Canalblog Tous les blogs Top blogs Photographie
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Mots et images de Joe Krapov
Publicité
4 octobre 2014

ISAURE CHASSERIAU SE FAIT COUPER LES CHEVEUX CHEZ FRANCIS LE COIFFEUR-PHILOSOPHE

060416_18

Il coupe la toison, ouvre la juvénile valse du peigne et des ciseaux, lacère parmi les ondulations. Il promène le museau de la tondeuse parmi cette forêt. Elle l’allume à nouveau avec son jardin de macarons et son quelque chose qui n’est pas à sa place dans cette robe rose et printanière. Mais rien ne va. Rien n’est mieux. La plastique est parfaitement baroque, abrupte et frisée drue. Comme un voile de pollen qui voudrait caresser les oiseaux dans la lumière neuve du jardin.

Sa chance réside dans sa propension au plaisir, dans les beaux restes de ses mèches qu’elle a su préserver des cicatrices de l’écroulement et dans son désir de clairières, de prés printaniers, de lumières de paradis, d’errance d’oursonne excavatrice dans la ville à moitié vide malgré l’heure matinale.

Lui, Francis, le coiffeur-philosophe, voudrait capter, dès qu’il le peut, des fragments d’attention, des encouragements pour qu’il se remette à tournoyer, à lâcher des figures de style ou des formules de soprano qui bougent là-haut en apesanteur et qui s’offriraient à lui dès qu’il lèverait le peigne au ciel. Mais aujourd’hui le grand ballet des aphorismes et des sentences définitives s’est glissé dans une pile de silence haute jusqu’au plafond.

C’est pour ça qu’il aimerait mieux être dehors, transporté par le flot de ses pas. Il lui arrive même d’avoir des envies prunifères envers cette jeunesse, de vouloir la mettre à l’amende, de désirer grimper aux rideaux du zeugma, de la périphrase et de la fenêtre qui donne sur la rue pour que, du sommet de cette colline, il voie, au-dessus de l’espace bleu ciel de la blouse enfilée par la cliente, se suspendre ne serait-ce qu’un instant l’incessante danse de ce mutisme soudain.

 

Isaure

C’est plutôt beau quand le coiffeur s’énerve, songe-t-elle. Quand les pistes se brouillent dans son désert de mots. Quand les nuages de perplexité se dressent dans ses muscles, dans ses crocs de verrat. Que Francis lève un menton noir, défiant, en fronçant les sourcils m’indiffère. Je sens que je ne lâcherai pas. La patience est la mesure du véritable amour, jusqu’à l’explosion du feu allumé sur la gelée blanche, jusqu’à la révolution du vent léger, désespéré qui enflamme la peau de sa douceur.

Car Isaure, malgré les apparences, ne lâche rien elle non plus. Juste un peu surprise de temps à autre, perdue dans ses jeux, mais c’est pour mieux conjurer les aléas d’un quotidien terre à terre qu’elle transgresse à sa manière les codes sociaux inégaux, vieux comme le temps, gris comme les tempes, luisants et patinés le long des routes, qui permettent que, seul maître à bord après Dieu, à la suppliciée du fauteuil comme aux décrépis friables comme des os qui patientent sur les deux longues banquettes, le coiffeur-philosophe assène ses vérités sur la forme du 8, le cheval qui ressemble à Shakira et va gagner selon lui la course de dimanche, l’église écroulée du PSG relégué derrière Marseille en ce début de championnat, le soleil de ce merveilleux matin et patati et patata. Il y a chez lui un instinct de survie qui lui permet de ne jamais perdre le fil de cette logorrhée, comme s’il possédait en tête l’ordre immuable dans lequel les chars de ce Corso fleuri vont défiler sur cette placette familière.

isaure1508

Aussi, quand il déprime, parce qu’il est seul, parce que la cliente n’accroche pas, succède au premier réflexe, celui du repli loin des mises en plis, un irrépressible besoin de sortir, de se mêler à l’air ambiant, de croiser d’autres solitudes et de frotter au passage quelques-unes à la sienne.

Il y a des moments comme ça, malheureusement parcimonieux et rares, pense Isaure, où on a l’impression de ne pas parler la même langue que l’autre.

Il y a des moments comme ça, heureusement parcimonieux et rares, pense Francis, où on a l’impression de ne pas parler la même langue que l’autre.

Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 30 septembre 2014 d'après cette consigne :

Fusionner les trois textes suivants en vous servant du premier comme d'une matrice et des deux autres comme réservoir de vocabulaire :

La  part des nuages / Thomas Vinau

La ventolière en plastique / Marius Chivu

Le lamento de l'excavatrice / Pier Paolo Pasolini 

P.S. Merci à L'Adrienne pour les liens !

 

Publicité
17 août 2014

LOGOGRIPHE DU CANDELABRE

Galerie de tableaux.
Ancêtres encadrés.
Lueur des candélabres.

Lecture du testament au salon délabré.

Cette vieille baderne de Maître Abélard nous balade par-dessus les cendres de l’aïeul refroidi.

La tante Anna, toute râblée, se racle la gorge et secoue son vison crade. Elle espère devenir le leader de la bande.

Cette vieille carne de cousin André s’est fait du lard depuis qu’il habite le Béarn mais il semble toujours avoir les neurones en rade et la matière grise en berne.

Carla la vénéneuse n’a pas bâclé sa tenue de gala. La calandre impeccable, balancée comme un tanagra avec juste ce qu’il faut de béance dans le décolleté au vu des circonstances. Pourtant, dans les bénards, aucun des mâles présents ne bandera pour cette garce au calbar noir car chacun sait comme sous son crâne son âme est celle d’un vieux ladre.

MIC 2014 08 01 enfants

Photo de Carla et de son frère enfants avant que celui-ci ne se noie – ou ne soit noyé - dans des eaux et des circonstances troubles.

Nul n’est blanc dans cette famille dont je connais tous les arcanes. Dans ce panier de crabes tout le monde canarde, charge, cancane ou assassine.

Mais nous arrivons au moment où le notaire, les yeux cernés et la voix grise, met la machine en branle et décerne les prix.

Tante Anna s’est cabrée, André a renâclé, Béa a râlé, Carla est restée clean et moi, le décalé de la bande, j’ai rigolé quand l’homme de loi matois a clamé la débâcle et déclaré, funeste barde, que la fortune du vieux grigou ne consistait qu’en une clé, celle de sa cabane de pêche du port ostréicole de La-Teste-de-Buch en Gironde.

Mon frère Bernard, acerbe, a accusé Béa d’avoir bradé les sous chez son dealer pour se shooter avec le vieux. Carla nous a traités de brelan de fripouilles. Bref tout le monde est parti furax, ébranlé, braqué sans même se serrer la paluche.

J’ai empoché la clé dont personne ne voulait, j’ai remercié l’alcade et enfourché ma bécane.

