Je me souviendrai désormais de la légende du dragon de Brno qui était en réalité un crocodile. Il y en avait un qui trônait sur le piano de la MIR.
Je me souviens des verres en cristal de Bohème. On y sert la vodka orange pour celles et ceux qui aiment ça.
Je me souviens du soldat Chveïk. Une bière de Plsen, camarade ?
- Dis donc, Krapov ! Tu pourrais les ranger mieux que ça tes livres, non ? La déontologie... - ...Connais pas quand je suis chez moi ! De toute façon je l'ai sorti pour le relire. L'ordre va revenir demain. Il est même là aujourd'hui !
Inutile d'ajouter que, de mon côté, "j'ai joué de l'effet créatif" avec le Canon Ixus 265 ! J'ai aussi des bouts de vidéo mais guère exploitables sauf une que je m'en vais publier chez M. Youtube de ce pas. En attendant qu'elle charge, je vous laisse avec Michel Drücker (Qu'est-ce qu'il ne faut pas faire ! Pas trouvé de meilleure version de "J'aime pas le musette")
Monsieur Arthur Rimbaud B.P. 01 au vieux cimetière 08000 Charleville-Mézières
Mon cher Arthur
"Quand j’aurai du vent dans mon crâne…" Boris Vian
La catacombe a été inventée pour rappeler aux humains qu’un jour la cata tombe. Aussi bien sur Taka Takata que sur Emile Combes.
Le cimetière est là pour leur dire leur misère : un jour où l’autre, mortel, tu tomberas du haut des cimes, tu gicleras par la portière, tu finiras au cimetière.
Qu’est-ce que t’incinères, Joe Krapov ? Qu’on devient feu ?
A côté d’Eros on pose Thanatos pour signifier à Emile qu’il ne fera pas de vieux os là ! Un jour ou l’autre on l’a dans l’os. La maladie vous fait la peau, arrive la mort, on s’évapore au dernier port et pour toi cela fut celui des Marseillais.
Mais pour moi mon cher Arthur, tout cela est tabou. Je m’abstiens de toute danse, y compris et surtout de la danse macabre : j’ai décidé une fois pour toutes que j’étais immortel. C’est plus facile de vivre ainsi. Et pour plus de sécurité, pour parfaire mon bonheur de touriste de 2018, je retourne de plus en plus souvent vivre dans les années 60 et 70.
Ainsi l’autre samedi ai-je acheté 34 numéros de Charlie mensuel, un journal de bandes dessinées dont le rédacteur en chef, Georges Wolinski, est décédé dans l’attentat contre Charlie-hebdo en janvier 2015.
Ainsi ai-je visionné « Living in the material world », un film de Martin Scorsese consacré à George Harrison, le guitariste le plus mystique d’un groupe appelé les Beatles qui connut un certain succès de 1963 à 1969, année érotique plus que thanatotique.
Ainsi, par association d’idées, suis-je retourné en pensée mettre vingt centimes de franc dans le juke-box d’un café de Carvin (Pas-de-Calais), chez Jean-Pierre, où nous allions, à une certaine époque, chaque samedi soir, au siècle dernier. Inlassablement j’y écoutais, du même Harrison le 45 tours « Is n’t it a pity ». Je ne comprenais rien aux paroles mais j’étais amoureux fou de cette musique lancinante. L’après-midi qui précédait nous avions joué de la musique électrique dans la cave parentale transformée en lieu de répétition underground. Les rockers aussi étaient un peu caves, ce qui me ramène aux catacombes.
Quand j’aurai du Vian dans mon crâne, à l’automne, comme tous les pékins, je ne danserai plus la java des chaussettes à clous ni le joyeux tango des bouchers de la Villette. Il faut évoluer : de nos jours les policiers utilisent le teaser, le flashball et la grenade et tout le monde devient plus ou moins vegan.
Je n’entamerai pas plus l’interminable tango des perceurs de coffres-forts : celui-là vous mène directement en prison sans passer par la case départ et, derrière les barreaux, avant de mettre un terme à cette écriture de lettres folles je pose et repose la question essentielle te concernant :
Arthur ? Où t’as mis le corps ?
Engagé dans l’armée hollandaise en 1876 tu suivis le mouvement jusqu’à l’île de Java (des bombes atomiques !). Là, tout dépité de n’y avoir pas rencontré la dénommée Riquita, tu as déserté, tu as fait quarante-huit kilomètres à pied et tu as réembarqué pour regagner Charleville-Mézières en décembre !
Arthur, où t’as mis le corps du délit ? Tu n’as répondu à rien, tu as brûlé les questions et tu restes à jamais de ce fait le déserteur ultime de l’année 1876 et de celles qui ont suivi.
