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Mots et images de Joe Krapov
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9 septembre 2023

FAUT DU GENESIS MAIS POINT FOXTROT N'EN FAUT !

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Mademoiselle Renard a mis sa belle robe rouge mais personne ne l'invite à danser le fox-trot. Il faut dire que le bal a lieu sur une plage et qu'elle se tient debout dans le milieu des vagues.

Observée depuis le sable par six chasseurs à courre et à court d’arguments elle pourrait sembler Vénus sortant des flots ou un nouveau Jésus de sexe féminin faisant l'intéressant·e. Mais ce serait oublier qu'elle est venue, pareille à l’ours blanc étonné des banquises lointaines, sur une plaque de glace, que cela jette un froid et que les sept Pénitents blancs dont le premier porte une croix, tout encapuchonnés, dépourvus d’horizons, ignorent ce miracle musical d’un autre temps et la féminité assumée de Peter Gabriel, premier t****** du rock à l’aube des seventies.

(On a beau changer d'outil et passer de Word en ligne à Dictation.io pour dicter ses textes on est toujours chez ces idiots de logiciels anglo-saxons à ciseaux puritains qui remplacent le mot « travelos » par six astérisques !).

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Je ne vais pas délirer plus sur la pochette de l'album « Foxtrot » du groupe de musique « progressive » Genesis. Je viens de vérifier que je ne possède plus ce disque vinyle. J'ai délégué à mon épouse il y a quelques temps le soin de le revendre dans une braderie de Rennes.

C’est sur ce disque-là qu’on entend la version studio de « Supper’s ready », une suite de 7 passages musicaux liés d'un seul tenant. Cela dure 23 minutes et je l’écoutais souvent dans la version de l'album live « Seconds out » sans rien comprendre des paroles mais en adorant la musique.

large_Hackett_Steve_05-12-80Si j'étais ici pour vous raconter ma vie je vous confierais que j'ai été initié à cette musique-là par Marie-Paule D. qui en était fan·e et qui habitait « par-derrière chez nous », au numéro 11 de la rue Achille Olivier à L. Mais je sais très bien que ça vous fera des bosses d'apprendre que j'étais, le 5 décembre 1980, à Paris, dans le public du Théâtre Mogador qui écoutait et applaudissait le guitariste Steve Hackett qui officiait au sein de Genesis avec Tony Banks, Phil Collins et Mike Rutherford à l’époque de « Foxtrot » : 1972.

Eh non, je ne suis toujours pas un perdreau de l’année ! Je fais des efforts, pourtant !

On trouve tellement d'information factuelles de ce type sur Internet qu'on ne peut plus rien dire du flottement onirique de cette musique, de ce groupe-là et du jeune homme que j’étais alors.

De toute façon le monde a bien changé : ces musiciens à barbe et cheveux longs sont maintenant de gros messieurs chauves portant lunettes. Leur poésie n’est plus en cour et leur musique non plus. Les battements simplistes du rap ont remplacé les compositions savantes et le délire abscons des paroles n'est pas plus encaissable aujourd'hui qu’à l’époque.

Marie-Paule D. a disparu dans les limbes du côté de Mâcon. Je possède encore des cassettes contenant l’enregistrement antédiluvien de nos séances musicales communes. Elle jouait du Georges Moustaki, du Maxime Le Forestier et du Graeme Allwright sur sa guitare sèche et comme nom d’artiste elle avait choisi « Boulibif blues » !

Longue vie à elle !

Ce que je regrette le plus dans cette histoire c'est le sort que l'on a fait subir à Mademoiselle Renard par la suite, même et surtout de nos jours.D’accord, il faut de l'anthropomorphisme mais point trop n'en faut quand même ! Et du merchandising. Le commentaire, emprunté à Alphonse Allais, qui l’appliquait à Baudelaire, est le même !

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Écrit pour le Défi du samedi n° 784 d'après cette consigne : Fox-trot

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8 septembre 2023

Une Illusion de fraîcheur à Rennes le 2 septembre 2023

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 Je ne sais pas comment elle est arrivée, cette flaque, samedi dernier, à la sortie de la Halle Martenot, là où j'attends Marina B. - on fait un marché des Lices semi-séparé·e·s ! -. Peut-être avait-il plu la nuit précédente ? En tout cas, ça fait du bien de regarder ça aujourd'hui par 28°6 à l'ombre de chez nous !

