09 octobre 2019

L’OCÉAN DES CENT TYPOS : JOURNAL DE BORD DE « LA CACAHUÈTE »

1er janvier.

AEV 1920-05 Pepito Cacahuète

Eh bien dites donc ! Ma doué béniguet ! Aussi vrai que je m’appelle Pépito je n’avais jamais vu un grain comme celui-là et je pense que nous l’avons échappé belle ! Quelle tempête, mes aïeux !
La Cacahuète, notre bien aimé navire, a résisté aux éléments déchaînés mais elle y a laissé des plumes. Des pelures, devrais-je dire. Le grand cacatois est par terre, ça désole Bec de Fer notre perroquet mais aucun des mâts n’est cassé. Maintenant que le vent est tombé les flibustiers Ventempoupe et La Merluche s’occupent à réparer mais j’ai bien peur que nous ne soyons déroutés pour longtemps. Les instruments de mesure du bord ne répondent plus : le sextant est tout mou, l’aiguille de la boussole tourne sur elle-même de façon démente et les cartes marines sont toutes délavées suite aux paquets de mer que nous avons encaissés.

Comble de malchance j’ai bien l’impression que nous sommes passés par le détroit de Clarendon ce qui nous ferait naviguer à l’heure actuelle dans l’océan des Cent typos. Si c’est bien cela, c’est une catastrophe. Les légendes des anciens racontent qu’il y a ici un certain nombre d’îles habitées par des monstres ou des peuplades inconnues aux moeurs bien plus cruelles encore que celles des plus fieffés pirates de La Tortue ou de Las Ananas.

Mais bon, je vais m’arrêter d’écrire pour aujourd’hui. Je vais remonter sur le pont avec une bouteille de ratafia de ma réserve personnelle : c’est la nouvelle année, quand même ! Ca se fête ! Buvons un coup, buvons en deux à la santé des jours heureux ou malheureux qui nous attendent !

2 janvier au matin.

AEV 1920-05 Pepito barque

« Terre à bâbord ! » a hurlé ce matin notre singe Perruche qui occupe là-haut le poste de vigie. Nous avons aussitôt mis le cap sur cette île car nous avons besoin de refaire nos réserves d’eau douce. Dans la longue vue, au fur et à mesure que l’on approche, je suis étonné par la forme du rocher au centre de l’îlot. Quelque chose cloche. On dirait bien que c’en est une. Une cloche. Mon second, Crochette, à qui je me suis ouvert de mes inquiétudes à propos de San Tipo, enfin de l’océan des Cent typos, est allé farfouiller dans sa bibliothèque. Ses livres et parchemins n’ont pas souffert de l’orage car il les a enfermés dans un coffre du genre île au trésor. Il a trouvé quelque chose de très intéressant, un vieux bouquin du quinzième qui s’appelle « Les îles qui ont du chien » par Daniel Baskerville. En consultant l’index à l’entrée « cloche » nous avons pu déduire, d’après la description faite à la page 38, que nous étions en présence de l’île de Bell.

2 janvier au soir.

AEV 1920-05 Pepito Bec en fer

La Cacahuète mouille dans une baie agréable, un lagon bleu pervenche bordé de deux plages blanches et de cocotiers bien garni. Après avoir jeté l’ancre Ventempoupe a mis une chaloupe à l’eau et nous sommes allés ensemble à terre avec Bec-de-Fer qui voletait au-dessus de nous. Ce perroquet est fort utile. Il nous sert d’interprète. Je ne sais quel âge il a exactement mais à force de voler d’île en île et de répéter tout ce que disent les autochtones lui et ses congénères sont devenus polyglottes. Ils sont d’ailleurs tellement bavards que nous nous demandons parfois s’ils n’ont pas plus d’une glotte.

Nous avons caché la barque sur le bord supérieur de la plage et nous avons grimpé vers les hauteurs. L’île semble inhabitée. Il nous a fallu tracer notre chemin en découpant à la machette les broussailles qui ont poussé au pied des cocotiers. Il y a une odeur très sucrée dans l’atmosphère, c’est très agréable et cela donne une impression de chaleur au creux de l’estomac. Au fur et à mesure que nous montons le sol de couleur marron devient lisse et brillant. Bien vite il ne nous est plus possible d’avancer car ça grimpe trop et nous nous retrouvons au pied d’une haute falaise. Ce territoire semble réellement avoir été coulé dans un moule. Ce qui est posé là sur ce qui devait être auparavant un îlot sablonneux, c’est une cloche géante fondue dans une matière inconnue.

Nous sommes revenus sur nos pas, avons repris la barque. L’équipage va débarquer et nous allons bivouaquer ici pour la nuit.

