23 mai 2018

POÈME IMPÉRATIF

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Ecris ! Ecris !
Ecris les mots du cœur !
Ecris les mots moqueurs !

Qu’on tique à ton cantique !
Qu’on s’écrie à tes cris !
Qu’on proteste à tous crins,
Qu’on conteste tes écrits,
Qu’on tempête face à leur écrin !
Qu’on critique ta poétique !

Ecris ! Ecris !
Et crie !
Sois preste à devenir peste !

Aie la rage !
Sois l’orage !
Noie les aèdes
Dans leur eau tiède !
Tire parti du tapage,
Prends parti pour le partage !
Jette-toi dans les rapides !
Ecris-nous des mots limpides
Sans te préoccuper des modes
Camarade !


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mai 2018
à partir de la consigne ci-dessous


POEME NÉGATIF

180503 Nikon 454

Poésie, démonétisée,
N’ayant plus une seule lire
Ne joue plus dessus
Ses chansons napolitaines
Qui faisaient Scaramouche à tout coup.

Jamais plus hôte de Mark
Aux salons de l’opéra
Elle ne brille plus guère, non plus,
Sa couronne, aux palais tchèques
Sans provisions.

Il s’en fallait de peu du reste
Qu’on ne l’assignât à résidence
Ornée à la cheville ouvrière,
A ses pieds alexandrins,
D’un bracelet électronique

Elle n’est plus que pièce percée
Jusques au fond du cœur
D’une teinte imprévue
Aussi bien que mortelle.

Avec la disparition du liquide
Ne restent plus sur place
Que des cœurs secs. 

Jamais plus la carte ne sera du Tendre
Ni ne tinteront pareilles offrandes.

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mai 2018
à partir de la consigne ci-dessous

NOUVEAUX VERBES

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Cher Wolfgang Amadeus

Si tu entendais mes soupirs,
Saurais-tu combien je silence,
Combien je te pause sur un piédestal ?

J’ai double-croché ton portrait
Sur tous les murs-murs de ma chambre,
Je te gainsbarre de reprise,
Je te pointdorgue sans mesure.

Comme je voudrais que tu m’arpèges,
Que tu me dièses,
Que tu me crescendotes
Au bécarre de tour
De tout ton amour,
Que tu me blanches,
Que tu me rondes
Que tu m’anicroches
Que tu me clédesoles

Oui j’aimerais tant que tu me hautboives,
Que tu me tires l’ut,
Que tu me libidores la pilule,
Que tu me sérénaïades,
Que tu me symphonymphonies,
Que tu me concertisses
Des diamants de ta musique !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mai 2018
à partir de la consigne ci-dessous

POÈME SUR LE TEMPS QU’IL FAIT

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Quel temps fait-il aujourd’hui ?

Il fait pieds nus dans les sandales,
Il fait collier fin sur haut de poitrine

Il fait bras nus pour tout le monde
Il fait petit vent dans les branches au soir qui tombe.

Il fait mai, bientôt juin,
Temps de poème en nos journaux
Il fait dictionnaire de rimes

Il fait guitare sur le dos
Et retour chemise trempée :
Sueur à ne plus travailler

Marche vers l’été inconnu
Il fait incertain de périples

Il fait retour des festivals
Il fait retour des estivants
Il fait musique pour vivants :
Régénérer l’octogénaire
Avec des rythmes neufs… d’hier !

Il fait de l’endormissement
Dans les ateliers d’écriture

Bientôt du temps de 24 heures
Et trous de vrillettes indûment
Par où s’échappent des ciels blancs
Et des nuits à compter étoiles,
A dormir fenêtres ouvertes
Et gonfler, par ses ronflements,
Les ailes du moulin du temps.

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 22 mai 2018
à partir de la consigne ci-dessous


N.B. Les photos qui illustrent ces poèmes ont été prises au Musée des porcelaines du château de Nymphenburg (Allemagne) le 3 mai 2018.

