13 juin 2019

LES PARDAILLAN

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Fais-moi mal, jauni, jauni !

Descends du grenier, ô vieux livre ! Rappelle-moi que tu me fus recommandé par des grands-parents idéalistes qui ne sont plus. Redis-moi cette époque où les livres étaient nos seuls trésors et où l’auteur, Michel Zévaco, inventait des héros qui bousculaient rois et puissants. Redis-moi le chevalier de Pardaillan qui raille, bataille et ferraille.

Fais-moi du bien, jauni, jauni !

Remmène-moi au pays des hommes de croyances autres qu’opportunistes et tant pis si c’est une erreur de croire avec Rimbaud qu’on peut changer la vie. Tant pis si nos héros n’étaient que de papier. Les vôtres sont de tweets et de jeux vidéo, interchangeables, périssables, oubliables. A chacun ses marionnettes !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 11 juin 2019
d'après la consigne ci-dessous

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LOUVRE LA FENETRE QU’ON RESPIRE UN PEU !

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Notre musique intime est une fenêtre secrète qui donne sur Wonderland.

Quand on l’ouvre on a l’impression que la vie est un miracle : ma mère l’a regardé en gardant les yeux secs mais moi j’y ai plongé et je m’y noie encore dans ce paysage vert de Bretagne et de pluie.

La famille indienne n’a rien contre le mariage mixte… chez les autres. Mais on peut rire sans alliance et trouver son terroir dans un ailleurs très proche. Une visite au Louvre, loin des bandits de l’intox, vous emmène au-delà des frontières, là où tous les artistes sont des frères.

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 11 juin 2019
d'après la consigne ci-dessous

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ESPACE DU POSSIBLE

AEV 1819-31 Tout sur ma mère

Comme le disent les gynécologues « le vagin, c’est un espace avec du possible ».
Alors, du coup, on peut le lire dans « Ciné live », :
Béatrice Dalle a le feu occupé
Un marcel, deux saillies
Oseille, oseille Joséphine !
Mambo sapin, roi défloré !
Machu, Pichu et leurs amis lèvent leur verre aux lovers verts
Gode save the queen
Nicolas Cage se gèle les fouilles devant la cantatrice chaude
Tout sur mammaire
Tous sur ma mère
Etc. Etc.

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 11 juin 2019
d'après la consigne ci-dessous

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DANSEZ, MADAME CIGALE !

AEV 1819-31 Mercano

Lorsqu’on met en place le processus du mambo italiano et qu’on découvre le prix à la fin de la séance on se dit que le professeur est du genre « Tout pour l’oseille ».

Mais c’est un gars sûr. Il ne parlera jamais. Et pourtant, il le sait très bien : les petits meurtres d’Amérique dans l’école en campagne sont souvent commis par Mercano le Martien, tout à fait en osmose avec son costard de sœur Alice

Et s’il ne dit rien de ceci, c’est surtout parce qu’il ne connaît pas la réponse : Mon chien, ce héros, sera-t-il encore en vie là-haut dans la bodega de nuit du Paradis ?

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 11 juin 2019
d'après la consigne ci-dessous

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CONSIGNE D'ÉCRITURE 1819-31 DU 11 JUIN 2019 A L'ATELIER DE VILLEJEAN A RENNES

Les cut-up* de Ciné-live

 

AEV 1819-31 Ciné live

L'animateur distribue à chaque participant un numéro d'une revue de cinéma, Ciné live.

1) A la rubrique "Dans les salles" plusieurs films sont analysés et critiqués sur une même page. Il est demandé d'écrire , pour chaque page, une phrase dans laquelle deux ou trois titres sont insérés.

Par exemple : 

Passion - La coccinelle revient - La cloche a sonné

Quand la cloche a sonné la cocinelle revient goûter aux fruits de la passion

On constitue ainsi une réserve de six ou sept phrases

2) Sous les photos qui illustrent ces critiques de films, il y a une légende qui ressemble fort aux calembours du "Canard enchaîné".

Par exemple : Haut les mains, peau de catin  - Batman biguine - Jamie sans bouillir

On note celles qui nous semblent amusantes

3) A partir de ces éléments, écrivez ce que vous voulez en essayant d'insérer vos phrases et les légendes que vous avez notées.

 

* Pour en savoir plus sur le cut-up, cliquez ici

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05 juin 2019

L’ACCORDEUR DE CIGALES

Tout a sans doute commencé à cause de l’accordéoniste. Il s’est incrusté dans une discussion entre Nathalie et Monique dans la salle des périodiques de la Bibliothèque universitaire où je venais d’atterrir. Dans toute la joyeuse bande de mes collègues d’alors j’avais réussi à en embarquer trois dans ce projet musical totalement au diapason du Jack Lang de 1981 : descendre dans la rue le jour de la Fête de la musique et donner à entendre et à voir son savoir-faire de tapeur de casseroles, de frotteur de violon ou d’élytres, de joueur de piano debout ou de chanteur de salle de bains.

