ce dragon impitoyable !
Faut-il toujours vivre à genoux
Dans ce monde à peine croyable ?

De ce dragon impitoyable
Le roi lui-même a peur la nuit.
Dans ce monde à peine croyable
Le pouvoir n’apporte qu’ennuis

Le roi lui-même a peur la nuit.
Ses chevaliers sont morts de trouille.
Le pouvoir n’apporte qu’ennuis
Mais c’est le bas-peuple qui douille.

Ses chevaliers sont morts de trouille
Vit-on jamais preux si peureux ?
Mais c’est le bas-peuple qui douille
Plaignez le sort des malheureux !

Vit-on jamais preux si peureux
Devant un monstre si vorace
Plaignez le sort des malheureux !
Et pitié pour la populace !

Devant un monstre si vorace
La princesse est la proie du jour
Et, pitié pour la populace,
Voilà qu’on la livre au vautour !

La princesse est la proie du jour
D’impuissance la foule enrage
Voilà qu’on la livre au vautour
Armez-vous, Georges, de courage !

D’impuissance la foule enrage.
Les Dieux sont-ils devenus fous ?
Armez-vous, Georges, de courage !
Ô saint homme, délivrez-nous !

29 novembre 2018

Yannick Jaulin lit Jean-Henri Fabre à Redon le 5 juillet 2018

180705 265 040

180705 265 042

180705 265 044

180705 265 045

180705 265 046B

En complément de cette très belle exposition, nous avons eu droit à des retrouvailles avec le bien aimable Yannick Jaulin que nous suivons affectueusement depuis ses chroniques de Pougne-Hérisson, Persillette ma mignonnette et la flamme bleue sous les pieds du danseur.

Il a lu ici, très logiquement, des passages d'oeuvres de Jean-Henri Fabre, le plus célèbre des entomologistes.

De la lecture instructive et amusante ? C'est ici !

Au total, une de ces journées parfaites comme on les affectionne !

29 novembre 2018

"Anima ex musica" de Mathieu Desailly à Redon le 5 juillet 2018 (1)

Au retour d'une visite familiale à Nantes, nous nous sommes arrêtés à Redon et sommes allés visiter, à la chapelle des Calvairiennes, l'exposition "Anima (ex) musica" du graphiste Mathieu Desailly et de son équipe. Il est bien connu à Rennes pour sa ligne d'affiches très réussies pour l'Orchestre symphonique de Bretagne. Cette exposition est dans la même veine mais en trois dimensions. Il s'agit de sculptures représentant des insectes. Elles sont réalisées avec des morceaux d'instruments de musiques récupérés ici et là. Le résultat est magnifique et, présenté dans cet édifice religieux, assez surréaliste ! Bravo les artistes !

180705 265 050

180705 265 052

180705 265 053

180705 Marque-pages expo Desailly 1

180705 Marque-pages expo Desailly 2

13 février 2021

LE FOU DE BERGERAC

Tintin Macron

Heureusement, à l’endroit où Emmanuel est tombé du train, le ballast est du genre sablonneux. Il s’est quand même chopé des égratignures et de vilaines écorchures mais apparemment, quand il se relève et se tâte les côtes, nulle douleur ne le lance. Il voit juste un peu de sang sur ses mains et sur son pyjama.

Maintenant, pour juger de son état, il n’est pas le mieux placé. Pour lutter contre ses insomnies et ses angoisses il avait pris la veille un médoc appelé Elpénor. Géant ! Il s’était endormi d’un coup mais deux heures après il s’est réveillé dans le wagon surchauffé avec une sensation d’étouffement et des vertiges inimaginables. Il n’a trouvé ni la lumière ni la porte alors il s’est dirigé vers ce carré plus lumineux. A tâtons il a trouvé deux poignées qu’il a abaissées. L’air frais de la nuit s’est engouffré. Il s’est penché au dehors car il n’était pas en état de se souvenir des recommandations de son docteur, Bernard Hinaus-Le Nen.

- Méfiez-vous des nuit d’orages et de la foudre de Jupiter !

Boum ! Boum ! Badaboum ! Bonjour M. Ballast dur ! Eh, le train je vous demande de vous arrêter !

Emmanuel, une fois relevé, a retrouvé un peu de ses esprits.

Le voilà en pyjama, le long d’une voie ferrée française, dans les bois, quelque part dans le Sud-Ouest, sans téléphone portable pour joindre son chef de cabinet resté à bord de Rail-Force One.

Pour le discours d’inauguration de la place des Chrysanthèmes à Biarritz et l’hommage à Jean Borotra, c’est bien évidemment râpé. Il ne reste plus qu’à se mettre en route vers un monde plus civilisé que cette forêt inquiétante traversée par des rails.

Casting Tintin 02Un kilomètre à pied, ça use les souliers et encore plus la plante des pieds nus. Deux kilomètres à pied… Un point de lumière apparaît. Il presse le pas, appelle.

- Monsieur ! Monsieur ! Mon cher compatriote !

En arrivant près du chantier il a un mouvement de recul. Le travailleur de nuit porte un gilet jaune !

- Qu’est-ce qui vous arrive ? demande l’homme, un barbu à casquette à l’air méfiant. Qu’est-ce que vous foutez-là en pyjama ? Et puis d’abord qui êtes-vous ?

- Je suis Emmanuel Macron, le président de la République. Je suis tombé du train deux kilomètres plus haut !

- C’est celaaaaa, oui ! Je veux bien vous croire vu que moi-même je suis le pape ! Mais peu importe il faut soigner vos blessures. La maison de la garde-barrière est juste après le virage. Suivez-moi, on va s’occuper de votre cas !

- Vous n’avez pas un téléphone portable ? Il faut que je prévienne mon chef de cabinet.

- Un téléphone portable ? Vous êtes vraiment tombé sur la tête, mon pauvre garçon !

***

Casting Tintin 17La garde barrière ressemble à cette cantatrice dont Emmanuel, dans son état pitoyable, n’arrive pas à se rappeler le nom. Le rossignol dylanesque ou quelque chose comme ça, enfin ça c’est son surnom.

