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Mots et images de Joe Krapov
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dragon
7 septembre 2024

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 82, Jargon échiquéen


- Bien sûr, si tu veux monter une attaque Saint-Georges il faut que ton adversaire qui a les noirs ait développé son fou en fianchetto.

 

- ???

 

- Il faut qu'il ait avancé son pion en g6 et mis son fou en g7 pour contrôler la grande diagonale a1-h8. Cela se produit quand il applique la défense Pirc ou yougoslave, la défense moderne ou bien évidemment le variante du dragon de la Sicilienne.


- ???

 

- La variante du dragon de la défense sicilienne (1.e4 c5 2.Cf3 d6 3.d4 cxd4 4.Cxd4 Cf6 5.Cc3 g6) a été nommée ainsi en raison de sa férocité et de sa ressemblance avec la constellation du dragon. Son code ECO est B7X : très analysée, elle occupe à elle seule les références B70 à B79, soit une cinquantaine de pages de l'Encyclopédie des ouvertures d'échecs (quatrième édition). La variante du dragon semble être l'une des plus vieilles variantes de la défense sicilienne ouverte. Elle aurait été baptisée variante du dragon en 1901 à Kiev par le maître russe Fiodor Douz-Khotimirski qui s'intéressait beaucoup à l'astronomie et trouvait que la structure de pions d6-e7-f7-g6-h7 avait quelque ressemblance avec la constellation du  dragon. 


- ???

 

- Oui, tu as raison, revenons à l'attaque Saint-Georges. Dans son livre "Une boussole sur l'échiquier" l'entraîneur Xavier Parmentier l'a baptisée "attaque sourire de bébé" tellement elle est naturelle et simple à mettre en pratique. On peut la trouver aussi sous le nom d'attaque yougoslave ou d'attaque Saint-Georges en référence au martyr chrétien du même nom représenté en train de terrasser un dragon. Dans la sicilienne c'est le fou en fianchetto qui fait office de cracheur de feu. Elle aurait tout aussi bien pu porter le nom de Bobby Fischer tant le champion américain en avait fait une arme terrible. Une de ses formules est restée dans les annales. Avec une telle attaque, même un enfant de 10 ans pourrait battre un grand maître. Il suffit de jouer h4-h5, toc, toc, et c'est mat.


- ???


- Bien sûr, il faut tenir compte de la pendule et veiller à ne pas se retrouver en zeitnot ou en zugzwang dans la finale surtout si tu joues en blitz ou dans un départage en armageddon. C'est quoi ton classement ELO ?


- ???


- Mais tu bites vraiment rien au roi des jeux, toi, hein ? Pourquoi tu t'es incrusté pour kibitzer l'analyse post-mortem ? T'as une question à poser, petit Hans ?


- Oui. Je voudrais savoir où on peut s'acheter un plug anal pour pouvoir tricher dans un tournoi ? 


- Un tournoi d'échecs ? 


- Non, de belote.

 

N.B. La plus grande partie de ce dialogue est tirée de l'article "Variante du dragon" de  Wikipedia et du livre "Mon premier répertoire d'ouvertures avec les blancs" de Vincent Moret (Montpellier : Editions Olibris, 2016).

 

Ecrit pour le Défi du samedi n° 836

à partir de cette consigne (la photo ci-dessous)

 

 

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29 août 2024

Hommage et remerciements à Gwenaëlle N. (2)

 

 

Réécriture

Il était une fois une ville. Cette ville était rackettée par un dragon à sept têtes. Au début les habitants étaient sommés de livrer un mouton par mois. Mais au bout de quelques années, les habitants n’avaient plus de moutons, plus de chevaux, plus de chiens, plus de chats, pas même une souris à livrer au dragon. Le seigneur dût prendre une dure décision pour sauver sa ville. L’un après l’autre, chaque habitant devrait livrer sa progéniture à l’hydre qui rançonnait la cité. Pour ne pas déclencher une révolte paysanne, le seigneur décida de tirer au sort les enfants qui seraient envoyés en pâture au monstre. Peu importait sa classe sociale, chacun était logé à la même enseigne. Pour preuve de sa bonne foi, le seigneur mit même le nom de sa fille unique dans le tirage. Hélas c’était un seigneur peut chanceux. Le nom de son unique descendante fut tiré au sort dés la première année. Le roi essaya de négocier la vie de sa fille, le peuple refusa. Il essaya sournoisement de la remplacer par une autre mais le complot fut vite déjoué. Il dût se résoudre à perdre sa fille. Les citadins, malgré toutes ses supplications, livrèrent la jeune fille à l’endroit convenu avec le monstre.


