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Mots et images de Joe Krapov
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26 février 2022

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 69, Jupitérien

Quand t’es dans le désert depuis trop longtemps, rien n’est pire que l’incertitude et l’impression d’une morosité sans fin qui s’échappe des cailloux, des sables et du ventre qui gargouille.

Aussi quand le dragon Antivax pénètre dans cette riante contrée, la Libye, le 2 février de l’an 303 de notre ère, il s’en donne à coeur joie et à estomac bonheur en bouffant des brebis qui ne lui appartiennent pas.

***

Voici l’enchaînement des faits consécutifs à cette invasion inopinée, tels qu’ils ont été rapportés par l’Agence Lybienne de Presse dans ses dépêches pieusement conservées à la bibliothèque apostolique du Vatican à Rome.

3 février

16 h Communiqué de la FLSEA (Fédération libyenne des syndicats d'exploitants agricoles) :

Quelles que soient les circonstances, chaque citoyen doit pouvoir exprimer ses convictions et revendications à l’abri de toute violence et de toute pression. La Libye est un pays d’ordre et de liberté, pas de violence gratuite et d’arbitraire. Quand ma liberté vient menacer celle des autres, je deviens un irresponsable. Un irresponsable n’est plus un citoyen. La quasi-totalité des gens, plus de 90 %, ont adhéré au contrat social et c’est une toute petite minorité qui est réfractaire. L’immense faute morale d’Antivax est de saper ce qu’est la solidité d’une nation.

Nous attendons du roi et de sa police qu’ils nous débarrassent de cette calamité imprévue.

4 février

10 h Communiqué du grand chambellan, son excellence Passibeth Keuça :

Il n’y a pas de fatalité. Les crises peuvent être, à la fin, des accélérateurs de progrès. Nous devons être au rendez-vous de l’histoire. Et la Libye a tous les atouts pour l’être. Nous aurons des jours meilleurs et nous retrouverons les jours heureux. J’en ai la conviction. Prenez soin de vous, prenez soin les uns des autres, et nous tiendrons. Tout sera mis en œuvre pour protéger nos salariés et pour protéger nos entreprises. Quoi qu’il en coûte. Soyez en assuré·e·s.

1234567304038_111 h Communiqué de l’ALP

Les paysans sont venus brandir leurs fourches sous les fenêtres du palais en lançant des slogans revendicatifs.

- C’est du blabla tout ça ! On n'est quand même pas venus pour beurrer les sandwichs ! Qu’il envoie sa soldatesque filer un coup de seringue au boulotteur ! C’est qu’il a de l’appétit, le dragon réfractaire !


15 h 
Communiqué de l’ASPTT (Association des Soldats Pacifistes Tendance Tranquillou)

Notre monde est, si nous le voulons, à l'aube d'une époque nouvelle, d'une civilisation portant au plus haut les ambitions et les facultés de l'homme. Ruiner cet espoir par fascination pour le repli, la violence et la domination serait une erreur dont les générations futures nous feraient, à juste titre, porter la responsabilité historique. Que notre majesté ait très envie ou pas « d’emmerder » l’Antivax nous chaut peu. Nous restons quant à nous opposés à l’exécution des êtres vivants. L'abolition de la peine de mort est un progrès des droits de la personne qui s'est incorporé à la tradition nationale. Notre responsabilité est de le protéger et de le transmettre. C'est un combat de conquête aussi : il y a un trop grand nombre, certainement sous-évalué, d'exécutions perpétrées dans le monde par des régimes politiques qui ont, pour la plupart, un goût partagé pour le despotisme et le rejet de l'universalité des droits de l'homme. Si le roi désire trouver un liquidateur, qu’il traverse la rue et il en trouvera.

5 février 

Verbatim de la conversation entre Padh-Man Umilhitari, roi de Libye, et son grand chambellan Passibeth Keusah.

P.M.U. - Un royaume, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. Parce que c’est un lieu où on passe. Parce que c’est un lieu qu’on partage.

PK - Il faut osciller entre humilité et arrogance. Si vous tombez d'un côté, vous devenez soit inefficace soit dangereux.

P.M.U. - J'ai toujours assumé la dimension de verticalité, de transcendance, mais en même temps elle doit s'ancrer dans de l'immanence complète, de la matérialité. Je pense qu'il y a une politique de fainéants et il y a la politique des artisans. Les valeurs que porte la foi chrétienne sont, j'en suis convaincu, celles qui permettent de relever nos défis contemporains. Oui je crois en une nouvelle alliance entre l'Afrique et l'Europe.

PK – Vous n’allez quand même pas faire appel à une agence de mercenaires ? Laquelle du reste ? Pfizer ? Moderna ? Ces gens-là, c'est l'amicale des boulistes. Mais sans l'amitié et sans les boules.

P.M.U. - Quelle autre solution avons-nous ? Avec les religions, je le sais bien, dans les prochaines semaines, le port du masque, du voile, du tchador, de la jupe plissée avec collier de perles sera obligatoire dans tous les lieux publics ! Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. Mais la femme étant l’avenir de l’homme, dans le futur elles évolueront et porteront une certaine idée de l’Homme, militeront pour la liberté de chacun. Leur cause sera l'universalisme, l’unité du genre humain. L’égalité de tous avant l’identité de chacun. Et ce jour-là mon cher Passibeth, ni vous ni moi, nous ne vaudrons plus une peseta.

P.K. - Forcément, on sera passés à l’euro !

P.M.U. - Nous devons aujourd’hui éviter deux écueils. D’une part, le repli nationaliste. Ce dragon il n’a pas de passeport. Il nous faut unir nos forces, coordonner nos réponses, coopérer. La coordination européenne est essentielle et j’y veillerai.

PK - Et le deuxième écueil ?

P.M.U. - La débandade générale. La reine Birgit ne le supporterait pas.


6 février 

9 h Revendication émise par Antivax, dragon « qu’en a rien à taper du hashtag #balanceton » :

C'est dur d'avoir 20 ans en 303 parce que ce sont ceux qui vivent un sacrifice terrible. Quand on est jeune, on fait la fête, on a des amis. Je ne culpabiliserai personne mais j’ai la dalle et y’a plus de côtelettes d’agneau pour mon breakfeast. Alors désormais on change le menu ! Ce sera une jolie poulette chaque matin ! Et vite, j’ai la dalle !


10 février

icone-saint-georges macron-terrassant-le-dragon

L’ex-légionnaire romain devenu mercenaire, Georges de Lydda, qui a lancé récemment sa start-up baptisée « ARN messenger », est arrivé dans nos murs. Il a fait ses premières déclarations à nos confrères de Radio Tripoli :

- Je crois que ce qui constitue, d'ailleurs, l'esprit religieux, c'est une aspiration constante à l'universel, c'est-à-dire cette tension entre ce qui a été et la part d'identité, qui est cette ipséité stricte, et l'aspiration à un universel, c'est-à-dire à ce qui nous échappe. Ce que révèle cette arrivée de dragon, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer votre alimentation, votre protection, votre capacité à soigner, votre cadre de vie, au fond à d’autres, est une folie.

- Ce qui signifie, en clair ?

- Ça va vous coûter un pognon de dingue. Nous devons convertir le plus rapidement possible. Nous sommes une nation de sciences, de lumières. Quand la science nous offre les moyens de nous protéger, nous devons les utiliser avec confiance dans la raison et dans le progrès. Nous devons viser la conversion de tous les Libyens. Beaucoup de choses que nous pensions impossibles adviennent, mais retenons ça. Le jour d'après, quand nous aurons gagné, nous ne reviendrons pas au jour d'avant.

 

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11 février

Georges de Lydda a affronté le dragon.

- Il y en a beaucoup qui ont essayé de m'intimider, a déclaré Antivax . Comme dirait Michel Audiard, il y en a qui ont essayé, ils ont eu des problèmes, .

- Je ne suis pas là pour verser le sang ou pour castagner, a répondu Saint-Georges. Faire pousser des roses, ce n’est pas mon truc et puis « thaumaturge », c’était le Défi de la semaine dernière, on n’y revient pas. En même temps, la dimension christique, je ne la renie pas ; je ne la revendique pas. Je vous signale juste que, sur mes conseils, la roi a fait empoisonner le dernier troupeau de jeunes filles dont vous vous êtes nourri ces derniers jours. Une fois que la viande est ingérée, des puces dites « 5G » pour « Gag : Gérard Gavé = Gogol Gaga» se diffusent dans le corps de l’avaleur sans attendre des années et s’en vont lui détruire les cellules du cerveau.

- C’est des craques ! Je ne sens rien ! a répondu le dragon. Et puis d’abord, comment tu sais que je me prénomme Gérard ?

- Même si vous n'avez aucun symptôme, vous êtes peut-être contaminé et vous pouvez contaminer les autres.

- C’est pas de jeu ! C’est de la triche ! Qu’est-ce que je dois faire ?

- Retournez au désert médical. Voici l’adresse d’un excellent guérisseur qui habite bien loin à l’Est. Il vous faudra marcher longtemps, longtemps, mais vous verrez, ce sont aussi des pays qui valent le déplacement. Allez zou ! En marche !

Le dragon s’est mis en route. Peut-être est-il encore en train de chercher ce fameux Docteur Raspoutine, là-bas, très loin au-delà de l’Hourraloural.

Off the record :

En attendant, la vie a repris comme avant ici. Enfin presque. D’abord il y a ces maudites cloches qui nous rappellent toutes les heures que la meilleure façon de se payer un costard, c'est de travailler.

Au palais le grand chambellan les maudit lui aussi, les nouvelles mœurs de la très sainte Eglise, en jurant à travers les couloirs qu’un roi qui ne fait rien n'obtient rien, que « le kwassa-kwassa pêche peu. Il amène du Comorien ». C’est un proverbe ancien qui se moque de Saint-Georges le Romain qui nous a tenu des discours du type « We all share the same responsibility : make our planet great again ! » et qui n’a pas été foutu de rester plus de six mois en vie après son bel exploit sur nos terres !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 704 d'après cette consigne : Uchronie

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15 janvier 2022

KING KONG COMME UN BALLET ?

Rennes, le 14 janvier 2022

Ça ne va pas ! Ça ne va pas ! Ça ne va pas !

DDS 698 Opéra

Qu’est-ce que c’est donc que je ne digère pas ? Récapitulons ! Hier j’ai mangé un opéra. Un gâteau sympa. Dans cette ville-ci sa façade est semi-circulaire. Sur le sommet on a posé neuf muses en pâte d’amande et un Apollon en chocolat. A l’intérieur, ce n’est que du bon : fauteuils de velours rouge, superbe décor, tutus roses, lustre de sucre cristal, perles dorées, spectatrices de choix et jolis messieurs en habit de fête, ce n’est quand même pas ça qui m’a rendu patraque ? Alors ?

DDS 698 120107__026


Peut-être la petite fontaine à côté avec sa cerise en forme de tête de femme sur le sucre glace italien ? Je n’en ai fait qu’une bouchée, j’ai à peine senti le goût. Et c’est justement ça qui a commencé à m’inquiéter.




5_Im4

 

 

J’ai passé l’après-midi à chercher une maison close. Oui, je sais,depuis que je sème la terreur dans les parages, toutes les maisons sont fermées, les gens se confinent chez eux en se disant qu’avec un peu de chance je ne les dévorerai pas. Mais il y a une différence entre « fermée » et « close ». Papa m’a toujours parlé des bordels – c’est là leur autre nom – comme d’un mets succulent, un régal composé à parts égales de stupre, de fornication, volupté, luxe, calme et beauté. « C’est fondant à souhait ! » disait-il en levant les yeux au ciel.