Elle a désinfecté à la hussarde les écorchures et Manu a hurlé :

- Ça pique !

- Vous pouvez gueuler tout ce que vous pouvez ! Faut que ça se fasse ! Moi je suis vaccinée ! J’étais infirmière pendant la guerre. J’en ai entendu des malades qui hurlaient et ils avaient autre chose que vos petits bobos. Voilà c’est terminé. Vous allez finir la nuit dans mon lit. J’ai changé les draps mais ne rêvez pas que je vous y rejoigne ! Bas les pattes ! Je dormirai dans la pièce à côté. C’est un grand honneur pour moi d’héberger le président de la République mais je ne voudrais pas abuser de la situation !

Le cheminot à gilet jaune et la garde-gestes-barrières se marrent comme des brochets maousses vu qu’on ne trouve pas vraiment de baleines dans la Dordogne.

***

Une fois que l’homme a été remis au lit Clémentine a fermé la porte de la chambre à clé. Elle a servi un coup de rouge à Méluchon. Celui-ci lui a dit :

- Garde ton fusil à proximité. Il a l’air inoffensif mais c’est peut-être lui l’assassin. Je vais prévenir les gendarmes. D’ici une heure ils viendront le capturer pour l’emmener à Bergerac.

***

Casting Tintin 13- Mais puisque je vous dis que je suis le président de la République ! Emmanuel Macron ! Vous me reconnaissez, quand même ? Mon portrait est dans toutes les mairies !

- Mais oui, mais oui ! Vous aussi vous êtes sorti de la cuisse de Jupiter ! Macron ? Inconnu au bataillon ! Si vous êtes le président de la République, moi je suis Napoléon !

Le commissaire Siraneau jubile. Mettre la main sur un coupable ce n’est rien, il est habitué. Mais surtout faire la nique à ce commissaire Maigret qui est venu de Paris, qui enquête depuis son lit où il est allongé après blessure dans l’hôtel d’Angleterre, et qui sème la pagaille dans toute la ville en soudoyant les administrés pour qu’ils viennent témoigner contre les notables, ça restera un des grands plaisirs de sa vie !

Nul doute que la confrontation entre Maigret et Macron - les « tombés du train » comme il les surnomme en son for intérieur - mettra un terme à l’affaire du « fou de Bergerac ».

***

- Commissaire Maigret, cet homme ressemble-t-il à celui que vous avez suivi il y a une semaine en vous jetant en marche du train de Bordeaux ? Dans la couchette au-dessus de la vôtre il soupirait, toussait et vous empêchait de dormir puis il s’est levé, est allé au bout du couloir et, à un endroit où le train ralentissait, il a sauté. Vous avez sauté vous aussi à sa suite et l’homme mystérieux, se voyant filé, vous a tiré dessus. Eh bien figurez-vous qu’il vient de récidiver exactement au même endroit. Un signe, non ?

- Je suis le président de la République, merde ! Enlevez-moi ces menottes !

- Je ne peux pas l’affirmer vraiment, commissaire Siraneau. Il faudrait qu’il cesse de fulminer et qu’il tousse un peu à la place.

- Je suis le président de la République ! Vous allez le payer cher, votre cirque ! Je vais vous faire traverser la rue vite fait, bande de mariolles ! Dans l'autre sens ! Bande de Gaulois réfractaires !

- Docteur Rivaud, faites tousser l’inculpé !

Pendant que les gendarmes maintiennent vigoureusement Emmanuel le docteur lui enfonce un bâton d’esquimau bien profond dans la cavité buccale. Macron tousse.

- Je pense que c’est bien lui, affirme Maigret. Fais les valises, Liliane ! On va rentrer à Paris, l’affaire est close.

- Je suis le président de la République !

Emmanuel s’effondre en larmes, complètement épuisé.

Siraneau conclut l’affaire avec ce qu’il croit être une marque de panache :

- Monsieur, nous sommes en 1920. Le président de la République s’appelle Paul Deschanel. Jamais il ne serait assez stupide pour tomber d’un train de nuit en pyjama ! Vous imaginez le ridicule de la situation ? Et le bonheur, en apprenant cela, des plumitifs de tout poil ?
 



N.B. Les illustrations "Tintinesques" sont l'oeuvre de Ludo D. Rodriguez.
Merci à L'Adrienne de me les avoir fait découvrir.

Les paroles, la musique et l'interprétation de
"Le pyjama présidentiel" sont signées de Lucien Boyer.

Ecrit pour le Défi du samedi n° 650 d'après cette consigne : ballast.

16 janvier 2021

C'EST SÛR QUE J'EN PRENDS FORT A MON GENÈSE !

 

Dieu était assez content de lui. Ça se passait très bien, finalement, sa genèse. Il avait fait le monde en six jours, s’était reposé le septième et maintenant, depuis son laboratoire, il regardait s’ébattre ses petites créatures dans cet Eden parfait.

 

Il avait dit aux grenouilles : « Vous coasserez et vous multiplierez » et les grenouilles coassaient et multipliaient les bonds de feuille de nénuphar en barreau d’échelle d’aquarium (le fameux barreau-mètre).

 

Il avait dit aux corbeaux : « Vous croasserez et vous multiplierez » et les corbeaux croyaient les renards flatteurs, lesquels lorgnaient sur le fromage qu’il tenaient en leur bec. Après, ne se sentant plus de joie d’être appelés phénix comme en Arizona, ils lâchaient le calendos que l’autre boulottait. (Faut pas leur en demander trop à ces volatiles car les oiseaux sont un peu des cons d’après ce qu’en dit le facteur Chaval).

 

Il avait dit à Manureva et à Manuradam de ne pas toucher à l’arbre de la connaissance du bien et du mal et de fait l’idée ne leur venait même pas de s’en approcher. Le serpent qui veillait sur la pomme s’emmerdait à cent sous de l’heure – c’était là le montant de son SMIC horaire -.

 

Tout allait bien. De temps en temps il dépannait ses locataires humains, les plus dégourdis de la troupe, en leur fournissant des outils de son atelier.