Saint Georges, un chevalier qui passait par-là aperçut la jeune fille qui pleurait sur un tronc d’arbre en attendant son funeste sort. Le jeune homme lui demanda pourquoi elle pleurait. Elle lui expliqua ce qui l’attendait et le pria de fuir avant que le monstre n’arrive. Le chevalier, pas peureux pour un sou, trouva là un moyen d’accomplir un exploit chevaleresque. Il resta avec la jeune fille pour attendre le monstre qui ferait sa réputation.

 


Le monstre coiffé de ses multiples têtes arriva. Il grogna de bonheur en voyant que sa ration avait été doublée ce mois-ci et que les habitants attentionnés avait déjà mis un de ses repas sous conserve. Mais en voulant manger la petite douceur hurlante sur sa droite, la boîte de conserve se mit à l’attaquer à l’aide d’un cure dent métallique et transperça une de ses têtes. Les six autres restantes s’agitèrent sous le coup de la douleur et se jetèrent sur la conserve en essayant de l’ouvrir. Sans ouvre-boîte la tâche fut ardue. Le dragon réussit à ouvrir le chevalier au prix de quatre de ses têtes. Les dernières restantes commencèrent à se régaler avec les jambes de l’homme. La princesse qui avait assisté au combat, en profita pour s’emparer de l’épée du chevalier et transpercer le cœur du monstre pendant que ses bouches étaient occupées.

 


La jeune femme réussit à transporter l’estropié jusqu’à la ville et, cachant la vérité sur qui avait tué qui, présenta Georges comme le sauveur de la ville et l’épousa au grand dam de son père car Georges n’avait plus les moyens physiques de produire une descendance, mais ça c’est une autre histoire.


 

29 août 2024

Hommage et remerciements à Gwenaëlle N. (3)

 

 

D’écailles et de métal 2 (Encore une réécriture de Georges)

 

Mon épée vient de transpercer sa gorge. Tout est fini, plus de traque, plus d’embuscade interminable dans les marais à attendre que la créature daigne se montrer. Plus que le silence assourdissant de la mort et son sang chaud qui coule le long de mon épée. Le monstre a la gueule béante. Ses yeux écarquillés de surprise et d’incompréhension me regardent. Il sait qu’il va mourir et il sait qu’il ne veut pas mourir seul. Dans un dernier élan, l’épée toujours coincée entre ses mâchoires, il me saisit d’une embrassade fatale. Je n’ai pas réagi à temps. Il est trop tard. Plutôt que de lutter j’accepte le baiser mortel de ma victime et de mon meurtrier. Dernier geste tendre avant une mort violente.


Nous nous rejoignons dans un fracas d’écailles et de tôle. Son corps brûlant fait fondre mon armure et le métal en fusion s’insinue dans ses plaies. Mes os cèdent les un après les autres sous la pression de son étreinte. Ils se brisent pour mieux laisser le reste de mes chairs s’agglutiner contre le flanc du reptile.


Au contraire de la violente rencontre de nos deux corps, la fusion est longue. Doucement, comme une danse macabre, nos corps se plient et se replient, se tordent comme une brindille qui se consume.


Bientôt nous ne serons plus qu’un tas informe d’écailles, de métal et de sang.

 

 

Pour entendre ce texte lu par son autrice, c'est ici :

https://www.errances.fr/?attachment_id=23282

 

Pour entendre les deux beaux textes à propos de la langue, c'est là :

 

Texte écrit puis lu sur une proposition de Dominique : prendre une expression au pied de la lettre.

