Clet Abraham détourne à Pont-Croix (Finistère) le 17 août 2020
Avis de pause technique :
A peine rentrés, déjà débordé, déjà repartis !
Pas trouvé le temps de rédiger des billets pour faire patienter le chaland et en plus mon Photoshop merdoie ce soir.
Donc départ sur de nouvelles bases le lundi 31 août. Je serai enfin "en vacances" !
Je vous laisse donc finir la semaine avec cette série de panneaux détournés drolatiquement et poétiquement par un artiste de rue, Clet Abraham, à Pont-Croix.
Faire le singe à (partir de) Nantes le 9 juillet 2020

Nantes est définitivement pour moi la ville du "pas de côté".
C'est le nom de cette statue qui trône sur la place du Bouffay.
En fait c'est "Eloge du pas de côté" et elle est de Philippe Ramette.
Dans cette ville mi-bourgeoise mi-barge la reine Margot
(Marguerite de Valois pour ceux qui ne sont intimes ni avec Alexandre Dumas
ni avec Patrice Chéreau) y apparaît comme une toquée !

Et surtout c'est la capitale des animaux bricolés.
Il y a bien sûr l'éléphant de l'Île, la Galerie des machines et son manège
ainsi que le carrousel des mondes marins.
Ce jour-là il y avait aussi dans une vitrine trois magnifiques singes.

Je les ai confiés à jean-Emile Rabatjoie qui, pour une fois dédaigneux des plaisanteries
faites au portrait d'Isaure, a embrayé sur la série "Et Mona s'enlisa" de ma folle jeunesse !
Et Mona s'enlisa (1)

J'ai créé ce jour un nouveau mot-clé (un tag, comme disent les gens pressés) pour retrouver toutes ces bêtises que l'on faisait dans le laboratoire photo au 1er étage du 73. Il ne me reste que huit jocondes, la boîte qui contenait les autres a disparu lors d'un prêt à je ne sais plus qui.
Les gens de ma famille avaient une fâcheuse tendance à prêter ou donner ou embarquer des choses qui m'appartenaient !
Si quelqu'un, là-haut dans le Nord, a ça par-devers lui et qu'il ne sait pas quoi en faire, qu'il ou elle me contacte, ça me plairait assez de les récupérer !
(Comme si je n'avais pas assez de boxon comme ça dans mon grenier !)
P.S. En fait c'est un tag inutile ou que je devrais utiliser pour chaque billet : ma folle jeunesse continue et des bêtises, j'en écris ou commets quotidiennement !
Collages de Jean-Emile Rabatjoie du 28 mars 2020
Fabrique ton masque ! A Rennes et Lannion le 27 mars 2020

- C'est quoi, Marina, ce nouveau modèle de soutien-gorge ?
- Ce sont des masques, espèce d'idiot ! C'est moi qui les ai fabriqués !

- Ah bon, tu me rassures ! Je commençais à me poser des questions.
- Tiens, essaie le tien !

- Finalement, je le trouve plus joli à l'envers !