3_Im3Il a fini par y partir au ciel et je n’ai pas très envie de l’y rejoindre. Outre qu’il m’a toujours élevé à la dure, je suis sûr qu’il ne me laissera jamais, là-bas, toucher à sa réserve de planètes en sucre d’orge. L’outremangeur n’est pas prêteur, c’est là son moindre défaut. Déjà qu’il a toujours gardé pour lui le palais de Dame Tartine et la maison d’Hänsel et Gretel, ce cochon d’égoiste !

Sinon, qu’est-ce que j’ai pris qui pourrait m’avoir donné ces symptômes à la con ? Je tousse, je ne sens plus les odeurs et ce que je mange a de moins en moins de goût !

Voyons, cherchons. Avant l’opéra j’avais boulotté un EHPAD. D’accord, la barbaque était un poil vieille mais les fauteuils roulants et les déambulateurs qui croquent sous la dent, ça compense bien le petit côté faisandé.

Et puis j’ai bouffé l’école d’à côté. C’est peut-être là que j’ai chopé le virus. Déjà il y avait moins de marmots que d’habitude sur les bancs. Beaucoup parmi eux jouaient à Zorro ou à « Haut les mains, peau d’lapin ! Ceci est un hold-up !» avec un masque sur le nez. Je ne sais pas non plus ce qu’ils trafiquaient avec tous ces coton-tiges. On leur nettoie les oreilles aux minots pour être sûr que le savoir pénètre bien dedans ?

Ouille ! Ouille ! Ouille ! Je douille ! Si ça continue comme ça je vais devoir aller manger une pharmacie. Je sais les repérer, elles ont toutes une croix verte clignotante sur leur façade.Bien sûr, ça n’est pas très bio, c’est plein de produits chimiques mais les jardins de plantes médicinales comme du temps de Papy Gargante, même dans les villes minérales-socialistes, ça ne court pas les rues.

Bon ce sera tout pour aujourd’hui, cher journal. Je vais aller passer la nuit au jardin du Thabor. J’ai l’habitude là-bas de m’étendre sur un espace en pente et j’y ai un sommeil d’Enfer !

Et si jamais je ne vais pas mieux demain au réveil, vaille que vaille j’irai à Pontchaille m’envoyer l’hôpital même si maman m’a toujours dit que c’était un endroit dangereux. A cause des seringues.

N.B. Les deux images sont empruntées au jeu "Dixit" de Jean-Louis Roubira illustré par Marie Cardouat.


Ecrit pour le Défi du samedi n° 698 d'après cette consigne : Ogre

8 janvier 2022

VOIX NOMADES

Une hypothèse un peu morbide :
Il se peut qu’un jour on décède...

Est-ce le temps qui le décide ?
Trois Parques souffrant d’hémorroïdes ?
Au bout de combien de décades ?
Qui juge qu’on est passé de mode ?
Qui met les peuples à l’amende ?

Que l’on soit tribus en exode,
Vieil aède rêvant de saine solitude,
Nous voilà tous humains nomades
A parcourir le vaste monde
Pour cueillir ses offrandes,
Ses citrons, ses amandes,
Fabriquer limonade
Et chanter à la cantonade
Les beautés dont il abonde...
Ou fuir des contrées incommodes.

Nos saisonnières escapades,
Nos déplacements de bipèdes,
Cette quête qui nous obsède
D’éphémères béatitudes,
En ferons nous quelques ballades,
Des contes de Schéhérazade
Ou de somptueux interludes ?

En écrirons nous, des salades ?
En remplirai-je, camarades,
Des cahiers d’écriture nomade ?

2022-01-07 - 285 19

Oui ! Oui ! Ecrire à toute blinde
Comme on avale un vieux remède,
Comme souffle le vent d’Ostende,
Comme s’entortille la ronde,
Comme tourne la sarabande !

Oui ! Oui ! Tant qu’on me le demande !
Tant que j’aurai de la faconde,
De l’aptitude à la débride,
La joie et l’appétit solides,
Et l’envie de taquiner l’oud !

Qu’on chante et danse, ami·e·s nomades !
 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 697 d'après cette consigne : Nomade

25 décembre 2021

HYPO-CON-DRIAQUE

01 lumbago-lombalgie1

Quand on en a vraiment plein l’dos
On s’ paye un point de lumbago

Quand on est victime de stress
On déclare un vilain herpès

Bien souvent sur le bord d’la lèvre
Ça s’appelle un bouton de fièvre

Le reste du temps on va bien
Alors on va chez le médecin

Refrain 1

Et à part-ça, Docteur, quoi d’neuf ?
Est-ce que votre coeur fait teuf-teuf
Quand vous buvez du Châteauneuf
Ou lorsque que vous courez la meuf ?

Chassez-vous toujours les Papous
Afin de leur prendre le pouls
Et les amulettes magiques
Qui remplacent tous les antalgiques ?

Prenez-vous toujours, pour être zen,
De l’Efferalgan sans gluten,
D’la Boldoflorine bigoudène
Et du vieux sirop Théralène ?

Prescrivez-vous l’bicarbonate
Pour le cancer de la prostate
Et conseillez-vous le clystère
Pour Bach à la cantate prospère ?

2

Docteur Jekiffe et Mister Aïe
On lui déballe son attirail

De malaises de petit bobo
Pour qu’il nous r’file un placebo.

On le sermonne et on le tance
Pour qu’il nous fasse une ordonnance

S’il se permet de résister
Lors on s’enquiert de sa santé

Refrain 2

04 whats-up-docSo ! Really ? Tell me, what’s up, doc
Have you some gonocoques en stock ?
Conseillez-vous, en cas d’mal-être,
De prendre l’autocar pour Bicêtre ?

Faut-il aller jusqu’au Congo
Pour soigner son impétigo 
Et interdire à l’Amérique
L’usage du barbiturique ?

Avez-vous les oreilles cassées
Par les angoisses ressassées
De vos confrères installés
A demeure dans les télés ?

Est-ce qu’on a marché sur la tête
Depuis qu’est arrivé la bête ?
Faut-il faire pour le sanitaire
Tintin au pays de l’ornière ?


3
Lorsque je vois l’état immonde
Dans lequel se trouve le monde

Quand j’écoute à la radio braire
De sinistres apothicaires

Plutôt que des les insulter
Je préfère aller consulter

Ces habitués du bizarre
Qu’on appelle « les hommes de l’art »

Refrain 3

9B whatsupdocEt à part ça, Docteur, ça va ?
Dansez-vous toujours la java ?
Faites-vous rimer « douille » et « andouille »
Même si ça n’remplit pas vos fouilles ?

Peignez-vous jusque sur les murs
Le besoin d’respirer l’air pur ?
Pour ceux qui ne dorment plus guère
Prescrivez Proust en somnifère ?

Et pour le monde qui va mal
Avez-vous un remèd’ de ch’val ?
Se mettre au lit, manger et boire 
Et Rimbaud en suppositoire ?

Ah, Docteur Batifolamour !
Vraiment, vous m’étonnerez toujours !
Je crois que vous perdez la boule
Vite ! Vite ! Une cure à la Bourboule !

 



Ecrit pour le Défi du samedi n° 695 d'après cette consigne : lumbago

18 décembre 2021

KYRIE ELEISON

Quelle kyrielle de fous-rires n’a-t-on pas entendue ce soir dans mon «home sweet home» tandis que je cherchais, dans les archives du Défi du samedi, sous la catégorie «Joe Krapov», une photo qui ne s’y trouvait pas !

En ai-je déposé, au fil des ans, des bêtises chantées, écrites ou déclamées, des photos drôles, des collages, des lettres à Rimbaud, des rêves de Marcel P. et des exercices stylistiques autour de Saint-Georges et de ses dragons ! Et qu’est-ce que c’est drôle pour moi de les relire ou réentendre !

Inquiétez-vous, braves gens : ce n’est pas fini ! Je suis en excellente santé et toujours aussi prolixe de la plume ! Et le taulier ne me met pas dehors même si je reste jusqu'à la fermeture le vendredi soir !

Simplement je suis étonné par la kyrielle de vidéos qui ont disparu de la plateforme de M. Youtube tout comme par l’inefficacité, désormais, du moteur de recherches de M. Google qui semble avoir désindexé beaucoup de mes photos et ne ramène que peu de résultats sur des recherches d’images.

Mais bon, c’est la vie, tout passe, tout casse, tout lasse.

Parmi les fous-rires que je me suis payé, il y a surtout eu la disparition «partielle» de « (Mon cul) Sur la commode » de Jeanne Aubert.

Figurez-vous que cette vidéo n’est plus visible "que sur Youtube" parce qu’elle est «soumise à une limite d'âge (conformément au règlement de la communauté)».

https://www.youtube.com/watch?v=Z9FLsIqsTEE 

 

DDS 694 Rene-Magritte-Le-violC’est quoi cette kyrielle d’hypocrisies ? Y a-t-il là-dedans des seins à couvrir que nous ne saurions laisser voir à nos enfants ? Des seins non mais des culs, oui ! Dans ce cas couvrons, coupons, cachons, Dame Anastasie ! Mais non, on ne censure pas ! Les «kids» peuvent continuer de voir la vidéo... sur Youtube mais pas sur le Défi du samedi !

Ma vidéo sur «Nagasaki ne profite jamais» de Sttellla a subi le même sort ! Parce qu’on y voit le tableau «Le viol» de Magritte ! Excellent !

Je ne sais pas si j’ai bien raison de rire, en fait. On a les talibans qu’on peut mais surtout les nôtres sont, à mon humble avis, en train de se déclarer propriétaires du travail des internautes sans que nous ne puissions rien dire « au nom de la bonne moralité » et du « règlement de la communauté » établi par eux.

Ca fait penser aux clauses d’utilisation de Google photos où l’on peut lire que cette maison s’approprie le droit d’utiliser les photos que nous déposons sur leur plateforme pour un simple partage avec nos proches ! "Par le biais de cette licence, vous autorisez Google à utiliser vos droits de propriété intellectuelle sur vos contenus (tels que les droits d'auteur et les marques enregistrées), ainsi que les droits immatériels que vous détenez sur vos contenus (tels que les droits à l'image)".

Je ne sais pas si ce n’est pas une kyrielle d’énervements des nerfs qui va succéder à celle des fous-rires !

En tout cas, j’ai fini par retrouver la photo du mec qui joue de la guitare avec des lunettes à monture d’écaille, la raie à gauche et le pull à lignes horizontales.

Je ne sais pas non plus si, par décence, je ne devrais pas moi-même la censurer ! ;-)

DDS 694 JK 110309692

Ecrit pour le Défi du samedi n° 694 d'après cette consigne : kyrielle

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15 décembre 2021

SOUS LA PLUIE

210722 Nikon 082 recadrée

Ils me plaisent bien, ces deux-là ; je leur adresse mes vœux muets de bonheur tandis qu’ils tournent dans la rue Dupuis, pressent le pas sous l’averse qui éclate.

Et puis non, tiens ! Je vais aller leur dire tout de go qu’ils ont raison de s’aimer malgré les bonnes sœurs qui vous confisquent « Madame Bovary », malgré les curés qui mettent Emile Zola à l’index et l’index où il ne faut pas, malgré les talibans et les pétainistes.

Alors moi aussi je tourne dans la rue Dupuis et là j’ai la surprise de ma vie ! Je ne suis plus à Paris, je suis au Japon ! Les enseignes pleines d’idéogrammes clignotent, se reflètent dans les flaques. La pluie a constellé mes lunettes de gouttes qui me donnent une perception hamiltonienne du dépaysement soudain. Et malgré cela, le couple de jeunes gens, je l’identifie : c’est Pierre et Manon !

