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Mots et images de Joe Krapov
poeme
16 novembre 2023

TROIS POÈMES DE LAUTRÉAVAL EXTRAITS DE « LES CHANTS CRURENT »

1

Redon
Redon
Redon

Je le redis :

Redon
Redon
Redon

Rumba
Rumba
Rumba

Je le redis

Rumba
Rumba
Rumba

Moralité
Redon-danse
Redondance

2022-10-22 - Nikon 23

2

Quatre moines à la queue leu leu
Traversent la chaussée
Sur le passage piéton
En bas de la mairie

Il y a une Volkswagen garée sur le trottoir
Un moine a les pieds nus
Et le premier d'entre eux porte une barbe rousse

Tous les jours à la même heure
Ce même rituel

L'abbaye rôde

AEV 2324-08 JK L'Abbaye rôde

3

On donne
On redonne
On abandonne
On saucissonne
On rançonne

On perd haleine
On file la laine
On poire Belle-Hélène
On acétylène
On Ille-et-Vilaine

On demande pardon
On cosaque du Don
On empèse à l'amidon
On plume d'édredon
On est de Redon

Et pourquoi toujours cinq "On" ?

Mais parce que Saint-Con,
Voyons !

Ou plutôt Saint Conwoïon :
C'est lui le patron de Redon !

AEV 2324-08 JK Saint Conwoion

 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 16 novembre 2023

d'après la consigne 2324-08 ci-dessous

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17 septembre 2023

GARANCE FAIT DES PROUÈCES

Jeu 86 de Filigrane - Passagère du silence

La lumière entre dans la pièce
Où opère la créatrice.

Le soleil n'est que bienveillance
Où oeuvre la petite puce.

Elle commence avec prudence
Par quelques traits posés en douce
Sur la surface de la toile, subreptices.

Poussée par d’aussi bons auspices
Voilà que l'artiste en lice.

Elle avance avec assurance.
Elle a l'audace de l'enfance,
Elle a la chance des novices,
Le coup de pinceau est vivace,
La foi est immense. Elle fonce.

Quand elle n'est pas à la noce
Elle fait preuve de persévérance.
Elle fait face, efface, rince
Et recommence.

Vrai, quelquefois la ressemblance
Oppose quelques résistances
A la petite dessinatrice

Mais la jeune Garance
Est du genre coriace :
Jamais elle ne renonce
Ni ne met les pouces
Et, tenace,
Trouve toujours une astuce.

Elle grimace, elle se tance, elle s'agace
Mais c'est fugace : elle est vorace,
Sait retrouver l'aisance
Redevenir efficace.

Bientôt à nouveau, d'évidence,
Le pinceau se montre véloce,
Le geste s'emplit d'élégance.

L'arrivée d'un tigre féroce
Qui menace la populace
Sur la Grand-Place de Florence
Où se trouvent célébrées les noces
Toutes pleines de magnificence
Du prince Fabrice Del Dongo
Et d'Alice l'idole des dingos
Annonce bien des exubérances,
Extravagances,
Outrecuidances
D'HenriRousseauiste obédience

Jeu 86 de Filigrane - Douanier Rousseau

Car bientôt c'est la luxuriance,
L’allégeance à la violence !
Sardanapale est au supplice,
Vénus n'a plus la tête à montrer sa naissance,
La Joconde en souffrance
Tire sa révérence,
Toute la galerie se glace,
Fragonard s’en balance
Et Van Gogh en éprouve
Une douleur atroce.

Ayant tombé la carapace
Garance fait l'expérience
D'une jouissance sans nuance.

Une fièvre libératrice
La fait sortir des convenances.

A suivre son caprice
Et son talent précoce,
N'y voyant pas malice,
Voici qu'au chevalet,
Première spectatrice,
La passagère du silence
Voit surgir « Le Jardin des délices » !

- Mince ! qu'elle se lance,
Sûr, ça décontenance
Mais ce n'est pas mal, d'évidence !

Jeu 86 de Filigrane - The Garden of earthly delights

Ecrit pour le jeu n° 86 de Filigrane (la Licorne) à partir de cette consigne.

8 février 2023

RETOUR AU PAYS

D 98 05 Burano 25Ce que peut déclencher le rhum de Martinique
Nul ne peut le savoir avant d'être monté
En salle Mandoline et s'il n'a pas goûté
Le poème aux limaces écrit par Dominique.

C'est un voyage en groupe au rythme d'un piano
Qui reste silencieux pendant les mois d'été
Mais de septembre à juin, avec sérénité,
Comme si l'on peignait les murs de Burano,

Les maisons de pêcheurs et les barques légères,
On fait surgir des océans de fantaisie,
On bâtit à Dubaï en signe d’hérésie
Une Maison du vin, on part, on déblatère.

On a laissé la pieuvre et boudé l'Australie
Mais l'on sait tout du roi, de sa prison intime
Et de ses rossignols. Concerto maritime
Dirigé savamment par les didascalies


AEV 2223-19 JK Magritte Love songDe nos stylos surgit comme de la mer Noire
Un trois-mâts fabuleux porteur de poésie :
Ses voiles ont la blancheur des plaines de Russie
Et sur son pont la lune envahit la baignoire

Échappée d'un délire ancien d'une écrivante.
Les mots s'en vont parfois dans le métro magique
Vers Cesson-Sévigné, la ville écologique
Où l'on combat le ragondin qui épouvante.