 

Ici, avoir la langue bien pendue :

 

https://soundcloud.com/gasteropod/suicide-linguistique

 

Et en bonus un texte que je n'ai pas fait en atelier :

 

https://soundcloud.com/gasteropod/la-langue

 

 

25 août 2024

CONSIGNE 1112-19 DU 28 FÉVRIER 2012 DE L'ATELIER D'ÉCRITURE DE VILLEJEAN

 

Exercices de style sur Saint-Georges et le dragon

 

 

L'animatrice, Gwenaëlle N.,  fournit le récit du combat de Saint-Georges contre le dragon :

 

"Un jour, Georges arriva dans une ville de la Libye nommée Silène. Or, dans un étang voisin de la ville habitait un dragon effroyable qui, maintes fois, avait mis en déroute la foule armée contre lui. Parfois, il s'approchait des murs et empoisonnait de son souffle tous ceux qui se trouvaient à sa portée. Pour apaiser la fureur de ce monstre et l'empêcher d'anéantir la ville entière, les habitants lui offraient, chaque jour, deux brebis. Mais bientôt le nombre de brebis se trouva si réduit que force fut aux habitants de tirer au sort une créature humaine et aucune famille ne fut exceptée de ce choix. Et déjà, presque tous les jeunes gens de la ville avaient été dévorés lorsque, le jour de l'arrivée de saint Georges, le sort désigna pour victime, la fille unique du roi.

 

Vêtue d'une robe de mariée, attachée à un rocher aux marches de la ville, la princesse attend donc la mort. Georges pose d'abord une condition avant d'en finir avec le monstre: Il ne tuera le dragon que si le peuple se convertit au christianisme. Contraint, le peuple se soumet à cette demande et on baptisa quinze mille habitants sur le champ. Alors que, dans la légende orientale, Georges terrasse tout simplement le dragon avec sa lance (parfois avec son épée) comme tout légionnaire romain qui se respecte, dans la Légende dorée, l'arme de l'exploit est un signe de croix.

 

Le dragon souleva sa tête au-dessus de l'étang et Saint Georges, après être monté sur son cheval et s'être muni du signe de la croix, assaillit bravement le dragon qui s'avance vers lui. Il brandit haut sa lance, fit au monstre une blessure qui le renverse sur le sol. Et le saint dit à la princesse: "Mon enfant, ne crains rien et lance ta ceinture autour du cou du monstre!" La princesse fit ainsi et le dragon, se redressant, se mit à la suivre comme un petit chien qu'on mènerait en laisse.

 

La bête fut ensuite conduite par la princesse jusqu'à la ville où elle fut décapitée. »

 

NOTES (tirées de Wikipedia) :

 

Saint Georges est traditionnellement représenté à cheval, souvent blanc (signe de pureté), ayant un dragon (créature composite mi-crocodile, mi-lion) à ses pieds. En armure, portant une lance souvent brisée à la main, ainsi qu’un écu et une bannière d’argent à la croix de gueules (c’est-à-dire blanche à croix rouge), couleurs qui furent celles des croisés (faisant également de saint Georges, leur saint protecteur) et devinrent celles du drapeau national de l’Angleterre au XIVe siècle. Il est l’allégorie de la victoire de la Foi sur le Démon désigné dans l’Apocalypse sous le nom de dragon.

Dans les romans médiévaux, la lance (ou dans certaines versions, une épée longue) avec laquelle saint Georges tua le dragon fut appelée « Ascalon », du nom de la ville d'Ashkelon en Terre sainte. Un forgeron de cette ville la lui aurait façonnée dans un acier spécial.

Le combat de saint Georges et du dragon peut être vu comme une version chrétienne du mythe de Persée délivrant la princesse Andromède attachée à un rocher et tuant le monstre marin auquel elle était offerte en sacrifice pour qu'il cesse de ravager le pays. Néanmoins, le combat livré par Persée n'a pas la dimension spirituelle de celui de saint Georges, figurant l'idéal du vrai chevalier chrétien : un héros pur et intrépide défaisant le Mal.

 

Elle propose ensuite de procéder comme Raymond Queneau dans son ouvrage "Exercices de style" et de réécrire ce récit dans un des styles suivants :

 

Tous les verbes de votre texte seront au futur

Tous les verbes de votre texte seront au passé simple

Tous les verbes de votre texte sont au présent

Style télégraphique

Le récit est fait par une personne à trois autres autour d’une table dans un bistrot

Le récit est une suite de tankas (poème japonais composé de cinq vers dont le nombre de syllabes est 5-7-5-7-7)

Votre récit est truffé d’un maximum de noms propres

Votre récit est truffé de « par devant » et « par derrière »

Votre récit à la forme d’une comédie (découpage en actes, scène, dialogues des protagonistes)

Votre récit est fait par l’épée de Saint-Georges

Votre récit est truffé d’onomatopées

Votre récit est truffé de notations gastronomiques (non de plats ou d’ingrédients culinaires)

En style injurieux

Votre récit est truffé d’anglicisme

Interrogatoire d’un des personnages ou d’un témoin dans un commissariat de police

Texte de slam

En alexandrins

En style enfantin truffé de alors et de et pis

Texte composé uniquement de phrases exclamatives !!!!

