02 février 2023

LE QUIPROQUO D'"ARAGON ET CASTILLE"

AEV 2223-18 JK - Nietzsche Tintin Philippus

Vos parents vous mettent au monde, c'est à dire qu'il vous mettent dans la morale et tout le temps que vous demeurez dans ce tombeau préliminaire vous êtes bien aimé d’eux. Par contre quand vous vous répandez dans les rues en tapant sur un tambourin et en hurlant que Dieu est mort comme a fait Friedrich Nietzsche il vous foutent dehors de chez eux avec force coups de pompe dans le train voire une certaine quantité de coups de pied au cul.

Il en fut ainsi aussi pour Aurélien Dumariage sauf que, pas gêné au logis, il n'entravait en rien la morale. Ce tombeau préliminaire lui convenait à merveille.

Enfant, on l’envoya à l’école. Il y fit quelques farces, fut puni puis il prit l'habitude d'obéir aux injonctions du maître ou de la maîtresse. Il comprit qu'il fallait mettre un « s » au bout du mot « semaine » dans l'expression « Enfin me voilà rentré après deux semaines d'absence » sous peine de voir tomber des lettres rouges sur sa jolie rédaction à propos de « Qu'avez vous fait pendant les vacances ? ». Ou alors qu’il valait mieux changer la formulation et dire « Après quinze jours à Palavas-les-Flots » sans omettre le « s » au bout de « jours ». Bref il ne souffrit jamais de dyslexie, de dysorthographie et fut un bon élève.

L'orthographe maîtrisée, les corrections en rouge, c'était la lubie de Mademoiselle Otemarre. Cette institutrice avait des fulgurances extraordinaires quand elle corrigeait les rédactions de ses 36 petits zoulous.

- Dumortier, votre baratin, ce n'est rien que du galimatias ! Grattepanche, la manifestation de votre esprit en jachère mériterait qu’on la chante en dodécasyllabes !

AEV 2223-18 JK - Bagarre

Le fait que ni Wikipédia ni les téléphones portables n'existaient à cette époque nous fait comprendre que toute communication était coupée entre cette adepte du français soutenu et du vocabulaire riche et ces fils de bouseux, d'ouvriers ou d'incultes dont elle avait à former l'esprit dans un contexte forcément républicain. Mais pour tous ces petits ploucs l'égalité était déjà génétiquement établie : tout leur était égal dans le système scolaire ! La liberté s’exprimait à la récré sous forme de baston entre les plus coriaces d’entre eux et tout le monde s'agglutinait en colloque autour des belligérants pour penser « Youpi ! Une castagne ! » et réclamer « Du sang ! Du sang ! ». Pour ces joyeuses hurluberlus la fraternité, du coup, était tuée dans l'œuf.

Aurélien Dumariage se tenait à l'écart des galipettes stériles de ses colocataires. Dans le tombeau préliminaire il avait trouvé un recoin sympathique : la bibliothèque de son grand-père. Au début il lisait, enfin faisait semblant de lire, tournait les pages, regardait les images. Puis l'école lui apprit réellement à lire et à écrire.

Quand il découvrit les livres et les bandes dessinées à lui destinées, son esprit devint nomade. Il se mit au diapason de tous ces vendeurs d'illusions, le Swift de Gulliver, les tribulations chinoises de Jules Verne, les aventures irrationnelles de Tintin et Milou. Il s'enivra de cet élixir impuni, la fiction, et son imagination devint un abominable fourre-tout dans lequel Belphégor s'asseyait dans un fauteuil hanté, Sherlock Holmes explorait l'aiguille creuse, Robin des Bois faisait alliance avec Thierry la fronde, les Pionniers de l'espérance luttaient contre les robots et toute cette farandole de héros de papier lui tournait encore dans la tête quand il posait celle-ci le soir sur le polochon de son lit. Il évitait ainsi le torticolis obligatoire de ceux qui longtemps, se sont couchés de bonne heure sans pouvoir s’endormir.

Et puis, grâce à Mademoiselle Otemarre, Aurélien connut le plaisir de faire des rédactions, il sut bientôt écrire pour dire. Ces savoir-faire qu'on appelle aujourd'hui des fondamentaux ne sont ils pas en fait des ogres ou des vampires ?

