C'était un des objectifs de Marina B. : retrouver quelques randonnées faites jadis en compagnie de notre bonne amie pontécrucienne * ou lors d'un stage de conte avec Fiona McLeod.
Je ne me souvenais pas que le Goyen, le fleuve qui a son estuaire en Audierne, était aussi large et aussi couvert de jolis nuages ! Je pense qu'on avait fait cette randonnée sous ciel gris en 2011 ou avant, à l'époque où nous étions allés participer aux Gras de Douarnenez... déguisés en légumes ! En poireaux, plus précisément ! (Non, je ne chercherai pas les photos ! Si ?)
* habitante de Pont-Croix très utile aux verbicrucistes qui font des grilles de 15x15 (qu'on appelle aussi des marignans) et qui désespèrent les cruciverbistes perplexes et les candidats du jeu des mille euros spécial jeunes qui ignorent ce que c'est qu'un gentilé*
* nain de jardin un peu niais et beaucoup moche : "Simplet est un gentilé".
Tout le temps de notre visite, l'agent d'accueil est resté pendu au téléphone. Pas moyen de lui demander si on avait le droit de photographier ces vitraux magiques dûs au talent de Monsieur Matthieu Gasc.
De toute façon, Marina B. à qui j'avais confié mon petit compact rose avait déjà commencé à mitrailler en silence. Moi j'ai juste fait cinq "clic-clac" avec mon Reflex et le gars n'a pas réagi. Ici on aime bien partager la beauté du monde avec des gens qui sont loin mais si cette publication dérange quelqu'un, il y a une rubrique "droit de contestation" à droite pour me le signaler. Ces billets d'un petit blog perdu sont bien évidemment amovibles dès réception d'une demande justifiée. On n'est pas des sauvaches !
On peut lire l'info de Saint-Malo.maville sur l'artiste et sur l'expo ici. Si vous êtes du côté de Dol d'ici au 31 août, ne manquez pas cela !
Après ces 110 kilomètres de vélo en une semaine et cette randonnée pédestre très sportive de Cancale à la Pointe du Grouin, on avait droit le samedi 18 juillet à une petite séance de restau à l'issue du marché. On a choisi très classiquement d'aller manger des moules-frites "chez Boris". On n'a pas été déçus de l'ambiance années soixante qui régnait dans ce café-restaurant à la décoration vintage. Tous les piliers de comptoirs installés au bar, sans masque, collés les uns aux autres et allant de la goule avec gouaille, c'est sûr qu'on était loin des oukases des Parisiens !
Comment ont-ils pu prévoir dès 1996 qu'on devrait rester confinés chez nous en 2020 ? Ils sont vraiment plus mal(ou)ins que les autres, eux ?
***
Les haïkus et tankas placés sous les photos qui suivent répondent à la consigne n° 1920-28 de l'Atelier d'écriture de Villejean publiée à la suite de ces quatre billets malouins.
Prolifération ! Tant et tant d'êtres humains, Virus et lapins !
Tant de beaux drapeaux... Un seul peut dire aux pays : "Mise en quarantaine !"
Le très long baiser Sans qu'il y ait ni rempart Ni geste-barrière !
Ils sont l'avenir ! Offrons-leur des jours heureux Et Greta Thunberg !
- Tirez la langue, pour voir ? - Bleahhh ! - C'est bizarre, elle est toute jaune ! Vous toussez aussi ?
Un nouveau savoir-faire ajouté à ma collection : disputer une partie d'échecs avec un ami à distance via Internet ! En l'occurence c'est Manu, pas celui de l'Elysée, celui des Am'nez zique ! C'est sur lichess.org que ça se passe ! Et on peut même discuter en même temps ! C'est vraiment la stratégie du chat !
Cette même statue, vue depuis un bateau de croisière sur la Meuse en 2017.
