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Mots et images de Joe Krapov
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23 février 2016

Montélimar (Drôme) le 19 février 2015 (1)

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- Aujourd'hui tu nous emmènes où, gars ?
- A Montélimar !
- Tu nous gâtes !
- Et je ne serais pas moi-même si je ne vous chantonnais pas ceci :

"- Dis, t'as vu Montélimar ?
- Non, j'ai vu monter personne !"

L'original est ici.

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Dans l'eau de la claire fontaine, toute nue ou pas, elle ira se rhabiller !

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Il porte un joli nom, Saturne, mais c'est un dieu fort inquiétant.

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25 février 2016

LISTE DES 50 CHOSES QUE J’AIMERAIS FAIRE AVANT DE... QUOI ? MOURIR ? MOI, JAMAIS ! (4)

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39    Finir d’écrire « 99 dragons : exercices de style ». Je suis rendu actuellement à 33.

40    Transférer mes cassettes audio et disques vinyles sur un support au format MP3

41    Aller marcher sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle

42    Passer une journée à Portmeirion (pays de Galles), n’y rester pas prisonnier en veste noire à liseré blanc avec un badge numéroté. Quoique…

43    Aller en bus depuis la station République jusqu’au terminus de chaque ligne urbaine de Rennes. De là rentrer chez moi à pied en notant tout ce qui est notable et en photographiant tout ce qui mérite de l’être

44    Assister au carnaval de Dunkerque

45    Refabriquer un cerf-volant en forme de gueule de serpent, à l’image de celui qui se trouve sur la pochette du disque « Free me » de Uriah Heep. Le faire voler et l’offrir au premier enfant qui s’arrêtera pour l’admirer

46    Chaque 1er juillet, premier jour des vacances, revoir « Smoking » et « No smoking » d’Alain Resnais. Une année sur deux, commencer par « Smoking » puis voir « No smoking ». L’année suivante, faire l’inverse. Au bout de dix années, décréter quel est le meilleur ordre pour la contemplation de ces deux films. Si je n’ai pas d’avis, je continue ou j’enchaîne sur un visionnage annuel de « Céline et Julie vont en bateau » de Jacques Rivette en me demandant : « Laquelle des deux actrices me plaît le plus ? Juliet Berto ou Dominique Labourier » ?

47    Voter pour Jérôme Cahuzac au deuxième tour de la prochaine élection présidentielle en 2017

48    Retourner chez Slam Connexion pour goûter à nouveau au plaisir de balancer dans un micro et en public des logorrhées krapoviennes

49    Séjourner dans un hôtel dans l’île de Burano (lagune de Venise)

50    M’abstenir de mourir.

Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 23 février 2016 à partir de la consigne de Georges Pérec "Liste des 50 choses que j'aimerais faire avant de mourir"

 

366 réels à prise rapide

25 février

Moi je

Aujourd’hui moi je moi je : non !

Aujourd’hui Venise tue, Venise silencieuse depuis des ans dans le grenier…

Aujourd’hui Venise tu…

Aujourd’hui tu voulais que je t’appelle, Venise !

C’est Julien, le clerc de nos terres qui rôde, agile.

Il nous noue, nous réunit.

Aujourd’hui je te scanne.

Je te festival de scan et je vous mostra.

Un peu brumeuse mais dans ces voiles, dans ce mystère des brouillards, technicien débrouillard, patient, admiratif, je vous avoue que je vous voue quand même un culte, même si parfois inculte en foi.

Alors aujourd’hui pas de moi je, île.

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14 février 2016

Venise en février 1993. Boîte de diapos n° 9, Couchers de soleil (1)

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J'ai finalement pris la décision de scanner les diapositives à 1200 PPI. Ca prend trois fois moins de temps et ça fait des images de 1068*1624 pixels, que je réduis ensuite à 1024 pour affichage ici. Désolé d'être technique ce jour : l'objectif est d'être content "d'avoir bien avancé dans mon travail" et plus heureux encore de découvrir des images oubliées qui me ravissent les yeux, de savourer le bonheur d'avoir été mis en contact assez tôt avec les joies de la photographie, de partager mes petits trésors sans que, je l'espère pour vous qui passez ici, cela soit aussi casse-pieds qu'une super-soirée diapos !

4 février 2016

Une visite de musée très privée (de retenue) à Rennes le 27 janvier 2016 (4)

L’inventaire de la collection complète est actuellement en cours. Les conservateurs du MIREDO s’interrogent encore sur deux pièces très particulières :

- Ce daguerréotype en 3D représentant une enfant déguisée en ange. A cause du large sourire, on pense qu’il ne s’agirait pas d’Isaure Chassériau. Les recherchent pointent actuellement en direction de Mylène Demongeot ou plutôt d’une de ses ancêtres. Toute personne susceptible d’aider les muséographes peut s’adresser à moi, je transmettrai au musée, à la condition sine qua non de me fournir une photocopie scannée de son permis de conduire AVEC LA PHOTO : je les collectionne, ça met toujours de la gaîté dans mes réunions de famille.

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- Ce bouddha du bonheur, porte-chance dont visiblement la pauvre Isaure n’a guère profité. Sans doute cette pièce orientale n’exerce-t-elle son effet que sur une seule personne à la fois. On en trouve des reproductions en vente à la boutique du musée mais je n’ai pas cru bon d’en acquérir une. La bonne étoile sous laquelle je suis né et qui m’a déjà donné une imagination florissante, une épouse compréhensive et des amies d’atelier d’écriture particulièrement originales suffit à ma félicité.

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P.S. Pour plus d’information et plus de réalité sur Emma Guyet-Desfontaines, merci à vous de consulter le site d’Emmanuel François que je félicite au passage.

10 janvier 2016

Le duo Vesna chez "Matriochka en bigouden" à Rennes (Bourg-L'Evêque) le 9 janvier 2016 (1)

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Bravo et merci à l'Association Matriochka en bigouden ! D'abord pour sa dénomination rigolote, ensuite pour son objectif qui est d'installer de la russophilie en pays breton. Enfin pour avoir invité le duo de charme et de talent Vesna (Veronika Bulycheva et Stéphanie Acquette). Nous avons passé une excellente soirée et on ne m'a pas interdit de prendre des photos - je n'étais pas le seul à le faire et je les prends sans flash, de côté, pour ne gêner personne-) . Спасибо !