 

Manureva s’était mis en tête de se tisser des vêtements alors que le thermostat était réglé tout au long de l’année sur « vacances estivales ». Ne sachant pas trop ce qui pouvait passer par la tête des femmes et ne voyant pas malice à ce qu’elle désirât avoir un « dressing » et à organiser un défilé de mode il lui avait fait cadeau d’aiguilles et de fils divers tirés de sa panoplie de chirurgien.

 

Manuradam était un bricoleur de première. Couteau, scie, hache, rabot, varlope, avec tout ça il fabriquait toutes sortes d’objets inutilitaires auxquels Dieu lui-même n’aurait jamais pensé.

 

Le seul ennui c’est que ces deux-là qui s’entendaient comme larrons en foire étaient très bruyants et très bavards. Mais bon, à un univers créé en six jours, faut pas lui en demander trop non plus !

 

Ce lundi matin-là, Manuradam avait eu un coup de bambou. Enfin plusieurs. Plusieurs coups de hache dans la plantation de bambous.

 

- Qu’est-ce que tu fais, Chouchou ? demanda Manureva qui venait de se confectionner la veille un magnifique wonderbra en feuilles de palmier. « De l’anglais wonder qui signifie "merveille" et de l’italien bravissimo qui signifie «j’aime beaucoup» » avait commenté Manuradam qui se piquait d’étymologie alors que Dieu n’avait encore inventé ni Alain Rey ni la tour de Babel et encore moins le breton et le syldave.

 

- Aujourd’hui j’ai inventé le xylophone. Du grec xùlon qui signifie « bois » et du grec phôné qui signifie « le clown qui parle ».

 

- C’est un instrument pour traduire la langue de bois ?

 

- Non, écoute plutôt ça !

 

Le bricoleur avait aligné des morceaux de bambou de longueurs différentes sur deux planches auxquelles il les avait attachés avec de la ficelle de cuisine.

 

- En tapant dessus avec ma mailloche, j’émets des sons différents. Je crois bien que maintenant, avec ça, je vais pouvoir inventer la musique !

 

- Ah, Choupinet, c’est chouette ! C’est super-joli ! Ça me donne envie de me secouer les miches ! Je crois que de mon côté je vais inventer la danse ! Vas-y, tape sur tes bambous et sois numéro 1 ! Tahiti quoibaudou équateur méridien !

 

***

 

C’est ce jour-là qu’Augustin Dieu découvrit qu’il était mélophobe (du grec de derrière melos "la musique" et du grec de devant phobé "la détestation". - Il vaut mieux se piquer d’étymologie que d’héroïne ou de vaccin anti-covid, enfin, tout ça se discute -).

 

A longueur de journée Manuradam enchaînait des titres de sa composition : «Voyage voyage», «Les démons de minuit» «Chacun fait ce qui lui plaît» «Étienne Étienne» «Besoin de rien, envie de toi» et franchement ça lui cassait bien les oreilles au Créateur.

 

- C’est dommage qu’on ne soit que deux à chanter, disait-Maruradam à Manureva, sinon j’aurais bien inventé la SACEM aussi !

 

Dieu n’en pouvait plus de l’entendre taper sur ses bambous. Il retourna donc dans son atelier et pour faire cesser la musique de Radio Jamaïque il fabriqua les insectes xylophages (termites, capricornes, etc, voir le Défi du samedi consacré à ce mot) auxquels il n’avait pas songé dans sa prime genèse.

 

Mais ça prenait du temps de ronger les bambous : le xylophone était solide, les insectes tout petits et ils s’y cassaient les dents. Augustin perdait patience. Il n’aimait vraiment pas, mais pas du tout la musique !

 

- Il faut que je trouve un moyen de les chasser du paradis terrestre ! maugréait le barbu.

 

Au bout d’une semaine de «Another brick in the wall», de «One step beyoooond» et de «Rooooooxane» il s’approcha de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Il libéra le serpent de ses obligations militaires et le remplaça par un pangolin et une chauve-souris, ce qui était très con en fait. Si seulement il avait eu l’idée basique d’inventer les boules Quies, à l’heure qu’il est (3 h 30 du matin) on serait encore en train de danser au Palace, surtout les nuits de la pleine lune.




 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 646 à partir de cette consigne : xylophone.

26 septembre 2020

L'HYMÉNÉE DE JOSEPH ET MARIE

09 Joseph et Marie

La mémoire, c’est comme une maison. On court de la cave au grenier, ou plutôt du grenier à la cave, oui, c’est plutôt ça. On descend des photos du grenier, on écrit des textes à partir d’elles et les textes finissent à la cave. Ou parfois on retrouve un texte à la cave et on le modifie un peu pour qu’il colle avec une photo du grenier.

C’est le cas ici. La semaine dernière je retrouve mes vieilles amies de la chorale «La Ritournelle» et je leur fredonne «Obladi Oblada» des Beatles, histoire de moderniser un peu ( ?) leur répertoire qui va de «Froufrou» à «La Bonne du curé» en passant par «Ca vaut mieux que d'attraper la scarlatine». Je me souviens que j’ai commencé à écrire une version française de cette Liverpoolienne rengaine pour la leur faire chanter car ces dames détestent utiliser la langue de la perfide Albion.

Une fois rentré à la maison, je retrouve la traduction-trahison-adaptation dans mon ordi (qui est ma cave à moi !). En fait la chanson est déjà complètement écrite, il n’y manque que les accords pour pouvoir être chantée. Je la fredonne pour vérifier que tout coule bien et je bute, dès le deuxième vers, sur la prononciation de « Jean-Jean joue» :
 

« Marie vend des œufs sur le marché d’Vill’jean
Jean-Jean joue dans un groupe de rock’n’roll ».

Et c’est là que j’ai l’idée du siècle (mwarf !). Pourquoi ne pas l’appeler plutôt Joseph, le gars ? Un couple Joseph et Marie, ça sonne bien, non ? Joseph et Marie. Joseph et Marie !

Joseph et Marie ? C’est bizarre, ça me rappelle quelque chose. Jésus ce que c’était mais je ne me souviens plus bien où j’ai entendu ça.