Madame Anita en fabrique de plus jolis encore à Lannion.
Si c'est la pénurie chez vous et que vous êtes habile de vos petites mains, voici le tutoriel
Isaure Chassériau aussi s'en est fabriqué un !
AVANT QUE VOUS NE RÉCAMIER MON SILANCE DÉFLINITIF
Collage de Jean-Emile Rabatjoie réalisé d'après le tableau de René Magritte, Perspective : Madame Récamier de David, 1951, huile sur toile, 60.5 x 80.5 cm. Acheté en 1997 par le Musée des beaux arts du Canada, Ottawa. © Succession René Magritte / SODRAC (2017)
Réalisé pour le Défi du samedi n° 602 d'après cette consigne : orant·e
PERSONNE DISAIT RIEN
J’ai entendu leurs voix dans la cuisine. J’étais dans une petite rue à l’arrière de l’auberge et la porte était ouverte pour laisser s’échapper dans la ruelle les vapeurs de cuisson, les fumées et les fumets.
Je n’avais rien mangé depuis trois jours et je n’avais pas un liard sur moi. J’ai frappé à la porte ouverte.
- Qu’est-ce que tu veux, étranger ? a demandé le vieux barbu au front dégarni. Nous sommes en plein taf, c’est les cuisines ici. L’entrée de l’établissement est de l’autre côté si tu veux consommer.
- N’y a-t-il pas parmi vous un dénommé Rampo ?
- Oui, c’est moi, a répondu celui des trois qui portait une kippa sur le sommet du crâne.
- On m’a parlé de ta force exceptionnelle au jeu de 421. Je suis moi-même joueur d’un assez bon niveau. Accepterais-tu que je t’affronte sur le tapis vert ?
- Te mesurer à moi ? Qui t’a rendu si vain, toi qu’on n’a jamais vu au cabaret du coin ?
- Je n’ai pas grand-chose à miser mais si par hasard je gagnais, je veux bien être payé avec cette poulette rôtie, là, sur la table. Si je perds je ferai toute la vaisselle de votre restaurant cet après-midi et ce soir.
C’était un très bon stratagème. Je les connaissais tous et je savais que le gars Rampo ne résisterait pas à un pareil défi.
- On n’a pas de piste ni de tapis mais si on pousse au bord de la table la corbeille de fruits, la poule et les morceaux de pain on a une petite place pour lancer les dés. Les voilà. A toi l’honneur.
- Pas de gobelet, non plus ?
- Et puis quoi encore ? Monsieur a peur d’attraper le Covid 19 ? On a les mains propres, ici ! C’est pas le Majestic mais le Gasthaus est de bonne tenue, les cuisiniers ont de l’hygiène et les dés ne servent qu’à nous !
J’ai souri, j’ai tourné les dés dans le creux de mes deux mains jointes, j’ai soufflé sur mes doigts et j’ai sorti mon premier 421.
- La chance du débutant ! a commenté le barbu en noir.
Rampo a lancé les dés à son tour et il a fait rampeau. C’est-à-dire qu’il a sorti lui aussi un 421.
J’ai recommencé la même gestuelle et sorti mon deuxième 421. Cette fois-ci lui a fait nénette, c’est-à-dire 2+2+1, c’est-à-dire le plus petit score qu’on puisse obtenir à ce jeu. J’ai hérité d’un premier paquet de jetons en pain azyme.
Ca a été à son tour de jouer. Il a sorti trois as d’entrée de jeu. J’ai refait 421 et gagné la première manche.
***
En deux manches, c’était plié. Je m’apprêtais à mettre la poulette rôtie dans mon panier et à leur serrer la main pour prendre congé.
- Pas de ça, Lisette ! a dit Rampo. Nous on a les mains propres mais toi on ne sait pas d’où tu viens ! Et avant de te barrer, explique-nous. Il y a un truc ?
- Oui, il y a un truc, ai-je répondu. Je suis Dieu descendu sur la Terre !
- Arrête tes conneries ! Ou alors donne-nous d’autres preuves de tes grands pouvoirs !
- Vous ne me croyez pas ? Regardez cette volaille : je vais lui rendre la vie !
Sous le regard ébahi et batyscapholé des trois commandants cuistots, j’ai balancé ma main ouverte au-dessus du plat comme si je lançais à nouveau les dés magiques.
La poule s’est remplumée, a ouvert un œil, étonné d’être couchée sur le dos dans la cuisine d’une maison bourgeoise.
- C’est bon, le métèque ! Casse-toi, avec ta poule ! Tu nous as fait perdre assez de temps comme ça. On a du boulot, nous !
J’ai fait un grand sourire, j’ai ramassé mon lot et je suis sorti dans la ruelle.
***
Une fois que je suis arrivé sur la place du village je me suis assis au soleil sur la margelle de la fontaine. J’ai fermé les paupières et j’ai savouré la douceur du jour. C’était l’heure de la sieste, il n’y avait plus un bruit, personne ne disait rien.
Puis je me suis frappé le front et j’ai crié :
- Quel con ! J’en ai encore trop fait, comme d’habitude et ce failli trophée, si je veux le déguster, il va falloir que je le tue, que je le plume et que je le fasse cuire alors qu’il était tout prêt à consommer tout à l’heure !
A l’intérieur de mon cabas la poule qui m’avait entendu me plaindre a gloussé de rire. Je l’ai extirpée du panier et je l’ai prise entre mes mains. Je l’ai serrée précieusement.
P.S. Cet épisode a également fait l'objet d’un collage de Jean-Emile Rabatjoie (Musée Iconoclaste Rennais, Série Les chiens aboient, Le Caravage passe) reproduit ici :
Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejan le 3 mars 2020 à partir de la consigne ci-dessous.
Utilisé pour le Défi du samedi n° 601 dont la consigne était : non-sens
Déambulation Rennaise du 25 février 2020 (1)

C'est déjà le printemps, au square Simone Morand,
là où Alain Clément a posé sa sculpture de couleur rouge ?

Je ne me lasse pas de photographier ce collage

Les feutres battent la campagne (municipale) !

Pas la peine de lui montrer le chemin :
la télé sait très bien parfois où se trouve le caniveau !
Zépo ? Va chez la voisine, on bat le briquet ?




