Des poissons colorés nous emmènent à Vienne
Où l'imagination savoure un chocolat
En regardant valser de jeunes échalas
En ce bal imprévu de licornes et de reines.

Bientôt naîtront de ces flèches sur pages blanches
Des surprises, des mots sortis de leur prison,
Libérés du carcan trop lourd de la raison,
Des histoires : il faut bien, ami·e·s, que l'on s'épanche.

A huit heures survient l'instant de la lecture :
C'est Noël ! Ou c'est Pâques ! C'est joli ! Ça chemine !
Ces chalets de montagne qui ne paient pas de mine...
Mais c'est notre château, l’atelier d'écriture !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le 7 février 2023

d'après la consigne AEV 2223-19 
ci -dessous

29 janvier 2023

CARMAGNOLE ET CASTAGNETTES

Je ne suis pas ici pour raconter ma vie mais... on est toujours pris à contrepied ! Hier par exemple j'emmène au café "Les Références électriques", pour une scène ouverte, des textes  de 2006-2010 que j'avais déjà, à l'époque, déclamés au Café-slam des Champs libres. Je me régale à les relire en me disant que je suis quand même un sacré maboul d'avoir pondu des choses comme ça.

J'ai donc lu devant un public étonné un pastiche de Francis Ponge publié sur le Défi du samedi en juillet 2011 et intitulé "La Table" et un autre poème plus philosophico-nostalgique avec uniquement des rimes en "ole" et "ette". Comme il n'est pas daté et que je ne sais plus où je l'ai publié je mène ce jour une recherche chez M. Google et... je fais chou blanc.

Je pose l'interrogation dans mon disque dur, sur le répertoire "écriture", et je découvre qu'il s'agit d'un texte déposé sur les Impromptus littéraires en décembre 2012. Comme je souhaite retrouver la consigne d'où il est issu, je pars à la recherche des Impromptus et je découvre - sauf erreur et en toute horreur - que toute la partie avant 2014 a disparu de la toile !

Bravo ! Jolie conception de l'histoire littéraire, ou joli respect des traditions : "Votre site est mort ? On l'enterre !". Merci les hébergeurs !

Du coup j'ai sauvegardé les consignes d'écriture de 2014 à 2019 des Impromptus ainsi que les textes mis en forme et illustrés que j'avais déposés là.

Il va falloir que je me préoccupe sérieusement de jouer à l'éditeur-biographe pour transmettre à qui de droit une édition décente et complète, de type "La Pléiade", de mes krapoveries ! A nous, les notes de bas de page !

En attendant voici le texte déclamé :

Joe Krapov – LA TOUR (CARMAGNOLE ET CASTAGNETTES)

1
230129 Nanar et jujubeSous la tour, avec les fillettes,
Nous dansions d’amples farandoles.
Comme elles étaient mignonnettes
On faisait beaucoup les marioles.

Il y avait Maud, Manon, Lisette…
Elles aimaient nos cabrioles.
C’était le temps des pirouettes
Et de la fête de l’école.

C’était il y a belle lurette,
Colle-gommette et courses folles.
Avec Nanar, Jujube et Piette,
Gai-Luron, joyeux, caracole.

2
230129 Mobylette-la-nostalgie-plein-potSous la tour – tournez, mobylettes ! –
Elles dérapaient, les chignoles !
Sous les yeux émus des minettes
On était les rois du pétrole.

On n’échangeait plus les sucettes,
On n’effeuillait plus les corolles.
On fumait parfois en cachette
Tels Ribouldingue et Croquignol.

C’était l’époque des torgnoles,
Nos pères tenaient la baguette.
Fallait pas perdre la boussole
Sinon terminée l’amusette !

3
230129 brignoles-place-caramySous la tour avec Henriette
Ou quelquefois avec Nicole
On allait pour conter fleurette
Faire parader nos bagnoles.

- Viens faire un tour sur ma banquette !
On peut aller jusqu’à Brignoles ! »
Elles chantaient, les midinettes
Les gais refrains de nos idoles.

C’était le temps des amourettes,
L’époque où les bouches se collent
Et les boutons de nos braguettes
Sautaient comme l’extrasystole.

4
230129 Super-MarioSous la tour la lune replète
Dispense une bien faible obole.
En fait on s’aime à l’aveuglette,
Entre deux caresses on rigole.

Cocorico les galipettes !
Et vas-y qu’on se carambole
A s’en faire péter l’épithète !
Ce ne sont pas des fariboles.

Et puis un beau jour on convole.
Plus tard l’Amour devient pip’lette
Et nous, pitoyables guignols,
Des Super Mario d’opérette !

