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Mots et images de Joe Krapov
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24 mars 2014

Les magnolias de Beaulieu à Rennes le 20 mars 2014 (3)

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Ce blog-ci, bien trop souvent, ressemble à un catalogue de pépiniériste ! Et en parlant de pépiniériste, je ne passerai pas sous silence le plaisir que nous avons éprouvé à visionner le dévédé de ce spectacle de la Comédie française, "Un chapeau de paille d'Italie" de Labiche, dans une version très rock'n'roll et très dynamique. "Tout est rompu mon gendre !", déclare à tout bout de champ le pépiniériste qui a bien du mal à marier sa fille ! 

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20 novembre 2016

PAON-CARTES REVENDIC-HÂTIVES

Non seulement ce n’était pas ma semaine, cette semaine, mais en plus les écoliers français font de plus en plus de fautes d'orthographe !
Qu’ils se rassurent ! Tout le monde s’en fout et surtout personne n’est parfait !
La preuve avec ces paon-cartes revendic’hâtives pour lesquelles j’ai décidé de lâcher prise moi aussi.

RAT LE BOL !

DDS 429 Coccinelle de Gotlib avec pancarte

ÂNON, ALORS !
CA SUFFAT COMME CI !

CESSONS DE RENARD-CLÉ !

RAT LE BOL DU BOLÉRO DE RAVÊLE !
ON NE PEUT PLUS LE BLAIREAU !

CASSE TORT, PAUV’CON !

IS’N’T IT A WAPITI ?

ARRETEZ VOS COCCYX-GRUES !

A BAS ANNE D’AUTRUCHE !

UN AILÉ FAON,
ÇA TRUMPE ENORMEMENT !

QUAND C’EST FLOU
C’EST QU’IL N’Y A PAS AFF LE LOUP !

ON VOUS SCOLOPENDRA TOUS !

ET C’EST TAPIR POUR VOUS !

C’EST KOALA, CES CAPRICES ?

J’ÉCRIRAI « GIRAFFE »
COMME QUE ÇA ME PLAIT !

CAPRICES, C’EST PAS FINI !

FAISEZ LA MOUCHE PAS LA GUÊPE ! (Sttellla)


LE TIERS-COCHON DE PAYANT,

POUR L’OTO RHINO, C’EST ROSSE !

IL FAUT RECHIMPANZÉ LE MONDE !

HIPPO, DÉCAMPE !

NOUS SOMMES
LES NOUVEAUX THANK-HULOTTE !

HALTE A LA CHIEN-LIT !

REVOLUTION SANGLIER GARE !

PHOQUE THE PELISSE !

BERNIQUE LA BERNACHE !


HALTE A L’ANIMAUX ROSITÉ !


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SOURIS, HÉ ! VOUS ETES VIVANTS !

C’EST FOURMIDABLE !

VIVE L’ALMANACH PIVERT-MOT ! 

sempe-ty

 Merci à Sempé et Gotlib pour leurs images !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 429 d'après cette consigne

15 avril 2017

UN CADEAU INATTENDU

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On avait déjà Momo le morbaque. Il nous chantait « Get back » des Beatles en playback quand il ne nous massacrait pas « Paperback writer », des mêmes, de vive voix.

On avait déjà François Reichenbach qui, dans ses films documentaires, usait plus ou moins du flashback.

On avait aussi toute la famille Bach : Johann Sebastian, au clavecin bien tempéré mais au tempérament bien clivé, qui n’arrêtait pas de faire des enfants à son Anna Magdalena, une nana bien toccata elle aussi, Wilhelm Friedemann, Carl Philipp Emanuel, Johann Christoph Friedrich et Johann Christian. Ils ont tous fait des tas de fugues, certains même jusqu’à Forbach (Moselle). Aucun d’eux n’eut jamais son bac.

On connaissait déjà le renard et le corbac.

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Mais franchement, dites-moi… Que va-t-on faire d’un quarterback ?

Où va-t-on le loger ?

Que va-t-on lui donner à manger ?


Vu comme il est bâti, ça va coûter bonbon en Bourbon et barbaque !


A quoi va-t-il servir ?


Est-ce qu’on pourra ranger dans cette armoire à glace le linge de Mémé ?

Est-ce qu’on ne ferait pas mieux de l’prendre par le colback, d’lui faire tourner casaque et de l’envoyer rentrer chez lui ?

Qui se dévoue pour le remettre dans le paquet et renvoyer à l’oncle belge son cadeau à côté de la plaque ?

Sûr, il n’aimera pas trop, le gars, qu’on le cornaque. On risque de passer un sale quarter… un sale quart d’heure. Mais si on s’y met à tous, on numérote ses abatis avec l’abaque, on l’assomme avec une matraque ou bien on le passe à toubac

On descend quand même bien des Cosaques, non ?

Après tout, on n’a rien de moins que les Américains !
On aurait plutôt plus en comptant qu’on est moins ! 


P.S.
On n’a rien de moins que les Américains ?
Ben si : nous, on n’a pas Joye !

Et devant ce fait indéniable
Et notre Iowaqueen,
C’est vrai, il faut que l’on s’incline !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 450 à partir de cette consigne : "Quarterback"

4 octobre 2015

A TES SOUHAITS (2)

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- Hatsue ! cria le garçon.
- Saute par-dessus le feu ! Si tu sautes par-dessus… » dit la fille d’une voix claire et forte.

Le garçon n’hésita pas. Le corps nu que la flamme illuminait, il prit son élan sur la pointe des pieds et bondit au travers du feu. En un clin d’œil il se trouva face à la fille. Sa poitrine toucha légèrement les seins de Hatsue…

4 octobre 2015

A TES SOUHAITS (3)

Et elle disparut
En un éternuement
Dans les nuées célestes.

Comme une étoile au nid
Pour l’oiseau ferrailleur
On ramène chez soi

Une âme désunie,
Une pointe à frayeur
Une échelle de soie.

