En explorant mes archives de la Cantonade, je suis tombé sur cet air à boire anonyme daté d'octobre 1709 et auquel j'avais, en 1995, ajouté deux couplets. Je ne dispose évidemment pas d'enregistrements de l'époque (je parle de 1995 et non de 1709 !). C'est pourquoi j'ai passé ma matinée à taper la partition, écouter le rendu dans Noteworthy et chanter les trois voix pour enregistrer une version qui tienne à peu près debout.
En matière de vidéo, il n'y avait chez M. Youtube qu'une interprétation assez comique laissée là par de braves chanteurs estoniens.
Voici donc les paroles complètes et le diaporama chanté du jour !
Robin et Marion revenant de la foire
Air à boire anonyme d’octobre 1709
(version complétée des couplets 2 et 3 par Joe Krapov entre 1995 et 1997 )
1 Robin et Marion revenant de la foire Robin et Marion revenant de la foire Disaient une chanson qu'il ne fallait plus boire Disaient une chanson qu'il ne fallait plus boire Sinon du bon pour ce bon compagnon Pour ce bon compagnon Car tout homme qui boit Peut ignorer tout ce qu'il doit Car tout homme qui boit Peut ignorer tout ce qu'il doit Buvons, Soufflons, Vidons cette bouteille, dit-elle, dit-elle Vidons cette bouteille et nous la remplirons Buvons, Soufflons, Vidons cette bouteille, dit-elle, dit-elle Vidons cette bouteille et nous la remplirons
2 Si ç'n'est pas du Layon ce sera du Jasnières Si ç'n'est pas du Layon ce sera du Jasnières Le vin de la région est bon pour nos artères Le vin de la région est bon pour nos artères Sifflons, mon bon, force petits litrons Force petit litrons Car tout homme qui boit A toujours le coeur mis en joie Car tout homme qui boit A toujours le coeur mis en joie Buvons Chantons La foire est terminée dit-elle dit-elle La foire est terminée mais nous la referons Buvons Chantons La foire est terminée dit-elle dit-elle La foire est terminée mais nous la referons
3 D'avoir bu m'émoustille et tu es bien mignonne D'avoir bu m'émoustille et tu es bien mignonne Tu as I'oeil qui pétille et sembles polissonne Tu as I'oeil qui pétille et sembles polissonne Allons, tendron, à I'abri d'un buisson A I'abri d'un buisson Car tout homme qui boit Ne peut rester longtemps de bois Car tout homme qui boit Ne peut rester longtemps de bois Marion, allons ! Cupidon nous appelle dit-elle dit-elle Cupidon nous appelle, suivons son aiguillon ! Marion, allons ! Cupidon nous appelle dit-elle dit-elle Cupidon nous appelle, suivons son aiguillon !
Tout a sans doute commencé à cause de l’accordéoniste. Il s’est incrusté dans une discussion entre Nathalie et Monique dans la salle des périodiques de la Bibliothèque universitaire où je venais d’atterrir. Dans toute la joyeuse bande de mes collègues d’alors j’avais réussi à en embarquer trois dans ce projet musical totalement au diapason du Jack Lang de 1981 : descendre dans la rue le jour de la Fête de la musique et donner à entendre et à voir son savoir-faire de tapeur de casseroles, de frotteur de violon ou d’élytres, de joueur de piano debout ou de chanteur de salle de bains.
Ce n’est pas pour embêter la fourmi mais moi je suis du signe de la cigale et mon instrument c’est la gratte, la guitare. Je souffle également dans des harmonicas et mon inspiration pour ce jeu de souffler-aspirer dans un « ruine-babines » vient de Neil Young plus que de Bob Dylan. Encore que les modèles français que j’ai eus dans l’enfance s’appelaient plutôt Albert Raisner ou Antoine. Ce dernier, dans ses « Elucubrations » de 1965 ou 66 nous gratifiait de deux petites notes par-dessus ses chemises à fleurs à la fin desquelles il proclamait : « Oh ! Yeah ! ».
A l’époque Sheila chantait « Le kilt », « Petite fille de Français moyen » et « Le Folklore américain ». Il y avait plein de joyeux loustics qui avaient débarqué avec des guitares électriques et il fallait choisir son camp entre Beatles et Rolling Stones. Mais on pouvait aussi préférer la guitare sèche du moustachu de Sète, l’oncle Georges B. avec son « plonk plonk » régulier qu’on appelle la pompe.
