C'est en découpant, une fois tous les deux mois, mes numéros de Télérama en vue d'effectuer des collages, que je retombe sur des articles juste survolés alors qu'ils sont intéressants ! Dans le N° 3881 du 29 mai 1981 la rubrique "Sélection vinyle" s'intéresse à "Parfum d'acacia au jardin", un DVD de Jean-Louis Murat de 2003 dont la musique est ressortie récemment en vinyle.
On peut y lire ceci, sous la plume de Laurent Rigoulet : "Le chanteur du Col de la Croix-Morand a déjà publié, à l'approche du printemps, les vingt trois compositions de son Lilith de haute volée et il pourrait réciter de tête le suivant quand il s'enferme en studio avant Noël tel Neil Young dans sa grange pour enregistrer en une seule prise une douzaine de chansons qu'il a écrites à la volée. Il est entouré des fidèles Fred Jimenez, Stéphane Reynaud et Christophe Plie, son Crazy horse à lui, et s'offre la liberté d'étirer les morceaux en longues coulées de guitares abrasives habitées par le blues du delta".
Là n'est pas l'essentiel. Ce qui m'a profondément marqué dans cet article, c'est "la devise d'artisan acharné de l'Auvergnat de Douharesse : Tout ce qui n'est pas donné est perdu".
C'est pourquoi je vous redonne une série de ces triptyques de Vassivière qui pourraient très bien illustrer la chanson "Deep forbidden lake"... de Mr Young ! ;-)
J'avais trouvé, avant de partir, grand plaisir à redécouvrir mes triptyques de Douarnenez. Au lac de Vassivière, j'ai basculé mon Canon Ixus en mode panoramique (16x9) et pris des photos verticales des arbres couchés et de la végétation en bordure avec lesquelles j'ai réalisé ces triptyques.
Cher ami goguenard qui êtes resté au bar,
je vous écris du cimetière…
Non ! Je vous décris, du cimetière, notre traversée du village.
Ce sont les pièces d’un tangram
Qu’il vous faudra, si vous voulez bien,
Assembler.
Tout a commencé cour d’école
Où nous avons appris ce qu’est le pincefer
- l’action de voir le pain se faire ! -
Et comment distinguer
Le chêne du noisetier.
On y entendit la guitare
Et des musiciens en goguette.
Nous allâmes ensuite au petit jardin
Écouter des flûtes des Andes
Arrivées du marché voisin
Et puis…
Et puis les questions sont venues.
- Douze personnes silencieuses se recueillent comme isolées du monde sur une île déserte. Sont-elles là pour affirmer qu’on n’a plus le droit de penser à « Dix petits nègres » ?
- Peut-on dormir comme une souche dans un hamac ?
- Où nous mène l’Aurore ?
- Est-ce que, sous le soleil, Faux-la-Montagne est comme un rôti de porc dans son jus ?
- Quand on vous passe un savon artisanal, est-ce Cendrillon qui frotte frotte pour que ça fasse mal ?
- Si tu es prévoyant, pour finir au cimetière, quelle bière choisiras-tu ? L’Initiale ? L’Étincelante ? L’Insouciante ! L’Imprévue ? L’Atypique ? L’Obstinée ? La Ténébreuse ?
- Est-ce bien vrai que les dinosaures ont disparu parce qu’ils ne buvaient pas de tisane ?
- Est-ce qu’on peut vouloir le beurre, l’argent du beurre et le coeur de la rose trémière ?
- Quelle qualité de souplesse convient-il de posséder pour plonger une jambe dans la fontaine en gardant l’autre à l’extérieure pied au sol ? Ou sinon, combien faut-il mesurer ?
- La Fontaine de Faux est-elle miraculeuse ?
- Quelle position adopter après y avoir trempé sa casquette pour éviter que l’eau ne dégouline sur votre cahier d’écriture nomade ?
- Les morts de 14-18 protestent-ils là-haut du désordre alphabétique dans lequel sont rangé leurs noms dans l’église ?
- Dans cette même église où pour la première fois de ma vie je vois représenté un rhinocéros, Saint-Doublecorne prie-t-il pour nous ?
- Il y a aussi sur la pierre nue un éléphant et une tortue. Si Jean de la Fontaine avait arrêté la poésie à vingt ans pour aller faire commerce de casseroles en Afrique, apprendrait-on encore ses fables dans nos écoles ?
- C’est la première fois aussi que j’entre dans une église avec un pliant sur l’épaule. A quelle heure commence le mystère ?
Le presbytère n’a rien perdu de son charme ni le jardin de son éclat mais personne semble-t-il n’a eu l’idée d’inventer un parfum nommé « Chambre jaune » ou « Dame en noir ».
Si jamais je me trompe, ami goguenard, et bien c’est que j’ai… tout Faux !
Pondu à Faux-la-Montagne (Creuse) le 29 juillet 2024
à l'Atelier d'écriture du festival "Folie ! les mots"
Quel plaisir c'est de retrouver ce paysage de rivière avec ses barques tranquilles et l'ambiance de fête théâtrale du festival des Affranchis au début de l'été !
Je n'en parle pas souvent mais il m'arrive de lire des livres et pas seulement des albums de coloriage ! Le dernier écrit avec des petites lettres et au bout duquel je suis parvenu à aller s'appelle "L'Échiquier" de Jean-Philippe Toussaint, auteur franco-belge si j'ai bien tout compris. C'est entre Proust et Modiano, égotiste et pas drôle en diable, mais les passages sur le jeu d'échecs sont intéressants. Le tout est très décousu malgré le projet de rédiger l'ouvrage en 64 chapitres. Mais justement, ce côté recueil de souvenirs ou juxtaposition de courtes nouvelles autobiographiques a facilité ma lecture.
Je n'arrive toujours pas à entrer dans la peau d'un visiteur d'exposition aux Champs libres. Pour moi c'est une bibliothèque, ma bibliothèque. Et je ne veux rien savoir ni sur les arbres ni sur la mort ! Je préfère vivre, marcher et... photographier les arbres et les fleurs ! ;-)
Euphorbe aux Matelouères.
La longue et quasi désertique rue de Vern.
Je viens de publier le texte de Maryvonne E. qui dit ceci : "De toute façon, au soleil couchant, les villes bretonnes ont toutes cette lumière qui redessine les monuments en les entourant finement d'un liseré doré, créant un moment unique hors du temps. "
Peut-être pas tant que cela, finalement. A voir où pousse le coquelicot, jusque sur l'herbe des chantiers urbains, on se dit que c'est la fleur sauvage par excellence. Si le coquelicot était une femme ce serait Carmen la bohémienne ou Joe la gitane dans « Le Club des cinq en roulotte ».
Si on jouait au jeu du portrait chinois et si j’étais une fleur, moi je serais plutôt un myosotis égaré dans un parterre de muguet. La famille Laclochette serait réquisitionnée pour aller porter bonheur aux manifestants du premier mai.
Et moi on me laisserait dans le jardin où je serais content d'admirer la danse du coquelicot dans le vent.
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.