Cela fait des années qu'on l'apprécie, Claire Ducreux, et elle ne démérite pas. Elle n'est pas la petite-fille de Charlie Chaplin mais elle pourrait. De son personnage de vagabonde se dégage une poésie intemporelle et tout ce que fait cette danseuse-chorégraphe est attendrissant et beau au possible. Encore merci et bravo, Madame !
Le Festival des Affranchis semble victime de son grand succès. C'est la première fois cette année que l'on nous refuse l'accès à la cour de l'école Descartes pour un spectacle, c'est vrai, déjà bondé (on dit aussi "blindé de monde"). Au parc des Carmes, il y a deux fois plus de stands alimentaires et c'est une gigantesque guinguette où il faut faire la queue, aux jetons, au bar, aux restos, avant d'être servi.
Même pour ce qui fut pour nous le spectacle de clôture, la fanfare Mouv'n'brass (53) il fut difficile de trouver une place pour bien voir. Pô grave ! Malgré la chorégraphie hyper-maîtrisée des musiciens, je me suis davantage amusé à photographier quelques dos et positions remarquables.
Je suis ton clone, Lucette !
Cela faisait une éternité que je n'avais pas revu le logo de la ville voisine de Sablé-sur-Sarthe. Ça redonne la banane !
Les Affranchis ont failli mal débuter pour nous cette année. J'avais établi mon programme la veille et programmé, grosso modo, de voir les spectacles du festival "in", le "off" n'offrant majoritairement que des numéros de cirque.
Nous voici donc à nouveau dans la cour de l'École Descartes où déboule Norbert qui vient nous montrer la maquette de son premier opéra, "inspiré du "Vilain petit canard" d'Andersen mais avec un point de vue résolument moderne". Effectivement, ses canards répétiteurs sont gavés de technologie.
Zut ! Je crois bien que j'ai "spoyelé" la fin ! Mais comme c'est juste une maquette il aura le temps, d'ici deux ans, de changer le pitche !
Cela s'appelle "La Mare où l'on se mire" et c'est le "Chiendent-théâtre" (04) qui nous le propose. Marina B. qui est maintenant une pro dans son genre attendait plus de ce théâtre d'objet mais moi j'ai bien aimé le côté "enthousiasme enfantin inarrêtable" du personnage qui y croit !
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Autre ambiance au square Pierre Schilte où la Compagnie DBK (49) propose "Mission président". Emmanuel Lamentin, responsable du secteur filières et reconversion de l'association Cap avenir propose (à 3615 Qui n'en veut ?) de découvrir à travers un jeu d'épreuves la profession intéressante de "Président de la République française".
Je trouve ça assez drôle mais c'est effectivement bâti sur les codes du théâtre de rue avec spectateur pris en otage et sur ceux de la télévision où l'animateur-manipulateur a réponse à tout et manipule à tout-va. De plus c'est en déambulatoire sur la place, le public est debout, il y a déjà un monde fou, très vite on ne voit plus rien. Résultat, on zappe après l'épreuve de déclaration de patrimoine. "Croyez-vous que les Français vont voter pour un candidat qui déclare à l'administration plus qu'il ne devrait ?".
Au troisième spectacle, c'est moi qui tique ! Il va vraiment falloir que je m'y fasse à la mode nouvelle du spectacle "résolument féministe" ! Aux Tombées de la nuit on nous proposait une version minimaliste du "Carmen" de Bizet avec "lecture sociale contemporaine : l'opéra s'ouvre sur un harcèlement de rue et se conclut sur un féminicide". Un autre spectacle revendicatif, "Le Pédé", racontait "au fil d'une déambulation théâtrale dans l'espace public les événements qui ont façonné l'histoire de la culture homosexuelles du 20e siècle".
Ici, avec "Les Oubliées" de la B-Side company (71) les quatre circassiennes "questionnent notre rapport à l'oubli et à la mémoire au travers de portraits de femmes oubliées de l'histoire".
Au-delà du concept un peu bavard il y a quand même une belle photogénie dans ce qu'elles proposent et notamment un intéressant jeu de reproduction des quatre tableaux qui servent de décor à leurs acrobaties aériennes. C'est l'occasion, après coup, de rechercher et de découvrir ces oeuvres peintes par des femmes.
Suzanne Valadon, "La chambre bleue", 1923, musée des Beaux-Arts de Limoges - Wikicommons
Elisabetta Sirani - Timoclea uccide il capitano di Alessandro Magno - 1659
Peu importe si on n'a jamais lu "Autant en emporte le vent" de Margaret Mitchell. Peu importe si on sait ou non que le titre original est "Gone with the wind". Vous n'avez pas vu non plus le film de Victor Fleming ?
Pas grave ! Les cinq actrices de la Compagnie "Tout en vrac" de Grenoble se démultiplient avec une énergie folle pour installer sur la place de la Libération de La Flèche ce récit d'aventures sentimentales pendant la Guerre de sécession aux États-Unis d'Amérique. Vous en prenez plein les yeux, plein les oreilles, ça projette de la mousse, de la fumée, ça crie, ça rit, ça s'invective, ça tonne, la scène se coupe en deux, il y a un parti pris d'antiracisme très bienvenu en cette veille d'élections clivantes, je ne sais pas s'il faut brûler Scarlett ou pas mais l'autodafé final vaut son pesant de cacahuètes grillées.
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.