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 On l’accroche au nuage,
On franchit un barreau,
On s’agrippe aux montants.

A quoi bon s’évertuer ?
Les glaces prostituées
Fondent sur le printemps

Car le nuage est l’ange,
La flamme est le fouet
Et la souillure est vaine.

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Ils sont loin désormais
Tous ces jeux de folie.
La nuit les cicatrise

Les anciennes brûlures,
Les émois de jadis
Le temps les électrise.

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Sur la chaise, au jardin,
Sous les grands pruniers roses
Un vieillard se souvient

Et la lampe, inondée
Des jeunes papillons
Naufragés de minuit,

S’éteint avec le feu
Qui brûlait sous ses pieds
Et sous son torse nu.

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Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 29 septembre 2015 d'après cette consigne :

Vous écrivez un texte. Vous insérez au milieu de votre texte ce fragment de roman de Yukio Mishima :

- Hatsue ! cria le garçon.
- Saute par-dessus le feu ! Si tu sautes par-dessus… » dit la fille d’une voix claire et forte.

Le garçon n’hésita pas. Le corps nu que la flamme illuminait, il prit son élan sur la pointe des pieds et bondit au travers du feu. En un clin d’œil il se trouva face à la fille. Sa poitrine toucha légèrement les seins de Hatsue…

Vous pouvez en plus utiliser des images de la poésie suivante :

A la flamme des fouets (Paul Eluard)

Métal qui nuit, métal de jour, étoile au nid,
Pointe à frayeur, fruit en guenilles, amour rapace,
Porte couteau, souillure vaine, lampe inondée,
Souhait d’amour, fruit de dégoût, glaces prostituées…

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2 septembre 2015

Les Grandes bouches par la Cie les Egarnements au festival des Affranchis à La Flèche le 12 juillet 2015 (3)

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J'ai noté aussi les paroles d'une chanson qui s'intitule peut-être "La java du pas pareil" dans laquelle on dit "ça sent la fleur de piquette" et "pour faire la nique au coeur des hommes". Introuvable chez M. Google. Y a-t-il un ou un(e) spécialiste dans la salle ? Ca me fait penser au bouquin d'Albert Marcoeur avec Plonk et Replonk. Ca s'appelle "Mais Monsieur Marcoeur, comment se fait-il que vous ne soyez pas venu nous voir plus tôt ?", ça raconte ses démêlés avec la SACEM et c'est hilarant. Du coup j'ai découvert ceci hier qui l'est aussi : 

12 août 2015

Le Défi 41 à Vendôme (Loir-et-Cher) le 5 juillet 2015 (1)

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Du coup j’ai l’air bien ridicule avec mes petits joggings de bureaucrate stressé, mes marches d’une dizaine de kilomètres, mes tours d’étang d’Apigné à vélo ! Mais c’est pô grave : l’essentiel est de sentir qu’on a une mens sana dans un corpore sano !

Et bon, si on en juge d'après les manifestations publicitaires et populaires qui entouraient l'exploit, le ridicule ne tue plus guère ! 

16 juin 2015

La Périchole en déambulatoire à Rennes Cleunay le 13 juin 2015 (12)

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Même les photos ratées ont du cachet, je trouve, dans ce spectacle !
Et c'est incroyable comme les airs d'Offenbach vous entrent dans la tête : au bout de trois écoutes on a l'impression de les avoir entendus et connus pendant toute sa vie !

 

Toutes les photos que j'ai prises pendant ce spectacle sont récupérables ici.

2 avril 2015

"Un fil à la patte" par Muses and C°à l'ADEC le 3 mars 2015 (2)

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Muses and Co, c'est la troupe des étudiants de l'Ecole Normale Supérieure de Rennes. Ces jeunes gens ont livré une version du "Fil à la patte" dans laquelle on chante, on danse, on se costume (on est aussi à deux doigts de se déshabiller façon Juliette Gréco !) et on enchante le spectateur à qui on a permis de prendre des photos sans flash (je ne me suis pas mori-gêné !).

28 septembre 2014

Tatouages fessiers à Rennes Beaulieu le 25 septembre 2014 (2)

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Nos contemporains sont de plus en plus nombreux à se faire percer et tatouer de partout ! Libre à eux ! Non contents de cela, ils font tatouer le derrière de leur véhicule (le cul de leur bagnole ?) ou plutôt y inscrivent, sous forme d'autocollants apposés, des signes d'appartenance dont Brassens dit, à peu de choses près, qu'ils "vous font voir du pays natal jusqu'à loucher". Moi ça ne me déplaît pas ! Mais je reviendrai un de ces quatre sur le saint-drome A l'aise Breizh ! 

28 septembre 2014

Le vélo d'Isaure Chassériau à Rennes Beaulieu le 25 septembre 2014

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Il y a plus agréable encore que d'entendre parler Dieu ou de lire Atala de François-René de Châteaubriand !
Deux fois par semaine, le midi, je vais faire une petite marche d'une vingtaine de minutes sur le campus universitaire de Beaulieu.
La semaine dernière, le croirez-vous, j'y ai rencontré Isaure Chassériau !
Je m'étais arrêté pour photographier son vélo rose et même accroupi pour immortaliser les élastique multicolores dont je me demande encore aujourd'hui à quoi ils servent sinon à m'aguicher l'oeil.
Quand je me suis relevé, Isaure était là, la clé de son antivol à la main !
Que croyez-vous qu'on se soit dit ?

Rien ! On s'est souri, l'étudiante a enfourché son vélo et je suis retourné bosser !

Et aujourd'hui je ris encore de découvrir le sous-titre d'Atala : Atala, ou Les Amours de deux sauvages dans le désert !

5 décembre 2016

N'OUBLIEZ PAS D'ETEINDRE VOS PORTABLES !

