19 janvier 2019

RASSÉRÉNER LE MÔME ? ÇA, CÉPHÉE !

DDS 542 Ursa_Major2

- J’ai beau scruter le ciel
Et chercher la Grande ourse
La Petite ourse et sous la Table
Je ne vois pas l’ourson.
Encore moins Boucle d’Or.

Le Téléscope est-il à ce point déréglé 
Qu’on n’aperçoit plus la Baleine ?
Prévert l’aurait chassée ?
Elle se serait envolée
Dans le Triangle des Bermudes ?

Que la Licorne ait disparu
C’est acceptable. Dame !
Elle faisait tapisserie
Parmi ces femme d’âge moyen
Qui auraient fait perdre la tête
Au puissant Hydre mâle
Et la queue à l’Hercule. 

pegasec

Que Pégase envolé
(Qu’ont suivi dans les cieux
Capricorne et Centaure)
Rejoigne au mauvais temps
Le bon Petit cheval
Avec le Sagittaire
Avant de s’en servir,
Ni Brassens ni Pierre Dac
Ne s’en offusqueront
Que ces beaux quadrupèdes
Aient pu mettre les Voiles ;

Que le Petit renard,
Le Corbeau et le Lièvre,
Le Lion, le Loup, la Mouche
Aient choisi de cocher
La case «Château-Thierry»
Pour boire à La Fontaine
Il n’y a pas de Lézard ;

Que le Caméléon,
Animal cachottier,
Peintre polychromique,
Se soit encore caché 
En se peignant le corps ,
C’est là ruse d’Indien
Que nous pardonnerons 
A ce grand mimétique ;

Mais enfin – j’en reste mutique ! –
On ne voit même plus la Girafe !
Qu’est-ce qu’ils peignent 
Dans les ministères ?

china-dragon-constallationOui, franchement, la Coupe est pleine !
Où est donc passé mon Teddy bear
Avec son quelque chose en peluche?

Lui seul savait me consoler,
Plus que maman et papa même,
Quand je rentrais à la maison
Tout constellé d’(h)Orion(s)

- Ce n’est rien mon enfant
C’est juste que ce soir 
Le ciel est nuageux,
Que janvier nous grisaille,
Nous gris houille, nous grisouille,
Que le Dragon du mauvais temps
Résiste plus que de raison
- Depuis quatre-vingt-dix-neuf jours - 
Aux Chiens de chasse de Saint-Georges

Elles sont comme le Phénix
Elles renaîtront de ces cendres
Tu les retrouveras plus tard
Les étoiles de ton enfance. 

Tiens, écoute déjà
Cette voix d’outre-ciel,
« La berceuse des ours
Qui ne sont pas là »
Que Boris composa
Pour son ourson, son Ursula : 

Ursula et Boris Vian"… Oursi Ourson Ourzoula
Je voudrais que tu sois là
Que tu frappes à la porte
Et tu me dirais : "C’est moi
Devine ce que j’apporte ?"
Et tu m’apporterais toi"

Boris Vian

Ecrit pour le Défi du samedi n° 542 d'après cette consigne : Ourson

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18 janvier 2019

GILLES ET JOHN, ACTE IV, SCÈNE 1

AEV 1819-15 Cabane

La scène se passe dans une cabane au bord d’un rond-point en décembre 2018. Gilles et John, en gilet jaune par-dessus leur tenue d’hiver, se réchauffent près du brasero en attendant que le kyrie et midi sonnent.

GILLES – Ca vous dirait de vivre dans le luxe, Monsieur John ?

JOHN – C’est à moi que vous demandez ça, Monsieur Gilles ? J’en suis touché jusques au fond du cœur ! Vous êtes mon premier émoi de la journée. D’habitude personne ne fait attention à moi sur ce rond-point. Pourtant je suis sur la scène depuis le premier acte. Remarquez, j’ai l’habitude.

GILLES – Ce doit être à cause de votre physique d’acteur shakespearien. Vous devez faire peur aux gens. Avez-vous déjà songé à tuer quelqu’un ?

JOHN – Vous trouvez que j’ai une tête à jouer Brutus dans « Jules César » ? Ou Ravaillac dans « Heni IV » ?