3 janvier au matin.

On a été réveillés à matines par la sonnerie des cloches. En fait ça a été un coup d’escopette tiré par une matrone bien poudrée. C’est une voix de femme qui nous a sonné les cloches :

- Kès vouf outéla ? Cécheunou issitte ! Doucé kvou zète ? Téquila touah ?

Bec de fer a traduit :

- Que faites-vous ici, messieurs ? Vous vous trouvez actuellement sur un terrain privé. D’où venez-vous et qui êtes-vous ?

J’ai expliqué à la dame que nous ne pensions pas à mal et que nous nous apprêtions à repartir après une nuit passée sur la terre ferme. Moyennant quoi un autre Iroquois est venu la rejoindre. Peut-être était-ce son mari ou son compagnon, on ne sait plus comment dire maintenant avec toutes les sortes d’unions qu’on voit aujourd’hui.

- Nous sommes Constantia et Caslon Bodoni, fournisseurs officiels de sa Sainteté le Pape en chocolat de Pâques. Peut-être souhaitez-vous, avant de repartir, visiter notre usine ?

Le mot « usine » était inconnu de Bec de Fer et de nous-mêmes mais le ton de l’insulaire était devenu très civil pour ne pas dire bien urbain. Bec de Fer a traduit notre « Très volontiers, cher Monsieur » en « Pakinpeu Monpott » et le couple de « chocolatiers » nous a emmenés vers la cloche.

Là-même où nous avions rebroussé chemin hier il y avait un sentier étroit que nous avons suivi sur près de cinq cent mètres. Nous avons débouché sur une place et vu dans le rocher marron un grand portail ouvert par lequel nous avons pénétré dans une manufacture. Dans l’immense cloche en chocolat des ouvriers s’activaient en tapant à la pioche à en extraire de gros morceaux. Plus loin des dames en tablier coiffées de toques blanches faisaient fondre ceux-ci et versaient le liquide obtenu dans des moules rectangulaires.

- Nous n’avons jamais vu cela ! avoua Ventempoupe. Ca a l’air bon, en plus !
- Séduj amévuh ! Séd labalh ! a traduit bec de Fer

Normal, répondit Caslon Bodoni. Le secret est bien gardé. Votre pape ne tient pas à ce que le chocolat se répande dans le monde. Avec le chocolat, plus besoin de religion, le paradis est sur la Terre, plus besoin de croire, d’obéir et de subir.

Dans la langue originelle nous avons entendu « Motus papus secretus chocolatum dynamitam ».

Après qu’il eut dit ça nous avons commencé à craindre pour nos fesses. Puisque nous étions désormais dépositaires du secret, quel sort allait être le nôtre ? Les Bodoni ont dû sentir notre inquiétude car ils nous ont dit :

- Vous pouvez reprendre la mer tranquillement. Vous ne risquez pas de raconter cette histoire à qui que ce soit. Nous seuls, dans l’océan des Cent typos, connaissons le seul chemin qui mène à Rome.

Ce que Bec de Fer n’a même pas eu besoin de traduire :

- Passortih de l’oberjum, Pepito !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 8 octobre 2019
d'après la consigne ci-dessous

Les illustrations sont bien évidemment de Bottaro


CONSIGNE 1920-05 DU 8 OCTOBRE 2019 A L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN A RENNES

L’océan des cent typos

 

AEV 1920-05 Pepito Couv_45767

Pépito est un gentil petit corsaire à la frimousse rondouillarde coiffé d'un grand chapeau orné d'une tête de mort. Il est d’ordinaire en lutte contre le méchant gouverneur Hernandez de la Banane (surnommé tantôt « Sa Ventripotence » tantôt « Sa Corpulence », ou encore « La Mortadelle à Pattes » en raison de son tour de taille) qui, assisté du diabolique inventeur Scartoff, fait régner l'injustice sur l'île de Las Ananas. À bord de son navire « La Cacahouète », Pepito est aidé dans cette tâche par son second Crochette, les flibustiers Ventempoupe et La Merluche et un perroquet très bavard, Bec-de-Fer, auquel se joint un singe nommé Perruche.

Emportés par une tempête, Pepito et son équipage se retrouvent au milieu de l’océan des Cent typos. Ils vont errer d’île en île pendant un an. Les noms géographiques de tous les lieux de cet océan sont des noms de polices typographiques. C’est dire si les habitants ne manquent pas de caractère ! Chacun.e de vous écrit le journal de voyage pendant le mois qui lui est attribué et utilise la liste d’une vingtaine de polices qu’il ou elle a reçue pour en décrire les étapes.

