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Mots et images de Joe Krapov
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16 décembre 2020

Les Folles nuits du Thabor, à Rennes, le 12 décembre 2020 (3)

- Quand on aime une ville on ne compte pas ses pas,
On ne compte pas les pas que l'on fait
Pour aller
Lui détrousser des images
Comme on fait d'un démadrigal 

- ???

- On dit bien "trousser un madrigal" ? Donc l'inverse...

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La Chasse de Diane (1894), statue de Charles... Lenoir (!),
n'a jamais été plus belle qu'à la nuit !

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30 novembre 2020

Images de récompense du 28 novembre 2020 (1)

Vous savez, c'est comme l'histoire du gars qui se tape la tête contre les murs. On lui demande pourquoi il fait ça et il répond : "Parce que ça fait du bien quand je m'arrête".

Ou c'est comme l'image qu'on vous donnait à l'école primaire en échange de vos bons points.

Moi j'ai été très sage pendant le confinement. Je suis allé courir trois kilomètres tous les jours, jamais à plus d'un kilomètre de chez moi.

Alors samedi, quand on a eu le droit de pousser jusqu'à vingt kilomètres, je suis allé marcher deux heures et quart jusqu'aux étangs d'Apigné et retour. Quel bien cela fait ! Et quelles belles images le ciel, l'étang et la Vilaine m'ont données ce jour-là ! Merci, merci, merci !

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12 novembre 2020

Des masques plein la maison des Krapov à Rennes le 11 novembre 2020

Bien avant le coronavirus, on avait des masques chez nous. Et de fort jolis, ma foi ! En voici quelques uns, photographiés ce jour :

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Marina Bourgeoizovna a photographié en plus ceux que nous utilisons pour sortir désormais et elle en a fait sur son blog, Contes de Babalune, une sympathique petite histoire. Voilà qu'on me fait sérieusement concurrence dans l'atelier d'artiste de l'autre bout du couloir !

Allez-y et admirez le travail. Je crois que Maïck la conteuse va faire l'objet d'un article sur "Histoires ordinaires Villejean" si on continue d''être enfermé·e·s et si je deviens "journaliste en chambre" ! ;-)

23 octobre 2020

Argentiquités : grande boîte n° 3, scans du 22 octobre 2020 (1)

GB 2 Contenant

Ca se trouve dans mon grenier. C'est conservé dans des boîtes qui ont contenu des ramettes de papier pour machine à écrire (on dit "ordinateur" désormais) ou pour photocopieur.

Il n'y a plus de papier blanc à l'intérieur mais des boîtes comme celle-ci qui ont elles aussi contenu du papier blanc. Après diverses opérations nécessitant de l'appareillage, de la chimie, du temps, de la lumière inactinique - chez moi la lampe des labos dans lesquels j'ai opéré a toujours été jaune plutôt que rouge comme on le voit dans certains polars télévisuels ou films "d'époque" - et de la prise de plaisir, elles sont devenues des photographies sur papier noir et blanc.

A l'intérieur des boîtes les feuilles de papier photographique sont donc revenues, impressionnées, séchées, un peu gondolées parfois. Voilà pour l'aspect matériel des choses.

Pour les photos elles-mêmes ce sont des instants d'une vie, la mienne, des gens croisés, disparus, décédés ou encore en vie mais ayant bien vieilli - je le leur souhaite en tout cas ! -, des paysages dans lesquels je suis passé, des villes où j'ai marché, des endroits où j'ai été vacancier, touriste, voleur d'images, photographe en un mot.

Je voulais scanner ces documents et les déposer sur un site web appelés Argentiquités. J'avais commencé à le faire mais c'est devenu en fait mon site "cahier de brouillon" pour le Défi du samedi !

Plus le temps avance, plus nous nous trouvons à nouveau confinés - l'Ille-et-Vilaine vient de passer en mode "couvre-feu, pas plus de six personnes ensemble sinon je tire !" - et plus j'aime ces photos de "la vie d'avant". Alors tant pis si elle perdent à l'écran leur statut d'image ancienne à laquelle on a attaché tellement de valeur qu'on a pris le temps et investi l'argent pour les agrandir, je les publie. 

Regardez-les mais ne soyez pas plus de six à le faire ! Et si parmi ces portraits de jadis quelqu'un ou quelqu'une refusait que son joli minois d'alors ne traîne sur Internet, envoyez-moi un petit mot et je le retirerai.

***

Dans la boîte des agrandissements n° 3, j'ai retrouvé deux "petites soeurs", deux petites joueuses d'échecs de Solesmes et des souvenirs de la Fête de l'Humanité. Pour la datation le carbone 14 nous dit "entre 1971 et 1982".

GB 3 Maryse Noje (soeur d'Annick qui fut une des premières copines de Jean-Pierre Legrand vers 1975)
Maryse N. Quelque part dans le Pas-de-Calais.

GB 3 Zabou d'Annay-sous-Lens à la Fête de l'huma vers 1980

GB 3 Zabou d'Annay-sous-Lens au 11 rue de Lunéville (Fête de l'huma) vers 1980 B

GB 3 Zabou d'Annay-sous-Lens au 11 rue de Lunéville (Fête de l'huma) vers 1980
Zabou X. Paris, septembre 1981

22 octobre 2020

Une Veillée espagnole à Rennes Villejean le 11 décembre 2002

Je n'en reviens toujours pas ! C'est bien moi qui ai eu cette espèce de charisme-là ? J'ai réellement entraîné, à Rennes,  des gens que je ne connaissais que depuis peu dans cette prolongation des soirées Hydraulire que nous organisions jadis à Sablé avec Lionel Epaillard de "Drôle d'hydraule" ? Et ce pendant une dizaine d'années à raison d'une soirée trimestrielle de lectures publiques, de cuisine et de chansons dans le hall cheminée de la Maison de quartier de Villejean ? Il faut croire que oui puisque les boîtes d'archives que je suis en train de vider pour les numériser en témoignent.