Lettre officielle

Texte avec un maximum de mots qui se terminent en « on »

Texte comprenant un maximum d’adjectifs de couleurs (bleu, rouge, vert, indigo)

Votre texte est le récit d’un rêve que vous avez fait

 

La sculpture et le tableau sont de Salvador Dali

7 août 2024

En balade à Lavardin (Loir-et-Cher) le 24 juillet 2024 (2)

 

 

 

Lavardin fait partie des plus beaux villages de France".

 

 

 

Les fresques murales de l'église Saint-Genest, parmi lesquelles on peut remarquer...

 

 

... une représentation de Saint-Georges ou plutôt, sans doute, de Saint-Michel. On distingue assez mal le dragon qui n'est guère plus gros qu'un Jackie Russell !

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16 mai 2024

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 80, Logorallye de mots pour dictée provençale

 

A cette époque-là les moutons – les moutonsses ! - et brebis que nous avions nourris, soignés et engraissés (nourri·e·s, soigné·e·s et engraissé·e·s ?) dans nos verts pâturages parurent si florissants et si appétissants à une espèce de phacochère géant, saltimbanque dégingandé mais gras du bide, du genre cracheur de flammes à écailles, que Sa Bedonnance – ainsi le surnommâmes-nous – s’en vint pour bouffer au moins cent-vingt de nos ovins et ce sans vin car la bête obscène et malsaine s’était tant abreuvée d’absinthe qu’elle avait la langue et la peau toutes vertes et ne buvait plus rien d’autre. Un bâfreur fin de siècle, voilà bien ce qui nous manquait !

 

 

Économiquement parlant, nous sombrâmes dans l’abîme, coulâmes dans les abysses et, à contempler la courbe qui dégringolait vers le niveau zéro de l’abscisse, il ne fallait pas être un grand crack pour voir se profiler le krach de notre petite entreprise.

 

Plus rapides que des coléoptères fuyant un incendie, nous traçâmes de belles arabesques dans le labyrinthe de l’administration et nous quérîmes – pardon, ça ne se conjugue pas ! - nous nous en fûmes quérir l’attention,la sollicitude et l’assistance de notre autorité compétente – en un seul mot, s’il vous plaît, « compétente » !-.

 

Quoique nous eussions toujours payé nos impôts avec une régularité métronomique nous fûmes estomaqués d’apprendre que Sa Ventripotence – ainsi surnommait-on Naq Oun Solflèch, notre monarque – ne pouvait lever contre l’envahissant dragon une armée valable.

 

- Quoi que j’ordonne, nous expliqua-t-il, et malgré mon désir d’envoyer des troupes sur le terrain, ma soldatesque ne veut plus que procéder au réarmement démographique du pays. Ils sont tous au garde-à-vous, à la queue leu leu et réclament, tout nus dans leur serviette, un bordel de campagne ! Des brêles, toujours à faire le Jacques ! Des Gaulois réfractaires !

 

Tout alla donc de mal en pis et nous faillîmes tous devenir chèvres. Après avoir boulotté tous les troupeaux de la contrée Sa Bedonnance réclama des jouvenceaux et des sylphides. Pas pour faire comme Joseph Prunier ou Harvey Weinstein, non. Pour les bouffer.

 

Heureusement pour nous un militaire romain aguerri passa par-là et nous guérit de ce malade. Qu’il fût chrétien, déserteur et voué à devenir martyr nous importa peu. Un certain palimpseste bien gratté, bien tapé et bien épais, écrit par un bibliothécaire resté anonyme, raconte de quatre-vingt-dix-neuf façons différentes que le soldat se fit fort, en échange d’une statuette en onyx représentant Taylor Swift, son idole, de nous débarrasser du monstre. Une tâche dont il s’acquitta avec maestria lors d’un combat épique dont les observateurs disent que ce fut un maelstrom d’une rare violence.