N’oubliez pas d’éteindre votre portable… et votre radio ! Depuis dimanche soir le monde s’est arrêté sur le score quasi soviétique obtenu par le camarade François Fillon à la primaire de la droite.

On n’avance plus. On recule, même. On se trouve rejeté vingt ans en arrière, dans une France que ses concurrents et adversaires, très sympathiques, ont qualifiée de « moisie ».

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Ils n’ont peut-être pas tort. C’est qu’on le connait bien, ce coin du Sud de la Sarthe où il a entamé sa carrière politique. On revoit encore avec la même sérénité qu’alors cette abbaye de Solesmes, austère et fière et bien dressée. On a trace, dans son grenier, des douze années passées ici, sous forme de centaines de photographies colorées ou en noir et blanc de l’endroit, prises depuis la petite place de l’autre côté de la rivière. Des barques, des pénichettes y sont amarrées. On en a même fait des aquarelles.

La Sarthe ! C’est un pays de soutanes surannées, de résignations paysannes, de respect ancestral de l’autorité, des nobliaux puis des institutions. Quelle fierté, évidemment très brassensienne, liée à la Ballade des gens qui sont nés quelque part, quand un enfant du pays atteint les sommets de la réussite à laquelle nul ici n’a jamais rêvé ! On est trop bien dans ce jardin extraordinaire où chaque 24 heures compte plus qu’ailleurs, dans cette ville la plus sportive de France, capitale de la modération à l’abri de tout aléa. Monsieur le Maire a toujours trouvé du travail à tout le monde à la fromagerie Bel ou chez LDC où l’on découpe le poulet. Loué soit-il pour cela !

D 93 01 Solesmes 25 ou 43Oui, un recul de vingt ans en arrière ! On se souvient que le mercredi soir et le samedi après-midi on allait jouer aux échecs. On poussait du bois avec le docteur G. médecin-accoucheur de toute la ville. C’était une terre de droite dans laquelle vous et une poignée de détestables fonctionnaires étiez les seuls à voter pour la gauche. Et pourtant, effet de la douceur angevine pas très lointaine, sans doute, elles vous indifféraient un tant soit peu, ces moeurs provinciales poussiéreuses qui n’étaient pas les vôtres : les enfants dans le privé, le golf de Sablé-Solesmes, le club d’équitation, les sonneries de trompe de chasse au château de Dobert, le Festival de musique baroque, le vol en montgolfière pratiqué comme étant le nec plus ultra du snobisme local.

Et voilà qu’après vingt ans d’interruption on remet les pieds dans une aimable assemblée de papys joueurs d’échecs. Et comme par un fait exprès le monde journalistique s’extasie encore et toujours comme à l’époque sur le roi François par-ci, le roi François par-là !

N’oublie pas d’éteindre ton portable et surtout ta radio, Joe Krapov ! Le monde avance à rebrousse-temps ! Ca va te prendre à rebrousse-poil !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 29 novembre 2016 d'après la consigne ci-dessous.
 

30 mai 2015

GANIMEDE ALORS : UN RECIT DE CAMILLE CINQ-SENS (3)

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Le temps a passé. Neptune s'est occupé de sa quatre-chevaux dans l'écurie de la prison, à côté de l'endroit où Héphaïstos chantait avec Orphée la chanson des « Filles des forges », un tube local en acier. Et puis le doute s'est insinué dans son peu de cervelle. A force de vivre sous la flotte, ses neurones prennent l'eau et le doute s'insinue parfois sous son crâne.

Il s’est dit qu’il n'avait jamais fait d'analyse d'urine de sa vie et qu’il aimerait bien savoir finalement comment ça marchait ce truc la, si ça ne débouchait pas sur une séance de touche-pipi avec Mme Lapis-Couse qui lui avait semblé jeune, jolie et désirable. Dans le « Dictionnaire des histoires drôles » d'Hervé Nègre qu'il avait dégoté à la Bibliothèque de la prison il avait lu des histoires de banque du sperme qui l’avaient bien fait marrer. Pourquoi ne pas se prêter au jeu de la médecine humaine ? Cela pouvait s'avérer drôle finalement, comme expérience !

Alors le mois suivant, parce que du temps avait passé et que les dieux ont tout le leur, il a poussé la porte de l'infirmerie. Mme Lapis-Couse était au téléphone. Il a attendu patiemment, regardant la décoration murale à base de toiles mi Picassiettesques, mi Pop-Artistiques mi Andywarholiennes.
A un moment donné, Mme Lapis à raccroché le bigophone.

- Bonjour. Vous aviez rendez-vous ?
- Je ne crois pas. C'est le docteur Trépas qui me renvoie vers vous pour une spécialité maison. 
- Donnez-moi votre ordonnance et votre carte Vitale.
- L'ordonnance je l'ai, mais la carte Vitale, nous autres, dieux immortels, on en a pas besoin.
- Vous avez votre flacon?
- Un flacon ? C’est un peu amphore de café, le docteur ne m’a pas parlé de ça ? 
- Je vois, a fait Madame Lapis-Couse visiblement excédée. L'objectif est de collecter vos urines pendant 24 heures. Je vous donne ce bidon de deux litres cinq. Un jour où vous restez chez vous…
- On ne peut pas sortir d'ici, Madame, c’est une prison. On est comme les verres de Saint-Etienne ou de Saint-Gobain, on est consignés.
- …Vous allez faire pipi dedans. Les urines du matin au réveil du premier jour ne comptent pas, vous les jetez. Les suivantes vous les lovez là-dedans.
- Ah oui ! Pisse and love, je connais, c’est mon trident mais à l’envers dans un rond.

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- Je ne comprends rien à ce que vous dites. Si le bidon ne suffit pas vous mettrez le surplus dans une bouteille en plastique.
- Formidable, a dit Neptune. Je commence demain et je reviens vous voir quand le bidon est plein.