Alors, bon, créons donc une nouvelle catégorie "Archives personnelles" et un tag "lecture publique" pour partager tout ce travail de collecte de textes, de collages de chansons, de jeux, de recettes de cuisine. Il manquera bien sûr au bout du compte l'essentiel : tout le plaisir et la convivialité de ces soirées de préparation où je faisais découvrir à mes lectrices ce qu'elles auraient à lire lors de la veillée. Et puis ce trac vite surmontable, le jour venu, de l'attente du public, les notes de l'accordéon, l'expérience de la conteuse qui, elle, se lance sans petits papiers à l'assaut des oreilles. Et cette nostalgie résignée : plus question désormais, pour de multiples raisons, de recréer de tels moments de vie collective à l'échelle d'un quartier où l'on allait, l'air de rien, à la rencontre des cultures.

Dieu merci, elles - les cultures - restent encore là pour un temps et je me trouve bien heureux d'offrir en partage, ce jour, les "Il y avait une fois" découverts grâce à prosper Divay, les citations de Dali, Picasso et Cervantes et même les recettes de pets-de-nonne castillans ! 

J'ai même retrouvé dans le dossier une liste du matériel de cuisine à amener à l'atelier préparatoire au bout de laquelle je posais la question iconoclaste suivante : "Faut-il mettre un "s" à nonne ou faut-il considérer qu'il n'y en a qu'une seule ?".

OK, je sors ! E viva España !

colonie_espagnole

Corida

Ernu-Espana

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Toreador

Illustrations collectées sur le ouèbe à l'époque pour réaliser l'affiche de la soirée.

Soirée_espagnole_du_11_décembre_2002_à_la_Maison_de_quartier_de_Villejean___Dossier

  



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14 octobre 2020

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 58, Pandémique avec mots en toc et formules en tic

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C’est le roi, perché en haut de son donjon, qui s’adresse à la foule de ses sujets.

« Mes chers compatriotes

Ce qui nous arrive, c’est tellement décalé que c’est énorme ! C’est clair que c’est du grand n’importe quoi ! Pour autant, faut-il avoir peur de ce dragon qui vient de franchir nos frontières ? Ou pas ? Faut-il céder à la récrimination, à la grogne ? Ou pas ?

J’entends mugir dans nos campagnes les paysans qui donnent de la voix. Une foule d’anonymes fait entendre un concert de protestations. Comme vous le savez, il est normal que le citoyen tire la sonnette d’alarme en cas de danger. Vous êtes en train de me dire que vous souffrez mais je sais aussi qu’être plus réfractaire qu’une brique, défiler en fanfare, émettre un autre son de cloche c’est dans notre ADN commun.

wizard 03J’ai quand même le sentiment que certains parmi vous vont plus vite que la musique, c’est clair, et j’ai envie de vous demander de mettre un bémol à cette monstrueuse cacophonie. Quand j’entends dire ici ou là que certains parmi nous risquent de perdre la vie, j’hallucine ! C’est vrai, c’est du grand n’importe quoi ! Aussi est-il l’heure d’accorder nos violons. Reconnaissez-le : jusqu’à présent le dragon ne dévore que de vieux moutons blancs ! Il n’y a pas mort d’homme que je sache ! C’est finalement quelque chose de très attendu de la part d’un animal carnivore. Il faut manger pour vivre, c’est incontournable. L’estomac de ce larron a, il faut le reconnaître, une régularité et précision de métronome et je vous entends bien quand vous nous accusez d’aborder ce problème nouveau en faisant preuve d’une totale improvisation. C’est pas faux quelque part mais j’ai envie de rebondir.

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C’est vrai, nos frontières auraient dû être placées sous haute surveillance. Tout à fait. Une fois le jeune loup entré dans la bergerie, notre chevalerie, nos fameux chevaliers, auraient dû monter au créneau, engager un bras de fer avec la bête féroce. J’adore pour ma part le cliquetis des colichemardes, les coups d’estoc et de taille, l’escrime et le châtiment, les duels au couteau avec du vrai sang qui gicle hors de vraies entrailles. Ou pas. De plus quand le combat se passe à la maison, c’est que du bonheur ! Un bon bourre-pif des familles, c’est frais, c’est revigorant. Sauf qu’il y a eu un couac, juste un petit couac mais un couac quand même : dans l’entourage de votre roi la panique a battu son plein, la trouille est allée crescendo. C’est clair, ce fut surréaliste et lamentable. J’ai beau être le chef d’orchestre de cette bande de clampins, je n’ai ouï que des fausses notes. Au jeu de chaises musicales de la débine ils ont tous gagné… le large ! Ces gougnafiers se sont entendus comme larrons en foire pour s’esbigner devant le péril. Voilà, c’est comme ça. Cela a fait dire à mon bouffon « Chevalerie de me faire la belle en ce mouroir », un jeux de mots que je n’ai pas bien compris parce qu’il l’a sorti un jour qu’il jouait du pipeau, une chose que je ne fais pas aujourd’hui en m’adressant à vous, je vous l’assure.