 

image aimablement communiquée par Dame Adrienne

 

Il se rapporte aussi que dans le sang de la bête disloquée une fleur poussa que les savants botanistes appelèrent « asphodèle » mais que nous baptisâmes du surnom de « Sa printanière ».

 

Mais j’arrête de vous embêter avec mes histoires. Nous vivons dans la paix et la prospérité, l’eau coule à nouveau dans les collines, la femme du boulanger est revenue au domicile conjugal, Pomponette aussi et plus personne ne fend le coeur à personne. Il faut juste, maintenant, que j’aille rentrer mes moutons.

 

Mes moutonsses, bordel ! Vous le faites èqueuseuprès ou quoi ?

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 14 mai 2024

 

d'après la consigne AEV 2324-28 ci-dessous

 

 

 

1 mai 2024

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 79, Paronomase

 

 

Lydie Capablanca est bien capable de ça : être née dans un rire à gorge déployée de sa maman Crystelle parce que la sage-femme prétendait qu’« Y a pas d’os, pour une famille de Cappadoce qu’ a pas d’as, de tierce ni de sesterces, pourvu qu’elle ne soit pas brétilienne, christique ou crétine, si le père de l’enfant est facteur et s’appelle Crésus. L’accouchement se présente bien et l’enfant par le siège ! ». Dans le sillage parfait du rire et sans péridurale dans le procédural le bébé ébaubi fut expulsé, propulsé, baptisé en un rien de temps.

 

Lidye que l’on ôta du tas de placenta, ça lui plut plus qu’on ne croit d’être née chez des niais qui ne déniaient pas le portement de croix et daignaient pratiquer, sans crise, sauf quand on boit et ce plus qu’une fois, cette nouvelle foi.

 

Quand elle fut plus grande elle se fit appeler Georges, brûla son soutien-gorge et devint militante verte chez Quechua, c’était là son choix. 

 

- D’autres jouent les mirliflores, les miliciens terre de sienne, d’autres malicieux tergiversent et font des vers de mirliton, grand bien leur fasse aux fesses ! leur dis-je en face ou à confesse !

 

Qu’elle assumât son credo sans chichi comme le rikishi son sumo et les crottes de son chow-chow c’était à mettre à son crédit.

 

Bientôt elle rejoignit l’empire Biocoop, participa aux algarades de Crimée, fit la grève à Saint-Michel rapport aux algues vertes. Elle battit la campagne vêtue de son seul pagne, brandissant haut dans le ciel rouge la flamme olympique d’Olympe de Gouges – à moins que ce ne fût de la bière dans un fût ou des œufs de lump dans un pot-aux-roses.

 

Elle fut vite élevée car étant bonne élève - et pas écervelée comme ces cervidés qui vivent en troupeau et descendent cervoise anversoise ou bretonne - au grade d’officier au fessier à couper le sifflet. Ce par courrier officiel, ce qui fit persifler, persiller les soldats serpillières qui traînaient dans les rangs leurs bras blancs ballants et leurs chants barbants de barbeaux du Brabant (parfois la légion héberge du Belge).

 

 

Selon une première version de ses faits d’armes de fedayine pour laquelle les invertis investis et avertis n’ont qu’aversion, il advint qu’en provenance de la province de Provins, sur le dos de Sextet, son cheval à sept têtes de Septime sévère sans centimes en septembre, Lydie-Georges parvint en Libye sans avoir d’alibi pour avoir déserté autre que de désirer errer en déshérence dans le désert avec aisance (car iel avait un GPS). Elle y affronta à coups de paquets de Bonux Mylène Farmer la lascive qui rejetait là sa lessive, ses eaux sales, son Mir laine et polluait au détergent la fontaine de Castor et Pollux. Témoignerait de cet exploit, à l’entrée du port de Ra’s Lanuf une statue de la Libertine que l’on n’a jamais retrouvée (et pourtant elle tourne encore). 

 

Tout comme la Vénus est hottentote, la vérité toute nue est autre et sort de la douche des enfants : un jour que il ou elle ou iel traversait en silence la ville de Silène mais avec vigilance car à Larmor-Baden et sur les rives de rêve de la Vilaine à Rennes on enseigne la prudence, sa bête d’apocalypse nommée « Époque-à-slips » fleura l’eucalyptus et l’embrouille pas mini. L’animal se cabra devant une de ses congénères, une énorme drag-queen qui mangeait des bottines, un énorme dragon qui mangeait des boutons.