Quand on questionna plus tard Aurélien sur son avenir et qu'il répondit : « Je veux devenir écrivain sinon rien ! » ses parents jugèrent qu’il n'avait plus de respect pour la morale sociale. Ils le mirent dehors du tombeau.

***

AEV 2223-18 JK - Aurélien

Ce sont les lapins qui ont été étonnés de voir le jeune homme s'installer avec ses livres et ses cahiers dans le vieux moulin abandonné !

A force d'imagination, de DonQuichottisme et d'esprit de suite, les ailes de celui-ci se sont remises à tourner et Aurélien a moulu une abondante farine de « feel-good-littérature » qui a cartonné en librairie. Il vient même de rencontrer Bérénice Alacolle qui est critique littéraire au Figaro mais ça c'est une autre histoire !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 31 mars 2023

d'après la consigne AEV 2223-18 ci-dessous

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31 janvier 2023

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2223-18 DU 31 JANVIER 2023 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Les Incipit d’Emma

 

Choisissez un des incipit ci-dessous pour débuter votre texte et insérez-y au moins trois des mots suivants :

irrationnel – hurluberlu – galipette – farandole – élixir – dodécasyllabe – colloque – youpi ! - torticolis – quiproquo – œuf – manifestation – jachère – lubie – illusion – fulgurance – diapason – colocataire – baratin - vampire – robot – polochon -ogre – nomade – galimatias – fourre-tout – dyslexie – baston - zoulou

***

Ce sont les lapins qui ont été étonnés !

L’année passée, le 22 mars au soir, il m’est arrivé quelque chose d’extrêmement singulier.

Enfin, me voilà rentré après deux semaines d’absence.

Jamais je ne m’habituerai au printemps.

Il était une fois un marchand de coqs qui aimait bien sa femme.

La voix féminine tombe du haut-parleur, légère et prometteuse comme un voile de mariée.

La Première fois qu’Aurélien vit Bérénice, il la trouva franchement laide.

Il y a bien longtemps, dans la bonne ville de S., vivaient une vieille femme nommée Hilda et son chat qu’elle appelait « le chat ».

Vos parents vous mettent au monde, c’est à dire qu’ils vous mettent dans la morale et tout le temps que vous demeurez dans ce tombeau préliminaire, vous êtes bien aimé d’eux.

Vendredi soir j’étais invité à une soirée chez un collègue de travail.

Comment où et quand tout ceci-a-t-il commencé ?

Ce qu’on appelle pessimisme n’est rien d ‘autre que l’art de vivre, l’art de goûter la saveur amère de tout ce qui est.

AEV 2223-18 consigne Incipit 

Vous pouvez également cliquer sur cette image pour voir d'autres incipit et les utiliser s'ils vous inspirent plus.

Ce jeu nous est proposé par notre amie Emma qui tient le blog http://eperluette.over-blog.com/-31 et dont le travail photographique, pictural et vidéographique est toujours admirable. Prenez le temps de le savourer ici et ici et ici.

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26 janvier 2023

LIEUX AIMÉS ET LIEUX DÉTESTÉS

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais je suis quand même bien étonné par la façon dont la fiction, la musique, la culture tiennent une si grande place dans mon rapport au monde.

Dans la troisième partie du questionnaire notamment, à propos des lieux que j’aimerais visiter, le désir de voyage est justifié par une curiosité littéraire ou cinéphilique.

AEV 2223-17 espace-albert-dubout-musee

Palavas-les-Flots, par exemple. Il y a peu encore, j’ignorais la situation géographique de cette cité balnéaire sur la carte de France. Si je m’y rends un jour, ce sera pour voir le musée consacré à Dubout et surtout pour photographier les lampadaires « rafistolés » réalisés d’après les dessins de cet illustrateur très actif dans les années 1930 à 1970. De même que les talons aiguilles et les aspirateurs associés sont très genrés, le style de dessin de Dubout, dont j’ignore le prénom - Albert, nous souffle Maryvonne - est passable aujourd’hui des foudres du mouvement #MeToo. C’est qu’on n’illustre plus impunément de nos jours le marquis de Sade, François Rabelais, le Kama sûtra et San Antonio de même que la caricature de grosses dames mariées à de tout petits messieurs est devenue taboue. Dubout, tabou, mets les bouts ! Si ce musée existe encore et si l’idée me vient de retourner à Sète, d’aller sur les traces de Charles Trénet à Narbonne et de pousser jusqu’à Palavas, j’irai le voir, ce château bâti sur les flots !