Ce n’est pas pour embêter la fourmi mais moi je suis du signe de la cigale et mon instrument c’est la gratte, la guitare. Je souffle également dans des harmonicas et mon inspiration pour ce jeu de souffler-aspirer dans un « ruine-babines » vient de Neil Young plus que de Bob Dylan. Encore que les modèles français que j’ai eus dans l’enfance s’appelaient plutôt Albert Raisner ou Antoine. Ce dernier, dans ses « Elucubrations » de 1965 ou 66 nous gratifiait de deux petites notes par-dessus ses chemises à fleurs à la fin desquelles il proclamait : « Oh ! Yeah ! ». 

A l’époque Sheila chantait « Le kilt », « Petite fille de Français moyen » et « Le Folklore américain ». Il y avait plein de joyeux loustics qui avaient débarqué avec des guitares électriques et il fallait choisir son camp entre Beatles et Rolling Stones. Mais on pouvait aussi préférer la guitare sèche du moustachu de Sète, l’oncle Georges B. avec son « plonk plonk » régulier qu’on appelle la pompe.

Mais je m’égare. Tout ça c’était bien avant qu’on fasse la connaissance de ce pharmacien à thèse tardive – il ne l’a toujours pas soutenue - qui jouait de l’accordéon. Il m’est arrivé plus tard de chanter avec lui du Bruce Springsteen (« Pay me my money down ») mais jamais de morceaux de Neil Young.

Donc l’accordéoniste, Hervé, s’est joint à nous, a tenté de se mettre en osmose avec notre répertoire de javas folles et de tangos stupéfiants pour que finalement, sur la petite place derrière chez nous, nous produisions sans recevoir top de quolibets la première prestation des « Rats déridés » ce 21 juin 1998 dans la bonne ville de Rennes.

Vingt ans ont passé depuis, la chorale a grossi puis s’est éteinte, puis s’est transformée en Club des 5 et j’en ai à nouveau deux autres sur les bras. Grâce à l’informatique et à cause de la nécessité de transposer la tonalité des partitions pour les joueurs de piano à bretelles sans capodastre, j’ai fait d’énormes progrès en solfège. Mais franchement, être accordeur de cigales, quel turbin ! Que devrait dire vrai un chef de chœur, quel enfer vit-il, le roi de la polyphonie ? Parce que moi, mes cigales chantent à l’unisson. Une fois sur deux j’oublie de leur faire faire des vocalises mais il me semble bien que le quart d’heure qu’elles passent à bavasser entre elles avant de pousser la moindre note est un exercice de mise en voix bien plus efficace que les « Rheu Keuh Tseuh Keuh », le « Chênehutte-les-Tuffaut » ou le « La belle eau, la belle eau, la belle eau » que j’ai pratiqué en tant que choriste de 2008 à 2018 au sein de la Chorale Héloïse, le lundi soir, rue de Redon.

Quand je jette un œil sur cette activité musicale continue je me questionne cependant. Ne serais-je pas plutôt une très patiente et très utopique fourmi rêvant que de ces gosiers de bavardes sortent des watts Castafioriens, des habaneras de Carmen bien en place, des « Eaux vives » habitées ou des « Emmène-moi » chavirants ?

AEV 1819-03 la-cigale-et-la-fourmi B

Je réussis désormais à accompagner deux accordéonistes tatillons, un violoniste souple et des joueurs de ukulélé de rencontre. Personne ne joue du xylophone avec moi et Jean-Luc Godard a encore oublié son ocarina – pardon, son Anna Karina – dans les limbes des années soixante évoquées plus haut.

Mais toutes ces prestations déjantées, du « Meuh Meuh Meuh font les vaches » donné sur la place de la Mairie de Rennes au « Yoga de la narine » balancé sur la scène du « Diapason », du « Galette saucisse je t’aime » envoyé à l’A.G. de la Maison de quartier de Villejean à cet « Homme debout » qui ne doit rien évoquer du tout aux pensionnaires des deux EHPADS où l’on me traîne, tout ce travail d’accordeur improbable n’a-t-il pas pour objectif de réconcilier les cigales et les fourmis dans un même éclatement jovial des muscles zygomatiques ?

Faut-il que j’ajoute « J’ai usé cinq culottes » à la liste de ces gentilles provocations pour me persuader que « Tant que je chanterai, nous serons en été et la vie sera belle » ?

Parce que de toute façon, si on me demande à l’hiver de « danser maintenant », La Fontaine ne sera pas déçu du voyage : la danse et moi, ça fait deux ! Plus que deux, même !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 4 juin 2019
d'après la consigne ci-dessous

Mots insérés : accordéoniste, bande, collègues, diapason, elytres, fourmi, guitare, harmonica, inspirateur, jeu, kilt, loustic, moustachu, Neil Young, osmose, place, quolibet, Rats déridés, solfège, turbin, unisson, vocalises, watt, xylophone, yoga, zygomatique.