Qu’est-ce qui est arrivé à la rue Dupuis ? Suis-je tombé avec elle dans une faille spatio-temporelle ? Est-ce parce que j’ai mentionné David Hamilton, photographe des années 70 assez flou en son centre et peut-être pédophile sur les bords que je me retrouve entouré de Renault 16, de DS 19 et de Simca 1000 dans un Japon de pacotille ?

Et si Pierre et Manon ont vingt ans, est-ce que j’ai moi aussi retrouvé cet âge-là ? Pierre est né juste un jour avant moi. Un coup d’oeil dans une boutique de miroiterie me le confirme. J’ai sur mon nez mes premières lunettes à monture d’écaille, je suis coiffé avec cette raie à gauche dans les cheveux et cette mèche qui tombe sur l’oeil droit, je porte encore un pull à bandes horizontales et un K-Way vert franc sur un jean en velours. Il manque juste le sous-pull à col roulé mais c’est parce que le pull l’est déjà, à col roulé.

Par contre, dans la tête, je le sens bien, je suis toujours le même vieux crabe qu’en 2021 ! Est-ce que j’ai le droit, du coup, de m’approcher de mes anciens amis et de leur dire ce que je sais de leur avenir ?

Me croiront-ils seulement ? Sous le parapluie, le couple arrêté échange des baisers quasi-clandestins. Si je les préviens de ce qui les attend, je me demande si Pierre et Manon iront sur leur île grecque, s’ils y vivront un jour d’amour et d’eau fraîche et puis, à force d’y retourner tous les ans, d’autres jours de reproches et d’engueulades jusqu’à leur rupture définitve avec des mots cruels et aucun retour en arrière possible pour eux.

Ils ont repris leur marche à pas rapides. La fatigue commence à alourdir les miens. Je m’élance derrière eux, les rejoins, dégoulinant de pluie. Je tape sur l’épaule de Pierre.

Ce n’est pas Pierre, ce n’est pas Manon. Ce sont deux Japonais ! Je m’excuse en agitant stupidement les mains et en répétant plusieurs fois « Sorry ! Sorry ! ».Visiblement ils ne comprennent rien à la situation puis ils sourient et vont s’abriter sous le dais trempé d’un hôtel de luxe.

Que faire ? Que faire d’autre pour ne pas avoir l’air d’un con « lost in translation » sans aucune Scarlett qui me réconforte d’une présence et me nourrisse d’espoirs inavouables ?

Oui, c’est ça, disparaître, poursuivre mon chemin et tourner à droite pour me trouver hors de leur vue. Et la première à droite, justement, c’est encore autre chose.

La jeune femme qui marche dans la rue Saint-Martin avec les gestes encore gauches de l’adolescence possède de grands yeux naïfs, prompts à s’émerveiller. Elle aussi, je la connais. C’est la marquise de B***, elle a trente ans, le teint frais, le nez court, les yeux noirs. Elle préfère l’été à l’automne et les remords aux regrets.

210722 Nikon 049 recadréeIl n’y a plus d’enseignes japonaises ici mais des maisons à colombage, une atmosphère de ville de province. Au bout de la rue on aperçoit la mer. En bordure de plage une oriflamme arbore au vent les deux lions jaunes sur fond rouge qui symbolisent la Normandie. Trouville ! C’est parfait, ça va me rafraîchir ou plutôt me sécher. Déjà il ne pleut plus et la rue Dupuis n’est plus qu’un lointain souvenir. Je rejoins ma jeune épouse. Nous sommes mariés depuis une semaine. Tout va très bien avec Madame la marquise ! La voilà, mon île grecque à moi !

Si je veux perpétuer cet état de bonheur, je sais ce qui me reste à faire : oublier l’avenir et ne plus jamais tourner dans une rue à droite !

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 14 décembre 2021
d'après la consigne 2122-13 ci-dessous

22 novembre 2021

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2122-09 DU 16 NOVEMBRE 2021 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Récit modianesque

 

 

Servez-vous des éléments ci-dessous, extraits du dernier roman de Patrick Modiano, "Chevreuse", pour écrire une nouvelle qui parle d’une période révolue ; vous pouvez aussi utiliser une ou plusieurs des images publiées sous ces éléments.

Incipit du roman :

Bosmans s’était souvenu qu’un mot, X, revenait dans la conversation. [X est le nom d'un lieu de votre choix]

Incipit des chapitres :

X. Ce nom attirerait peut-être à lui d’autres noms, comme un aimant.

À la sortie de X., un tournant, puis une route étroite, bordée d’arbres.

Un début d’après-midi, Bosmans décida de sonner à la porte de l’appartement.

Dans la rue, il déplia le papier qu’elle lui avait tendu. Il y était écrit : Kim 288.15.28.

Il accompagna encore deux ou trois fois Camille à ses rendez-vous de Saint-Lazare avec Michel de Gama.

Il était impossible à Bosmans, après plus de cinquante ans, d’établir la chronologie précise de ces deux événements du passé :

Camille Lucas dite « Tête de mort »
Michel de Gama – Guy Vincent – hôtel Chatham
Martine Hayward Auberge du Moulin-de-Vert-Cœur
(près de Chevreuse)
Maison de la rue du Docteur-Kurzenne
René-Marco Heriford (Appartement d’Auteuil)
AUTEUIL 15.28 (« le réseau »)
Rose-Marie Krawell

À certains moments de la journée, il en riait lui-même et dressait une liste de titres de romans qui traduisaient son état d’esprit :
 – Le Retour des fantômes
– Les Mystères de l’hôtel Chatham
– La Maison hantée de la rue du Docteur-Kurzenne
– Auteuil 15.28
– Les Rendez-vous de Saint-Lazare
– Le Bureau de Guy Vincent
– La Vie secrète de René-Marco Heriford

Dans l’agenda à la couverture de cuir vert, cet agenda dont on ne pouvait pas savoir l’année, la plupart des pages étaient blanches.

Dernière phrase :
Un avion glissait en silence dans le bleu du ciel et laissait derrière lui une traînée blanche, mais on ne savait pas s’il s’était perdu, s’il venait du passé ou bien s’il y retournait.

Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir

Agnès de Clairville - La Gacilly 2000-07-14 01

Agnès de Clairville - La Gacilly 2000-07-14 02 morriganes

Bernard Bouin

 Agnès de Clairville - Morriganes 1

 Agnès de Clairville - Morriganes 2

 Bernard Bouin - Sans titre

Berthe Morisot - Intérieur à l'île de Wight

Mathurin Méheut - A l'ombre des platanes

Sylvain Buffile - Galerie Visconti 1989-06-03

 Berthe Moriset - Intérieur à l'île de Wight

 Mathurin Méheut - A l'ombre des platanes

 Sylvain Buffile - Sans titre

Sylvain Buffile - Galerie Visconti 1994-06-03

X - la Dame aux hortensias - Rêverie

Yvon Labarre - Cérémone du souvenir 1986

 Sylvain Buffile - Sans titre

 X - La Dame aux hortensias

 Yvon Labarre - Cérémonie du souvenir

Xavier de Langlais

Christian Lebon - L'Irlande ou Les Musiques de l'âme (livre de Pierre Joanon)

Clairin - Pensées secrètes

 Xavier de Langlais - Visage pensif

 Christian Lebon - L'Irlande  ou les Musiques de l'âme (livre de Pierre Joanon)

 Clairin - pensées secrètes

Clergé - Le Clown (1991)

Renoir - Le Moulin de la galette (détail) 

Elise Rebiffé - La Gacilly 2000-07-14 01

 Clergé - Le Clown

 Renoir - Le Moulin de la Galette (détail)

 Elise Rebiffé - Les fées m'ont dit 1

Elise Rebiffé - La Gacilly 2000-07-14 03

Henri Matisse - Le Goûter (golfe de St-Tropez

Kretz - Autoportrait (1979)

 Elise Rebiffé - Les fées m'ont dit 2

 Henri Matisse - Le Goûter (Golfe de St-Tropez)

 Kretz - Autoportrait (1979)

Jean-Louis Guitard - Arbres (Galerie Visconti 1994 11 30)

Jean-Louis Guitard - Noir et blanc (Galerie Vekava 2000 04 20)

Jean-Louis Guitard - Oeuvres récentes (Galerie Visconti 1998 10 10)

 Jean-Louis Guitard - Arbres

Jean-Louis Guitard - Noir et blanc 

Jean-Louis Guitard - Sans titre 

 

22 novembre 2021

TIENS, VOILA DU BOSMANS !

Bosmans s’était souvenu qu’un mot, «La Madeleine», revenait dans la conversation. Au début il avait cru qu’il s’agissait d’une personne. Il avait pensé à une paysanne parce que cet article défini devant un prénom, ça faisait très campagnard. Une chanson du groupe Les Charlots en témoignait : «Quand La Marie est jalouse, je chante le blues» ainsi que d’autres, pas plus finaudes, de Ricet Barrier.

Mathurin Méheut - A l'ombre des platanes

Ce pouvait être aussi une fille de mauvaise vie, une tapineuse ou une perle de boxon qui aurait rendu fou d’amour et de désir plus d’un des militaires ou marins en rade de sexe à Toulon, comme ceux, par exemple, qu’il voyait attablés en terrasse, la clope au bec, l’ennui porté en bandoulière, les képis étalés sur les tables voisines de la leur. Ou alors une fille au caractère tranché, une maîtresse-femme, une pouliche indomptable. Une féministe avant l'heure, tout droit sortie d’une chanson de Jacques Brel. «La Mathilde est revenue !». Mais «Maudite Madeleine» ça ne le faisait pas du tout.

Aussi quand il avait osé demander à Martine Hayward qui était cette Madeleine dont on parlait tant, celle-ci avait éclaté de rire.

- La Madeleine, c’est une ville du Nord. Explique-lui, Guy !

Ils étaient quatre dans ce café à profiter du beau soleil et de l’ambiance méridionale, à lézarder derrière la balustrade verte. Guy Vincent sirotait un Campari, Martine Hayward un Martini, Michel de Gama une bière et lui un Perrier rondelle.

- Je suis de là-haut, dit Guy. Ma famille résidait près de Lille et mon meilleur ami de l’époque où j’étais étudiant habitait La Madeleine. C’est un peu la banlieue chic. Il s’appelait Réné-Marco Heriford et on écoutait plein de musique chez lui. Un bel appartement bourgeois, au rez-de-chaussée. Pour y aller il suffisait de longer la voie du tramway et on arrivait, en haut de la pente, au carrefour de l’avenue de la République avec la rue du Docteur Kurzenne. Mais je n’ai pas grand-chose à dire sur ces années-là, sinon qu’elles sont loin et que je n’ai pas envie d’y retourner.

- C’est vrai, commenta Michel de Gama, qu’après mai 68, il y a eu juin 69 !

- Ce qui veut dire ? interrogea Martine, s’attendant à voir sortir une allusion à l’année érotique de Serge Gainsbourg, mais cela ne se produisit pas.

- Ça veut dire que la tension est retombée, que tout est rentré plus ou moins dans l’ordre. Un autre ordre.

- Il en faut un minimum, non ? demanda Martine.

- C’est vrai, admit Guy. Et vous, vous faites quoi dans la vie, Monsieur Bosmans ?

- Je vends des lettres.

- Des lettres d’écrivains ? D’hommes politiques ?

- Non, des lettres décoratives. De l’immense et de l’inattendu. Je suis architecte-décoratrice… pardon, architexte-décorateur d’extérieur. Depuis que j’ai décoré le Ciné-Manivel à Redon, ma carrière a décollé. Je pose des enseignes surréalistes partout où on me le demande.