Poséidon - c'était là son pseudo quand il coinçait la bulle entre deux vagues à l’âme et surfait sur le net - rentra chez lui et posa le bidon à côté de sa gamelle.

Il laissa passer un autre mois. Ca n'était pas aussi excitant que cela, finalement. Et puis quand même un jour il se dit que c'était peut-être au moment de l'analyse qu'il se passerait des choses avec la jolie infirmière.
Alors ce dimanche-là, précautionneusement, il pissa dans le bidon comme si c'était dans un violon, avec âme. Bien qu'il eût bu du café et quantité de vin au banquet du midi il ne remplit guère qu'un petit demi-litre.

12 avril 2014

CI-LOMBALGIT JOE KRAPOV !

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Il suffit de changer une ampoule dans sa salle de bains et on se retrouve métamorphosé en Clo-Cloporte. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Franz Kafka, spécialiste du genre qui eut sa petite heure de gloire jadis en raison d’un numéro de transformiste qu’il exécutait dans un cabaret de Prague.

C’est avec des jeunes sots qu’on fait des vieux cons. Cela, c’est paraît-il, de Louis Aragon. Moi je me fiche de cela comme de mon premier slip aéré – c’est aussi de lui – mais mon dos, non : avec le temps, va, comme tout s’en va – oui, gagné, Léo Ferré ! -, il paraît que ma colonne vertébrale a perdu sa courbure en chemin. Pour apprendre cela l’iatrophobe militant que je suis a dû avaler une couleuvre supplémentaire après le dernier lumbago subi et prendre rendez-vous avec un kinésithérapeute-ostéopathe. Très sympa, le gars, pour une fois !

Ca ne m’a pas fait perdre le sens de l’humour pour autant ! Quand je suis rentré de la première consultation j’ai demandé à Marina Bourgeoizovna : « Tu n’aurais pas un annuaire du téléphone pour que je me lave les dents ? ».

Tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir des parents communistes mais Joe Krapov si. Pierre Lescure et Philippe Gelück aussi. C’est pourquoi il partage ses images, ses citations de Louis Aragon, ses délires verbaux et désormais ses cours de maintien pour internautes à mal de dos récurrent avec vous.

- Chaque fois que vous vous laverez les dents, conseille l’ostéopathe sarthois de Rennes, vous mettrez un annuaire sous vos orteils. Cela vous aidera à retrouver la cambrure naturelle de la colonne vertébrale.
Et de fait, à part les taches de dentifrice sur le pyjama ou sur le pull le matin, ça marche !

La deuxième visite a eu lieu vendredi dernier. Ce soir-là j’ai appris à me métamorphoser en chevalier servant. Toutes les dames qui passent par ici savent très bien que leurs désirs sont des orgues et que je me ferai un réel plaisir d’en jouer. Désormais je pourrai pour elle, en plus, mettre un genou en terre, poser sur le tapis le cœur que j’avais sur la main, appuyer mes deux mains sur l’autre genou allonger vers l’arrière la jambe avec le genou en terre en la faisant glisser, cambrer les reins et me casser la gueule sans me faire mal aux seins : c’est juste vous qui vous fendrez les côtes en regardant le tableau.

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Et puis j’ai aussi appris à me transformer en sphinx. « Chic ! se disent les messieurs qui passent par ici, il va enfin la fermer, celui-là ! ». C’est vrai, je les comprends, je suis comme ça, moi aussi : quand on en a plein le cul d’entendre des gens bavards parler pour ne rien dire, on rêve de voir le sphinx se taire.

Mais vous allez voir que ce n’est pas si évident. Pour faire le sphinx, on s’allonge sur le ventre. On pose les deux bras étendus devant soi et on relève la tête. On rapproche les bras en pliant les coudes, on prend appui sur les avant-bras et on relève la tête au maximum.
- Voilà, c’est tout, ça fera 72 euros.
- Rapace !

Nân, je déconne. Le praticien qui m’a avoué être né à 72300 La Chapelle d’Aligné ne me demandera qu’à la 3e et dernière séance en mai de les.
(Oui, de les aligner !)

Pour terminer, puisque me voilà devenu sphinx, je ne résiste pas au plaisir de vous soumettre à la question. Notre atelier d’écriture « en vrai » du mardi à la salle Mandoline s’est en effet métamorphosé la semaine dernière en fabrique de questionnaires cinéphiliques. A vous, cher(e)s Oedipes in the dark, de donner les titres des films évoqués, ci-dessous

Une robe blanche soulevée au-dessus d’une bouche de métro ?

Un charlot portant moustache joue au ballon avec un globe terrestre ?

Un défilé de mode ecclésiastique avec des chasubles qui clignotent dans un film italien du siècle dernier ?

Un parapluie orné d’un perroquet au bout du manche et ce perroquet parle à une dame à chapeau chargée d’éduquer deux enfants ?

Un rideau de douche et un couteau ?

Quatre notes d’harmonica dans un film de Sergio Leone ?

Un couple qui écarte les bras au milieu de l’océan ?

Jean-Paul Belmondo avec le visage peint en bleu ?

Une femme nue allongée sur un lit et qui demande à son amant « Est-ce que tu les aimes, mes fesses ? » ?

Deux hommes dans un canot à moteur. L’un des deux, habillé en femme, enlève sa perruque et dit : « Je suis un homme ! ». L’autre répond « Personne n’est parfait ! » ?

Un gamin tout nu dont le nom évoque un chapeau a bien du mal avec le conditionnel ?

Un type en pantalon bleu à rayures blanches fait tomber le nez du sphinx ?

Si le nez de Liz Taylor n’avait pas été ce qu’il fut, la face du monde en eût été changée ?


P.S. Je m’aperçois que j’ai oublié de vous parler des métamorphoses de libido vide en désir de rata et que je n’ai pas placé non plus « Métamorphose où j’ai mon doigt ! ». J’espère que d’autres y auront pensé à ma place !