JANVIER MARS MAI JUILLET
       
Aachen Rawlinson Roadway Helvetica Courier
Aldus Rockwell Helvetica Neue CourierHP
Antiqua Roman Swiss 721 Courier New
Aster Rotis Serif Highway Gothic DejaVu Sans Mono
Baskerville Sistina Impact Droid Sans Mono
Bell Souvenir Johnston/New Johnston Fira Mono
Bembo Stone Serif Kabel Fixed
Benguiat TheAntiqua Legacy Sans Fixedsys
Bitstream Vera Serif TheSerif Liberation Sans Fixedsys Excelsior
Bodoni Times Roman Lucida Sans Helvetica Mono
Bauer Bodoni Times New Roman Meta HyperFont
Bookman Versailles Modern HVDOSBox
Cambria Windsor MS Sans Serif HVEdit
Cartier Book Arial Myriad HVRaster
Caslon Avant Garde News Gothic HVTerminal
Clarendon Avenir Nokia Pure Letter Gothic
Computer Modern Bebas Officina Liberation Mono
Constantia Bell Gothic Optima Lucida Console
DejaVu Serif Benguiat Gothic Prima Sans Monaco
Espy Serif Bitstream Vera Sans Rail Alphabet Monospace
       
       
       
FEVRIER AVRIL JUIN AOUT
       
Friz Quadrata Calibri Revue MS Gothic
Garamond Century Gothic Rotis Sans MS Mincho
Gentium Charcoal Segoe UI OCR-A
Georgia Chicago Skia OCR-B
Goudy Corbel Stone Sans Prestige
Janson DejaVu Sans Syntax ProFont
Jenson Droid Sans Tahoma Sydnie
Legacy Serif Eras TheSans Terminal
Liberation Serif Espy Sans Tiresias Ubuntu Mono
Linux Libertine Nu Sans Transport alphabet Script
Literaturnaya Eurostile Trebuchet MS Auriol
Lubalin Graph Fira Sans Ubuntu AMS Euler
Lucida Bright Franklin Gothic Univers Apple Chancery
MS Serif Frutiger Verdana Lobster
Century Schoolbook Frutiger NEXT Amsterdam Old Style Scriptina
New Century Schoolbook Futura Portobello Zapf Chancery
New York Geneva Tema Cantante Zapfino
Nimrod Gill Sans TheMix Ashley Script
Palatino Grotesque Andale Mono Comic Sans MS
Book Antiqua Handel Gothic Bitstream Vera Sans Mono Dom Casual
       

 

SEPTEMBRE NOVEMBRE OCTOBRE DECEMBRE
       
Lucida Handwriting TITUS Cyberbit de base Tengwar Sindarin Punk
Tekton Unicode Wadalab Pythagoras
Cupola Y. OzFontN ALPHABETUM Pricedown
Curlz Apple Symbols Arial Unicode MS ( System
Script Bookshelf Symbol 7 Bitstream Cyberbit Tema Cantante
Stone Informal OpenSymbol Bitstream Vera Terminal
Blackletter Symbol Cardo Westminster
Fraktur Wingdings ClearlyU Renault
Rotunda ITC Kahana Code2000 Haettenschweiler
Schwabacher Jokerman Grasset Courier
Amienne Webdings Inuit Kristen (typeface)
Kochi Zapf Dingbats DejaVu Plantin
Minchō Ashley Inline Doulos SIL Denmark
Mona Bauhaus Everson Mono Unicode Consolas
Japanese Gothic Braggadocio Gentium Irregularis
MS Gothic Björk Junicode Lucida Sans Unicode
SimSun Computer Modern LastResort Nouvelle Gulim
Tai Le Valentinium Concrete Roman Lucida Grande  
Tengwar Noldor Cooper Black    
Tengwar Quenya Fixedsys    
       
       
       

Cette consigne est inspirée de l'article de Mathilde Meslin paru dans le journal Télérama n° 3636 du 18-09-2019 et consacré au projet de Jean-Malo Jarry, "L'Océan des cent typos".

AEV 1920-05 Article de Télérama 2 Récif de la comic sans

Posté par Joe Krapov à 13:48 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

02 octobre 2019

DU SCHPROUM SOUS LE WIGWAM !

AEV 1920-04 bégum

Je ne sais pas qui c’est, la Bégum. Elle fait très mal sa com. Mais si c’est une femme et qu’elle porte des bas Dim et de la lingerie Princesse Tam-Tam, je veux bien l’épouser, la Bégum ! Mon pote Jules Verne m’a dit qu’elle possédait cinq cent millions. C’est une sacrée somme !