Ah mais si, bien sûr ! Mon oncle Joseph et ma tante Marie ! J’ai récupéré cette année la photo de leur mariage. Mon cousin Pascal avec qui nous avons beaucoup parlé de la famille m’a remis aussi en mémoire l’histoire de leurs deux enfants, un couple de jumeaux, un garçon et une fille, né·e·s à cheval sur deux années la nuit de la Saint-Sylvestre, le 31 décembre et le 1er janvier ! Comment se choper un an d’écart en moins d’une heure !

Mais bon, je ne suis pas là pour raconter ma vie ni celle des autres alors, musique, maestro !

OBLADI-OBLADA
(Lennon-MacCartney ; traduction-trahison-adaptation par Joe Krapov)

1
Marie vend des œufs sur le marché d’ Vill’jean
Joseph chante dans un groupe de rock’n’roll
(comme une casserole)
Joseph dit à Marie : «Qu’est-ce que tu es jolie !
Est-ce que ça t’dit de v’nir danser au bal sam’di ?"
"Oui ça me dit"

Refrain
Obladi ! Oblada ! C’est la vie ! Oui !
La la ! C’est la vie qui va !
Obladi ! Oblada ! C’est la vie ! Oui !
La la ! C’est la vie qui va !

2
Marie joue maint’nant du piano dans le groupe
Sur la moto d’ Zèph elle monte en croupe
On n’sait pas comment ça s’est fait les amis
Voilà que le ventre de Marie s’arrondit
(Au refrain)

Pont 1
Pas plus tard que sam’di place de la mairie de Rennes
Lalala Lalala Lalala
La-a
Devant tous les amis ils se sont dit oui Amen
Mari-és par Nathali-ie

3
Joseph est dev’nu le mari de Marie
Ils ne dansent plus le boogie-woogie
Ils ont raccroché la guitare à son clou
Et le groupe de rockabilly lui est dissous
(Au refrain)

Pont 2

Dans une couple d’années ils auront un « home sweet home »
Lalala Lalala Merci Giboire !
Avec un bout d’pelouse et une balançoire
Pour leurs deux jolis petits mômes

4
Marie vend des œufs sur le marché du Blosne
Joseph fait des autos à La Janais (des SUV !)
Le dimanche midi ils déjeunent chez Mamy
Et puis ils vont au CGR à La Mézière
(Au refrain)

5
Cette histoire d’amour est vraiment bien partie
Elle va leur durer toute une vie
Et lorsque Joseph aura 64 ans
Marie l’aim’ra peut-être encore plus que maint’nant
(Au refrain)


P.S. 1 Désolé, mais à force de courir de la cave au grenier, je n’ai pas eu le temps encore de mettre les accords ni de l’enregistrer ! A vous de la chanter sous la douche, l’air est connu !

P.S. 2 Ah et puis si, j'ai trouvé le temps, finalement !
 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 630 à partir de cette consigne : Hyménée.

29 février 2020

QUE SONT MES AMI·E·S DEVENU·E·S ?

mimosa

Mimosa ! J’ai été très content que Marina B. me réponde, à l’énoncé de ce nom-là : « Il n’y avait pas un personnage de bande dessinée qui s’appelait comme ça ? ».

Bien sûr que si ! C’est à lui que j’ai tout de suite pensé quand j’ai lu ce mot, samedi dernier, sur le site du Défi. Mimosa ! Le fils adoptif de Popeye et d’Olive Oyl !

Il faut dire que la bande dessinée est devenue un passe-temps quasi-quotidien chez moi. J’ai toujours eu un caractère à aimer bien les phylactères et certain·e·s d’entre vous ne manqueront pas l’occase d’ajouter qu’il me manque une case et que j’aime à coincer la bulle plutôt qu’à me mêler des conciliabules du pape ou de Slavons.

Mimosa ! Pourtant on ne lisait pas Popeye, chez nous. Où cela paraissait-il d’ailleurs vers 1964 ? Il y avait bien quelques dessins animés grappillés à la télé chez le fils du pâtissier le jeudi après-midi mais en bédé, sur papier ? C’était chez Suzanne Ambert, en fascicules de la SFPI à trois francs ?

Au secours, Madame Wikipe !

Swee’ Pea (P’tit pois) apparaît le 28 juillet 1933. Enfant abandonné devant la porte de Popeye, il est adopté par le marin, véritable papa poule, et Olive, plus distante. Il se déplace toujours à quatre pattes dans sa longue chemise de nuit et arbore une casquette de marin. Malgré son âge, il est très intelligent. Si au début, il ne dit que « Glop », son langage s'étoffe peu à peu. C'est un des personnages principaux du comic strip post-Segar.

Passons sur ces questions de spécialistes. Interrogeons-nous plutôt, à partir de ce souvenir de pop-culture, sur le fait que les héros de papier ne vieillissent pas, contrairement à nous qui nous prenons un an dans les dents et tout ce qui va avec à chaque date anniversaire de notre naissance.

Et si, d’un seul coup d’un seul, comme dans l’invraisemblable saison 2 des aventures de Michel Vaillant, les héros de notre enfance revenaient, dotés d’un fils et d’un neveu de dix-huit ans, avec les mêmes syndromes de vieillissement que ces gamins ou que nous-mêmes, voudrait-on encore d’eux pour conduire des bolides sur les circuits de course automobile ? Oui, je sais, il n’est plus question de retraite pour quiconque depuis que le président Bérézina est au pouvoir.

Mais creusons l’idée quand même. A votre avis, que sont-ils devenus, une fois devenus grands, Mimosa, Soupalognon y Crouton, Fantômette, les gamins du Club des cinq ou du Clan des sept ?

On joue ? On joue ! Je lance quelques suggestions, vous complèterez avec vos propres références livresques, cinéphiliques ou Tintinophiles dans la zone de commentaires.

Boule et Bill : le petit garçon est devenu vétérinaire, le chien est enterré au cimetière d’Asnières. C’est ça aussi, le désavantage de vieillir, c’est qu’il faut un jour se départir un peu.