Ecrit pour le Défi du samedi n° 293 à partir de cette consigne 

23 février 2014

La Fête de la Mer à Ploumanac'h (Côtes d'Armor) en juillet ou août 1998 (3)

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Coiffe du Trégor. J'aurais pu faire aussi un agrandissement  de la broche à motif celtique mais il est un peu tard pour entamer une nouvelle collection photographique même si l'envie ne m'en manque pas ! Mais à trop m'approcher de la nuque de ces jolies dames on va finir par me prendre pour un vampire (voire pour un satyre !). Courageux mais pas téméraire, le Krapov !

4 septembre 2013

L'abbaye de Cadouin (Dordogne) le 24 juillet 2013 (4)

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Mercredi : je remets la chambre à air en place dans le pneu. Je regonfle. Je remets la roue en place. Je pars tout seul faire mon circuit de 8,5 kms. Je m'aperçois que mon compteur ne marche pas. Normal, j'ai remonté la roue à l'envers, le petit aimant ne passe plus devant le bitoniot qui compte les tours de roue !

Finalement, la marche à pied dans le Périgord, c'est peut-être mieux, même par 34 ou 38 degrés. On n'est pas tributaire des machines, on l'est juste de sa paire de godasses. Ou de son chien qui crève de chaud si on en a un mais nous on n'en a pas. Et il y a des églises pour se mettre au frais comme Hugues.

En attendant d'y retourner, longue vie et grand bonheur aux randonneurs, aux photographes et à tous-toutes les autres !

28 août 2023

Bord de mer à Saint-Hilaire de Riez (Vendée) le 15 août 2023 (2)

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Ces appels au secours lancinants et ces voix qui me demandent de bouter les Anglais hors de France,  je ne veux plus les entendre !

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Ces rochers dans la mer sont appelés les "cinq pineaux" (des Charentes ?) mais en camping, nous ne prenons pas d'apéro. A la maison non plus sauf samedi et dimanche à midi.

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2 octobre 2022

Collages de Jean-Emile Rabatjoie rassemblés ici le 2 octobre 2022

Est-ce par hasard ou par "manipulation" que je me retrouve en situation de retourner à l'école ? Peu importe, ça me plaît bien. Le mercredi soir désormais je vais prendre des cours d'informatique graphique à la Maison de quartier de Villejean. Depuis deux séances, je travaille sur Photopea, un substitut de Photoshop gratuit, en ligne, sans inscription. Je vais devenir un pro de la retouche stalinienne. Vous pourrez en juger d'après les deux photos au bas de ce billet. J'ai découvert avec gratitude l'outil "tampon" que je n'avais jamais utilisé auparavant !

Il n'en reste pas moins que j'aurai du mal à convaincre Jean-Emile Rabatjoie du bien-fondé de ces gadgets. Il prétend qu'un bon collage est un collage "sur lequel on voit que c'est un collage" !

Voici donc certains de ceux-ci, scannés sur mon disque dur et jamais publiés auparavant. Je suis en retard, je suis en retard, Dame Alice !

2022 06 04 Prince électeur à tête de maya

2022 06 04 Prince électeur à tête de vache

2022 09 22 Isaure entre deux soleils

2022 10 02 Isaure au quai Saint-Cyr

Léon photo d'identité jeune et retouche

29 septembre 2021

En un mot comme en cent. 17 septembre 2021, Dommage

Dommage ! Les dommages causés par les ans et par un usage intensif à mon ordinateur ancestral ne sont toujours pas réparés.

Je me suis quand même rendu à la Bibliothèque des Champs libres et je trouve dommage de devoir attendre pour pouvoir partager les photos que j’ai prises en chemin !

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La situation est très bien décrite !

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Tout le monde ne peut pas avoir fait latin première langue.
De ce fait il y a des gens qui manquent cruellement d'un... instrument linguistique !

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C'est sympa d'écrire des choses drôles sur cet urinoir en forme de quartier d'orange
mais ce serait mieux si c'était formulé en français !

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Ah ! Disparaître dans le triangle des Bermudes !

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Vous permettez que je pose mes pièces sur votre pantalon ?
Je voudrais réviser une variante du gambit Morra !

9 août 2021

LES ÉTRANGES RÊVES DE MARCEL P. Chapitre 8, Bonjour tristesse

Parfois on éprouve le besoin de fuir, de s’échapper, de se perdre.

C’est ce qui était arrivé à Odilon et Céleste, le chauffeur et la bonne à tout faire de Marcel P. Sur cette situation inconnue dont l’ennui certain et la douceur supposée l’indisposaient franchement, celui-ci hésitait à apposer le nom, le beau nom grave de «Congés payés». C’était pourtant bien le cas et à la suite du «troc» négocié avec le couple d’employés, ils étaient partis, le laissant seul dans l’appartement du boulevard Haussmann. Seul ou à peu près.

Marcel, bon prince, leur avait prêté sa voiture et eux lui avaient confié la cage de leur canari, à charge pour lui de nourrir le volatile pendant une semaine.

Le premier matin, une fois le lit défait, l’asthmatique aux longues phrases n’avait pas voulu montrer à l’oiseau qu’il avait des bleus à l’âme mais Caliméro – quel nom idiot ! –, le doux oiseau de la jeunesse, avait bien perçu qu’un orage immobile menaçait, qu’un certain sourire crispé déformait quelquefois le visage de l’écrivain et c’était là le signe qu’un chagrin de passage envahissait l’appartement. Les domestiques manquaient au maître qui ne comprenait pas cet abandon imprévu de leurs rituels communs et ce uniquement pour s’en aller chercher sans lui à St-Tropez un peu de soleil dans l’eau froide. Et ce piaf à nourrir c’était en quelque sorte l’écharde de trop dans le contrat. Avec un canari il fait beau jour et nuit, dit-on. Celui-ci ne chantait pas, celui-ci ne sifflait pas : Caliméro tirait la tronche lui aussi.