140722 A 045

Dans la cabane bancale sur le bord du canal, alors que gauche et droite le cherchent vainement, j’ai trouvé le moyen d’opérer la - ma - relance : j’ai assemblé le vieux cadre de vélo rouillé de Papy et la nacre des coquilles d’huître pour en faire œuvre d’art. J’ai fourgué le concept à des FRAC de province et j’expose l’année prochaine à la FIAC tout un tas de ferraille identique ! Croyez-moi, ça rapporte : c’est dans l’art contemporain que les riches d’Arcachon et d’ailleurs investissent leur pognon désormais !

140722 A 043


Merci, merci, Papy d’avoir jeté ici l’ancre de ton incurie et de m’avoir jadis initié à Balzac : « Oublier est le grand secret des existences fortes et créatrices ». Mais c’est vrai, ce n’est pas à la portée de tout le monde, d’oublier d’être con !

Quoi qu’il en soit, héritage ou pas, transmission ou non, candélabre ou pas, je te dois une fière chandelle !


Ecrit pour "
Un mot, une image, une citation" d'après cette consigne :

Un mot : candélabre

 

Une image :

 

 

Image par Greyerbaby chez Morguefile.com

 

Une citation : Oublier est le grand secret des existences fortes et créatrices. - Honoré de Balzac

8 mars 2014

La place Hoche à Rennes le 8 mars 2013 (2)

140308 025

Dans mon lieu de promenade préféré du samedi, une voyageuse m'attend ! Enfin, c'est ce que je crois ! Et je crains bien fort après coup qu'elle ne m'ait fait le coup d'Emmanuelle Devos à Mathieu Amalric dans le film de Sophie Fillières "Arrête ou je continue" que nous avons vu cet après-midi et qui nous a un peu déçus. On avait adoré "Aïe", qui était beaucoup plus drôle.

7 juillet 2014

CELESTE EST MAL BARREE !

(E-specially dedicated to my dear uncle Walrus)

Quand il commençait à se battre avec son oreiller, à constater qu’il s’était mis au lit trop tôt, à décortiquer les phases de son endormissement et ses impressions de rêve éveillé ou pas, elle arrivait pour le soutenir, pour l’abrutir, l’embrouiller, l’embrumer mais elle faisait pis que tout car malgré son homosexualité, elle voyait bien qu’il ne voulait pas se laisser aller dans les bras de Morphée et c’est donc elle qui, hachée de points-virgules, souillée de subjonctifs plus que parfaits mais fortement chargés en miasmes et en chiasmes, étirée jusqu'à plus soif en vue de perturber la compréhension du lecteur éventuel, récupérait les symptômes de l’écrivain asthmatique et se trouvait comme aspirée dans le tourbillon de la douche mémorielle projetée à jet continu sur les parois du souvenir et la nostalgie crasse se détachait par bribes, l’encalminait au point que tout un univers de jeunes filles en fleurs, de barons, de causeurs, d’aristocrates, de salonnards et de gloseurs, avec un art certain de ventiler le snobisme et la pseudo-modernité au sein d’un classicisme verbeux et pédantesque l’envahissait, lui donnait le tournis, lui faisait oublier sa justification première, à savoir la joie de communiquer simplement une idée, une émotion, une douleur, une banalité, un échange de politesses, du genre « Si le nez de Cléopâtre avait été plus long on n'en s'rait pas là !», « Tiens tiens tiens c’est le printemps qui vient !» « Et l’on dit merde en se pinçant les doigts », « Tout va très bien madame la marquise », «Vous permettez que j’déballe mes outils ? Oui mais faites vite qu’on lui a dit» et c’en était au point qu’elle avait des velléités grossières de soulager son maître, son auteur, de lui suggérer les mêmes pratiques physiques que celles qu’il faisait subir à l’intellect patient de ses lecteurs intellectuels et elle riait sous cape en imaginant que le petit Marcel eût pu, plutôt que de perdre son temps à s’agiter les neurones dans le noir, étrangler frénétiquement le borgne, recourir à la veuve Poignet, dessiner dans ses draps fins une carte de France animée sur laquelle le hasard lui eût fait disposer, d’un jet ou de plusieurs, Jouy-en-Josas, Gif-sur-Yvette, Bourg-la-Reine et Tremblay-les-Gonzesses dans un même alignement géographique surréaliste mais elle savait bien que chez ces gens-là, monsieur, ça ne se fait pas et que cet humour de garçon boucher ou de troisième mi-temps de match de rugby qu’elle tenait de son mari chauffeur de taxi, s’il avait eu sur l’insomniaque l’effet d’endormissement béat souhaité, n’eût pas été goûté de la postérité admirative pour qui elle-même, tirant à la ligne, usant de ficelles grosses comme celles qui soutiennent au-dessus de la rue populeuse le funambule somnambule, faisait tout son cirque ce soir, bien qu’elle ne fût qu’une modeste servante dévouée à l’accomplissement de l’œuvre majeur, se fatiguant au bout du compte de ce qu’on pût passer ainsi sa vie à causer, gloser, dégoiser sur un monde si étriqué alors que l’on sortait d’une énorme boucherie, 14-18 qui eût dû logiquement faire agir, réagir et lutter contre le même système qui avait permis cela, et rêvant du moment où, à la phrase alambiquée, tortueuse et finalement très amusante qu’elle était, Marcel, malgré qu’il en ait, consentirait à mettre un terme en posant, à l’issue d’une dernière aspiration d’air frais à la fenêtre ou au terme d’une énième relecture, son stylo et un point final qui lui eût permis à elle-même, pauvre phrase céleste égarée dans un océan de papier prétentieux comme une humble prolétaire ne comptant que pour beurre dans un magma de sept milliards d’individus, de se terminer à sa façon, ou plutôt à celle de Charles Trénet qui chantait que « Les jours de repassage, Dans la maison qui dort, La bonne n'est pas sage Mais on la garde encore : On l'a trouvée hier soir, Derrière la porte de bois, Avec une passoire Se donnant de la joie".

DDS305 Céleste Albaret

Céleste Albaret par Jean Claude Fourneau (1957)

Ecrit pour le Défi du samedi n° 305 à partir de cette consigne.

8 juin 2014

LA CURE DE REPOS D'ISAURE CHASSERIAU

DDS 301 100117_081

Situé en lisière d’un bois, l'hôpital psychiatrique était un vaste complexe gris comme notre immeuble. La procédure d’admission dans l’établissement fut relativement simple. On enregistra son nom et son prénom, Chassériau Isaure, sa date de naissance, 1er avril 1818 et les raisons de son admission pour une cure de repos : « hallucinations inexplicables ». On lui donna une chambre agréable avec une fenêtre sans barreaux. Elle se mit tout de suite à la fenêtre, contempla l'immensité bleue du ciel et ne rêva plus de sortir pour partir à la recherche de « sa ville idéale».