- Intéressant, conclurent les deux compagnons de Martine en retrempant les lèvres dans leur apéritif.

Tout cela n’était que pieux mensonges. Bosmans, quand il les aurait quittés, irait replonger le nez dans son ordinateur à la recherche d’inspiration. Il interrogerait Pagesblanches.fr pour savoir s'il existait des gens nommés Proust à La Madeleine (Nord). S’il y en avait, et même s’il n’y en avait pas, il leur inventerait alors, pour son journal, le Défi du samedi, une existence exceptionnellement drôle.

Tout cela n’était que mascarade. D’ailleurs Bosmans ne s’appelait pas Bosmans et n’était même pas de sexe masculin. Elle s’appelait Isaure Chassériau et n’aimait rien tant que voler des confidences aux gens et leur képi blanc aux militaires flapis des terrasses de Toulon.

2021 11 21 Isaure légionnaire


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 19 novembre 2021

d'après la consigne 2122-09 ci-dessous.

17 octobre 2021

RAYEZ LA MENTION INUTILE !

Images pour conte MAB 01 princesse

 Il était une fois, il y a bien longtemps, juste après ce qu’on a appelé «la fin du monde», une princesse qui avait survécu - au cataclysme - au cataplasme - à la catastrophe. *

 Elle s’appelait - Punkette replète – Broque et pébroque – Paulette Rondelette *

Images pour conte MAB 02 montagneElle habitait un pays appelé - la Suisse – le petit suisse – le Sussex * qui était resté - neutre – neutron – feutrine * pendant les hostilités mais s’était quand même pris - une bombe A– un bombyx – une bombarde * sur le coin du - museau – Musso – Placid et Muzo *.

La Suisse est un pays plein de - montagnes – de montagnettes – de montures de lunettes *.

En ces temps - post-apocalytiques – post appeau-catalytique - pause tape-eucalyptus *, il continuait de pousser, le long de ses jolies routes - des arbres à plaques de chocolat - des arbres à came – des dames aux camélias *.

La princesse était peut-être désormais - la dernière habitante du monde – la dernière abonnée du journal « Le Monde » - la dernière habitude de revenir un peu ronde - des cocktails d’ambassade – des coqueluches de temps maussade – des coquecigrues d’embrassades sur le - museau – Musso – Placid et Muzo.

 ***

 Un jour qu’elle s’en allait cueillir du chocolat, - Punkette replette – Broque et pébroque – Paulette rondelette * entendit - une voix douce – une voie d’eau – une voie royale – qui - l’interpellait – qui l’interpolait – qui l’enterre soupe au lait *.

 - Hep ! - Mademoiselle – Mademoisissure – Madame oiseuse *!

 Elle ne voyait - personne – persane – perspicace * mais la voix reprenait :

 - Hep ! - Jolie princesse – jauni pince-fesses – Johnny rince-nièce * !

 Cela venait de - dessous un buisson – de dessous le boisseau – de très soûles boit-sans-soif *.

 Images pour conte MAB 03 livreElle écarta - les feuilles – les deuils – les oeils * et découvrit un vieux - bouquin – bouquetin – bouc teint *. 

En agitant - ses pages – ses plages – ses aréopages *– il - s’énervait – s’énervurait – ses nervis raturait *.

 - Enfin, vous daignez - m’écouter brouillonne – me brailler les coudes – me brouiller l’écoute * !

 - Quelle mutation - bizarroïde – polaroïde – hémorrhoïde * est-ce donc là ? demanda-t-elle. Vous êtes un livre et vous – parlez – partez - pardonnez * ?

 - Je suis le livre du Grand Tout. - Je sais tout - je sèche tout - je sexe tout * sur la vie - secrète – secrétaire – Saint-Nectaire – nain sectaire * des écrivains.

 - Oh moi, vous savez, lui répondit - Punkette replète – Broque et pébroque – Paulette Rondelette *, - la littérature- la laitue ratée - la ruralité tue *, je lui ai toujopurs préféré une bonne série sur - Netflix – Netfisc – Netflic * !

 - C’est pourtant bien un - écrivain – écriteau – échevin * que vous devez aller trouver si vous voulez que la planète soit - repeuplée – roploplo – heureux peuplier *!

 - Il reste donc d’autres personnes que moi-même sur la - planète – panière – pas nette *?

 - Oui mais il faut vous - dépêcher – dépêtrer – Depléchin *. L’écrivain est – désespéré - désexpertisé - des esplanadé *. Il ne sait pas que vous existez et que la vie peut – recommencer – recommander - recommenter *.

 - Où est-il ? - Où perche-t-il ? - Où persil ? *

Images pour conte MAB 04 avion - Il habite dans - une île - une presqu’île - un exil *. On ne peut y aller qu’- en avion -en aviron - en amidon *.

 - Ca tombe bien, en Suisse on a l’habitude de monter des cols durs et il m’en reste un paquet à la maison.

 - De quoi donc ?

 - De l’amidon - de l’ami doux - de l’âpre mildiou*. Vous avez le GPS – incorporé - un porc goret - encore paumé * dans votre - avion – aviron – amidon *?

 Le - bouquin – bouquetin - Louboutin * se mit à tripler de - volume – volute – vol UTA -volupté * et il ressemblait maintenant à un joli tapis volant ne manquant pas de - caractère – phylactère – Natacha hôtesse de l’air *.

 - Installez-vous - dans la rainure – dans la nervure – dans la rainette *.

 ***

Jeu 69 de La Licorne cornette

En fait d’île, c’était - l’Angleterre – l’angle obtus – le triangle des Bermudes * dans lequel le temps du voyage disparaît. Le livre la déposa sous l’horloge de - Big Ben – Big brother – Bygmalion * dont il ne restait plus que la moitié.

 - Il est où, - l’écrivain – l’écrivant – l’écrivaillon * qui va me - repeupler – repalper - repieuter * le monde pour assurer - le futur – le futé – le futile *?

 Images pour conte MAB 05 crapaud- Je suis là, dit un gros crapaud vert et - pustuleux – postulant – pestilentiel * qui se mit à grossir jusqu’à avoir taille - humaine – humide – humoresque *. Embrassez-moi sur le - museau – Musso – Placid et Muzo * et je me transformerai en prince - charmant – charmille -char d’assaut *.

 - Hé ho ! protesta - Punkette replète – Broque et pébroque – Paulette Rondelette *. Je ne mange pas de ce - pain-là – tapin-là – topinambour-là *!

 - Comment ? s’offusqua le livre du Grand Tout. Vous ne voulez pas redonner apparence humaine à - Guillaume – Guilledou – Gui l’an neuf * ?

 - Non ! Et elle tourna - l’étalon – le hongre – la jument *.

 ***

 - C’est la dernière fois que j’utilise une Suissesse comme personnage d’un de mes romans ! La vie n’est décidément pas un conte de - fées – méfaits – contrefaits *, se jura l’auteur du best-seller en inscrivant le mot « Fin » au bas de son - parchemin – porcherie - percheron *. 

En fait il voulait dire - manuscrit - manucure - Manufrance *

* Rayez la mention inutile !

 

Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du 12 octobre 2021
d'après la consigne 2122-06 ci-dessous

et également pour le jeu n° 69 de Filigrane (La Licorne) d'après cette consigne.

16 octobre 2021

TAR' TA GUEULE A LA RÉCRÉ !

Il nous propose une baston !
Un uppercut sous le menton !
Un coup d’genou dans les roustons !

Se faire piétiner les arpions ?
Se faire traiter d’avorton ?
Se prendre deux ou trois jetons ?
Choper des gnons ?

Qu’on nous distribue des mandales ?
Qu’on nous bloque les cervicales ?
Qu’on se prenne des baffes en rafale,
Des coups d’savates aux génitales,
Qu’on en avale ses amygdales ?

Est-on suffisamment d’attaque
Pour affronter une baraque,
Un chef de mercenaires cosaque
Ou un super-métèque d’Ithaque,
Plus ou moins braque,
Qui vous refile des paires de claques
Et de méchants coups de matraque
En plein dans le creux d’l’estomaque ?

Chercher l’altercation,
Rêver de collision,
De coups de lattes au croupion,
De bleus, de contusions,
De bris de dentition,
D’hémoglobine
Qui se débine,
De pulvérisation
Jusqu’à l’extrême onction,
J’suis désolé, Tonton,
Ça frise l’in-correction !

Mais je ne dis pas « Ouste ! ».
Si t’as besoin d’une rouste
On peut se castagner,
S’empoigner,
Se foutre une peignée
Sur mon bel échiquier.

Je te laisse les blancs,
En tout bien tout honneur.
Commence, Monseigneur !
Si tu cherches un champion,
Si tu veux être vainqueur
Avance un petit pion
Ou sors un cavalier !

Tu vas voir ! Ça va chier !

DDS 685 iznogood-Renegoscinny-echecs

Ecrit pour le Défi du samedi n° 685 d'après cette consigne : baston

7 octobre 2021

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 65, Lacanien

La psychanalyste fait entrer la cliente n° 1.

- Entrez, Votre Majesté ! Qu’est-ce qui vous amène, princesse Charlène ? Installez-vous sur le divan, je vous écoute.

- J’ai dû faire piquer mon an(im)al de compagnie !

- Ce sont là des choses qui arrivent. Il était sans doute vieux et malade ?

- Pas du tout ! Il pétait la santé et la chaîne qui le retenait attaché au mur du château. Il était plein d’appétit et c’est pour ça qu’il a fallu l’abattre, Désir.

- Désir ? Votre chien s’appelait Désir ? Ça alors ! Vous n’avez jamais songé à consulter un psychanalyste ?

- Qu’est-ce que je suis en train de faire, docteur, selon vous ? Ce n’était pas un chien. Quand Désir a brisé sa chaîne, rien ni personne n’a pu l’arrêter.

- Je prends sur moi de vous interrompre : tout cela me semble normal. Qu’a-t-il fait ensuite ?

- Il a commencé par s’envoyer quelques brebis.

- C’est un bouc ? Vous êtes une émule d’Esméralda ?

- Connais-pas. Les propriétaires n’ont pas été contents alors ils sont venus trouver mon père, le roi, en son château.

- Votre Désir était donc enragé pour qu’ils viennent quérir de l’aide au sommet de l’État ?

2021-10-01 - 285 6

- Avec le temps mon dragon était devenu haut comme une maison. Papa a voulu envoyer sa soldatesque pour le capturer ou l’occire mais mon Désir crachait du feu alors ils se sont tous dégonflés.

- Sans vouloir être triviale, se dégonfler, c’est normal aussi pour un soudard (sous-dard) ! Et alors ?

- Mon Désir était devenu fou. Voilà qu’il réclamait maintenant de la chair fraîche d’humain ou d’humaine.

- Et alors ?

- Alors on a appelé le véto !

- J’en reste interdite ! Et donc ?

- Et donc, à cause de ce Dr Saint-Georges, mon Désir est mort. D’une piqûre. Mais il fallait voir la taille de la seringue ! Carrément une lance ! Une rose a poussé dans son sang et moi, depuis, je me blesse à ses épines !

- Sans commentaire. Je ne comprends pas. Vous ne pouvez pas entreprendre un travail de deuil ?

- Ce n’est pas ça. La bête est morte, n’en parlons plus. Mais moi je suis tombée amoureuse du vétérinaire !

2021-10-01 - Nikon 19

- Eh bien ? Offrez-lui de partager votre vie, son vit, sa lie ou votre lit avec lui ! C’est si compliqué que cela pour une princesse de séduire un chevalier ? N’étiez-vous pas la récompense offerte au héros en échange de ses bons et loyaux sé(r)vices de mercenaire débarrasseur de nuisibles ?