La cohabitation des deux protégés de Céleste ne dura du reste que deux jours. Au matin du troisième Marcel était sur le trottoir en bas de chez lui avec une petite valise et la cage de Caliméro dans laquelle – bonheur, impair et passe – on avait l’impression que «faites vos jeux !» rien n’allait plus. Avec quoi le canari avait-il joué à la roulette russe, à quel barbiturique devait-il son coma bizarre ? La bête était allongée au fond de la cage, l’œil étrangement ouvert fixant à travers les barreaux les merveilleux nuages de l’été 1954 mais la garde du cœur vivant de l’oiseau par Marcel semblait bien avoir tourné court : plus question pour l’organe vital de battre la chamade eût-on dit.

***

Bien sûr, depuis l’histoire de l’Aronde 54 et les entreprises érotico-farcesques d’Odette Dejeux, Marcel se méfiait des femmes au volant mais là il y avait urgence : il fallait rendre Caliméro à Céleste A. dont le rire incassable venait à bout de tout problème. Qui plus est, en matière de science vétérinaire, elle était la sentinelle de Paris, capable de soigner toute fièvre, de ranimer le cheval évanoui avant qu’il ne fît le régal des chacals. Elle seule eût pu, à l’instar du père d’Odette D., extirper une molaire au lion de Belfort s’il eût seulement souffert d’une rage de dents au lieu de faire le fier dehors.

Comme Odilon n’était plus là pour le véhiculer, il avait eu recours aux ami·e·s automobilistes et son chauffeur du jour qui se garait justement là devant lui n’était autre que la princesse Valentine de Sagan, l’épouse du prince «caracollant». Les Sagan étaient de toutes les premières, de tous les bals, de toutes les fêtes, du tout Paris aimant, du tout Paris dément et le couple l’avait pris en amitié. Marcel avait droit aux petites tapes derrière l’épaule de la part de Maurice qui le surnommait par moquerie «Le gigolo» tandis que Valentine lui confiait, quand ils se voyaient seul à seule, le récit des chassé-croisé de ses relations saphiques ainsi que d’autres secrets d’alcôve et d’alcools contre lesquels elle n’avait absolument rien. Elle et lui, finalement, étaient devenues «de très bonnes copines» de cheval car elle faisait aussi de l’équitation.

Voilà pourquoi il monta bien plus rassuré que la dernière fois dans ce petit bolide, une Jaguar de type E, que la Sagan conduisait toujours les pieds nus. Moyennant quoi, une fois quittée la capitale, il serra les fesses tout le temps que dura le voyage. La jeune femme un peu garçonne avait un profil perdu de pilote automobile italien et, telle Fangio, ne conduisait jamais en dessous de 160 kilomètres à l’heure. Sur cette belle nationale 7 « que l’on soit quatre cinq six ou sept, qu’on aille à Saint-Trop’ ou à Sète » que Charles Trénet chanterait et enregistrerait un an plus tard, il avait souvent vécu l’enfer pour ne pas mettre pied à terre et se faire traiter de « poulette mouillette ».

Jeu 67 de la Licorne jaguar

***

Nous n’utiliserons pas les faux-fuyants habituels. La nuit que Marcel et Valentine passèrent dans la maison de Raquel Véga fut une de ces nuits d’ivresse et de folie qui font la renommée de la Riviera française. Il est des parfums qui ne trompent pas et celui de l’opium dans ce bal costumé, la vue des poudres blanches et des verres coolorés – ce n’est pas un néologisme, c’est une faute de frappe bienvenue - emplis de cocktails étranges, l’alcoolisme et le désir d’éclate de tous ces fêtard·e·s déguisé·e·s laissaient à penser de façon sûre qu’on pratiquait ici les toxiques au premier degré.

 

Jeu 67 de La Licorne Proust en cornette

Dans la bousculade des plateaux à petits fours et des coupes de champagne entrechoquées Marcel P., déguisé en bonne sœur à cornette et trimballant toujours la cage de l’oiseau moribond pour lequel il se faisait un sang d’aquarelle, avait eu droit aux confidences d’une licorne rose.

- Car que cherchons-nous ici, sinon à plaire ? disait-elle. Je ne sais pas encore si ce goût de conquête cache une surabondance de vitalité, un goût d’emprise ou le besoin furtif, inavoué, d’être rassuré sur soi-même, soutenu. Pourquoi il ne bouge plus votre petit oiseau ?

- Je crois qu’il dort. Le voyage en Jaguar a dû le fatiguer. Vous a-t-on déjà dit que vous avez des yeux de soie ?

- Oui ! On me le dit souvent et j’adore passer des nuits de satin blanc. Seriez-vous l’heureux propriétaire d’un château en Suède, ma soeur ? J’ai toujours rêvé de visiter la Suède avec des chaussures bleues et la bénédiction de la religion.

Plus loin la robe mauve de Valentine avait fait beaucoup d’effet à une jeune Lucrèce Borgia déjà bien pulpeuse. La femme fardée, vêtue d’un costume de diable rouge bien qu’elle ne fût pas belge, lui avait confié qu’elle était actrice de cinéma et qu’elle tournait actuellement avec Jean Marais dans un film de Marc Allégret dont le titre serait « Futures vedettes ».

Au fur et à mesure qu’avançait la nuit des couples improbables se faisaient et se défaisaient, s’éclipsaient parfois dans des chambres derrière un écriteau « Ne pas déranger » et d’où s’échappaient souvent quelques cris étouffés, on sait se tenir, quand même, même quand on se lâche.