Dans un cahier à petits carreaux, elle se mit à noter ses rêves, à parler de ce monde à elle qui l’avait envahie et lui avait fait perdre le sens des convenances nécessaires à la vie bourgeoise en cet an de grâce 1845. Dans le premier cahier elle parle d’un établissement nommé « Le vieux Saint-Etienne », sis rue de Dinan dans une ville nommée Rennes-en-Délires. Derrière le comptoir de ce mastroquet imaginaire, il y avait le patron, un type nommé Camille Cinq-Sens, son « oncle », chez qui passer un samedi sans rire relevait du défi pur et simple. Là en effet se réunissaient de drôles de clients qui jouaient aux cartes en philosophant à haute voix sous forme de « brèves de comptoir » ou de dialogues plus ou moins absurdes.

- Il ne faut pas oublier que dans « Brèves de comptoir, il y a « toir » !
- Et il faut songer que c’est hasardeux d’aller à Thouars !
- J’y suis allé, moi, l’année où j’ai participé au Festival des jeux de Parthenay. Il y avait une jolie fontaine à laquelle il ne fallait pas dire « je ne boirai pas deux tonneaux ».
- Tout ça, c’est une histoire de capacité. Pour un poète ne pas avoir de capacité en droit est moins gênant qu’avoir une incapacité en vers !
- Et contre tous !

D’autres fois Camille Cinq-Sens, Jacques-Henri Casanova et Jean-Emile Rabatjoie s’asseyaient autour d’une table et découpaient des images dans des magazines illustrés.

DDS 301071209_rococo_chanteur_aveugle_480jpg

- Encore un que les clients du coiffeur ne liront pas, disait l’un en jetant le périodique désossé dans la grande corbeille amenée à cet effet !
- Ils ne risqueront pas, c’est un « Télérama ». Je l’ai piqué chez le dentiste.
- Dis donc, il y a longtemps qu’on n’a rien découpé avec les carrés verts ?
- Ah oui, le jeu des douze images en 4x4 ! Mais ça c’est pour écrire et là vous découpez pour que je puisse faire des collages.

D’autres jours, il y avait des animations musicales dans l’établissement. Un guitariste et un accordéoniste venaient s’exciter sur « La Java bleue », « Tel qu’il est » ou « Quitte-moi pendant la coupe du monde » et sur leurs instruments respectifs tandis que deux chanteuses blondes et une rousse papotaient plus qu’elles ne vocalisaient. De toute façon les deux musiciens russes, Krapov et Kaïrakovsky, n’en finissaient jamais de ne pas se mettre d’accord sur la tonalité du morceau, le nombre de croches que le pianiste à bretelles modifiait sur la partition commise par le gratteux à ceinture sur Noteworthy Composer.
- C’est des noires ! Rechante- le pour voir!
- Chanter c’est pour écouter, c’est pas pour voir !

Cette équipe-là, plus jeune, avait un travail et de ce fait ils semblaient plus épuisés et épuisants que les papys découpeurs et fendeurs de cœur.
- Un jour, je serai libre à jamais ! lançait parfois Joe Krapov. J'ai fait tout le chemin qui va de l'école au collège, du collège au lycée, du lycée à la fac, de la fac au travail, j'ai changé plusieurs fois de boîte et pour la première fois on me laissera sortir pour ne plus revenir. Je ne sais pas ce que j'aurai gagné. Un aller simple pour un voyage chez Kirikou l'Ankou ? Le droit de réécrire en phrases courtes la « Recherche du Temps perdu » ? Ou le plaisir du temps retrouvé et des apprentissages aussi tardifs que les vendanges ? Apprendre la sculpture, le dessin animé image par image avec des statuettes en pâte à modeler, faire du théâtre et jouer avec une robe et des chaussures à talons hauts un rôle travesti ? J’ai toujours rêvé d’interpréter le répertoire de Fréhel avec une perruque de Sabine Azéma, un collier de perles et du rouge aux lèvres !
- Maintenant que ce sont des femmes à barbe qui remportent le concours de chant de l’Eurovision, tu peux faire ce que tu veux, tu ne surprendras plus personne ! De toute façon, en Ille-et-Vilaine, tout le monde s’en fout de la musique. Le plus important, c’est de bagouler avec sa voisine et avec une galette-saucisse à la main !
- Je sais ! Je sais ! Je sais que je ne suis pas là pour surprendre le monde mais j’avoue que le monde, lui, me surprend ! Avant on avait le droit de cracher dans la soupe : elle était vraiment mauvaise. Maintenant il n’y en a plus assez pour tout le monde et plus personne ne dit rien. Pire que ça, les gens s’en vont élire des cracheurs professionnels qui seront payés onze mille euros par mois pour foutre le feu à la cuisine !
- Arrête donc de parler de tes glaires, Krapov, on va passer à table d’ici peu, nous ! l’interrompt Camille.
- C’est sûr qu’avant, c’était mieux, commente Kaïrakovsky. Je me souviens que Gabriel, mon frère, piquait des pinces à linge à maman. Il s'en servait pour attacher un bout de carton sur le cadre de son vélo. A chaque tour de roue, cela faisait un bruit de pétarade. Il jouait à faire de la mobylette en gueulant par-dessus ça comme un Apache jusqu'au carrefour. Mais c'est vrai qu'on est devenus tous un peu fous depuis la disparition d'Isaure Chassériau.
- La dernière fois qu'on a eu de ses nouvelles elle était dans le petit village de pêcheurs de Trentemoult, près de Nantes.
- Est-ce qu’elle s’habillait toujours en rose ?
- Paraîtrait que non.

L’oncle Camille s’immisçait volontiers dans la conversation du Club des cinq.

- Avant ça, il y a d'abord eu un autre événement, majeur, primordial en ce qui nous concerne. Nous avons refusé de lire « La Bicyclette bleue » et nous avons préféré fréquenter les filles des forges, dont la fameuse Régine, celle qui avait un boa. Il faut toujours préférer la vie aux livres car les jouissances sont plus diverses et l’exercice ça ne fait pas plus de mal aux gens que de manger cinq fruits ou légumes par jour, même si chez nous c’était plutôt bidoche, patates et charcutaille, histoire d’alimenter sans le savoir notre taux de cholestérock’n’roll !
- Moi je n’en ai pas eu longtemps de cette maladie-là ! répond Krapov. J’ai supprimé le beurre et l’argent du beurre c’est Marina B. qui le dépense quand elle promène son QI sur les remparts de Varsovie ou son quant-à-soi sur les ramblas de Barcelone. Mais c’est vrai, quand Isaure est partie de chez nous, j’ai bien profité de ses archives pour alimenter un site web nommé Rennes-en-Délires. Il fallait faire montre de fantaisie, visiter la cité avec un regard neuf, y piocher de quoi rire ou sourire, réécrire l'histoire de cette ville d'art et de bizarre qu’est Rennes.