T’es snob ou quoi, Rimbaud ? Cela fait un an que je t’écris et jamais personne ne me répond jamais ! Tout le monde doit être occupé à surfer sur l’écume des jours ! Ou à boire systématiquement, comme toi, sa prime d'engagement !
Comme j’ai finalement compris, moi aussi, ou plutôt déduit, que ce salaud d’Arthur était au paradis, je retourne dans le mien chanter comme une cigale au milieu des fourmis.
Reçois, avec mes remerciements pour nous avoir fait rire un peu depuis un an, mes très poétiques amitiés !
Vers 18 heures les B Car... plient bagage. J'enchaîne avec deux des membres du Club des 5 puis la batucada donne le signal du grand tic tchic poum qui va envahir la ville toute la nuit. On se réfugie rue des Dames pour un duo guitare-accordéon autour de chants de marins et on voit défiler , une heure durant, des régiment de jeunes sirènes qui promènent (et promèneront toute la nuit) leur pinte de bière dans la ville. Personne ou presque ne s'arrête ! Surprenant ! Avec le camarade Kaïrakovsky, on est rentrés chez moi finir le fondant au chocolat de Marina B. et trinquer autour d'une bière blanche. Drôle d'impression au finale ! Mais on s'est fait plaisir et c'est le principal !
Les mA2R1 d'O douce faisaient entendre Bourvil, Graeme Allwright, Boby Lapointe, Georges Brassens et des chants de marins traditionnels dans la rue du Chapitre. (Ces deux photos sont empruntées à Basu Tallur. Grand merci à lui !)
Aller réécouter, photographier et filmer Voix nomades a de nouveau été un enchantement ! Et c'était au Thabor !
Le dragon, affamé, s’approche du troupeau, envoie d’un coup de patte valser à cinquante pas le chien du paysan.
Les brebis affolées se jettent sur l’enclos mais le monstre a tôt fait de tordre le cou à l’une.
Sans même prendre le temps de la faire cuire – quel besoin d’un barbecue quand on crache soi-même des flammes ? – il l’engloutit
Puis il va se désaltérer dans le courant d’une onde pure, émet un rot sonore et se pose sous un arbre pour digérer tranquille en se tapant une petite sieste
Pouah Aaargh Aïe aïe aïe Bouh hou hou Snif
Tap Tap Tap Drelin Drelin Smack Smack Groin Groin "Tagada Tagada Toc Toc Vlan Patatras Sob"
Un peu plus tard le paysan découvre le carnage et se lamente en comprenant sa douleur.
Aussitôt il se rend chez Dame Christiane, la responsable locale de la FNSEA, lui claque deux bises car ils sont copains comme cochons et il l’enjoint de partir à cheval pour aller au château du roi Vlan lui dire le malheur qui leur tombe sur la gueule
Hue Hiiiii Tagada Tagada Cataclop Cataclop Toc toc Drelin drelin Frou frou Coucou Bla bla bla bla bla bla Vlan Bing Bling-Bling Oups Vlan Taratata Pouët Pouët Taïaut Taïaut Smack Smack Frou Frou
Dame Christiane va mettre la plus belle de ses robes de voyage, elle s’apprête, se parfume puis redescend. C’est que ce n’est pas rien de rendre visite au roi Vlan ! Autant ne pas se présenter devant lui avec des sabots de paysanne : les capitaines auraient vite fait de l’appeler « Vilaine »
Elle enfourche son cheval qui file au galop jusqu’aux portes du palais. Elle toque à la porte, tire la sonnette et après qu’on l’a introduite elle fait frissonner sa belle robe à traîne sur le carrelage de la salle du trône. Elle se présente, expose la situation et le roi ainsi que les courtisans sont assommés par la nouvelle. Le monarque lui annonce qu’il va battre le rappel des ses troupes et faire donner la cavalerie afin de chasser le monstre. Il lui claque deux bises sur les joues en signe de compassion et la syndicaliste prend congé en faisant froufrouter sa robe d’apparat.
Rantanplan Rantanplan Taratata Trutt Trutt Banzaï Youhou Rintintin Floutch Coa Coa Fissa fissa Ouste Pschitt Pschitt Piou Piou cataclop Cataclop RTL Zou Chpong Bzz Bzz Bzz Zonzon
La roi a fait battre tambour et lancé le rappel de ses preux chevaliers. Il les exhorte à débarrasser le royaume de ce qui n’est au fond qu’un gros lézard à injection, un allume-gaz monté sur des cuisses de grenouilles. Mais ses seigneurs s’avèrent des lâches et vite fait bien fait ils replient leurs gaules, montent sur leurs grands chevaux et retournent de calfeutrer dans leur duché par amour du luxe en bourg. Le roi reste tout seul dans son palais. Dans le grand silence attristé on entendrait voler une mouche mais en fait ce n’est qu’un moustique.