Sylvain et Sylvette : ont fait fortune en devenant designers pour une maison de bonnets de nuits

Soupalognon y Crouton : est devenu sportif de haut niveau. A remporté la médaille d’or d’apnée juvénile aux jeux olympiques de Barcelone en 38 avant Jésus-Christ

DDS 600 TintinAbdallah (dans Tintin © M**lins*rt-les-Gommettes) : Agent des services secrets d’une contrée pétrolifère. Occasionnellement découpeur de journalistes en consulat.


Le Petit Nicolas
: a fait partie du Big bazar de Michel Fugain, a cherché à se faire élire président de la République en 2012 puis est devenu producteur musical (Notre Dame de Paris, Kids United) sans sombrer dans la mégalomanie ni dans la colombophilie.
 

DDS 600 Le Club des cinq arrête-l-alcoolLe Club des cinq : leurs aventures à l’âge adulte sont désormais relatées par Bruno Vincent mais je n’achète plus que des livres sur le jeu d’échecs. Je télécharge aussi des e-books gratuits mais pas pour les lire, juste pour les posséder. C’est mon petit côté Onc’ Picsou. J’adore plonger et nager dans le bonheur de ma bibliothèque-piscine virtuelle !

Le petit garçon de la chanson de Claude François « Le Téléphone pleure » : sa maman s’est mariée sept fois et vient d’entrer à l’Epahd du Lundi au soleil à Lay-les-roses. Ce n’est pas pratique pour lui de passer la voir régulièrement vu qu’il est archéologue et qu’en ce moment il fait des fouilles à Alexandrie avec son épouse Alexandra. Heureusement il y a ses demi-frères et demi-soeurs un peu marteaux qui s'occupent ferme de son bonheur.


Charlie Brown des Peanuts
: a fini par épouser la petite fille rousse. Il tient un magasin de cerfs-volants à Montélimar mais il paraît que la vie là-bas n’est pas toujours du nougat.


Riri, Fifi et Loulou ont été transformés en pâté de canard périgourdin, médaille d’or au concours général de Paris 1998.

DDS 600 pate-de-foie-gras-de-canard-truffe-130g

 

DDS_600_Isaure_robe_jaune

Et, pour boucler, Mimosa, justement ? Il est devenu ingénieur agronome à l’INRA et travaille à l’Agrocampus de Rennes au sein de l’équipe Spinach+. Késaco, Spinach+ ? L’objectif de ces chercheurs et chercheuses est d’obtenir des épinards qui soient d’une teinte rose ou jaune citron afin que nos bambins à nous mangent d’avantage de ces légumes-là qui sont si bons pour le corpore sano de notre mens sana grâce au fer qu’ils ne contiennent pas.


Thats’s all folks !

DDS 600 Thats_all_folks

Ecrit pour le Défi du samedi n° 600 à partir de cette consigne : mimosa

15 février 2020

UN KILT PAR JOUR OU PRESQUE

Samedi

Que faire pour le prochain Défi du samedi ? Chanter «Le Kilt» de Sheila ? Comme le dit Michel Fugain, je sais déjà que «je n’aurai pas le temps»… de retourner en 1967 ! Les paroles sont un peu niaises et la vidéo sacrément kilt… euh, kitsch.



Dimanche

Je trouve l’idée de mon billet - il sera très court pour une fois, me dis-je, naïf - chez L’Adrienne ! Le voici :

« Quand on parle de kilt on en revient toujours à la question traditionnelle : les messieurs qui en portent un ont-ils ou non un slip en-dessous ? Il paraît que non.

C’est désormais confirmé : les Ecossais ne portent pas de slip sous leur kilt. Les slips, ils les enterrent pour vérifier que la terre de leur jardin est de bonne composition ! »

https://adrienne414873722.wordpress.com/2020/02/08/f-comme-file-moi-ton-slip/

 

Contes_Printemps-20-copy_670

Lundi

Au lieu de taper ces cinq lignes et de les envoyer à mon oncle préféré, j’ouvre un des livres dont Marina B. veut se débarrasser. C'est un recueil de contes japonais de Sôseki très bien illustrés par Qu Lan, une artiste chinoise qui vit en France. Et sur quoi je tombe, à la page 106 ? Un kilt !

Je publie l’image sur mon blog car j’ai décidé d’utiliser ces illustrations dans mon atelier d’écriture du mardi.


Mercredi

Je publie le texte écrit la veille à l’atelier et j’ai droit à un commentaire de Walrus, voire à un avant-goût de son billet du samedi ! Je réponds au comm’ en lui donnant le lien du concert de Mike Oldfield, Tubular bells II en public au château d’Edimbourg-Edinburgh en 1992. J’oublie de signaler le moment où l’on voit des kilts en pagaille. C’est à 48’.

Le feu d’artifice sur le château est à 1 h 01’ 30’’ .




Jeudi

Je vais rendre mes bouquins en retard à la Bibliothèque des Champs libres. En passant boulevard de la Liberté je m’arrête devant cette boutique d’épilation aux affiches de mauvais goût. Paf ! Celle d'aujourd'hui est épile poil dans le thème du Défi !

200212 265 004

 

Vendredi

Je ne sors pas de chez moi. Je tape les commentaires des parties d’échecs de la veille et mon Défi du samedi. J’aurais pu vous parler du gambit écossais que je joue avec les blancs, d’un premier album des aventures de Chick Bill intitulé «Le Monstre du lac» dans lequel toute l’équipe de Wood-City se retrouve en Ecosse car Kid Ordinn y a acheté un terrain… vertical ! Dog Bull, ruiné, est obligé de se faire engager comme valet de chambre, porte un kilt et est renommé «Marmaduke» par son employeur.

DDS 598 Marmaduke Chick Bill


J’ai laissé tomber aussi les aventures d’Arthur le fantôme en Ecosse – ah ces châteaux de Jean Cézard qui ont enchanté mon enfance ! -.

 

DDS 598 ArthurDDS 598 Arthur 2

 

J’ai trouvé chez madame Wikipe de quoi boucler ma semaine de « Ne me kilt pas » :

« Les Écossais ont également une réponse toute faite à cette question de savoir ce qu'ils portent sous leur kilt : « The future of Scotland » (L'avenir de l'Écosse). »


P.S. Une dernière krapoverie pour la route : « Quand le flipper affiche « Kilt » c’est que la parkie est kerminée. K’as krop secoué le cocokier ! »

Ecrit pour le Défi du samedi n° 598 à partir de cette consigne : kilt

18 janvier 2020

EN ROUE LIBRE, CA NE MANQUE PAS DE SELLE NON PLUS !