***

Isaure neige

Elle prit vite ses habitudes à l’hôpital. Le personnel était gentil et l’effet des cachets qu’on lui donnait ne se faisait sentir que le soir. Comme si, dans la journée, les infirmières s’étaient trompées de médicament. Ou bien, comme quand, après une longue marche, on a les endorphines qui travaillent encore et on se sent prêt à embrayer sur un autre exercice physique.

Comment se faisait-il qu’elle soit autant inspirée ? Au fil des jours les cahiers, car il lui en fallut plusieurs, se remplissaient. D’où venaient tous ces personnages bavards qui coupaient la parole à sa plume, avec lesquels elle semblait tout à fait complice alors que d’habitude, le regard presque éteint, l’apparence toujours réservée, elle semblait posée là, discrète et immobile, comme une cousine de province en visite à Paris, comme si elle était habitée par la peur de déranger un grain de poussière de la surface du monde, comme si elle veillait à ce que, du bouquet d’églantines de sa coiffure, aucune fleur ne tombât jamais ?

- J’ai la réponse, ricanait l’oncle Camille. C’est comme quand ils m’ont donné du Fludex pour mon hypertension. C’était marqué sur la notice ! Ca faisait le même effet que l’EPO en intraveineuse à un cycliste qui planque du fric en Suisse et qui regarde le Tourmalet et Isaac et l’Aubisque de homard les yeux dans les yeux en disant que, sans mentir, c’est Zigomar et Pussomar qui m’ont tuer ! Tes cachets, ma pauvre Isaure, ce sont eux qui font tout le boulot ! Comme le chapeau d’Amélie Nothomb. Retire-le lui et il n’y a plus d’écrivaine. Ou comme celui de Neil Young ! A croire qu’ils dorment avec la nuit ! Des chapeaux de magiciens dont il sort des lapins à profusion et certains ne valent pas un pet.
- Putain ! Et il s’y connaît l’oncle en cuniculiculture !
- En même temps, dit une des deux blondes, ca doit pas être top d’épouser un presti-digi-tâteur ! On ne doit avoir droit qu’à des coïts furtifs !

Fallait-il y voir un signe du destin? Lorsque la nuit tombait les nuages s'assombrissaient, leurs formes devenaient inquiétantes et un enfant apeuré ou un être trop imaginatif y auraient vu peut-être 99 dragons aux aguets attendant Saint-Georges de pied ferme, la gueule prête à cracher le feu. Quand ses paupières devenaient lourdes, Isaure, apaisée, sereine, reposait la plume dans l’encrier et allait se mettre au lit. Elle s’endormait alors très vite et toutes les nuits, elle rêvait qu’elle allait visiter un musée. Elle passait devant une chasse au tigre, des oiseaux hollandais, une jeune mère et son nouveau-né, une scène biblique et lorsqu’elle arrivait devant le tableau ovale avec le magasin de magie, elle entrait dans le tableau, poussait la porte  et elle oubliait tout.

 

DDS 301 isaure et la boutique de magie

Ecrit pour le Défi du samedi n° 301 d'après cette consigne
et aussi à l'Atelier d'écriture de Villejean du 27 mai 2014 d'après la consigne n° 1 de l'Atelier de Zulma

Publicité
17 mai 2014

NE ME PARLEZ PAS DE CE TRIANGLE : JE SUIS IMMORTEL !

Tout doit disparaître aux Bermudes !

Chopin qui nous pondait nocturnes et préludes,
Don Quichotte et Sancho, leur dissimilitude,
Venise qui moisit dans sa décrépitude,
L’Olympia de Manet, océan de quiétude,
Et Claud’ François qui chante un peu comm’ d’habitude
D’étranges platitudes et va la trouver rude,
La not' bien ampoulée du vol en altitude :
En électricité ? Zéro ! Inaptitude !

Tout doit disparaître aux Bermudes !

De l’horloge parlante, havre d’exactitude
Aux marées d’équinoxe éprises d’amplitude,
Du fumeur opiomane enivré d’hébétude
Au voleur des cités émule de Latude,
De la néologiste en pleine bravitude
Jusqu’au coureur de fond pétri de solitude
Chacun doit le savoir : sous cette latitude
Rien ne subsiste et c’est la seule certitude :

Tout doit disparaître aux Bermudes !

Le procureur peut bien vanter sa rectitude,
L’avocat réclamer de la mansuétude,
L’accusé adopter la plus humble attitude,
Les jurés avouer leur grande incertitude :
Charlot Tanguy a-t-il occis Dame Gertrude ?
L’acquitté dira-t-il son peu de gratitude ?
Si le procès émeut un temps la multitude
On oubliera bientôt toutes ces turpitudes :

Tout doit disparaître aux Bermudes !

MIC 2014 05 12 procureur


Je puis envisager avec béatitude

D’ouvrir un parapluie en guise d’interlude
Et de lire, abrité, de savantes études
Sur la philosophie et ses vicissitudes ;
La mer viendra troubler ma douce plénitude.
Marée ou Tsunami, c’est avec promptitude
Qu’elle s’en vient noyer mon peu de certitudes
Sur la façon d’atteindre enfin la zénitude :

Tout doit disparaître aux Bermudes !

Nature, peu encline à la sollicitude,
Et la fuite des ans, dans leur similitude,
Nous condamnent toujours à cette servitude
Qu’il faut, du lendemain, avoir quelque inquiétude
Mais j’ai, pour le déni, une énorme aptitude
Et ne me résous pas à cette ingratitude.
Que tout doive périr en mer près des Bermudes
C’est inexactitude et pour moi, je l’élude

En n’allant pas traîner sous cette longitude.

Pour m’envoyer en l’air je me la joue très prude :

Je n’ prends jamais l’avion
Et bannis le triangle, amoureux ou bien non,
De ma conversation !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 298 d'après cette consigne (à laquelle j'ai rajouté un peu celle de Un mot une image une citation (Cf le texte ci-dessous) et celle de l'atelier d'écriture de Villejean qui incitait à placer dans un texte des rimes en "ude")

17 mai 2014

LECTURES DE VACANCES

Mais quel livre passionnant le procureur lisait-il donc ?
Il était tellement bien plongé dans sa lecture qu’il ne s’est pas aperçu que la marée montait et qu’un photographe moqueur immortalisait sa situation.


Peut-être s’agissait-il de :


Comment séduire ma sœur Mary en six leçons / par Elsa Poppins ?

MIC 2014 05 12 Elsa Poppins


J’ai tout oublié mais ça baigne quand même ! / par Aloys Alzheimer ?

MIC 2014 05 12 Roman d'Alzheimer


La justice est corrompue. Tome 1, Tous mouillés ! / par Toto Calcio ?

MIC 2014 05 12 Toto Calcio 1


La justice est corrompue. Tome 2, Même le procureur était arrosé ! / par Toto Calcio ?