Cui Cui Cui Cot Cot Kodak Miam Slurp Mmmh Ding Dong Ding Dong Chabadabada Allô Bla Bla Bla Vlan Snif Boum Boum Cocorico Heula !
Dans les tréfonds de la campagne sarthoise, pas très loin de l’endroit ou Dame Pénélope Fillon fabrique des confitures, Saint-Georges fait une retraite à l’abbaye de Solesmes. Quand soudain son téléphone portable sonne. C’est le roi Vlan, embarrassé, qui pleurniche au bout du fil pour bénéficier de ses services de décapiteur en chef de poulets aux usines agro-alimentaires LDC de Sablé-sur-Sarthe
Youpi Youp Olé Olé Vlan Alleluia
Le roi Vlan est content (il faut bien que le corps exulte) : le justicier sarthois a accepté de lui venir en aide
Flac Floc Glou Ploc Pouf Pout Tip Vlouf Houla Aïe Aïe Aïe Badaboum Baoum Boum Pan Pataras Atchoum
En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire Saint-Georges est là.
Il a fait la route sur son tracteur Massey-Ferguson et le voilà qui corne à la porte du dragon.
Après moult estocades portées à la bête il sort victorieux de ce combat malgré un rhume des foins sérieux ramené de Solesmes ou l’été est parfois très sec
(Bon, c'est vrai, l'agonie du dragon dure une petit peu trop mais parfois j'aime bien tirer à la ligne plutôt que de pointer à l'Agence Nationale de la Panne d'Ecriture !)
Smack Smack smack guili guili Hi Hi Hi Ha Ho Hé Hmmm Miam Miam Youf Schlika Schlika Wham Wham Aaaarg Maman Olé Olé Rhaa lovely Hmmm Prout
Dans cette version-ci Saint Georges, en récompense, fricote grave avec la fille du roi. Je vous signale que ça fait quand même quarante et une fois qu’elle reste assise sur le banc des remplaçants à compter les points ! Et ce Saint-Georges, il a beau être dévot, il n’en est pas moins homme : il faut bien que le corps exulte. Et puis tant pis si ça ne vous plaît pas : j’écris tout qu’est-ce que je veux, d’abord, ici ! Na !
Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 12 juin 2018 d'après la consigne ci-dessous
J'avais prévu jadis de réserver un site web "espécialement" pour mes travaux de numérisation. Je l'avais commencé puis je l'ai utilisé pour rédiger mes brouillons d'ateliers d'écriture en ligne ! Je ferai peut-être un jour le transvasement de ces brouillons (je peux aussi les supprimer, c'est vrai, vu que je republie ces textes ici et qu'ils restent sur les ateliers !).
En attendant, le dimanche, désormais, ce sera Argentiquités ici ! Bienvenue dans la Sarthe, ce jardin extraordinaire où chaque 24 heures compte plus qu'ailleurs !
Je m'aperçois après coup que je ne donne rien à entendre aujourd'hui mais que je ne suis pas sorti de la thématique musicale pour autant. C'est sans doute parce qu'"il n'y a que ça de vrai dans la vie" !
P.S. Ah ben si, tiens, Erwan a filmé mais tous ces gens qui passent sans s'arrêter, c'est pas top !
Hier, à la "Ballade avec Brassens", il paraît que je n'ai fait que des heureux ! Mme L. était contente d'avoir chanté avec J.K. M. Sebarjo semblait ravi d'avoir joué "Le bistrot" et "Rien à jeter" avec nous. M. Jean-Jacques P. nous a accompagnés de sa grosse voix sur "Il n'y a pas d'amour heureux". Et les jeunes Noémie et Rémi sont venus par deux fois, tout contents, frotter leurs petites mains sur la guitare du monsieur ! (On voit Rémi plus bas). Et moi je suis content d'avoir ramené le tee-shirt de la fête avec la pipe de Magritte dans le dos que c'est complètement surréaliste de l'avoir collée là !
Le groupe B car se produisait donc dans le cadre de la "Ballade avec Brassens" (dont vous aurez d'autres échos dans la semaine !) à la Maison de quartier Francisco Ferrer à Rennes. B Car est composé entre autres de Gilles Bémol et de Manu Dièse. Bien qu'attaqués sur la route par un convoi d'Indiens, les deux compères ne se sont pas démontés et nous ont expliqué "qu'on n'remue pas son popotin d'la même manière Pour un droguiste, un sacristain, un fonctionnaire".