200101 Nikon 042

Le gabelou arpente le sentier des douaniers. S’il trouve des gars chelous en bande ou contrebande il leur file une danse ou une contredanse. On appelle cela du grabuge et on le signale au gradé gras du bide et relou qui porte le nom de «Chef».

Seul le gabelou provençal joue du galoubet car les gabelous bretons sonnent de la bombarde comme tout bon barde qui se respecte mais pas les oreilles des autres.

Le gabelou se prend parfois pour Clark Gable ou Jean Gabin, plus rarement pour Greta Garbo mais tout le monde sont libres on fait tout qu’est-ce qu’on veule surtout si c’est de manière lâche.

En dehors de ses heures de service un gabelou peut chanter «Fanny de Laninon» avec les Gabiers d’Artimon ou acheter très cher aux enchères la gabardine d’Eddy Constantine.

Par contre, comme il est tenu au devoir de réserve, il n’a pas le droit de dénoncer comme étant de la gabegie le montant de la retraite d’un sénateur français : près de deux mille euros pour seulement six ans de mandat. Alors que lui obtient plus de points de côté que de points de retraite et qu'à force d'être sur les dents il voit reculer tous les jours l'âge pivot.

Tout comme Jacques Dutronc, le gabelou aime les filles. Surtout les filles bien galbées qui portent un galurin et boivent des galopins. Mais il se fiche de savoir si le prénom de Gorbatchev est Mikhaïl ou Iouri et ne se demande pas quel est le gabarit du viaduc de Garabit. Il connaît encore moins que moi les accords de «The Sheik of Araby» mais il sait que les Beatles ont chanté ça.

Le gabelou l’été monte le Galibier alors que ce chien félon de Ganelon préfère escalader le Canigou.

Quand le gabelou ne sait pas s’il préfère Linda ou Emmylou il les écoute chanter en duo.

La Grand-mère de Martine Aubry disait : «Quand il y a du gabeflou c’est qu’il y a un gabelou ou alors qu’il est temps d’aller chez Afflelou».

Pour gagner sa vie le galibot va au charbon, Gaby Morlay fait du ciné, Brigitte Lahaie des galipettes sur cent dix mètres.

Le général Gamelin ne jouait pas de la flûte pour débarrasser une ville du Nord de ses rats et de ses enfants.

Alors que la gabelle de Cadix a des camaïeux de velours on ne sait toujours pas si le «Gaby oh ! Gaby» de Bashung a été composé à Gembloux un jour qu’il était soûl mais ce n’est pas grave : tout le monde s’en fout.

Vous avez quelque chose d’autre à déclarer ? Oui : un ange Gabriel, une tapisserie des Gobelins, un maréchal Goebbels, un Arthur de Gobineau, un grand blond avec une chaussure noire, «La Gamberge» de Jean Yanne, «La Gambille» de Guy Béart, une viole de gambe d’avant #metoo, un putain de ta race de gloubi-boulga , un désert de Gobi lointain, un genre d’Henri Guybet, un grand bellâtre et un belou gay qui trafiquent du beluga, un gibbon du Gabon, une gerbille de Gambie et un raton-laveur.

Voilà, c’étaient les krapoveries de la semaine. Vous avez le droit de protester dans la zone de commentaires sur le mode «Tu nous la bailles gabelle, Joe Krapov !».

P.S. «Je ne suis pas un imbécile [puisque] je suis gabelou», ça le fait beaucoup moins que dans le sketch de Fernand Raynaud. 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 594 d'après cette consigne : Gabelou

15 septembre 2018

PANGLOSS ET PANGRAMME SONT DANS UN BATEAU

DDS 524 121235161

Tandis que le docteur Pangloss rame le docteur Pangramme glousse :

- Regardez, Pangloss ! Joyeux, ivre, fatigué, le nez qui pique, le Clown Hary skie dans l’ombre du Karaboudjan ! Le vif zéphyr jubile sur les kumquats du clown gracieux ! C’est d’un drolatique !

- Bâchez la queue du wagon-taxi avec les pyjamas du fakir ! » ordonne Allan sur le pont du cargo.

- Il n’y a plus de whisky ? » s’enquiert le capitaine Haddock.


- Voyez le brick géant que j'examine près du wharf ! lance Tintin à Tournesol

- Ton pauvre zébu ankylosé choque deux fois mon wagon jaune sans que ça me fasse aucun effet ! dit Dupond à Dupont dans la cabine exiguë où ils étudient le kama-soutra.

- Je dirai même plus, répond Dupont à Dupond. Dans un wagon bleu, tout en mangeant cinq kiwis frais, vous jouez du xylophone dans l’oreille d’un sourd, mon ami !

- Il n’y a plus de whisky ? » s’enquiert le capitaine Haddock.


- Monsieur Jack, vous dactylographiez bien mieux que votre ami Wolf ! » entend-on loin au-dessus dans la fusée rouge et blanche d’Objectif Lune

- Votre chant, Madame Castafiore, c’est la voix ambiguë d'un cœur qui, au zéphyr, préfère les jattes de kiwis ! » fayote gentiment le général Alcazar en baisant la main de la cantatrice.

DDS 524 112085790- Hé, Gwendal et Xavier, vous qui jouez beaucoup au Molkky : "feu" !

- Il n’y a plus de whisky ? » s’enquiert le capitaine Haddock.


- Voyez ce koala fou qui mange des journaux et des photos dans un bungalow ! se moque Miss Map en voyant l’oncle Walrus continuer ses recherches à propos du Juxbaron.

- Il n’y a vraiment plus de ce bon vieux whisky ? » s’enquiert le capitaine Haddock.