- Non mais même si cela avait été je crains que rien n’en eût été changé : j’ai l’impression que Saint-Georges n’a pas appris l’éducation sexuelle à l’école !

- Dans l’église catholique ? Avec le nombre de prêtres pratiquant la chose en mode sous-cutané ? Ca m’étonnerait ! Il est peut-être tout simplement timide ?

- Ou homosexuel ? Beaucoup de gauchers contrariés le sont. Ils sont souvent pris comme tête de turc à l’école et après ils ont bien du mal à annoncer leur homosexualité à leurs parents, surtout s’ils détestent leur belle-mère comme Cendrillon ou Blanche-Neige !

- Ecoutez Charlène… Vous me semblez être une jeune femme intelligente, saine , bien pourvue et bien sensée, même si votre histoire de Désir avec une majuscule et de désir avec une minuscule perspective de concrétisation ou de jouissance est un peu confuse. Je pense pour ma part que ce n’est pas à vous de venir vous allonger ici pour me faire part de vos problèmes .

- Qui doit le faire, alors, docteur ?

- Saint-Georges, bien sûr ! Et je crois qu’il me faudrait plus de 99 séances pour guérir ce complexé.

- Vous ne pourrez pas l’avoir comme client : il s’est barré ! Il est reparti pour Rome il y a une heure.

- Mais vous, qu’allez-vous faire ? Que voulez-vous que je fasse pour vous aider sinon vous inciter à faire une croix sur votre Chrétien ? Un type comme ça vous aurait fait souffrir le martyre !

- Mais c’est que je l’aime !

- Alors élancez-vous à sa suite ! Rattrapez-le, mettez-le en prison, martyrisez le vous-même ! Même si je doute que ce soit là la bonne solution.

- Vous feriez quoi, alors, vous, à ma place ?

- J’écrirais le récit de mon amour impossible pour cet homme qui a embrassé la religion et plus si affinités. J’ai déjà le titre du livre : « Veuve à trente ans ! ». Avec le nom que vous portez, ça se vendrait très bien. Il y a là un best-seller potentiel !

- Mais…

- Revenez la semaine prochaine si vous voulez, la séance est terminé. C’est mille dirams. En liquide, s’il vous plaît.

***

La psychanalyste fait entrer le client n° 2.

- Allongez-vous sur le divan, jeune homme ! Dites-moi ce qui ne va pas. Comment ça ne va pas bien aujourd’hui ?

2122-05 Jean-Paul - La fille du professeur

- Je m’appelle Claude Halmos. Je suis la fille de mon prof.

- Vous voulez dire « le fils » de mon prof ?

- Non, non, je veux bien dire et répéter : « Je suis la fille de mon prof »

- Votre père est professeur ?

- Pas du tout, il est coiffeur pour dames.

- Vous avez visiblement un problème d’identité, Claude ! C’est sans doute dû au fait que vous portez un prénom épicène ?

- Epi… quoi ? Et pis quoi encore ?

- Un prénom épicène, comme Claude, Camille ou Dominique, peut-être porté par un garçon comme par une fille.

- Ca n’a rien à voir avec Eléonore, ce que vous racontez !

- Nous y voilà ! Qui est cette Eléonore ? Si vous pouviez entrer dans le vif du sujet au lieu de faire de la résistance en jouant sur les mots ou sur les maux ?

- Si je pouvais entrer dans le vif du sujet je serais le plus heureux des hommes et je n’aurais pas besoin de venir vous consulter !

- Alors cette Eléonore, qui est-ce ?

- C’est la fille de mon prof !

- ???

- Je la suis partout. Je la prends en filature, je suis l’ombre de son ombre, je suis attaché à ses pas, abonné à sa chaîne Youtube, son fil Twitter, son compte Instagram…

- Vous l’aimez ?

- Oui, follement !

- Eh bien… faites-lui des avances !

- Je ne peux pas ! Quand on suit quelqu’un partout on est toujours derrière. Elle ne nous regarde pas, ne nous voit pas, ne peut pas nous voir !

- Eh bien, cessez de la suivre ! Et prenez une autre route pour la croiser, comme ça vous lui ferez face au lieu de regarder ses fesses, effacé, et de vous affaisser davantage.

- Je ne peux pas !

- Pourquoi ?

- Je suis pressé. Je n’ai pas le temps. Je dois décrocher mon bac : quand je ne suis pas la fille de mon prof je suis les cours de son père.

- Faire cours, suivre des cours, faire la cour… Faisons court : ce sera cent euros. Et revenez... quand vous aurez le temps !

***

2122-05 Jean-Paul - L'Evangile au risque de la psychanalyseLa psychanalyste fait entrer le client n° 3 mais elle reste bouche bée, estomaquée. Le client n° 3 n’est autre que Jésus-Christ en personne, descendu de la croix avec ses stigmates et, visiblement complètement ressuscité.

D’autorité, il s’allonge sur le divan et déclare :

- Je viens de découvrir que mon père n’est pas mon père !

La psy se retient de déclarer « Je sais ce dont vous souffrez. Ça s’appelle le syndrome de Luke Skywalker » mais comme il y a des gens ici qui ne connaissent pas encore la saga de Star wars et que Jésus doit en faire partie, elle se tait et s’endort. Sur des problèmes de paternité comme celui-là, il est, de toute façon, difficile de se faire une religion.

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 5 septembre 2021

d'après la consigne d'écriture 2122-05 ci-dessous.

16 août 2021

LES ÉTRANGES RÊVES DE MARCEL P. Chapitre 9, Dernière ligne droite ?

2021-08-05 - 285 56Dernier tango à Paris avant la dernière valse que tu dois me garder : c’est qui cette fille dans la baignoire ? Pourquoi me traite-t-elle d’éteignoir ?

Dernier vol 714 pour Sydney : c’est là-bas qu’on chopera le variant delta et qu’on décédera.

Dernier rassemblement hideux de camping-caristes gras à la Pointe du Raz : demain on part en Normandie ! Ca nous en Odilon sur les congés payés : rien ne vaut le bonheur d’écrire au lit chez soi !

Dernier «Quand lama fâché lui toujours faire ça». Le capitaine vient de se venger en crachant de la flotte à la tête de l’animal.

Dernière station-service avant le sommet du mont Pilate : si t’es en panne des sens, lave-t-en les mains !

Dernières paroles du Christ avant de nous laisser dans le merdier des jours : « Tentation ».

Dernière lanterne rouge avant le bordel général.

Dernier coup de boule de Zinédine Zidane avant qu’il ne devienne entraîneur à cravate.

Letzte Bratwurst vor Amerika (dernière "tranche de merde entre deux éponges" comme disait Patrick Font) : demain je deviens végétarien ! Devant la beauté de cet endroit et l’incongruité d’y trouver un "food truck" recensé dans Trip Advisor et qui doit, en ce lieu idyllique du cap Saint-Vincent au sud du Portugal, à l’endroit le plus occidental de l’Europe, devant un océan superbe, diffuser autant d’odeurs de graillon qu’il n’impose au regard de spectacle kitschissime avec ses deux humaines saucisses qui se font bronzer en souriant sur un bateau, devant cette échappée de Foire du Trône, d’Oktoberfest, de Luna-Park, de Fête à Neuneu ou de ducasse d’Hénin-Liétard, on n’a plus qu’une envie, c’est de croquer dans une feuille de salade sans assaisonnement ou d’aller déjeuner au Ritz mais ça sera difficile car de là d’où je viens, de 1922, je n’ai pas amené l’Ausweis qu’on réclame ces jours-ci et qui a pour nom "pass sanitaire".

DDS 676 letzte-bratwurst-vor


Dernier réveil, dernières questions de Marcel P. avant de se rendormir : Qui parle ? Qui me parle ? De quoi ça parle ? C’est faux de dire «Je pense» ; on devrait dire «On me pense». Je est un autre, un autre pyromane qui lance les derniers feux du langage classique incendié comme une forêt grecque avant de disparaître dans les sables d’Afrique. Le marchand sur son nuage a encore oublié de m’en jeter plein les yeux !

Dernier « C’est trop injuste ! » : Ronfle, Caliméro !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 676 d'après cette consigne

30 juillet 2021

LES ÉTRANGES RÊVES DE MARCEL P. Chapitre 5, Les Bêtises de Combray

Longtemps je me suis bouché les yeux et abstenu du bonheur de rencontrer des gens différents. Était-ce par timidité, par peur de l’inconnu, par conservatisme ou par prudence qu’à petits pas je me retenais de me livrer aux mains des belles étrangères qui vont aux corridas et que j’aimais déjà pourtant quand j’étais un petit enfant ?

Et puis mes parents, des industriels du Nord richissimes et facétieux, m’ont fait cadeau, deux ans jour pour jour après ma naissance, d’une petite sœur qui était le contraire de moi-même. Céleste était et est toujours une risque-tout, une emmerdeuse, une rentre-dedans, une jamais froid aux yeux, une metteuse de pieds dans le plat et en sus de cela une obstinée atypique doublée d’une anticonformiste gagne-petit.

Aujourd’hui que moi, Philippe Marlowe, directeur des filatures éponymes, j’ai atteint la cinquantaine et que nous commençons à être, comme on dit, «bien tapés», ni mes parents ni moi ne nous enorgueillissons de compter parmi les membres de notre famille une employée de la gendarmerie nationale. Même si, à force de coups que j’imagine gonflés autant que foireux, Céleste a atteint le grade de capitaine remplaçant à la brigade de Combray – comment cela peut-il exister, des localités avec un nom pareil ? – j’éprouve toujours un énervement certain à admettre que ma sœur vit dans le même monde que nous… sans faire partie du nôtre !

Il n’y a que mon épouse, Jane, et nos enfants, Bill et Carole, qui l’adorent, même si elle les a surnommés «Pas de plaisir», «Biloute» et «Roubignole». Pour vous donner une idée du personnage, à chaque fois qu’elle nous rend visite au château, comme en ce moment pour fêter Noël en famille, elle refuse d’occuper une des nombreuses chambres libres et préfère dormir dans le véhicule militaire canadien que notre père, collectionneur de vestiges de la récente grande guerre, a conservée dans le fond du jardin avec d’autres reliques de diverses armées en vue d’en faire un musée édifiant pour les générations futures.

- Ch’est m’canadienne à mi ! déclare Céleste avec fierté. J’adore faire du campinche ! Et pis qu’est-ce que j’dors ben dins ch’te carrette-là !
Un que la situation n’enchante pas, c’est Jules Maigrelet, notre jardinier, qui craint toujours pour les variétés de fleurs qu’il crée dans nos serres voisines de l’entrepôt militaire du paternel. Il n’aime pas du tout que Céleste fasse près de ses roses des exercices de jonglage avec des grenades anglaises devant les enfants. Eux s’esclaffent d’entendre l’accent Ch’ti à couper «au coutiau» de notre gendarmette.



***


Ce matin, Céleste n’a pas pu faire de grasse matinée dans son gourbi antique. Vu les circonstances, j’ai dû aller la réveiller en sursaut.

- Céleste ! Céleste ! Réveille-toi ! Il y a un mort dans la maison !

- Laiche me dormir, Phi-Flip ! Cha attindra !

- Lève-toi, te dis-je, c’est grave !

- Quo qu’chest, qu’est grafe ? Papy a cassé s’pipe ?

- Non, il se porte à merveille. C’est lui qui a découvert le cadavre !

- Un cadafe ? Eul cadafe eud qui ?

- On ne sait pas. D’après la forme des fesses, toutes petites et maculées d’encre, c’est un inconnu.

- Laiche me l’temps d’m’habiller. J’arrife !