GILLES – Ce personnage-là n’existe pas dans cette pièce-là, Monsieur John. C’est pas notre Henri IV à nous. Ça vous dirait de vivre dans le luxe, Monsieur John ?

JOHN – Peut-être que ma définition du luxe ce serait déjà d’avoir de quoi me payer le train pour aller voir une poule à Pau le dimanche !

GILLES – Une Paloise ? Vous avez des vues sur quelqu’un là-bas ? Palsambleu ! Vous rêvez de mettre la paluche sur une Paloise ? Et si on se tutoyait Monsieur John ?

JOHN – Si tu veux, Monsieur Gilles. Tu avais autre chose à proposer ? Le calme et la volupté en supplément du luxe ?

GILLES – J’aurai peut-être ça un jour. Je l’amènerai sur le rond-point. Enfin, sur le théâtre du rond-point.

JOHN – J’ai l’impression que pour toi le futur est le vide-grenier de tes rêves. Enfin si t’es riche, que t’as RIT ou quoi, je te donne un RIB ou sinon tu peux me faire un chèque. J’accepte aussi le liquide.


Entre Frankie, le pompier de service, qui lance à la cantonade :

FRANKIE – Eh, les gars ! Ça vous dirait un dîner de con ?

GILLES - Vas-y Frankie, c’est bon, c’est bon !

FRANKIE – Alors voilà j’ai concombre en hors d’œuvre, conserve de cassoulet en plat principal et biscuit concassé sur le crumble en dessert.

JOHN – C’est consistant, ça va nous remonter le moral, cher compatriote compatissant !

FRANKIE – De quoi est-ce que vous causiez, citoyens ?

GILLES – Je questionnais Monsieur John sur son désir de luxe.

JOHN – Je suis content qu’on s’intéresse à moi. En même temps, je ne vais pas vous raconter ma vie. Ce n’est pas mon genre et elle est un peu tristounette. Je suis chanteur remplaçant dans des chœurs d’opéra. Autant dire figurant intérimaire sur des tournages de téléfilms de France 3.

FRANKIE – Je me demande comment vous avez survécu jusqu’à aujourd’hui !

JOHN – C’est grâce à l’astrologie. Je suis de type saturnien et mon astrologue m’a prédit que je me réaliserais très tard. Alors j’attends. J’attends mon heure. Tout le monde dit que j’ai la lenteur dans le sang. Ce n’est pas de la lenteur, c’est de la patience.

FRANKIE – Moi ce n’est pas pareil. J’ai des idées mais elles ont du mal à sortir. Sauf la nuit, dans mes rêves. Hier, par exemple, j’ai rêvé que j’accrochais un hareng saur en haut de ma grande échelle !

GILLES – Un hareng saur ? Mais ça pue, le poisson !

FRANKIE – Pas dans les rêves.

JOHN – Vous voyez ? C’est toujours pareil. C’est toujours les victimes qu’on blâme ! Il n’y peut rien le poisson s’il est né fin février et qu’on est en décembre !

FRANKIE – Puisque je vous dis qu’il ne sentait rien !

GILLES – Un poisson sent toujours le poisson !

FRANKIE – Que celui qui n’a jamais pêché jette la première pierre !

JOHN – Ah non ! On est sur un rond-point non violent !

FRANKIE – Moi je dis ça, je dis rien.

JOHN – Alors ferme-là ! Il n’y a qu’un bélier pour dire ça ! 

GILLES – A part ça, ça vous dirait de vivre dans le luxe, Monsieur John ?

JOHN – Je ne peux pas l’envisager. Déjà que je gagne pas lourd, en plus j’ai eu un redressement fiscal. Ca fait mal. Très mal !

GILLES – Votre voix doit être bonne pour le gémissement ! Alors ce luxe, c’est non ?

JOHN – Mais pourquoi vous me demandez ça à la fin ?

GILLES – En fait c’est parce que j’ai amené des entrées. Je peux reformuler ça autrement si vous préférez : avec ou sans mayo ?

JOHN – Sans ! Parce qu’en plus j’ai du cholestérol !

GILLES – Ça tombe bien ! Mon entrée c’est des œufs durs et j’ai oublié le pot de mayonnaise à la maison !

