Il ne sera pas question de célébrer M. Orwell dans ce billet mais de retourner... dans le passé. Nous extirperons des archives de M. Bourgeoizov un courrier de bons voeux reçus de son gendre, un certain I.P. Krapov dont j'apprécie beaucoup l'écriture manuscrite très lisible. Il faut dire que son fils/marionnette écrit de plus en plus comme un cochon !
Cher monsieur mon beau-père, et cher confrère en Poésie
Chère madame ma belle-mère
Souffrez que je vous adresse avec mes (tardifs) vœux de bonne et heureuse année 1984 mes plus récentes élucubrations scripturales, afin qu'elles fassent naître chez vous - du moins l'espéré-je - quelques sourires amusés.
Tout va bien pour nous ici. Nous nous sommes régalés du dernier Fellini et surtout du Molière d'Ariane Mnouchkine qui vient de ressortir. Brassens, Fréhel et les Frères Jacques servent de fond sonore à nos activités diverses, ludiques, musicales, culinaires, de reliure ou de relecture.
Nous espérons vous retrouver en grande forme le 29. Et vous souhaitons mille choses agréables d'ici-là.
Le Volcan
Trou de serrure du monde,
Nombril immense et creux
Le volcan, parfois, gronde
Et vomit le vin vieux
Qui lui est resté,
Là, sur l'estomac.
On dit alors
qu'il se le
lave.
Le Folliculaire
Un Folliculaire
N'est pas forcément
Un émule acquis
A Zizi Jeanmaire :
La plume dans le cul
Et le zizi à l'air,
Qui descend l'escalier
Comme une feuille de l'arbre,
En un grand mouvement
Circulaire
A la folie.
Celui qui retire
Celui qui retire
Son épingle du jeu
Tire peut-être bien
Dans le même temps
Les marrons du feu.
Paradoxe subtil
Qui consiste à
Aban - donner
Sans perdre
Photographie capillaire
Il est impressionnant
De voir se développer
Des pellicules
Sur la tête d'un lit
Dans une chambre noire
Y'a pu d'enfants !
C'est la faute à Sophie
Si on ne voit pas l'ogre
Sur la photographie :
Elle l'a mangé avant
Que le p'tit oiseau sorte !
L'Appareil photo
L'appareil photo
N'a pas son pareil
Pour tirer leur portrait
Aux gens qui prennent la pose.
Et le photographe se vante
D'avoir bien épinglé
A son tableau de chasse
La photo prise en pause, sur pied,
D'un explorateur fou, en pied,
Qui le pose sur ses trophées.
Le Temps
Le temps est un zèbre qui file
Et le photographe un chasseur
Qui court derrière.
Ce qui explique pourquoi, parfois,
Le négatif est rayé.
Et à part ça…
- Et à part ça, comment savane ?
- Cousine, cousane,
On boit beaucoup de la tisane
On peint des raies aux dos des ânes
Et du restant de l'univers,
Guerres, querelles partisanes,
On s'en bat l'œil,
Car c'est insane.
Z... ut !
Z... ut !
Il s'appelait Zugzwang *1
Elle s'appelait Zeitnot *2
Ils avaient rendez-vous
Au cinquante huitième coup
D'une partie acharnée
Où j'étais malmené.
C'est là que je les ai vus
Et que j'ai eu mal aux dents :
Il m'est tombé dessus,
Je suis tombé dedans,
Ils m'ont fait un enfant
Dans l'dos, et j'ai perdu !
*1 = Situation où l'obligation de jouer est moins un avantage qu'un handicap.
*2 = Situation où l'on se trouve quand on dispute une partie à la pendule et qu'il reste trop peu de temps pour jouer des coups corrects.
Les illustrations de ce billet sont bien évidemment récupérées du net en 2026 !
Oh Zizi ! Je l'ai vue dans son truc en plumes sur la scène du Marny à Ixelles. Elle avait une cheville serrée dans un bandage. On ne pouvait pas dire qu'elle ne s'était pas foulée ! Et qu'avait-elle de plus merveilleux ? Ses yeux !
Tu me rappelles la fois où j'ai vu Graeme Allwright à Sablé : il avait un bras dans le plâtre. Pour jouer de la guitare, ça n'aide pas ! Heureusement il avait deux pointures avec lui : on a donc pris notre pied quand même ! ;-)
Mots et images de Joe Krapov
Joe Krapov est poète, humoriste (?), musicien à ses heures et photographe à seize heures trente. On trouvera ici un choix de ses productions dans ces différents domaines.