Elle a enfilé une robe de chambre bariolée par-dessus son pyjama en pilou, s’est coiffée d’une chapka russe trouvée dans le musée de notre père et a à peine pris le temps de lacer correctement ses godillots. Quand elle est sortie de l’ambulance calcinée, elle semblait encore plus givrée que le paysage des alentours.

jk


***

 
Dans la bibliothèque on a retrouvé Grand-père en compagnie de La Rosière – c’est comme ça qu’on appelle notre bonne depuis qu’elle a été élue rosière de son village en 1920, il y a deux ans et qu’elle n’a toujours pas trouvé de prétendant depuis -. Se trouvaient là aussi Jane, mon épouse, et Joséphin Lampion, notre majordome.

Et surtout, devant la cheminée, allongé sur le ventre à même le sol, attirant l’attention de tous les regards, il y avait un homme tout nu, vêtu d’une peau de bête mais ce n’était pas un enfant de Caïn enfui de devant Jéhovah. D’ailleurs, il n’y avait pas eu de témoins à ce meurtre si c’en était un.

Vêtu n’était pas non plus le bon mot. Le corps dénudé était plutôt juste recouvert d’une peau d’âne. Céleste, qui avait enfilé des gants de vaisselle en caoutchouc rose – mon Dieu, quelle allure grotesque tout cela lui faisait ! - la souleva en la tirant par les oreilles. Elle trouva dessous une chevelure brune, un dos chétif et deux petites fesses d’homme sur lesquelles on avait écrit « Rends nous l’art, Jean ! ».

Elle saisit le poignet de l’inconnu, constata que le pouls ne battait plus et déclara.

- C’h’est fini, pour ch’ti lal, les plaisirs et les jours ! Cherchez pas à y faire du bouc’ à bouc’ cha s’rot du temps perdu !

Et pour cause. Tout le monde avait bien vu, du reste, entre les cheveux brillantinés et le dos du bonhomme que la base du crâne avait été défoncée avec un objet en métal doré qui avait été laissé sur place.

Céleste demanda à La Rosière de lui amener un sac pour ranger l’arme du crime mais la jolie jeune fille était à moitié dans les vapes et c’est Lampion qui alla dans les communs exécuter l’ordre. Pendant ce temps-là elle souleva l’objet en tâchant de ne pas tacher davantage la moquette pourtant déjà bien foutue.

- C’h’est quoi ch’machin-là ? Et quo qu’ch’est qu’y a d’écrit, là ? Césure ? Césaire ? César !

Elle mit l’objet doré dans le sac de Lampion et puis elle saisit l’homme aux épaules et retourna le corps.

Un grand cri de stupeur s’éleva ainsi que le silence strident de la bonniche qui s’évanouilla en visionnant la coquillette et les noix de cajou du gugusse (Mais qu’est-ce que je raconte, moi ? Ressaisissons-nous, Philippe Marlowe !).

- Eh ben quoi ? Quo t’ché qu’y a ? Vous l’arconnaichez ?

- Pas du tout !

- Jamais vu !

- Inconnu au bataillon !

- Té m’étonnes, bande eud babaches ! nous dit Céleste en se relevant. J’y comprinds rin à vos cacoules mais ch’bonhomme-là, mi, jé l’connos !

- Tu le connais, Céleste ?

- Je n’sais pas c’qu’y fout là mais ch’est un gars d’Combray ! Quelqu’un d’la haute, comme ti z’autes tertousses. Ch’est ch’ tchiot Marcel !

- Marcel ?

- Marcel Proutch, un rentier qui vit là-bas tout seul avec eus gouvernante !

- Mais enfin diantre, Céleste ! Pourquoi cet individu a-t-il choisi de venir se faire assassiner chez nous qui ne le connaissons pas ? Et qui a fait le coup ? Faut-il appeler la police ou Scotland Yard ? Et c’est quoi cette histoire de peau d’âne ? Et y aura-t-il de la neige à Noël ? Du Christmas pudding ? Céleste ! Céleste ! Capitaine Marlowe ! Pourquoi votre Range Rover est-elle toute noire sur la photo ? Dites-nous tout, Capitaine !

 
***

 
Marcel P. avait la tête très lourde quand il se réveilla mais lorsqu’il se passa la main derrière la nuque il ne ressentit ni plaie ni bosse et ne ramena pas devant ses yeux entr’ouverts des doigts poisseux de sang. Derrière les interstices des volets, un grand soleil semblait prêt à illuminer une autre de ces nombreuses journées d’ennui où l’on n’a plus à cœur que d’écrire de longues phrases insipides en vue d’ennuyer un lecteur inconnu. Quoique…

Mais comme il se méfiait de ses cauchemars à tiroirs de ces derniers jours, il sortit de son lit, enfila sa robe de chambre unie par-dessus son pyjama bariolé, descendit à la cuisine et fut ravi d’y trouver Céleste A., sans valise et sans épuisette, qui préparait tranquillement leur petit-déjeuner. On était bien en 1922 et c’était une journée bien réelle qui commençait.

- Céleste ! Céleste ! Tu peux ranger tes madeleines ! J’ai pris une grande décision après mon rêve de cette nuit ! Je laisse tomber la littérature sérieuse ! Je vais écrire des romans policiers ! J’ai déjà trouvé le titre du premier : « Un cadavre dans la bibliothèque ! »

- Excellente initiative, mon petit Marcel ! J’en connais un que cela va rendre heureux !

- Qui ça ?

- Un grand lecteur belge prénommé Jean-Claude qui ne sera pas obligé de se farcir la lecture de la «Recherche du temps perdu» et aura ainsi davantage de temps pour recadrer au ciseau celles de ses photos où la mer n’est pas horizontale !

Marcel se pinça la chair du dessus du bras pour s’assurer qu’il n’était pas encore une fois en train de rêver mais non, tout était bien réel et c’était simplement Céleste qui était repartie dans ses « divagations médiumniques pour esprit de sel dans la queue du chat ».

- L’idéal pour écrire des polars qui marchent, mon petit Marcel, ajouta-t-elle en servant le thé, c’est de prendre un bon pseudo féminin. Quelque chose dans le genre Alicia Pristi ! Et de toujours faire en sorte que le coupable soit le jardinier !

Bon sang, mais c’est bien sûr, songea Marcel ! Elle a raison ! Une sombre histoire de trafic de cattleyas !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 673 d'après cette consigne

11 mai 2021

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2021-29 DU 4 MAI 2021 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

John Salminen

 

Voici dix-huit tableaux de ce peintre-aquarelliste américain. Vous avez quartier libre pour écrire ce que l'un ou l'autre vous inspire.

Pour les masochistes invétérées je propose de n'utiliser dans votre texte que des substantifs masculins ou féminins de pas plus de deux syllabes, le e muet ne comptant pas pour une syllabe.

Exemple : "Après une journée de dur labeur l'Albert s'en retourne vers son gourbi. Comme la consigne lui interdit de s'arrêter dans la boutique où l'on vend des livres, il stoppe chez le marchand de journaux et embarque "Valeurs actuelles". C'est bizarre mais il ne m'apparaît pas très sympathique, ce gus ! Allez, la suite quand même !"

N.B. Vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir un peu ou vous rendre chez Dame Célestine, ici, pour les voir en plus grand. C'est chez elle que je les ai empruntées.

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26 avril 2021

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2021-27 DU 20 AVRIL 2021 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Gilbert Garcin et Raymond Queneau

 

Nous travaillons ce jour à partir des photographies de Gilbert Garcin.

Elles sont ici, enregistrables avec un clic droit de votre souris. Je vous propose d’en choisir trois parmi celles de la «découverte rapide» :

Gilbert Garcin : découverte rapide

Je ne vous interdis pas cependant de piocher dans la «visite détaillée» :

Gilbert Garcin : visite détaillée  

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Pour chacune de vos trois photos vous allez écrire un poème dont la structure, souvent anaphorique, donc reposant sur la répétition d'une même formule, est empruntée à Raymond Queneau (L’Instant fatal) :

1 A d’autres (cliquez pour l'écouter)

Structure de chaque quatrain :
Le 1er vers commence par « Puisque »
Le 2e vers est libre
Le 3e vers est libre mais rime avec le premier
Le 4e vers commence par Puisque

Le poème comprend sept quatrains et se termine par trois vers libres commençant par puisque

2 Tant de sueur humaine

Le poème comprend trente neuf vers qui commencent tous par « Tant de » et dont les rimes sont en é (ets, ées ou és) et en aine (aine ou eine uniquement).

C’est une énumération donc pas de verbes ni de pronoms relatifs.

3 L’Echelle des mois

Le poème comprend vingt huit vers et une seule phrase
Les vers impairs commencent par quand et riment avec « age »
Les vers pairs sont libres.
Les deux derniers vers sont libres

 ***

Si cela vous semble trop compliqué, écrivez un poème comme vous l’entendez à partir de chaque image choisie.

Un dictionnaire de rimes est à votre disposition ici.

26 avril 2021

A LA FIN DE l'ENVOL QUI TOUCHE LE PACTOLE ?

Quand les poules auront des dents
Je cesserai d’avoir l’air de regarder le monde comme un couteau trouvé

Quand passeront les cigognes
J’arrêterai de penser à la matriochka qui porte dans son ventre son bébé tout pareil

Quand nous chanterons le temps des cerises
Je me souviendrai de la Commune de Paris plutôt que de Napoléon

Quand refleuriront les lilas blancs
J’irai admirer les glycines mauves ici et là dans Rennes

Quand tous les soldats reviendront de guerre
Je n’en reviendrai pas si ça arrive un jour

Quand ils seront morts les poètes
Leurs chansons  continueront de courir les rues

Quand s’en reviendra l’homme qu’attendait Barbara
Je n’en saurai pas plus sur son compte si ce n’est qu’il arrivera trop tard

Quand on n’aura plus que l’amour
Quand les hommes vivront d’amour
Quand la musique sera bonne
Quand on arrivera en ville
La Madelon viendra pour nous servir à boire

Quand trois poules iront aux champs
Qu’elles se méfient du renard :
Lui ne vit d’amour que de la bonne chère

Quand on se promènera au bord de l’eau
Quel renouveau ! Tout sera beau !

Quand la mer montera
Pas question d’avoir honte de penser à Fernande

Quand les andouilles voleront
Je chausserai mes espadrilles
Et j’attendrai tranquille sur le plancher des vaches
Le coup de cloche et la chute de midi Icare

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Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du mardi 20 avril 2021

d'après la consigne ci-dessous

26 avril 2021

PUISQU' A DAME NATURE A MANQUÉ DE RESPECT TOUTE L'HUMANITÉ...

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Puisque Adam et puisque Eve
Ont été chassés du jardin d’Eden
Puisque nous saccageons les forêts et les rêves
D’y retourner jamais nous sommes bien punis.