Photo empruntée à Tripadvisor
La vue sur le coude de la Meuse est prise à Bogny-sur-Meuse et il y a sans doute eu un touriste aimable pour les immortaliser tous les quatre assis·e·s sur le socle de la statue des quatre fils Aymon, entre les pattes du cheval Bayard.
- Pourquoi tu publies ça sur Internet ?
- Pour rien ! Juste pour profiter du pion « Dépositaire » !
- T’as raison, il est un peu con ce Grand jeu de la Vie !
Et si on reprenait "Rennes-en-Délires" ? Au moins, si on allait marcher dans Rennes comme du temps où, sous le pseudonyme de P'tit Louis, je le faisais pour le compte de l'Agence de Flânerie Amoureuse de Rennes ? A l'issue de cette première virée photographique en solitaire de l'année 2020 je ne crois pas que sa directrice, Mlle Isaure Chassériau, y retrouverait ses petits ni surtout matière à entraîner des clients curieux dans son sillage !
Pourtant, moi, ces graffs le long du chemin de fer, je les aime bien !
Si vous ne disposez pas d'un jardin, il vous reste jusqu'au 20 mars pour effectuer une promenade virtuelle en Ardèche et dans la France en chansons des années 50 à 80 en compagnie de Jean Ferrat et de la pauvre Christine Sèvres. Salut à vous, camarades !
Peut-on encore voter pour des gens qui laissent construire de telles horreurs ? Peut-on voter pour d'autres gens qui feront peut-être pire encore ?
Comment s'appelle cet immeuble grillagé ? - Le Tchador. C'est un clin d'oeil à la prison des femmes qui se trouve en face. - Bravo ! Bonjour le concept !
Bonjour le choc visuel pour elles le jour où elles sortiront !
- Et ces pylones de camp de concentration ce sont... ? - Des lampadaires !
J'aime beaucoup Manu Lebichon, mon complice chanteur du groupe Am'nez zique et les Biches. Comme il est aussi fou que moi, je n'ai pas été étonné de recevoir de sa part, lundi dernier, un mail ayant pour sujet "[Idée] aussi sotte que grenier ?".
Hello cher Alcolyte
Et si on allait faire un petit "street hommage" à Graeme cette semaine 😂
Moi j'ai mercredi matin, jeudi après midi ou vendredi.
Le Bichon fou 🎃
Je vous passe les détails de la préparation. Nous nous sommes retrouvés vendredi matin sur le Marché de Villejean pour interpréter, de dix à douze heures, pas moins de 28 chansons du plus célèbre des Franco-Néo-Zélandais ! On a remis ça l'après-midi place du Parlement et place de la Mairie.
Voici la pancarte-nuage que le Manu avait concoctée pour l'occasion.
Le meilleur moment de la journée a été... celui où on a remballé ! ;-) A ce moment-là une jeune fille charmante s'approche de nous et nous demande d'interpréter "Jusqu'à la ceinture". Nous on ne refuse rien aux jolis sourires et aux amoureuses de chanson française. J'ai ressorti ma guitare de son étui, Manu a tenu le classeur et elle a chanté avec nous tout en filmant-enregistrant la version impromptue. J'ai adoré ! Je lui ai laissé mon adresse mail et j'ai reçu l'enregistrement deux heures après. Merci Flo ! A charge de revanche je renvoie mes lectrices et lecteurs vers le FB de Flo et ses Ter Happy : https://www.facebook.com/FloetsesTerHappy/
Je profite de cet événement et de ce billet pour vous gratifier de mes belles re-découvertes du répertoire au gars Graeme. Je vous livre surtout les interprétations de Babord Amure, un groupe de chants de marins que j'ai vu à Paimpaul l'été dernier. Ils ont sorti tout un disque, sublime, de reprises de Graeme Allwright.
Pour ma part j'ai ajouté et je conserverai dans ma guitare celles-ci : Petites boîtes ; Qu'as-tu appris à l'école ; La Mouche bleue ; J'm'envolerai ; Les Soeurs de miséricorde.
