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Mots et images de Joe Krapov
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5 mai 2013

DU PARADOXE BELGE

23 lignes pour souligner ce paradoxe incroyable, à savoir que la Belgique est le seul pays au monde à nous faire cadeau d’artistes de talent qui, à l’instar de René Magritte, font consensus autour d'eux partout sur la planète ou au moins dans ma salle de bain ? Mais on me demande l’impossible, là !

Car la liste va être longue des natifs et natives d’outre-Quiévrain que l’on pourrait asseoir dans le fauteuil du peintre surréaliste. Et le jeu risque d’être amusant : quel objet donner en pâture-peinture à l’artiste belge « clairvoyant » ?

Nous mettrons hors-jeu d’emblée Verlaine et Rimbaud : déjà ils étaient Français et le voyant, sans doute pas clair, n’a pas vu venir le coup de revolver !

A part cela, qui pourrait avoir une dent contre Jacques Brel ? Son « Ne me quitte pas » n’est-il pas la chanson d’amour par excellence ? Ses « Flamandes » et ses « Bourgeois » nous ravissent toujours alors que ses « Bigotes » sont le portrait le plus prémonitoire qui soit de Christine Boutin et Frigide Barjot en train de participer à la procession du Saint-Sang à Bruges («Nous partîmes Saint-Sang mais par un prompt renfort… ») ?

Asseyons le grand Jacques dans le siège de René et posons sur le guéridon une péniche. Nul doute qu’il peindra sur la toile une potence afin que le canal s’y puisse pendre, c’est là une tradition du plat pays qui est le sien.

A la place d’une péniche, installons une gondole. Avec de l’Italie qui descendrait l’Escaut il nous fera des vues de Bruges, une ville ou moi aussi je retournerais bien volontiers.

DDS 244 PaulDelvauxTheIronAge

Changeons la gondole pour un sifflet et rappelons un peintre et un cinéaste. Paul Delvaux nous peindra une de ses gares magnifiques ou de belles dames hallucinées et dénudées sembleront échappées tout droit du Malpertuis de Jan Ray. Sur le quai B la locomotive et les wagons d’ « Un soir un train » d’André Delvaux s’arrêteront.

Une carte postale de Sète ou de Caen suffira pour que Raymond Devos nous peigne une mer démontée, mais lui est hors compétition : même avec trois fois rien il nous faisait toujours quelque chose de neuf.

Du chapeau melon de Magritte Simenon coiffera Maigret et sur la toile il posera ce moment où tout bascule dans la vie d’un homme. Cela prendra la forme d’un jockey perdu, individu figé dans l’écorce ou la course du temps.

D’une fleur dans un verre on verra naître sous la plume de Franquin le fantastique Gaffophone.

D’un demi de bière – pour la marque on n’aura que l’embarras du choix ! – Annie Cordy en fera des tonnes et des tonneaux pour caricaturer Angela Merkel en Frida Oum Papa.

Avant que la limite des 23 lignes ne soit atteinte ou dépassée, révélons un dernier secret : lorsque la séduisante Georgette, l’épouse de Magritte, a posé sur la table un almanach Vermot, ni Zigmund, ni Sebarjo ni moi n’avons volé ce livre. C’est bien sûr Jean-Luc Fonck, du groupe Sttellla, qui s’en est emparé pour truffer de bons mots quelques galettes reconstituantes dont, plus que jamais en cette période d’austérité, nous vous recommandons l’usage. Car c’est aussi ainsi, par cette jovialité et cette humanité partagées qui vont du Libellule de Maurice Tillieux au « Vous permettez, monsieur ? » d’Adamo, des « Yeux de ma mère » d’Arno au « Ca plane pour moi » de Plastic Bertrand, de « la longueur tuée dans l’œuf » de notre oncle Walrus au mariage de Mlle Beulemans, du Martini de Mussolini...

 

DDS 244 léonidas

...au W comme wagon de train d’Adrienne, des énigmes célestes d’Anémone à la poésie au point de croix de Lorraine, de t'Kliekske à la plus formidable des Belges d'honneur de l'Iowa, du marsupilami au Chat de Gelück, des « Ah que » de Johnny Hallyday aux merveilles de Julos Beaucarne, de Dupond à Dupont en passant par la Castafiore que la ligne est claire, qu’Allah est grand, comme disait Vialatte, et que le pays du Maneken Pis marque son territoire et réjouit ma mémoire. Cela dit, je reprendrais bien encore un Léonidas, ceux avec la noisette étant mes préférés !

P.S. Ce texte, accompagné de ceux que j’ai publiés ici ces dernières semaines, pourrait très bien intégrer un recueil intitulé : « 23 lignes pour chro-niquer mon Alzheimer ! ». Ca me plairait assez ! Et maintenant, chantons du Belge !

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 244 à partir de cette consigne.

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28 avril 2013

SUPPLEMENT GRATUIT

 

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Observé peut-être par un vieillard impotent à sa fenêtre en haut de l’hôtel de la Noue, je me bats pour ouvrir le sachet de plastique dans lequel je mettrai quatre poires. Sous la halle Martenod j’ai acheté un filet mignon à Max qui ne quitte pas son bonnet rouge ni son air d’homme sage, débonnaire et bavard.

Je photographie les araignées du poissonnier, j’achète une livre d’épinards et de la salade de mâche en bas de la place. Parfois, s’il n’y a pas trop de monde et si ma balance ne joue pas les accusatrices, j’achète des pâtisseries orientales à la dame du Maghreb qui a un beau chapeau et un bagou terrible.

