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Mots et images de Joe Krapov

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25 avril 2025

PAS ENCORE TOUT A FAIT AMNÉSIQUE. 15, Les Chapeaux des policiers

 

 

Au secours ! Ma maison est pleine de flics et ma mémoire est cernée par les détectives privés ! Certains ont le melon, d’autres le chapeau mou mais moi, monsieur l’agent, je suis tout aussi veule et vais jouer le doulos, l’indic ou la balance, je vais livrer les noms des redresseurs de torts qui visent de travers !
 

A la poursuite de Jean Valjean, il y a chez Totor (Hugo) l’inspecteur Javert, portant le même chapeau haut de forme que Vidocq.

 

Fulminant contre Fantômas, le commissaire Juve a pris au cinéma les traits de Louis de Funès. Chauve qui peut !

 

Si, si, on a tendance à l’oublier, le San-Antonio de Frédéric Dard est commissaire de police, affublé de deux adjoints spectaculaires, l’infâme Bérurier et cette vieille baderne de Pineau-Pinuche. Est-ce encore lisible à l’heure de Fadièse Mitoute ? Je ne suis pas convaincu par mes dernières tentatives même si je m’en suis régalé adolescent !

 

A ses débuts, Jules Maigret portait un chapeau melon et un pardessus à col de velours. Assisté d’inspecteurs nombreux, Lucas, Janvier, Torrence, Lapointe, Lognon et même de son épouse dans « Le Fou de Bergerac », il va de bistrot en bistrot traîner son air bougon et entretenir sa cirrhose du foie que le docteur Pardon ne lui décèle même pas tout en l’envoyant quand même faire une cure à Vichy. Jean Gabin, Albert Préjean, Jean Richard, Bruno Cremer et Rowan Atkinson ont incarné le policier belge sans démériter au cinoche et à la télé mais lire et relire Maigret sans lui donner un visage particulier, c’est un plaisir perpétuel.

 

Quels sont les atouts de M. Wens, l’enquêteur imaginé par Stanislas-André Steeman, autre écrivain belge de romans policiers ? Il n’a même pas été fichu de découvrir que « l’assassin habitait au 21 » ! Normal, il n’apparaît pas dans ce roman et dans « Quai des orfèvres » c’est Suzy Delair qui lui vole la vedette avec son tralala ! Ça m’a bien plus de lire les aventures de Wenceslas Vorobeïtchik jadis et c’est pourquoi elles trônent en bonne place dans mon grenier-bibliothèque. Mais bon : quelle idée aussi de s’encombrer la mémoire avec des noms comme celui-là que même un étranger rechignerait à coucher dehors avec !

 

C’est une chronique de Remo Forlani qui m’a fait découvrir Nestor « Dynamite » Burma de Léo Malet. Cinq tomes en collection Bouquins, l’intégrale en DVD de la série télé avec Guy Marchand, un fantasme permanent sur Hélène Châtelain (Natacha Lindinger puis Jeanne Savary à l’écran), l’esprit de famille avec le comparse Roger Zavatter, le journaliste Marc Covet, le commissaire Florimond Faroux. Cet univers m’a influencé au point qu’en des temps anciens d’écriture moins autofictionnelle j’ai nommé mes deux enquêteurs-clowns Ferdinand Flure et Florent Fouillemerde et j’ai transformé l’Agence Fiat Lux en agence Fiat Panda ! N’oublions pas au passage les adaptations BD de Tardi puis Moynot chez Casterman.

 

Côté bande dessinée il nous faut poser sur un piédestal le Gil Jourdan de Maurice Tillieux avec son  inspecteur Croûton, Libellule et Queue de cerise, sa voiture immergée, son moine rouge et l’enfer de Xique-Xique.

 

A la suite du Rouletabille de Gaston Leroux des reporters à l’allure sportive ont marché sur les plates-bandes d’une police officielle qui ne sert plus que de faire-valoir plus ou moins ridicule. Ainsi Tintin et les deux Dupondt, Ric Hochet et le commissaire Bourdon. On pourrait ajouter, du même Tibet, Chick Bill, Dog Bull et Kid Ordinn, mais eux je les garde pour le jour où je me souviendrai du Far-West !

