En un mot comme en cent. 1er janvier 2017, Résolutions révolutions
Si tu veux creuser l’idée,
Si tu veux crever l’abcès,
Tu peux prendre la résolution
De faire la révolution.
Tu as sans doute raison
Même si je sais que nous rêvons.
Mais fais gaffe, à danser sur les braises,
Que ta vie ne soit pas De Fa(i)lla-nte et brève
Alors, pour être plus à l’aise,
L’embargo, permets qu’on le lève :
Quand tu arrives à janvier, treize,
S’il te plaît : décrète une trêve ! *
* Ne serait-ce que par égard aux mauvais traitements que tu fais subir à l'orthographe du mot "étudiant" ?!
En un mot comme en cent. 2 janvier 2017, Bleu
Dans le cahier bleu, Jean-François de Nantes enlace Fanny de Laninon. Les forbans savent danser la polka. John Kalak joue de l’harmonica pour son petit garçon et, tandis qu’un vieux meurt au cabaret d’Anvers, à Loguivy-de-la Mer on réclame du rhum et des femmes !
J’empoigne ma guitare et m’en vais à Valparaiso en passant par Paris et par San Francisco. Pas par la maison bleue de Maxime, non.
Rendez-vous demain au Diapason pour accompagner un groupe de chants de marins. Quoi qu’il advienne dans le port de Tacoma, vogue la galère !
En un mot comme en cent. 3 janvier 2017, Taper
Il faut être tapé pour écrire autant ! Un texte chaque mardi soir, pondu dans une heure de silence religieux, en compagnie d’autres masochistes, à l’atelier d’écriture.
Il faut être tapé parce qu’après, ben, il faut le taper, le texte !
Il faut être tapé aussi pour aller réfléchir pendant une heure et demie à la position idéale que doivent adopter des bouts de bois blancs et noirs sur un plateau carré.
Dans le diagramme suivant, les noirs, au trait, sont près du but : il ne vous tape pas dans l’œil, le mat en un coup ?
En un mot comme en cent. 4 janvier 2017, Le plus petit des petits riens
Le plus petit des petits riens, le point sur le "i", l’accent grave ou aigu sur le "e", le grain de sable dans la machine, pourquoi faut-il toujours que je le remarque ? Pourquoi faut-il que j’en fasse, plutôt qu’un sujet de moquerie, une matière à sourire ?
Je ne sais pas. Toujours est-il que voilà ci-dessous le dialogue, né sur le moment même, de ce qui est peut-être un aptonyme :
- Bonjour ! Vous avez eu le temps de traiter mon dossier ?
- Euh… pas vraiment !
DES ANGES AU GRENIER ?
Qu’ai-je fait de ma vie privée ?
Je l’ai gardée pour moi, pour nous.
Une partie est au grenier,
Tout le reste aujourd’hui se joue
Car nous n’avons rien achevé :
Nous continuons d’être fous !
Chaque jour, c’est à l’encrier
Que je trempais ma plume d’oie ;
Sur le déclencheur, j’appuyais :
Je n'eus jamais d'ampoule au doigt !
Ah j’en ai rempli, des cahiers !
J’en ai pris, des photographies !
Avoir la passion du passé
A ce point, c’est de la folie !
Sous ce toit pentu, bleu ardoise,
Le grenier des anges fourmille
Des couleurs du Temps qui nous toise
Mais que malgré tout j’entortille
Dans mon lasso. Je les capture,
Je les enferme dans des boîtes.
De cette vie grandeur nature
J’ai fait une planète coite :
Tout est en ordre, bien rangé,
Pas de bordel – je suis trop prude ! -.
Traces d’étrange voyager :
Rien n’y vient d’hémisphère Sud,
Rien d’Irlandais, pas d’oranger
- Le climat là-bas est trop rude –
Ce sont des trésors tempérés :
Rien qui mérite qu’on le brûle,
Rien qui vaille d’être publié.
C’est notre vie, dans notre bulle :
Jamais nous n’avons habité
De maison bleue peuplée de fous ;
Une vie simple, en vérité,
Un « toi », un « moi » et voilà « nous ».
Ces morceaux de réalité,
A vous confiés, qu’en feriez-vous ?
Que vous dirait-il, ce viager,
Qui ne soit déjà obsolète ?
Ce sont des moments partagés
D’un bonheur tranquille et honnête,
Du théâtre jamais joué
Et nombre d’images de fêtes,
Des mots écrits en atelier :
Avec ça, on joue au poète !
On l’est peut-être bien, qui sait ?
Personne ne vient le dénier !
D’ailleurs, les anges archivistes
Qui farfouillent dans nos cartons
Si nous n’étions un peu artistes
Que feraient-ils à la maison ?
Et pourquoi sèmeraient-ils donc
Sur mes rimes, et ce, sans raison,
Ces Pénélopes sans galons,
Ces innombrables araignées
Qui tissent des toiles à foison
Par-dessus nos jeunes années ?
P.S. Je suis ravi que ces enseignes rennaises photographiées autrefois aient pu servir de support à cet atelier d'écriture. J'en remercie Miss Map et je souhaite une excellente année 2017 avec plein de bonheurs d'écriture, de réussite et de santé à toutes et à tous !
Ecrit pour le Défi du samedi n° 436 d'après cette consigne






















