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Mots et images de Joe Krapov
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rennes
30 avril 2022

RACONTE PAS TA VIE !

Ils ou elles se posent un peu   : il existe des gens pour qui le mot « diapason » n’évoque rien du tout. D’ailleurs, la plupart du temps, les mots que distribue l’oncle Walrus, chaque samedi que Dieu le mélophobe nous attribue encore, ils n’y entendent rien. Souvenez-vous du capodastre !

Du coup ils s’en vont voir chez Madame Wikipe et découvrent la note "la majeur", mètre étalon des violonistes, et les différentes formes que peut prendre l’instrument qui la fait résonner.

J’ai l’air de médire, comme ça, mais je suis de la même espèce que vous ! Chaque semaine, j’apprends des tas de mots et de choses grâce au Défi du samedi mais il se trouve que désormais pour moi, « diapason » a un autre sens et évoque d’autres moments d’accordage, aussi techniques sans doute mais bien plus plaisants.

Le Diapason est le nom d’un lieu de plaisirs divers installé sur le campus de Beaulieu à Rennes. On trouve là une cafétéria tenue par de sympathiques jeunes femmes, une salle de sport pour étudiant·e·s athlétiques, une salle de spectacle, un hall d’exposition, des salles de réunion et les bureaux du service culturel de l’Université de Rennes 1.

DDS 713 Diapason 129870374

Je vais là tous les jeudi après-midi. J’arrive à 13 h 45, je sors deux ou trois jeux d’échecs du placard et j’installe les pièces sur les plateaux. A 14 heures mes acolytes me rejoignent et, après quelques échanges, autour d’un café, de plaisanteries à propos du Stade Rennnais football club, nous disputons des parties endiablées… auxquelles personne ne comprend rien ! C’est normal, nous poussons du bois, c’est-à-dire que diapason 440, intervalle d’octave, zugzwang, défense Philidor ou Italienne (Sylvana Mangano, a dit Maurice hier !) mes partenaires se fichent de la technique ou du nom des ouvertures comme de leur premier slip aéré. Ce qui explique pourquoi, bien plus souvent qu’à mon tour, je gagne les parties que je joue ! Je ne dédaigne pas pour ma part de lire Europe-échecs ou Ludek Pachman ni de suivre les conseils de Monsieur Quénéhen sur sa chaîne Youtube !

DDS 713 echecs

Mais revenons à nos boutons d’accordéon ! Un mardi matin tous les quinze jours je reviens au Diapason avec ma guitare sur le dos et mon chariot bourré d’un pupitre, d’une boîte d’harmonicas et de cahiers de partitions pour jouer de la musique avec un violoniste, un accordéoniste et une dizaine de chanteurs et chanteuses. Ici aussi, c’est moi le chef, même si cela m’occasionne beaucoup de travail à la maison ! Nous répétons de 10 heures à 11 heures 30 dans la salle du Refuge du Diapason, à l’étage.

DDS 713 m'A2R1 d'O douce

Avant cette ténébreuse affaire de Covid 19, nous avions l’habitude, trois fois dans l’année, de monter sur la scène du Diapason pour faire entendre nos bêtises chantées aux autres membres de l’association réunis pour l’Assemblée générale ou la galette des rois. D’ailleurs, nous avons récidivé récemment et rejouerons le 31 mai à l’A.G. de l’A2R1.

Quand arrivent ces trois jours de prestation publique nous avons pris l’habitude de rester ensemble à la cafétéria le midi et de prendre le repas en commun.

Et c’est là où je remercie l’oncle Walrus de m’avoir fait plancher sur le « diapason » qui permet aux musiciens de s’accorder et sur le Diapason qui permet au loup solitaire que je suis d’être plus en harmonie avec ses contemporains (beaucoup plus que pendant un spectacle au TNB, un concert de rap ou une campagne électorale, par exemple). Car je vais enfin pouvoir raconter cette anecdote ahurissante que je n’ai relatée qu’à Marina Bourgeoizovna qui supporte depuis longtemps mon répertoire de chants de marins et de chansons de marrants.

Un jour que nous étions à table pour ce fameux repas trimestriel, quelqu’un a posé la question de nos origines diverses. Nous avons fait un tour de table : il y avait un Ch’ti, une Mayennaise, des Rennaises, une Parisienne, des Malouins…

Vous le croirez ou non mais je vous jure que c’est vrai : les natifs-natives de Bretagne étaient d’un côté de la table, les autres, de l’autre !

Mélangez-vous, qu’ils disaient !


Ecrit pour le Défi du samedi N° 713 d'après cette consigne : diapason

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7 avril 2022

Choses vues à Rennes en mars 2022 (2)

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Fait d'hiver sordide : on a découvert le corps d'une panthère abatuue en plein mileu du parc Saint-Cyr !