Par-contre on a du boulot sur ses adaptations-traductions de Léonard Cohen. On a souffert sur "Johnny" et "Jusqu'à la ceinture" mais je me suis régalé par contre à jouer avec l'alternance chant-guitare sur "Le jour de clarté" !
Allez, bon voyage dans les nuages et merci pour tout, cher artiste !
P.S. 1 Je vous ai fait un recueil des paroles des 28 chansons. Il est récupérable ici pendant trente jours à compter d'aujourd'hui :
Le Grenier des anges est un magasin d'antiquités qui a longtemps été installé rue Hoche dans une boutique "basse" : il fallait descendre une ou deux marches pour pénétrer à l'intérieur. Il fallait aussi baisser la tête pour entrer.
Je viens de retrouver sur Internet, dans un diaporama mien qu'on m'a emprunté pour en faire je ne sais trop quoi, une photo de la jolie devanture bleu ciel. La voici :
La boutique a déménagé un peu plus bas et est installée maintenant dans la rue qui relie la place de la Mairie à la fontaine de Parmiggiani. Oui, c'est ça, la rue de Coëtquen, ça m'est revenu avant que M. Google-Maps ne m'affiche son plan foireux où l'on voit plus les noms des boutiques que les noms des rues.
Il y a peu, au moment des illuminations de Noël, j'ai photographié des objets dans la vitrine. Les voici :
Un bâton de colle et tout un univers surréaliste naît à partir des coups de ciseaux de Jacques Prévert ;
Un bâton de pèlerin et tout le monde composte son billet puis chemine en godillots vers un autel à Saint-Jacques ;
Un bâton de pluie et tout le monde écoute la comédie du riz qui bruite la nature ;
Un bâton de rouge à lèvres et tout un désir s’allume ;
Un bâton de sourcier et tout le monde espère la fin de la sécheresse ;
Un bâton de gendarme et tous les enfants crient pour prévenir Guignol ;
Un bâton d’encens et tout plane pourvu que la musique soit des années 60 ou 70 ;
Un bâton de théâtre qui frappe les trois coups et tout le monde se tait, la pièce peut commencer ;
Un bâton de craie et toute une classe attentive à son crissement attend de découvrir le sujet de la rédaction ;
Un bâton de marche nordique (ou deux) et tout un troupeau de moutons de Panurge envahit en caquetant le chemin de halage (oui, ces moutons-là caquètent !) ;
Un bâton de magicien et c’est l’enchantement de « Demons and wizards » ;
Un bâton de majorette et tout le village est en fête ;
Un bâton de ski (ou deux) et toute la montagne est blanche ;
Un bâton merdeux et tout le monde se le refile ;
Un Bâton-rouge en Louisiane et tout le monde s’étonne du nombre de « s » et de « i » dans Mississippi ! Si, si, Sissi !
Un bâton de dynamite et tout mon poème explose.
Aussitôt je prends la fuite : les volées de coups de bâton, très peu pour moi !
Il faut toujours que j'en rajoute ! Je suis allé vérifier chez M. Google images : personne à part moi ne tourne la molette "effets créatifs" d'un appareil Nikon qui possède cette option ! Tant pis pour vous qui passez par ici ! Vous saurez qu'il y a à Rennes un photographe qui regarde le monde à travers un prisme déformant ! Pour le meilleur ou pour le pire, ça, par contre, je ne sais pas du tout ! Mon jugement lui-même est tout déformé. ;-)
La famille Krapov a ses rituels. Le samedi matin nous descendons au Marché des Lices, nous achetons à peu de choses près les mêmes ingrédients culinaires que la semaine précédente, en suivant le même parcours à travers les étals, puis nous empruntons la rue des Innocents, la rue Saint-Louis et nous nous rendons sur le marché des libraires de la place Hoche.