Ces jours-ci, je fais mon Vivian Maier ! Ces photos prises en juin 2002 avec un appareil argentique (Olympus OM 20, pour qui ça intéresserait) n'ont jamais été tirées sur papier. Cela fait douze ans que les négatifs dormaient dans une boîte métallique parallélépipédique ayant servi jadis à conserver des crêpes dentelles. C'est vous dire si je me régale à faire presque en même temps que vous ces découvertes de photos de Joe Krapov !
Ca s'annonçait de façon merveilleuse avec ce contraste fabuleux entre les sportifs qui regardaient, en contrebas, au Vieux Saint-Etienne, le match de foot France-Allemagne et les intellos écroulés avec un livre dans des transats en attendant le récital du Siffleur. Il a débuté avec le trio de Schubert de "Péril en la demeure". Je vous le cherche... et je vous le trouve (ci-dessous). Ca devrait plaire à Berthoise la siffleuse !
Ecris ! Ecris ! Ecris les mots du cœur ! Ecris les mots moqueurs !
Qu’on tique à ton cantique ! Qu’on s’écrie à tes cris ! Qu’on proteste à tous crins, Qu’on conteste tes écrits, Qu’on tempête face à leur écrin ! Qu’on critique ta poétique !
Ecris ! Ecris ! Et crie ! Sois preste à devenir peste !
Aie la rage ! Sois l’orage ! Noie les aèdes Dans leur eau tiède ! Tire parti du tapage, Prends parti pour le partage ! Jette-toi dans les rapides ! Ecris-nous des mots limpides Sans te préoccuper des modes Camarade !
Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mai 2018 à partir dela consigne ci-dessous
Si tu entendais mes soupirs, Saurais-tu combien je silence, Combien je te pause sur un piédestal ?
J’ai double-croché ton portrait Sur tous les murs-murs de ma chambre, Je te gainsbarre de reprise, Je te pointdorgue sans mesure.
Comme je voudrais que tu m’arpèges, Que tu me dièses, Que tu me crescendotes Au bécarre de tour De tout ton amour, Que tu me blanches, Que tu me rondes Que tu m’anicroches Que tu me clédesoles
Oui j’aimerais tant que tu me hautboives, Que tu me tires l’ut, Que tu me libidores la pilule, Que tu me sérénaïades, Que tu me symphonymphonies, Que tu me concertisses Des diamants de ta musique !
Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mai 2018 à partir dela consigne ci-dessous
- ôter, paraît-il, pellicule - épousseter revers de col - avoir une relation intime - être le gorille dominant - épouiller un Emmanuel - bientôt échanger des beignes - tambouriner sur le poitrail - être président-singe
Et, côté lecteurs du journal : Ne plus savoir quoi chimpanzer !
Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mai 2018 à partir dela consigne ci-dessous
Il fait pieds nus dans les sandales, Il fait collier fin sur haut de poitrine
Il fait bras nus pour tout le monde Il fait petit vent dans les branches au soir qui tombe.
Il fait mai, bientôt juin, Temps de poème en nos journaux Il fait dictionnaire de rimes
Il fait guitare sur le dos Et retour chemise trempée : Sueur à ne plus travailler
Marche vers l’été inconnu Il fait incertain de périples
Il fait retour des festivals Il fait retour des estivants Il fait musique pour vivants : Régénérer l’octogénaire Avec des rythmes neufs… d’hier !
Il fait de l’endormissement Dans les ateliers d’écriture
Bientôt du temps de 24 heures Et trous de vrillettes indûment Par où s’échappent des ciels blancs Et des nuits à compter étoiles, A dormir fenêtres ouvertes Et gonfler, par ses ronflements, Les ailes du moulin du temps.
Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mai 2018 à partir dela consigne ci-dessous
N.B. Les photos qui illustrent ces poèmes ont été prises au Musée des porcelaines du château de Nymphenburg (Allemagne) le 3 mai 2018.