Depuis quinze ans que je viens ici, je n’y ai jamais mangé une galette-saucisse. Ca ne m’empêche pas pour autant de penser que le samedi matin, à Rennes… Ah ! Quel (marché des) Lices !

 

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Imaginé à l'Atelier d'écriture de Villejean le 16 avril 2013 sur la même consigne que dans le billet "W comme wagon de train".

 

22 mars 2018

UN MARCHÉ PAS COMMUN

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Bonjour, l’entrée dans un monde robotisé à plein !

Un jour, bientôt, demain, j’en ai la certitude, le cabas fou ira faire les courses tout seul !

A force de poser le numérique au pavillon des vases de Sèvres comme le nouvel étalon or, à force de nous planter l’aiguille de la connexion permanente dans une veine de l’oreille droite, on va finit par se choper des étiquettes comme des choux fleurs. On ne pourra plus passer les portes, on sera tellement branchés sur partout qu’on ne sera plus qu’un amas de données en tas dans nulle part.

On n’est déjà plus capables de savourer un trajet de bus ou de train en silence, d’aller à pied acheter son basilic au marché d’en bas : un clic de la souris ou deux tournages de pouces sur l’écran tactile du smartphone et tu peux te calfeutrer chez toi pour t’abreuver de séries, on va te la livrer ta feuille de verdure avec la pizza ou le burger qui fait ton bonheur.

Je ne te reproche rien, Modernité de mes deux, sauf que je n’ai pas besoin de tes salades, de ta malbouffe puante et de ta mobilité numérique !

Avec toi, plus besoin de pneumatiques, on roule déjà sur la jante ! Demain le cabas fera tout pour nous. Il ira pointer à Pôle emploi, il partira en vacances en nos lieux et places.

Et quand, à force d’ignorer la réalité de nos semblables, on n’aura plus envie de faire l’amour qu’avec des androïdes, le cabas fou, le cabas foutra…

Le cabas foutra…

Le cabas foutra…

Le cabas foutra le camp de ce monde pourri pour créer sa propre communauté.

Et pour lui pas de souci ! Ca marchera comme sur des roulettes !

Ecrit pour Treize à la douzaine en partant de la liste n° 2

1 avril 2013

DECRIRE UN LIEU AVEC AISANCE : Rennes le 25 mars 2013 (1)

 

SOCIO-SCATOLOGIE VILLEJEANESQUE

Il arrive à tout homme honnête
D’avoir à soulager parfois
Sa conscience vessie ou son estomac.
En ce cas, il va aux toilettes.

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Pour des raisons professionnelles
De réunion dans mon domaine
J’eus à user, l’autre semaine,
De chiottes gogues institutionnelles.

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Gentiment, on avait pris soin,
Certes, en dégradant le mur,
De fournir un peu de lecture
Pour faciliter le besoin.

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1 avril 2013

DECRIRE UN LIEU AVEC AISANCE : Rennes le 25 mars 2013 (4)

Ces bons docteurs qui font le bien,
Formés par l’Université,
Souvenez-vous qu’ils ont été
Ces bien indécents carabins !

Avouez que ça fait un peu peur !
Quelque part, ça épouvantaille !
En m’extirpant de ma torpeur
Je suis retourné au travail.

Il faut que jeunesse se passe
Mais celle-ci est bien fracasse !
Si vous êtes de mon avis
Adhérez à l’A.I.E.I. !*

*Association des Internautes Etrangement Iatrophobes

 

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 P.S. Comme je publie mes billets le soir et que ça m'ennuie de programmer la date et l'heure de mes quatre billets, je publierai désormais sur ce blog le soir avec la date de la journée... écoulée ! Si ça ne vous plaît pas, tapez-moi sur les doigts !

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31 mars 2013

Les affiches du Forum Libération vues à Rennes le 24 mars 2013 (4)

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La confiance vue par Schwartz

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Croyez en ma jeune expérience : j'ai beaucoup plus confiance en l'avenir depuis que j'ai décidé d'être immortel !

TROUVAILLES ET DECOUVERTES

Vous savez très bien que, pour ce qui est de rire, vous pouvez me faire confiance ! Hier soir avait lieu le dernier spectacle de l'excellent festival de théâtre "Quartiers en scène". Nous sommes allés voir au cercle Paul Bert Rapatel le spectacle de mime de Patrick Cottet-Moine "Mime de rien". Hilarant de bout en bout. Les vidéos que l'on trouve sur Internet sont un peu filmées de loin - nous nous étions arrangés pour être assis au deuxième rang - mais la corrida avec la mouche qui ouvre le spectacle est déjà un régal à elle toute seule.

La maison accorde cinq étoiles, les oreilles et la queue et vous conseille de ne pas rater l'homme s'il passe près de chez vous. Son site web est ici avec le fabuleux sketch du pêcheur et du poisson. 

 

30 mars 2013

BONNE RETRAITE, MADAME YONYON !