MIC 2014 05 12 Toto Calcio 2


La justice est corrompue. Tome 3, Tremper dans les affaires ! / par Toto Calcio ?

MIC 2014 05 12 Toto Calcio 3


Comment faire la planche et s’en trouver bien / de Mireille Darc et Jane Birkin ?

MIC 2014 05 12 Mireille Darc


Le principe d’Archimède / N.E.C. Fluctuat ?


Comment marcher sur l’eau / par Jésus Lefermé-Jesséplu ?


En Bretagne il ne pleut que sur les cons / par Natacha Gribouille ?


Le Concombre masqué marinait dans son jus / de Nikita Mandryka ?


Cuisiner au bain-Marie / par Maïté ?

 

J'ai bien peur de ne pouvoir vous donner la réponse demain ou même un autre jour : je n'ai aucun souvenir d'avoir vu un seul de ces livres au catalogue BN-Côte d'Opale ! Et pourtant, j'en ai passé du temps à Berck-Plage et au 58 de la rue de Richelieu à Paris !

 

MIC 2014 05 12 BN 2
Ecrit pour Un mot une image une citation du 12 mai 2014 à partir de cette consigne :

Un mot : procureur
Une image :

Une citation : Les gens qui n'ont aucun souvenir ont toujours eu une peur panique du lendemain. - Georges Wolinski

19 avril 2014

MODIFICATIONS MINUSCULES A UN CHEF-D'OEUVRE MAJUSCULE

- Tiens, Petit Chaperon rouge, puisque tu n’as rien à faire cet après-midi, ce serait bien que tu ailles rendre visite à ta grand-mère à Saint-Sulpice-la-Forêt. Porte-lui donc ces six galettes et ces saucisses que j’ai achetées ce matin au marché des Lices ! Ca lui rappellera l’époque où elle allait au stade de la route de Lorient voir les matches du Stade Rennais Football Club avec Papy. Si tu veux, tu peux y aller avec mon scooter.
- Avec ton scoot’ ? Alors là je suis toujours prête ! Je finis ma partie et j’y vais tout de suite !

DDS 294 140329 069

En chemin, au carrefour de la D 97 et de La Foye, le Petit chaperon rouge croise l’heureux loup. Il est là qui trépigne sur place avec son maillot rouge et qui gueule « On est en finale ! On est en finale ! On est, on est, on est en finale !». La jeune fille arrête son scooter et va taper la discute avec l’imbécile heureux.

- Où tu vas, la meuf ?
- Je vais porter des galettes-saucisses à ma grand’mère qui habite 4 allée des Oliviers à Saint-Sulpice-le-Forêt ! Et puis comme elle va me donner de la thune vu que c’est mon anniversaire demain, j’aurai de quoi m’acheter une place pour la finale de la coupe de France ! Rennes–Guingamp au Parc des princes ! Je suis sûre que t'en rêves la nuit !
- Ah t’as trop de la chance ! Tu me dégoûtes, tiens ! C’est pô juste ! Salut la meuf !

Dès que le Chaperon rouge a redémarré, l’heureux loup saute dans sa Renault Twingo, il double le scooter, file tout schuss chez la Mère-Grand, frappe à la porte et se prépare à contrefaire la voix de la fille au bonnet rouge.


- Qui est là ? demande la grand-mère en mettant son œil derrière le judas.
- C'est votre petite-fille, le petit Chaperon rouge qui vous apporte des galettes et des saucisses que ma mère vous envoie. »

La bonne mère-grand qui n’est pas née de la dernière pluie lui répond :

- Transpire la mimolette et la souricette se gavera !
- Comment ?
- Tire sur la languette et l’apéricubette savoureras !
- Je crois que tu te trompes de formulette, Mamy !
- Retire-lui sa nuisette et la Marinette te chérira !
- Qu’est-ce qui se passe ? T’as forcé sur le chouchen aujourd’hui, ou quoi ?
- Dis-lui « Pas de ça Lisette ! » et sois sûr qu’elle le fera !
- M’enfin ! Qu’est-ce qui t’arrive ?
- Colle-lui une étiquette et la lettre s’affranchira !
- Alors là, c’est bien ma chance ! pense le loup. La grand-mère est Alzheimer !
- Shakespeare l’aride Hamlet et puis la tempête suivra !
- Tu t’éloignes, Mamy ! Ca commence par « tire » !
- Tire sur la bandelette et la momie nette s’effondrera !
- C’est un truc pour ouvrir la porte !
- Vire de là ta mobylette et l’escampette suivra !
- C’est quand même malheureux qu’à ton âge tu ne te souviennes déjà plus de tes classiques !
- Tire de ton escopette et l’alouette débusqueras !
- E' va me rende folle, la vieille !
- Tire sur ton épuisette et l’ablette ramèneras !
- Ca fait trop penser au sketch du plombier de Fernand Raynaud, ce gag, même si je n'ai pas l'âge d'avoir connu c'truc-là !
- Fais tomber la p’tite lingette et la sanisette broiera !
- Bon ça suffit comme ça, j’me casse ! Tant pis pour le billet de la finale !
- Je crois que j’ai perdu la clé, Chaperon, mais l’échelle est dressée sur le pignon. Escalade-la, monte sur le toit et descends par la cheminée, j’ai mis un matelas dans mon âtre pour que tu te reçoives bien à l'arrivée.
- Okkkaaaaay ! fait l’heureux loup qui commence sa grimpette et dévale par le conduit pour faire un brin de conduite à sa façon à Super Mamy Nova.

***

Deux heures après, le Petit Chaperon rouge radine. Elle appuie sur la sonnette.

 

DDS 294 suspens

 

La mère-grand ouvre la porte. Elle a son tablier de cuisine tout taché de sang. Elle se font la bise. 

- Hmm ! Ca sent bon, chez toi, Mamy ! Qu’est-ce que tu mijotes ?
- Un filet de loup rapide façon Silvia. J’ai trouvé ça sur Marmiton.org. Dis-donc, tu as fait bonne pêche, cette semaine ! Il était gras et dodu à souhait, celui-là. Mais tu es en retard, toi ! Qu'as-tu fait depuis que tu m’as appelé avec ton portable pour me dire que l’imbécile heureux avait mordu à l’hameçon !
- Ch’suis allé donner les galettes saucisses au Resto du cœur pour nourrir les enfants Poucet et en passant, accessoirement, j’ai brûlé un portique écotaxe !
- Rigolote, va ! Allez, enlève ton bonnet rouge et viens donc goûter à mon kouign-amann !
- N’empêche, quels relous, ces loups !
- Ils n’ont pas encore compris ça, ces clowns ! La supériorité de l’homme sur l’animal, c’est que la femme, elle, a lu "Les Trois petits cochons" et les oeuvres complètes de Marcel Gotlib ! 