5
230129 RaymondSous la tour, triste marionnette,
Un papy moustachu somnole.
Tout est poivre et sel sur sa tête
Mais, s’il est bourré de pistoles,

Harpagon n’est plus à la fête !
Où est le temps du rock’n’roll,
Quand on faisait tourner Paulette
Ou Rose par-dessus l’épaule ?

Elles sont décillées, les mirettes,
Evaporées, les fumerolles :
La tour n’était qu’une gloriette
Et nos exploits… de la gloriole !

14 novembre 2022

TROIS POÈMES PHILOSOPHIQUES (insomnie du 11 au 12 novembre 2022)

PRENDRE SES ENCYCLIQUES ET SES CLOAQUES

A force de vieillir,
De décatir,
De se départir,
On finit un jour, Patatrac,
Par prendre ses encycliques et ses cloaques,
Ses petits Clics et ses grands Clac
Merci Kabic, merci Kodak !

2022 11 14 Isaure à tête de mort

***

LES FARCES D’AUGUSTIN

Il vaut mieux s’adresser au Bon Dieu
Qu’à ses saints
Pour qu’au moment dernier
On vous montre des seins
Plutôt que le dessein
De ce qui fut vécu.

Et c’est à ce moment qu’on est vraiment déçu :
Dieu relève sa soutane
Et vous montre son cul !

2022-11-11 - Nikon 85

***

EN MARCHE !

L’existence ne nous est donnée que pour nous exercer à la mobilité.

Pourquoi serais-je resté dans mon petit Liré ?
Plus rien n’y est pareil,
D’autres personnes habitent
Les maisons des parents
Qui sont tous décédés.

J’ai vu Paris,
photographié Venise,

pédalé en Provence et je vis dans une Bretagne qui ne ressemble déjà plus
à celle où j’ai débarqué il y a vingt-cinq ans.

Amis de la poésie et des Ardennes, bienvenue au Festival
« Un météore est passé à travers le siècle jusqu’à s’en faire péter le genou ».

Comme quoi, quand même…
De la mobilité, point trop n’en faut, non plus !

2022-09-10 - 285 4

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4 février 2022

DEUX POEMES SANS ARTICLES

Automne tomber feuilles
Hiver arriver deuil
Printemps tout reverdir
Eté chouette avenir

***

Hisser voile
Garder cap
Vaste mer
Exploration
Pêcher poisson
Rentrer port

Cracher vapeur
Ouvrir bal
Bateau-ville
Gigantesque

Petit glaçon
Toucher

Titanic
Couler

2122-18 Jean-Paul - stower_titanic

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 1er février 2022

d'après la consigne 2122-18 ci-dessous.

4 février 2022

POEME MINIMALISTE

2122-18 Jean-Paul - Je-tu-elle-nous-vous-ils

Si tout va bien,
Si tout va sans dire,
Si tu me dis « On peut »,
Si on peut faire plus,
Etre l’homme pour elle,
Si on peut voir à deux,
Faisons avec !

Allons !

Nous verrons bien
Où mon lui et son elle iront
Dans ce nous !

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 1er février 2022

d'après la consigne 2122-18 ci-dessous.

3 février 2022

POSE TON MOT !

2122-18 Jean-Paul - zèbre

Si le yack et le wapiti ,
Si le phoque et le vieux zébu
Ne figuraient pas légitimement
Dans le vieux Larousse,
Est-ce que je gagnerais autant
Quand je joue au scrabble ?


Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 1er février 2022

d'après la consigne 2122-18 ci-dessous.

3 février 2022

PRIERE

2122-18 Jean-Paul - Paysanb breton

Notre Paysan breton qui êtes aux cieux
Que votre biscuit Thé de Lu soit fête,
Que votre Rustica arrive !

Bénissez nos Amora
S’il Yoplait !

Danonez-nous aujourd’hui comme cuiller
Notre Boursin quotidien
S’il Yoplait !

Rendez-nous la clé du jardin de Jaffaden :
Cette histoire de Nesquik défendu
Ce n’était qu’un P’tit déli !
S’il Yoplait !

Depuis vous nous jugez boudez boudoir
Au Biovillage sans Plantation
Vous nous faites mauvaise réputation.

S’il Yoplait
Camembert Président,
Soyez un peu plus coulant !
Moins capricieux, les Dieux !

Notre Paysan breton,
S’il Yoplait ? 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 1er février 2022

d'après la consigne 2122-18 ci-dessous.

2 février 2022

POÈME À CRIER DANS LES RUINES

- C’est aujourd’hui la fin, ô Jane ! » dit Tarzan
Tandis que les pumas piaillent dans les betteraves,
Que le volcan vomit fumerolles et laves
Jusque sur sa Jaguar garée sauvagement

Sous la cabane où ils vivaient au fil des jours.
- Je sors de mon appartement somptueux et je crie
Pour dénoncer ce crime odieux, cette infâmie :
Le fleuve est l’étranger et tu es mon amour

Mais rien ne reste plus de nous ! C’est ridicule :
Un gros serpent python, affamé, monstrueux
A fait repas de dingue au studio trente-deux :
Ce crétin a bouffé toute la pellicule ! 

Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 1er février 2022

d'après la consigne 2122-18 ci-dessous.

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