 

MIC 2013 03 18 in Connemara

In Connemara par Paul Henry

- De quoi Paul Henry est-il le nom ?
- Du retour à la sphère privée ! Et tout ça à cause de Michel Sardou !
- Calme-toi et explique ton cas, Lardu !
- Ca va être long, je vais devoir te raconter ma vie, Loreille !
- J’ai tout mon temps mais si tu peux abréger le passage sur ta puberté, ça m’arrangera !
- Ma directrice, madame Yonyon, a un téléphone portable !
- Ca commence bien ! Qui n’en a pas, de nos jours ?
- Moi ! Un jour qu’elle nous avait mobilisés pour une grand’messe…
- J’ignorais que tu travaillais à l’archevêché !
- Madame Yonyon ne fonctionne que comme ça, par grandes messes. Un directeur, c’est quelqu’un qui ne fiche rien, qui fait faire le boulot par les autres et qui réunit le reste du monde pour lui expliquer plus ou moins longuement que sa glorieuse présence sur cette terre a permis au Schmilblick d’avancer à un point tel qu’on est à deux doigts d’instaurer le bonheur universel.
- C’est un point de vue. En quoi est-ce choquant ?
- Pendant ce temps-là, avec ce système-là, elle gagne trois fois plus d’argent que toi tandis que toi tu te tues à la tâche.
- Tu as l'air bien portant, je trouve, pour un mort ! Mais reviens donc au téléphone portable, à Paul Henry et à Michel Sardou, s’il te plaît !
- Donc, au cours de cette réunion de tout le personnel, son téléphone portable a sonné. Pas discrète du tout, la sonnerie ! Le volume à fond, « Les lacs du Connemara » de Michel Sardou, façon marche militaire. Morts de rire ! La caricature !
- Explique, je ne comprends pas ?

MIC 2013 03 18 Pogues

- Il n’y a pas plus typés à droite que Michel Sardou et Madame Yonyon.
- La droite, la gauche, ce n’est pas pareil, maintenant ?
- Tu as raison ! Je ne sais pas pour qui cette dame vote mais madame Yonyon c’est le petit doigt sur la couture du pantalon pour accomplir, imposer, voire devancer la moindre exigence du ministère !
- Enfin une fonctionnaire irréprochable ! Et alors ?
- Et alors, dans trois mois, terminé, l’Irlande ! Mme Yonyon part en retraite. Je ne me ferai plus renvoyer dans les cordes à chaque fois que j’ouvre la bouche dans une de ses grandes messes !
- T’as vu comment t’es gaulé, aussi, comme boxeur ?
- J’ai juste un problème avec ce départ, c’est que je me demande si je suis sot ou si j’ai bon cœur ?
- La réponse à la première question est forcément oui !
- Déconne pas, c’est vrai : je suis bien content qu’elle s’en aille !
- Entre « sot » et « bon cœur » il y a aussi « faux cul », Lardu ! Tu sais très bien que ça va lui manquer de ne plus pouvoir revenir emmerder ses subalternes !
- C’est vrai, regarde Sarkozy : il n’est pas parti depuis un an qu’il piaffe déjà pour revenir en 2017 !
- S’il piaffe, c’est que Carla met du cheval dans ses lasagnes. Et à part ça tu aurais bon cœur, toi ?
- Quand elle sera partie, notre clone d’Angela Merkel, ça va permettre à tout le monde de monter d’un cran dans la hiérarchie. Je suis content pour eux et pour elles !
- Vu comme ça, évidemment ! Mais attention ! Tu connais la fable des grenouilles qui demandent un roi ?
- Bien sûr ! Moi qui, dans ce jeu de chaises musicales m’occupe de mettre du fluide glacial sur les chaises et de remplacer la partition du chef d’orchestre par un camembert à musique, je ne rêve que d’une chose : que Soliveau 1er soit élu pape ou président du monde !
- Pour le pape, tu attendras, on vient d’élire Libellule 1er. Elle est bizarre cette leçon que tu tires des livres !
- Oui, hein ? Allez, bonne retraite, madame Yonyon ! Je vous souhaite d’aller écouter Michel Sardou en Irlande. Pendant ce temps-là je me repasserai « The Luck of the Irish » de John Lennon à Rennes.

 


- Je m’excuse, mais si, entre collègues, vous n’êtes pas foutus de vous entendre parce que les esclaves sont de gauche et les chefs de droite ou l’inverse, tu ne t’étonneras pas qu’il y ait des guerres de religion !
- Je ne m’étonne de rien ! Je remercie juste Joye de m’avoir fait découvrir Paul et Grace Henry et Madame Wikipédia de m’avoir raconté un peu l’histoire des deux Irlandes.
- Et pour le dilemme de George Sand, « celui qui a bon cœur n’est jamais sot », c’est quoi, ta religion ?
- Je répondrais bien « Hôtel Danieli à Venise » mais ce qu’elle y faisait avec le docteur Pagello n’était pas joli ! A part ça t’as le bonjour d’Alfred, Loreille !
- T’es vraiment un sot, toi !

Ecrit pour "Un mot, une image, une citation" du 11 mars 2013

17 mars 2013

LA VULGARITE DES CYCLOPES / Marie-France T. : 1ères pages par Joe Krapov

 