(Oui, nous les restituons à la ville de Rennes, les rues que nous avons empruntées).
Je n'y cherche plus, ces temps-ci, place Hoche, que des bandes dessinées antiques ou livres d'occasion traitant du jeu d'échecs. Oui, j'en possède déjà trop et j'en fais très peu d'usage, mais bon, je suis comme ça et personne ne pourra plus me refaire.
L'autre samedi, sur un tréteau où tout était à deux euros, j'avise le Marabout flash intitulé "Je joue mieux aux échecs". Il me semble bien que cela a été le premier des livres d'échecs que j'ai possédés et je l'avais perdu dans mes déménagements. Evidemment, je l'ai racheté.
Il est rédigé par Frits Van Seters dont j'avais racheté aussi, précédemment, le "Guide Marabout des échecs" que j'avais fort apprécié à mes débuts dans ce jeu.
Dans le Marabout Flash il y a deux choses intéressantes : le chapitre IV sur les finales théoriques et... les illustrations que je m'en viens partager avec vous ce dimanche - tout à fait illégalement, c'est vrai, mais je les enlèverai si cela pose problème à quelqu'un -.
Les petits dessins qui illustrent ce petit livre sont de Lucien Meys. Je suis allé voir consulter Madame Wekeep, la sorcière, pour savoir qui était ce monsieur. Voyez comme le monde est bien fait : c'est aussi un scénariste et dessinateur de bandes dessinées qui a commis à une certaine période les aventures de Modeste et Pompon. La notice, très intéressante, est consultable ici.
On apprend que Lucien Meys a illustré les 388 volumes de la collection Marabout Flash ! Quel boulot, mais quel boulot !
On lui pardonnera - avec le temps, va tout s'en va ! - (ou pas !) cette représentation un poil macho du joueur d'échecs fumeur de pipe qui lit un livre tout en condescendant à jouer une partie contre son épouse. Certains dessins, très années 60, sont cependant vraiment très drôles.
Une semaine de perdition : même pas eu le temps de faire le diaporama sur le "Clair de Lune à Maubeuge" avec des photos de la croisière sur la Meuse de 2017 . Je dispose pourtant depuis mardi matin d'un fichier son intéressant des M'A2R1 d'O douce.
Euh... Je vérifie...Oui, il est encore dans l'enregistreur !
Le groupe de musiciens mayennais Mémé les Watts donne un concert à Villejean ce samedi 9 novembre 2019 à 20 heures 30. L’occasion pour nous de dresser le portrait de son charismatique guitariste, Pierre Bouguier.
Colporteur de chansons En relisant, dans l’article consacré à «Histoires ordinaires.fr/Villejean» par le magazine «Les Rennais», la phrase «Partout près de nous ou à l’autre bout du monde vivent des gens ordinaires surprenants d’énergie, de créativité, de solidarité, de convictions, de passion pour l’intérêt général, en un mot d’humanité» on ne peut s’empêcher de penser à Pierre Bouguier.
Ce jeune musicien a en effet à son actif un beau palmarès de colporteur de chansons de toutes les générations dans toutes les générations.
En 2008 il a sillonné le monde jusqu’au Népal et en est revenu avec un spectacle de chansons collectées sur place auprès des enfants rencontrés dans dix pays.
Huguette the power
A l’autre bout de l’échelle de l’âge, Pierre a monté en 2016 le projet «Huguette the power». Il a fait se rencontrer et chanter ensemble les pensionnaires de quatre EHPADs et de foyers-logements autour d’Ernée. Le chef de chœur a emmené ses troupes décoiffantes et son groupe Mémé les Watts en concert public au festival «Au foin de la rue» à Saint-Denis de Gastines. Il faut regarder le documentaire touchant et vivifiant qu’Arnaud Ray a consacré à cette chorale qui envoie de la musique rétro sur des rythmes actuels : « Riquita » en reggae ou en rock il fallait oser, mon frère ! On kiffe !