 

CONSIGNE D'ÉCRITURE 1718-29 DU 22 MAI 2018 A L'ATELIER DE VILLEJEAN

L'agenda du presque poète

AEV 1718-29 Agenda du presque poète

C'est le titre d'un livre très intéressant de Bernard Friot, joliment illustré par Hervé Tullet, publié aux Editions de La Martinière. On y est incité à écrire un poème par jour à partir d'une petite consigne. L'animateur en propose sept. A chacune et à chacun d'écrire le nombre de poèmes qu'il souhaite dans le temps d'écriture imparti (une heure)

Poème impératif : toutes les phrases de ton poème seront au mode impératif ;

Poème négatif : écris un poème utilisant diverses formes de négation ;

Poème futuriste : tous les verbes conjugués seront au futur ;

Ajoute de nouveaux verbes au dictionnaire. C’est facile : choisis des noms ou des adjectifs et conjugue-les ;

Poème caché : Fais émerger de ce texte (un article choisi par l'écrivant dans une pile de journaux) un poème. Pour cela, prends un feutre noir et procède par effacement en ne laissant que les fragments que tu vas utiliser pour composer le poème ;

Ecris un poème qui répond à la question « Quel temps fait-il aujourd’hui ?

Poème infinitif : tous les verbes du poème sont à l’infinitif.

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29 avril 2018

À QUOI RECONNAÎT-ON QUE VOUS N'ÊTES PAS UN BRETON NATIF ?

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A quoi reconnaît-on que vous n’êtes pas un Breton natif de Bretagne ?

La galette-saucisse à 10 heures 30 sur le marché des Lices le samedi n’est pas votre mets favori.

Vous êtes plus bière que cidre – mais les Bretons qui ne sont pas des ieuvs sont comme ça aussi !

Même si vous l’aimez bien aussi, la Philomenn, vous préférez verser de la bière belge dans votre verre à bière bretonne.

Vous faites la gueule parce qu’on ne trouve plus de Jeanlain dans votre hypermarché depuis que vous avez acheté des verres dédiés à cette boisson !

Vous n’avez pas encore compris l’humour du dicton « En Bretagne il ne pleut que sur les cons ».

Vous êtes capable de suggérer : « Euh ! La bombarde et le biniou ! Ne les amplifiez pas, s’il vous plaît ! »

Quand vous chantez le Bro gozh ma zadoù, vous cherchez à mettre de la fluidité et de la musicalité dans les paroles alors qu’il n’y en a pas.

Vous êtes amoureux fou de toutes les jeunes femmes des groupes folkloriques celtiques et vous regrettez le fait qu’on en voit de moins en moins. Une semaine de vacances au Festival interceltique de Lorient vous ferait-elle du bien ? Mais retourner la nuit sur cette route où vous avez failli perdre la vie, est-ce bien raisonnable pour un ieuv ?

Les querelles des Bretonnants historiques avec la génération du renouveau musical celtique des années 1970, ça vous gave ! C’est du Pyrénéen ou de l’hébreu pour vous !

On reconnaît que vous n’êtes pas Breton… à l’épaisseur de vos crêpes et à la quantité de bière que vous mettez dans la pâte !

Vous n’avez pas investi dans un bilig et vous achetez vos galettes sur le marché des Lices. Mais quoi ! Vivent le circuit court et les artisans bretons !

Par contre, avec votre kouign-amann ch’ti, tout le monde s’accorde sur le fait que vous trompez bien l’ennemi !


Pondu à l'atelier d'écriture de Villejean le 24 avril 2018 
d'après cette consigne :


A quoi reconnaît-on que vous êtes breton(ne) ou non breton(ne) ?

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28 avril 2018

À QUOI RECONNAÎT-ON QUE TU ES RESTÉ JEUNE D’ESPRIT ?

A quoi reconnaît-on que tu es resté jeune d’esprit ?

L’assurance des profs de fac te sidère toujours. Elle te rappelle la pensée de Michel Audiard : « Les cons osent tout. C’est d’ailleurs à ça qu’on les reconnaît ».

Une bonne pièce de théâtre t’emmène au paradis. Un conteur génial te plonge dans les racines de l’humanité et tu t’en trouves bien. 

Tu rigoles comme un bossu d’avoir réussi cette farce : on a accepté ta proposition de faire une conférence sur les inventeurs farceurs et tu vas la faire à l’Espace Ouest-France en janvier 2019. Joe Krapov conférencier chez François-Régis Hutin, faut le faire, quand même !