DDS 294 gailuron tome 7-BD-_03

Ecrit pour le Défi du samedi n° 294 à partir de cette consigne

30 mars 2014

ABECEDAIRE DU TEMPS PASSE A LA FENETRE DE LA RUE BROCA

DDS 291 tableau barbe-bleue 2

Barbe

Le peintre en bâtiment qui repeint la maison bleue adossée à la colline de M. le forestier et qui se fait des taches de peinture sur la barbe ne s’étonnera pas de trouver sur son trousseau de clés des taches de gros rouge sang pour sang indélébiles : la tachéite chronique est extrêmement contagieuse. Sa sœur Anne l’en avait averti mais quand son tour est arrivé il n’a rien vu venir.

 

 

 

DDS 291 tableau bobinette

Bobinette

Ce verrou d’un genre particulier est connecté à une chevillette que l’on tire depuis l’extérieur de la maison pour faire tomber le bousin et permettre au visiteur d’entrer dans le logis. Vous avouerez que c’est particulièrement stupide comme système d’alarme anti-cambriolage ! Certains loups-bards ne se sont pas privés d’utiliser cette faille sécuritaire afin de pénétrer chez la mère-grand comme Jean Moulin entra ici dans la légende ou comme dans un moulin empli de lettres ce dadais de Daudet fit (du samedi !)

 

  

Tableau Bottes

Botte

Sachant qu’une botte mesure sept lieues de long et deux de large soit 28 km de long et 8 de large ; sachant qu’un petit poucet mesure un pied de long soit 33,33 cm de long et 10 cm de large. Calculez combien de petits poucets on peut allonger dans le fond d’une botte de sept lieues.

Sachant qu’un autocar Illenoo contient 57 places assises, combien l'Association des bûcherons nécessiteux de la Forêt de Rennes aurait-elle dû louer de véhicules pour remplir une botte de sept lieues et abandonner au plus profond de l’étang des Gayeulles des enfants qui coûtaient une fortune en Nutella, en Nintendo et en smartphones ?
Ne cherchez pas, la réponse est 117 906 528 et le dernier bus n’est rempli qu’à moitié !

DDS 291 tableau Alice 2

 

Chat : 

Dans « Alice au pays des merveilles », le chat de Cheshire (ou de Chester) disparaît en laissant flotter un sourire derrière lui. C’est devenu depuis un signe du zodiaque et les natifs les plus célèbres en sont Jacques Prévert, Robert Doisneau et Boby Lapointe.

 

 

DDS 291 chèvre

 Chèvre

La chèvre est un animal têtu, naïf et aussi buté du chapeau neuf que la mule l’est du pape. A force de s’adonner à la lecture un peu niaiseuse des « Contes de l’apéro » et des « Récits des frères Grimage » elle a fini par croire que la réintroduction du loup dans les Pyrénées était un bienfait écologique alors qu’il s’agit surtout d’une réintroduction de l’agneau troubleur de breuvage dans la panse dudit loup. De même elle confond le légionnaire et le missionnaire et n’est donc pas en position de deviner ce qui va se passer quand le porteur de képi entre dans son enclos avec sa grande taille, sa beauté virile et son odeur si caractéristique de sable chaud.

 

DDS 291 tableau Riquet

 

Houppe

Il faut être belge comme Tintin ou être étriqué comme Riquet pour porter une houppe : cette coiffure est passée de mode depuis qu’à l’arrière de son yacht on a vu DSK trinquer à la poupe avec Sherlock le friqué à la loupe et Watson qui tendait son briquet à la Boop (Betty).

 

 

 

DDS 291 tableau petit pois 2

Petit pois

En parlant de petit pois, il était une fois une princesse qui s’appelait Nabila. Quoi ? Tu ne la connais pas ? Non mais allô quoi ! Allume ta télé et mate-la !

 

 

 

DDS 291 pomme


Pomme

Alors qu’il faut manger cinq fruits et légumes par jour, certains esprits chagrins essaient de nous faire croire que les pommes peuvent quelquefois être empoisonnées. Ils prétendent que le slogan « Mangez des pommes » de Jacques Chirac contenait en germe dans le fruit un petit ver nerveux et gigoteur qu’on appelle « Sarkozy Fan Tutte ». Il s’agit d’une réelle nain-posture : en 1995, le démolisseur du mur de Berlin aujourd’hui rattrapé par la Stasi, plutôt que de soutenir la grande asperge molle, avait pris le parti du M’bala M’bala dur.


sept d'un coup

Sept

Si vous n’arrivez pas à imaginer ce que pouvaient bien fabriquer les sept frères Poucet dans le lit des sept filles de l’ogre, si vous ne savez pas comment Barbe-bleue a épuisé sept femmes, si vous ne voyez pas à quoi Blanche-Neige et les sept nains pouvaient bien jouer quand il y avait une panne d’électricité dans la maison, si les sept péchés capitaux sont inconnus de vous, alors allez-vous faire voir chez les sept samouraïs de la Grèce ! Ce n’est vraiment pas la peine que je me mette en quatre pour vous raconter la guerre de Troie * !

* On ne sait toujours pas d'ailleurs, à l'heure où nous mettons sous presse, si celle ci aura (botte de sept) lieu !

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 291 d'après cette consigne

16 mars 2014

SUR LES PAS DE LEON-PAUL FARGUE

1
Je ne fais pas preuve de morgue
Car je ne suis pas un cyborg
Mais j’ai plus de chaleur humaine
Que ce sinistre énergumène :
Je veux déclarer en exergue
Que je ne suis pas l’iceberg
Qui sema jadis la panique
Sur le paquebot Titanic

Parmi les voiles que l’on cargue
Je suis un peu le subrécargue
D’une compagnie de poètes
Et de bateaux ivres de fêtes

140309 040

2
Comme arguments à nos folies
Ou même à nos mélancolies
Nous n'avons qu'arguties faciles :
Notre adoration de Cécile,
La patronne des musiciens,
L’amour des mots neufs ou anciens,
Des maximes de Vauvenargues ,
Des formules folles qu’on largue.