AEV 2223-17 JK Dubout 02

Sainte-Sévère-sur-Indre ne dit rien à personne mais doit sa célébrité à un film intitulé « Jour de fête ». C’est le village dans lequel Jacques Tati s’est déguisé en facteur de légende. Il n’y a certainement pas grand-chose à voir à Sainte-Sévère. Une place de village, une route, un pont ? Peut-être trois photos du film dans le hall de la mairie ? Un bistrot du coin ? Y a-t-il une gare seulement ? Une librairie ? Un hôtel restaurant ? A part « Le Défi du samedi » je ne vois pas quel journal serait assez fou pour envoyer Isaure Chassériau qui a troqué récemment le rose pour une garde-robe signée René Magritte mener l’enquête là-bas. Ce qui serait drôle c’est qu’elle y allât avec un grand sac Tati rose emprunté à Jack Palmer !

 

AEV 2223-17 HonfleurHonfleur c’est culturel. C’est la ville dans laquelle sont nés Erik Satie et Alphonse Allais. Il y a un tout petit musée au-dessus de la pharmacie paternelle dans laquelle on expose le crâne de Voltaire enfant et plein d’autres farces de l’oncle Alphonse, inventeur du café lyophilisé et de la peinture monochrome avant Malevitch même. Voir son « Combat de nègres dans une cave pendant la nuit » mais il ne faut plus utiliser ce vocable non plus depuis que l’on a rebaptisé le plus célèbre des romans d’Agatha Christie « Ils étaient dix ». Honfleur mérite sans doute qu’on y séjourne plusieurs nuitées, qu’on écoute les gymnopédies en faisant de l’exercice sur le port et qu’on visite, déguisé en légionnaire, le musée Eugène Boudin, admirable peintre de nuages normands.

 

AEV 2223-17 JK - Le Prisonnier 2

Je ne m’étendrai pas sur Portmeirion, un village-musée au pays de Galles qui a été utilisé pour servir de cadre au feuilleton britannique « Le Prisonnier » de Patrick McGohan. On perçoit très bien d’après mes références datées que je ne suis pas un perdreau de l’année et d’avouer son âge n’est plus très en cour non plus à notre époque jeuniste où ne sont intéressants que les Youtubeurs, les Tiktokeurs, les comploteurs, les influenceurs , les politiqueurs-emmerdeurs de travailleurs et ta sœur qui bat le beurre.

Mais ai-je vraiment envie d’aller à Portmeirion ? Un collègue qui a fait le voyage autrefois m’a confié que l’endroit était bizarre, propice à des mésaventures. A savoir si, une fois rendu là, on ne m’y retiendrait pas prisonnier, affublé d’un badge et d’un numéro, avec l’impossibilité de regagner mon domicile où je me trouve si bien ces derniers temps que j’arrive même à y faire de vraies grasses matinées ? Je vais peut-être juste regarder une fois de plus les dix-sept épisodes de cette série des années 60 en dévédé sur mon ordinateur.

***

Comment ? Il est déjà 19 h 49 ?  Alors comme ça je n’aurai même pas le temps d’expliquer mes rejets de destinations diverses par… l’absence de culture, de possibilité de rêver et la peur viscérale que ne soit mis un terme, accidentellement à mes curiosités enthousiastes de prolo-intello bon vivant ?