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On peut - vous devez ! - écouter cinq morceaux ici, sur leur site :

http://www.vesna-music.com/

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13 janvier 2016

En l'église de Bort-les-Orgues (Corrèze) le 19 juillet 2015 (1)

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Tant qu'à faire de revenir à Bort-les-orgues, après être passés au château de Val, nous sommes entrés dans l'église locale pour admirer les orgues qui ont donné leur nom à la commune. Hormis le fait qu'elles sont féminines au pluriel, elles ne sont pas exceptionnelles.

P.S. Cette krapoverie trouve son explication à la fin du billet 4 de ce jour.

18 janvier 2016

SPECTRES EGYPTIENS

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Cléopâtre mourant
La suite et la fin de ce grand roman historique de Ian Flemmard paraîtront (peut-être un jour) dans "Rennes-en-Délires, journal d'informations improbables mais peut-être réjouissantes" (rédactrice en chef : Isaure Chassériau).

Ecrit à l'Atelier d'écriture de Villejean le 5 janvier 2016 d'après la consigne du Défi du samedi n° 379 et une surconsigne visant à insérer dans le texte les noms des hiéroglyphes et des noms égyptiens fantaisistes se terminant en IS comme dans Astérix et Cléopâtre.

5 janvier 2016

Vers l'étang d'Apigné : jogging arboricole à Rennes le 28 décembre 2015 (1)

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Il se dégage de ces images une mélancolie post-réveillonnesque : c'est bien beau de boire du Champagne et de grignoter de bonnes choses mais dans la salle de bains, à l'aurore, c'est Zola ! J'accuse un certain poids d'effrayer la balance ou une certaine balance de m'effrayer en m'annonçant mon poids...
Une seule solution, le jogging, que je pratique arboricole.

4 novembre 2017

CHEVAUX DE RETOUR

- Dans «lipizzan » il y a « pizza » !
- Dans «lipizzan » il y a « pizza » !
- Dans «lipizzan » il y a « pizza » !
- Y’a « pizza », rappelle-toi !
- Y’a « pizza », rappelle-toi Balavoine !
- Bats l’avoine !
- Bats l’avoine et fais l’âne pour avoir du son !
- Du gros son ! Comme Crazy Horse ! Le groupe de Neil Young !

Tous les vilains petits poulains du haras ne cessaient de moquer le cheval étranger. Lui ne comprenait pas l’ostracisme de ces jobastres et le hobereau se souciait de ce qui se passait dans les écuries comme de son premier kaléidoscope ! Il n’était pas du genre à murmurer à l’oreille des chevaux.

« Il advint que lassé d’être en butte aux lazzis », comme le chante Georges Brassens, le lipizzan admit qu’il devait disparaître.

C’était compter sans le général Patton !

Mais ceci est une autre histoire. Elle est ici. Je n’ai pas le temps de vous la raconter car, contournant l’obstacle, je saute sur mon propre lipizzan et pars au galop ce mercredi chercher d’autres trésors en Trégor.

Jouez bien aux petits chevaux sans moi !

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Ecrit pour le Défi du samedi n° 479 à partir de cette consigne : Lipizzan

9 août 2018

John Wilhelm à Dol-de-Bretagne (Ille-et-Vilaine) le 4 août 2018 (1)

L'endroit où j'aurai le plus ri de bon coeur cet été s'appelle Dol-de-Bretagne. C'est une riante cité dans laquelle est organisé chaque année un festival de photographie. On trouve donc sur les places, dans les rues, les cours et les jardins de cette ville des agrandissements photographiques dûs à des adeptes contemporains du "clic clac merci Kodak". Comme de juste, diversité obligeant, les premières séries ne m'ont pas vraiment emballé et puis, sur la promenade des remparts on est invités à entrer dans l'univers de la famille Wilhelm et là c'est éclat de rire devant chaque panneau. Sachant que ce monsieur John Wilhelm est aussi suisse que Plonk et Replonk on ne peut que remercier ces Helvètes-là de faire sauter, sinon la banque, du moins les verrous du sérieux !

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14 août 2018

"Silencis" de Claire Ducreux aux Affranchis de La Flèche (Sarthe) le 7 juillet 2018 (1)

Le plus beau des spectacles que nous avions à voir au Festival des Affranchis était forcément celui-là : "Silencis", de Claire Ducreux.Nous n'avons pas été déçus. Ce solo de danse est la suite logique de "Réfugiée poétique" ou du "Sourire du naufragé" vu précédemment. Le personnage de vagabond surgit au milieu des bombardements, s'installe dans un arbre décharné, réinstalle sa lumière intérieure, son amour de la vie, tisse des relations muettes mais cordiales avec le public et à la fin du spectacle, le monde est refleuri, les sourires sont sur tous les visages. Cette jeune femme irradie de lumière, de beauté et d'humanité. Chapeau, Madame Claire !

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28 octobre 2017

ECRIRE A RIMBAUD. 10, Kaléidoscope

Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

“Picture yourself in a (drunken ?) boat on a river
With tangerine trees and marmalade skies
Somebody calls you, you answer quite slowly
A girl with kaleidoscope eyes »

The Beatles – Lucy in the sky 


Aujourd’hui je suis censé, ou insensé, en faire voir de toutes les couleurs. Mais je vais surtout m’étonner de ton travail à moitié fait, de ton inconstance et de tes revirements. Peut-être es-tu au fond pareil à cet enfant à qui on a offert un kaléidoscope. Il secoue le tube en carton, regarde le résultat, ressort de là les yeux illuminés, secoue à nouveau le tube, recommence, recommence, recommence…

Si au départ était le Verbe, si au départ était la lettre – celle du voyant lumineux ! – il faut bien constater, à l’arrivée, que tu nous as posé un lapin et que tu n’as là peint que les voyelles. Et encore, pas toutes ! L’I-grec, on ne l’y trouve pas dans le fameux sonnet ! Il peut bien aller se faire voir chez les Québécois libres !