On put croiser ainsi une carpe et un lapin, une Castafiore et un marin doté d’un anneau à l’oreille, un clone de Landru avec une Piaf minuscule dont la petite robe noire toute simple avait su allumer le cœur et chauffer les sens du bonhomme car ils partirent tout de suite après terminer la nuit dans le foyer du monsieur.

Valentine avait disparu elle aussi avec sa Lucrèce-Brigitte. Etaient-elles allées prendre sur le coup de minuit un bain de lait d’ânesse ou jouaient-elles quelque part dans la grande villa au jeu de la bête à deux bardots ? C’est toujours ce qui se passe chez Bellini quand la Norma drague, non ? De guerre lasse Marcel, un poil éméché et plutôt barbouillé de mélanges divers et de tristitude d’été, finit sa nuit dans la Jaguar en racontant à Caliméro des fadaises de ce genre-ci :

- La netteté de mes souvenirs à partir de ce moment où je trempe ma madeleine dans le thé m'étonne. J'ai acquis une conscience plus attentive des autres, de moi-même. La spontanéité, un égoïsme facile ont toujours été pour moi un luxe naturel. J'ai toujours très bien vécu comme cela. Or, voici que depuis trois jours ta présence m'a assez troublé pour que je sois amené à réfléchir, à me regarder vivre. Je passe par toutes les affres de l'introspection sans, pour cela, me réconcilier avec moi-même. Ce sentiment de la mort du travail est bête et pauvre, comme ce désir de séparer les maîtres et les domestiques est féroce. C’est vraiment une connerie, ces «congés payés» ! Pourquoi pas bosser trente-cinq heures par semaine et avoir la retraite à soixante ans pendant qu’on y est ? Bonjour, tristesse des temps nouveaux ! Enfin, s’il faut être absolument moderne, comme a dit je ne sais plus qui, n’attendons pas ! Dans un mois, dans un an, il sera trop tard. De toute façon, c’est là et bien là ! Las et bien las !».

Après quoi il s’endormit.

***

Jeu 67 de la Licorne Saint-Tropez

Le lendemain matin, tout courbatu, sans se soucier de retrouver Valentine et Brigitte qui avaient dû filer sur une plage abandonnée ramasser coquillages, crustacés et bribes du parfait amour, il prit son petit-déjeuner dans un bistrot du port où l’on ne s’étonna pas plus que ça, avec tous ces fadas de Parigots qui débarquaient l’été, de servir des croissants et du thé à une bonne sœur à moustache, dotée d’une cage à serin, et qui réclamait des madeleines. Serein, on le restait toujours dans ce troquet même si, certains jours, l’envie ne manquait pas au patron d’inscrire du meurtre à la carte des plats servis !

Comme il ne possédait pas l’adresse ici d’Odilon et Céleste il passa à l’Office des maisons louées où il fit chou blanc. Il traîna dans les rues du village de pêcheurs, flâna dans les boutiques de mode, revint poser au marbre de la table en terrasse du bistrot des cartes postales qu’il entreprit de remplir en sirotant un nouveau thé.

Exécuter ce cérémonial avait pour objectif de retrouver les petites musiques des scènes qu’il avait vécues depuis qu’il avait quitté Paris. Les violons parfois s’envolaient dans les aigus pour souligner le passage au-dessus de la Loire et Valentine qui avait klaxonné tout le long du pont de Nevers pour marquer sa joie d’être libre, jeune et heureuse. Un piano dans l’herbe évoquait de façon joyeuse le restaurant «Les Routiers» où ils avaient déjeuné, tels des nobles s’encanaillant, en compagnie de camionneurs baraqués ; du pauvre, forcément, le piano, avec des bretelles et des boutons pour soutenir le pantalon en accordéon. Un quatuor de clarinettes rappelait le jeu des quatre coins du cœur – et du cul ! – dans la maison de Raquel. Une flûte élégante et solitaire illustrait un certain regard tendre de la Licorne aux yeux de soie. Et puis, bien sûr, le silence au bas de la carte – un soupir, ça allait de soi ! – pour y écrire, avant de signer « Avec mon meilleur souvenir et toute ma sympathie ».

***

Jeu 67 de La Licorne plage

 Et puis le miracle des retrouvailles eut lieu. Sur le coup d’onze heures il se rendit à la plage où il y avait un monde fou. Il ôta ses souliers et ses chaussettes pour marcher pieds nus sur le sable au milieu des enfants, des ventres rebondis, des parasols, des coups de soleil, des ballons, des jeux de jokari et sa silhouette de bonne sœur à cornette devait, de loin, apparaitre aussi reconnaissable, incongrue et remarquable que celle de mon oncle Hulot, le fumeur de pipe à chapeau, sur la plage de Saint-Marc-sur-Mer.

Céleste et Odilon qui se chahutaient comme des mômes autour d’un matelas pneumatique Fina furent évidemment bien surpris de s’entendre héler par cette religieuse austère qui jurait dans le paysage en agitant une cage à oiseaux au-dessus de sa cornette. Intrigués ils sortirent de l’eau et s’approchèrent de la jaune laide nonne qui criait «Help !».

- Monsieur Marcel ? Qu’est-ce que vous faites ici ? Vous avez viré travelo ?

- C’est à cause de l’oiseau. Il s’est réfugié dans le fond de la cage et il ne bouge plus.

- Et vous avez fait le voyage de Paris uniquement à cause de ça ? demanda Odilon. Peut-être bien qu’il est tout simplement crevé !

- Il n’y a pas de raison. Le voyage a été calme. La princesse de Sagan n’a pas conduit trop vite. Elle n’a jamais dépassé le 160 kilomètres à l’heure.

- 160 ? Il a dû faire une crise cardiaque dans un virage, voilà tout !

- Faites voir la cage, ordonna Céleste.