RIDEAU

N.B. La photographie est empruntée à  France Bleu

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 15 janvier 2019

à partir de la consigne ci-dessous.

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CONSIGNE D'ÉCRITURE 1819-15 DU 15 JANVIER 2019 A L'ATELIER DE VILLEJEAN A RENNES

Dialogue de Gilles et John

 

L'animateur utilise les cartes du jeu "C'est à moi que tu causes ?"
de Robert Ebguy 
qu'il a acheté récemment.

AEV 1819-15 C'est à mpoi que tu causes

Il distribue à chacun.e trois cartes "question" et sept cartes "affirmation".

Il est demandé d'inclure les formules qui sont inscrites sur les cartes
dans un dialogue entre deux personnages qui s'appellent Gilles et John.

Et ce dans l'ordre où on les a reçues.

Exemple de tirage pour le texte ci-dessus :

Ca vous dirait de vivre dans le luxe ?

Vous êtes mon premier émoi de la journée

Avez-vous déjà pensé à tuer quelqu'un ?

Le futur c'est le vide-grenier de tes rêves

Ca vous dirait un dîner de con ?

Vas-y Frankie, c'est bon !

Je ne vais pas vous raconter ma vie

Je me demande comment vous avez survécu jusqu'à aujourd'hui

J'ai des idées mais elles ont du mal à sortir

C'est toujours la victime que l'on blâme

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17 janvier 2019

LES INVENTEURS FARCEURS. 3, Jacques Carelman

 

 Jacques Carelman est né à Marseille en 1929 et mort à Argenteuil  le 28 mars 2012. 

Dentiste de formation il se distingua surtout en tant que peintre, décorateur et illustrateur.

Jacques-Carelman_7578 

Zazie Couv_176568

 

 

 

Carelman arrive à Paris en 1956 où il s'installe comme dentiste mais il se consacre également à diverses activités artistiques (décoration théâtrale, illustration de livres, peinture et sculpture).

 En 1966, il adapte en bande dessinée le roman de Raymond Queneau « Zazie dans le métro ».

 

 

 

Il est l'auteur de la célèbre affiche de Mai 68 représentant la silhouette noire d'un CRS brandissant une matraque.

 CRS Carelman

Couverture du catalogiue de Carelman 

 

On doit surtout à Carelman une parodie du catalogue Manufrance, le "Catalogue d'objets introuvables" paru en 1969 dont nous avons extrait quelques belles inventions un peu farcesques.

 

La brosse à tuyaux permettant de les peindre d’un seul coup

 Le marteau tordu permettant d’atteindre les clous les plus inaccessibles

Le carbone traducteur (brevet Jean Ferry) : on écrit en français et on retrouve son texte traduit dans la langue de son choix

brosse à tuyau 

 rocking-chair le roulis

  


Le rocking-chair latéral dit « Le roulis »

La chaise plate

Les W.C. pour bergers landais

 
Le robinet à débits différents pour ne pas gaspiller l’eau

La brosse à dents qui permet de brosser toutes les dents en même temps

Le couteau à poire qui ne fait qu’une épluchure

robinet à débits différents 

Fourchette de sécurité 

 

 

La fourchette de sûreté

La fourchette à spaghettis

Le moule à flan dit le mamelük

 

 Les pantoufles de ménage pour balayer et ramasser sans avoir à se baisser

Le hamac suspendu à une absence d’arbres

Le fusil-cor de chasse 

 

 Pantoufles de ménage

 Tennis basket

 

 

La raquette de tennis-basket

La table de ping-pong tous azimuts

Le tandem latéral…
…avec sa couverture pour la pluie

 

 


Le seau à château de sable

L’enclume pliante et portable

Le prie-Dieu à bascule

moule à château de sable 

 tandem divergent

 

 

 Le tandem divergent

Le patin à roulettes pour danseuse classique

 La bouillotte de célibataire

 

 

L’échiquier sphérique

La baignoire économique 

La baignoire à portière (brevet de Gaston de Pawlowski)

 Echiquier sphérique 

Ici une présentation de la réédition de ce livre aux éditions du  Cherche-Midi
en 1997 par Olivier Barrot :
 

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16 janvier 2019

Une lecture bien particulière des "Champs-Elysées" de Joe Dassin

Dans sa lente mais continue évolution en direction du complètement n'importe quoi, Joe Krapov est heureux de vous gratifier d'un nouveau diaporama décalé réalisé avec la complicité sonore de la chorale "La Ritournelle" qu'il accompagne ici à la guitare à douze cordes et à l'harmonica. 