Souvent, comme ça, je me fais des films dans mon wigwam. Je deviens le rappeur Eminem, je tourne dans un péplum de Tim Burton avec Kim Basinger. Dans son nombril elle a un diam et nous buvons du champagne Momm par magnums entiers à même ses escarpins Eram. Je lui parlerais bien de condom et de lingam et je m’allume le feu rien qu’à l’idée de son yoni mais sa seule envie à elle c’est de jouer au tangram en bouffant des loukoums. Pas question que je sois son chum, même par intérim !

Je mets tout ça sur le papier. Mon wigwam est un scriptorium. Quand je serai grand je serai un écrivain de renom, je ferai de ces notes des romans fleuves, des slams, des poèmes, des pantoums, je serai plus connu que l’auteur de « Millenium » dont j’ai hélas oublié le nom. C’est mon American dream à moi, petit papoose scribouilleur né au pays de l’oncle Sam. Encore que pour nous, les Amérindiens, ce blanc-là est plus tabou que nos totems. Dans leur album de famille les yankees ont certes les pom-pom girls, le LEM lunaire et le nain Atchoum mais ils ont aussi la guerre du Vietnam avec ses flots de napalm et, auparavant, l’extermination de mes ancêtres. Sont pas toujours très glams, les rois du bubble-gum mais bon c’est comme partout depuis le père Adam jusqu’à Jim Morrison, l’histoire des pays c’est souvent un showroom de coups dans le sternum, de coups de pieds au rectum, de Pim ! de Pam ! de Poum ! et Pan sur l’astronome : un maximum de gym sous la toile du barnum et nous idem on a morflé comme dit Wilfredo Lam – c’est notre grand sachem, il ressemble au golem et il fume au chillom autre chose que du thym –.

L’écriture est mon opium. Mes voyages avec elle, c’est un summum. Hier encore j’étais à Paname. Je roulais en tandem, avec Edith, la Môme, la petite en robe noire. Elle chante « Padam, padam » et moi je bois le rhum. Elle m’a emmené rue d’Ulm à l’heure de miam-miam. On a mangé des nems chez un natif du Siam et puis on a fini de chanter Carpe diem dans le harem pas triste d’un joueur de cymbalum qui venait des DOM-TOMs. Il y avait un hammam et des jéroboams dans cette vieille surboum d’avant Mathusalem. Au grand dam de l’Histoire et de la presse people il n’y avait pas de webcam encore moins de CD-rom pour fixer cette orgie de schnouf à l’aspartam à l’issue de laquelle Edith a expiré dans mes bras en même temps que Jean Cocteau dans ceux de Jean Marais.

Je leur ai chantonné un petit requiem. On les a emmenés jusqu’au funérarium puis au crématorium puis au columbarium et le lendemain matin de ces hauts et ces bas, j’ai filé au Bourget – j’aime les aérodromes – j’ai pris un vol de la Panam en direction de Rotterdam ou d’Amsterdam ou de Stockholm, je ne sais plus, mon verbatim est imprécis. C’est qu’à ce moment-là j’ai arrêté d’écrire vu qu’il y a ma mother qu’est entrée dans l’ wigwam où c’ qu’on entendait «Boum», la chanson de Trénet, sur ma chaîne stéréo.

- C’est quoi ce bordel, Jean-Hicham ? T’es quand même un drôle de quidam ! Tu vas m’arrêter ce ramdam, et ramasser tes criteriums et tes papiers chargés de notes. Range-moi tout ce capharnaüm et viens te mettre à table, on mange ! ».

Je ne sais pas pour vous mais moi les parents trop directifs, j’en ai ras le duodenum ! Viv’ment que j’ rencontre la Bégum !

AEV 1920-04 tribu-terrible

La série "La Tribu terrible" de Gordon Bess a été diffusée
dans l'hebdomadaire franco-belge de bande dessinée Tintin de 1969 à 1990.



Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 1er octobre 2019
d'après la consigne ci-dessous.

Posté par Joe Krapov à 11:05 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags : ,

CONSIGNE 1920-04 DU 1ER OCTOBRE 2019 A L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN A RENNES

AEV 1920-04 Logorallye des mots qui se terminent par "m"

 

Insérez au moins dix de ces mots dans votre texte :