 

L’immonde immense monstre en était même rendu à rançonner le monde exigu, indigent, indigné de ces petites gens qui venaient présenter sous son nez au lieu d’armes rebelles du saucisson à tronçonner, au lieu de brebis belles leurs moutards, sans moutarde et sans moufter. Le sort de hareng saur, de victime expiatoire pour peine exécutoire d’allure shakespearienne était tombé ce jour sur la fille du roi. Belle proie pour bête pouah !

Image aimablement prêtée par Dame Adrienne

Comment Lydie aida le souverain riverain, comment la femme-soldat vint à bout sans tabou de l’infâme laide bête je vous le conterais bien car le Gascon trait bien l’histoire qui l’allaite et le lecteur de Tarbes halète quand la pomme est posée sur la tête d’enfant mais de fête vous n’aurez pas car de fait, soudain, il fut vingt heures. Vingt heures ! L’heure de Vinteuil chez Verdurin ! Le vent vainqueur s’en vint moqueur voler tous les espoirs que j’avais en mon coeur de vanter zélateur la conversion divertissante, la transformation sexuelle et verdissante de l’eschatologiste en écologiste.

 

Déplorons, ô mon zèle que j’ai hébété, que y’a plus qu’à attendre un autre jour de délire libyen de Lydie pour aboutir près d’Aboukir à une version transgenre (LGBTQIA+?) de « Saint-Georges et la drag queen » !

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 16 avril

d'après la consigne AEV 2324-26 ci-dessous

30 avril 2024

Choses vues ou lues à Lamballe (Côtes d'Armor) le 22 avril 2024 (1)

 

Voilà ! Je me suis vengé ! Suite aux déboires rencontrés lors de notre dernier voyage en train, j'ai changé mes plans et programmé pour les Krapov un séjour de tourisme improbable à Lamballe et Saint-Brieuc. Nous nous y sommes rendus en voiture. C'était d'autant plus facile à faire que nous empruntons depuis quarante ans la route qui mène à Lannion et passe près de ces deux villes - par-dessus, même, pour Saint-Brieuc -.

 

Si nous étions allés une fois, très brièvement, à Saint-Brieuc pour y voir un spectacle de Yannick Jaulin, nous ne nous étions jamais arrêtés à Lamballe. Nous y avons séjourné une journée pleine et avons visité le musée Mathurin Méheut qui vaut le coup. Magnifique, même !

 

 

 

Et voilà pourquoi Tryphon Tournesol est bien souvent à côté de la plaque !

 

 

Instruisons-nous ! 

 

 

 

Il eût été dommage de rater cette magnifique affiche !

23 décembre 2023

99 DRAGONS : EXERCICES DE STYLE. 78, Impératif catégorique (ultimata arides)

SGS_Illus_Knight_clr_pos_rgbUltimatum de Saint-Georges à son cheval – qui est une jument - :

- Trotte, trotte ma jument ! Va où le vent te mène ! Va d’un pas léger !


Ultimatum de Dieu au chevalier Saint-Georges

- Viens, viens sur la montagne !
Tout près du ciel j'ai ma maison.
Viens, viens sur la montagne !
Là-haut il fait si bon !
Mais attention : pas de boogie-woogie avant la prière du soir !


Ultimatum de l’estomac du dragon au cerveau du dragon :

- Vu qu’il faut manger pour vivre et que je suis en train de tomber dans les talons, s’il te plaît, décime-moi un mouton !


Ultimatum du dragon au troupeau de moutons

- A taaaable ! (cf Fais pas ci, fais pas ça)


Ultimatum du paysan au dragon

- Bouge de là, gros lard ! Gicle ! Éjecte sans jacter ! Magne-toi le popotin ! Bouge tes fesses ! Evacue ! Fais ta valise, Liliane ! Évanouis-toi dans la nature ! Pars, surtout ne te retourne pas ! Faut pas prendre les enfants du bon dieu pour des canards sauvages !