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15 janvier 2019

LES INVENTEURS FARCEURS. 4, Gaston de Pawlowski (1)

Gaston de Pawlowski

Gaston de Pawlowski naît à Joigny le 14 juin 1874 d'un père ingénieur à la Compagnie de l'Ouest et d'une mère née Valérie de Tryon-Montalembert.

Il passe toute son enfance à Paris, suit les cours du lycée Condorcet puis entre à l’École des Sciences politiques. Pawlowski est l'ami de Tristan Bernard, d'Alfred Jarry, Guillaume Apollinaire et correspond avec Marcel Proust. Il pratique le vélo, les courses automobiles et l'alpinisme. Il est aussi bibliophile.

Dès sa vingtième année, il collabore à l'hebdomadaire "Le Rire". En tant que journaliste, il est très lié à Pierre Lafitte qui l'embauche dès le premier numéro de "La Vie au grand air". Il est nommé directeur de l'hebdomadaire "Le Vélo" en janvier 1904, rédacteur en chef de l'hebdomadaire culturel "Comœdia" en 1907. Il participe aux débuts du journal "Le Canard enchaîné" en 1916 et écrit des articles critiques pour "Les Annales politiques et littéraires" dans les années 1920.

Pendant la guerre, il publie chaque semaine dans "Le Rire rouge" ("Le Rire", ainsi renommé) ses "Inventions nouvelles et dernières nouveautés", publiées en recueil en 1916.

 Nous allons vous lire quelques extraits de ce livre injustement oublié. 

 

GdP

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LES INVENTEURS FARCEURS. 4, Gaston de Pawlowski (2)

drap store 2jpg

Le nouveau drap-store est bien le plus pratique des réveille-matin. Il a ce grand avantage d'être silencieux et de ne pas éveiller inutilement les voisins. L'appareil se compose d'un ressort robuste, commandé par un mouvement d'horlogerie placé au pied du lit et actionnant un rouleau de bois auquel sont attachés les draps. Lorsque l'heure du réveil a sonné, le ressort se détend et les draps s'enroulent instantanément, découvrant le dormeur; celui-ci a beau geindre et invoquer les plus vains prétextes, il est bien forcé, après quelques minutes, de se rendre à l'évidence.

Il est spécialement recommandé aux gens qui font usage du drap-store de se coucher normalement, la tête haute dans leur lit. Quelques accidents se sont produits, en effet, lors des premiers essais. Des dormeurs ayant eu les pieds engagés dans l'engrenage ont été enroulés eux-mêmes autour du réveil avec leurs draps. C'est un pénible accident qu'il est facile d'éviter en prenant quelques précautions.

 

***

Nous  parlons aussi de ce réveil-ci, Clocky, qui saute de la table de nuit en sonnant à l'heure de se lever et qu'il faut poursuivre dans tous les recoins de la chambre afin de l'arrêter. Il existe aussi, paraît-il, une version "dronatique" qui va se coller au plafond !

Clocky

 

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LES INVENTEURS FARCEURS. 4, Gaston de Pawlowski (3)

Elégantes au bois avec kangourou réticuleVoici une nouvelle mode venue d'Australie. Elle fait fureur en ce moment à New-York, et il faut s'attendre à la voir adoptée bientôt par nos élégantes Parisiennes. Il s'agit du kangourou réticule, qui remplacera désormais, le matin au Bois, ou dans les courses à travers la ville, le petit chien d'autrefois passé de mode. Celui-ci n'offre pas, en effet, le caractère pratique indispensable aujourd'hui et qui fait le succès du kangourou.