Tu refuses de regarder des films et des séries étranger.e.s autrement qu’en version originale sous-titrée. Cet attachement viscéral au ciné-club façon Claude-Jean Philippe est cependant plein d’ambiguïté : se souvenir de Claude-Jean Philippe c’est quand même être un peu ieuv sur les bords.

Tu es capable de regarder des séries nulles (Capitaine Marleau) uniquement parce que le personnage principal est un « anti-héros ».

Les vieux cons butés qui ont quarante ans et du pouvoir t’insupportent.

Découvrir des variantes foldingues du jeu d’échecs sur Lichess.com te met en joie. Citons la course des rois, la partie qui démarre avec une position aléatoire des pièces autres que les pions, le fait de pouvoir reposer n’importe où dans le jeu une pièce déjà capturée…

Tu as un peu honte d’appartenir à une chorale qui chante « Boire un petit coup c’est agréable » ou « Chevaliers de la table ronde ».

Tu te (re) prends d’affection pour les BD de Régis Franc et tu cours après les adaptations théâtrales du Zaï Zaï Zaï de Fabcaro.


Pondu à l'atelier d'écriture de Villejean le 24 avril 2018 

d'après cette consigne :


A quoi reconnaît-on que tu es resté jeune d’esprit ?

27 avril 2018

À QUOI RECONNAÎT-ON QUE TU ES UN IEUV ?

 A quoi reconnaît-on que tu es un ieuv ?

A ce que tu ignores le sens du mot « ieuv » ! Un ieuv, c’est un vieux en verlan dans le langage des jeunes. Que nous appellerons donc djeunns en retour !

Tu es un ieuv quand tu ne marches pas dans la rue en t’adressant à voix haute, la mine réjouie, à un rectangle de plastique avec l’air d’un évadé de l’asile de fous complètement perdu dans son monde.

Tu es un ieuv quand, au théâtre, le spectacle fini, tu mets cinq minutes à lever ton gros cul de ton siège au motif que tu as rallumé ton téléphone portable des fois qu’on aurait cherché à te joindre pendant l’heure et demie où tu t’es absenté(e).

Tu es un ieuv quand tu te précipites sur le buffet pour avoir ta part de dessert et ton café alors que tes collègues ont entrepris de chanter une chanson censée intéresser tout le monde (sauf la table du fond qui s’en fout). Ventre affamé n’a pas d’oreilles !

Tu es un ieuv quand tu es admiratif du talent des Gobeurs d’enclumes, un duo de théâtre d’improvisation dans lequel deux jeunes gens délurés dézinguent les contes traditionnels à partir d’une collecte de mots ou d’objets.

Tu es un ieuv quand tu te poses la question : « Si eux c’est la génération Y, à quelle génération appartiens-je ? La génération K comme Karpov, Kasparov, Kossyguine, Kissinger , Kennedy, Khrouchtchev ? La génération L comme Lennon et Léonard Cohen ? La génération M comme Mathusalem ? Ou A comme Antédiluvien ?

On reconnaît que tu es un ieuv au fait que c’est toi qui t’arrêtes dans la rue pour éviter la collision avec l’imbécile de djeunn qui avance sans regarder devant lui vu qu’il a le nez collé à son smartphone.

Tu es un ieuv quand tu te sens vexé qu’un autre imbécile d’étudiant, bien élevé celui-là, te propose sa place assise dans le bus. La honte que ce sera le jour où une une étudiante te proposera la même chose !

On reconnaît que tu es un ieuv à ce que tu t’étonnes d’entendre : « La prochaine est une vieille chanson de Renaud, « La Ballade nord-irlandaise ». Comment ? Trente ans déjà ? On ne les a pas vus passer ! Par contre, Renaud, si !

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On reconnaît que tu es un ieuv quand tu te souviens d’avoir lu le nom de la station de radio Hilversum sur les postes de radio que possédait ta famille.

On reconnaît que tu es un ieuv quand tu te refuses à jouer une partie d’échecs en moins de dix minutes. Ton minimum pour ne pas perdre tous tes moyens à cause du stress de la pendule c’est quarante. Alors qu’il y a des fous maintenant qui se donnent trois minutes pour achever leur adversaire en blitz !

On reconnaît que tu es un ieuv à ce que tu prends des photos avec un appareil reflex au lieu d’utiliser un téléphone portable ou une tablette.