Mieux encore les résidents chanteurs-chanteuses ont eu le moment de gloire de leur vie en se produisant au Grand Rex à Paris. Un article dans le journal «Le Monde», les honneurs de la télévision, quel beau cadeau, quelle belle aventure ! La vidéo qui raconte ce voyage à Paris vaut elle aussi le détour. Vous la trouverez, avec d’autres, sur le site de la Compagnie «Des arbres et des hommes».
En 2019 Mémé les Watts a prolongé l’expérience en créant Germaine and the kids, une chorale qui mêle des résidents de sept EHPADS du Sud Mayenne et une classe de CE-CM de Saint-Quentin les Anges.
Pierre Bouguier travaille et se produit également en duo avec Matthieu Hamon, un jeune homme né autiste qui s’épanouit dans la chanson.
Mémé les Watts à Villejean Mais c’est dans la formule basique du quatuor de talentueux musiciens que Pierre Bouguier sera Villejeannais d’une soirée. Une soirée à ne pas manquer ! Avec un peu de chance Mémé les Watts vous fera zouquer sur «Zorro est arrivé» !
Vous n’avez aucune excuse de ne pas être là : ce concert, proposé par le Comité de braderie de la MQV, a lieu dans la salle de spectacles de la Maison de quartier de Villejean au prix d’entrée ultra-modique de un seul petit euro ! La possibilité vous est également offerte de vous restaurer à 19 heures au même endroit pour seulement 4 euros (galette-saucisse, crêpe et boisson). Réservez vite au 02 99 59 04 02 !
Un grand moment de chanson française revisitée sur des rythmes actuels vous attend ! Qu’on se le dise !
Joe Krapov
Ecrit pour Histoires ordinaires le 8 novembre 2019
Notre reporter a testé pour vous, à sa façon bien à lui, les soirées jeux de société mensuelles de la Maison de quartier de Villejean. Faites vos jeux, rien ne va plus quand la roulette est pseudo-russe !
Agapes du soir, bonsoir !
«Chez Gilles et Teresa», ce pourrait être l’enseigne d’un café chic et pourtant bon enfant, situé au 2 de la rue de Bourgogne, à Villejean. Pour y accéder on monterait les marches, comme à Cannes, sur un tapis rouge et orange de feuilles mortes, sauf qu’on serait en novembre et qu’il ferait déjà noir à 20 heures. En haut de l’escalier on serait accueilli par le maître d’hôtel, Monsieur Claude. On s’inquièterait auprès de lui de l’absence des patrons.
- Ils vous reçoivent à la cave, ce soir, répondrait-il. Descendez l’escalier à votre gauche, c’est la porte en face !
A la cave ! On rêve à un club d’oenologie ou à quelque chose du même tonneau. On va boire du millésimé, ce soir, croit-on ! Mais on se trompe. Déjà sur la porte du saint lieu il est écrit «Cave à musique» et pourtant on n’entend ici aucune mélodie en sous-sol. Va-t-on se rebiffer dans cette cave ? On pousse les deux portes consécutives et on entre… dans un tripot sélect où Gilles et Teresa, fort affables et très bien entourés déjà, vous accueillent sympathiquement.
Ils ont, si on peut dire, dressé le couvert sur plusieurs tables mais «Chez Gilles et Teresa» ce n’est pas un restaurant non plus. C’est bien une salle de jeux, sans tapis vert, sans croupiers, sans bandit manchot ! On était à côté de la plaque et on a manqué de commettre un impair. Pas question de faire sauter la banque, tous les billets sont faux ! Gilles et Teresa assurent en fait avec beaucoup d’élégance l’animation des soirées jeux mensuelles de la Maison de quartier de Villejean.