Adam - Akim - Album - Amsterdam – Am stram gram pic et pic et colegram – Aspartam - Barnum – Bas Dim – Bethléem - Boum - Bubble-gum – Capharnaüm - Carpe diem - CD-rom - Chalom – Champagne Momm - Chum - Com - Condom - Criterium – Daim - Dam - Diam - Dom-Tom - Duodenum - Edam - Eminem - Eram - Film – Glam - Gym - Hamam - Harem - Harlem - Hum ! - Idem - Item - Jam-session - Jean-Hicham - Jeroboam - Jérusalem – Jim Morrison – Kim Basinger – Les 500 millions de la Bégum - Lingam - Loukhoum - Magnum - Mathusalem - Maximum - Miam-miam - Minimum – Modem - Myriem - Napalm - Nem – Nom – Prénom - Oncle Sam - Optimum – Padam Padam - Panam - Pantoum - Pensum - Péplum – Pim Pam Poum - Pom-pom girl - Poum ! - Priam – Quidam - Ramdam - Rectum - Requiem - Référendum - Rhum - Rom - Rotterdam – Rue d’Ulm – Sachem - Salam alaykoum - Sélim - Siam - Sim - SIVOM – Slim fast - Sternum - Stockholm – Summum - Surboum - Surinam - Tam-tam - Tandem - Tangram - Tim-Burton - Tom-Tom et Nana – Totem – Toutim - Tram - Vademecum - Verbatim - Vietnam – Vroum vroum ! - Webcam - Wilfredo-Lam - Wilhelm-Storitz - Zim-boum-tra-la-la - Zoom

AEV 1920-04 Vietnam

Posté par Joe Krapov à 10:31 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

25 septembre 2019

CINQ ANAGRAMMES A QUATRE MAINS

N 85-27 Salzburg II 11Ame de Salzburg, l’été, indicible, intouchable, imperceptible à l’imperméable que j’étais en 1985 !

Le passage en Autriche s’est effectué à l’issue d’un périple foldingue dans une Tchécoslovaquie encore communiste à l’époque. Nous y avions erré sans planification quinquennale ni préalable de nos lieux de séjour. Nous étions allés de camping improbable avec feu de camp collectif à deux mètres de votre toile de tente en camping avec taxe de luxe, comme au Monopoly, pour les étrangers en passant par pas de camping du tout, une nuit en pleine campagne à dormir à trois dans une Fiat Panda !

Lorsque nous sommes arrivés dans ce camping autrichien en bordure d’un très beau lac, le gérant allait fermer ses portes. On s’est inscrits en vitesse et on est allés se baigner. Je me souviens très bien de la fête de la bière qui a suivi de l’autre côté du lac, du feu d’artifice et du rangement des chaises métalliques à quatre heures du matin.

De Salzburg j’ai gardé souvenir d’enseignes surchargées, hélas photographiées en noir et blanc. Nous avons croisé Simone Weil et surtout nous n’avons même pas cherché à voir le Mozarts Geburtshaus, La maison natale du petit génie Wolfgang Amadeus. C’est que je préférais alors Vivaldi et les Beatles. Il aura fallu que je voie « Amadeus », le film de Milos Forman, un Tchèque sans provisions, pour que je me mette à apprécier la reine de la nuit, le concerto pour clarinette, le requiem, bref, le beau legs de Mozart.

***

Isaure 1024

La vie en rose, à part dans sa belle robe d’anniversaire, celle avec laquelle elle a posé pour le tableau peint par son oncle Eugène Amaury-Duval et conservé au Musée des Beaux-Arts de Rennes…la vie en rose, la vie heureuse, la vie joyeuse, Isaure Chassériau ne l’aura pas connue.

Est-ce son père, Adolphe Chassériau, le libraire-éditeur aux expériences foireuses qui lui a donné l’exemple d’une vie triste ? Je crois me souvenir qu’il a fini par s’exiler en Amérique du Sud et qu’il y est mort jeune, laissant la maman d’Isaure, Emma-Antigone Duval, veuve, parisienne et salonnarde, vivre de leçons de piano, de confection de sacs et bijoux et surtout d’un remariage réussi avec un député vendéen, M. Guyet-Desfontaines.

Le mariage d’Isaure Chassériau avec un militaire devenu percepteur, Alfred de Brayer, fut un réel échec. Les jeunes gens ne s’entendirent pas, ils se séparèrent et Isaure la neurasthénique abandonna sa vallée de larmes à l’âge de 35 ans.

Toute cette somme d’informations perdues, toute cette histoire parallèle ou perpendiculaire à la ville de Rennes dont tout le monde se fiche éperdument aujourd’hui, Joe Krapov et moi-même nous demandons parfois si on ne l’a pas inventée, si cette existence fut réelle ou si on l’a rêvée.

***

1909225 Le bateau ivre cover

« Le Bateau ivre », moi, je n’ose plus le lire, ce texte !

Je connais deux personnes à Rennes qui savent ce poème par cœur et, je dois l’avouer, elles me font peur toutes les deux. Il faut, pour apprendre ce truc, être à mon humble avis aussi fou que l’auteur, ce jeune provincial fugueur de seize ans monté à Paris pour le réciter devant un cénacle de poètes ébahis qu’il ne mit pas longtemps à agresser de sa folie de punk à chien sans chien des Ardennes. Oui, c’est ça, Jean-Nicolas-Arthur Rimbaud !