 

N.B. La caricature de Joe Krapov en cigale La Fontainienne est toujours due au talentueux Michel Hivert.

CONSIGNE D'ÉCRITURE 1819-30 DU 4 JUIN 2019 A L'ATELIER DE VILLEJEAN A RENNES

Quarante titres (et un abécédaire) pour mille et une fictions (1)

 Voici quarante titres proposés par Hubert Haddad à la page 245 de son "Nouveau magasin d'écriture" :

Le corbeau sentimental - Ultimes confidences d’un Dom Juan de basse-cour - Le chat qui se promenait dans un rêve - La transparence des loups - Le marionnettiste ficelé - Le manège noir - Et voilà les parents de Dieu - Le chirurgien des ombres - Le paysan photographe - Paysage à la pointe de diamant - Meurtre sous une ombrelle - Les trois vies de l’apprenti veil homme - Le charbonnier, le nègre et la pleine lune - Le sculpteur de larmes - L’énigme du somnambule ou les rendez-vous de la bohémienne - L’inconnu de chaque instant - L’abîme derrière la porte - Narcisse et le crâne - Déjeuner de Newton avec un pendu - Le bourreau amoureux - Crime en deux nuits et une messe - Monsieur chez les femmes - D’Oedipe à Daisy - La statue de pluie - Le pêcheur de corail qui plongeait au fond des mers pour raconter sa vie à la sirène aux yeux d’oubli - Le roseau funèbre - Des rats dans les Dolomites - Flânerie de l’apocalypse - Le voleur sans nom poursuivi par son ombre - L’infini quelquefois - L’industriel et ses amulettes - L’assassin et son double - Nuit blanche à l’hôtel de la Courte paille - Le grenier de l’amnésique - Chronique de la canicule - Un hiver à Pékin - Tancrède ou l’Art d’aimer - Le singe et la prisonnière - L’accordeur de cigales - La véritable histoire de Dieu –

 Vous choisissez un titre dans cette liste. Puis vous listez 26 mots qui vous serviront à écrire votre histoire : chaque mot commence par une lettre différente de l’alphabet (anacoluthe – bachi-bouzouk – cornichon - dinosaure etc.)

Si possible, vous insérez les 26 mots dans l'ordre alphabétique au sein de votre texte.

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29 mai 2019

COUCHANT BLANC

C afe press - I love Rimbaud

Quelle sorcière va se dresser sur le couchant blanc ? La mer et le ciel sont à la parade mais le tambour du Jour s’est tu. La route nous conduit vers l’Eternité – c’est la mer salée avec le soleil ! -.

Piéton dans le siècle de la tautomobile (Ah tut tut pouêt pouêt la voilà, la tautomobile !) on finit quelquefois sa course sur le sable. Alors devant nos yeux d’enfant les géantes prennent naissance. C’est un cortège de balais, de chats rachitiques, de lune, un sabbat infernal qui nous glace d’effroi. Et pourtant cela n’est peut-être que la Nuit.

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 28 mai 2019
d'après la consigne ci-dessous

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DÉPART

170216 - LE MONDE HS - Arthur RIMBAUD, Le génial réfractaire - 019

Dans un grenier où je fus enfermé à douze ans j’ai connu le monde. Son déluge de sang emplissait les vieux livres que j’ouvrais, tout pleins de guerres anciennes et de tambours muets sur ce que coûte le progrès. Dans les cités en flammes les visages figés n’avaient pour horizon que la glace du tombeau ou le départ des peuples pour un lointain exil.

De toute éternité, avec les pierrries et le ciment des jours, on célébra l’Idole. On Lui a élevé palais et cathédrales.

Et quand on a ouvert la porte du grenier j’étais prêt. J’ai tué le geôlier qui venait me nourrir et j’ai pris le chemin afin de n’être plus, dans la vraie vie, Ailleurs, qu’un enfant du Soleil.

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 28 mai 2019
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PARADE

170216 - LE MONDE HS - Arthur RIMBAUD, Le génial réfractaire - 013

L’Automne déjà ! Mais pourquoi regretter un éternel soleil ? N’aurons-nous pas, l’année prochaine, la féerie des idoles au pied du tapis rouge ? Ne viendront-elles plus au grand cirque de Cannes conquérir d’autres palmes ? L’essaim des journalistes, les pierreries brillantes sur les robes du soir, les marches du palais, les haleines retenues avant le palmarès, tout ce ciment du rêve, américain ou pas, va-t-il vers son couchant ?

J’aurai juste un printemps de plus. Et qu’est-ce qu’un printemps quand on est maître des horloges et que l’on a l’éternité devant soi ?

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 28 mai 2019
d'après la consigne ci-dessous

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