 

Au Royaume-Uni la police officielle est, elle aussi, une simple force d’appoint. Ainsi de l’inspecteur Lestrade toujours dépassé et épaté par le locataire génial du 221 B Baker street, Sherlock Holmes dont le biographe se nomme forcément– c’est élémentaire, mon cher ! – Watson. Deux tomes en collection Bouquins + l’intégrale de la série avec Bendedict Cumberbatch et quelques dévédés avec Basil Rahbone dans le rôle titre. 

 

Si la Miss Marple d’Agatha Christie est « So British !» que penser des petites cellules grises d’Hercule Poirot ? Ne s’agit-il pas d’un détective belge avant tout ? De fait si on m’a offert la filmographie Ustinov et si j’ai déjà emprunté des épisodes de la série avec David Suchet, ce sont surtout les trois séries françaises des « Petits meurtres d’Agatha Christie » qui nous ont bien fait rire lors de leur « visionnage ». Le duo Larosière-Lampion dans la première, Alice Avril, Marlène Leroy et Swan Laurence dans la deuxième et la commissaire Gréco et ses acolytes dans la troisième et dernière.

 

On a aussi bien sûr l’intégrale des Fred Vargas avec son très décalé commissaire Adamsberg, On a dévoré quelques Montalbano d’Andrea Camilleri et on se régale toujours du pastiche des « Cinq dernières minutes » (Bon sang mais c’est bien sûr !) avec le commissaire Bourrel (Raymond Souplex) remplacé par une caricature de Gébé dans la Rubrique-à-brac de Gotlib.

 

J’ai évidemment possédé et lu tous les Raymond Chandler avec Philip Marlowe et je me suis toujours endormi avant la fin chaque fois que j’ai essayé de revoir « Le Grand sommeil » de Howard Hawks pour tenter d’y comprendre quelque chose. L’auteur lui même s’avouait perdu dans son intrigue ! Par contre j’ai adoré le film tiré d’un de ces romans,  « Le Privé » de Robert Altman avec Elliott Gould.

 

 

Dans ma sacoche de dévédés on peut trouver les deux premières saison d’HPI avec les clowneries de Morgane Alvaro (Audrey Fleurot), l’inspecteur Lavardin (Jean Poiret mis en scène par Claude Chabrol), les Beresford d’après Agatha Christie (Catherine Frot et André Dussolier).

 

Je n’ai pas poussé l’amour de la pop culture jusqu’à me farcir « L’Inspecteur Labavure » avec Coluche ni « Les Ripoux » avec Thierry Lhermitte et Philippe Noiret mais je me régale bien évidement de tout film de Georges Lautner dialogué par Michel Audiard.

 

De fait, je suis plutôt voyou que flic et je me suis longtemps régalé des aventures de Parker de Richard Stark et de celles de Dortmunder et Kelp de Donald E. Westlake. En vérité, ces deux là sont un seul et même auteur.  Désolé d’avoir « spoyelé » la chose !

 

Une originalité avant de terminer ? Quel est l’équivalent de Dick Tracy ou de l’incorruptible Eliot Ness en Europe et au féminin ? Une gendarmette avec une chapka ? Non, pas Fargo mais le capitaine Marleau incarné par Corinne Masiero ! Les premiers étaient assez drôles mais trop de désinvolture tue la désinvolture !

 

Puisque nous avons commencé cette rétrospective avec "Le Doulos" de Melville, bouclons la boucle en nous souvenant du très beau rôle de commissaire tenu par Bourvil dans « Le Cercle rouge » dû au même cinéaste porteur de… Stetson !

 

 

Écrit pour le Défi du samedi n° 869 d'après cette consigne : Doulos

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24 avril 2025

Les Représentations de Diane au Musée des Beaux-Arts de Tours vues le 9 avril 2025

 

 

Diane au bain d'après François Clouet

 

 

Jean-Antoine Houdon - Diane chasseresse

 

 

 

Louis de Boullogne - La Chasse de Diane suivi de Diane et ses compagnes se reposant après la chasse

 

 

Angelica Kauffmann - Diane découvrant la grossesse de Callisto

 

Le scénario de cet épisode-là est particulièrement cocasse : la jeune femme a été engrossée par Zeus qui avait, pour la circonstance, pris l'apparence de... Diane !

23 avril 2025

LA RUE DU CLAIR DE LUNE

 

 

La rue de la Moquerie, la rue du Serpent volant, la rue de la Bourde, la rue du Petit Cupidon, la Place Foire-le-Roi, la place de la Broche à rôtir… Oui, il y a bien toutes ces rues à Tours, toutes ces enseignes comme « Charlie et la chocolaverie » ou « Rouge pistache » et des tas de tableaux ou d’objets dans les musées qui ouvrent des possibilités d’autres villes, d’autres histoires, d’autres errances.