Bien sûr, j’aurais pu dans ces conditions, pour nous sauver la mise, convoquer les services d’un ténor de la castagne, d’un cador, d’un Terminator, d’un matador capable de buter ce butor qui est entré dans le décor pour piller nos trésors. Mais nous avons rechigné à faire appel aux Dératiseurs de Saint-Georges. S’en remettre à un mercenaire étranger, qui plus est chrétien et prosélyte, merci infiniment mais, sans jouer sur la corde sensible d’un nationalisme suranné, c’eût été comme revisiter les fondements de notre pacte social, culturel, cultuel et éthique – et toc !

wizard 04C’était juste improbable. J’ai refusé qu’un soldat de Dioclétien vienne jouer sa partition au chevet de notre royaume.
Et en même temps, je m’en doute bien, ce cochon de croisé aurait été capable, en négociant pianissimo, de vouloir nous convertir à sa foi voire de nous demander, en échange de ses services, la main et le reste de cette jeune femme qui m’est si chère, la princesse Léïla, ma fille unique et préférée. Plutôt crever ! 

wizard 07Et de fait, ce faisant, nous n’avons pas pour autant pissé dans un violon car notre positive attitude vient de trouver son point d’orgue. J’ai le bonheur ce soir de siffler la fin de la récréation, de reprendre la main sur le cours des événements. En effet, on vient de l’apprendre, le quotidien, votre quotidien va évoluer. Nous avons trouvé le remède qui coche toutes les cases ! Le dragon va devoir revoir sa copie ! Voilà, je vous donne le la, appuyé en cela par le conseil scientifique. Ecoutez-moi bien !

Pour lutter contre le dragon, ne bougez pas, restez chez vous ! Les tavernes seront toutes fermées à partir de demain et si vous devez sortir remplissez une autorisation dérogatoire de déplacement ! Et surtout portez un masque ! »

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Illustrations empruntées à Brant et Parker "The Wizard of Id"

 Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 13 octobre 2020

d'après la consigne n° 2021-05 ci-dessous.

13 octobre 2020

Mécaniques discursives à Rennes le 10 octobre 2020 (1)

Je reviens juste deux minutes, enfin plutôt le temps de trois billets, sur cette oeuvre d'art contemporain intitulée "Mécaniques discursives". Elle est conçue, paraît-il, pour nous inciter à composer nous-mêmes l'histoire, ou plutôt, une histoire, à partir de ces différents éléments.

Ca devrait parler à un animateur d'atelier d'écriture, non ? Mais je rechigne à livrer ces images-là à mes amies écrivantes et surtout à moi-même ! Je ne vois vraiment pas comment je pourrais donner dans la jovialité à partir d'images en noir et blanc dont certaines m'apparaissent particulièrement glauques. Après, hein, chacun fait, fait, fait c'qui lui plaît, plaît, plaît !

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21 septembre 2020

A la Fête de l'Association Bel air à Rennes le 20 septembre 2020 (1)

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On revit un peu à Rennes ! C'était pratiquement, hier, avec la Fête de la musique en cachette du 21 juin dernier, notre première sortie culturelle dans la capitale bretonne. L'Association Bel Air fêtait au parc du pôle social Fernand Jacq les dix ans de sa bibliothèque de rue. Ce fut l'occasion de réentendre Morgane Le Cuff et son superbe jeu à la harpe celtique et de découvrir les graffs qui ont été peints là depuis la dernière fois. Marina B. était venue conter ici en 2018.

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28 septembre 2020

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 60, San Antoniesque 09

9. Va donc m’attendre chez Plumeau !

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C’est toujours pareil quand on algarade en ville. Les badauds pullulent comme des cellules en tumeur. Faut dire que le match d’aujourd’hui est gratos et d’importance ! C’est Lubrizolle qui dégaine le premier, verbalement, pour commencer.

- Si tu crois que je vais faire allemande honorable rien que pour tes belles châsses, tu te goures lourdement San –G. ! fanfaronne l’écailleux. Alors c’est ça l’Anus déi qui police les duplicata du monde ? Je rigole !

- C’est entendu. Je frèrezhumine d’emblée, moi. La main tendue, le cœur prompt, les labiales parées pour la bisouille au lépreux. Mais y’a des limites au passage de bornes ! T’outrecuides, la bestiole ! Ca va dégénérer en où est-ce terne, notre échange !

- Et ta sister, elle est inculquée de tapinage sur la voie biblique ?

- Caoutchouteux du bulbe !

- Décambute, ébloui du promontoire !

- Je vais t’emboucher un coing, comme disait un fabricant de confitures !

- Embourbé du chignon ! Zinzin ! Follingue ! Obscurci de la coiffe !

- Va te faire engoncer chez les zoulous, eh, grosse fiotte faisandée !

- Ah dis donc, je me retiendrais pas, un presse-varices qu’à tort ton acabit j’y morflerais la gogne jusqu’à ce qu’il existe plus !

- Si je te touche, t’auras plus la force de porter quoi que ce soit même une plainte, hé, concombre ! Je peux déjà t’annoncer que ta dernière molaire va faire naufrage ! Et tes étiquettes, pour les recoller faudra une drôle de seccotine, je te le dis ! Quant à ce qui concerne ton renifleur, c’est pas la chirurgie hystérique qui pourra lui redonner de l’apparence !

Saint-Georges se la joue Robert Redford. Il murmure à l’oreille de son cheval :

- Dans quèques instants on charge sinon il va nous enlever les amygdales au chalumeau. Surtout, pas d’attendrissage ! Ce chien des baskets viles, tout ce que je peux faire pour sa pomme c’est de lui filer un atout définitif pour l’envoyer direct au paradis des cadors !