Roman Marie-France T la vulgarité des cyclopes

- C’est sûr qu’on nous a filé le sale boulot, commença Polyphème.
- Les Dieux sont des enfoirés, ajouta Polyphonique. Nous n’avons qu’un seul œil au milieu du front et leur grande plaisanterie a toujours été de nous conseiller : « Ouvre l’œil et le bon ! ».
- Un peu comme l’autre avec son : « C’est vous, le nègre ? Continuez ! ».
- Je sais bien qu’il faut travailler pour gagner sa moussaka…
- Il paraît qu’il y a du cheval de Troie, dedans, maintenant !
- … mais tranformer les îles dans lesquelles nous gardions nos moutons en prison pour la lie de la société grecque, c’est un peu fort de café !
- Nous-mêmes sommes devenus des matons.
- Et pendant ce temps-là les dieux et demi-dieux voyagent dans des îles idylliques.
- Ils y sont accueillis par des magiciennes qui leur en font voir de toutes les couleurs.
- Pendant ce temps, nous, côté sexes, zéro ! Nada ! Que nibe ! Que dalle ! Rien ! Crois-tu que les Dieux se seraient souciés de nous donner des compagnes ? Que tchi, que tchi, comme on dit en Corse !
- Pas même une monstruosité comme la femme à trois seins, la sirène à patte, la Vénus sans bras ou la petite sœur de Cléopâtre.
- Pas la moindre petite Amazone bleue ! ajouta Polycarpe qui était resté muet jusque-là.
- Ils croient peut-être qu’on est aussi tantouses que Socrate et Platon, ces histrions !
- Bref, mes chers amis, je propose que nous nous mettions en grève, suggéra Polystirène.
- Que nous rassemblions nos forces pour construire un immense vaisseau sur lequel nous embarquerons tous lança Polygarchique.
- Tout plutôt que de rester là à attendre que le meilleur d’entre nous se fasse ridiculiser par cet imbécile d’Ulysse.
- Je crois que c’est à nous de réécrire l’histoire, ajouta Polygraphe. Il ne sera pas dit que devrons toujours nous faire damer le pion en matière de récit d’aventure par cet Homère, qui, de surcroît, est aveugle !
- Au royaume des borgnes, les aveugles n’ont pas à être les rois !
- Partons à l’aventure, sillonnons le monde !
- Tout ça, c’est bien joli, admit Polytraumatisé mais quelqu’un a-t-il des connaissances en architecture navale ?
- Moi je sais faire des cocottes en papier, glissa doucement Multiredoublant, des bateaux et aussi des bombes à eau.
- Et merde ! Ca me troue un peu le cul, mais avec des présupposés comme ça et une telle équipe de bras cassés, jele sentais bien venir que ce bouquin, malgré sa jolie couverture, n’irait pas beaucoup plus loin que sa page 1 !

Ecrit pour l'Atelier d'écriture de Villejean le 12 mars 2013.

19 mars 2018

"On prendra le temps de ne pas arriver en retard" à la Maison de quartier de Villejean à Rennes le 18 mars 2018 (4)

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C’est diablement bien joué, bien écrit, bien imaginé. Elliptique et symbolique, cela nous emballe sans rupture, on les suit dans leurs complicités, leurs oppositions de caractères, c’est mystérieux et passionnant, c’est aussi bon sinon meilleur que le vin, même si celui-ci n’est "pas très cher"… Un vin intelligent et humain ! Cela s’appelle « On prendra le temps de ne pas arriver en retard ».

Je crois que j’irai les revoir dès que possible l’acteur et les actrices de la compagnie Leutexie. Ils m’ont offert un dimanche matin théâtral de rêve. Dommage que ce Festival Les Giboulées n’ait pas été annoncé dans l’Agenda des sorties de Rennes métropole ni plus que ça à la Maison de quartier de Villejean.

Il y a des gens qui ont raté quelque chose de bien et bien des choses ce dimanche à Rennes !

10 mars 2013

Un (trois ?) clown(esses) à Florence (Italie) en mai 2002

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La peur des nombres, thème du prochain "Défi du samedi" : il y a une chance sur 7 milliards pour que ces deux demoiselles retrouvent sur le web cette photo d'elles en compagnie d'un clown. Il y a sept milliards de chance sur une pour que tout le monde s'en foute !

TROUVAILLES ET REDECOUVERTES

A l'occasion d'un commentaire chez Adrienne, j'ai revisionné sur Youtube des vidéos de Chanson Plus Bifluorée et, dans le genre cousinage, retrouvé le Quatuor, toujours aussi hilarant :

 

10 mars 2013

L'EMPORTER AU PARADIS ?

Vêtue de probité candide et de lin blanc
Voici qu’on m’a collé des ailes dans le dos
Et mis une auréole en guise de chapeau !
C’est quoi ce carnaval dont je me bats le flanc ?

Pourquoi m’expédier là ? Je n’ai rien fait de mal ?
Et pourquoi m’habiller de cette camisole ?
Dès le premier abord, c’est sûr, il me désole
Ce monde aseptisé comme un grand hôpital !

Que l’on me débarrasse, enfin, de ces atours !
Permettez-moi, mon Dieu, de faire demi-tour :
J’avais tout ce qu’il faut pour faire une diablesse !

MIC 2013 03 04 oeil

S’il est vrai qu’on retombe en enfance en enfer,
Laissez-moi avouer mon rêve et ma faiblesse :
Je veux chauffer mes fesses auprès de Lucifer !

MIC 2013 03 04 Angelique_Marquise_des_anges

 Ecrit pour "Un mot, une image une citation" du 4 mars 2013

3 mars 2013

Une enseigne de crêperie à Rennes le 2 mars 2013

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Ce n'est pas pour raconter ma vie mais... je m'étonne assez ! Chaque semaine, en plus de mes activités choralistiques, professionnelles, cuisinières - et de celles qui ne vous regardent pas - j'écris deux ou trois textes pour des ateliers d'écriture. Jusqu'à présent je les laissais éparpillés là où ils avaient pris leur essor et trouvé leurs destinataires. Mais la mésaventure d'ONMvoice - mes fichiers sonores ont été effacés par l'hébergeur - et celle de "Joe Krapov partage ses images" m'incitent à rassembler cette littérature par ici le week-end. Allez, les crêpes, je ne veux voir qu'une seule pile ! Désolé pour les fidèles à qui cela va coûter trois photos ! (En même temps je ne suis pas radin de vidéos pour compenser ces temps-ci sur les ateliers !)