 

Mais, c’est vrai, il n’y a pas de rue du Clair de lune. C’est que l’on n’est plus à l’époque de Balzac. Honoré est né par ici et le parcours nocturne qui lui est consacré ne casse pas trois pattes à un canard. On est loin des spectaculaires effets dispensés à Rennes en fin d’année ou pendant les vacances d’été par la société Spectaculaires.

 

Sur la place Jean-Jau – c’est ainsi que l’on nomme ici le fondateur du journal L’Humanité qui fut assassiné par un vilain sire au Café du Croissant en 1914 – une projection au sol en lettres blanches nous apprend qu’une statue fut érigée ici à la gloire de l’auteur de la Comédie humaine.

 

 

Une autre diapo géante nous indique, rue Nationale, l’emplacement de sa maison natale. Comme dans toutes les autres villes, l’éclairage urbain nous dispense ou nous empêche de regarder le ciel et d’y déceler la poésie des contes. Les étoiles ne sont pas des rayons de lumière qui traversent une toile tendue au-dessus de nos têtes et dans laquelle une pileuse de mil déchaînée aurait creusé des trous. Et la lune n’est pas non plus une déesse chasseresse qui n’oeuvre que la nuit, accompagnée de chiens et de porteuses d’arcs, qui se repose et prend des bains dans des clairières argentées et que, sous peine de punition cruelle, les humains n’ont pas le droit de contempler. Pas question d’une selfie en compagnie d’Artémis !

 

- Hé ! Ho ! Je ne suis pas le pape ! proteste-t-elle.

 

La surprise du chef, à Tours, la plus étonnante des petites pépites qu’on puisse découvrir dans cette belle endormie aux maisons de tuffeau blanc, c’est, sans contestation possible, la présence en nombre au musée des Beaux arts de peintures ayant pour thème la mythologie gréco-latine.

 

Si je ne passais pas déjà trop de temps devant mon ordinateur j’irais bien creuser moi aussi, façon enquêteur de police, toutes ces histoires autour de la déesse et notamment celles qui ont donné lieu à la conservation de quatre tableaux et d'une statue en ces lieux.

 

Peut-être, pour moins m’abîmer les yeux, faut-il que je relise « La Légende dorée des dieux et des héros » de Mario Meunier ? C’est un livre défraîchi qui se trouvait dans la bibliothèque familiale et que j’ai racheté neuf le jour où je l’ai trouvé réédité dans une belle édition bien illustrée. Je le conserve précieusement.

 

 

N’en déplaise à Jean Royer, l’ancien maire pudibond du chef-lieu de l’Indre-et-Loire, il y a dans cette bible salace des situations dont tout le monde sait bien qu’elles relèvent plus de l’activité de l’Étoile bleue que de la littérature courtoise - L’Étoile bleue est une ancienne maison close de Tours dont le J.R. local souhaitait la démolition -.

 

Mais il se trouve que j’ai déjà trop à faire avec mes souvenirs de la belle époque 60-70 à ranger ou numériser, avec mes 99 exercices de style à terminer pour ne pas me lancer dans d’autres travaux à la plume blanche, pour ne pas délirer comme un chien fou sur les trois écritoires de mon salon bleu.

 

Les sortilèges de Diane, les dessous du chapitre Actéon, je note ça dans un coin : je m’en occuperai quand je serai « de retour o kalm » ! Se préoccuper des dames des musées, surtout de celles qui posent avec l’air niais dans une robe rose bonbon, je crois que j’ai déjà donné aussi : on finit par voir des cousines d’Isaure Chassériau partout !

 

Il n’y a pas de rue du Clair de lune à Tours, pas plus qu’à Rennes d’ailleurs. Les Frères Jacques chantent joliment bien que « La lune est morte » et les Américains qui en ont fait le tour se préparent maintenant à envahir Mars. Qu’ils y aillent ! Et qu’ils y restent ! Grand bien leur fasse aux fesses !

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 avril 2025

 

à partir de la consigne AEV 2425-25 ci-dessous

22 avril 2025

CONSIGNE 2425-25 DU 22 avril 2025 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

 

Apocopes de noms de lieux

 

 

 

Le Boul’Mich’, le Sébasto, la Bastoche, Ménilmuche, la place Maube sont des noms de lieux parisiens dont on a supprimé ou remplacé la ou les syllabes finales.