Et pourtant ce n’est pas l’envie qui me manque de l’enregistrer à mon tour. Oui, derrière Gérard Philipe, derrière Léo Ferré. Tout est possible, tout est réalisable et sur ma chaîne Youtube la vidéo postée r moi qui a le plus de succès est une interprétation déglinguée de « La Patrouille des éléphants » extraite du « Livre de la Jungle » de Walt Disney.

Autant dire que je ne risque rien à le faire sinon à m’effrayer moi-même d’avoir osé toucher du doigt et de la voix cette beauté virale.

***

Serge Gainsbourg ! On pourrait dire aussi, à la façon du dictionnaire : Gainsbarre, Serge : provocateur des années soixante à quatre-vingts du XXe siècle qui a fait fortune en vendant de la chansonnette en art mineur, alors que toute sa vie, à l’instar de Ludwig Van Beethoven, il a cru qu’il faisait de la peinture.

Mais pas la peine de se prendre la tête de chou à propos de cet homme-là, de son « soixante-neuf année érotique », de sa « Marseillaise » en reggae, de son « Je t’aime moi non plus », de son roman « Evguénie Sokolov », de sa façon de brûler un billet de cinq cents francs devant les caméras de la télévision ou du fait de filmer des petites filles toutes nues qui courent sur une plage pour illustrer un clip de Renaud.

On connaît moins le cinéaste qui a transposé dans « Equateur » avec Francis Huster le roman le coup de lune de Georges Simenon.

Et moi je l’aime bien pour ça, pour sa « Javanaise », pour son « Accordéon », pour son « En relisant ta lettre », pour sa couleur café pour ses petits papiers et même ses sucettes à l’anis, sa poupée de cire, sa poupée de son, sa situation sous le soleil exactement. Bien plus pour ses chansons que pour ses provocations notoires ou ses grabuges ignorés.
 

*** 

190925 Solesmes aquarelle IP Krapov 114238838_o

Le chant des sirènes monte dans le jour. C’est le premier mercredi du mois et il est midi.

Mais pourquoi ne les entends-je pas ? Pourquoi ne les entends-je plus ? Non seulement je suis attaché au mât du navire Terre en grande perdition pour cause de réchauffement climatique, de populisme et de guerres larvées ou déclarées à tous les étages mais en plus je deviens dur de la branche, sourd comme un pot, malentendant comme un Tryphon dans un champ de tournesols appartenant à M. Van Gogh ?

Le chant des sirènes monte dans le jour. En février prochain François-Ulysse en prendra pour son grade et ça bardera pour Pénélope !

Je ferai une croix sur une partie de mon odyssée. On couchera le roi de Sabolie et j’abandonnerai dans un coin de ma mémoire ces jolis paysages de la Sarthe avec l’abbaye de Solesmes, les pénichettes et les barques amarrées devant dont j’aimais tant les tendres chaînes.

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 24 septembre 2019
d'après la consigne ci-dessous


CONSIGNE D'ÉCRITURE 1920-03 DU 24 SEPTEMBRE 2019 A L'ATELIER DE VILLEJEAN A RENNES

190925 Anagrammes à quatre mainsAnagrammes à quatre mains

 

 La formule écrite dans la colonne de droite des tableaux suivants est une anagramme de la formule écrite dans la colonne de gauche. Dans le livre de Karol Beffa et Jacques Perry-Salkow un petit texte d’une quinzaine de lignes relie la formulation 1 ( à gauche) qui sert donc d’incipit au texte à la proposition 2 qui termine le texte (excipit). 

A vous d’en faire autant, entre trois et cinq, sachant que toutes les dix minutes les tableaux vont tourner et que vous pourrez faire votre choix dans le même panel que vos voisin.e.s (mais pas dans le même ordre).


Le tango est une pensée triste qui se danse Poètes en quête d’argentines sensualités
Boléro de Ravel Rodéo verbal
Les Fables de la Fontaine La fin des nobles à la fête
Esprit de la valse Le vert des palais
Ame de Salzbourg l’été Le beau legs de Mozart
La Reine de la nuit La traîne en deuil
Nathalie Dessay Ayant des ailes
Art de la fugue et feu du Graal
Alice au pays des merveilles Le lièvre au pays des malices

René Magritte mer et granite
La musique souvent me prend comme une mer Un murmure comme le vaste monde qui pense
Le bateau ivre Beauté virale
Tristan et Iseult Triste est la nuit
La lettre à Elise  Et elle serait là
Le poinçonneur des lilas Spleen du rail inconsolé
Le tango argentin Gant noir et élégant
Le créateur est un archer qui tire dans le noir (Gustav Mahler) On lut ici : rien sur terre que le hasard ne créât
Do ré mi fa sol la si Mois floral d’Asie