On reconnaît que tu es un ieuv quand tu viens à une réunion sans ordinateur portable ni tablette et que tu prends des notes avec un crayon et du papier.

On reconnait que tu es un ieuv quand, après avoir relu des BD de Gérard Lauzier, tu trouves insupportable de garder ça dans ton grenier. Mais bon, ne t’inquiète pas : les enfants de la génération Y ne lisent plus Pilote mensuel, c’est un journal trop archaïque pour eux. Déjà, toi, les pubs de 1978 t’ont fait hurler de rire !

On reconnaît que tu es un ieuv à ce que tu préfères chanter du Charles Trénet que du Jacques Higelin. Mais chanter du Jacques Higelin, c’est aussi être un ieuv !

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Pondu à l'atelier d'écriture de Villejean le 24 avril 2018
d'après cette consigne :


A quoi reconnaît-on que tu es un ieuv ? Ou plus délicatement :
A quoi reconnaît-on que vous n'êtes plus tout(e) jeune ?

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22 avril 2018

CADAVRES EXQUIS DU 17 AVRIL 2018

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A l'atelier d'écriture, le mardi 17 avril. On fête la victoire d'Anne-Marie au concours "Encres d'automne". Avant que nous ne montions en salle Mandoline, une des écrivantes sort cet objet de son sac et demande :

- Qu'est-ce que c'est que ça ? 

Les dames sèchent. Le seul homme présent donne la bonne réponse.

- C'est un clitoris !

Cela en préalable pour vous expliquer la forte présence de ce mot dans les petits textes qui suivent ! Ce fut une séance de cadavres exquis. Pour qui ne connaîtrait pas encore ce jeu fort prisé des Surréalistes, je donne les consignes utilisées ci-dessous.

***

1 Sujet - adjectif - verbe - complément de lieu - complément de temps

La ceinture de mon pantalon désaccordé chante dans la barque au crépuscule.

Le moulin à vent merveilleux dégoulinait à l’endroit où vivent les fées des sources à minuit passé.

Le jardin furieux s’offrait au vent du paradis au siècle dernier

La boussole complètement destroy enchante dans la bananeraie un jour d’août où il neige abondamment.

Le parapluie juteux éclabousse sur la route de Dijon aux aurores.

Le saucisson rayonnant pleurnichera sur le haut de la colline demain.


2 Si / alors

Si nous avions été à l’ère glaciaire la tempête médiatique se serait déchaînée !

Si le chat de la voisine avait la queue coupée les chauves-souris dormiraient la nuit !

Si la météo avait été plus favorable le chien musicien aurait aboyé plus fort.

Si les arbres poussaient à l’envers je mangerais mon chapeau.

Si l’atelier d’écriture avait lieu à six heures du matin plutôt qu’à six heures du soir les moulins à vent traîneraient Don Quichotte en justice.

Si les clitoris étaient fabriqués avec une imprimante 3D les lotus ne fleuriraient pas au Japon.

Si les moulins à vent étaient des moulins arrière, les radis pousseraient mieux les soirs de pleine lune.

Si on peignait les girafes plusieurs fois par an il faudrait être fou pour dépenser plus.

Si ma tante en avait, les opticiens ne vendraient pas de lunettes !

Si je portais des bretelles plutôt qu’une ceinture, avoir des pantalons en accordéon donnerait des boutons !

Si la ceinture des pantalons en accordéon s’était désaccordée plus souvent notre petite troupe aurait pu pique-niquer.

Si le soleil avait fait place à la pluie, j’aurais pris la poudre d’escampette.

Si le clito pouvait parler, les talons hauts seraient inutiles.

Si les hommes n’avaient pas existé les oiseaux chanteraient des airs d’opéra.

 

3 Quand + affirmation au présent

Quand le réveil sonne le matin mon parapluie perd ses baleines.

Quand je suis à l’atelier d’écriture tu fais ta tête de mule.

Quand le cormoran pousse son cri le soir au-dessus des jonques, il faut remettre son clito en place.

Quand tu te laves les dents les souris dansent devant le buffet !

Quand la nuit tombe à vingt heures, les enfants de choeur boivent le vin de messe.