Nous serons une quinzaine de «clients» ce soir à nous répartir selon nos envies autour des plateaux de jeu : celles et ceux qui ont un appétit de baraka-baroudeurraccuda du Nil embarqueront à bord de «Pharaon» ; les amateurs d’intrigues moyenâgeuses feront le siège de l’Isle of Skye ; d’autres choisiront peut-être de grimper sur la butte pour atteindre le but de tout joueur : gagner une partie !
Monte là-dessus, tu verras Montmartre !
Cela fait six ans maintenant que ce rendez-vous mensuel existe. J’étais déjà venu une fois dans le passé m’initier à «Carcassonne» un jeu méridionalo-médiéval à base de tuiles, de routes, de déroutes et d’abbayes ! Et à la Fête du jeu, en septembre dernier j’avais assisté à une partie de chemin de fer autour des «Aventuriers du rail».
Comme il faut bien se lancer je m’installe ce soir à la table de « Montmartre », séduit par la joliesse des jolies drôlesses sur les cartes de ce jeu. Gilles nous explique le concept :
- Nous sommes des peintres concurrents. Au début du jeu nous avons quatre tableaux en mains. Il y a quatre séries : rose, bleu – comme les périodes de Picasso ! – vert et jaune. A chaque tour de jeu on peut déposer un tableau dans son atelier, c’est-à-dire, le poser devant soi. Ou deux si le total des points qu’ils portent ne dépasse pas 5. Au fil des tours, en fonction des points déposés par les autres joueurs dans chacune des quatre séries, on pourra les vendre et récupérer ainsi des cartes «propriétaire» dont les premières valent deux francs et les suivantes quatre francs puis six… Quand un peintre a gagné quinze francs, la partie s’arrête.
Le croirez-vous ? Sans avoir trop bien compris les règles de ce jeu-là, j’ai quand même gagné la première partie ! Peut-être ai-je des dispositions cachées pour caser la croûte et ramasser la petite Monet ?
Splendor, Backgammon, Pearls, Isle of Skye, Pillards, etc.
Vous allez me dire : on va moins loin avec quinze francs de l’époque de Toulouse-Lautrec qu’avec les frs 20.000 du Monopoly de notre enfance !
Mais chez Gilles et Teresa on est sûr au moins qu’on n’y laissera pas sa chemise ! On est là pour le plaisir du jeu, pour le petit effort intellectuel qui consiste à enregistrer les règles de fonctionnement d’un univers imaginaire, à prendre des cartes ou des figurines, à les poser, les déplacer. Ainsi en est-il dans le jeu «Splendor» où l’on ramasse des pierres précieuses qui permettent d’acheter des titres de propriété de diamants, rubis (sur l’ongle) ou onyx (soit qui mal y pense) qui permettent d’acheter des titres de noblesse. Justement je rêvais d’aristopicrate en entrant ici !
Pendant ce temps, que se passe-t-il aux tables voisines ? A droite les adeptes de "Pharaon" en sont encore à leur première partie. C’est vrai que c’est assez long de bâtir une chambre funéraire, de préparer son passage dans l’au-delà – personnellement je ne suis pas pressé de faire ça ! - et de peser son âme – en ai-je seulement une ? - !
A gauche il y a Monsieur Francis. C’est la deuxième fois qu’il vient initier celles et ceux qui le souhaitent au backgammon, un jeu à l’air compliqué qui fiche un peu les jetons mais qui ressemble au jeu des petits chevaux mâtiné, même en soirée, de bataille navale : il se joue avec des dés et des stratégies de blocage ou de chute sur le râble d’un jeton isolé. J’ai déjà joué à ça avec lui un mercredi après-midi dans le hall de la MQV.
Le plaisir de jouer
- Comment ? Il est déjà 22 h 30 alors que je n’ai joué que trois parties de deux jeux différents ?
- Ne t’inquiète pas, Joe Krapov, me confie Teresa. Ici on maîtrise les alarmes et on peut jouer de 20 heures à minuit. Tu peux même, contre un chèque de caution…
- Etre libéré de prison, comme Carlos Ghosn au Monopoly japonais ?