 

Essayez d’appliquer le même procédé à des noms de rues de votre ville. Vous vous retrouverez peut-être avec une rue Leub, une esplanade Charles Deug ou, comme à Tours, avec une place Jean Jau… Complétez cette liste de lieux raccourcis ou modifiés.

 

Il existe aussi des noms de rues amusants : rue de la Moquerie, rue du Serpent volant, rue de la Bourde, rue du petit Cupidon, Place Foire-le-Roi. Inventez-en ou listez-en d’autres.

 

Enfin, comme tous les centres-villes se ressemblent un peu et que l’orthographe se barre en sucette, on peut imaginer une rue de l’Amie câline, une avenue Maquedo, un boulevard Du Pareilaumême, une rue C. Fora, une place de l’Afnaque, une ruelle du Royal quai Bab, une rue de la Joyeuse épicière, une place d’Ecouter-voir, une rue du Palais des Thés, une rue de la Soif, une rue des Dessous du chapitre, une rue Oh my biche...

 

Voici une liste d’enseignes rencontrées à Tours qui peut vous servir pour en fabriquer d’autres :

 

Croque-Bedaine, Retour O Kalm, Charlie et la chocolaverie, Sortilèges, Rose bonbon, Arbalète, Trois pavés ronds, Baleschoux, les Petites pépites, le Salon bleu, l’Etoile bleue, Fémina, Le Chien jaune, Le Lapin vert, La Souris gourmande, la Plume blanche, les Trois écritoires, La Belle époque 60-70, le Chien fou, Rouge pistache, Le Chaperon rouge, Le Rat tatoué, La Broche à rôtir

 

Avec tous ces noms ou un seul de ces noms, racontez-nous :

 

- une déambulation touristique ;

- un souvenir concernant une personne ayant habité là ;

- un chapitre d’une enquête policière ;

- ou ce que vous voulez.

 

 

21 avril 2025

Un Petit tour de Tours dans la nuit du 8 avril 2025 (1)

 

 

 

 

 

 

 

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21 avril 2025

Un Petit tour de Tours dans la nuit du 8 avril 2025 (2)

 

 

 

 

- De quoi peuvent bien accoucher les monstres ?

- D'une souris !

 

 

 

 

20 avril 2025

Les Cousines d'Isaure Chassériau vues à Tours en avril 2025 (1)

 

 

 

 

 

 

 

20 avril 2025

Les Cousines d'Isaure Chassériau vues à Tours en avril 2025 (2)

 

Avec leurs atours d'origine et leur notice du Musée des Beaux-Arts de Tours ! Merci et bravo à eux pour ce partage d'informations en ligne!

 

 

Portrait de jeune femme attribué à Bartholomeus Van Der Helst

 

 

L'Âme exilée par Charles-Eugène-Victor Lefebvre

 

 

La Tricoteuse de Cancale par Augustin Feyen-Perrin

 

 

Portrait de Berthe Cerny par Jules Cayron

 

 

Portrait de jeune fille par Thérèse Duchâteau

 

 

Zelda Bomba sur Instagram

19 avril 2025

BÉCASSINE, C'EST MA COUSINE ?

 

 

Moi vous me connaissez : je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais... je ne voudrais pas passer sous silence pour autant la visite que j’ai rendue à Mademoiselle Denouille la semaine dernière.

 

Adèle Denouille est une jeune fille de vingt ans – ou de 140 ans ? – qui habite l’ancien palais épiscopal, à deux pas de la cathédrale, dans la bonne ville de Tours (Indre-et-Loire).

 

Pour dire la vérité et dissiper les interrogations qu’a pu faire naître l’incise gérontophile dans la phrase précédente, le palais est devenu le Musée des Beaux-Arts de la ville et quand j’écris « Adèle Denouille », je ne parle pas d’une personne vivante mais d’un tableau exposé en icelui et peint par Léon Bonnat (1833-1922). Mlle Denouille est née en 1864 et décédée en 1919.

 

 

Si j’ai engagé des frais et programmé un séjour d’une semaine dans la ville natale de Balzac – je suis très honoré de savoir qu’il est né par là ! – c’est parce que, l’air de rien, Adèle Denouille est une autre cousine d’Isaure Chassériau, cette jeune fille habillée de rose à qui je voue un culte tellement inavouable que je m’abstiens parfois d’en parler et passe le plus clair de mon temps à lui offrir des masques, des visages de substitution afin qu’on ne la voie pas rougir de l’affection sans aucun doute malsaine que je lui porte.

