Ces jeunes gens avec lesquels j'ai chanté "Qui veut chasser une migraine" à la fin du concert de Tri Yann venaient-il réellement de Belgique ? Etaient-il programmés en "in" ou en "off" ? Je ne les ai pas retrouvés dans le programme mais je n'ai pas épluché non plus sur le web la liste de tous les groupes présents. Toujours est-il que, Grimbergen, Coreff ou quoi, ils ne crachaient pas sur (ni dans) la bière ni sur les chansons à boire !
L'indésirable Désiré, de Mittéï ?
Regardez bien cette photo. Astérix s'est (à peine) caché dans la foule. Saurez-vous le retrouver ?
Le cercle celtique de Paimpol porte le joli nom d'Anjela Duval. On trouvera ici, sur le site de l'association des amis d'Anjela Duval, de quoi se renseigner sur cette poétesse bretonne. J'y ai vu avec grand plaisir qu'elle aussi pratiquait volontiers le "Sei Shonagon" ! ;-)
Sur les quais du Festival du chant de marin, par contre, c'était "mitraillage de coiffe à volonté" !
Ne vous y trompez pas : la douche rustique et les toilettes sèches c'est un seul et même endroit. Il y a des trous dans le toit des toilettes sèches et nous sommes le seul jour de l'été où il aura plu !
Ami(e)s du véganisme, bonjour !
Ici Joe Krapov a répété quelques chansons drôles dont celle-ci glanée à Paimpol dans le répertoire des Goristes :
Au Festival du chant de marin, à Paimpol, on est toujours partagé entre deux envies. Se poser au pied de la scène Stan Hugil pour voir, écouter et photographier les pointures ou aller se balader le nez au vent et encaisser les surprises musicales ou autres posées sur les bateaux, sur les quais ou sur les trois autres scènes. Côté grande scène, cette année, c'était une très belle affiche : Tri Yann, le trio Joubran, le Mystère des voix bulgares, les Goristes, Motivés, Goran Bregovic + du beau monde que nous avons zappé pour ne pas rentrer à la nuit tombée ou plus prosaïquement pour aller dîner. Côté sur les quais c'était très bien aussi avec de jolis coups de coeur liés à la découverte des Margaux, du cheval vapeur, de Babord Amures et de ce duo japonais inattendu, Aco + Taka
Vous savez comment ça marche ? On descend la pochette de négatifs du grenier pour trouver des photos de la Cantonade. Et au lieu de scanner les partitions de la chorale Choeur à coeur on se met à scanner les négatifs de la pochette en question en jouant des parties contre Titan Chess au niveau 6 (ben oui c'est long de scanner des diapos et des négatifs !) ! Heureusement la température a un peu baissé et j'ai pu faire trois quart d'heures de vélo cet après-midi. Sinon, en fait de vacances sportives et de nettoyage par le vide du grenier, c'était assez mal barré aujourd'hui et j'aurais pu chanter avec Jacques Higelin : "Encore une journée d'foutue" !
Ces photos ont sans doute été prises au concert final d'un stage de violon de l'école de musique de Sablé-sur-Sarthe. Elles sont la preuve de notre déjà grande curiosité intellectuelle de l'époque. Personne ne jouait du violon chez nous à part moi qui massacrais l'instrument en essayant de jouer juste par-dessus des cassettes du groupe folk Tournevire.
Morbleu ! Ils existent encore et sont sur Youtube ! Je vais encore perdre plein de temps demain à les réécouter en jouant de la guitare par-dessus leurs morceaux !
Quel effet ça fait d'avoir vingt-quatre ans de plus ? A moi, rien !
Plein d'occasions de faire la fête à Rennes ces jours-ci : il y a des matchs de la coupe du monde féminine de football. Ce vendredi c'était Ecosse-Japon :
Sur le mail François Mitterrand, on préparait les concerts du festival "Les Fleurs du Mail"
Sur le coup de midi je suis allé déjeuner à la Fête de la Maison de quartier de Villejean puis j'ai donné là un concert de chants de marins avec "La Ritournelle" et M. Kaïrakovski, l'accordéoniste du Club des 5. Un grand moment !