- … emprunter un des jeux pour jouer chez toi avec tes ami(e)s d’ «Histoires ordinaires» et nous le ramener le mois prochain. Tu peux dire aussi à tes lecteurs que cette activité jeux de société est ouverte à tous et ne nécessite financièrement que le paiement de l’adhésion à «Rencontre et culture», soit une dizaine d’euros pour l’année – mais avec des vraies pièces, cette fois ! Au fil des ans nous avons constitué un stock d’une vingtaine de jeux pour nos soirées et nous en empruntons aussi à la ludothèque, à l’étage au-dessus, pour mettre de la variété dans nos séances.
Et le vainqueur est…
Je peux surtout dire que j’ai passé là un très agréable moment avec des gens pacifiques, souriants, posés qui redécouvrent ensemble le plaisir de se concentrer, de prendre des risques, de s’aventurer, de se tromper, bref de jouer.
Alors finalement «Chez Gilles et Teresa», aux soirées jeux de la Maison de quartier, même si ce n’est ni un café, ni un restaurant, c’est quand même un endroit où l’on se régale de retrouver son enfance innocente, même si on simule dans certains jeux d’être un envahisseur normand ou un très Claptonien tueur de shérif !
N’hésitez pas à tenter l’expérience par vous-même ! Peut-être deviendrez-vous «addict.e» à certains de ces jeux de cartes ou de plateaux très colorés comme je le suis moi-même du jeu d’échecs où les pièces ne sont pourtant que noires et blanches !
Finalement, ici, on n’a rien à perdre à essayer de gagner ! Prochaine réunion : le vendredi 6 décembre à 20 heures. «Chez Gilles et Teresa», vous retiendrez, mes joyeux enfants ? 2, rue de Bourgogne, «dans une cave où y’a du bon vin» comme dit la chanson !
A propos de ce concours de conte où il y avait, en finale, trois candidats et trois candidates, je vous rédigerais très volontiers un long papier sur l'opposition entre tradition et culture mais pour ne chiffonner personne (ou presque), je vais faire court :
article paru dans Ouest-France le samedi 26 octobre 2019
"A la Bogue, les conteuses se font une place" mais le jury a vite fait de les renvoyer dans leurs foyers ! Les médailles ont été attribuées aux trois messieurs ! Ont-ils fait montre de plus de talent sur scène que ces dames ? Pas du tout ! Simplement les deux premiers étaient des gars du coin et contaient en gallo des histoires de paysans cupides ! Et le troisième avait la casquette "Mission bretonne à Paris".
Vous qui luttez contre les communautarismes et le machisme, vous avez encore du boulot, les gars, les filles ! Voilà, c'était mon billet du jour avec le hashtag #BalancetonBrassens !
Dieu merci, au Grenier à sel, pendant les Apéros poétiques, il n'y a pas de jury, pas de concours, pas de sélection et ici la scène est bien ouverte et pas qu'un peu. Tous les genres poétiques sont admis, conte, chanson, slam, vers ou prose, toutes les langues acceptées. On y a cette année chanté en espéranto, en breton, voyagé d'Haïti à l'Irlande, pratiqué le kan ha diskan et le "poème sémaphore" (j'y reviendrai). J'ai tiré le portrait de tous les participants de cette première soirée. J'y ajoute une photo empruntée à Ouest-France de l'animateur discret, efficace et parfois hilarant de ce moment précieux, Anthony Ryo.
Brigitte a traduit pour nous une chanson irlandaise.
Gérard a été inspiré par "l'homme qui marche" de Giacometti.
Martine et Edwige ont chanté Barbara et lu des poèmes courts
Jean-Albert nous a transportés à Noirmoutier.
Pierre-Yves a brodé une chanson à partir de "La Cigale et la fourmi" de La Fontaine.
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.