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C’est pourquoi, en vue de suppléer à ta trop fumeuse rumba du pinceau, je me suis permis de colorier, sur ta lancée, les consonnes ! J’eusse aimé concocter une «Ballade des consonnes» mais c’eût été trop difficile et trop court. Aussi ai-je choisi, pour construire les éléments de ce kaléidoscope langagier la forme du poème en prose qui fut celle des  insomniaques "Illuminations".

Rimbaud voyelles luque_les_hommes_daujoudhui_500B ! Outremer profond des bleuités béantes où s’élance le bateau livre. Il fait vibrer les baies de la bibliothèque, Titanic mal barré voguant vers l’iceberg forcément bruxellois, puisque c’est à Bruxelles que tout le monde est chou.

C ! Rouge cardinal, œil ouvert et béant du bon roi Henri II dans le couloir des lices et la douleur lui fait lancer au Ciel des cris désespérés cependant que la Mort, la cruelle crécelle tournoie dans un ciel blanc de craies et crissements. Désolé Montgomery, mais une lance chez Heni II, ça se plante dans le buffet, pas aileurs !

Le D, chapeau d’argent au doigt des couturières, brillant, déclamatoire, du désir d’en découdre ou gris perle pour dire en douce la folie du Camp du Drap d’Or : le hasard n’abolit jamais les coups qu’on se prend sur les doigts.

Pour les fleurs du chemin, pour les femmes absentes, pour les filles d’auberge, aux flasques de liqueur, aux forêts des Ardennes, aux fortins en Dancalie, pour les pétales des roses, pour la force du destin, pour le fil court des Parques, nous donnerons au F, extrait du nuancier des fadas de l’Olympe la couleur « cuisse de nymphe émue ».

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Délire des couleurs au kaléidoscope ! Pour défendre son K peignons le d’arc-en-ciel, faisons tourner le tout il en sortira blanc : c’est la métamorphose du procès Kafkaïen !

La « n » de Napochose est vert empire des batailles qu’on livre aux nuits de l’insomnie. Comment sera-t-on demain ? Ne vaut-il pas mieux laisser la réponse à Chopin sous forme d’énigmes nocturnes ? Est-ce qu’une nuit blanche vaut deux nuits noires ? Qu’est-ce qui croche ? Qu’est-ce qui cloche ? Déjà celle de sept heures du mat’ ? Car la « n » n’est jamais brillante.

Pour ce foireux de P aucun doute possible : terre de sienne brûlée pour le plaideur marron !

Du q, rose tyrien, ne dis rien, rebondis ! L’oiseau Quetzalcoal nous a prêté ses plumes. Il ne fait plus très bon, mon pauvre Saint-Antoine, promener son cochon, tout se barre en quenouille ! Alors rabattons-nous sur la quintessence du rose, le flamant : tenir debout sur une patte, n’avoir bon bec que de paris et tant pis si ces dames ont plumes au derrière, si Zizi chante Queneau en croquant les diamants : descendons bien les escaliers de l’Alquazar, mon général ! Songez que la Quamargue n’a jamais rien pardonné à personne. Encore moins à quiconque massacre l’orthographe de son nom !

S ! Sinuosités turquoises de la Seine et des serpents marins aux eaux bleues des Seychelles, souffle tournant du Sirocco, soulèvement des sables jusqu’aux strato-nimbus, écrin de ciel servant de scène aux farces de celui qui se veut digne fils du soleil et puis souffre, seul, en silence.

V jaune d’or, scintillement de la victoire, de la couleur du vêtement que revête le vainqueur de la course à vélo, couleur-douleur du foie que dévore, vorace, l’aigle des vieilles divinités qui punissent de leur vice tous les voleurs de feu. 

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Comment peindre sous X autrement qu’en vert pomme ? Au croisement de femme et d’homme, Dieu le Père chapeaumelonne. « Ne Lessinons pas sur les frais » a dit Eve en croquant le fruit. Vous voyez d’ici le tableau lacéré d’une croix juteuse ? Pas étonnant qu’il ait chassé le couple du Cabaret vert !

Z ! Zinzolin, forcé ! Les pagnes des zoulous, les costumes des zazous, les robes des danseuses de la zarzuela, le foulard de Zorro et son épée qui zèbre d’un éclair déchirant le ventre de Garcia ! Les zigzags du voyant zézayant aux Abruzzes.

Je m’arrête ici. Elles ne sont pas toutes là mais maintenant nous avons matière à poncer !

Repose en paix, Arthur ! Je travaille pour toi comme on roulait pour nous jadis ! 

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Ceci est l'affiche du spectacle Blablabla qui permet à qui le souhaite
de découvrir un formidable kaléidoscope sonore. Il est ici.

Ecrit pour le Défi du samedi n° 478 à partir de cette consigne : Kaléidoscope

7 octobre 2017

DE RIMBAINE À VERLAUD. 1, HYPOCONDRIAQUE

M. Arthur Rimbaine
Agence d'exploration de voies intraveineuses
et de traditions orales ou à mettre dans les annales
8, quai Arthur Rimbaud
08000 Charleville-Mézières

Monsieur Paul Verlaud
Société de géographie des Maladives et du Miraginaire
73, rue Sonneleur
62812 Vent-Mauvais


Charleville, le 4 octobre 2017

Mon cher Paul

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Voici mon premier rapport sur l’île de Tamalou, anciennement dénommée Hypocondrie, où je me suis rendu à votre demande afin de vérifier et compléter les informations dont vous disposiez ou pas.

La capitale de cette petite île s’appelle bien Gébobola comme vous le supputiez. L’île est traversée d’Est en Ouest par une rivière que les autochtones appellent la Fièvre diffuse. Un genre de Sèvre niortaise mais en moins long que cette rivière charentaise qui pantoufle aussi en Vendée et dans les Deux-Sèvres. C’est un fleuve relativement impassible qui prend sa source sur le plateau de Maloku et s’épand en de nombreux méandres une fois qu’il est rendu dans la plaine de Malokrane. Ses principaux affluents sont la Migrène, l’Hémorroide, la Savouchatouïe et la Savougratouïe.