Parmi les voiles que l’on cargue
Je suis un peu le subrécargue
D’une compagnie de poètes
Et de bateaux ivres de fêtes

140309 029

3
Je ne monte pas sur les vergues
Pour déclamer du Lichtenberg ;
Plus qu’un pyrargue sur les voiles
Je suis le targui des étoiles,
Le flamant rose de Camargue
Et dans mes plus beaux jours je nargue
Tous ces fiers à bras qui refourguent
Leurs devises du Luxembourg

Parmi les voiles que l’on cargue
Je suis un peu le subrécargue
D’une compagnie de poètes
Et de bateaux ivres de fêtes

140309 039

4
Seule chose dont je me targue
Sur les pas de Léon-Paul Fargue,
Je suis un piéton de la Terre
Abasourdi par ses mystères,
Par ses beautés de Sorgue, d’îles,
Ses escargots, ses crocodiles,
Ses fleuves, ses flots batailleurs,
Ses vents qui poussent vers ailleurs

Parmi les voiles que l’on cargue
Je suis un peu le subrécargue
D’une compagnie de poètes
Et de bateaux ivres de fêtes

 

140309 179

Les photos de l'Etoile du Roy ont été prises à Saint-Malo le 9 mars 2014

Ecrit Pour Un mot une image une citation d'après cette consigne

16 mai 2018

Tableaux vus à la Neue Pinakothek de Münich le 4 mai 2018 (3)

180504 Nikon 050

Joseph Anton Koch - Der Schmadribachfall (1822)

180504 Nikon 043

Je suis persuadé qu'il existe, dans chaque musée du monde, une Isaure Chassériau !
A savoir une pauvre fille qui se demande pourquoi le peintre lui a donné cet air si nunuche et pourquoi elle est condamnée à vivre les siècles des siècles exposée aux yeux de tous dans cette position-là qui est si peu avantageuse !

Ici c'est Vittoria Caldoni, peinte en 1821 par Friedrich Overbeck.

Désolé, Vittoria, je n'écrirai pas un roman sur toi ! Tout juste une krapoverie du genre "Jeanneton ayant pris sa faucille et songeant "Qu'est-ce qu'on s'emmerde ici : il ne passe personne !".

Plus sérieusement, pour en savoir plus sur cette oeuvre, c'est ici.

12 février 2014

De la Tintinophilie rue de la Visitation à Rennes le 9 février 2014 (2)

140209 102

J'ai relu récemment "Les cigares du pharaon" puis ai entamé "L'oreille cassée". Je me suis étonné de la différence entre les dessins. On trouve même mention à une certaine page d'albums de la série postérieurs à cet opus. Aurait-on affaire à une deuxième édition, à un "refait" (en l'occurrence c'est nous qui le serions, refaits !). Je ne suis pas assez Tintinophile pour me répondre à moi-même mais je sens que je vais encore perdre du temps à chercher ça sur Internet alors que j'ai quatre pages à taper pour le Défi du samedi !

C'est ici qu'on comprend tout : 1934, 1955, 1964

12 février 2014

Chez le Chercheur d'art, rue Hoche à Rennes le 9 février 2014 (1)

140209 103

140209 104

Qu'un éléphant du P.S. nous trompe, y a-t-il là quelque chose d'anormal ?
Cette joyeuse découverte permet d'aller faire un tour chez notre vieux pote Nikita Mandryka, le créateur du Concombre masqué :
http://www.mandryka.fr/bd4/bax1/la-librairie-TROPIQUES-vous-salue-bien-1.html 
puis de s'arrêter sous des tropiques moins tristes encore :
http://levillagedesnrv.20minutes-blogs.fr/

9 février 2014

La neige à Rennes le 13 janvier 2013

130118 115

J'ai publié ceci en commentaire sur le Défi n° 284 sous la contribution de Sebarjo :

LA CAISSIERE DE CHEZ CARREFOUR

Pour Sebarjo

C'est la caissière de chez Carrefour
Cette fille m’inspire de l’amour

Je lui dirai mon sentiment
Sur le bord du tapis roulant
Ell’m’fiche des élans poétiques
Quand j’ la vois, j’deviens prolifique,
Flashé par son rayon optique.
Veux-tu qu’on tire un haïku
Au sort ? J’t’en ai écrit beaucoup.

C'est la caissière de chez Carrefour
C'est la caissière de chez Carrefour
Malgré son air de tue-l’amour
J’ veux lui offrir mon Décap’four
C'est la caissière de chez Carrefour

Et quand je vide mon petit chariot
J’lui dis j’ suis l’chanteur Sebarjo
Veux-tu qu’j’t’en chante une langoureuse
Près de ta caisse enregistreuse
Je lui proposerai demain
Deux bouts rimés pour le prix d'un
Pourvu qu'elle aime les jeux littéraires
Et lire Yann Moix des nuits entières !

C'est la caissière de chez Carrefour
C'est la caissière de chez Carrefour
Malgré son air de tue-l’amour
Je veux être son troubadour
C'est la caissière de chez Carrefour

6 février 2014

Les escaliers de Brelevenez à Lannion (Côtes d'Armor) le 29 décembre 2013 (1)

131229 112 D tombe Khalifa

C'est incroyable, ça ! Personne ne veut jamais me croire ! Je l'avais pourtant bien écrit, dans la nouvelle "Le touareg", que le chameau à trois bosses d'Isaure Chassériau était enterré au cimetière de Brelevenez à Lannion. Pour vous en convaincre, je me suis repayé la montée vers ce quartier des hauteurs de Lannion. La voilà, la photo de sa tombe !

1 février 2014

Soirée contes à l'Antre-deux (rue Papu) à Rennes le 30 janvier 2014 (4)

140130 026

 Ugh !

140130 028

 Emmanuel et sa gitane cartomancienne du café Saint-Martin à Rennes. 

Toute cette bande des élèves de Xavier Lesèche comprenait également Marina Bourgeoizovna qui, nous gratifiant d'un conte tzigane, a joué, carrément, le rôle de Dieu refaisant son oeuvre le huitième jour ! Bravo ! A part ça, dans la vie, Madame joue les modestes !

26 avril 2018

Livres et jardins en fête au square Fernand Jacq à Rennes le 22 avril 2018 (8)

Ces deux-là, il faut les voir et les entendre pour y croire ! Ils s'appellent "Les Gobeurs d'enclumes". Ils font du conte traditionnel avec les codes du théâtre d'impro ! Les procédés sont aussi tordus que ceux d'un atelier d'écriture animé par Joe Krapov et ce n'est pas peu dire ! Des exemples ?

Florian collecte trois objets dans le public et François, un bandeau sur les yeux, rien qu'en les touchant un par un improvise une histoire dans laquelle les trois objets prennent place.

La présentation d'un cirque s'appuie sur cinq mots collectés : carabistouille - autruche - vitrier -  pomme de terre - renard.

Le conte traditionnel avec variantes obligatoires dès qu'on entend claquer le clap de cinéma est tout simplement hilarant. Et le portrait de l'âme de Super-Suzannne vaut dix. Sur dix, évidemment ! Ne les manquez pas : ils sont au café Le Panama, 28 Rue Bigot de Préameneu à Rennes,  le 17 mai prochain.

180422 Nikon 056

180422 Nikon 059

180422 Nikon 060

180422 Nikon 068

180422 Nikon 070
Comme on apprend tous les jours - en ânonnant et en tâtonnant toujours - j'ai enfin réussi à comprendre le fonctionnement de Facebook et pu embarquer le code de la vidéo de Jacques Vigier qui vous montre un peu de ces trois spectacles sous forme d'extraits et de photos.
 