- Non, capitaine ! Nous avons porté le dernier flacon au juge blond qui fume !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 524 à partir de cette consigne :

whisky

 

 

24 mars 2018

RÉÉCRITURE CIRCASSIENNE D'UN CHEF-D'OEUVRE PISCÉNOIS

DDS 499 funambule supertramp

- J’ai beau être sous ta férule,
Ma chère maman que j’adule, 
Je ne veux pas faire funambule !
Très peu pour moi !

Depuis cet étroit monticule,
Sur le fil d’une tarentule
Avancer comme un somnambule ?
Très peu pour moi !

Ca fait frissonner les globules
D’une populace incrédule ?
Ca relève des travaux d’Hercule ?
Très peu pour moi !

Il y a parmi ces minuscules
Un détestable groupuscule
Qui attend juste que tu bascules !
Très peu pour moi !

S’écraser en tas de fécule,
S’accidenter au crépuscule,
S’éparpiller en particules ?
Très peu pour moi !

Je ne connais pas la formule
Pour se changer en libellule !
Et casser mes jolies rotules,
Très peu pour moi !

- Arrête ce conciliabule
Qui nous brise les testicules !
On a compris ton préambule,
Vieille tête de mule !

N’empêche, pour gagner ton pécule
Et faire claper tes mandibules
Faut autr’ chose que tes opuscules
De poésie, vieux ridicule !

Arrête de nous faire une pendule,
T’impressionnes pas la pellicule !
T’es jamais qu’un ancien ovule !
Numérote ton matricule !

Tu vas pas t’dorer la pilule
Jusqu’à ce que vienne la sainte-Ursule !
Dis-moi donc, triste noctambule,
Espèce de crapule à pustules

Qui bulles sans aucun scrupule, 
Ce que tu veux faire comme boulot,
A part fainéant majuscule,
Dans notr’ petit cirque ambulant ?

- Moi, je veux jouer de l’hélicon !
Pon pon pon pon !
 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 499 à partir de cette consigne : funambule

17 février 2018

LÉON, LUCETTE, SAM ET YVETTE : ATRABILOUTE ?

sucettes 45

Je ne suis pas de caractère
Atrabilaire.

Un jour sur deux je suis jovial,
L’autre d’humeur primesautière.

J’aime les guinguettes printanières ;
J’y garde le sac de ma copine
Car je danse vraiment trop mal.

Je reste derrière ma chopine,
J’observe le cérémonial
Du fest-noz, de la boîte, du bal
Populaire.

Et comme j’ai aussi la guitare amicale
Je chante des javas pour plaire
Aux défiantes septentrionales
Qui aiment quand ça part en sucette ! 



Spécial dédicace à Maryline18 qui a pondu   ici  ces  paroles immortelles !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 494 d'après cette consigne : atrabilaire

27 janvier 2018

RIMBAUD N’A PAS CHANTÉ EN V(A)IN !

En atteste ce poème retrouvé récemment et publié dans le numéro 1 
de janvier 2018 de la revue "Rions un peu avec Rimbaud !"
(Rennes : Editions du Petit port et de la Haute-Folie) :


"Paul est toujours entre deux vins,
Entre Xérès et Saint-Pourçain,
Offrant les délicieux bouquets que voici,
De fruits, de fleurs, de feuilles, de branches,
Entre Nuits-Saint-Georges et pitanche,
Affrontant son dragon et sa grise souris.

Nous allons de Paris à Londres via Bruxelles
Pleins d’effervescence et gaîté
Entre Corbières et Châteaugay.

DDS 491 Ronald searle plein d'effervescence et de gaîté 

Notre verbe est subtil et de grand richesse
Intense, aromatique, avec beaucoup de corps
Entre Pécharmant et Cahors.

Rude, mais généreux,
Bien qu’encore un peu vert et promettant beaucoup,
Notre aspect d’hommes jeunes et quelque peu artistes
Plaît ou déplaît surtout
Entre Petit Chablis et Cabernet d’Anjou.

Bien sûr que nos plaisanteries
Manquent quelque peu de finesse !
C’est que c’est difficile d’être bien rond et souple
D’avoir un parfum floral prononcé
Entre Romanée-Saint-Vivant et Valençay.

Mais notre couple est bien équilibré
Et présente beaucoup de caractère
- D’autres diraient plutôt «spécial» -
Entre Côte-Rotie et Jurançon l’Etoile.

Seulement quand le vin a été tiré
Et la balle aussi,
Quand il a fallu boire le calice jusqu’à la lie
Entre Clos-Vougeot et Reuilly
Les juges ont considéré
- Pauvre Lélian
Entre Hermitage et Frontignan ! –
Qu’il mériterait d’être laissé
En cave pendant au moins trois ans.

DDS 491 Ronald searle en cave

C’est vrai tout ce qu’on a pu dire
De moi :
Que j’étais sensuel et charmeur
Avec un goût de terroir très prononcé
Entre Chambertin-Clos-de-Bèze et Touraine-Noble-Joué.

Sans doute que le charme me viendra en vieillissant
Entre Pouilly-Fuissé et vieux Châteaumeillan.

J’aurai un délicieux arrière-goût de fumée
Je deviendrai quelqu’un de grande classe,
Très recherché
Entre Chablis Grand Cru et Bâtard-Montrachet !

Joliment charpenté et souple,
Vigoureux et bien membré,
Entre Moulin à vent et bon Clos-des-Lambrays.

***

Paul est toujours entre deux vins,
Entre Xérès et Saint-Pourçain.

Un soupçon d’acidité s’est glissé dans nos verres.

Ô pourriture noble !
Ô destin du vignoble !

Tout s’est terminé dans un trouble intense
Entre Gigondas et Baux-de-Provence" !

 

P.S. 1 On trouve ici (Rimbaud invisible sur deux photos, par David Ducoffre) un lien plus fort encore (?) entre Rimbaud et le Xérès : « Non, Rimbaud n’a pas dégusté, « sous les vérandas de l’Hôtel Suel », de « cette glace pilée, mélangée de Xérès, d’alcool, de citron et de cannelle, qui constitue le Sherry gobler [sic pour « cobbler »] et qui est la boisson préférée de l’Européen dans toute la zone torride » selon les dires d’Edmond Courtois dans ses souvenirs de voyage au Tonkin parus en 1890 ».