 

C’est que, voyez-vous, l’âge m’étant venu, il serait plus facile aujourd’hui de me ranger dans la catégorie des vieux birbes pervers que des jeunes damoiseaux sottement énamourés.

 

Tout cela est la faute des fleurs de l’églantier. Elles sont là en nombre sur le portrait d’Isaure, encadrant son visage, fixant les macarons qui emprisonnent sa chevelure, trônant sur son corsage, embaumant sans doute aussi son corps sage. J’ai appris samedi dernier que le faux-fruit de cet arbuste se nomme cynorhodon et qu’il contient, outre le vrai fruit, du poil à gratter !

 

Il devait en traîner un peu dans l’atmosphère le jour de 1997 ou 1998 où je croisai la route d’Isaure pour la première fois car depuis, comme la guitare pour Yves Duteil, ça me démange de rêvasser autour des jeunes filles mortes, de leur réinventer une vie plus gaie que celle qu’elles ont connue, de leur rendre le sourire, de leur donner d’autres atours, de leur offrir une famille et des amis, un oncle Camille bistrotier, des frères Park, un boulot de journaliste, des cousines au Louvre, à Châlons-en-Champagne, Lille ou Tours. C’est ainsi que moi-même, de mon vivant, je suis devenu « l’oncle Joe », le tonton farceur, l’histrion de Rennes de madame Lia !

 

Il y a quand même, dans ce cousinage entre Isaure C. et Adèle D., quelque chose d’indéniable : ni l’une ni l’autre ne sait quoi faire de ses mains quand elle prend la pose en habit de fête devant le vieux peintre et celui-ci – cher brave Léon, chère adorable canaille d’Eugène ! – a bien du mal à rendre crédibles les épaules de son modèle.

 

 

Peut-être parce qu’elles en manquaient toutes les deux ? Ou que, comme l’écrit Aragon,

 

« Tout changeait de pôle et d'épaule
La pièce était-elle ou non drôle ?
Moi, si j'y tenais mal mon rôle
C'était de n'y comprendre rien »

 

J'aurais bien posé la question à Jean Royer, l'ancien maire de Tours, mais depuis qu'il est devenu portier d'hôtel, il n'émet plus aucun avis sur la nudité de ces dames !

 

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 868 d'après cette consigne :

cynorhodon

18 avril 2025

BALLE AU CENTRE

 

- Pour inventer tout ce machin

- Je pose la question tout à trac -

Vous aviez forcément un truc ? »

 

 

- Votre question est incongrue ! »

Répond-il du haut de sa grue

En faisant tourner la poutrelle.

 

 

- Est-ce que ça marche à l’électrique ?

Peut-on voir la salle des machines

Où vous créâtes ce bidule ? »

 

Il avait des yeux de grand duc,

Le regard perçant d’une chouette

Et l’envergure d’un pétrel.

 

- Faut pas être une moule de bouchot !

Faut avoir au moins son bachot

Pour y comprendre quelque chose !

 

Y a des gens qui rigolent d’Hilvern

Mais au cirque de Gavarnie

Il était le clou du spectacle !

 

Il avait des souliers vernis

Et, chutant du haut de l’échelle

Il fabriquait un Niagara !

 

 

Il n’y a pas de machinerie

Pour fabriquer ces endroits-là !

Un bitoniot pour Vivaldi ?

 

Sainte-Rita pour Fred Chichin ?

Chanson de geste machinal !

Des trucs, des choses, des machins !

 

Syndrome de la poule aux œufs d’or,

Vous voudriez que je dissèque

La mandole du ménestrel

 

Quand le chant monté de son coeur,

Quand les mots sortis de sa tête

Rendent la princesse toute chose ?

 

D’une boîte à bulles de savons

Sont nés comme un rien les nuages.

Il suffit d’un souffle divin,

 

D’une étincelle de partage…

Mais depuis je sue sang et eau

Et pour tout avouer, j’enrage !

 

Ce que je préfère chez l’homme

Je ne sais pas le reproduire :

La lumière venue des vitraux

Sur le sol de vos cathédrales !

 

 

Écrit hors ateliers les 16 et 17 avril 2025 en étant inspiré par la chanson de Serge Gainsbourg « Machins choses » et les photos d’intérieurs d’églises de Tours.

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