Elle ouvrit la porte de la petite prison, saisit le corps de Caliméro mais celui-ci se mit à battre des ailes, à voleter vers la sortie, empli de la joie d’entendre à nouveau la voix de sa maîtresse. Il trouva même le moyen de calter à l’air libre et d’aller se percher sur l’une de ses épaules afin de lancer des trilles énamourés aux oreilles recouvertes d’un bonnet de bain en caoutchouc blanc de Céleste.

Marcel restait abasourdi par ce passage de la catalepsie à un excès contraire mais finalement il était tout heureux de ce rendez-vous manqué de l’animal avec la mort.

***

Sur la route du retour, enfin débarrassé de son déguisement de nonnette en cornette et de l’oiseau capricieux qu’il avait laissé à ses maîtres après le repas au restaurant, il confia à Valentine disparue puis retrouvée ses sentiments intimes.

- Finalement, les oiseaux ne sont pas des cons. Celui-là a réussi à me manipuler et il s’est retrouvé là où il voulait aller, auprès de sa maîtresse, en vacances, à danser le twist à Saint-Tropez.

- Peut-être ! Peut-être, Marcel ! répondit la princesse de Sagan tellement plongée encore dans les brumes de l’alcool, l’ivresse des drogues et le souvenir de l’amour d’une seule nuit que par prudence elle ne roulait plus qu’à 140. Mais peut-être que les oiseaux sont des cons quand même : tu viens sans doute de faire la connaissance d’un canari homophobe !

Cela laissa Marcel muet jusqu’à ce moment du putain de camion où la conductrice dut faire une embardée afin de l’éviter et où la voiture finit sa course folle contre un platane (What else, in France ?).

Là il cria et se redressa en sursaut sur son lit. Il alluma sa lampe de chevet et lut «4 h 47» à sa montre.

A moitié soulagé, il remit le drap sur sa cage, s’agrippa des deux pattes au barreau et se rendormit tout heureux d’avoir survécu aussi au pire dans cet univers-là. Pour un peu il aurait siffloté la berceuse de Brahms dont il ne savait pas s’il l’aimait ou pas. Mais son organisme préféra ronfler comme un moteur de Ferrari.


Ecrit pour le jeu n° 67 de Filigrane (la Licorne) d'après cette consigne

2 février 2022

DEUX PORTRAITS D'INCONNUE

Portrait d’inconnue. 1

Père :                            un vent d’Eole
Mère :                          un attrait de Diane
Lieu de naissance :    au coeur de l’onde
Religion :                    collapsologie
Ecoles fréquentées : Institution Notre-Dame des miroirs du Ciel, Université de la surface des choses
Domicile :                   sans. Toujours en mouvement vers un bord de plage
Métier :                       mère porteuse d’esquifs en tous genres et de gais surfeurs
Loisirs :                       d’ordre théâtral. Joue le Capitaine Fracasse dans « L’Ecume des jours »
Nom :                          la vague

2021-08-12 - 285 15

***

Portrait d’inconnue. 2

Profession du père :      fabriquant de pastis
Profession de la mère : cueilleuse d’olives
Lieu de naissance :        quelque part en Provence
Religion :                         présentement hédoniste
Ecoles fréquentées :      essentiellement buissonnières
Domicile :                        à l’ombre d’un arbre
Métier :                            ambianceuse méditerranéenne
Loisirs :                            guitare et chant
Signe particulier :          possède une voisine acariâtre et surtout pas prêteuse

Nom :                               la cigale

AEV 1819-03 la-cigale-et-la-fourmi B

 

N.B. La caricature de l'auteur de ces deux poèmes en cigale de la fable est de Michel Hivert

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 1er février 2022

d'après la consigne 2122-18 ci-dessous.

3 juillet 2014

Soirée galette jazz au Noroît à Rennes le 31 janvier 2014 (1)

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Je ne compte pas les soirée contes auxquelles Marina Bourgeoizovna m'a emmené cette année ! Mais si ça continue, je vais me mettre à conter moi aussi pour montrer que je ne compte pas pour du beurre ! Ne suis-je pas après tout le roi du kouign amann Ch'ti ?
Dans cette soirée-ci, il y avait à boire et à manger ! Je ne parle pas de la qualité des lecteurs et lectrices ni du quintet de jazz, tous excellents, mais de la galette et du cidre, très bons aussi, que l'on nous a servis !

24 juillet 2023

De retour à Lille (Nord) en juillet 2023 (2)

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Les coiffeurs sont philosophes par ici ?

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Interdiction de faire un petit demi-pas pour l'homme et un grand demi-pas pour l'humanité !

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Devant la gare de Lille cette statue a pour nom Romy
mais elle n'a aucun lien avec la célèbre actrice de cinéma portant ce prénom.
Sissi, c'est  vrai, ce que j'écris-là !

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Je suis ton clone, Luke !

28 juin 2023

La Compagnie C'hoari à Rennes le 25 juin 2023

Moi je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais il y a des tas de choses que je ne sais pas faire. Danser par exemple. Alors quand j'en vois qui savent et qui le font bien, j'admire d'autant plus. Ici, au festival "Paillettes et mimolettes" qui avait lieu sur le mail François Mitterrand à Rennes ce dimanche, ce sont les filles de la Compagnie C'hoari qui présentaient "Tsef zon", c'est à dire "Fest noz" en verlan ! Du coup c'était plutôt fest deiz mais je ne vais pas chipoter, je n'ai vu le programme qu'en revenant !

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11 juin 2023

Le Centre national des arts du cirque à Châlons-en-Champagne le 21 avril 2023 (1)

Tout comme à Reims il y a ici, à Châlons-en-Champagne, un cirque "en dur". En arrivant au bout du grand jard (jardin) nous sommes allés le photographier. Une dame en est sortie qui nous a permis de visiter l'intérieur. Fort sympathique ma foi. Mais de toutes les façons, un établissement qui rend hommage "en dur" et par deux fois à ce clown de Joe Krapov, on ne pouvait en attendre que du bien ! ;-)

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