Les touches noires Les notes riches
Le trio Oscar Peterson Piano très, très coloré
Le pianiste Bill Evans Sa planète, l’invisible
Le pierrot lunaire Et il pleurera noir
La vie en rose Si on l’a rêvée
La danse macabre calme sarabande
La vie sans musique est tout simplement une erreur, une fatigue, un exil (Nietzsche) Une lettre, une missive qu’un ermite, un fou lumineux laisse à Peter Gast
Les années Sand et Chopin Plein d’essences à Nohant
Prélude à l’après-midi d’un faune Un parfum de paradis endeuillé

La charmeuse de serpent Pesante chaleur des mers
Des pas sur la neige  usager des plaines
Marche turque charme truqué
Carmen et Don José J’ose te condamner
Serge Gainsbourg grabuges ignorés
Le cabaret du moulin rouge Et la goulue, ce brin d’amour
Danse du ventre  versant de dune
Soirée dans grenade (Debussy) Sérénade grandiose
Esprit de la valse Le svelte paradis

La belle au bois dormant mouillant sa robe de bal
Saint-Germain des Prés Paris, destins en marges
Les moulins de mon cœur comme son roulis de lune
Le bal masqué Quelle samba
Le chant des sirènes Les tendres chaînes
Brel, ne me quitte pas Le temps qui t’a berné
Que reste-t-il de nos amours Très romanesque solitude
L’amour est un oiseau rebelle Sous l’aile une ombre le tuera
La Scala de Milan Demain La Callas

 

Posté par Joe Krapov à 10:42 - - Commentaires [7] - Permalien [#]
Tags :

18 septembre 2019

POÈME DE MÉTRO (LIGNE A DU MÉTRO RENNAIS)

Ne tournons pas autour du pot
Je suis quand même un drôle d’oiseau,
Amoureux de Plaisanterie, 
Zeugma et Contrepèterie .

Poterie

A me lire, certains rient jaune.
Je n’ai pas le ticket cinq zones
Qui permet de descendre au Blosne ;
Je suis une drôle de personne. 

Le Blosne

Pour regarder ce monde exsangue
C’est certain, je choisis les angles
Les plus détachés de la sangle
Et crie sous la halle au Triangle. 

Triangle

Je suis bariolé comme un De Chirico,
Vivaldien comme un allegro.
Je chante des airs de folie
A la gloire de l’Italie. 

Italie

Un air frais envahit les villes
Dans lesquelles je marche tranquille.
Quelquefois je laisse des plumes
Entre le marteau et l’enclume. 

Henri Fréville

L’humain ne fait pas de quartier
Pour les « à côté de la plaque ».
Que je suive ou non le sentier
C’est bien certain : je fais le Jacques. 

Jacques Cartier

Mais gare aux retours de bâton :
On ne peut pas impunément
Se foutre du qu’en dira-t-on
Quand la parole est monument,
Quand émettent, sur le même ton
Celui qui crie, celui qui ment. 

Gares

Ah quoi ?! Déjà Charles de Gaulle ?
Et, toujours mis en examen,
Je cherche un lecteur qui rigole
Des pépiements de mon chemin. 

Charles de Gaulle

Je suis chardonneret public !
Si me dressez contravention
Je saurai bien prendre l’oblique :
Il n’est cage sans évasion. 

République

Partis comme églises me tannent,
Toutes les fleurs des bois m’étonnent
Et quelques-uns m’ont à la bonne
Entre Saint-Michel et Sainte-Anne. 

Sainte-Anne

Dans les profondeurs de la terre
L’écriture est mon seul pactole.
Pourquoi je ris ? C’est un mystère
Dans la sous-France d’Anatole. 

Anatole France

Aux urgences de Pontchaillou
Je n’irai pas, la chose est sûre
Me plaindre en hurlant qu’un caillou
A pénétré dans ma chaussure. 

Pontchaillou

Autant de gens dans l’univers,
Tant de villes et tant de cités…
Laissez-moi concocter des vers,
Chanter la biodiversité. 

Villejean Université

Quand le ciel est rouge incendie
Quand je suis pris de fatrasie,
Je sais descendre à Kennedy
Mettre des fleurs dans les fusils. 

J.F. Kennedy

P.S.

Or, rendu au bout du trajet
Je m’aperçois – vraiment, quel sot
Troublé par les « dring dring » !– que j’ai
Oublié Georges Clémenceau !