Sur le marché de Villejean j'ai photographié l'homme sandwich du XXIe siècle : "Changeons ce monde ! Abolisson l'argent ! Choisissons l'humanité ! http://www.mocica.org
J'ai découvert à l'occasion le baby-foot avec charlotte !
J'ai appris que "fête" en russe se dit "Viétchérinka".
Et un peu plus tard on m'a parlé de cette chanson russe et de son adaptation en français.
Son titre est "Odinokaya garmon' "que l'on peut traduire par "l'accordéon solitaire".
" Si tu te couches dans, mes bras, Alors la vi' te semblera Plus facile...
Tu y seras hors de portée Des chiens, des loups, des homm's et des Imbéciles... (bis)
Nul n'y contestera tes droits, Tu pourras crier : Viv' le roi! Sans intrigue... é
On les r'trouve en raccourci, Dans nos ptit's amours d'un jour Toutes les joies, tous les soucis Des amours qui durent toujours !
C'est là l'sort de la marine Et de tout's nos petit's chéries. On accoste, vite un bec, Pour nos baisers, l'corps avec !
Un champ de blé prenait racine Sous la coiffe de Bécassine, Ceux qui cherchaient la toison d'or Ailleurs avaient bigrement tort. Tous les seigneurs du voisinage, Les gros bonnets, grands personnages, Rêvaient de joindre à leur blason Une boucle de sa toison. Un champ de blé prenait racine Sous la coiffe de Bécassine.
Le géographe était pris de folie, Quand il imagina de tendre, Tout juste entre l'Espagne et l'Italie, Ma carte du Tendre.
Au bois d'Clamart y'a des petit's fleurs, Y'a des petit's fleurs Y' a des copains au, au bois d' mon cœur, Au, au bois d' mon cœur.
Cette bouteille était tombé' De la soutane d'un abbé Sortant de la messe ivre mort. Une bouteille de vin fin Millésimé, béni, divin, Je la recueillis sans remords.
Bill Murray chante ? Ce que j'en ai entendu sur Youtube m'a semblé suffisamment horrible pour que je n'en ramène rien ici ! En même temps, moi aussi je chante des horreurs !
"Pas de vélo sur ce poteau SVP. Laissez passer les poucettes [sic] et fauteuils, ce serait super!!! Merci"
There is a war between the man and the woman, the cycliste and the piéton the trottinette man and the planche à roulettes boy, the rich and the poor, and... and... and...
- Mademoiselle a du chien ! - Aux abois, Joe Krapov ?
C'était la fête du jeu sur le mail, ce samedi-là. Je vais peut-être bien m'installer là avec un jeu d'échecs, cet été ! Il n'y en avait pas sur place mais le lendemain j'ai eu la chance de disputer une partie à la terrasse des Grands gamins. J'étais en bonne posture mais la pendule a encore eu ma peau !
Lorsque nous habitions Sablé-sur-Sarthe, nous n'allions au Mans que pour la manifestation intitulée "les 24 heures du livre" ou, l'été, pour assister aux Cénomanies puis aux Scénomanies. J'y allais aussi certains dimanches pour jouer aux échecs en compagnie de pittoresques lurons.
Nous étions tout sauf des touristes alors et à part le vieux Mans et sa maison du pilier rouge, des pans entiers de cette ville nous sont restés inconnus. L'été dernier nous avons corrigé - un peu - le tir en allant visiter le Musée des Beaux-Arts (Musée de Tessé) et le jardin des plantes.
Tu crois ça, toi ? Combien tu lui fais de bosses au petit du dromadaire et de la chamelle. Ah ben oui, parce que, faut pas croire mais ils y jouent aussi, ces animaux-là, au jeu de la bête à deux dos !