23 février 2013

Les chaises : pièce à dormir debout (2) Au parc du Thabor à Rennes le 3 mai 2012

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COUR. – Il y a cinq tables avec des nappes blanches à la terrasse du restaurant et seize chaises mais sur la scène…
JARDIN. –… ou dans cette scène…
COUR. – … on n’en voit que quinze.
JARDIN. - Il y a des chaises mâles et des chaises femelles. Toute la journée, écrasées sous les culs des humains, elles rêvent du moment où le soir le garçon en long tablier va les empiler sur la table, les unes sur les autres, enfin, tête-bêche.
COUR. – Quand le dernier autobus n° 69 sera passé, le loufiat éteindra la lumière et l’orgie commencera. Un air de jazz mystérieux descendra de l’appartement du dessus. Toute la journée les chaises attendent ça.
JARDIN. – Elles ont des noms un peu bizarres. Parfois « La tempérance » est montée sur « le diable » et « la justice » sur « le chariot ».
COUR. – Hier soir « le pendu » était sur « la maison-Dieu » et « l’étoile » sur « l’amoureux ».
JARDIN. – « Le bateleur » s’envoie « l’impératrice » et « le soleil » a enfin rendez-vous avec « la lune ».

23 février 2013

Les chaises : pièce à dormir debout (3) Au parc du Thabor à Rennes le 3 mai 2012

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COUR. – Présentement, c’est « la papesse » qui a attrapé le patron de la P.J.
JARDIN. – Par le fond de son pantalon elle a fait pénétrer une pointe de son paillage et la voilà qui aspire l’âme du type qui attend.
COUR. – Ca a une âme, un policier ?
JARDIN. – A cette époque-là, oui. Dans les trous qu’ont creusés en elle les vers à bois, la chaise niche les différentes parties qu’elle soutire au policier.
COUR. – Son aveu d’impuissance devant le gang des tractions avant.
JARDIN. – Ses rêves de retraite à Meung-sur-Loire : la pêche, le fricandeau à l’oseille de son épouse, la partie de cartes de l’après-midi au café avec le docteur, le boucher et le cabaretier.
COUR. – Bientôt la papesse a tout pompé. La chaise est repue et le commissaire Maigret n’est plus qu’un fantôme creux dans la mémoire de l’auteur de la pièce. Un souvenir lointain.
JARDIN. - Fin de la scène 1 !

18 février 2013

Questions posées à Rennes le 11 février 2013

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Que font ces balles de tennis dans l'armoire aux archives ouvertes ?

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L'agent L.J. lit-il de la poésie pendant ses heures de travail ?
Hal, l'ordinateur fou de "2001, l'odyssée de l'espace", connaît-il la réponse à cette question ?

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Tout tourne-t-il bien rond dans le cerveau dérangé de Joe Krapov ?
Le Docteur Trépas découvrira-t-il le secret de l'épidémie de lumbago et de "tennis elbow" du rez-de-jardin le plus mystérieux de la blogosphère ? Vous ne l'apprendrez pas en regardant le film mentionné ci-dessous !

Visionnages et découvertes 

Ce soir, "Agent trouble" de Jean-Pierre Mocky avec Catherine Deneuve et Richard Bohringer.
Un bon polar qui donne envie de lire le roman original : Malcolm Bosse. - L'homme qui aimait les zoos. - (Série noire ; 2112)

 

6 février 2013

Le mot sur le réfrigérateur : Rennes le 27 janvier 2013

Mon enthousiasme me perdra ! J'ai posté hier soir un billet ultra-court aux Impromptus pour illustrer ce thème : "le mot sur le réfrigérateur". J'ai eu l'impression que ce texte de deux lignes était parti "au purgatoire" : on ne permet pas, sur les Impromptus, d'évoquer l'actualité politique. Nos amis ont raison, on n'en finirait pas de s'empoigner comme des veuves sinon. Du coup j'en ai écrit un autre que j'ai posté ce soir. Manque de bol pour vous, le premier est ressorti du purgatoire avec un imprimatur. je dis bien manque de bol pour vous : je publie les deux versions ci-dessous !

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Joe Krapov – Le message du réfrigérateur (version 1)

Aux manifs peu égalitaires
Il paraît que Frigide erre.

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Joe Krapov – Le message du réfrigérateur (version 2)

Le bœuf bourguignon d’avant-hier
L’invite à des préliminaires ;

Le ketchup renversé en flaque
Va lui servir d’aphrodisiaque ;

Les pattes d’éléphant sur le dessus du beurre
Lui donnent déjà des ardeurs ;

Les fraises des bois se décomposent
Et lui promettent l’apothéose ;

Des petits points de moisissure
Lui font l’effet d’une morsure ;

Du demi-citron vert et du lait bien tourné
Elle se trouve retournée ;

Quand le yaourt est périmé
Elle prospère mieux que Mérimée ;

Sur le Roquefort, musique à fond,
Son orgasme atteint le plafond ;

Les locataires sont en vacances
Elle jouit en criant : « Vive la France ! »

Seul à lui opposer un peu de résistance,
De ses cristaux liquides qui clignotent en urgence,
Craignant à tout jamais de devenir barjot,
Pour appeler à l’aide ses propriétaires
Et dénoncer tous ces dégâts pas très jojos,
Le réfrigérateur affiche un lapidaire
« Au s’cours la BAC ! La bactérie peu frigide erre ! »

 

16 décembre 2018

Dans le vieux Lyon (Rhône) le 7 décembre 2018 (3)

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Sans la musique la vie serait une erreur (Friedrich Nietzsche)

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Il n’y a rien de plus réellement artistique que d’aimer les gens (Vincent Van Gogh)

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La musique commence là où s’arrête le pouvoir des mots (Richard Wagner)

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Ne me demandez pas mon âge, il change tout le temps (Alphonse Allais)

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J’adore parler de rien. C’est le seul domaine où j’ai de vagues connaissances (Oscar Wilde)

30 janvier 2018

Vieilles voitures place de la Mairie à Rennes le 28 janvier 2018 (5)

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Grateful Dead ?
Absolument ! Puisqu'on est dans les vieux machins, autant aller découvrir ce groupe dont on m'a tant parlé jadis sans que j'aille pour autant l'écouter. Ca ne va pas aller bien loin : cette première chanson me semble déjà si immoralement américaine que je m'en retourne écouter les chanteurs français à moustache ! 