Je n’aime pas quand Halévy arrive avec des sujets comme ça ! Est-ce que c’est bien sérieux de me demander à moi, Henry Meilhac, librettiste pas triste, d’écrire des chansons, drôles ou pas, à partir d’éléments biographiques aussi insipides ? D’abord, où a-t-il dégoté cette pièce de Jules Barbier ? Qui c’est ce mec inconnu au bataillon ? Et qu’est-ce que c’est que cette histoire de pimbêche à qui les hommes amoureux d’elle ne plaisent jamais ? Pourquoi pas, tant qu’à faire, les aventures d’une prostituée tuberculeuse ? Je ne sais pas s’il se rend compte, Ludovic, que je ne vais pas pouvoir pondre d’un seul jet des couplets qui plairont à Offenbach pour ses « Comptes d’Ophwoman » à partir de cette matière-là. Jugez par vous-même :
- Le premier soupirant d’Olympia fut un aspirant de marine qui avait besoin d’aspirine car, trop porté sur la bouteille, il trouvait bien souvent duraille de devoir faire des merveilles pour être à la hauteur des désirs du bas-bleu dont il visait les épousailles. Peu enclin aux trouvailles et mal armé pour la rimaille il passait par le soupirail pour aller dans la cave boire le jus de la treille conservé en flacons. Le beau-père potentiel apprécia peu cette intrusion par passion et ces penchants pour la boisson. La jeune fille non plus. On rompit les fiançailles.
Au suivant ! Le deuxième plut beaucoup à Madame Coquatrix. Elle le trouvait au poil et il s’en fallut d’un cheveu que ce prétendant fût le bon. Mais Olympia ne goûta pas l’idée de devenir épouse d’un botaniste hyper-barbu qui menait au Museum d’histoire naturelle des recherches sur les plantes carnivores. Il rêvait de devenir le singe de son service mais comme seul argument de cette ambition-là il n’avait à offrir qu’une pilosité abondante et sa propension à ramener du travail à la maison. Les plantes qui prennent la mouche, faut aimer.Qui plus est, tout comme Henri IV, l’homme embaumait l’ail à trois pas. Rien de tel pour déboulonner l’idole. La jeune fille mit fin à l’’idylle.
Jamais deux sans trois. Il y eut ensuite le peintre de Toulouse, petit, mal embouché et chameau sur les bords. Un bosseur bossu et iconoclaste. On découvrit d’après certains cancans qu’il était fort goulu de femmes de mauvaise vie et qu’il avait vécu autrefois à Montmartre dans une maison close. San compter qu’il commit maintes folies avec plusieurs bergères. La famille Coquatrix ne tenait pas à ce qu’Olympia s’acoquinquinât avec ce pratiquant forcené du jeu de la bête à deux dos. Il devint, le rapin de Toulouse, l’autre ex.
Avec le quatrième de ses prétendants, on faillit acquérir des quartiers de noblesse. Il s’agissait en effet de Pierre-Igor de Talleyrand, marquis de Confitdoie et apparenté à la mode de Bretagne avec Charles-Maurice le très connu ministre de Napoléon 1er. Malheureusement, tout comme son parent, Pierre-Igor était né avec une jambe de bois et ainsi que lui traitait toute la gent féminine de « mère d’en bas de soi ». Cet appariement avec un boiteux à langage peu châtié partait d’un trop mauvais pied pour qu’on pût cheminer longtemps ensemble. "De toute façon, commenta Olympia, vos velléités de mariage, ça commence à me faire une belle jambe, espèce de bande de casse-pieds !"
Là-dessus, comble du désespoir pour les parents de la jeune fille incasable, la jeune demoiselle s’enfuit avec un musicien pour aller élever des chèvres au Larzac, poser nue pour des peintres de passage et même déjeuner sur l’herbe en petite tenue parmi des messieurs habillés. Quel scandale ! Mais c’est qu’on est rendu en mai 1868, voyez-vous ? Vois-tu Henry ce qu’on peut tirer de couplets pour ces « Comptes d’Ophwoman » ?
Je me suis mis au travail dès le lendemain et j’ai d’abord pondu une gwerz, une espèce de lamentation bretonne sur la douleur des familles bourgeoise qui ont du mal à caser leur progéniture ou voient leurs valeurs voler en éclats avec le développement de la société industrielle et la montée de l’Impressionisme. Et puis le soir j’ai dit Basta ! Offenbach trouvera bien quelqu’un d’autre pour adapter cette histoire stupide. Je renonce. Pour ne pas perdre complètement ma journée d’écriture, j’ai torché à la va-vite un chant de marin à ma façon sur le sujet. C’est évidemment incasable, personne n’en fera jamais rien mais bon je ne sais pas si vous avez remarqué mais Halévy et moi, on a besoin de vacances !
N.B. Effectivement, c’est Jules Barbier qui adapta lui-même sa pièce pour donner naissance, en modifiant le titre et l’intrigue, à l’opéra le plus fantastique qu’on connaisse d’Offenbach : « Les contes d’Hoffmann ».
Quant à la chansonnette non signée d’Henri Meilhac, elle connut elle aussi une certaine postérité. La preuve : elle est encore aujourd’hui inscrite au répertoire ! Au répertoire du Club des 5 !