19 janvier 2014

De la lecture rue du Dr Francis Joly à Rennes le 23 septembre 2007

070923 114

Au Cortina café, on affiche les meilleures brèves de comptoir à l'extérieur !

Bien qu'elle soit lisible au tableau, je la recopie ici :
"Mon grand-père buvait un litre de whisky par jour et il est mort à 103 ans.
A l'incinération, on a cru que le feu ne s'arrêtrait jamais !"

On la retrouve dans le bouquin "Le plus drôle de l'amour anglo-saxon" dont une partie, assez hilarante aussi, est consultable ici et aussi ci-dessous.


26 janvier 2014

Reflets de péniches au quai Saint-Cyr à Rennes le 19 janvier 2014 (1)

140119 304

140119 308

140119 309

On pourrait croire que moi aussi je me la "cool douce" le dimanche. On aurait tort. Déjà, j'ai passé trois quarts d'heure ce matin à découper un poulet en fines lanières. Je vous rassure, Madame Bardot, la bête était morte et il s'agissait de cuisiner en mode chinois et non pas de découper façon augure ! Bon après, à table, c'est vrai, on a bien mangé, bien rigolé et même peut-être bien bu de ce rosé de Bergerac que nous chérissons désormais ! Je ne sais pas si nous avons ensuite bien chanté les chansons de Renaud mais nous avons bien avancé : c'était la première fois que nous tentions de mettre à notre répertoire "C'est quand qu'on va où", "Je suis une bande de jeunes", "La ballade nord irlandaise" etc. Mais surtout, une fois nos invités rentrés dans leurs pénates, j'ai exploré le web pour savoir si, dans la chanson "Les Roses blanches", les paroles sont "une pauvre fille aux grands yeux flétris" ou "une pauvre fille aux grands yeux rougis", le chagrin et la misère restant quand à eux, éternels. Et dire qu'au départ, sous ces photos de péniches, je m'apprêtais à enregistrer "Mon père et ses verres" de Boby Lapointe pour illustrer  ma contribution au "Défi du samedi" ! 

26 janvier 2014

Reflets de péniches au quai Saint-Cyr à Rennes le 19 janvier 2014 (4)

140119 319

140119 320

J'ai tellement rigolé ce soir à cause de la découverte ci-dessous que je ne sais pas si je saurai légender ces dix photos de péniches prises dimanche dernier ! (Après coup, il s'avère que j'ai su !)

Trouvailles et visionnages

Je demande pardon par avance à tous les fans de ce groupe de chanteurs mais il me semble à moi qu'on atteint ici, en même temps que celui du terril, un sommet en matière de kitscherie ! Allez, je vous en mets trois pour le prix d'un et vous aurez le droit d'aller écouter la "Chanson pour l'Auvergnat" tou(te)s seul(e)s comme des grand(e)s ! 

 

 

22 janvier 2014

Les mascarons de l'hôtel de ville à Rennes le 19 janvier 2014 (1)

140119 240

140119 243

140119 246

LISTE DE CINQ CHOSES QUE JE N’AI JAMAIS FAITES ET QUE JE N’AI AUCUNEMENT ENVIE DE FAIRE

Sauter en parachute, sauter à l’élastique, monter dans un avion ou sur la tour Eiffel. Le seul vertige que je supporte, c’est le vertige de l’amour.

Je ne suis jamais allé en prison, même en passant par la case départ. J’ai tellement peu envie d’aller y effectuer un séjour que je ne joue même plus au Monopoly.

Je n’ai jamais perdu les clés de ma maison : elles sont toujours dans la poche gauche de mon pantalon (sauf ce soir où Marina Bourgeoizovna est venu me les emprunter car elle ne sait plus où elle a mis les siennes ! De ne plus les sentir là, savez-vous, ça me stresse !).

Je n’ai jamais entretenu de liaison avec une actrice de cinéma : j’ai bien trop peur de me casser la gueule en scooter.

Je n’ai jamais mangé d’escargot, de tripes, de cuisses de grenouilles ni d’insectes grillés (ou alors c’est comme pour le chat, on m’a fait croire que c’était du lapin !). 

22 janvier 2014

Les mascarons de l'hôtel de ville à Rennes le 19 janvier 2014 (3)

140119 255

140119 256

LISTE DE CINQ CHOSES QUE J’AI FAITES ET QUI VOUS ETONNERONT PEUT-ETRE QUAND JE VOUS LES AURAI DITES

Horreur ! Malheur ! Salsa du démon ! J’ai serré la main de François Fillon !

J’ai chanté tout un répertoire de chansons sur les vaches sur la place de la Mairie de Rennes

J’ai joué le rôle d’un mineur de fond dans une pièce de théâtre intitulée « Sous terre et se taire ». Le personnage s’appelait Pellépioche ou Piochépelle.

Avant même d’atteindre l’âge de vingt ans, j’ai écrit un pastiche de « Phèdre » de Racine en alexandrins. Il y était question du Front de Libération de la Bretagne où je n’avais encore pas mis les pieds !

J’ai convoyé, entre Mourmelon-le-Grand et Châlons-sur-Marne, un moteur de char de combat AMX 30 !

12 janvier 2014

Mona Lisa rue d'Antrain à Rennes le 11 janvier 2014

140111 032

 

- Pourquoi tant de monde dans les rue de Rennes hier ?
- Ce sont les soldes, Joe Krapov !
- Si vous avez besoin d'une Joconde au nez cassé qui agite la main, vous pouvez en trouver une en face du magasin Valton, rue d'Antrain.
- Le nez est plutôt vérolé, tout autant que tes références. Le magasin s'appelle "Crazy republic" !
- Désolé, je n'ai pas envie de commenter la politique, en ce moment !
 

13 janvier 2014

Randonnée à La Roque-Gageac (Dordogne) le 29 juillet 2013 (4)

130729 086

130729 089

130729 095

130729 096

130729 098

 ... avec vue sur la Dordogne et la végétation luxuriante : lauriers-roses, bambous et charme quasi exotique malgré la floppé e de touristes-en-tongs ! Il est 11 h 45, la rando est terminée et nous décidons d'aller pique-niquer au bas du château de Castelnaud-la-Chapelle qu'on a aperçu dans le lointain sur l'une des photos ci-dessus.

9 janvier 2014

Sur le chemin du travail à Rennes le 3 janvier 2014 (1)

140103 001

140103 002

Cessons de mentir et avouons-le : à cause du vent et de la pluie, je n'ai pas pu courir autant que je le voulais pendant ces vacances d'hiver. Aussi, le vendredi 3, jour où j'ai repris le travail, comme j'étais prêt dès avant huit heures j'ai fait le début du trajet à pied avec mon nouvel appareil photo numérique.

Publicité
Mots et images de Joe Krapov
Publicité
Publicité
Derniers commentaires
Visiteurs
Depuis la création 814 750
Archives
Newsletter
Publicité