- Toi livide Livia dont on voit sur la vidéo te dévoilant sans voiles qu’il t’a ravie au lit, dis quel talent a-t-il, l’Italien, que nous n’avons pas ? Quelles secousses sismiques à lui dues provoquent les mimiques où ta joie quand tu jouis se dilue?
- Est-ce un Mickey maousse à mes trousses qui fait que je me trémousse ? Glop glop ! glapit devant son plug ma glotte. Sa tagliatelle est magique : elle glose et glisse avec délice comme sur la glace et je glousse et détrempe dans l’église d’indolence au faîte de tout, lourde du délit d’insolence au soir, jamais lasse comme Alice, l’Anglaise qui trempe le loir dans la mélasse au thé des fous.
- Dégueulasse ! J’en perds mon latin ! C’est la dernière fois que je te cuisine, cousine crue sans QI qui carottes mes espoirs, par cet aveu-plongeon, d’être un jour ton Don Juan !
Tope là, mon pote ! La popote du pape n’est pas top ! C’est des pâtes, des pâtes, des pâtes qu’il se tape, sauf parfois des patates aux câpres et paprika quand Capri s’est fini ou qu’il part se détendre à Pâques au Pakistan.
Le mime s’abîme dans la contemplation du Pô sans piper mot.
Quand le lévrier lève un lièvre en fuite le chasseur avec fièvre mais sans shit fonce tout schuss à sa suite et, sache-le, ça chie s’il trébuche sur une souche louche et ramasse une bûche. Ca le rend chèvre.
Chez les Papous, papa, les pinups sont pimpantes, les papys font du parapente et les pompiers du pont des Loges délogent les pipistrelles sans papiers qui pépient et piaillent la nuit à Paimpont où l’abeille coule, l’abeille coule, l’abeille coule près de l’abbaye cool.
Dans les granges qui regorgent de grains d’orge, quel grabuge ! Voilà qu’un gros et gras dragon grunge s’en vient faire rendre gorge à la prospérité des paysans du coin.
Tâter un tantinet du twist en trottinette est tentant. Mais gare à tes mollets si tu te casses la margoulette. Souvent il en coûte croûtes rouges, crois-nous, mou du genou !
Il faut la jouer mollo, mollah, le chant de ce cher Serge chez qui nous sommes, qui se moque du moka, « Couleur café ». La mélodie décaféinée, au mélodica déféquée, sans liqueur, ou tapée sans délicatesse – qu’est-ce ?- sur ta caisse claire, ça énerve et ça écoeure.
Ineffable fable : l’acquis et l’inné savent s’incliner devant la douleur quand le kiné meurt
Caca décoté du Dakota, Tapioca décapoté de Bogota Folles gaîtés du goal fêté au Golgotha Un sans atout sans un iota Chats farceurs du Minnesota Amateurs mous de la Rotonde Il faut de tout pour faire un monde !
Quand Lassie est lassée que tu tires sa laisse, si tu la laisses aller à son allure à elle à la chasse au lapin, tu rentres lessivé… de lièvre !
- Jamais je n’eusse cru que tu fusses si cru et causasses de cul, Lustucru, vieux salace !
- Que veux-tu, Mère Michel ? Sous la charmille, à la charmante qui m’est chère m’y mêle chair, monte aux échelles du plaisir. Il ne tient qu’à toi qu’on soit trois sans tracas à s’adonner en silence à la truculence de l’existence. Joins-toi-z- à nous, au moins à nos jeux à genoux ! Sinon tais-toi ! Nul ne va me tançant cent ans sans que je n’aille ressentant le besoin de protestation !
Autrefois, j'étais l'éléphant le plus célèbre de toute la France. Maintenant, à Nantes, depuis qu'ils ont installé leur éléphant mécanique près de la galerie des machines, je n'existe plus pour personne. Ca me déglingue. Je ne suis plus qu'une loque !