C’est pourtant bien le cas à Mourmelon-le-Grand, une ville de casernement en Marne où j’ai passé un an. Imaginez une rue, vingt-trois bistrots, des jeunes gens de vingt ans qu’on utilise un an durant pour qu’ils deviennent des hommes du rang, d’un seul rang, d’une seule tête, alignement Rogntudju ! On appelait ça le sévice militaire, je crois. Ou service mais c’était moins drôle qu’au tennis. Dans cet univers militaire j’ai quand même survécu. Je ne conserve de ce séjour que quelques photographies de jeunes gens idiots, basiques, plus ou moins alcoolos, et le souvenir d’avoir meublé les temps perdus en compagnie d’un guitariste normand quasi-mutique et d’un joueur d’échecs bordelais, musicien lui aussi et œnologue à l’occasion.

AEV 2223-17 Objectif Lune 2

Tant pis ! Vous ne saurez rien de l’austérité du chant grégorien entendu dans l’abbaye de Solesmes, de la laideur constatée et de la dangerosité imaginée de l’EPR de Flamanville où nous nous égarâmes en cherchant le point de départ d’une randonnée. Vous n’imaginerez pas l’estimable opéra de Rennes où je ne vais plus, de peur de me retrouver à nouveau dans une loge du dernier étage avec vue plongeante sur le vide et le sommet du crâne de Yannick Jaulin : une situation insupportable pour un acrophobe.

Du coup, pour me voir monter dans la fusée d’Objectif Lune, désolé, vous ferez Tintin !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 24 janvier 2023

d'après la consigne AEV 2223-17 ci-dessous

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25 janvier 2023

DIX POINTS DE NON-RETOUR ET NON-ALLER ET CINQ VOYAGES POSSIBLES

AEV 2223-17 Objectif Lune

Pas très envie d'aller :

- à Tchernobyl ;
- à Mexico ;
- à San Francisco ;
- Sur le pont du paquebot Titanic ;
- Dans la fusée d'Objectif Lune.


Pas envie non plus de retourner :

- A Mourmelon-le-Grand passer un an dans une caserne ;
- M'égarer à l'entrée des installations de l'EPR de Flamanville ;
- A l'abbaye de Solesmes un soir où on y donne un concert de chant grégorien ;
- A l'opéra de Rennes dans une loge tout en haut au premier rang avec vue plongeante sur le vide ;
- Au huitième étage de la tour, 2, rue Saint-Exupéry à 72300 Sablé-sur-Sarthe.


Par contre il se pourrait que j'aille un jour :

- à Palavas-les-Flots ;
- à Sainte-Sévère-sur-Indre ;
- à Colmar ;
- à Honfleur ;
- à Portmeirion (pays de Galles).

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 24 janvier 2022

d'après la consigne 2223-17 ci-dessous

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CONSIGNE D'ÉCRITURE 2223-17 DU 24 JANVIER 2023 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Lieux aimés ou détestés

 

Lister cinq lieux ou endroits du monde réel ou évoqués dans des fictions (cinéma, livres, BD...)

- où vous n’êtes jamais allé·e et ne désirez absolument pas aller ;

- où vous êtes déjà allé·e et où vous n’avez aucune intention de retourner ;

- où vous n’êtes jamais allé·e et où vous iriez bien volontiers.

 
Cela vous fait quinze possibilités de textes à développer ou à assembler comme bon vous semble.

AEV 2223-17 Venise

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20 janvier 2023

ON EN A GROS SUR LA PATATE !

Dillon 13 coloriée et réduite

1
« Qu’on était bien, six pieds sous terre,
Bien à l'abri,
Logées, nourries
Avec le gîte et le couvert !

Et puis un jour ,
Sacré mystère,
Un truc trop louche,
Un coup de fourche :
Voilà qu’on se retrouve à l'air ! »

Refrain 1
C'est la chanson d’la pomme de terre
Qui clame que ça l'exaspère
D'entendr’ des gens peu diplomates
S'envoyer « Va donc, eh, patate! ».


2

« Dans la cave mises à sécher
Bien à l'abri
Ce qu'on s'ennuie !
Puis on nous emmène au marché.

Pour le bonheur des ménagères
V’là qu'on nous pèse
A Sainte-Thérèse
Et qu’aux Lices on nous désespère ! »

Refrain 2
C'est la chanson d’ la pomme de terre
Il n’lui arrive que des misères !
Avec le temps va tout volcan
Dans la purée des p’tits enfants !