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29 mars 2022

Les Graffs de la rue Saint-Malo à Rennes vus le 26 mars 2022 (1)

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Les Graffs de la rue Saint-Malo à Rennes vus le 26 mars 2022 (2)

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28 mars 2022

Ce que l'on pouvait lire et voir à Rennes les 25 et 26 mars 2022 (1)

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Ne t'inquiète pas, Idéfix, j'ai signé la pétition. Ca devrait pouvoir s'arranger ! ;-) et ;-(
(En même temps on se demande à quoi ça sert de voter écolo si ce sont toujours les promoteurs immobiliers qui font la loi et abattent les arbres pour minéraliser encore plus  cette ville qui rêve d'être New-York !).

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28 mars 2022

Ce que l'on pouvait lire et voir à Rennes les 25 et 26 mars 2022 (2)

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Ce que l'on pouvait lire et voir à Rennes les 25 et 26 mars 2022 (3)

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Prions plutôt Vichnou, pour la paix !

24 mars 2022

Choses vues à Rennes en mars 2022 (1)

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Un monde où les hommes seraient mous du genou, féministes et chercheraient à ne pas s'énerver ?

Genre "Je cherche à garder Montcalm dans mon Dupleix" ?

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  Et le médecin de l'étage en-dessous, il est diplômé de canardologie de l'Université de Rennes 3 ? De Libellulologie de Brigida ?

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A 98 ans bientôt, l'âge du départ en retraite ! Vive la droite !
Vivent toutes les droites, même !

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- Vous avez toutes vos chances, monsieur ! Postulez !

20 mars 2022

Les photos de Rennes de Louis Mélou

22 03 13 Louis Melou 04

Photo de Louis Mélou

J'ai appris en parcourant les pages d'Anne Mélou que son papa s'adonnait à la photographie des rues rennaises. Vous pouvez, vous aussi, découvrir quelques merveilles en noir et blanc sur la page Facebook consacrée à ses oeuvres et à ce livre, "Rennes, année 1950", publié en 2016 aux éditions Sutton. Je vais très vite essayer de me le procurer !

J'ai trouvé parmi ces photographies une vue magnifique de l'ancienne passerelle de la gare. J'avais jadis écrit à son sujet pour  le livre "Rennes, ville invisible". Voilà pourquoi, en ce dimanche très prolixe, je republie ci-dessous ce texte ancien accompagné de cette illustration idoine.

20 mars 2022

VERTIGE : LA PASSERELLE DE LA GARE

Lorsque Marie-Annick B. et ses quatre frères venaient voir leur grand-mère, rue Albert Martin, derrière la gare, à Rennes, toute la famille commençait par s'extirper de la 2-chevaux familiale, mythique et bordélique, en un mot "famélique".

Le père, la mère et les enfants B. franchissaient les marches du perron, sonnaient, puis entraient. Un peu plus tard, tout le monde ressortait et s'en allait à pied faire un tour au Thabor. Pour s'y rendre, on empruntait la passerelle qui traversait au-dessus des ateliers SNCF et des voies de chemin de fer.

22 03 13 Passerelle de la gare (Louis Melou)
Photo de Louis Mélou empruntée ici

Au début, on ne voyait rien sur cette passerelle, deux murs faits de plaques de fibrociment, le sol goudronné sur lequel les enfants couraient ou tapaient du pied, pour faire résonner le bruit métallique de leurs pas. Au bout il y avait un coude et, à la nuit tombée, des exhibitionnistes, disait-on, y rôdaient. Mais avant d'atteindre le coude, quand Marie-Annick arrivait en courant, quand elle débouchait en pleine lumière , c'était le vertige : elle se retrouvait en plein ciel, dans la lueur vive du soleil au travers des grilles à barreaux verts. En dessous, des tas de mètres plus bas, il y avait les trains qui passaient. À cette époque-là, il y avait encore des locomotives à vapeur et, quand elle arrêtait sa course, pour mieux savourer son vertige, elle collait son nez sur le grillage, se prenait toute la fumée dans les narines et les escarbilles dans les yeux parfois. Et puis, il y avait cette odeur de gravier chaud qui montait d'entre les rails, en fait l'odeur d'amine des ateliers.

Le reste du parcours se faisait sans courir, à petits pas de funambule sur cette passerelle étroite, étroite comme un fil d'acier que le progrès a fini par couper.

Il paraît que je l'ai empruntée, moi aussi, cette passerelle. Mais moi, qui suis pourtant très sujet au vertige, je n'en ai gardé aucun souvenir. Les Rennaises, les Rennais se la rappellent peut-être encore. Peut-être pas. La vitesse à laquelle les lieux de notre vie disparaissent dans l'oubli a quelque chose de proprement vertigineux.


N.B. On peut la voir également ici : http://www.wiki-rennes.fr/La_passerelle_de_Quineleu

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