Les découvertes réjouissantes
Cet après-midi sur le Défi du samedi, découverte d'un extrait de "L'Auberge du cheval blanc" dans la contribution de mon oncle Walrus. Ni une ni deux je file aux Champs libres renouveler mon abonnement et emprunter le double CD de cette opérette allemande dans sa version chantée par Bourvil. Des morceaux d'une gaîté à vous remettre d'aplomb tout un régiment de déprimés ! J'adore ceci :
A la porte de l'ancien temple Redis-toi bien, avant d'entrer, Qu'il n'est pas question de payer les pots que les autres ont cassés.
Si la clé de tes songes Sur de tels paysages Ouvre grand le chemin alors serre-là fort au creux de ta main droite !
Suis ton étoile, Cherche le soleil, N'envoie pas ton bonheur se faire voir chez les Grecs !
En un mot comme en cent : 366 réels à prise rapide
25 mars 2016
Un air dans la tête
S'il n'y avait qu'un air dans ma tête !
J’en écoute tellement !
Tant de musiques m'accompagnent, tant d'autres entrent dans ma guitare !
Je sue sang et eau sur le solo d'orgue des "Cornichons" de Nino Ferrer, je ralentis certaine version de Leonard Cohen - ça il faut le faire, quand même ! - mais ce que réclament mon inconscient et mon conscient depuis deux mois est bien ce qu'on a braillé place Rallier Du Baty samedi dernier : « J'veux du soleil ! »
Même après le Défi du samedi, on continue de célébrer le kitsch ? Le deuxième dimanche du mois un marché d'antiquaires prend place désormais sur le mail François Mitterrand.
Autoportrait ampoulé (de Loué ?)
Encore un vélo pour Sebarjo ! Il y a du "chargé comme une valise" dans l'air !
Allez, tiens, je le fais !
Dans le vieux bahut Des seringues pour charger Comme une valise !
Je voulais intituler ce billet "Retour à l'état de nature" mais ça la fichait mal : à l'écluse de Moulin-du-Comte, on est encore en plein dans les vestiges d'une activité très humaine, se déplacer au fil de l'eau.
Le mouton ballot Est celui qui, victime d'un coup de mou, Tombe à l'eau
Le ragondin demande-t-il pour Noël un manteau en poil d'humain ?
Nous étions donc hier au carnaval de Granville. Une vraie ambiance de Carnaval avec de la satire, plein de gens déguisés, une atmosphère de fête et de relâchement - dans le sens "on se lâche" ! -complet. J'y reviendrai d'autant plus souvent que nous avons ramené un nombre de clichés... conséquent !
- C'est ici qu'on engage des gens pour tourner dans un film ? - C'est ici mais c'était la semaine dernière. - Faut nous laisser le temps d'arriver aussi ! Y'a vraiment pas moyen de faire un bout d'essai ? - C'était un casting d'huîtres ! - Et alors ? - Eh bien... Vous êtes une moule, non ? - Moi, une moule ? Vraiment ? Pourtant on m'a toujours dit que j'étais la meilleure pour enfiler des perles !
- Tu me le prêteras, dis ? - Je ne sais pas. - Allez, sois sympa, j'en prendrai grand soin, je te le promets. - Bon d'accord, mais je te préviens : mon boomerang s'appelle "reviens" !
Bien sûr qu’on aimerait s’échapper ! Quitter le peloton et remporter l’étape, recevoir le maillot jaune, le bouquet de fleurs et la bise au vainqueur !
Mais, sérieusement, comment faire quand…
- Vous avez l’impression que ce n’est pas du nougat ;
- On vous a rayé des cadres ;
- Vous n’êtes pas le Dieu Pan et encore moins en état de faire la roue ;
- Vous êtes toujours plus ou moins déjanté ;
- Vos articulations sont rouillées ;
- Votre matériel date un peu…
- … ou n’est pas à votre taille ;
- Les jeunes générations vous traitent de Charlot ;
- Le dopage est interdit, même pour les machines ;
Seules vos sacoches ont la cerise ;
- Le médecin vous a mis au régime sans selle ;
- Vous n’êtes plus que l’ombre de vous-même .