Ultimatum du dragon au paysan

- Regarde bien, petit ! Vois comme tu es gaulé et comme je peux colmater ton tuyau avec mon petit chalumeau ! Tu veux vraiment entendre « Envoyez la soudure ! » ? Mange ta soupe, Toto, et reviens quand t’auras grandi ! Va te faire cuire un œuf, man !


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Réponse du paysan au dragon

- OK ! OK ! Mais Tar’ ta gueule à la récré ! J’suis pas du genre « Laisse béton », mon pote ! Attends-toi au pire ! Un bon conseil d’ici à mon retour : Marche à l’ombre ! Casse-toi, tu pues !

 

Ultimatum du paysan au seigneur du royaume

- Laisse tomber les filles, Majesté ! Débranche ! Le danger est à nos portes sous la forme d’un dragon carnassier ! Balance ton port de tête altier, secoue les puces de ton chien qui est une chienne et celles de tes gens d’armes. Va, cours, vole et me venge ! Ça urge !

 

Ultimatum du ministre des armées aux troupes rassemblées

- Aux armes, citoyens ! Formez vos bataillons ! Entendez dans nos campagnes mugir ce féroce dragon qui vient égorger nos moutons et faire grimper l'étau de l’inflation ! Marchons, marchons ! Créons une commission mixte paritaire ! Boutons l’esstrandger hors de nos mûres ! Qu’un sang impur abreuve nos sillons ! Allez les Verts !

 

Ultimatum de Gérard Larcher à Jean-Luc Mélenchon qui n’a rien à voir dans cette histoire (quoique…)

- Ferme ta gueule !

 

Ultimatum de la troupe au ministre des armées

- Ne nous bourrez pas le mou ! Faut pas pousser grand-mère dans le concasseur ! Que les gros salaires lèvent le doigt ! Qu’ils y aillent eux même à la bataille contre l’affreux ! Pas question d’aller chanter « En avant Fanfan la Tulipe », de prendre des risques pour les planqués ! Nous maintenant c’est « Arrête ton char, Bidasse ! Voyage, voyage ! Allons à Messine pêcher la sardine ! En attendant le jour où nous irons à Valparaiso, buvons un coup ! Buvons en deux ! Hissez haut...  le coude !».

 

 

DR_STG_DRagonvert

Ultimatum de l’auteur de ces lignes à lui-même

- Arrête d’entrer dans les détails ! Ne raconte pas la négociation forcément mensongère entre le seigneur du royaume et le mercenaire romain. Fais pas ta rosière ! Ne raconte pas de salades à propos de ce salaire sous forme de conversion à une religion nouvelle ! Il devait être bien content, le seigneur du royaume de Libye de blanchir son argent sale en rétribuant un mercenaire et en se débarrassant de son fil à la patte, sa fille à problèmes. Ou alors résume suivant la consigne :

 

Ultimatum du seigneur du royaume à Saint-Georges

- Une fois l’affaire faite, prends l’oseille et tire-toi mais surtout occupe-toi d’Amélie ».

 

Ultimatum de Saint-Georges au dragon (à déclamer ou faire déclamer en même temps que le suivant)

- Retiens la nuit ! Tu n’en verras plus d’autre sinon que l’éternelle ! Prends ça dans les dents, enflure ! Fais gaffe à la gaffe, Gaston ! Crache ton venin ! Crève, charogne ! Tire la chevillette et ta bobinette cherra ! Alea jacta est ! Ouvrez, ouvrez la cage aux boyaux ! Bouge pas, meurs, ressuscite ! Requiesca in pace !

 

Israhel van Meckenem - saint-Georges

Ultimatum du dragon à Saint-Georges (à déclamer ou faire déclamer en même temps que le précédent)

Fous ta cagoule ou t'auras froid, t'auras les glandes, t'auras les boules ! Mets une sourdine ! Touche pas au frisbee, salope ! Prie, comte Robert ! On va fêter nos retrouvailles, je vais griller ton chamallow au chalumeau ! Compte les moutons ! Soigne ton gauche ! Essuie tes pieds ! Arrête de ramer, t’attaques la falaise ! Touche pas à mon gazon ! Fuis, Lawrence d'Arabie ! Fallait pas commencer ! Aïe ! Il m'a mordu l'oreille ! Il m'a fait mal, ce con ! Il est con, ce type !