Clémenceau

 

AEV 1920-02 plan de la ligne 1 du métro rennais

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 17 septembre 2019

d'après la consigne ci-dessous

Posté par Joe Krapov à 10:06 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

CONSIGNE D'ÉCRITURE 1920-02 DU 17 SEPTEMBRE 2019 A L'ATELIER DE VILLEJEAN A RENNES

Poèmes de métro

AEV 1920-02 jacques jouet

Nous écrivons ce soir des poèmes de métro à la façon de Jacques Jouet. Nous prenons place dans la rame à la station 1. Nous écrivons, en pas plus d’une minute, le ou les premiers vers du poème.

Puis le métro démarre. Nous posons le crayon et pendant deux minutes nous inventons dans notre tête le vers suivant. A la station n° 2 nous avons une minute pour l’écrire sur le papier. Et ainsi de suite jusqu’à la station n° 15.


Voir un descriptif plus détaillé et des exemples ici.


Quatre itinéraires sont proposés à votre choix

 

RENNES Ligne A PARIS LIGNE 5 RENNES Ligne B MANU CHAO
1 J.F. Kennedy Porte de Pantin Saint-Jacques - Gaîté Merry blues
2 Villejean-Université Ourcq La Courrouze Eldorado 1997
3 Pontchaillou Laumière Cleunay Promiscuity
4 Anatole France Jaurès Puits Voltaire La primavera
5 Sainte-Anne Stalingrad Mabilais Me gustas tu
6 République Gare du Nord Colombier Denia
7 Charles de Gaulle Gare de l'Est Gares Mi vida
8 Gares Jacques Bonsergent Puits Duhamel Trapped by love
9 Jacques Cartier République Saint-Germain Le rendez-vous
10 Clemenceau Oberkampf Sainte-Anne Mr Bobby
11 Henri Fréville Richard-Lenoir Puits Vincennes La vacaloca
12 Italie Bréguet – Sabin Jules Ferry Infinita tristeza
13 Triangle Bastille Puits Lafond La chinita
14 Le Blosne Quai de la Rapée Gros-Chêne La marea
15 La Poterie Gare d'Austerlitz Les Gayeulles Esperanza

Posté par Joe Krapov à 09:42 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

11 septembre 2019

Le Monopoly rennais façon Joe Krapov

1920-01 JP01

1920-01 JP02

1920-01 JP03

1920-01 JP04

1920-01 JP05
1920-01 JP06

1920-01 JP07

1920-01 JP08

1920-01 JP09

1920-01 JP10


1920-01 JP11

1920-01 JP12

1920-01 JP13

1920-01 JP14

1920-01 JP15

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 10 septembre 2019

d'après la consigne ci-dessous

 

N.B. J'espère que la Fondation Monopoly ne va pas venir poser des gommettes sur ce blog
pour m'indiquer quelles cartes je dois enlever et quelles cartes je peux laisser ! ;-)

Posté par Joe Krapov à 15:19 - - Commentaires [4] - Permalien [#]
Tags : , ,

CONSIGNE D'ÉCRITURE 1920-01 DU 10 SEPTEMBRE 2019 A L'ATELIER DE VILLEJEAN A RENNES

Réécrivez le jeu de Monopoly en le transposant à Rennes.

Il existe dans le jeu de Monopoly original six séries de trois titres de propriétés (rues, places, avenues) et deux séries de deux titres. Leurs couleurs sont, dans l’ordre : bleu marine (2), bleu ciel (3), violette (3), orange (3), rouge (3), jaune (3), vert (3), bleu outremer (2)

Reconstituez ces huit séries à votre guise en remplaçant les noms de lieux parisiens par les noms de rues de Rennes dans lesquelles vous dépensez ou pourriez dépenser de l’argent.

Pour chaque rue indiquez un magasin, un hôtel ou tout autre établissement dans lequel le joueur dont le pion arrivera sur cette case devra effectuer une dépense comprise entre 10 et 500 euros. Indiquez la nature de la dépense.

Les 4 gares seront remplacées par des lieux de plaisir (salle de spectacle, de sport, restaurant, café, cinéma, bibliothèque ou autre).

Il y a seize cartes "chance" et seize cartes "caisse de communauté". Chacune impose au joueur qui a tiré une de ces cartes des transactions financières ou autres à ses dépens ou en sa faveur. Elles sont comprises entre 5 et 250 euros. Réinventez-les à votre sauce en actualisant leur texte.

N.B. Chaque joueur dispose de 1500 euros lorsque débute le jeu et en touche 200 chaque fois qu'il passe sur la case départ. Le but du jeu est d’être ruiné le premier !

monopoly-rennes

Posté par Joe Krapov à 13:24 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,