Puisqu’avion et puisque voiture
Usines au bout du monde import-export trafic
Puisque désordre et aventure
Nous vivons des vies de fourmis

Puisque 5G ou lampe à huile
Aucun Napoléon ne trouve la marche arrière
Puisqu’on élit le plus débile
Nous avons un monde en folie

Puisque réchauffement de planète
Effet de serre plafond de verre et tout en vert
Puisqu’on est plus de cinq à Sète
Nous sommes une bandes de cons

Puisque chauve-souris pangolin
Nuit de Chine virus à couronne
Puisque c’est l’automne à Pékin
Nous voici confinés

Puisque, perspective d’Afrique,
Nous ne la verrons plus, la neige,
Cela me rend mélancolique
Nous randonnons périphériques

Puisqu’on ne dame pas le pion et même en vérité
Que nos pions n’iront pas à dame
Puisque Sisyphe et Prométhée
Nous sommes bel et bien condamnés

Puisque quelque chose a mal tourné
Puisque monde au bout du rouleau
Puisque système sur le sable 


Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du mardi 20 avril 2021

d'après la consigne ci-dessous

28 mars 2021

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2021-23 DU 23 MARS 2021 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Inventaire oulipien

 

agent - amour - amourette - ange - autocars - bal - bars - bizarre - bois - bruyère - buffet - buildings - canards - chagrin - chanson - chouette - cité - clients - coeur - commerce - couchette - derrière - distinction - douceur - émotion - fille - flirt - gazon - grain - grenouilles - gruyère - hasard - hommes - imagination - jardin - jour - lieu - lune - luth - maire - manières - monsieur - morceaux - nuit - oiseaux - pain - passage - poète - primevères - promenade - samedi - sous-préfet - statues - touriste - valse - verdure - ville - yeux -

Ceci est la liste alphabétique des 58 substantifs utilisés dans un texte assez court et assez célèbre.
Il vous est demandé de réécrire l’histoire ou plutôt une histoire en insérant 15 de ces mots ou plus dans votre texte. A vous de réinventer, avec verbes, adverbes et adjectifs, une syntaxe pour aller autour !

Le même exercice vous est proposé à partir d’une autre liste de 52 substantifs, issus d’un autre texte du même auteur, pour le cas où la première liste ne vous inspirerait pas.

abordages - accent - allure - amiral - animal - ans - aventures - bateau - bavardage - boîte - bottes - bruit - cargos - carreaux - cheval - chose - corsaire - dame - faim - grand-mère - grand-père - gueule - homme - jockey - litière - loup - mal - mégot - mer - nuit - pain - pelouse - petits-enfants - phrase - potage - pré - prix - pur-sang - reflet - reflets - sombrero - sourire - table - tableau - tempêtes - terre - ticket - timbre - veste - vestiaire - voix - yeux –

Merci de ne surtout pas mélanger les mots des deux listes.

P.S. Si cela peut vous aider, vous pouvez trouver votre inspiration dans un tableau du douanier Rousseau ou inspiré par lui. Si vous faites ainsi, merci de le joindre à votre envoi.

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28 mars 2021

TOUCHANT TABLEAU

1

Derrière ses lunettes à gros carreaux
Avec son allure d’intello
Grand père était un sacré rigolo

Il nous racontait ses aventures
Du temps où il avait vingt ans :
« Corsaire sur la Côte d’Azur »
« Tempêtes en mer » avé l’accent !

Qu’ils étaient beau ses abordages
Et ses attaques de cargos !
Comme il avait avec courage
Conquis les îles Galapagos !

Quel prix pour nous ses pt’its enfants
Pouvaient avoir ces bavardages !
Les yeux grand ouverts, tout tremblants
Nous l’exhortions au grand courage :

- Grand père ! Grand père !
Tu t’es trompé dans ton vestiaire
Les pirates n’ont pas comme chapeau
Cette espèce de sombrero !

Grand-père ! Grand-père !
Tu vas t’’casser la gueule par terre :
Tu n’es pas monté sur un ch’val
Mais sur un tigre du Bengale !

Douanier rousseau 1Si tu pars chasser
Les gros zanimals
Ou le loup de Sibérie

Fais gaffe ! Ton fusil
N’pourra pas tirer :
C’est rien qu’un ukulélé !

Grand-père Grand père
Un vieux mégot a mis le feu
Aux mèches de ton imaginaire
Tes phrases ont des bottes de sept lieues !


2

La chose est connue des poètes
L’avenir de l’homme c’est la dame
Elle assure le gîte et la litière

Grand-mère préparait le potage
Pour que l’amiral de bateau-lavoir
Pût toujours à son avantage
A grand’ voix tenir le crachoir

Elle achetait le pain pour la faim
Tenaît la boîte sans faire grand bruit
Raccommodait les trous des vestes
Et veillait aussi sur nos nuits

Tandis qu’il combattait sur le pré
Gardes du cardinal et sbires
Elle astiquait son huit-reflets
Et toujours gardait le sourire

Grand-père, grand mère
Le jockey tombe sur la pelouse
Parfois on gagne parfois on perd
Et votre absence nous désespère

Grand-père, grand-mère
Lorsque le pur-sang a trop mal
C’est un tableau par trop amer
Il faut abattre l’animal 

AEV 2021-23 JK - Boules de neige

Ainsi va la vie
Ainsi va la mort
Un ticket tour de manège

Collection de timbres
Souvenirs d’enfance
De batailles de boules de neige

Grand-père grand-mère
Vos photos posées sur la table
Reflet d’un bonheur éphémère
Reflets de vos vies respectables.

 

Ce poème peut être chanté - si on y parvient - sur l'air de la chanson "Vous oubliez votre cheval" de Charles Trénet d'où les mots de la consigne d'écriture sont d'ailleurs extraits.

 

 

Pondu pour l'Atelier de Villejean du mardi 23 mars 2021

d'après la consigne n° 2021-23 ci-dessous

23 mars 2021

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2021-22 DU 16 MARS 2021 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Edmund Dulac et Charles Trénet

 

Ces deux créateurs n’ont pas grand-chose en commun. On vous demande pourtant de vous inspirer d’une ou deux images du premier et d’écrire un texte dans lequel figureront cinq titres de chansons du second. 

 N.B. Si les titres sélectionnés ne vous conviennent pas, vous pouvez  aller en chercher d’autres ici : http://www.charles-trenet.net/chansons/index1.html -

 Vous pouvez cliquer sur chaque image pour l'agrandir

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A ciel ouvert - Adieu mes beaux rivages-  A la brocante - Ame des poètes (l') - A mi-chemin - Ami des lendemains (l') - Amis comme avant - Anges sont partis (les) - Au bal de la nuit - Au clair de la lune - Au fil du temps perdu - Autour du monde - Avec toi on vivrait - Barcelone - Bateau d'amour - Blottis dans un coin  - Blues du corsaire (le) - Bonheur ne passe qu'une fois (le) - Bonne planète (la) - Bouquet de joie - Bout du monde (le) - Cauchemar (le) - C'est le Rhône qui ronronne - Ce soir je viens chez toi - Chacun son rêve - Chante le vent - Chantez mon coeur - Chemins oubliés (les) - Chinois (le) -Cinq ans de marine - Coeur absent - Coeur de Paris (le) - Coin de rue - Colin-Maillard - Conte à rebours - De la fenêtre d'en haut - Demain c'est la fin du monde - Dernier troubadour (le) -Des mots démodés - Deux mots à l'oreille - Devant la mer - Diable au village (le) - Dimanche prochain - Dîner avec un ami.

8 mars 2021

L'ECHELLE DE JACOB. 4, Ce qui ne manque pas de sel

- La mer

- Revoir la mer

- Photographier les rochers roses de l’île Renote où l’on est revenu pour au moins moi la centième fois.

- Voire Isaure Chassériau au réveil, casaque rose, toque de lumière, peinte par Bonnard et trouver ça bonnard !

- Réentendre une cassette de de groupe disparu, « Les Araignées malades ».

- Se souvenir que la musique de « Bonne nuit les petits » a pour titre « Que je ne suis-je la fougère ? ».


- Ce chat indifférent qui nous snobe chez notre hôtesse, se pourrait-il que dieu s’y loge ? Cela expliquerait, car dieu est mélophobe, que le bestiau n’aime pas trop entendre mon harmonica !

- Se demander, puisque Nicolas S. qui n’a pas encore 75 ans vient de se faire vacciner contre le Coronavirus, si sa sœur Pimprenelle a obtenu elle aussi une dérogation et comment.

Le Chat dans la vitrine (réduit)

- La pâte de curry et le lait de coco qui assaisonnent les crevettes aux tomates cerises qu’on accompagne de nouilles chinoises.

- Jouer, au jeu d’échecs, la défense hollandaise sans penser un instant aux tulipes, aux moulins ou à Vermeer de Delft ; juste à poster un cavalier indélogeable sur E4.

- Recevoir l’image d’une échelle plantée verticalement au milieu du désert et la visualiser comme s’il s’agissait d’un tableau de René Magritte ou de Giorgio de Chirico.

- Revoir cette vitrine où sont rangés les verres et se rappeler qu’on l’a autrefois dessinée.

- Hériter d’une mission bibliophilique qui consiste à chercher pour les offrir à son gendre des livres de Brian Jacques.

- Echanger par mail avec un libraire parisien très aimable à propos d’une commande non livrée. Apprendre qu’il a déplacé la pochette contenant ce périodique ancien dans un endroit où son collègue ne risquait pas de le trouver.

 

22 février 2021

HUIT TANKAS CIRCONFLEXES

L’accent circonflexe
On l’appelait « un chapeau »
Jadis à l’école

Quand Poésie, ma maîtresse,
Y avait droit de cité 

(ou 
Y avait droit de réciter)

 AEV 2021-19 JK chapeau 

AEV 2021-19 JK -Pascal



A Clermont-Ferrand
Département Puy-de-Dôme
Blais’ Pascal est né

Il inventa la brouette
Et le divertissement






- Sous vos tifs châtain
Avez-vous l’âme câline
Belle châtelaine ?

- Si cela est, ce n’est pas
Pour ta pomme, vieux bellâtre !

AEV 2021-19 JK châtelaine 

 AEV 2021-19 JK théâtre



Sonnez les mâtines
Et les cloches à Roselyne !
Frère Jack roupille !

Suis-je seul à protester
Pour qu’on rouvre les théâtres ?




Ah ! La Trâviâtâ !
Et les vêpres siciliennes !
Qu’est-ce que ça requinque ! 

Quelques airs de Giuseppe
Et mon âme reverdit !

AEV 2021-19 JK Verdi_by_Giovanni_Boldini 

 AEV 2021-19 JK Everest


J’ai pris sur le faîte
- Flagrant délit d’adultère ! –
Du mont Everest

Le soleil et la nuée
Copulant allègrement !



Elle vous bichonne
La thalassothérapie
Comme un coq en pâte

Chez le kiné, sous son knout
On finit pâté en croûte !

AEV 2021-19 JK la-thalassotherapie 

AEV 2021-19 JK Ubu 



Ubu, roi des cons
A jamais indétrônable
Est bien né à Rennes !

 Et pourtant notre slogan
C’est « Vivre en Intelligence » !


Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du 16 février 2021

d'après la consigne 2021-19 ci-dessous

28 janvier 2021

OIN-OIN SOLDAT

les soeurs mata-hari

Mataharivonne et Mataharithé, comme on les avait surnommés, c’étaient vraiment, quand ils faisaient leur numéro, les frangines en folie ! Qu’est-ce qu’on a pu se marrer, de leur temps, dans notre régiment ! Elles avaient dû l’avoir au sentiment, le sergent-major recruteur, parce qu’en général, dans la marine suisse, on n’accepte pas les travelos.

Quand elles quittaient l’uniforme pour mettre du beau linge, qu’elles rembourraient leur soutif pour faire croire qu’il y avait du beau monde au balcon, on avait beau savoir qu’il faut se méfier des contrefaçons, eh bien on y croyait. On n’avait jamais vu un jeu de folles pareil. Comment elles te dansaient le tango des oubliettes en lançant : « As-tu vu ma croupe, Suzette ? » ! Impayables !

Mataharivonne, la blonde éruptive, c’était l’effeuilleur le plus subtil qu’on ait jamais contemplé. De la prestidigitation, ses polissonneries !