Au Sud de l’île se trouve une chaîne de montagnes assez bien élevées qui tutoient les cieux mais avec respect et que l’on nomme les Pyravenirs. L’été les Tamaloussas y organisent des courses de vélo très disputées. Ils essaient de franchir le plus rapidement possible le Col du Fémur, celui du Tournemalet puis escaladent l’Aubisquerage, sinuent sur les lacets du mont Eiffel-Argan, grimpent au sommet du Savapété, un volcan qui n’est du reste pas encore tout à fait éteint. « Avec le temps va tout volcan mais c’est comme le cul du fanon, ça met un certain temps » dit un proverbe local qui les fait rire comme des baleines, car, vous le verrez tout à l’heure, mon cher Paul, ils sont très joueurs, les Tamaloussas.

Le tour de Tamalou se poursuit dans la plaine avec des étapes de plat disputées entre Enséfalogram et Toutanémié. L’épreuve contre la montre a lieu sur le circuit de Poukibavitalarivé. Le dopage est autorisé. Une des curiosités de l’ile est d’ailleurs l’usine pharmaceutique de Kilébon-Monmédoc où l’on produit le sirop Typhon, la capsule Gémini et la gélule Dernier-Vargas qui soignent toutes les maladies mais uniquement sur place.

Les autres industries locales sont la confection de blagues Carambar et l’invention de maladies asymptomatiques, les bobobénins, destinés à rassurer les gens sur leur bonheur présent, à prendre en vaccin sous forme de doses homéopathiques de caramel mou et huit jours. Un autre proverbe tamaloussa dit d’ailleurs « Si t’as que ça, reste chez toi, va pas creuser Troudlaséku ni enrichir les charlatans !».

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Si cela vous intéresse, j’ai ramené des échantillons des troubles psychosomatiques suivants, qui m’ont semblé intéressants :

- La Rimbaldite aiguë : peur de n’avoir pas été très sérieux à l’âge de dix-sept ans ;

- Le Tintinoreleczéma : maladie de peau qui se déclenche quand on pense qu’on aura un jour soixante-dix-sept ans et que l’on n’aura pas, à relire les aventures de Tintin et Milou, un plaisir égal à celui qu’on éprouva à les découvrir à sept ans ;

- La dissentryphonite : peur de chier un pendule ayant appartenu à un savant sourd ;

- L’épanchement de cuisine novice : trouble obsessionnel compulsif qui consiste à craindre de mourir en ayant oublié de fermer le gaz sous la cocotte alors qu’on concoctait une recette nouvelle.

Je vous l’avais dit, mon cher Paul, les Tamaloussas ou Hypocondriaques sont de drôles de zigs, un petit peu malades dans leur tête, mais bon, qui ne l’est pas de nos jours ?

Pour vous rendre dans leur île il faut partir de Kuala Lumpur en Malaisie. Il y a un vol régulier qui dure une demi-heure et vous dépose sur l’aérosyndrome de Münchhausen puis on prend ensuite une navette automobile, un bus en fait, qui vous amène au centre-ville de Gébobola, terme-omettre de votre « voillage » comme nous disions jadis, vous et moi, quand nous bourlinguions de concert.

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Je joins ma facture à cette missive. Vous constaterez que je n’ai pas pratiqué le coup de fusil comme on le fait ces temps-ci dans le secteur non-conventionné.

Si vous avez une autre mission d’exploration à me confier, n’hésitez pas à me joindre où vous savez.

Bien amicalement

Arthur R.

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 475 à partir de cette consigne : hypocondriaque

9 septembre 2017

FAMILLE, JE VOUS HAIS ?

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« Le doryphore déferle sans beaucoup d’efforts
Mais avec grand effet
Sur les pommes de terre du Mont-Dore
Comme Anquetil sur Poulidor :
On est bluffé !

Le doryphore est homicide
Dans le jardin des Hespérides
Où la tomate est pomme d’or
Et le Jupiter impavide :
Le jeune Hercule tète encore.

Le chrysomélidé, l’abominable insecte,
Désespère tout jardinier qui se respecte,
L’esprit placide,
Et n’emploie pas d’insecticide
Contre les soldats allemands ;
Question d’affect,
Evidemment.

Le doryphore est très doué pour l’oxymore
En timide sans-gêne
Qui bouffe ton oxygène,
En aimable gredin
Qui bousille ton jardin,
En Dalton de banlieue,
Rayé de jaune et noir
Toxique dans vesprée,
Déchirant robe des champs
Au pourpre du soleil ».

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Ce sont là ses derniers mots, ceux que l’oncle Jean-Henri Piquechoux a inscrits dans son cahier d’observations scientifiques et poétiques. Après avoir écrit « soleil », il s’est éteint, victime d’une foudroyante crise cardiaque.

L’oncle Piquechoux avait fait fortune en fabriquant et en commercialisant des chaussures à talons aiguilles de luxe. A part l’appât du gain et l’entomologie, il n’avait aucune passion dans la vie et surtout pas celle de la famille.

Tout l’argent qu’il avait gagné était entreposé dans un coffre gigantesque, un espace fermé de la taille d’une salle de cinéma. La légende raconte qu’il venait parfois y plonger, y nager, dans son argent liquide. Il croulait sous le blé, crawlait dans son oseille, faisait de la natation dans ses millions. Il trempait sa barbaque dans ses plaques, faisait le fortiche dans son artiche, noyait son blues dans le flouze.

Parce que le vieux était un grincheux. Le fabriquant de pompes était avaricieux, n’en déplaise à tous ses envieux de neveux. Il y avait Donald le costumier de théâtre qui tirait le diable par la queue. Il y avait Henri, Philippe et Louis qui en étaient réduits à traquer le castor en tant que biographes de Simone de Beauvoir. Tous les quatre furent fort étonnés d’apprendre qu’avant de décéder l’oncle Piquechoux les avait couchés sur son testament. Du coup ils se levèrent, quittèrent le huis-clos de leur salle de bain où ils avaient lavé leurs mains sales et vinrent s’abattre comme des mouches sur les fauteuils de maître Jean-Paul Lanozé, le notaire, pour écouter les dernières volontés du vieil oncle.

DDS 471 entomo

Tous craignaient le pire. Le vieux grigou avait sûrement posé des conditions draconiennes à remplir avant que chacun d’eux ne puisse toucher à une part minime du pactole. Sans doute ordonnait-il qu’on prenne soin de ses ruches, de ses serres à mygales, de ses vitrines de papillons ? Donald trouvait patibulaires ces bêtes à mandibules qui s’envoyaient en l’air et les castors juniors avaient pris pour devise « Les insectes nous débectent ».