Cour de Cassation Chambre civile 2 Audience publique du 24 octobre 1257 N° de pourvoi : 57-11359 Publié au bulletin.
Président : Sa Majesté Louis IX, roi de France ; Rapporteur : M. Grand-Saint-Eloi ; Avocat(s) : M. Marron, la SCP Rina, Bühler et Tarinetta-Bella (arrêt 1), la SCP Sarcozoute Van Ty (arrêt 2) ; Avocat général : M. Castagnetas.
Titrages et résumés : ACCIDENT DE LA CIRCULATION - Indemnisation - Exclusion - Victime autre que le cavalier - Faute inexcusable.
Définition : Seule est inexcusable, au sens de l'article 4 de la loi n° 45-677 du 5 juillet 1245, la faute volontaire d'une exceptionnelle gravité exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir conscience. Par suite viole le texte susvisé l'arrêt qui déduit l'existence d'une faute inexcusable des énonciations selon lesquelles, après avoir marqué un temps d'arrêt au signal "dragon prioritaire" et circulé ensuite sur une voie d’auto-défense, le chevalier Saint-Georges s'est engagé sur la voie réservée aux véhicules de livraison de moutons alors que survenait sur cette voie un dragon princessophage riverain et qu'il a ainsi manqué à l'une des obligations édictées par l'article R. 27 du Code de la route en caillasse en ne cédant pas le passage au dragon pourtant autochtone (arrêt 1). Viole également le texte susvisé l'arrêt qui déduit l'existence d'une faute inexcusable des énonciations selon
lesquelles le chevalier Saint-Georges s'est engagé dans un combat sanguinaire sans respecter les obligations que lui imposait la présence d'un panneau "port d’armes prohibé" et que l'obligation de marquer l'histoire et de ne s'engager qu'après s'être assuré qu'il pouvait le faire sans danger, s'imposait d'autant plus à lui que, le parking du restaurant étant situé hors agglomération, les dragons peuvent jouer la carte «véhicule prioritaire» à une vitesse relativement élevée (arrêt 2) sans que le chevalier Saint-Georges ne dispose de la carte «camion-citerne», même pas dans sa manche, pour éteindre le feu craché par icelui.
ROYAUME DE FRANCE AU NOM DE SA MAJESTE LOUIS IX
Sur le moyen unique :
Vu l'article 4 de la loi n° 45-677 du 5 juillet 1245 ;
Attendu que seule est inexcusable au sens de ce texte la faute volontaire, d'une exceptionnelle gravité, exposant sans raison valable son auteur à un danger dont il aurait dû avoir conscience ;
Attendu, selon l'arrêt infirmatif attaqué, que, dans une altercation, une collision-contusion se produisit entre M. Saint-Georges à cheval et le dragon géniteur de MM. Eliott, Ballzède et Coutainville, ici-plaignants, que celui-ci fut blessé, que ses descendants ont réclamé à M. Saint-Georges la réparation du préjudice subi ; que M. Saint-Georges, reconnu vainqueur, reprit la route avec indifférence ;
Attendu que pour exclure l'indemnisation des dommages subis du fait du chevalier Saint-Georges en retenant une faute inexcusable de la victime, l'arrêt se borne à énoncer que M. Saint-Georges s'est engagé dans le carrefour sans respecter les obligations que lui imposait la présence d'un panneau "Attention dragon" et que l'obligation de marquer l'histoire et de n’engager un combat qu'après s'être assuré qu'il pouvait le faire sans danger s'imposait d'autant plus à lui que, le carrefour étant situé hors agglomération, les vésicules empruntant la voie hépato-biliaire pouvaient s’enflammer à une vitesse relativement élevée ;
Qu'en déduisant de ces énonciations l'existence d'une faute inexcusable à la charge de M. Saint-Georges, la cour d'appel a violé le texte susvisé ;
PAR CES MOTIFS :
CASSE ET ANNULE l'arrêt rendu le 22 mai 301, entre les parties, par la cour d'appel de Silène (Lybie) ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l'état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d'appel de Vincennes pour un règlement du litige autour d’un échiquier avec obligation pour M. Dragon de jouer les coups suivants avec les noirs : 1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 g6.
(Photo prise à Barcelone le 1er mai 2014)
- Je ne comprends rien ! dit le roi. Si les faits remontent à 301, comment les plaignants peuvent-ils être encore vivants en 1257 ? Et surtout, n’y a-t-il pas prescription, avocat général Castagnetas ? - Si fait, Votre Majesté. Si fait ! Excusez-nous, mais depuis que nous rendons la justice sous un chêne, des feuilles tombent parmi nos parchemins, surtout en automne, et celle-ci s’est trouvée mêlée à nos dossiers en cours.