- Alinéa jacte à l’aise ! Allez, c’est l’heure de s’altercater !

Vlan ! Un chtard dans le museau du débloqueur ! Le ziguche le reçoit plein cadre car Saint-Georges a à-piedjointé sa poitrine avec un bel élan et avec la lance en avant. Le bestiau branle du manche.

- Allez ! va faire coucouche-panier dans la boîte à dominos, amateur ! Il en sera terminate pour ta pomme à brève déchéance ! rétorque Lubrizolle

Et c’est vrai : l’’avoinée qu’il lui mets endormirait tous les encaisseurs de la Banque de France ! San-G.hésite à lui balanstiquer un nouveau parpaing, plus appuyé que le précédent. En fait il n’hésite pas longtemps ! Le Saint-Georges c’est un beau folklore tant qu’on ne lui cherche pas des noises mais que des enrobés viennent lui chercher des morbaques dans l’Eminence et vous verriez cette brutale désaffection ! Il chope l’affreux par le colback, l’amène à vingt centimètres de lui et lui file un coup de boule dans l’écrin à ratiches :

- Je n’éclate pas, moi, je n’explose pas, moi, je cataclysme !

Il ne s’agit pas de barguigner. En face le vieux mammouth périlie en force. Il ferre de lance. Il abordage.

- Tu vas voir comme je maîtrise l’artisanat passageatabesque, mon pote ! éructejactante-t-il.

- Avec l’aimab’ participante de Mam’zelle Ascalon mon épée qu’ici j’présente et qu’est une surdouée dont d’laquelle j’ai complété l’éducance par des cours assez lérés, j’vas entreprendr’ vot’ formation ou plutôt votre transformation en tartines de pâté !

- Tu vas voir comment que je vais t’offrir l’éclairage au néant ! D’un crochet à l’estom ! Tiens ! Prends ce pain d’une livre dans ton clapoir !

- Je vais te foutre la brioche à claire-voie ! Je vais corriger ta butorderie, gros nazebroque ! Où es-tu passé ? Tu te figures que c’est le moment de jouer à cache-cache ? Ou bien t’as les jetons ? Hein ? C’est ça, t’as les cannes !

Et puis Saint-Georges fait un signe de croix et porte le coup de grâce, enfin le coup grâce auquel le combat cesse faute de cons se battant.

Un zig qui culbute du troisième étage fait un drôle de barouf en atterrissant. L’enflure a peau verte fit « Plaf ! » de même. Le dragon blêmit, rougit, jaunit, verdit, violit, marronit (comme saint-Laurent du), orangit, arc-en-ciélit puis reprit tant bien que mal sa couleur initiale. Une violente nausée lui secoua l’alambic. Ses gémissements, mes amis, une splendeur ! Vous assisteriez à une agonie pareille dans la vie que vous alerteriez les mecs de « Cash investigation » pour qu’ils la camérassent !

- Cette fois c’est la fin, Jane ! confesse-t-il de carne-avale. Me v’la fourré jusqu’à l’épicentre ! Les pumas piaillent dans les betteraves ! Je me sens bon pour le pardosse en sapin véritable ! Adieu, je me retire de ce monde de perdisance !

Il émet encore quelques bouts de râles et se fout aux abonnés absents. Il a biché le tête-en-os qu’est une maladie qu’on s’remettait pas à l’époque et il a défunté dans d’atroces souffrances. Ca n’était pas qu’il eût quelque chose contre les services de l’Etat-civil mais il avala bel et bien son extrait de naissance.

24 septembre 2020

De retour à Pont-Croix (Finistère) le 17 août 2020 (2)

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A propos de Pont-Croix je me souviens qu'il existe un polar local écrit par Gérard Lefort qui fut critique de cinéma à Libé et officia un temps sur France Inter. C'est dans la série "Le Poulpe" et en cherchant bien j'ai retrouvé le titre, pas très ragoûtant, du reste. C'est ici.
Je ne me rappelle plus par contre si je l'ai lu ou pas. Possible que oui.
Ca s'oublie très vite, un polar. D'où le plaisir qu'on a à relire et revoir les Maigret !
Même ceux avec Jean Richard !

23 septembre 2020

LE SALE GOSSE A ENCORE DÉSOBÉI !

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Longtemps je me suis privé du bonheur de farfouiller dans les boîtes de photos que ma grand-mère puis ma mère avait conservées dans le buffet, celui du couloir du 73 de la rue C.Q. qui avait déménagé avec elles dans la rue des Bleuets et s’était retrouvé, là-bas, dans le séjour au sol à damiers et à la tapisserie mauve. Il y en avait aussi, des photos, des albums et des cartes postales, dans la vitrine aux mignonnettes et aux poupées, elle aussi ramenée du 73 mais repositionnée rue des Bleuets dans le vestibule de l’entrée, à gauche.

A vrai dire, le mot bonheur est un peu excessif ici et quand on parle de photographie, les lieux de stockage n’ont pas d’importance ; cependant il faut bien, à un moment donné, qu’un archiviste vienne mettre de l’ordre et de l’information dans ce paquet de temps arrêté sur des petits carrés de papier glacé, aux bords dentelés, entourés de grandes marges blanches ou pas, un bloc de temps figé dans du sépia pour les plus anciennes, du noir et blanc pour la plupart et, quand il y a des couleurs, ce sont celles des photos prises au Polaroïd ou avec un Instamatic Kodak de qualité moyenne, certains tirages de format carré d’après des négatifs 4x4 ou 6x6 ayant même été agrémentés d’une photo bonus, cadeau fait à l’acheteur pour ne pas gâcher le papier qui se commercialisait au format rectangulaire de 8,9 x 12,7 centimètres.