P.S. 2 Les illustrations de ce billet sont tirées de "Parler en vin" de Ronald Searle.

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 491 à partir de cette consigne : Xérès

25 décembre 2017

Les Anooki emballent Rennes le 22 décembre 2017 (1)

Pas de fêtes de Noël à Rennes - et partout ailleurs dans notre République laïque - sans un spectacle d'illuminations. Chez nous cela a lieu sur la façade de l'hôtel de ville. Cette année, c'est le "Bureau lyonnais des Anooki" qui s'y colle avec une histoire de rencontre entre esquimaux glacés du Pôle Nord et du Pôle Sud. Le résultat est assez... beaucoup... un peu trop... monochrome !

171222 Nikon 009

171222 Nikon 010

171222 Nikon 013

171222 Nikon 017

25 décembre 2017

Les Anooki emballent Rennes le 22 décembre 2017 (4)

171222 Nikon 058

171222 Nikon 059

171222 Nikon 061

171222 Nikon 062

 



A part cette parodie de musique bretonne et le fait que ça se termine par un "kenavo" un poil déplacé - on ne parle que très peu le breton à Rennes - , les Anooki ont emballé Rennes mais moins votre serviteur qui regrette déjà, finalement, le travail de la société Spectaculaires.

Joyeux Noël à vous quand même !

21 décembre 2017

La Fête du solstice à La-Roche-aux-Fées (Essé, Ille-et-Vilaine) le 21 décembre 2017 (1)

Nous sommes retournés à la Roche-aux-Fées par Essé (et non pas "paresser", quoique !). C'est notre nouveau pèlerinage. Nous avons découvert l'année dernière cette fête du solstice d'hiver au cours de laquelle on espère apercevoir une espèce de rayon vert dans le fond d'une allée couverte. Pour cela il faut se lever à 6 heures du matin, prendre la voiture, rouler dans le noir et la bruine, arriver dans le brouillard et le froid en pleine campagne bretonne et savourer le bonheur d'une expérience unique : en prendre plein les mirettes en se caillant les meules !

171221 265 030

171221 265 035

171221 265 036

171221 265 040

171221 265 051

17 décembre 2017

Un chat dans Dieppe (Seine-Maritime) le 22 août 2017

L’avocate, la magistrate et le chat de Dieppe

Ivoire dieppe POSTE-1967-37

Ce jour-là, en revenant d’être allé kibbitzer au tournoi d’échecs, je me suis perdu dans Dieppe. Je me suis retrouvé dans un quartier résidentiel à suivre mon plan pour retrouver la rue d’Issoire.

En passant devant ce jardin, je me suis arrêté, j’ai passé l'objectif de mon appareil photographique par la grille d'entrée et j’ai immortalisé le chat.
Une dame qui sortait de chez elle à ce moment-là a traversé la rue et s’est approchée de moi.

- Vous cherchez à entrer ? Elles ne sont pas là !
- Pas du tout Madame. Je photographiais le chat.
- C’est une chatte. C’est ma chatte. C’est moi qui la nourris. Elles ne sont pas là, l’avocate et la magistrate.

S’ensuit une enquête en règle de l’inspectrice Derrick.

- Vous n’êtes pas de Dieppe ?
- Pas du tout, je suis en vacances, j’ai accompagné mon épouse qui fait un stage de chant.
- A l’Académie Bach ?
- Oui.
- On va avoir la Messe en si cette année, ça va être magnifique. Vous avez vos places ?
- Non, on ne ressort pas le soir, ces dames sont épuisées.
- Et vous qu’est-ce que vous faites ?
- Je randonne, je prends des photos et je vais voir les joueurs d’échecs du tournoi.
- Ah mais il faut aller au musée, alors ! Il y a de très beaux ivoires et des pièces d’échecs avec une longue tige. C’est pour jouer à bord des bateaux sans que le jeu ne soit renversé.
- Je n’y manquerai pas, chère madame.

Cérémonies, politesses. La dame est convaincue que je ne suis pas un cambrioleur en repérage.

Elle n’a pas remarqué en revanche que je suis un voleur de moments de rencontre et que ses propos vont se retrouver sur Internet. C’est comme ça : on ne se méfie jamais assez de Joe Krapov !

170822 Nikon 072

21 décembre 2017

La Fête du solstice à La-Roche-aux-Fées (Essé, Ille-et-Vilaine) le 21 décembre 2017 (2)

Rassurez-vous, nous ne sommes pas retournés dans le giron d'une religion autre que l'hédonisme (ou l'épicurisme). Il s'agit toujours d'admirer les lumières. Celle du soleil étant absente depuis deux ans, nous nous rabattons sur les illuminations de l'allée couverte auxquelles les appareils photographiques numériques donnent un éclat artificiel et des couleurs... bien plus pétantes que le rendez-vous du soleil levant avec le fond de l'allée ! Surtout, le concert matutinal est généralement très bon et il est suivi d'un petit-déjeuner... royal !

171221 265 064

171221 265 073

171221 Nikon 014

171221 Nikon 017

171221 Nikon 031

21 décembre 2017

La Fête du solstice à La-Roche-aux-Fées (Essé, Ille-et-Vilaine) le 21 décembre 2017 (3)

On y est retournés avec d'autant plus de plaisir qu'on faisait découvrir ce spectacle à notre logeuse lannionnaise et aussi - vanitas vanitatum et omnia vanitas - parce que l'affiche de la manifestation était due, à l'insu de son plein gré, à votre serviteur ! Allez-y, piochez, ami(e)s de La Roche-aux-Fées ! Mes photos sont libres de droit. Celles-ci seront très bien aussi pour l'affiche 2018. Je suis très sérieux en écrivant cela ! Je peux même vous envoyer les originaux en grand format (4000 * 6000 pixels) !

171221 Nikon 036

171221 Nikon 039

171221 Nikon 045

171221 Nikon 049

171221 Nikon 059

Publicité
Mots et images de Joe Krapov
Publicité
Publicité
Derniers commentaires
Visiteurs
Depuis la création 814 844
Archives
Newsletter
Publicité