Et pourtant non, pas de clause tordue. Quand le notaire se fut tu Cardwell se demanda où était l’entourloupe, pourquoi il n’y avait pas coup de théâtre ce soir. Donald, Phi-Phi, Riri et Loulou touchaient bien la totalité du pactole à parts égales. Sans conditions aucunes.

Maître Lanozé leur remit la paperasse l’attestant, les clés et la combinaison du coffre. C’est peu de dire qu’ils s’y précipitèrent.

Las ! Ils n’y trouvèrent que billets en poussières, pièces plus percées que des galettes de Polydor, lambeaux de rêves et miettes d’espoirs.

C’était là la dernière farce du tonton flingueur. Sachant sa mort prochaine il avait introduit, en guise de dernière calembredaine, sa collection d’insectes dans sa tirelire géante. Il était advenu ce qu’avait entrevu cet oncle psychopathe : les doryphores avaient bouffé toutes ses patates !


Ecrit pour le Défi du samedi n° 471 d'après cette consigne

5 août 2017

ECRIRE A RIMBAUD ? 2, Marionnettes

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Monsieur Arthur Rimbaud
B.P. 01 au vieux cimetière 
08000 Charleville-Mézières

Mon cher Arthur

« Moi je construis des marionnettes
Avec de la ficelle et du papier »

Je te fais grâce de cette chansonnette d’un chanteur pré-nommé Christophe. Celles et ceux qui l’aiment prendront le train de M. Youtube pour aller l’écouter si ça leur chante.

Cette semaine, l’image de départ me ferait dire plutôt ceci : Après «Fanfan la Tulipe», «Les Trois mousquetaires» ?

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Il faudrait que je le revoie ce film de Bertrand Tavernier, «La Fille de D’Artagnan». C’est Sophie Marceau qui tenait le rôle. Est-ce-là que Claude Rich jouait Mazarin ? Y était-il un « cardinal bien tapé » comme le dit la légende de la photo ci-dessus ? Un coup d’œil à Wikipédia me répond que non, que c’est au théâtre dans « Le Diable rouge » qu’il a tenu ce rôle et y a excellé.

Mais revenons à la « superbement idiote entre les petites villes de province », Charleville-Mézières ou Charlestown comme tu la nommais toi-même sans prévoir que tu reviendrais y danser de douleur un autre charleston beaucoup moins drôle pour ton chant du départ.

Il y avait de très beaux mousquetaires au Musée de l’Ardenne dans l’exposition temporaire consacrée aux marionnettes du Nord de la France et de la Belgique proche. Il y avait aussi de magnifiques trésors théâtraux dans les deux salles dédiées de la collection permanente.

Je sais, personnellement, de longue date, les liens de Charleville avec ces figurines dont on tire les ficelles – ou dans lesquelles on met les doigts, ce qui est, avouons-le un peu dégoûtant (ou pas) -. J’ai connu au début des années 1980 une dame qui occupait son temps libre à dresser la liste de tout ce qui avait été écrit de par le monde concernant Pinocchio, Guignol, le Gendarme et consorts pour les montrer dans le petit castelet. C’est elle qui m’a appris l’existence du Festival mondial des théâtres de marionnettes. Peut-être viendrons-nous y assister un jour de folie !

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Le temps me manque ce jour pour explorer plus avant les liens potentiels entre tes œuvres et cette spécificité festivalière locale. A part le fait que pour une marionnette aussi « je est un autre », que, pour la faire parler et bouger il faut être résolument ventriloque plutôt que absolument moderne, habile manipulateur plutôt que fleuve impassible, à part ta phrase disant que «la vie est la farce à mener par tous» je ne vois rien qui te lie plus que ça, mon cher Arthur, au théâtre et aux figurines à bouche immobile, même si tu as dû, comme tout le monde, croiser des pantins à Pantruche et des guignols à Charlestown !

Mais revenons au cardinal tapé qui m’interrompt. « Et Dieu dans tout ça ? » me demande-t-il en s’étonnant que je n’ai pas encore écrit les deux mots « pourpre cardinalice » qui brûlent le bout de mon stylo depuis que j’ai entamé l’écriture de cette deuxième lettre. J’adore connaître des mots qu’on n’utilise jamais !

Eh bien, Dieu… Mon Dieu, comme c’est drôle ! C’est Isabelle la catholique… (Si, si, Dieu est une femme !)… Excusez-moi, cardinal, je vous réponds mais en m’adressant à Arthur !

C’est Isabelle Rimbaud, ta très catholique sœur, qui t’a, paraît-il ramené à lui ou L’a ramené vers toi dans tes derniers moments. Tout cela est décrit en long et en large dans l’exposition au 2e étage de ton musée dans le vieux moulin sur la Meuse. On voit même des photos d’elle et des portraits réalisés par son mari, le peintre Paterne Berrichon. Paterne Berrichon ! Tu parles d’un blaze ! Pourquoi pas Baderne Perrichon comme tu aurais pu le rebaptiser avec insolence.

- Qui vous êtes, vous ?
- Baderne Perrichon, je suis le beauf d’Arthur.
- Avec un nom pareil, vous devez beaucoup voyager, non ?
- Non, c’est lui, surtout, qui marche ! Enfin, qui marchait !

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Mais ne soyons pas méchants. Ce couple n’est pas pour rien dans ta célébrité et ta gloire posthumes.

J’ai quand même des doutes, Monsieur le cardinal dont j’ai toujours garde, sur le sens de tout cela. Un musée consacré à un ado fugueur, à un poète génial, à un marchand d’armes et à un moribond unijambiste ? Et un autre où l’on trouve deux pièces pleines de vitrines emplies de marionnettes ? Quel rapport entre les deux sinon que pour un prix modique, 5 euros en 2017, on peut entrer dans les deux ainsi que dans la maison des Ailleurs où Arthur a vécu de 1869 à 1875 et passer quelques heures à être émerveillé par le passage des hommes dans le travers du temps, par ce qu’il en reste après coup, un plan de Vienne déchiré, un portrait du roi Ménélik, une lance mérovingienne, une légende du temps de Charlemagne, celle des quatre Fils Aymon, racontée par un grand automate, place Winston Churchill à chaque heure que Dieu fait sonner en posant la grande aiguille sur le douze.