Bien sûr, de par ma profession, ce rôle d’archiviste était taillé sur mesure pour moi, je n’ai pas rechigné à l’accepter, bien qu’on ne me demandât pas de le tenir et, à chaque fois que je le pouvais, j’interrogeais ma mère pour qu’elle cherchât dans sa très bonne mémoire qui étaient ces hommes et ces femmes immortalisés le jour de leur mariage ou posant dans un studio de photographe professionnel devant des décors peints ou des corbeilles de fleurs, ce qu’étaient devenues ces jeunes filles du groupe de danse, ces jeunes communiants, les gens qui se trouvaient avec la famille aux bains de mers à Bray-Dunes ou dans le camping de Berck-Plage et ces personnages sortis d’un roman de Modiano sur l’esplanade du Trocadéro à Paris avec la tour Eiffel en arrière-plan.

Je m’empressais de noter au dos des photos et au crayon de bois des prénoms et des noms et je peste aujourd’hui contre le manque de méthode, de sérieux, de volonté familiale de transmettre une histoire mise au propre de ces mêlages de clans : aucune de ces photos n’est datée, aucun négatif n’a été conservé, il n’y a pas de pochette du photographe et pas plus de récit de voyage pour ce qui est de ces albums dans lesquels on voit le métro de Moscou, le croiseur Aurore à Saint-Pétersbourg ou plutôt, vu la date supposée antérieure à 1989, Léningrad, on ne saura jamais rien de cette jeune interprète longiligne dont je me souviens juste qu’elle se prénommait Irina et avait accompagné mes grands-parents lors de leur séjour à Sotchi sur les bords de la mer Noire.

J’en viens à croire, et c’est une sensation qui m’emmène à la limite de la paranoïa, que mon grand-père a peut-être été, réellement, un espion du K.G.B. et que, si ces photos étaient restées muettes, enfouies, comme cachées au monde, c’est que toutes ces réminiscences de vie politique, syndicale et familiale étaient volontairement vouées à une nuit salvatrice. Procéder à leur publication demande peut-être de la hardiesse ou de l’inconscience ? Du plus profond des enveloppes dans lesquelles j’ai mis ces photos après les avoir rassemblées et classées par branche de la famille, par lieu, par période, toutes ces personnes semblent me rappeler à l’ordre :

« Ne nous oublie pas mais oublie-nous quand même ! N’écris pas sur nous ! Nous étions des gens simples, nos vies ne furent pas drôles, nous n’avions pas beaucoup d’argent mais nous avons veillé à ce que ton enfance soit heureuse malgré ton asthme ; tu n’as pas connu comme nous la cruauté de ces époques de la guerre et de son après, tu as reçu en suffisance des nourritures terrestres et intellectuelles qui t’ont permis d’avoir un métier correct, te voilà grand maintenant, tu trouves ton bonheur dans la musique, l’écriture et la photographie alors… laisse-nous en paix ! Publie tes aquarelles de Venise ou tes « Elucubrations d’un poète » sur internet si tu veux mais laisse dormir nos photos ; les publier relèverait de l’exhibitionnisme à peu de frais, nous avons droit au repos et au silence, prétendre le contraire relèverait de la cruauté. Et ne crois pas t’en tirer, pour contourner notre demande, avec cette phrase de Brassens extraite d’une chanson que tu n’as même pas mise dans ta guitare : énoncer que « les morts sont tous des braves types » ça sous-entendrait que nous ne l’étions pas, non ? Allez ! Pose ton stylo, sale gosse ! Ca fait une heure que tu joues à parodier Proust en faisant de trop longues phrases et le temps imparti aux écrivant·e·s de ton atelier d’écriture est écoulé ! ».

Vacances à Bray-Dunes 1955 02 réduite

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 22 septembre 2020

d'après la consigne ci-dessous
 

9 septembre 2020

FIN DE PARTIE A SAMFOU-LES-BOULES !

Autrefois je n'écrivais que de la poésie et je peignais à l'aquarelle sans utiliser de pseudonyme. Mon existence d'écrivain satirique a débuté là où est né Joe Krapov, dans le Sud de la Sarthe, en 1989 et c'est surtout entre 1993 et 1997 que j'ai raconté les histoires du royaume de Sabolie où j'exerçais la charge de bouffon particulier du roi François 1er et de ses pittoresques barons.  La capitale s'appelait Samfou-les-Boules, rebaptisée ainsi par mes soins à cause de l'aménagement de la place centrale : de grosses boules noires posées à même le sol dans lesquelles les Saboliens cognaient en pestant "Heula !" quand ils garaient leur charrette.

D 93 11 34 La place Raphaël Elizé à Sablé la nuit

Las ! Avec le réchauffement climatique, ces neiges d'antan ont fondu, le roi lui-même est devenu plus drôle que son bouffon et surtout je sais depuis hier que ce mobilier urbain n'est plus. On peut le constater ici : 



Pour la petite histoire des ateliers d'écriture en ligne, on notera que notre amie Bongopinot, fidèle participante du Défi du samedi, a également, à une autre période, séjourné dans ce havre de paix sarthois.

Si vous-même passez par-là un jour, posez-vous donc un moment dans ces lieux idylliques traversés par une belle rivière comme vous pouvez le voir ci-dessous.