3

« Parfois on passe à la casserole
- Ô gens méchants ! -
en robe des champs
Ou on nous pèle ; ça n'est pas drôle !

Pas facile de garder la frite
Quand c'est la fin
Des haricots
Et que les carottes sont cuites ! »

Refrain 3
C'est la chanson d’ la pomme de terre
Il n’lui arrive que des misères
Comme au jambon de Parme entier
Qui s’ retrouve en tranches découpé

Ou comme à cette Finlandaise
Qui masse son mari balèze
Et qui n’éprouve aucune joie
Quand elle gratte un dos finnois.

AEV 2223-16 JK Masseuse finlandaise

 Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 17 janvier 2022

d'après la consigne 2223-16 ci-dessous

19 janvier 2023

WO YÉ LÉ

Dillon 9 colorié et réduit

1
Wo yé lé yé lé
Wo yé lé yé lé
C’est la chanson du canoë
Celle que chante le trappeur Joé
En admirant la canopée

2
Wo yé lé yé lé
Wo yé lé yé lé
C'est la chanson en stéréo
Que passe sur sa cassette Cléo
En admirant son paréo

3
Wo yé lé yé lé
Wo yé lé yé lé
Mais qu'est ce qu'elle s’en vient foutre ici
Cette satanée chauve-souris ?
Voilà qu’ l'ambiance est toute pourrie
On n’admire plus qu'un ciel tout gris

4
Wo yé lé yé lé
Wo yé lé yé lé
Qui est-ce qui a foutu la pagaille ?
Qui est-ce qui a bouffé la papaye 
Pour qu’on se retrouve sur la paille ?

5
Wo yé lé yé lé
Wo yé lé yé lé
Qui a volé le ï tréma ?
Qui nous fait tout ce cinéma
Pour qu’ Joé dans son canoë
Trouve la fin d’ sa chanson... pagaie ?

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 17 janvier 2022

d'après la consigne 2223-16 ci-dessous

LA VIEILLE TANTE KOBA

Dillon 21 coloriée

1

Quand j'allais chez ma tante Koba
Elle déménageait, sa cafetière !
Il fumait son calorifère
Et elle n'en était pas plus fière !

Quand j'allais chez ma tante Koba
Fallait remplir la charbonnière
Réchauffer le café d'hier
Sur la plaque du calorifère.

Refrain 1

Café bouillu café foutu !
Mais non c'est des légendes, vois-tu :
Tout se transforme, rien ne se perd
Seul son cerveau s'faisait la paire !

2

Quand j'allais chez ma tante Koba
Elle jouait à la bayadère
Mais n'avait plus l'allure altière
En nous exhibant sa jarretière

Quand j'allais chez ma tante Koba
Sa main gauche tenait un vieux bas,
Son orteil dansait la samba
Dans une tasse pleine de chocolat

Refrain 2

Benko Nesquik ou Banania
Elle était vieille et toute gaga.
Tout se transforme rien ne se perd
Elle comprenait tout de travers.

3

Quand j'allais chez ma tante Koba
J'avais peur de ses deux molosses
Et je trouvais assez craignos
Qu'elle ait pris pour sceptre un grand os.

Était-ce le tibia d’oncle Edouard
Qui avait disparu un beau soir
Au pôle Nord ou soufflait l’Blizzard
Blizzard ? Vous avez dit « Blizzard » ?

Refrain 3

Le cerveau plein de courants d'air
- Personne ne parlait d'Alzheimer -
Tout se transforme, rien ne se perd,
Orpea ne crie pas misère !

4

Quand j'allais chez ma tante Koba
Je trouvais ça très rock'n'roll
Qu'elle ait une fraise autour du col
Et soit pied nu dans une seule grolle

De Tante Koba j'ai fait mon deuil :
J'ai hérité de son fauteuil.
Sous le siège – Sabords ! Mille milliards ! -
Y avait l’ magot de l'oncle Édouard !

Refrain 4

Depuis j’mène un sacré train d’vie
Et je vous l’ conseille mes amis :
Fréquentez donc les vieilles douairières
Qui déménagent de la cafetière ! 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 17 janvier 2022

d'après la consigne 2223-16 ci-dessous.