Aucun rapport, entre tout ça. Ou si, un seul : Charleville-Mézières, c’est comme le Harrar, il faut le voir pour le croire

***

Et puis ce matin au réveil, illumination ! Illumination !

Je l’ai retrouvé dans mon hypermnésie galopante le lien entre la famille Rimbaud et le théâtre ! Je viens de scanner l’image pour la partager. Riez, amies lectrices ! Préparez-vous à rire, amis lecteurs. A Riez, charmant village de Provence où nous avons passé nos vacances à l’été de 1987, j’avais photographié, dans le paisible et joli cimetière cette tombe-ci, celle de Hamlet Rimbaud !
Etonnant, non ?

Amitiés et bon vent à toi, Arthur qui as cessé de battre la semelle !

DDS 466 Hamlet Rimbaud

Ecrit pour le Défi du samedi n° 466 à partir de cette consigne (la première photo)

12 février 2017

DRÔLES D’OISEAUX !

Citation non tronquée :

Les hobereauxet les gentillâtres de province parlant toujours de fumées et de laisses, de ragots et d’andouillers, d’hallali et de cerfs dix cors, et entremêlant le tout de charades d’almanach et de madrigaux moisis de vétusté, n’étaient assurément guère faits pour lui convenir, et sa vertu n’avait pas eu beaucoup à se débattre pour ne leur point céder.

Théophile Gautier


Aberration du hobereau ! Inanité de la campagne !
Comment prétendre à la hauteur avec de la boue sous les bottes ?

Devenir aigle fin ? Oiseau de proie ? Ou « gypoète » ?
Mais Théophile nous prétend que ses madrigaux sont moisis
Et que parfois le capitaine se fracasse !

DDS 441 gainsborough-hobereau 1 réduit
« Mr and Mrs Andrews » de Thomas Gainsborough

Hobereau, obéré, aberrant, mal barré,
Sur les bords désolés de la Bérézina,
Qui nous jette à nouveau ce froid de Sibérie ?

Envolez-vous, faucons, passereaux et faisans !
Paradeurs, paroliers, jacasseurs, étourneaux !

Quand la trompe de chasse entoure le manoir,
Quand la meute des chiens s’excite dans les bois,
Je n’entends plus sonner la musique des vers
Dans mon gueuloir intime.

Ah vivement, grands dieux, que s’en vienne l’été !

Je prendrai mes vacances à la plus proche ville,
Loin de vous, hobereaux, rapaces, volatiles
Et j’écrirai des chants plus grands que le silence.

Ecrit pour le Défi du samedi n°441 à partir de cette consigne

15 janvier 2017

DERRIERE LE MUR

DDS 437 le mur (MAP)114154488

Derrière le mur il y a
Des tas
Des tas
Des tas
Des tas de briques
De briques,
De briques et de sacs de ciment
Pour construire d’autres murs

Des murs pour enfermer les gens
Dans l’idée répandue
Que l’Enfer c’est les autres

Derrière le mur il y a
Des murs
Des murs
Des tas de murs
Encore des murs
Toujours des murs

Derrière le mur il y a
Un arbre
Un arbre
Un arbre qui n’apprécie rien tant
Que de perdre ses feuilles à l’automne
Pour devenir sourd à nos chants de guerre
A nos cris et à nos délires

Nous
Nous marchons entre les murs.

Sur ce qui reste de chemin,
C’est-à-dire très peu, au fond,
Nous posons des pas vagabonds
A la recherche de l’humain.

Si nous abattons ces murailles,
Nous le rencontrerons, demain ?

Ecrit pour le Défi du samedi n° 437 à partir de cette consigne

10 novembre 2016

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 38, Métro-nomique

1
Le dragon qui sort de sa grotte
A tout d’abord l’œil qui frisotte :
Pas habitué à la lumière
Il cligne, cligne des paupières.

Orléans ! Clignancourt ! Nation ! Porte Dauphine !
Bienvenue, mon Parnasse !

Quelle jolie Laumière en ce début du jOurcq !
Comme il faisait frisquet à la station Glaciaire !

AEV 1617-07 Le-métro-Glacière-à-Paris

2
Bientôt ragaillardi,
Se sentant d’appétit,
Le voilà qui chemine
Direction la cantine.

Bœuf en daube ? Censier Daubenton ?
Le Normand qui débarque en plein cœur de Paris,
Plein de Gaîté place des fêtes,
Il fait parfois son trou à l’entrée des Lilas !

AEV 1617-07 dragon 2

3
O divine et belle surprise !
Laisse ta faim maladive en prise !
Voilà ton repas de midi :
Un troupeau de blanches brebis !

Pourquoi ont-ils tué Jaurès ?
Danton ? Robespierre, passe encore !
Quelle mouche La Motte-Piquet ?
Qui tire les ficelles du Pantin d’Italie ?

4
Mais, sorti du château voisin

Voici qu’accourt un argousin :
C’est un énorme Saint-Bernard
Qui a dû se tromper d’histoire

Vraiment ? Comme c’est Corvisart !
Voilà qu’il a dit « Corvisart » !
Il a Cité, en Chemin, Pré-Vert et Maurice Chevaleret :
Qui va causer dégâts station Ménilmontant ?

AEV 1617-07 dragon 3

5
- Flambe-les, dit le chien au dragon. Ou tout comme !
Je vais les asperger de mon tonneau de rhum ! ».
Or c’était de l’essence. Ayant ainsi agi, il s’écarte du lieu.
L’autre peu malicieux lâche flamme et…prend feu !

Bêtes à gros museaux, méfiez-vous des saints placides !
Il n’y a plus d’après à Saint-Germain-des-Prés
Et plus de Pyrénées quand on a l’allant Ternes
Et les neurones Invalides.

Faites plutôt emplette à Richelieu-Drouot
D’un club de golfe clair qui rend le marc Cadet
Des soucis des bons poissonniers
Et permet de les Dugommier, les clébards qui gardent le Temple

AEV 17-07 Métro-Poissonnière-Paris

6
On mangea du dragon rôti tout cet hiver.
Saint-Georges ayant raté la bonne correspondance
S’est farci quant à lui les timbrés d’Angleterre
Et leur panse de brebis !