J'en profite pour saluer les collègues avec lesquels, pendant douze ans pleins, j'ai mené la vie de château (celui qu'on voit dès les premiers plans).

 




6 septembre 2020

Cowgirl's prayer / Emmylou Harris

Evidemment, on ne peut pas tout entendre, tout écouter ! C'est qu'il s'en produit de la musique, partout dans le monde, et on ne pouvait pas passer sa vie à l'écouter, fallait qu'on aille bosser pour assurer sa croûte et celle de sa famille - on continue, du reste ! ;-).

Alors oui, ce dix-septième album studio d'Emmylou Harris, sorti en 1993, je l'ai zappé. Je possède quand même onze vinyles de la dame et des repiquages MP3 divers, c'est dire si je lui suis quand même bien fidèle. J'espère surtout qu'elle l'est tout autant de son côté car si j'en crois ma camarade Joye dans son commentaire à ma version des "Moissonneuses" sur le Défi du samedi, c'est désormais un critère fort important en matière de goûts musicaux :

Oui, mais non, il a viré sa femme de longtemps qui l'a soigné pendant qu'il souffrait d'une tumeur du cerveau, afin de fréquenter l'actrice Daryl Hannah. Pégi, qui lui a dédié 36 ans de mariage, est morte le premier jour de l'an 2019. Alors, non, pas d'amour pour Neil Young. Pas du tout. :-(

Où l'on retrouve Céline, Polanski et tutti quanti, le mélange entre l'homme et l'oeuvre, ce moment de l'histoire zérosociale où l'on déboulonne les statues, rebaptise "Dix petits nègres" etc. Faut-il virer "Tintin au Congo" de sa bibliothèque ? Boycotter Banania ? Casser ses dévédés de "La Rose pourpre du Caire" ou de "Maudite Aphrodite ?". Peut-être que oui mais j'ai autre chose à faire qu'à suivre Panurge et ses moutons !

Trève de plaisanterie. J'aime beaucoup le son de cet album, plus country-rock que country, dû au producteur Richard Bennett, musicien de Rodney Crowell et complice de Mark Knopfler, l'ex-leader de Dire Straits.

Je vous livre deux vidéos, un diaporama et la version embarquée de l'album sur Deezer où je l'ai écouté en tapant sur mon ordi des définitions d'un dictionnaire époustouflant en vue d'une nouvelle version de Saint-Georges et le dragon. ;-) 



Crescent city et son ambiance cajun.



"Ballad of a runaway horse", un titre signé Leonard Cohen.

Jerusalem tomorrow, un titre de David Olney. 

***

Impossible d'embarquer le widget de Deezer !
Cliquez sur l'image ci-dessous pour aller écouter l'album entier.

2020 09 06 Cowgirl's prayer

1 septembre 2020

Gais messages de Douarnenez, lus entre le 16 et le 21 août 2020 (1)

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Je suis allé voir tout ce qui est disponible de ce collectif Koo et Yonad sur le site cochonoux.free.fr.

Il y a à boire et à manger.

A mon humble avis il vaut mieux consommer cela par petites doses.

Si vous y allez quand même pensez à faire Contrôle + - (le signe moins) pour rendre cela lisible.

Pour revenir à l'affichage normal, faites ensuite control + 0 (le chiffre zéro).

Sur cette page-ci, c'est le n° 2 qui a ma préférence !

2 septembre 2020

Le plein de couleurs à Douarnenez (Finistère) du 18 au 22 août 2020

On continue la moisson de couleurs avec des quadriptyques. Ne sont-elles pas jolies mes éteules ?

N.B. Les éteules, c'est ce qui reste une fois que j'ai tout fauché ! Je ne remercierai jamais assez mon oncle de Belgique qui enrichit chaque semaine mon vocabulaire de termes savants dont je n'aurai l'usage... que pour le Défi du samedi !

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12 août 2020

Alain Larribet et Yannick Jaulin à La Roche-Jagu le 10 août 2020 (1)

Un moment de grâce que celui de nos retrouvailles avec Yannick Jaulin et son complice béarnais Alain Larribet qui redonnaient, dans le cadre idyllique de la palmeraie, le spectacle mi-conférence, mi-concert "Ma langue maternelle va mourir et j'ai du mal à vous parler d'amour".

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Un spectacle à ne surtout pas rater si ces deux messieurs passent par chez vous !

3 août 2020

Hello M. Hulot / par David Merveille

Le hasard m'a fait tomber sur "Hello M. Hulot" un petit bouquin merveilleux signé... David Merveille. Ce dessinateur bruxellois - que serions-nous sans les Belges ? - s'est emparé du personnage de Jacques Tati et lui rend un hommage coloré, poétique et drolatique à la hauteur du personnage.

Le catalogue de la Bibliothèque municipale de Rennes me signale quatre autres ouvrages du même genre sur lesquels je vais me précipiter la semaine prochaine !

Hulot Domino
Monsieur Hulot à la plage
Jacques Tati and friends
Le Jacquot de M. Hulot

 J'ai glané sur Internet quelques images qui vous donneront une idée de ces petits chefs d'oeuvre :

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D'autres exemples et une interview de l'auteur ici.

22 juillet 2020

Véhicules, plaques et autres choses vues à Baguer-Pican (Ille-et-Vilaine) le 18 juillet 2020 (1)

Nous revenons d'une semaine dans un camping 4 étoiles situé à Baguer-Pican (Ille-et-Vilaine).