Mais je m’égare. Tout ça c’était bien avant qu’on fasse la connaissance de ce pharmacien à thèse tardive – il ne l’a toujours pas soutenue - qui jouait de l’accordéon. Il m’est arrivé plus tard de chanter avec lui du Bruce Springsteen (« Pay me my money down ») mais jamais de morceaux de Neil Young.
Donc l’accordéoniste, Hervé, s’est joint à nous, a tenté de se mettre en osmose avec notre répertoire de javas folles et de tangos stupéfiants pour que finalement, sur la petite place derrière chez nous, nous produisions sans recevoir top de quolibets la première prestation des « Rats déridés » ce 21 juin 1998 dans la bonne ville de Rennes.
Vingt ans ont passé depuis, la chorale a grossi puis s’est éteinte, puis s’est transformée en Club des 5 et j’en ai à nouveau deux autres sur les bras. Grâce à l’informatique et à cause de la nécessité de transposer la tonalité des partitions pour les joueurs de piano à bretelles sans capodastre, j’ai fait d’énormes progrès en solfège. Mais franchement, être accordeur de cigales, quel turbin ! Que devrait dire vrai un chef de chœur, quel enfer vit-il, le roi de la polyphonie ? Parce que moi, mes cigales chantent à l’unisson. Une fois sur deux j’oublie de leur faire faire des vocalises mais il me semble bien que le quart d’heure qu’elles passent à bavasser entre elles avant de pousser la moindre note est un exercice de mise en voix bien plus efficace que les « Rheu Keuh Tseuh Keuh », le « Chênehutte-les-Tuffaut » ou le « La belle eau, la belle eau, la belle eau » que j’ai pratiqué en tant que choriste de 2008 à 2018 au sein de la Chorale Héloïse, le lundi soir, rue de Redon.
Quand je jette un œil sur cette activité musicale continue je me questionne cependant. Ne serais-je pas plutôt une très patiente et très utopique fourmi rêvant que de ces gosiers de bavardes sortent des watts Castafioriens, des habaneras de Carmen bien en place, des « Eaux vives » habitées ou des « Emmène-moi » chavirants ?
Je réussis désormais à accompagner deux accordéonistes tatillons, un violoniste souple et des joueurs de ukulélé de rencontre. Personne ne joue du xylophone avec moi et Jean-Luc Godard a encore oublié son ocarina – pardon, son Anna Karina – dans les limbes des années soixante évoquées plus haut.
Mais toutes ces prestations déjantées, du « Meuh Meuh Meuh font les vaches » donné sur la place de la Mairie de Rennes au « Yoga de la narine » balancé sur la scène du « Diapason », du « Galette saucisse je t’aime » envoyé à l’A.G. de la Maison de quartier de Villejean à cet « Homme debout » qui ne doit rien évoquer du tout aux pensionnaires des deux EHPADS où l’on me traîne, tout ce travail d’accordeur improbable n’a-t-il pas pour objectif de réconcilier les cigales et les fourmis dans un même éclatement jovial des muscles zygomatiques ?
Faut-il que j’ajoute « J’ai usé cinq culottes » à la liste de ces gentilles provocations pour me persuader que « Tant que je chanterai, nous serons en été et la vie sera belle » ?
Parce que de toute façon, si on me demande à l’hiver de « danser maintenant », La Fontaine ne sera pas déçu du voyage : la danse et moi, ça fait deux ! Plus que deux, même !
Pondu à l'Atelier d'écriture de Villejean le mardi 4 juin 2019 d'après la consigne ci-dessous
C'était en 2005 et les blogs avaient encore la faveur des politiques et des journalistes. C'était avant Facebook, Twitter et Cie et c'était encore un territoire réservé aux graphomanes, aux artistes et aux exhibitionnistes gentillets.
"Tout Rennes blogue", projet municipal, invitait les Rennais à montrer leur ville et ses quartiers sous forme de photographies légendées. Ce site collaboratif n'existe plus mais comme je conserve à peu près tout ce que je fabrique, je viens de retrouver sur le tout premier de mes disques durs externes le recueil de ce que j'avais envoyé. Plus de 220 billets ! C'est en fait mon tout premier blog, même s'il avait été précédé par deux sites web destinés à recueillir mes délires de poète-photographe de la fin du XXe siècle.
Pour pouvoir vous faire voyager dans le temps et dans les couleurs de cette époque-là, j'ai été obligé de diviser ce e-bouquin en quatre parties.