MORALITE

Ne faisons pas Trocadéro (Trop de cas des héros) :
Ils perdent quelquefois
Leurs couronnes, comme les rois.

D'une voix presque muette,
Ils murmurent Cambronne
Et restent sur le cul
Et restent sur le quai
De la Râpée.

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 8 novembre 2016
à partir de la consigne 1617-07 "Imagidés" décrite ci-dessous.

Photos empruntées au web. 

1 mai 2016

LUMIÈRES ET POUSSIÈRES

DDS 400

Non mais dis donc, Mina D. Almond ! Tu n’as donc pas d’ardoise ou de journal intime ? Qu’est-ce qui te prend d’écrire sur les murs de ta ville ? Hooligan-e à huit ans et demie ? Tu es une précoce, hein ?

Ca se voit à ton style. On sent bien que tu as très envie de devenir enseignante plus tard pour mener les mioches à la baguette ! Ton « observez la poussière » rappelle les problèmes d’arithmétique auxquels on nous confrontait jadis :

« Dites à quelle heure le train parti de A vers B à 8 heures 30 et qui roule à la vitesse de 130 kilomètres à l’heure rencontrera le sanglier parti de X vers Y à l’heure H, l’instant T…
Calculez le retard probable du train. Même si vous n’êtes pas une lumière, ne répondez pas : « 10 heures et des poussières », s’il vous plaît. »

Comment ? Qu’est-ce que tu dis, Mina ? Ce ne sont pas des mathématiques, c’est de la poésie urbaine ? Mais il fallait le dire, ça change tout parce que là, du coup, je m’y colle au mur de l’église. Et je rends mon devoir :


Oui, Mina, c’est vrai, on ne voit pas trop de poussière qui danse sur les photos. Normal, les poussières, c’est nous. Et moi, pour la danse, je vaux zéro. Par contre, pour la lumière, je puis te l'assurer, Toulouse vaut le coup !

160410 Nikon 369

 

 

 

 

 

 
Ecrit pour le Défi du samedi n° 400 à partir de cette consigne

6 mars 2016

L'EMPEREUR DES MERS

Rien n’est régulier
Pour marquer tempo
Comme un métronome.

Trois temps d’une valse,
Le bal est ouvert,
Les robes froufroutent,

Les pieds virevoltent,
Les têtes s’enivrent,
Les cœurs se rapprochent.

La boule à facettes
Envoie dans le ciel
Des étoiles d’or.

Les encravatés
Secouent les deux pans
De leur queue-de-pie.

Les diamants scintillent.
On voit tournoyer
Des plumes de paon.

Tout au long du soir
Les morceaux s’enchaînent.
La nuit est à nous .

L’orchestre est parfait,
Le pianiste adroit,
Les violons légers.

C’est qui ce pingouin
Qui s’enfile au bar
Des shoots de vodka ?

manchot métronome 4

Pas manchot le mec !
C’est fou c’qu’il s’envoie
Derrière la cravate !

Mais bonjour, demain,
La casquette en plomb !
C’est le capitaine ?

Oh ! Pas d’inquiétude !
Le second est sobre
Et tout ira bien,

Tout au moins jusqu’à
Ce moment fatal
Que nul n’a prévu

Où le paquebot
Croise sur sa route
Un iceberg perdu,

Glaçon tressautant
Dans l’apéritif
D’un siècle arythmique

Et alors… Plouf !

 

Titanic face aux métronomes réduit

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 392 à partir de cette consigne

20 décembre 2015

A QUI CA SERT QUE LE FOU D'UCHRONIE SE DECARCASSE ?

louis-16-a-varennesUne demi-heure plus tard, on arriva dans un petit village appelé Varennes. Personne n’y reconnut le roi tant son déguisement de valet simple d’esprit, d’homme qui avait perdu la tête, était excellent.

Une demi-heure plus tard, le feu n’ayant pas pris sur le bûcher de Jeanne, on la libéra de ses liens et on lui promit la vie sauve contre la promesse qu’elle rentrât chez elle à Domrémy afin d’y garder ses brebis. « Il n’y a pas de raison que les générations futures vous fassent la fête le premier mai. Ce jour-là, c’est la fête du travail et vous, tout ce que vous avez décroché jusqu’à présent, c’est un CDD de porteuse d’armure. Retournez faire vos preuves sur le terrain, revenez à vos moutons et on en reparlera ensuite. Et arrêtez de jouer avec ce téléphone portable ! Dites-vous qu’il n’a pas encore été inventé à notre époque ! Ce doit être un patrouilleur du Temps qui l’aura égaré !» conclut le capitaine Anderson en la menant aux portes de Rouen.

Une demi-heure plus tard, on attendait Grouchy et ce fut lui qui arriva. « Il n’y avait pas de raisons que ce fût Blücher, surtout en période de soldes » commenta l’Empereur.

Une demi-heure plus tard, un nommé Ravaillac qui passait rue de la Ferronnerie glissa sur une merde de chien et s’étala de tout son long. Pour une raison inconnue de tous il avait à la main un énorme poignard sur lequel, dans sa chute malencontreuse, il s’empala. L’homme ignorait sans doute la chanson que le poète anglais Kevin Ayers interpréta jadis à l’Elysée Montmartre :

" La ville de Paris est très belle
Champs-Elysées, Tour Eiffel
Mais sur les trottoirs de Paris
Y’a quelque chose de pas joli :
Caca, caca, partout caca ! "

Une demi-heure plus tard, la Bastille était prise. La populace hurlait : « Libérez nos camarades ! » mais il s’avéra qu’à l’exception d’un aristocrate enfermé là en raison de ses écrits licencieux, lequel ne désira même pas sortir de sa cellule, la prison était vide d’occupants.
- Tout ça pour ça ? se demanda le peuple. Et pour que l’on construise ici un opéra très moche ? Non merci !
Et ils retournèrent tous prendre la diligence de 8 h 47 pour Domrémy. Là-bas ils s’y firent engager comme bouchers-dépeceurs dans la fabrique de gigots de moutons de la famille Darc.