On serait allés en Hollande ou en Flandres, ça nous aurait fait la même impression. On a de quoi être heureux en Bretagne. Plus besoin de prendre l'avion, on a l'étranger à 60 kilomètres de chez nous ! C'est sympathique, au demeurant, toutes ces petities têtes blondes et ces jeunes couples dans l'aisance matérielle : le dernier arrivé avait déjà sa BMW et, pour trois personnes, une tente trois fois plus grande que la nôtre.

J'espère que je n'ai pas trop soûlé ces "frugaux" avec mon ukulélé rose et le bip-bip de mon jeu d'échecs électroniques. De fait ils ne nous ont pas vu beaucoup car on a surtout pédalé dans le polder et sur la route Baguer-Dol-de-Bretagne.

Qulques souvenirs de ce camping où l'on peut croiser, à la soirée contes du mardi, Maïck la conteuse, qui a bien du mérite de déclamer dans le brouhaha d'un restaurant !

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21 juillet 2020

Et Mona s'enlisa (3)

Au retour de Nantes, l'autre semaine, il y avait un paquet pour moi dans la boîte aux lettres.
C'est Guy L., mon petit-cousin et ami d'enfance et d'adolescence retrouvé récemment, qui m'envoyait ce dont il m'avait parlé lors de sa visite, un bouquin que j'avais constitué à partir de cadavres exquis et de petits mots échangés entre nous lorsque nous habitions le même immeuble à Paris. Un bel objet vintage, tapé à la machine et relié par mes soins, que je lui avais offert et que j'avais complètement oublié.

Il a eu l'attention très délicate d'y joindre ce qu'il avait conservé de son côté de "Et Mona s'enlisa", nos travaux photographiqueet iconoclastes autour du chef-d'oeuvre de M. Leonardo Da Vinci. Je conserve cela bien précieusement désormais et je partage avec vous les photos avant de faire un beau fichier pdf de ces trésors.

J'ai de mon côté ouvert à nouveau hier "la valise à scherzos" (j'y reviendrai) et j'en ai retrouvé un autre rayogramme de cette série dans un de mes vieux cahiers d'écriture.

Je crois que sans toutes ces folies, la vie serait une erreur ! ;-)

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30 juin 2020

A Ploumanac'h (Côtes d'Armor) la nuit le 18 juin 2020 (1)

Il est de pires situations que les nôtres et ces photos-ci en témoignent : nous sommes vivants, en bonne santé et nous n'avons pas résisté à l'appel du 18 juin du restaurant des Rochers, une excellente adresse, un excellent accueil, une succulente cusine sur le port de Ploumanac'h. Nous avons piapiaté jusque tard et j'ai pu faire les photos de nuit dont je rêvais. Que veut le peuple qui joue aux premiers de corvée dans mon cerveau malade ? Rien d'autre !

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28 juin 2020

Perdu·e·s de vue. 2, La fille en jaune de septembre 1975

Portraits tirés ! Ce pourrait-être l'autre titre de cette série car je ne tiens pas forcément à retrouver les gens que j'ai perdus de vue. On s'est tirés, on s'en est peut-être tirés, ou pas, on tire un trait ! Restent des portraits !

Je ne sais pas à quoi je joue ou plutôt à quoi je travaille intensément ces jours-ci. J'ai entrepris de numériser les boîtes de diapos que j'ai conservées dans mon grenier. Devant l'ampleur de la tâche j'ai décidé de donner la priorité aux "gens sur la photo" plutôt qu'aux paysages.

De 1970 à 1981 ces photos ne parlent plus qu'à moi-même. Je suis peut-être le seul à mettre un nom ou un prénom sur les visages. Je pourrais les laisser dormir jusqu'à l'oubli définitif, l'anonymat d'une braderie ou la noirceur d'une poubelle mais, sans forfanterie, ce serait sans doute dommage. Il y a des portraits que j'aime beaucoup. C'est donc avec l'oeil du photographe plutôt qu'avec l'attitude du gars qui vous raconte sa vie, sa folle jeunesse pas encore terminée ou son cynisme de parvenu au nouveau monde qui regarde les années vintage que je les publierai ici de temps en temps.

Pour celle-ci je ne donnerai même pas le prénom de cette fille de Courrières et pourtant je ne l'ai pas oublié. Je vous laisserai rêver, imaginer, inventer. C'est presque, encore une fois, un atelier d'écriture potentiel.

Comment s'appelle-t-elle ? Quel rapport familial a-t-elle avec la petite fille à ses côtés ? Qui est-elle pour le photographe ? Qu'est-elle devenue depuis ce jour ? Vit-elle toujours dans le Nord ? Imaginez qu'elle tombe un jour au hasard d'une navigation internautique sur ces photos anciennes ! Que ferait-elle ?

Vous avez une heure pour écrire... ou pour allumer le photographe et éteindre "l'homme qui aimait toutes les femmes" ! ;-)

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Je crois que j'avais fait faire un tirage sur papier de cette dernière photo.

26 juin 2020

Encore un tour de l'Île-Grande (Côtes d'Armor) le 19 juin 2020 (1)

Les quinze photos qui suivent ont été prises avec le Canon Ixus 265 HS qui arrive en bout de course. Je l'ai mis en mode 16-9. Ca m'évite de faire des photos verticales qu'il faut toujours faire pivoter sur l'ordi ! Un joli ciel bien couvert nous a accompagné·e·s tout le long de cette balade mais il n'a pas vraiment plu. C'est dommage parce qu'elle est belle, paraît-il, la Bretagne quand elle pleut ! ;-)

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2 juillet 2020

DÉBRANCHÉ !