Mataharithé, diaphane en diable, taille de croupière et bas résilles hyper-tendus pour encaisser des dollars à vau-l’eau, avait le valseur énigmatique et la chevelure rousse. Elle faisait plus encore sorcière que sa sister mais c’était une môme en or massif.

Après leur numéro d’à saute-jarretelles, ça partait sur les chapeaux de roues à l’auberge de Zelda la Douce. Faut dire qu’on avait une belle descente de cave, que la sienne était bien garnie et que l’Härdöpfeler local titrait bonbon. Après la tournée des cocottes, la tournée du patron, on n’y allait pas de main morte avec la voleuse de santé ! Envoyez la soudure, hissez le pavillon, descendez les litrons !

***

Sauf qu’après leur départ soudain, aux sœurs Mata-Hari, on s’est pris tout sur le paletot ! Un brin d’apocalypse et un discours fumace du lieutenant Droz nous sont tombés dessus. Le vieux pétait du feu par les naseaux.

Ces deux salops, enfin, ces salopes, avaient embarqué d’après lui les plans du sous-marin nucléaire !

Hou les vilaines ! Qu’elles se soient envolées avec les diams de la couronne, passe encore c’était de bonne guerre. Mais nos deux travestis, nous en sommes restés de tous nos sens interdits, c’étaient vraiment deux femmes !

- Bande de niais qui n’avez rien vu ! nous a balancé le lieutenant. Vous auriez dû vous douter, quand même ! Mataharivonne ça rime avec ?

- Espionne !

- Et Mataharithé ?

- Avec féminité !

- Voilà ! Vous auriez pu faire le lien avant ! Ca sert à quoi qu’on vous donne des cours de rap à röstis, hein ? Allez, enfourchez vos balais, vous êtes de corvée de chiottes ad vitam eternam !

Quelle connerie, la guerre !


Pondu pour l'Atelier d'écriture de Villejean du mardi 26 janvier 2021

d'après la consigne 2021-16 ci-dessous.

20 janvier 2021

YOLANDE G.

Marie G

Ma cousine Yoyo !

Son papa était coco !

Dansait-elle le french cancan ? Aimait-elle Kiki Caron ? Coco Chanel ? Mimi Mathy ? Zaza Fournier ? Zizi Jeanmaire ? Ou les trouvait-elle cuculs ? Pas futes-futes voire nunuches ?

Quel était son dada ? Portait-elle des bibis ? Dansait-elle en tutu d’insolents entrechats au son des cha cha chas du vieux bal à papa ? Connaissait-elle par cœur tout Nana Mouskouri ? Est-ce qu’elle aimait Gérard Philipe dans le rôle de Fanfan la Tulipe ? Qui est-ce qu’elle préférait ? Anquetil ou Poupou ? A-t-elle vu Jerry Lewis dans « Le Zinzin d’Hollywood » et « Trois bébés sur les bras » ? Rêvait-elle d’être Sissi ?

A-t-elle eu du chagrin quand Lady Di se vianda ou était-ce elle qui conduisait la Fiat Uno dans ce foutu tunnel du pont de l’Alma ?

Est-elle jamais allée au lac Titicaca, au Popocatepetl, a-t-elle ramené de Poméranie un loulou très concon qu’elle a appelé Chouchou ?

Appelait-elle Fifi le petit canari de son mari Roro ? Le rendait-elle gaga la nuit dans leur dodo ? (Ca c’est le pompon, affreux jojo de Joe ! Ca ne se fait pas vraiment de poser des questions sur le zizi-panpan ! Même si c’est très tentant !). Qui des deux « ronron ronron » ron-ronflait le plus fort ?

Est-ce que leur fils Thierry qu’on surnommait Titi a eu beaucoup de bébés qui promenaient leur doudou et f’saient pipi partout, qu’on couvrait de joujoux et à qui on offrait des albums de Tintin, de Bibi Fricotin et Razibus Zouzou, le journal de Mickey avec Geo Trouvetou et les Castors juniors, Riri, Fifi, Loulou, qui trouvait grand plaisir à dire « caca-boudin » à l’époque de Mimi Cracra ?

Ils tenaient un bistrot quelque part dans le Gard. Est-ce qu’on y dévalait du whisky à gogo ? Du jaja de là-bas ? Tonton René, Tata Lulu y chantaient-ils «Nini peau d’chien» quand ils y allaient ou «Lily» de Pierre Perret ? Est-ce que Pépé chantait «Le chapeau de Zozo» ou «Frou-Frou» lorsqu'on passait les voir, leur faire un petit coucou ?

Ca fait bien trente-six ans que je ne l’ai pas revue ! Je ne devrais pas avouer ça, je vais passer dare-dare pour l’espèce de sauvage que j’ai toujours été !

Est-elle devenue une grosse dondon ? Se gave-t-elle de babas, de bonbons ? Porte-t-elle quelquefois un boubou africain ? Aime-t-elle Lady Gaga, le steak tartare, l’agar-agar, la tortore de barbare ou la popote pépère ? Son médecin lui donne-t-il pour soigner ses bobos de la poudre de Perlimpimpin ?

Comment c’est désormais, son train-train quotidien ?

Dans mon souvenir à moi c’était une chouette nana, ma cousine Yoyo, et je l’aimais beaucoup cette famille de Guesnain, une petite ville du Nord où tout le monde sait par cœur les paroles du «Petit Quinquin» !
 



Ceci n'est pas ma contribution au Défi du samedi n° 647 sur le thème : yoyo !

Les explications arriveront demain !

7 janvier 2021

DEUX CARTES ET UNE LETTRE DE 1965

Donald Duck à Sablé (Marie-Annick 1965)

Chère Grand-mère

Je t’envoie une carte de notre pélerinage à Sablé-sur-Sarthe où tu étais réfugiée pendant la guerre. Aujourd’hui on y est avec Papa, Maman, ma petite sœur Dominique, Tata Roberte et la Deux chevaux Citroên. On n’a pas pu visiter le château parce que c’est une usine de chicorée mais Tata Roberte a acheté une boîte de biscuit en métal chez Drans. Elle a dit qu’elle me la donnerait quand elle serait vide. Papa a fait une réflexion et ils se sont encore chicorée ensemble. « C’est pas du gâteau de voyager avec vous deux ! » a dit Maman. Moi je suis resté baba devant des tas de choses ici. Déjà ils connaissent aussi Donald dans la Sarthe ! Il me faudrait au moins mille feuilles pour te raconter cette journée. Du coup je t’écrirai une lettre quand nous serons rentrés à Redon.

Je t’embrasse bien fort.

Annie.

P.S.

On a monté sur un cheval ! Tata Roberte a pris des photos !

***

Le cheval mal cadré 3Chère Grand-mère 

Les photos que Tata Roberte a prises de nous sur le cheval des Guilmo à Auvers-le-Hamon sont un peu ratées comme tu peux le voir. J’aurais bien voulu garder celle où je tiens le cheval par sa ficelle et où Dominique est dans la chaise de bébé en bois mais Maman a dit qu’elle te plairait alors j’obéis et je te la donne de bon cœur.

En voyant les photos aux têtes coupées, Papa a dit, pas très diplomate :

- Quand elle guillotine, celle-là, ce n’est pas du flan !

Et Maman et lui se sont encore chicorée parce que Tata Roberte est quand même la sœur de Maman et la belle-sœur de Papa. Papa s’est tu. Ca lui a claqué le beignet, comme on dit.

C’était quand même une belle journée que ce pélerinage à Sablé. Le matin on est passés embarquer Tata Roberte qu’on a mise à l’arrière de la 2CV avec nous et on a traversé de la campagne et de jolis villages : Saint-Nicolas-de-Redon, Chateaubriant, Pouancé, Renazé, Craon, Château-Gontier…

Le cheval mal cadré 1A Sablé on a retrouvé Colette, la grande copine de Maman. Elle habite en plein centre, sur la place Raphaël Elizé. Ce monsieur, le premier maire noir de France, a été déporté par les Allemands parce qu’il avait une tête de nègre. Ils sont pas gentils, les Allemands. Ils pouvaient pas rester dans leur Forêt Noire pendant la guerre de 14-45 ? Mais bon, c’est compliqué, les histoires de grands. Parce que les bombardements de Nantes c’étaient les Anglais et les Américains ! C’est gentil de balancer des bombes sur nos framboisiers ? Pas très chou, je trouve !

Donc en octobre 1943, vous êtes venues, toi, maman et Tata Roberte vous réfugier à Auvers-le-Hamon dans la ferme de M. et Mme Guilmo. Leur fille Colette est devenue la grande amie de maman et puis maintenant la marraine de Dominique. Elles allaient ensemble au collège à Sablé.

Pendant le repas de midi les trois copines ont parlé de ce temps-là et pendant leur conversation Papa a eu l’air de bien s’ennuyer. Du coup il a repris deux fois des rillettes de l’entrée et aussi une deuxième part de Pithiviers au dessert.

Le cheval mal cadré 4 (détail)L’après-midi on nous a emmenés voir l’abbaye de Solesmes, un grand bâtiment dressé au bord de l’eau dans lequel on enferme des religieuses, des jésuites ou des sacristains, j’ai oublié et puis on est allés voir Monsieur Guilmo, le père, dans sa ferme à Auvers. C’est celui qui fume avec son panier sur la photo.

C’est là qu’on a monté sur le cheval. Maman a chicorée encore Papa parce qu’il avait oublié d’emmené son Kodak à soufflet mais Tata Roberte avait le sien.

- A tous les coups, elles vont être ratées, qu’il a dit entre ses dents Papa en nous maintenant sur le bidet pour pas qu’on en tombe.

C’est vrai. On ne voit que ses jambes à lui et pas nos têtes à nous. Mais Tata Roberte est myope comme une taupe modèle. Ca explique.

Le cheval mal cadré 2Du coup, après la bataille, il a repris un autre coup de la « gnôle » du père Guilmo.

- Raymond, n’oublie pas que tu conduis ! a grondé Maman.

- Heulà ! C’est pas bien grave, a dit le père Guilmo. Les gendarmes d’ici n’ont inventé ni le fil à couper le beurre ni l’alcootest. Et puis, ce n’est que de l’eau ferrugineuse !

Tout le monde a ri mais je n’ai pas compris pourquoi. Et puis Monsieur Guilmo a repris de façon assez croquignole :

- De toute façon on ne peut pas doubler sur nos petites routes à cause des gros culs, alors autant ne pas rester sur une jambe ici !

Après on est reviendus à Sablé. On a fait un tour dans la rue de l’Île où il y a une place Dom Dérangé avec un bac à sable pour les enfants et des bancs pour s’asseoir discuter. Puis on est passés chez Drans, sur le quai, pour acheter des biscuits spéciaux de Sablé qu’on appelle des sablés de Sablé. Tata Roberte a acheté une grande boîte métallique. Maman en a acheté aussi mais moins et dans une boîte en carton.

Bonne année 1978 (Sophie Gallais)Avant qu’on reparte, j’ai bien regardé le château en face. Je me suis dit que plus tard je reviendrai peut-être vivre ici. Ce serait merveilleux si j’épousais le fils des chicorées Willot qui le possède ! Il doit avoir de la galette, non ? On verra bien !

Quel dommage que tu n’as pas pu venir avec nous ! Ca t’aurait rappelé le bon vieux temps !

J’espère que tu vas bien, je t’embrasse très fort et je te souhaite une bonne et heureuse année 1966 !

Annie

P.S. Fais des bises de ma part au cousin Jacquot et à son tonton Hulot quand il passera te voir !




Pondu  pour l'Atelier d'écriture de Villejean du mardi 5 avril 2021

d'après
la consigne 2021-13 ci-dessous.

AEV 2021-13 - jean-paul - boîte de sablés

 

 

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