- Vous pourriez faire le tri, quand même !
- Cela ne se reproduira plus, Majesté, nous vous le promettons. Passons à l’affaire suivante, voulez-vous ?
Tandis que l’avocat général entame la lecture d’un autre parchemin, le roi Saint-Louis se tourne alors vers son voisin et lui confie :
- On n’est vraiment pas aidés, Grand-Saint-Eloi ! Parfois j’ai l’impression d’être à la tête d’un royaume habité par des glands !
On venait de quitter l’Iowa. Depuis que l’on avait posé des rails sur la prairie, le train traversait d’Est en Ouest les Etats enfin unis d’Amérique, histoire de confirmer ce que cette sentence du Sussex susurre même aux sourds : « Il faut bien que les guerres de succession et de sécession cessent sinon c’est du souci incessant». On était en 1878 et si on ne se battait plus depuis plus de dix ans entre Nordistes et Sudistes, on n’était pas sortis de l’auberge pour autant vu que les guerres indiennes avaient pris le relais. Enfin bon, ça faisait un an que les Sioux et les Cheyennes du Nord s’étaient rendus. On allait pouvoir assister à une autre ruée vers l’or dans les Black Hills.
A l’arrêt de Mitchell, une femme jeune et jolie, vêtue d’une robe mauve, d’une grande capeline assortie et coiffée d’un chapeau à rubans était montée dans le wagon. Elle l’avait balayé du regard, s’était installée sur la banquette vide tournant le dos aux quatre employés de banque qui jouaient aux cartes. Elle avait sorti un livre de son sac et s’était mise à lire.
Johnny Horse était le seul autre occupant du wagon. Il décida de tenter lui aussi sa chance. Il vint s’asseoir en face d’elle et la dévisagea le plus innocemment du monde.
- Bonjour, dit-il. Tu t’appelles comment ? - Je m’appelle Lily Lasouris. En fait non, je m’appelle à nouveau Lily Saint-Georges. - Tu es française ? C’est un pseudonyme ? - Saint-Georges est mon nom de jeune fille mais je suis la veuve du sergent Lasouris. Et toi, beau blond, comment t’appelles-tu ?
(Les Anglais et les Américains en viennent d’autant plus vite au tutoiement que dans leur langue le «vous de politesse" ne les étouffe pas : il n’existe simplement pas. Cela donne de piquants dialogues comme : - Permets que je te baise, baronne, le bout des doigts ? - Fais, Dulogis ! (Car le maréchal se nomme ainsi). - Les yeux dans les yeux, je te jure que je n'ai jamais eu de compte en Suisse ! - Il y en a un peu plus. Je te le laisse ? - Comment as-tu trouvé le Minnesota ? - En remontant le Mississippi !)
- Je m’appelle Johnny Horse. Je reviens d’un stage de pâtisserie orientale que j’ai effectué à Davenport dans l’Iowa. J’ai pris ce train pour rejoindre mon salon de thé à Rapid City. C’est quand même super le train ! Autrefois on était obligés de prendre la diligence pour faire ce trajet. Et toi, Lily, où vas-tu ? - Je vais derrière les Collines noires, à Gilette. C’est là que mon mari a rendu l’âme. Je vais me recueillir sur sa tombe et après je m’installerai là-bas pour évangéliser les Cheyennes. - Evangéliser les Cheyennes ? Après qu’on les a exterminés et parqués dans des réserves ? Je trouve ça un peu Sioux, comme démarche, pour ma part.
Lily ne répondit pas.
- Tu n’as donc peur de rien ? Ne sais-tu pas que plus on va vers l’Ouest, plus il y a de dangers ? Il y a sans cesse du grabuge à Pancake Valley : quand ce ne sont pas des voleurs de chevaux, c’est une alerte aux Pieds bleus ! Et puis toute cette lignée de hors-la-loi, Jesse James, Billy the Kid… sans compter que les Dalton courent toujours ! - J’ai une lettre de recommandation pour le lieutenant Chicken au 20e de cavalerie. Il était sous les ordres de Custer avec mon mari à Little Big Horn. Il pourra me protéger, m’offrir une escorte en cas de besoin. - En tout cas, tu n’es pas rendue, le voyage est encore long. Sans compter qu’il y a un passage dangereux après Canyon Apache. Et puis… il y a Gulliver. - Gulliver ? Qui est-ce ? - C’est une espèce de dragon, un monstre sanguinaire qui dévore tout ce qui s’aventure sur la voie ferrée. - Tu racontes des bêtises, Johnny ! Tu essaies de me faire peur pour me détourner de mon projet, de ma mission. Je parie que tu es célibataire et que tu rêves de te trouver une bonne petite épouse bien soumise pour tenir ton saloon ! - C’est un salon de thé, Lily, tout ce qu’il y a de plus honorable, destiné aux dames de la ville et pas un abreuvoir à cow-boys. - Ta ta ta ta ta ! C’était bien essayé mais n’y songe pas, même en rêve ! Et à part ça, à quoi il ressemble ce Gulliver ?