Quand je me lève le dimanche le président de la République va chasser la baleine et revient avec une jambe de bois

 

4 Impératif à la première personne du pluriel + phrase au futur

Prenons nos parapluies quand les nuages roses sourient ! Il en restera toujours quelque chose, ne serait-ce qu’une béquille ayant appartenu à Jean-Arthur Rimbaud

Promenons-nous dans les bois pendant que le loup n’y est pas ! Demain sera ce que nous en ferons !

Soyons courageux la vie en vaut la peine : plus de mille boutons mêlant franchiront la barrière des rêves en même temps !

Allons, enfants de la patrie ! Nous n’irons plus au bois : le loup Macron mangera votre fraise des bois !

Fuyons la morosité ambiante ! Le concierge s’occupera toujours de votre courrier !

Partons, compagnons, les larmes au pied ! Ce sera alors la plus belle des années !

Soyons fous, rieurs et heureux, tout au long du chemin : j’irai dormir sous les palmiers !

 

5. Quatre alexandrins à rimes plates + une question

Le chant du coq, dès l’aube, fait sursauter le ronfleur :
Rien ne sert de courir, il faut partir à l’heure.
La vie d’un clitoris n’est pas toujours enviable,
Chaque fois c’est pareil : tout sort parait enviable
Le matelot quitte le quai tout guilleret ?

Le myosotis et puis la rose ce sont des choses.
Les jours moroses de l’année close ne sont pas roses :
Le puma affolé piaillait dans les betteraves
Du Stromboli rougeoyant on tâchait d’éviter la lave
[Quand quelqu’un demanda] : Et Dieu dans tout cela ?

Les canards cancanent et la basse-cour ricane ;
Tarzan porte à sa bouche une ample sarbacane ;
Alors, appliqué, de mon père suivant les pas,
- Aujourd’hui le sommeil et demain le trépas ! –
Sur le toit du monde trouveras-tu la réponse ?

Quand mon clito content sourit tout doucement
La douceur du temps me berce si [chaudement]
Que les palétuviers roses poussent derrière la maison close.
Il s’exclame : « Quel petit pied ! Quelle belle chose !
Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur vos têtes ? »

Rien n’est plus beau que le soleil à son couchant !
Quand Macron dit des croquignoles, c’est comme un chant
Sur le champ du printemps. Les pâquerettes sourient,
La tapisserie gris souris décore la nuit.
Emmanuel restera-t-il avec sa Brigitte ?

La nuit tombe et fait « splatch » sur le champ de bataille.
Il est très tard aussi il faut que je m’en aille.
Sur le bord des étangs poussent les iris d’or
Si tu parles à Macron tu vas dans le décor
Le pont de la rivière Kwaï siffle sa chanson
De son canasson pendaient de beaux jambons ?

Le zouave du pont de l’Alma n’a plus les pieds dans l’eau
Dans ces roseaux si hauts se mêle le chant des oiseaux
Je posai cette question : ceinture ou bretelles ?
L’abeille, en zézayant, fait de l’excès de zèle.
Fuyez, fuyez, brav’s gens ! Courez à tire d’aile !
Mais que faire en cas de danger ? Eclairez moi !

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CONSIGNE D'ÉCRITURE 1718-26 DU 17-04 2018 A L'ATELIER DE VILLEJEAN A RENNES

Cadavres exquis

 

Ce jeu d'écriture collective fut inventé et pratiqué par le groupe surréaliste. Le principe est d'écrire une partie de phrase (ou un simple mot) sur une feuille, de plier celle-ci pour cacher ce qu'on a écrit et de passer la feuille au voisin qui inscrit la suite (une deuxième partie de phrase, un adjectif, etc.). On fait tourner autant que nécessaire puis on déroule le papier et on lit.

Nous avons pratiqué ce jour cinq variantes :

1) Une suite sujet / adjectif / verbe / complément de lieu / complément de temps ;

2) Une proposition conditionnelle commençant par si / une phrase principale dont le verbe est au conditionnel ;

3) Une proposition temporelle commençant par quand dont le verbe est au présent / une phrase principale dont le verbe est au présent

4) Une phrase (un ordre ?) commençant par un verbe à l'impératif à la première personne du pluriel / une phrase dont le verbe est au futur

5) Une suite de quatre alexandrins avec deux rimes plates puis deux autres rimes plates et d'un alexandrin qui se termine par un point d'interrogation.

1718-26 Cadavre exquis

 

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