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Finalement, c’est très bien, le confinement ! On lit, on regarde ses dévédés, on fait du jogging ou du vélo ! On observe les gens abrité derrière un masque sans qu’ils puissent vous juger sur la mine ou voir si vous vous êtes rasé ou pas ce matin !!

On se retrouve chez soi avec des tas de fantômes mais tous les Parisiens qui causent dans le poste ne semblent pas avoir plus de matérialité que vos propres ectoplasmes – sauf quand ils vous envoient les flics afin de contrôler que vous ne faites pas de jogging à plus d’un kilomètre de chez vous -.

Entre mars et mai je me suis quand même bien démené – sans apéros-Skype ni réunions-Zoom - pour maintenir du lien social avec l’atelier d’écriture de Villejean et les M’A2R1 d’O douce et j’ai repris très vite contact à partir du 11 mai avec Am’nez zique et les Biches.

Mais j’ai chopé aussi une vieille fatigue au sortir de cette période : mes complices joueurs d’échecs ont jeté l’éponge, nous n’avons pu organiser qu’une toute petite fête de la musique, les chanteurs et chanteuses de l’A2R1 s’étant égaillé·e·s-égayé·e·s dans la nature, et surtout j’ai perdu le goût de participer au Défi du samedi.

J’essaie de résister à cela mais c’est dur. Trop occupé par mes voyages dans le temps, ma chasse aux belles images et mes archives de Neil Young, le chanteur pour poulaillers d’acajou. 



Et en plus parfois, ça ne veut vraiment pas.

Par exemple, pendant le trajet de voiture vers Lannion j’ai écrit quelque chose sur la confiture (Défi n° 616 du 13 juin 2020). « Chouette ! » me suis-je dit, j’ai emmené mon nouvel ordi-tablette, je vais pouvoir le taper et l’envoyer dans les délais impartis depuis ce Trégor si cher à l’oncle Walrus.

Sauf que pour utiliser le Word qui est dessus, il faut être connecté ! Ok, j’emprunte les codes WIFI de notre hôtesse et je commence, entre deux piapiatages, à taper mon délire. Puis je m’aperçois que ça ne va pas être coton de l’envoyer : j’ai oublié d’emmener le mot de passe qui donne accès à mon webmail. Tant pis, je demanderai à Marina B. si elle connaît les siens par cœur.

Après quelques parties décevantes de « Six qui prend », un jeu qui ne laisse pas place à la stratégie, finalement, quand on applique ses règles stricto sensu, nous allons passer une bonne nuit, bercés encore par l’écho du bruit de la pelleteuse qui a retourné le jardin du voisin tout l’après-midi.

200617 Nikon 026Le lendemain matin, je vais faire mon jogging local. La pelleteuse est déjà à l’ouvrage. Quand je reviens, elle a terminé sa besogne.

Puis sur le coup de dix heures, quand ces dames sont prêtes, nous descendons faire un tour en ville. Mais avant de nous mettre en chemin vers l’étape Gwalarn, l’arrêt obligatoire à LA librairie du lieu, il y un mémorable épisode de soufflage dans les bronches de l’artisan-aménageur de territoire.

 C’est qu’on ne soulignera jamais assez le zèle et la délicatesse des déménageurs bretons, des pêcheurs du Guilvinec ("Sarkozy ! Encorné !") et surtout des pelleteurs lannionais réunis. Ces gougnafiers-là se sont barrés sans prévenir leur patron – c’est lui qui était là et a pris la gueulante en pleine tronche– ni la voisine, c’est-à-dire Madame Anita, qu’ils avaient haché d’un coup de pelleteuse bien placé le fil téléphonique qui reliait sa petite maison au village mondial !

Bien entendu Orange n’est pas venu réparer dans les délais promis, à savoir avant le samedi soir.

Désolé, cher oncle, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas !

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- Qui dira le côté tristouille
De ce fil coupé  qui pendouille ?

- Ben, Joe Krapov, l'espèce d'andouille !

23 juin 2020

Chemins de traverses à Rennes le 22 juin 2020

L'exposition m'a attendu ! Je l'avais admirée avant le confinement et l'avais photographiée en laissant la molette de mon appareille sur un mode "effet créatif" donc inexploitable. J'y suis retourné hier. Ce sont des photographies de traverses de chemin de fer prises par Rolande Alonso Ravé, artiste talentueuse et protéiforme, dont le site web est ici. Elle comprend aussi deux textes d'explicitation poétique qui me vont bien au teint : un peu de verdure, de campagne, de jardinage et d'évasion dans ce quartier du Sud-gare où les immeubles en face de la prison ont été grillagés façon burqa, je suis pour. 

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8 juin 2020

Paréidolie à Saint-Malo le 25 mai 2020

Madame Wikipe nous dit, pour paréidolie : "Une paréidolie est un phénomène psychologique, impliquant un stimulus vague et indéterminé, plus ou moins perçu comme reconnaissable. Ci-dessous j'ai vu un dragon, deux oiseaux, une tête de cheval et un paon.

C'est l'air de la mer retrouvée qui me fait cet effet, docteur ?

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P.S. Après les quinze jours d'absence sur ce blog,  ayant été à deux doigts de quitter la blogosphère pour m'adonner à des travaux de musique et d'archivistique, j'ai pris la décision de revenir à la formule initiale et de ne publier désormais que quatre ou cinq photos par jour. Celles-ci ont été prises le jour où Marina B. a repris le longe-côte - en solitaire - et où je l'ai accompagnée en longeant la côte... sur la plage et non dans l'eau !

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