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7 septembre 2023

Nouveaux graffs à la Fosse Piteux à Rennes vus le 28 août 2023 (2)

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7 septembre 2023

Nouveaux graffs à la Fosse Piteux à Rennes vus le 28 août 2023 (1)

- Comment ça ? Il n'y a pas eu de graffs de la Fosse Piteux montrés sur ce blog depuis décembre 2002 ? Mais qu'est-ce qu'il fout avec sa photothèque, le Joe Krapov ? Il y a des pans entiers de son reportage permanent sur Rennes qui nous manquent !

- OK, OK, je répare !

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6 septembre 2023

La Porte de Paris à Lille le 22 juillet 2023 (1)

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Pour les amateurs d'ancien - ;-) ! -, voici la porte de Paris, située non loin du beffroi et qui date du XVIIe siècle.

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6 septembre 2023

La Porte de Paris à Lille le 22 juillet 2023 (2)

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5 septembre 2023

Pèlerinage à Lille (Nord) le 22 juillet 2023

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Pendant quatre années de ma vie, je suis passé tous les matins et tous les soirs de la semaine au pied de ces immeubles...

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... de ces statues...

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... et de ce beffroi. Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais je peux vous dire que c'était pour des raisons de scolarité dans le secondaire.

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4 septembre 2023

Le Coucher du soleil à Saint-Hilaire-de-Riez (Vendée) le 15 août 2023

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3 septembre 2023

My man Godfrey / Gregory La Cava

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Finalement, le monde est bien fait. Il est organisé pour que nous ne bougions plus de chez nous. Cela tombe très bien ces jours-ci : il fait trop beau pour travailler et trop chaud pour faire du sport.

Moyennant quoi, "ils" savent tout ce qu'on fait, sur quels sites on va, ce qu'on achète en ligne. On ne peut rien faire là-contre, sinon participer au grand mouvement de transparence et d'obscénité générales.

Alors, même si je ne suis pas ici pour vous raconter ma vie, apprenez quand même que je suis très heureux de mon acquisition de l'autre jour au magasin Odyssée, rue Le Bastard, à Rennes. J'ai acheté dans cette solderie de dévédés, au prix exhorbitant de cinq euros, un triple dévédé intitulé "Screwball comedy, une histoire de la comédie américaine". On a commencé par regarder le documentaire de 54 minutes sur "Billy Wilder, la perfection hollywoodienne" et hier on s'est envoyé "My man Godfrey" de Gregory La Cava. Hilarant et magique, façon Frank Capra, et dingue comme ce n'est pas permis.

Il nous reste à voir "La Joyeuse suicidéee", à revoir "La Dame du vendredi" ainsi qu'un court métrage et un autre documentaire sur la comédie américaine.

Et si vous n'avez pas envie de sortir de chez vous, vous pouvez vous aussi voir "Mon homme Godfrey" : cela existe sur Youtube avec des sous-titres français. Dingue comme le monde  est bien fait, on vous dit ! 

2 septembre 2023

PAS ENCORE TOUT A FAIT AMNESIQUE. 9, Jouer à chat perché

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Chat alors ! J’ai laissé passer la mi-août sans clamer avec Ray Ventura qu’à cette époque de l’année « c’est tellement plus romantique » !

Avant de déménager vers notre résidence d’automne ou notre palais d’hiver - en fait je ne bouge pas, je ronronne chez moi après mes folles nuits sur le toit - je passerai en revue cette semaine la gent féline, les Raminagrobis de tout poil qui encombrent ma mémoire quasi inutilement puisque, à part mon épouse, je n’ai pas d’animal chez moi. « Je n’ai jamais eu de chat, ou alors y’a longtemps ou y sentait pas bon » (Jacques Brel). C’est parti pour une partie de mistigri !

Puisque nous sommes dans la chanson commençons par là : le père Lustucru, qui est pourtant bonne pâte, n’a toujours pas retrouvé le chat de la mère Michel. C’est dommage parce que c’est peut-être dans la queue de ce chat-là qu’était caché l’esprit cher au médium dans la chanson des Frères Jacques. Henri Salvador, déguisé en matou, n’a toujours pas capturé Minnie la petite souris. Aristide Bruant cherche toujours fortune autour du « Chat noir », cabaret dans lequel j’ai trouvé beaucoup de mes amis. Georges Brassens regrette toujours cette « Putain de toi » qui a posé sur lui sa patte de velours et la jeune bergère Margoton qui dégrafait son corsage pour donner la gougoutte à son chat. Steve Waring, « l’inchantable », n’a pas pu se débarrasser de son matou qui revient dans ses pattes le lendemain matin, même quand on l’expédie en fusée trouver une place idoine à ce fêlé d’Elon.