Ultimatum du grand silence qui suit la bataille aux curieux qui rappliquent toujours après l’accident

Circulez, y’a rien à voir !


Ultimatum de la princesse Amélie au chevalier Saint-Georges

- Stand by me ! Ne me quitte pas ! Love me, please, love me ! Laisse mes mains sur tes hanches ! Laisse-moi t’aimer toute une nuit ! Fais-moi mal, Johnny, Johnny ! Envoie-moi au ciel ! Éteins la lumière ! Envole-moi ! Couche-moi dans le sable et fais jaillir ton pétrole ! Mords-moi sans hésitation ! Déshabillez-moi ! Attache-moi ! Baise-moi ! Embrasse-moi, idiot ! Fais-moi une place !


Ultimatum de Saint-Georges à la princesse

- Demeure chaste et pure ! On m’a toujours dit « N’avoue jamais » mais je suis franc du collier (d’agneau) et je me dois (d’honneur) de te le dire : j’ai toujours préféré les voisins aux voisines et les garçons aux filles ! Mais va, je ne te hais point. Pense à moi quelquefois ! Va siffler là-haut sur la colline et m’y attendre avec un petit bouquet d’églantine !


Réponse de la princesse à saint Georges

- Cours toujours ! Va donc eh, lopette de végan ! Va te faire voir chez les Grecs ! Prête moi ta plume, que je te la mette dans le derrière, espèce de pom-pom-boy ! Va chez la voisine, on bat le briquet !


image-asset

Ultimatum du dragon sanguinolent à la rose qui pousse dans son sang

- Fais comme l’oiseau ! Monte-là-dessus, tu verras Montmartre !


Ultimatum de la rose mystique au monde entier

- Vois ! Celui qui m’a faite m’a fait courber la tête mais c’est dans cette humilité et cette fragilité que je m’adresse à toi et à vous. Donnez-nous, donnez-nous des jardins ! Plutôt que des guerres et des engueulades, donnez nous un jardin qu’on appellera la Terre, qui brillera au soleil comme un fruit défendu ! Aimez-vous les uns les autres ! Croissez et multipliez mais pas trop quand même parce que vous épuisez la planète ! Jésus, Jésus, reviens avant qu’ils ne soient tous devenus des lapins crétins et que l’Intelligence artificielle ne les ait transformés en esclaves authentiques !


Ultimatum de l’auteur de ces lignes aux enfants qui passeraient par ici :

- Du discours de la rose, prenez-en de la graine !

DDS 799 lettrine U avec un dragon

 J'ai demandé à Deepdream generator de me fabriquer une lettrine médiévale U avec un dragon.

L'intelligence de ce truc est véritablement artificielle : il ne connaît même pas les lettres de l'alphabet !


Écrit pour le Défi du samedi n° 799 d'après cette consigne : Ultimatum

7 mai 2023

Les Dragons de Châlons-en-Champagne vus le 21 avril 2023 (1)

Je ne suis pas ici pour vous raconter ma vie mais je m'en vais encore ce jour  jouer le rôle d'Igor Wagner - l'accompagnateur de la Castafiore ! - du côté de Saint-M'Hervé.

Du coup je manque de temps pour vous parler du tableau de Saint-Georges vu au Musée des Beaux-Arts de Châlons-sur-Marne. J'y reviendrai plus tard. Dans les trois édifices religieux que nous avons visités à Reims, nous n'avons pas trouvé de trace de cette légende chrétienne qui tarabuste mon écriture. Tout juste, en trichant un peu, pourrais-je récupérer l'image chevaleresque ci-dessous mais les connaisseurs et connaisseuses reconnaîtront tout de suite qu'il s'agit de Jeanne d'Arc !

2023-04-19 - Nikon 75

A Châlons-en-Champagne par contre, après avoir déambulé la veille sous la bruine sans passer par la place de la République, nous la découvrons presque par hasard ce vendredi matin. En son milieu est planté un petit manège à l'ancienne dont les chapiteaux sont ornés de créatures fantastiques ou mythologiques. Je me suis bien évidemment empressé de les photographier toutes. Je vous en livre une dizaine ci-dessous.

2023-04-21 - Nikon 133

2023-04-21 - Nikon 134

2023-04-21 - Nikon 136

2023-04-21 - Nikon 137

2023-04-21 - Nikon 138

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