17 janvier 2023

CONSIGNE D'ÉCRITURE 2223-16 DU 17 JANVIER 2024 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

Diane et Leo Dillon

 

Ce couple d’illustrateurs américains a oeuvré en 1964 sur un recueil de chansons populaires du monde entier collectées et adaptées par Marais et Miranda, un autre couple de musiciens américains. 

Dillon 01

On vous distribue trois ou quatre des illustrations en noir et blanc – au trait ! - de ce livre.

La liste des titres, traduits approximativement, de ces chansons est la suivante : 

Non, Dolly, Non ! - Viens marcher avec moi cette nuit ! - Un tas de plumes – L’Erablière – Quand je rentre à la maison – Assis près du feu brillant – Si un bateau a des jambes – Wo yé lé – Au coin de la rue – Petite Marguerite – Chanson de la pomme de terre – La Chanson du pêcheur – Hue, les chevaux ! - Pourquoi devrais-je, moi, jeune fille vive… - Quand tu voyages avec tes potes – Beau rêveur -La Vieille tante Koba – Oh non, John ! – La Belle Rosemarie. 

Vous pouvez, au choix :

- essayer d’écrire une chanson ou un poème en rapport avec l’illustration fournie ; répéter cet exercice autant de fois que vous le souhaitez  ;

- écrire une histoire dont le titre sera le titre de la chanson avec son illustration ;

- utiliser les illustrations et les titres comme bon vous semble pour en tirer un texte écrit.

Diane et Leo Dillon - Marais et Miranda 

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12 janvier 2023

RÉCIT D'UNE PROMENADE FANTAISISTE

AEV 2223-15 JK Lapin blanc passé par Goart

Elle rêvait, l'enfant, de partir voyager au beau pays des rêves bleus et justement son livre n'était pas un récit passionnant.

Alors, d'un seul coup, le sommeil la gagna et elle rêva d'un lapin qui courait, une montre à gousset ancienne à la main, un beau chapeau haut-de-forme sur la tête et son élocution empressée lui faisait bébégayer « Je suis en retard ! Je suis en retard !".

Soudain Alice le vit disparaître dans un trou. Son terrier ? La porte d'un pays magique menant au Nirvana ? Saisie d'une soudaine envie de divines surprises et d'aventures folles elle s'élança à la suite de ce drôle d'animal et s'engouffra dans le tunnel . A l'issue de sa chute elle atterrit sur le cul et sur un tas de feuilles mortes.

Il y avait devant ses yeux une clé et un flacon avec une étiquette « Buvez moi et vous verrez ! ». La Ligue antialcoolique, le ministre de l'Intérieur, celui de la Santé n'avaient donc jamais sévi par ici ? Très logiquement, parce qu'elle était curieuse, elle but goulûment à même le goulot de la petite bouteille. Aussitôt elle grandit, grandit et comprit soudain qu'elle ne pourrait plus passer par la petite porte que le lapin avait empruntée pour disparaître. Elle trouva fort heureusement un autre flacon qui lui permit de rapetisser. Alors, ayant repris taille humaine, après avoir subi une autre mésaventure avec les clés du Airbnb, elle ouvrit la porte et entra dans le jardin.

AEV 2223-15 JK Reine rouge passée par goartIl y faisait un grand soleil.
Elle avança et rencontra
Un bébé dans les bras d'une duchesse.
On le secouait, il pleurait, on jetait du poivre.
Ça tournait, petit à petit, crescendo,
Au délire total
Avec une marmotte qu'on faisait entrer dans une théière,
Un chapelier qui disjonctait…

Puis arriva la reine :
Une souveraine lourdement « Nächtige Königin » comme on dit chez Mozart,
Une autocrate terriblement « Dame de fer » comme on dit chez Thatcher
Salement cauchemardesque :

- Tête coupée ! Tête coupée !
Tribunal impitoyable ! Pas d’issue ! Réveil interdit !

Pays des merveilles ? Mon cul, oui !

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 10 janvier 2023

d'après la consigne AEV 2223-15 ci-dessous