4 février 2018

LE DERNIER SILENCE D'ARTHUR R.

O terre des Ardennes à jamais détachée
De mes souliers crottés ! Ô gorge desséchée
D'avoir eu tant de science et de n'avoir dit rien !

Injustice rendue sous l'absence de chêne
Me voici désormais privé de tout soutien !
Porteurs de ma civière, allez, à perdre haleine !

Pour la dernière fois ma trace d'Aquilon
Au livre de l'Afrique une corne promène.
L’œil bleu, le sang gaulois vont rejoindre la plaine.
Vers la rivière fraîche au creux de son vallon
Le drapeau du Destin, criblé de trous, nous mène.

O Saisons ! Ô châteaux ! Pourrai-je m'effrayer,
Si un jour je découvre, étrange, horrible chose,
Sur ma saison d'enfer, sur ma tombe sans rose,
Une bibliothèque en guise de laurier ?

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Ecrit pour les Impromptus littéraires du 29 janvier 2018

à partir de cette consigne

20 décembre 2018

CONSIGNE D'ECRITURE 1819-13 DU 18 DÉCEMBRE 2018 A L'ATELIER DE VILLEJEAN A RENNES

Je me souviens de théâtre ou d'opéra

 Hélène Builly - 11 Le dernier métro

En vous inspirant (ou pas) des illustrations d'Hélène Builly, écrivez, à la manière de Georges Perec, des phrases qui commencent par "Je me souviens" et qui sont relatives au théâtre ou à l'opéra.

Vous pouvez si vous le souhaitez séparer vos écrits en deux pages : sur la première vous vous souvenez de pièces, d'opéras, d'acteurs, d'actrices ou de faits que tout le monde connait. Sur la seconde, vous relatez des souvenirs plus personnels.

6 mars 2021

PAS TRANSFORMÉ EN CAUSTIQUE

A quoi bon cirer le parquet
Puisque d’autres dents ambitieuses
Vont venir le rayer ?

Un lavage à grande eau suffit.


A quoi bon cirer le parquet

Si c’est pour n’y plus voir
La joliesse des nœuds du bois
Mais, courbé, les pompes du prince ?

Un lavage à grande eau suffit.


A quoi bon cirer les pompes du prince ?

Toute sa science est ambition,
Apprêts, pommade, maquillage
Et toute sa force est de police.

Un lavage à grande eau suffit.


Un lavage à grande eau suffit
Pour qu’à la plage de Trestel

Tout resplendisse et tout reluise.

Et, par compensation sans doute
De nos derniers aveuglements,
Le sable lui-même y dessine
La forêt initiale,
Les arbres grands et beaux
Qui ne finiront pas en parquet de Versailles.


210302 Arbres de Trstel gif horizontal

210302 Arbres de Trstel gif vertical

Ecrit pour le Défi du samedi n° 653 d'après cette consigne : encaustique

23 janvier 2021

LE PARTI PRIS DU YOYO (ET V'LAN, PASSE-MOI LE PONGE !)

Si c’était un gâteau, ce serait un Paris-Brest. Tout d’abord pour la symétrie, comme lui constitué de deux cercles parfaits en leur milieu soudés.

Si c’étaient deux villes ce seraient les mêmes.

Ponge - Le Parti pris des choses

De la bonne Lutèce - a-t-elle amphore grandi, cette enfant ! Est-elle embouteillée depuis qu’elle en a pris, de la bouteille, de l’âge ! - il aurait hérité de la nervosité, du mouvement de fourmilière : sa ficelle s’engouffre et s’enroule au moyeu comme l’heure de pointe avale l’employé, le trottin, le badaud à la station Guimard. Hector ! Tous ces Orphées descendent par ta bouche grande ouverte remercier Fulgence qui leur souhaite bienvenue mais votre enfer de 1900 on en ressort et, c’est le mot, on en remonte à Saint-Lazare et on s’élève dans les airs ! Ô la Chapelle ! Ô Stalingrad ! Ô ma Glacière ! J’y ai perdu mon Eurydice et mon bonheur (Glück Auf Deutsch !)!

De Brest il aurait le silence-même, le roulis des flots, la force de traverser les siècles sans beaucoup changer, le côté têtu des Bretons qui s’obstinent à la tradition, au travail à la main, au hissage des voiles, à la science des noeuds, un jeu d’enfant par tous les temps, rappelle-toi, Barbara, tu en possédais un avant qu’il y ait la guerre, cette connerie infâme.

Et donc, tout rond comme une pomme, possédant à peu près sa taille, mais plus cylindre plat que sphère, le yoyo tient dans la paume d’une main d’enfant.

De l’action ! De l’action ! De l’action Saint-Gobain au portefeuille boursier, qui tire les ficelles du mouvement des valeurs ? Quelle trivialité agite et pour quel gain tous les boursicoteurs ?