Elégantes au bois 2 avec kangrou réticule

On sait qu'avec les modes actuelles qui interdisent l'usage des poches, les femmes sont obligées de porter dans un petit sac tous les objets inutiles qui leur sont indispensables ; grâce au kangourou, ce sac encombrant devient superflu, l'heureuse propriétaire de cet animal familier n'ayant qu'à mettre ou à prendre dans la poche naturelle de l'animal, les objets dont elle a besoin. Pour que ces objets ne tombent pas en route, étant donné la marche saccadée du kangourou, la poche abdominale est munie d'un simple bouton à pression que l'on a soin de faire poser au préalable, l'opération ne présentant pas plus de difficultés qu'un simple percement d'oreille. Ajoutons que ce bouton à pression peut être enrichi d'un diamant ou d'un rubis et que la poche naturelle du kangourou peut être garnie intérieurement de soie ou de batiste.

 

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LES INVENTEURS FARCEURS. 4, Gaston de Pawlowski (4)

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Nos grands quotidiens n'ont qu'à bien se tenir. On annonce la prochaine création à Paris d'un nouveau journal intitulé La Conscience, qui, merveilleusement adapté aux besoins de la vie moderne, se propose de supplanter tous les journaux existants.

La Conscience sera imprimée sur une petite feuille élastique et assez mince de caoutchouc blanc; l'impression sera microscopique, permettant un format des plus réduits, la Conscience pourra être mise ainsi facilement dans une poche de gilet sans gêner l'acheteur ni déformer son vêtement. Cette première qualité pratique sera particulièrement appréciée de tous les élégants.

La Conscience étant imprimée sur-caoutchouc, on pourra, sans inconvénient, lire ce journal en faisant sa toilette et même en prenant un bain, seconde qualité particulièrement appréciable à une époque où l'hygiène fait, chaque jour, de sérieux progrès. 

Conscience cataplasme_Mais, me direz-vous, ces caractères microscopiques seront d'une lecture difficile, particulièrement pour les gens qui ont la vue faible? Quelle erreur est la vôtre! La page du journal étant en caoutchouc élastique, il suffira de la tendre au moment de la lecture pour obtenir l'exacte grosseur de caractère requise par les yeux du lecteur. Les gens qui ont une bonne vue n'auront qu'à tirer un peu sur le journal, ceux qui ont une vue faible n'auront qu'à l'allonger considérablement pour obtenir une impression énorme. Plus de lorgnons, plus de loupes pour lire le journal ! La Conscience fera la joie des personnes âgées.

Ajoutons, en un temps où les sports sont fort en faveur, que cet exercice de lecture aura les conséquences les plus heureuses, l'effort fait avec les deux mains pour distendre le journal remplaçant avantageusement tous les exercisers actuellement dans le commerce. Notons à ce propos qu'un supplément pour athlètes, imprimé sur caoutchouc fort, sera mis à la disposition du public. L'athlète qui voudra terminer la lecture d'un passionnant feuilleton fera tous ses efforts pour distendre le journal et s'entraînera sans ennui.

Ce n'est pas tout : l'encre employée pour l'impression de la Conscience sera sinapisée, et le journal, une fois lu, pourra former un excellent cataplasme qui, placé sur la poitrine, préservera utilement des rhumes et des bronchites.

Conscience tue-mouches B431131

Ce cataplasme, après usage, pourra former un excellent papier tue-mouches qu'il suffira de placer sur un meuble pour être débarrassé, quelques heures après, de ces dangereuses bestioles.

Est-ce tout? Pas encore. Ce papier à mouches, garni d'insectes, est racheté au prix de vente par le journal la Conscience, qui fabrique, avec les bouillons ainsi garnis, d'excellents plum-puddings de ménage donnés en prime, aux abonnés.

Consciences Plum_pudding

C'est le dernier mot du journalisme moderne et l'on nous annonce que la Conscience élastique nous réserve encore d'autres surprises !

Véritablement le rôle de la grande presse est aujourd'hui admirable.

 

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14 janvier 2019

LES INVENTEURS FARCEURS. 4, Gaston de Pawlowski (5)

criquet-balle de tennis

Une petite invention qui sera fort goûtée de tous nos jeunes gens en villégiature, c'est celle de la nouvelle balle de tennis renfermant, dans un petit logement intérieur, un modeste cri-cri.

Lorsque la balle s'égare dans les hautes herbes, il suffit d'écouter pour savoir où elle se trouve, et cela évite des recherches toujours longues et fatigantes.

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