- C’est un chat sauvage du Kansas. Un chat géant qui a la particularité d’être tigré et omnivore. - N’importe quoi ! Un chat omnivore ! Pourquoi pas un cochon avec des bottes rouges pendant qu’on y est ? Que veux-tu qu’un chat, même géant, puisse faire à un train lancé à toute vapeur sur ses rails vers les promesses de l’Ouest ? Un chat sauvage du Kansas ! Many Dick Rivers to cross ? C'est pas sérieux ! Tiens, je veux bien parier avec toi, Johnny Horse ! Si un jour je rencontre ce Gulliver, je reviendrai m’engager comme femme de mauvaise vie dans ton saloon, foi de Lily Saint-Georges ! - C’est un salon de thé, mais pari tenu, je t’engagerai comme cuisinière pour faire des gâteaux. - Maintenant, si tu veux bien me laisser lire ma bible, Johnny, je t’en serai reconnaissant. Au moins, là-dedans, il n’y a pas d’histoires aussi abracadabrantesques ! - Mais certainement. Lis, Lily !
Un peu dépité, Johnny retourna s’asseoir à sa place initiale, il posa son front contre la vitre et regarda défiler le paysage.
Plusieurs heures après le train s’arrêta à Rapid city. Johnny prit sa valise et en passant au niveau de Mme Lasouris qui lisait toujours, au lieu de soulever son chapeau, de lui souhaiter bonne route, d’échanger un mot d’adieu avec elle ou de lui reparler de leur pari, il se contenta de faire un signe de croix.
Ce geste, bien que discret, n’échappa pas au regard de la jeune femme. Elle eut un regret. Il était mignon, ce beau blond mais un peu trop craintif, un peu trop crédule et finalement très, très voire beaucoup trop popote. Elle avait besoin d’aventure pour sa part, sans cela elle n’aurait pas épousé un militaire. Et si c’était pour ouvrir un salon de thé, elle pouvait tout aussi bien faire ça sur la côte l’Est.
La souris bibliophile se replongea dans son livre sacré. Le train se remit en marche. Vers la fin de l’après-midi on atteignit les premiers contreforts montagneux des Collines noires. Cela faisait déjà très longtemps qu’on ne voyait plus ni fermes ni barbelés sur la prairie. Un peu avant Sundance, comme le soir tombait, le train pénétra dans un tunnel.
Quand la locomotive et les wagons furent ressortis à l’air libre, le chat géant donna un coup de patte qui fit dérailler le convoi. Puis Gulliver croqua Lasouris, les employés de banque, le jeu de carte, la bible, le wagon, la loco et même le tender avec la réserve de bois et de charbon. A quoi ça servirait sinon, d’être Chat sauvage du Kansas, omnivore et tout le temps affamé ?
Puis il s’en alla ronronner d’aise ailleurs et l’auteur posa sa plume. Lui aussi était satisfait de cette variante dans laquelle le dragon n’a rien d’effrayant, Saint-Georges ne remporte pas la victoire, les animaux ne se font pas bouffer, enfin si mais pas tous et pas comme on s’y attend, et la population autochtone qui n’a rien demandé à personne peut continuer à fumer son calumet électronique (ou pas) en paix.
Dans la série exploration des archives, j'ai ressorti un carton de cédéroms sur lesquels sont stockées mes premières photos numériques ! Pas besoin de les redimensionner ! A l'époque l'appareil faisait du 2 MO de pixels et j'utilisais sans doute, comme un gros bêta que j'étais, le mode réduit pour pouvoir en mettre plus sur la carte ! Ce qui explique la piètre qualité des clichés ! Et ça ne fait qu'onze ans ! Je ferais peut-être bien d'arrêter de faire de la photo et de me racheter un appareil dans onze ans !
Ah j'aurais bien écrit pour le prochain Défi du samedi un texte sur le rythme heurté du jogger photographe mais j'ai peur de lasser avec mes diaporamas photographiques ! Et puis sur mon compte Youtube, ce ne sont pas ceux-là qui sont les plus consultés, ce sont les chansons nulles que j'y interprète : la patrouille des éléphants : 557 vues !
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.