Une demi-heure plus tard, l’empereur avait pris sa décision. Plus question de se faire sacrer ni d’enquiquiner les mômes avec cette idée folle d’inventer l’école. Il se planta des fleurs dans la barbe et partit élever des chèvres au Larzac. Peu lui importait désormais d’unifier l’Europe des Goths, des Wisigoths, des Ostrogoths et des ophtalmos joueurs de go. « Bien entendu, se justifia-t-il, on peut sauter sur sa chaise comme un cabri en disant "l'Europe !", "l'Europe !", "l'Europe !", mais cela n'aboutit à rien et cela ne signifie rien. Et puis d’ailleurs, cabri, c’est fini ! ».

Une demi-heure plus tard, l’archiduc décida subrepticement d’annuler sa visite à Sarajevo et de venir chez moi pour fêter mon anniversaire.

Une demi-heure plus tard je tournai la dernière page de mon livre d’"Histoire de la France parallèle et par Toutatis". Je songeai que si j’en recopiais quelques passages piochés de ci de là, mon Défi du samedi serait vite écrit. Cela aurait pu sembler malhonnête mais j’eus l’idée d’entreprendre des recherches.

 

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Une demi-heure plus tard, j’étais complètement rassuré. J’avais découvert sur Internet qu’avec Gilles Debinche et Mick D. Bill, Toutatis était un autre de mes pseudonymes ! L’honneur était sauf.

Une demi-heure plus tard le royal carrosse s’enlisait dans la vase à Soissons. Pendant le désembourbonnage, un dénommé Clovis Trouille identifia une des passagères comme étant la reine Marie-Antoinette. Ce n’était pas malin non plus, en ces temps de disette, de s’empiffrer goulument de brioche sous le nez et la barbe des prolétaires.

 

Adieux de Fontainebleau

Une demi-heure plus tard, on annonça que tous les vols à destination de Sainte-Hélène étaient annulés. L’Empereur tenta alors d’échapper à ses gardiens. Il y laissa sa chemise mais parvint à s’enfuir et à regagner Fontainebleau.

Une demi-heure plus tard, Laure Manaudou exultait encore. C’est qu’on n’arrête pas aussi facilement qu’on ne le croit un orgasme familial et olympique.

Une demi-heure plus tard, le canard était toujours vivant.

Ecrit pour le Défi du samedi n° 381 à partir de cette consigne

14 novembre 2015

Des affiches vues à Rennes Beaulieu le 29 septembre 2015 (4)

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- Si j'avais le temps, j'irais bien écouter, rien que pour l'humour de leur nom, "Les Chevals hongrois" et "In paracétamol we trust" !
- Mais, Joe Krapov ! Tu as tout ton temps, on est samedi !
- OK, j'y vais ! 

Pas déçu de ce premier voyage en rap cultivé ! Amis cinéphiles, bonjour ! Restez jusqu'au bout ! 

Et tout aussi enthousiaste pour cette visite de Rennes à fond les manettes
à bord de la Lotus seven du "Prisonnier" !
Si je m'attendais !
Bonjour chez vous, les allumés du médoc !

11 novembre 2015

Sur un parking à Rennes Beaulieu le 5 novembre 2015

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Elmer a encore fait des émules ! Et moi avec mon esprit de l'escalier, je me rends compte aujourd'hui que j'aurais pu écrire un texte plus drôle hier, à propos des voyages et des langues étrangères, à l'atelier d'écriture de Villejean, si j'avais raconté mes aventures avec cette chanson  habit d'Arlequin :



 

3 versions avec des paroles différentes sur un même air et celle que je cherche à retrouver est une quatrième (va savor si le Dumish klezbreizh Orkestra ne l'a pas traduite en yiddish !)

6 novembre 2015

A La Chicorée, restaurant Ch'ti à Lannion (Côtes d'Armor) le 31 octobre 2015 (1)

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N'ayons pas peur de nous jeter des fleurs ! Le meilleur kouign amann de bretagne est fabriqué par un Ch'ti, votre aimable serviteur qui vient encore d'en sortir un de son four magique. Et le meilleur velouté d'endives à la mimolette, plat du Nord s'il en est, est concoté par Mme Marina Bourgeoizovna, native de Rennes, riante cité que j'apprécie même sous la pluie. Sortis de cela, ça nous fait du bien quelquefois d'aller goûter à la cuisine des autres. Ne l'ayant pas goûté je ne dirai rien du waterzooï que mes compagnes ont fort apprécié mais je ne tarirai pas d'éloges sur ce poulet au Maroilles qu'on sert à la Chicorée, restaurant de sympathiques Ch'tis émigrés à Lannion où nous étions ce samedi soir. Et je ne vous parle pas de la tarte à la rhubarbe en dessert. Elle était tellement appétissante que je me suis rué dessus sans plus même penser à la photographier !

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Maintenant, je l'avoue, la bière était très bonne mais...
Mais n'est-ce pas une hérésie, diététiquement parlant, que d'absorber une boisson si riche par-dessus des plats bien copieux ?
Allez, on ne vit qu'une fois ! Le café à la chicorée est offert par la maison et l'insomnie qui a suivi est déjà passée aux oubliettes !
On y retournera !

P.S. La forme du verre de Kwak, la bière qui fut servie à notre amie biologiste de profession, lui a rappelé par trop son petit laboratoire ! On les fabrique à Corps-Nuds ? ;-) Ce n'était pas du pipi de chat, au moins ? ;-)

6 novembre 2015

A La Chicorée, restaurant Ch'ti à Lannion (Côtes d'Armor) le 31 octobre 2015 (3)

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On ne peut pas toujours fuir ses origines ! La chicorée ne m'a t-elle pas suivi jusqu'au royaume de Sabolie ? Le château dans lequel j'oeuvrais à l'époque avait été jadis une fabrique de chicorée ! Mais bon, j'ai dû changer, sans doute en mal, avec le temps. Je goûte plus désormais l'humour au 38e degré de "Au service de la France" que celui des histoires de Cafougnette. Je découvre ce soir, en cherchant vainement Simons et Line Dariel, une série intitulée "Buque al'porte" qui me donne l'impression de "toucher le fond". Normal pour un natif du pays minier ! La chute de ce sketch-ci m'a bien fait rire quand même ! 

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