1 Quand je s’rai plus vieux Que j’perdrai mes ch’veux Dans vraiment longtemps
M’en- Verras-tu en- Cor’ des mots doux Pour la saint-Valentin ? M’offriras-tu du Chambertin ?
Si je rentre fin Soûl au p’tit matin M’ouvriras-tu ta porte ?
Est-ce que j’aurai droit A tes bons p’tits plats Quand j’aurai nonante trois ?
Pont 1 Depuis l’temps qu’on s’écrit J’crois qu’on s’apprécie Tu t’fais vieille aussi
Mon amie si tu m’ réponds oui J’t’aim’rai pour la vie
Et on ira à la mairie pour se dire « oui »
2 J’ pourrai si tu veux Changer les plombs Quand ils sauteront
Tu tricoteras des pulls au coin du feu Le dimanche on marchera un peu
Tu bêcheras l’jardin J’tondrai l’gazon Quel bel horizon !
M’aim’ras-tu encore Même si j’fais plus d’sport A nonante and more ?
Pont 2 L’été on louera un mobil home dans un camping de l’île de Ré Et on invitera Tes petits-enfants
Ils s’amuseront comme des fous Arthur, Jeanne et Lou Sur leurs consoles qui nous désolent
3 Réponds-moi par mèl Ou par SMS Dis-moi c’que t’en penses
D’ajouter au bas « bien cordialement » Ou un smiley tout souriant Je te dispense
Tu peux si tu veux Cocher la case deux De ce formulaire (en pièce jointe)
Celle qui est marquée « Oui je t’aime, Albert Et bon anniversaire !
Oui tu y auras droit Tu seras mon roi A nonante et trois ! »
N.B. Cette traduction approximative et actualisée peut bien évidemment se chanter sur l’air de « When i’m sixty four » des Beatles. La preuve ci-dessous !
Tous les jours les épouses d’ouvriers de la cité minière S’invitent les unes chez les autres à tour de rôle. A peine les époux ont-ils tourné le coin de la rue Que ces dames se rassemblent chez Lady Simone autour d’une tasse de café.
C’est que depuis la veille, on a plein d’anecdotes à se narrer Et il est bien plus agréable de converser en buvant du café. On médit surtout de dame Philomène Une originale qui a la fâcheuse habitude de fréquenter les débits de boissons locaux.
Refrain
Venez donc prendre le café ! Un bon petit café Un petit noir extra ! Profitez-en, il est encore chaud Venez donc prendre un petit café !
2
Parfois on use de stratagèmes pour venir bavarder avec sa voisine : « Je n’ai plus de thym ! Pourrais-tu me dépanner d’une échalote ? » Heureusement dans chaque habitation de la rue La cafetière est toujours posée sur le coin du feu.
C’est réconfortant d’avoir d’aussi charmantes voisines, Qu’il s’agisse de Jeannette, de Suzanne ou bien de Pauline. Ces dames ont sûrement fait un stage au Brésil Car leur café est tout sauf de la camomille.
3
De la lavasse, ici, de toute façon, on n’en boit pas. Le café de ces dames est si fort qu’il donne des palpitations. Le café, comme dit Marie Toutouille, C’est meilleur arrosé avec du genièvre.
On y trempe un sucre pour faire un canard, on le déguste C’est terriblement bon. Rien à voir avec le jus de chaussette de Monsieur Clooney ! Allez dame Amélie, reversez m’en donc une tasse si cela vous agrée ! Bien faire et laisse dire ! Ignorons les mauvaises langues qui pourraient médire sur notre compte !
N.B. On aurait bien tort de croire que je n'ai pas respecté la consigne de mon cher voisin l'oncle Walrus ! Ceci est en effet ma traduction en français soutenu de la chanson d'Edmond Tanière "Eun' goutt' ed jus" que je vous interprète ci-dessous dans ma langue natale, le ch'timi :
Monsieur Youtube m'écrit... et me fait mourir de rire !
Ami(e)s belges, accrochez-vous ! L'oncle Sam vient, par le biais de ce courrier, d'interdire René Magritte aux moins de dix-huit ans ! Lisez vous-mêmes et contemplez l'objet du délit !
Bonjour Joe Krapov,
Comme vous le savez peut-être déjà, le Règlement de la communauté décrit les contenus autorisés et interdits sur YouTube. Votre vidéo Nagasaki ne profite jamais / par Joe Krapov a été signalée et soumise à examen. Après examen, nous avons conclu qu'elle n'est pas adaptée à tous les publics. Elle a donc été soumise à une limite d'âge.