Pendant ce temps le yoyo chante, en déroulant régulièrement la note continue de son vrombissement, les valeurs du mouvement.

On pourrait pour conclure poser à son propos trois questions très idiotes :

Est-il normal qu’en grandissant l’être humain l’abandonne, infidèle à son jeu d’ascenseur onaniste, au profit du bilboquet ?

Où se situe la touffe qui sert à yoyoter ?

Pourquoi, au Jeu des 1000 € ou à Questions pour un champion n’offre-t-on plus à la gagnante ou au gagnant un yoyo en bois du Japon avec la ficelle du même métal ?

P.S. Vivons-nous dans un monde de charlots ?
 



Ecrit et réalisé pour le Défi du samedi n° 647 d'après cette consigne : yoyo.

16 février 2021

SAINTE-MAISON BLANCHE AUX VOLETS BLEUS

JRMorel 07N’en déplaise à Maxime Le Forestier, on ne trouve que très peu de maisons bleues aux volets blancs adossées à la colline aux coralines dans la Bretagne qui est si belle quand il pleut sur le Festival Jean-Michel Caradec.

L’inverse par contre est assez répandu et tout photographe épris de vrais clichés ne manquera jamais d’immortaliser, ainsi que l’a fait sur cette aquarelle M. Jean-Roger Morel, cette sacrée maison blanche aux volets bleus qu’on voit dans le port de Ploumanac’h, de Trégasoil ou de Ploumazout car les maisons blanches aux volets bleus, c’est comme les marées noires, elles ont envahi tout, elles sont partout. 

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Le cérémonial n’est complet que si des hortensias poussent dans le jardin et si, au voyageur, des rideaux de dentelles aussi épais qu’un string essaient de cacher l’habitante déjà bien dissimulée dans l’ombre. Car la maison a beau être blanche, l’intérieur en est toujours sombre.

La locataire, on l’imagine très bien portant par-dessus son chignon la sainte coiffe bigoudène et confectionnant sur la sainte crêpière Billig la sainte galette au chèvre et au miel.

Mais on est très déçu par la réalité quand on la voit sortir de la sainte maison blanche aux volets bleus. Elle est jeune, jolie, percée de partout, tatouée sur les bras et les jambes, elle porte un short en jean déchiré et des collants noirs, elle a des cheveux bleus et un iphone collé à l’oreille.

C’est que voyez-vous, braves gens, depuis 1914 Sainte-Bécassine a eu le temps d’avoir une descendance, des enfants, des petits-enfants, des arrière-petits enfants et celle-ci s’en va retrouver son coquin dont elle espère bien qu’il lui en fera, à elle aussi, une tripotée qu’ils nommeront Timothée, Victor, Mélanie, Ernestine ou Auguste. Oui, comme vos arrière- arrière-grands-parents. Pourquoi est-ce que le monde nous rajeunirait ?

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Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 9 septembre 2014

d'après la consigne 1415-01 ci-dessous.

30 janvier 2021

L'ALBUM ZUTIQUE

DDS 648 Le Fantôme de l'apéro (Plonk et replonk)

Tous les soirs, au café de l’Univers, à l’heure de l’apéro, le fantôme de Vitalie venait se joindre à nous.

C’était d’autant plus surprenant que la maman d’Arthur était toujours vivante, là-bas ou plutôt là-haut dans les Ardennes. Son fils, notre poteau, lui écrivait régulièrement pour lui demander du matériel photographique, des livres techniques et des…

Non, pas des nouvelles de son trou perdu. Notre copain s’en foutait complètement de Charleville, de Mézières et de la ferme de Roche.

Les nouvelles du trou perdu, c’est le fantôme qui en réclamait.

- Rends-moi l’album, Arthur ! S’il te plaît !

DDS 648 Hôtel_des_EtrangersParis_gravure- Mais je ne l’ai plus, Maman. Je ne l’ai jamais eu d’ailleurs. C’était un recueil collectif. Comme un livre d’or sauf que c’était de la merde !

- Rends-moi l’album Arthur ! Fais pas le clown ! Retrouve-le et rends-le moi ! Ou rends-moi le !

- Je ne vais pas retourner à Paris pour ça ! Je ne sais même pas s’il y est encore d’ailleurs. Et pourquoi le veux–tu ?

Et là, comme gêné d’avoir à se justifier, le fantôme disparaissait. Mais le lendemain, il était là de nouveau, le fantôme de l’apéro, avec sa litanie.

- Rends-moi l’album, Arthur ! Arthur, où t’as mis le corps du délit ? Je t’avais pourtant déconseillé de t’associer à ces vilains bonshommes !

- C’est de nous que vous parlez, Mme Fantôme ? demanda Bardey ce soir-là. Mais le fantôme semblait sourd, aveugle, obsédé par son idée fixe, ne s’adressant qu’à son commerçant de fils.

- Pourquoi ne reviens-tu pas ? Quel intérêt trouves-tu à faire Chabanais chez les zoulous ? Tu ne veux pas revenir chercher l’album ?

- Zut, Maman !

***

DDS 648 Album zutique 1970234Un jour que ce rigolo de Suel, après nous avoir offert la tournée du patron, était venu s’asseoir à notre table, avant même qu’elle ait ouvert la bouche, il avait entrepris Vitalie.

- Alors ? C’est vous, la môme Fouettard ? L’ange aux ailes de plomb ? Vous savez que le bikini blanc vous va à ravir ?

- Arthur, rends-moi l’album !