- Vous ne croyez pas aux miracles ;
- Vous vous dites même parfois que vous êtes bon pour le rebut ?
Alors vous décidez que ces objectifs-là sont comme les raisins de La Fontaine : trop verts et bons pour des goujats !
Photos prises à Montélimar (Drôme), Port-Bail (Manche), Toulouse (Haute-Garonne), Rennes et Vitré (Ille-et-Vilaine) en 2015 et 2016.
- Bon alors, Lenglumé, ces fichés "S" ? - J’ai épluché toutes leurs dépenses de juin-juillet, Chef ! C’est du lourd ! Des vrais Scandaleux ! - Très bien ! Qu’est-ce que ça raconte ? - Le 26 juin ils ont acheté pour 52 € de liquide inflammable au relais des Trois marches à Vezet-le-Coquin. - Des pyromanes ? Des incendiaires ? - Non, c’est juste de l’essence pour la voiture. Ils refont le plein le 5 juillet. 58 €. - Ben dites donc, ça a roulé, on dirait ! - Ouais. La femme a fait tout un va-et-vient entre Redon, Nantes et Montfort-sur-Meu. - Ca existe, ça ? - Ouais, c’est vache comme nom, hein ? On les retrouve le 9 juillet au camping de la Route d’Or à La Flèche dans la Sarthe. Deux nuits, 27,14 €. - Un camping qui ne pousse pas vraiment à la consommation. La Sarthe, c’est là où il y a le Las Vegas ? - Oui mais à côté, à Sablé. - Qu’est-ce qu’ils fichent par là, les fichés ? Ils font du repérage chez François Fillon ? - On ne sait pas. Premier contact le samedi avec deux natifs du cru. A cette date, à la Flèche, il y a un festival de théâtre de rue, les Affranchis. Gratuit ! Les comédiens prennent des spectateurs en otage. Ils prennent peut-être des leçons ? Toujours est-il qu’on a un chèque le lendemain midi à l’ordre de L’Etoile du Maroc.
- Ah nous y voilà. Une mosquée ? - Non, un restaurant de couscous. Ils y rencontrent deux autres complices venus d’ailleurs. Un dénommé Z et sa belle. Le 11 ils prennent à nouveau de l’essence et l’autoroute ensuite. Sortie à Bourg Achard près de Rouen. Le 13 ils sont à Carvin dans le Pas-de-Calais. Ils achètent des pinceaux et de la peinture dans un hypermarché. - Pour maquiller le véhicule ? - Non, pour repeindre un corridor et des toilettes ! Le 15 ils déjeunent à l’Opéra corner de Lille. Vous imaginez, chef ? 20,60 € ! Ils n’ont même pas pris de dessert ! - Ah, les fumiers ! Mettez-moi cet établissement sous surveillance. Je les connais, ils ne proposent même pas de menu à la carte à leurs clients ! N’empêche, Lenglumé, Pas-de-Calais, Nord, Hauts de France, on se rapproche de Molenbeek, hein ? - Oui mais ils ne passent pas la frontière. Le 17 ils repartent sur Rennes. J’ai un reçu de la SAPN de 3,40 € aux Essarts et un chèque de 60 €uros dans une brasserie de Rouen. - Rouen ! Nom de Dieu ! - Ils n’y restent pas. Le 20 ils refont le plein. Ils tirent 100 euros dans un distributeur à côté du stade de Rennes. Le 21 ils sont à Lannion, ils déjeunent avec une autre complice, devinez où ? A "La Chicorée", un restaurant Ch’ti !