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Si vous avez raté un épisode de votre série préférée (ou sauté un Défi du samedi !) remerciez le Schtroumpf bricoleur ! En s’inspirant du ventre rebondi du Schtroumpf gourmand, il vient d’inventer le mode replet !
Ca donne des choses comme cela :
LE SCHTROUMPF DU SCHTROUMPF
Couplet 1 Ça c'est le schtroumpf Oui c'est le schtroumpf du schtroumpf
Un schtroumpf de schtroumpf pas trop schtroumpf Avec un schtroumpf au bout
Fais un schtroumpf et mets du schtroumpf par-dessus le schtroumpf Et schtroumpfe dans ton schtroumpf un bon coup
Refrain Puis on va se schtroumpfer en schtroumpf Même en Schtroumpf patois je m'en schtroumpfe
Je schtroumpferais même un Schtroumpf Je schtroumpferais un Schtroumpf Je schtroumpferais même un Schtroumpf en schtroumpf
Je schtroumpferais même un p'tit Schtroumpf Je schtroumpferais même un vieux Schtroumpf Je schtroumpferais même un grand schtroumpf en schtroumpf
Bien sûr, pour l’instant la chaîne est cryptée mais le décodeur, ci-dessous, est gratuit !
Je trouve que l’on devrait aimer davantage le Japon et les Japonais(e)s !
C’est miracle que soient sortis, d’une si petite île, autant de concepts, d’inventions et de merveilles qui donnent à réfléchir à l’humanité toute entière. Citons par exemple :
- L’origami : là où nous autres occidentaux, dès lors qu’on nous donne une feuille de papier, nous nous obstinons à tartiner des phrases qui n’en finissent pas pour fabriquer des livres qui n’en finissent pas de remplir les rayons des bibliothèques, le Japonais plie savamment sa feuille et en fait sortir fleurs, personnages ou animaux qui enchantent le regard et l’âme alors que Marcel Proust par exemple, avec son papier noirci, ne fait rien qu’à énerver les nerfs de notre oncle Walrus. En même temps, c’est vrai, dans « écrivain », il y a « vain » alors que dans « origami » il y a « ami » ;
- Le judo : là où le Gaulois Obélix file un méchant coup de menhir sur la tronche du touriste romain qui suivait son petibonum de chemin pour visiter ce pays étranger où il ne pleut jamais – que des coups ! -, la Bretagne, le Japonais enfile son pyjama de cérémonie (kimono), déroule un tapis rouge pas rouge (tatami) et se lance dans une série de salamalecs gracieux mais compliqués pour exprimer à son hôte (judoka) l’idée « Après vous, je vous en prie, je n’en ferai rien » ;
- Yoko Ono : Il n’y a pas mieux que ce produit japonais pour semer la zizanie dans une bande de mecs qui font de la belle musique ensemble (oltouguézerno). Même quand on la cache sous un drap – le live à Toronto de 1969 – on ne voit et n’entend qu’elle. Yoko Ono, la reine de la caYokophonie !
- Fukushima : cette fabrique de « feux de bengale pour égayer le nouveau monde cher à notre Président » n’est pas sans nous rappeler que nous dansons tous sur un volcan. Bien involontairement, les Japonais nous l’ont déjà signalé par le passé. Ca s’appelait Hiroshima, mon amour, et Nagazaki ne profite jamais (Sttellla) ;
- L’ikebana : dîtes-le avec des fleurs ;
- Le bonzaï : dîtes-le avec des arbres ;
- Le Fujiyama : dîtes-le avec un disque de Léo Ferré qu’ « avec le temps va tout volcan » !
Je m’arrête là. Je pourrais vous parler du manga, du sudoku, du saké, du haïku, du mikado, du pays du soleil levant, de Mishima mais je suis sous l’empire de la décence : je me souviens que l’oncle Walrus est encore à Colmar (en cure d’intoxication au Gewürztraminer) et je ne voudrais pas lui envoyer ma copie ce soir entre 23 et 24 heures. D’autant que mon intention première était juste de vous refourguer cette histoire de judoka français qui fabrique des origamis avec ses adversaires aux abattis aplatis. J’avais livré la version studio en avril. Voici une version enregistrée « en public » dans un café rennais.
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.