C’est parti ! Le classeur vert m’a lâché ! J’ai donc remis mon intégrale de paroles de Brassens dans deux classeurs neufs à quatre anneaux dont on peut tourner facilement les pages sans que tout se barre - en live, c’est gênant -!
En suite de quoi j’ai mis de l’ordre et fait du tri dans la pile de dossiers de l’étagère au-dessus. J’y ai retrouvé un gros classeur blanc plein de textes écrits ou rassemblés à l’époque du café slam des Champs libres.
Plein de trésors ! Dont celui-ci qui était parti-sorti de mon souvenir.
La mémoire est un quai envahi par la brume… Je ne me souviens pas des beaux yeux d’une fille Qui m’aurait vouvoyé, moi qui étais voyou. Je l’aurais embrassée ? Tu peux dormir tranquille, Je n’suis pas d’ce genre là car j’aim’ pas qu’on m’allume !
C’est pas moi qu’ai fait l’coup ! La mémoire est un quai envahi par les trous.
La mémoire est un quai peuplé par des orfèvres. A beau m’interroger qui veut je ne sais rien De ce beau tralala dontla fille de l’airjoue. Pourquoi dirais-je tout, moi qui suis un vaurien Et préfère me taire en un monde sans fièvres ?
C’est pas moi qu’ai fait l’coup ! La mémoire est un quai envahi par les trous.
La mémoire, à la fin, trop interrogée, flanche. Elle ne connaît plus que bribes de chansons, Perd toute retenue à la sortie d’écrou. Pourquoi nier, inspecteur, les côtés polissons Avec lesquels ce jour j’aurai brûlé les planches ?
C’est pas moi qu’ai fait l’coup ! C’est Dranem ! La mémoire est un quai envahi par les trous.
Dans mon laboratoire rennais, vous ne voudriez tout de même pas que j'y fabrique des bombes atomiques, tout de même ? Ne vous inquiétez pas, d'autres s'en chargent ailleurs.
Non. Moi, je préfère pousser la chansonnette que de moccuper de l'élevage de champignons nucléaires !
Et donc, en compagnie de Boris Vian, celle-ci est en guise de remerciements à ce cher oncle Walrus, notre tenancier de boutique préféré !
LA CHANSON DE JACKIE (se chante sur l'air de "La Chanson de Jacky" de Jacques Brel)
1 Même si un jour à Knokke-le-Zoute Je deviens comme je le redoute Clébard pour femmes finissantes
Même si j’leur chante " Mi Corazon " Avec la voix bandonéante D'un Dalmatien de Carcassonne
Même si on m'appelle « vieux corniaud » Que je brûle mes derniers feux En échange de quelques cadeaux Madame Madame yé fais cé qué yé peux
Même si je m’gave de Canigou Pour mieux parler d’futilités A des mémères décorées Comme le Saint-Guibert de Gembloux
Je sais qu' dans ma soûlographie Chaqu’ nuit pour des Docteurs Pangloss J’leur chant’rai la chanson molosse Celle du temps où je m'appelais Jackie
Refrain Faire une heure, une heure seulement Faire une heure, une heure quelquefois Faire une heure, rien qu'une heure durant Le beau, le beau, le beau et le con à la fois
2 Même si un jour à Neufchâteau Je deviens roux comme un chow-chow Cerclé de chiennes languissantes
Même si lassé d'être aboyeur J'y sois devenu maître chanteur Et qu’ce soient les bipèdes qui chantent
Même si on m'appelle le boxer Que je vende des produits de niches Du porto fait près de Dinant De vrais bichons de faux caniches
Que j'aie une banque à chaque patte Et une patte dans chaque pays Et que je lève des crédits Je sais quand même que chaque nuit
Tout seul au fond de ma fumerie Pour un public de chihuahuas J’rechanterai ma chanson à moi Celle du temps où j’ m'appelais Jackie
Refrain Faire une heure, une heure seulement Faire une heure, une heure quelquefois Faire une heure, rien qu'une heure durant Le beau, le beau, le beau et le con à la fois
3 Même si un jour au Paradis Je devienne comme j'en serais surpris Husky pour femmes à ailes blanches
Mêm’ si j’joue d’la pédale Wah Wah En regrettant le temps d'en bas Où c'est pas tous les jours dimanche
Même si j’pose à côté d’mon père Çui qui s’prend pour un rottweiler Entre clebs fou et chien de garde Même si mon bipède se barbe
Même si toujours trop bonne pomme Je m’crève le cœur et l’ pur esprit A vouloir balader les hommes Je sais quand même que chaque nuit
J'entendrai dans mon Paradis Les épagneuls et les cockers Me chanter ma chanson d’ naguère Celle du temps où je m'appelais Jackie.
Refrain Faire une heure, une heure seulement Faire une heure, une heure quelquefois Faire une heure, rien qu'une heure durant Le beau, le beau, le beau et le con à la fois.
Doit-on écrire "yaourt", "yahourt", "yogourt" ou "yoghourt" ?
Je m’en fiche ! Moi ce qui m’intéresse, c’est de pédaler dedans ! Et même la semoule des quatre jeudis peut faire l’affaire !
Il n’empêche, je ne suis pas peu fier cette semaine d’être venu en aide à mon oncle préféré et d’avoir retrouvé, chez Madame Beuneufeu, mon ancienne mère nourricière, la chanson que chantait sa maman à lui.
Pas peu fier non plus d’avoir retrouvé la partition et d’avoir enregistré la chose qui datait quand même de 1857 et semblait totalement tombée dans l’oubli.
Quel rapport avec le yoghourt ou le yaourt, Joe Krapov ?
Essayez donc un peu de chanter avec moi le « Lirli ! Lirli ! Lirli ! Lirli ! Lirli ! Relireli ! Relireli ! Relireli ! » et vous verrez si vous n’en faites pas !
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.