- C’est la filière « OSS 117 à Biloute » ou quoi, Lenglumé ? - Le lendemain ils dépensent 20 euros tout rond à la librairie Gwalarn. - Ils ont acheté le Coran ! - Non, le livre des chansons de jeunesse de Georges Brassens. - Qui c’est ce mec ? Mettez-le en résidence surveillée, lui aussi ! - Pas la peine, chef, il est mort. - Il est mort et il continue d’écrire des chansons ? Ca me semble vraiment louche, tout ça ! - Le 25 ils sont au camping du Golf à Saint-Jean-de-la-Rivière en Normandie après un nouveau retrait de 60 €. Là ils font un effort. 166,50 € pour six nuits. On n'a pas de trace des arrhes. Mais ni camping-car, ni mobil-home. Juste une tente pourrie de dix ans d’âge à deux places. Ensuite ça continue : essence et retrait à Barneville. 43,10 € au Café du Port à Cherbourg ! - Cherbourg, Lenglumé ! Ils veulent s’en prendre au Redoutable ! Le fleuron de nos sous-marins atomiques. Cherbourg ! Ils veulent nous refaire le coup du parapluie bulgare ! - Vous ne vous trompez qu’à Demy, Chef. Il y a d’autres objectifs possibles dans la Manche et ils ont plus d’un atout dans la leur : des témoins les ont vu randonner à Flamanville !
- Merde ! Les centrales nucléaires ! C’est dans les cibles possibles, ça ? - Voui, Chef ! La femme fait ses courses dans des boutiques bio et semble du genre à voter écolo. - Des fichés S qui votent ? C’est quoi cette histoire, Lenglumé ? - Le 1er août ils sont revenus à Rennes. Ils remplissent leur frigo. Le 3 on arrête le mec à la Bouquinerie du centre. - Il avait acheté le Coran ? - Non, deux albums de Lucky Luke : « L’escorte » et « La ville fantôme ». 9 euros les deux, d’occase. On a alpagué la femme chez elle. - Des armes, des explosifs ? - Non, de la tapisserie et de la peinture. - Encore ? Mais elle n’arrête pas de bosser celle-là ! Du genre à s’accrocher au pinceau quand on retire l’échelle ! Que disent leurs portables, leur ordinateur ? - Pas de portable pour l’homme, aucune activité sur les réseaux sociaux. Plutôt que Telegram un blog de photos du genre Instagram et de la messagerie même pas rose. - Intéressant ? - Juste des échanges en belge avec un morse. - Vous voulez dire « des échanges en morse avec un Belge » ? - Non, de l’humour de gens qui ont la frite avec un nommé Walrus. Et la meilleure, Chef… - Oui, Lenglumé ? - Ces suspects n’ont pas la télévision ! - Alors là, bravo l’artiste ! Leur compte est bon. Vous avez fait quoi ? - Envoyés au Centre de rétention-rééducation de Ploumanac’h. - Motif ? - « Décroissants au beurre sans aucun crédit sur le dos. Déviants du samedi et des autres jours ». - De vrais Scandaleux. Leur réaction ? - Morts de rire tous les deux. Ils n’y croient pas au chef d’inculpation de « trouble au plan de relance de la croissance sous forme de vacances économiques». On leur a dit qu’ils rigoleraient moins en cabane quand il se mettrait à pleuvoir. - Ils ont répondu ? - Oui. L’homme a dit qu’il ne pleuvait jamais en Bretagne. Et la femme a complété : «Sauf sur les cons. Les autres sont au bistrot ». - Vous ajouterez « injure publique » à son dossier. Je n’aime pas qu’on se moque des douaniers. - Mais, Chef, on est des flics ? - Avec tous ces gens qui n’ont rien à déclarer, je ne sais plus, Lenglumé. Heureusement qu’on a les banques avec nous : un petit saut de puce pour l’homme, un point de contact géant pour la Police. Ou alors c’est la photo : peut-être bien qu’on est un peu sur le sentier de naguère, non ?
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.