- Mais ne pensez donc pas qu’à ça, la star d’outre-monde ! Vous ne voulez pas vous envoyer en l’air avec le Don Quichotte des canapés ? Vous ne savez pas ce que vous perdez !

Et c’était devenu la meilleure blague dans le coin, ce fantôme sourdingue auquel on proposait la botte. Tout le monde a rappliqué pour lui proposer de jouer à saute-jarretelles ou à «Enfourchez vos balais !» sans que le fantôme ne dévie d’un pouce et ne réclame «à corps et à cris» son foutu album.

Même Rimbaud ne comprenait plus rien à ce phénomène qu’il avait de son côté baptisé, de façon assez poétique, «le bal des osselets».

C’est Mme Suel qui eut le fin mot de l’histoire. Un soir qu’elle s’était jointe à nous elle avait proposé à Vitalie de venir admirer une éclipse d’étoile.

Le fantôme l’avait suivie derrière l’hôtel et s’était confié à elle

DDS 648 Sonnet du trou du cul- En 1871 mon fils est parti sur un coup de tête s’acoquiner avec Verlaine, la reine des soiffardes. La jeunesse, vous savez ce que c’est ! On se défonce, on ne commet que des polissonneries, on est le diable incarné ! L’autre a été puni d’avoir abandonné femme et enfant : en cabane, Papa ! Surtout parce qu’il avait tiré sur mon Arthur. Ce que je veux, moi, c’est effacer les traces de tout cela. Je veux détruire ces rinçures et surtout retrouver l’album zutique pour le brûler.

- Qu’est-ce que vous gagnerez à cela ?

- Je ne veux pas que mon nom soit associé à ce «Sonnet du trou du cul» qui y figure en bonne place et je sais qu’une fois que j’aurai fait cela, il pourra y entrer tranquille.

- Où ça ?

- Au Panthéon.

- Je vais vous aider, lui proposa Madame Suel.

***

Le lendemain Mme Suel a raconté l’histoire à son mari puis elle a fait ses valises et est repartie pour l’Europe. Adios, chiquita ! Le soir le fantôme n’est plus revenu à l’apéro ; on ne l’a jamais plus revu et Mme Suel non plus. Simplement, depuis ce jour-là, on s’est mis par plaisanterie à appeler Rimbaud «Trouperdu !». C’est d’ailleurs sous ce nom qu’il a été enterré au cimetière européen d’Aden.

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 648 d'après cette consigne : Zut !

16 février 2021

SAINTES ÎLES BRETONNES

Iles bretonnes (Saintes)

Tout autour de ce cap – que dis-je, de ce cap ? De cette péninsule ! –des îlots de granit abritent des sauvages, des gens qui sont bâtis bien autrement que nous. Des îliens bretons ! Parmi ceux-ci il y a :

- Les Sénans qui résistent à l’envahissement de la France par les doryphores… en allant diffuser à Londres non pas du DTT mais, dans la TSF, des poèmes de Verlaine qui s’avèrent de ce fait avoir un double sens. Ainsi «Les sanglots longs des violons de l’automne bercent mon cœur d’une langueur monotone» cela veut dire en langage de l’île de Sein «Ce soir à l’église, concert orgue et bombarde». «Il pleut sur la ville comme il pleut sur mon cœur» se traduit par «En Bretagne il ne pleut que sur les cons. Tous les autres boivent un saint coup d'cid’ au saint café du port» . « Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches » ne signifie rien d’autre que «La pluie de l’île de Sein peut mouiller la Hollande quand le Hollande y mouille».

- Les Groisillons. Ces drôles d’oiseaux sont tout fiers d’avoir une plage convexe et un trou de l’Enfer plus profond que le gosier du plus grand des poivrots qui s’arrêta jamais boire des bières chez Beudeff. A Groix, d’après le proverbe stupide, «Qui voit Groix voit sa croix». Pour ma part j’ai goûté jadis ici à une petite mort des plus paradisiaques. Au soir d’une longue marche, nous étions à la Sainte crêperie « Chez Paule » et la musique de harpe celtique par-dessus l’effet du cidre n’en finissait pas de me porter dans les nuages. Incessante félicité due au fait que le magnétophone était autoreverse et que la cassette tournait en boucle pendant toute la soirée !

- Les Belle-Îliens envahis plus souvent qu’à leur tour par des flopées de Parigots à tête de veau, ce depuis que la mère Sarah Bernhardt vint s’installer à la Pointe des Poulains pour y faire des expériences de séjour en cercueil, s’adonner à la sainte pêche à la crevette ou imiter Rimbaud « l’homme aux semelles de vent » à qui la poésie finit par faire une belle jambe. Ca rappelle 999 fois tic et une fois toc, non ?!

Pour ma part, je n’ai pas encore vu ma peine à Molène ni mon sang à Ouessant. Et encore moins ma fin à Sein. Mais les îles bretonnes sont des valeurs plus que sacrées pour moi. Et les autres auront beau faire, ça ne le fera pas !

En effet :

- Qui voit la Corse voit son morse

- Qui voit la Sardaigne voit sa musaraigne
- Qui voit la Sicile voit son codicille
- Qui voit la Crète voit son arbalète

Ca ne fait pas des proverbes très tops !

Il y a juste, pour rivaliser un peu « Qui voit Sainte-Hélène voit son destin hors d’haleine » mais personne n’a jamais pondu ça, c’est moi qui viens juste de l’inventer. Tout comme « Qui voit Bréhat voit la fin de son alinéa ».

AEV 1415-01 Bréhat


Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 9 septembre 2014

d'après la consigne 1415-01 ci-dessous.

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