 

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A côté de celui-là, bien qu’il soit plus célèbre encore, le chat qui disparaît en laissant son sourire en place à Chester, au Cheshire et surtout dans le pays des merveilles d’Alice de Lewis Carroll est d’une discrétion et d’une distinction rares. Il en est d’autres qui la ramènent un peu plus comme le Chat botté ou celui qui est perché sur les contes de Marcel Aymé. Je ne vous embêterai pas avec Parpagnacco, le chat de Venise dû à la plume de Louis Guilloux car personne ne le connaît à part mon vénérable beau-père et moi-même. Il doit bien traîner chez Madame Colette ou M . Léautaud des textes sur leurs nombreux chats.

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Anthropomorphe ou pas, le chat a pris sa place près du radiateur chez le cancre du fond qui préfère aux livres les bandes dessinées. Hercule s’entend tellement comme chat et chien avec son ennemi Pif qu’il arbore en permanence un sparadrap sur son museau jamais placide. Le siamois du capitaine Haddock donne au chien blanc Milou, dans "Les Sept boules de cristal," l’occasion de créer un mémorable ballet graphique dont Nestor, le majordome, est la malheureuse victime. Le chat de Gaston Lagaffe mène avec la mouette rieuse une autre danse affolante dans les locaux du journal Spirou. Pour des raisons purement idéologiques je connais moins Pat Hibulaire qui officie chez M. Disney. Autour de moi on aime beaucoup « Le Chat du rabbin » mais j’apprécie assez peu le dessin de Johan Sfar et le graphisme des bédés d’après l'an 2000. Félix le chat n’est jamais passé par chez moi, de même que Titi et Sylvestre (Grosminet ?), Garfield, Tom et Jerry mais je les connais et j’ai eu droit aux joyeux délires partouzards du dénommé Fritz the cat de Robert Crumb, surtout au cinéma. On est loin ici, j’imagine, de « L’Espion aux pattes de velours » et des « Aristochats » de l’oncle Walt. Et des vidéos de chatons envoyées sur internet. J'ai aimé aussi les calembours de Siné à propos de l'animal moustachu.

DDS 783 ronald-searle-cat-and-booksRetrouve-t-on un peu de dignité avec le « Duo des chats » de Rossini ? De quoi parle « La Chatte sur un toit brûlant » ? Qui connaît les jolis chats de Ronald Searle qui me séduisirent à Paris lorsque je vins m’y poser à l’âge de vingt ans ? Le groupe de rock-twist des années 60 « Les Chats sauvages » a-t-il laissé un titre impérissable avant de nous faire cadeau de Dick Rivers ? Qui se souvient encore, à Rennes, du café « Le Chat qui pêche » qui se trouvait place Saint-Germain ? Pour toutes ces questions, je donne ma langue au chat ! Mais dans la lignée des chapitres précédents de cette série d’été, on se rappelle très bien la Pomponnette de « La Femme du boulanger » de Pagnol.

Pour terminer, je souscrirai volontiers à l’idée de Jacques Sternberg selon laquelle toute la société a été organisée pour assurer le bonheur des chats qui deviennent ainsi, sans que les humains s’en doutent, les vrais maîtres du monde. Mais moi, je m’en fiche de cette vision-là : tant que ça ne déménage plus que ça dans ma mémoire, tant que mon unique neurone tient la route quand je monte « marouler » (1) sur le toit, tant que je ne « décaroche » (2) pas, comme disait ma grand-mère, je suis le plus heureux des hommes qui jouent le rôle bonnard de l’imbécile de service.

 

(1) en ch’ti (ou en picard) : faire la java, la cour, l’amour en émettant d’inqualifiables miaulements pour les chats grimpés sur un toit

(2) : perdre la tête, devenir fou, tenir des propos incohérents, radoter


Ecrit pour le Défi du samedi n° 783 d'après cette consigne (la photo du haut de la page)

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